L’Ossuaire de Douaumont

 A l’approche de l’Ossuaire de Douaumont, c’est l’architecture de celui-ci qui me marqua en premier. C’est un bâtiment relativement imposant, tout d’abord par la taille de son cloître long de 137 mètres mais aussi par la hauteur de sa tour haute de 46 mètres. L’Ossuaire n’est pas impressionnant que par sa taille, il l’est aussi par sa forme. Le bâtiment représente entre autre une épée qu’on aurait enfoncée dans la terre jusqu’à la garde. La forme de la tour a elle aussi une symbolique importante. En y prêtant plus attention, on remarque que la tour a la forme singulière d’un obus. Si la tour à cette forme ci, c’est surement pour que personne n’oublie le nombre d’obus bombardés lors de la bataille de Verdun : 26.000.000 obus tirés soit 6 obus au m². Ce nombre fait froid dans le dos, tout comme le nombre de restes de soldats reposant dans les tombeaux du cloître : 130.000 soldats inconnus, Français et Allemands.

Ce qui m’a le plus impressionné, c’est le cloître justement. Lorsque l’on entre à l’intérieur… cette émotion qui nous envahie… je ne sais comment la décrire. On se tient là, debout, au milieu de tous ces tombeaux, de tous ces morts… Le cloître est avant tout un endroit pour se recueillir. Les familles des morts peuvent y venir s’y recueillir et prier. Mais le cloître sert aussi à rendre hommage aux victimes de la bataille que ce soit du côté Français comme du côté Allemand. L’atmosphère y est pesante et le silence régnant dans l’enceinte du bâtiment y rajoute un certain poids. L’ensemble des pierres du bâtiment sont gravées : au dos des tombeaux sont gravés le nom des lieux où les soldats sont morts au combat, et sur la voûte, chaque pierre porte le nom d’un soldat disparu ou d’une association d’anciens combattants (quelques pierres portent aussi le nom de combattants de la 2nd guerre mondiale et d’autre de la guerre d’Indochine ou encore de la guerre d’Algérie). Un sentiment d’injustice m’oppressait le cœur. Ce n’est pas normal de devoir compter autant de morts, autant de blessés qui défendaient une même cause. C’est en se tenant debout, à l’intérieur du cloître que l’on prend conscience de l’importance de ce qu’il s’est passé, que l’on prend conscience de l’horreur qu’a été la guerre. C’est grâce à tous ce qui ce sont battus en ce temps là, que la France et l’Allemagne sont ce qu’elles sont aujourd’hui. Et pour cela, ils méritent que l’on se souvienne d’eux et qu’on se remémore à jamais ce qu’il s’est passé. L’émotion me gagnât.

On trouve également dans l’Ossuaire de Douaumont, une chapelle qui permet aux familles des morts ou aux victimes de venir s’y recueillir et un musée qui se situe au premier étage du bâtiment. Ce musée est un musée de guerre dans lequel on peut y voir des reliques des villages détruits ou encore des armes qui ont servis lors de la bataille. Au sous-sol se trouve une salle audiovisuelle dans laquelle est projeté un film s’intitulant « l’Héroïsme du Combattant de Verdun » qui relate la vie d’un poilu pendant la bataille de Verdun. En haut de la tour de l’Ossuaire se trouve un phare rayonnant sur le champ de bataille et une cloche que l’on appel « le Bourdon de la Victoire » qui résonne les jours d’importantes cérémonies.

Devant le bâtiment de l’Ossuaire de Douaumont se trouve la nécropole nationale de Verdun. Sur une dalle surplombant la nécropole, on peut lire sur une plaque : « Sur ce cimetière militaire français, se sont rencontrés le 22 septembre 1984, pour la première fois dans l’histoire des deux peuples, le Président de la République française et le Chancelier allemand, avec une pensée commune pour les morts des deux guerres mondiales. Ils ont déposé des couronnes et déclaré : « Nous nous sommes réconciliés, nous nous sommes compris, nous sommes devenus amis. » (François Mitterrand, Helmut Kohl) ». Cette plaque symbolise la réconciliation de la France et de l’Allemagne, 70 ans après le début de la guerre. Elle se situe à l’endroit même ou les deux hommes s’étaient serrés la main pour sceller la réconciliation. Face à moi sont érigées 15.000 tombes. Comment ne pas se sentir tout petit au milieu de toutes ces sépultures? … En descendant dans les allées, quelque chose me frappa : certaines des tombes étaient blanches et d’autres noires! La raison de cette différence, c’est qu’elle permet de différencier, les Français (tombes blanches) qui sont les vainqueurs, des Allemands (tombes noires) qui sont les vaincus. La nécropole paraît interminable… Il y a tellement de sépultures, tellement d’allées. Le cimetière est immense… C’est un lieu d’où se dégage une très forte émotion. Le nombre de tombes dressées ici est si impressionnant mais ce n’est malheureusement qu’une infime partie des personnes qui ont disparus lors de cette bataille. A côté des tombes françaises et allemandes, je distingue un carré de tombes un peu à l’écart. Il s’agit du carré musulman. A cet endroit se tiennent 592 sépultures érigées en mémoire aux soldats musulmans « morts pour la France ». Toutes ces sépultures sont tournées vers la Mecque. La forme de ces tombes n’est pas la même que celle des tombes françaises ou allemandes. Chaque sépulture est faite avec une stèle dite « musulmane » sur laquelle on peut lire en arabe le nom du défunt ainsi que l’inscription « ci-gît ». Un monument en l’honneur des soldats musulmans fut aussi érigé à côté de la nécropole.

Un peu plus bas, à quelques mètres de la nécropole, on peut apercevoir une partie du champ de bataille qui est resté intacte depuis la bataille. Certes à l’époque, le terrain n’était fait que de terre et de boue et aujourd’hui seule l’herbe a repoussé mais le terrain est resté le même. Cela fait un sacré choc de voir ce terrain complètement déformé. Il y a des trous partout, des plus gros comme des moins gros, des « bosses », comme des petites collines… Enfin, en gros, c’est un terrain complètement détruit devant lequel je me tenais debout. Le terrain que je regardais était en fait le résultat des bombardements d’obus, ce sont les trous d’obus qui ont transformé le terrain en ce qu’il est aujourd’hui. C’est en voyant la proximité des creux que l’on se rend compte a quel point les bombardements d’obus étaient importants en nombre comme en dégâts. Ca m’a fichu une sacrée claque, une importante prise de conscience.

La visite de l’Ossuaire de Douaumont ainsi que de la nécropole nationale de Verdun, permet de voir concrètement ce que la guerre à engendré. Ce que l’on lit dans les livres d’histoire ou les récits que l’on peut nous en faire n’a rien à voir avec ce que l’on peut voir sur place. On dit qu’il y a eu énormément de morts …etc. mais cela prend toute sa dimension lorsque l’on marche au milieu de toutes les sépultures ou encore que l’on lève les yeux dans le cloître de l’Ossuaire et que l’on voit tous ces noms de disparus, tous ces lieux où ils sont tombés et où la guerre a fait des dégâts… Cela n’a rien à voir l’Histoire qu’on apprend dans les livres et l’Histoire que l’on a en face de nos yeux et que l’on se prend en pleine tête !


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