Musiques savantes et populaires au Moyen-Âge

« Il faut réintégrer le Moyen Age dans la suite constructive de notre histoire, il faut le réhabiliter », Jacques le Goff, historienenluminure

COURS

I Présentation

Le Moyen-Âge prolonge l’Antiquité et s’étend du VIème au XVème siècle (découverte de l’Amérique par Christophe Colomb). C’est une période très longue et très riche, marquée par l’importance de la religion et de nombreuses innovations artistiques.

La société est organisée en trois ordres : la noblesse, le clergé et le peuple. Les arts sont au service soit de l’Eglise (arts religieux), soit d’un seigneur (arts profanes), ils permettent de louer Dieu ou le seigneur local, de donner de l’importance à un lieu ou à une circonstance ou encore de se divertir. L’écrit est très peu développé et tout se transmet oralement, d’où l’importance de la mémoire.

Cette période est marquée par les guerres et les croisades, c’est aussi la première fois que les trois grandes religions (Judaïsme, Christianisme et Islam) sont en contact et entretiennent des échanges commerciaux et culturels.

II Repères historiques et culturels

–     Règnes de Charlemagne et de Saint Louis.

–     Époque des chevaliers, des châteaux forts et de la féodalité.

–     Construction des cathédrales.

–     Arts Roman et Gothique.

–     Découverte du papier grâce aux Sarrasins.

–     Invention de la notation musicale.

–     Récits de la table ronde et du roi Arthur.

–     Croisades (XI-XIIIème siècle).

III Principaux compositeurs

À l’époque, beaucoup de chants religieux ou profanes sont d’auteurs inconnus, on dit qu’ils sont anonymes. On connaît cependant quelques compositeurs.

Musique religieuse :

–       Pérotin (v.1180)

–       Guillaume de Machaut (v.1300-1377)

–       Philippe de Vitry (1291-1361)

Trouvères :

–       Chrétien de Troyes (1120-1200)

–       Adam de la Halle (1237-1287)

Troubadours :

–       Guillaume le Troubadour (Guillaume IX d’Aquitaine, 1101-1127)

–       Jaufré Rudel (+ vers 1150)

 

ECOUTES

Oeuvre de référence : Ut Queant Laxis, Chant grégorien (anonyme)

L’Hymne à St Jean Baptiste date du IXe siècle, elle est utilisée par le théoricien Gui d’Arezzo au XIe siècle à des fins pédagogiques : le début de chaque vers est utilisé pour donner son nom à une note de musique que nous utilisons encore aujourd’hui.

UT queant laxis REsonare fibris MIra gestorum FAmuli tuorum

SOLve polluti LAbii reatum Sancte Iohannes.

REMARQUE : la note DO n’existe pas encore, elle remplacera plus tard le UT difficile à prononcer rapidement. Nous l’avons conservé avec la « clé d’UT ».

Oeuvre complémentaire n°1 : A l’entrada del temps clar (XIIe siècle), Anonyme.

Chanson de troubadour* anonyme de la fin du XIIe siècle, la pièce, joyeuse, est faite pour la danse. Le texte, en langue d’Oc, raconte qu’à « l’entrée du temps clair » (le printemps) la reine invite les jeunes gens à venir danser pour ressusciter la joie et montrer à quel point elle est amoureuse. Mais le roi craint qu’on ne lui enlève sa « reine d’avril » et veut empêcher la danse. La reine joyeuse n’en a que faire…

La pièce est vive et dansante, elle est chantée par deux solistes et par une assemblée (les danseurs) qui reprennent certains mots. Le tempo est rapide et la nuance forte, c’est une musique de fête.

Histoire des Arts : La Dame à la licorne (XVe siècle), Anonyme.

LDALL-A mon seul désir

La Dame à la licorne est un groupe de six tapisseries datant de la fin du Moyen-Âge. Elles sont conservées à Paris au Musée de Cluny. On retrouve des éléments communs dans chaque partie : Une sorte d’île fleurie, bleu foncé sur un fond rouge. On remarque des oiseaux, des animaux et des plantes, une femme, un lion et une licorne.

Cinq tapisseries sont des allégories des cinq sens : l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût et la vue. C’est le personnage féminin qui nous indique de quel sens il est question par ses occupations : elle tient un miroir, mange une dragée, joue de l’orgue… La dernière oeuvre placée au centre des autres dans le musée mentionne une phrase énigmatique : « A mon seul désir », qui a sans doute été demandée par le commanditaire.

Pour voir l’ensemble des tapisseries et en savoir plus, suivez le guide.

Insolite : savez vous que la Dame à la Licorne sert de tapisserie à la salle commune de Griffondor dans la série cinématographie HARRY POTTER ?