Article Tagué ‘Ecriture’

Attention : d’Angers

Lundi,26 juin 2017

Un autre très beau slam écrit par deux élèves de 4ème : Malo et Elowan. Pour être moins lointain, l’exil n’est pas toujours plus facile…

Vue aérienne du château d’Angers – Wiki-Anjou

 

Vue aérienne du château de Brest Photo Archives de la Préfecture maritime Atlantique

Quand j’suis arrivé ici c’était dur

J’t’assure

Les Bretons têtes de…

C’est pas un mythe, c’est du granit

Il a fallu faire mon trou

Et semer mes p’tits cailloux

Refrain :      D’Angers à Brest : danger

                        Pas facile de déménager

                        Pas facile de se retrouver

                        Dans un lieu étranger

Là-bas t’as laissé un p’tit bout d’toi

Là-bas il y a eu des rois

Ils ont laissé un grand château

Où on y voit la Maine d’en haut

                          Refrain

Ici il y eut le maréchal Vauban

Ici il a laissé un château deux fois plus grand

On y va souvent avec mes camarades

Et d’en haut on y voit la rade

                          Refrain

Brest c’est aussi un ici un ailleurs

Mais ici ils sont liés contrairement à ailleurs

Le pont de Recou lui il a été fracturé

Mais lui il a été réparé

                          Refrain

Brest c’est le bout du bout

Plus loin tu peux pas, c’est tout

Brest c’est tout gris

Brest y a toujours la pluie

                          Refrain

Mais Brest c’est aussi mes potes

On s’aime tellement qu’on partage nos compotes

A Brest j’me sens un peu comme le best

Ici certains jours c’est mieux que le Far Ouest

                          Refrain * 2

10.000 kilomètres à eux deux

Lundi,26 juin 2017

Bonne nouvelle : le blog reprend du service, après quelques années en sommeil.

Le projet de cette année a été réalisé par les élèves de 4ème, avec l’aide de leurs professeurs de Français et d’Éducation musicale. Ils.elles ont écrit des textes et les ont mis en musique pour les interpréter sur scène, dans le cadre du festival Claque ton slam. Le thème choisi était : « J’aime l’ici et l’ailleurs ».

Finale à la Carène le 30 mai 2017 – Photo N. Franjou

Deux de nos élèves ont traversé l’Europe d’Est en Ouest : 10.000 kilomètres à eux deux ! Ils ont écrit à quatre mains le magnifique texte que voici :

Lacha : Moi, je viens de Géorgie

C’est un petit pays près de la Tchétchénie

On est venu ici

Pour avoir une meilleure vie

 

Aindi :   Moi je viens de Tchétchénie

Un pays entre Russie et Géorgie

On est voisin, cousin

Et ici, on trouve toujours du pain

 

Refrain  L’ailleurs et l’ici sont au cœur de nos vies

De là-bas à ici une nouvelle vie commence

Nos pays d’origine représentent nos racines

Et cette magnifique France représente notre enfance

 

Lacha : Chez moi c’est compliqué

Parfois je parle français

Mais mes parents ne comprennent pas

Alors je parle la langue de là-bas

 

Aindi :   Moi c’est pareil, mes rêves sont changeants

Parfois je me vois en noir et blanc

Parfois en couleurs, assez souvent

Mais la bande-son est différente

 

Refrain

 

Lacha : Chez moi ma mère fait des ringalis

C’est bien meilleur qu’les spaghettis

Quand elle en prépare, c’est la fête

On passe toujours des soirées chouettes

 

Aindi :   Moi ma mère, c’est la reine des tchibourek

J’t’assure, c’est mieux que l’beefsteak

Même si tu m’invites au MacDo

J’te dis, désolé mec, va faire dodo

 

Refrain

 

Lacha et Aindi :

Géorgie, Tchétchénie

Deux petits pays qui remplissent nos vies

Mais y a d’la place pour la France

Finalement, on a plein de chance

 

Refrain * 2

 

PS : Ici on aime s’instruire, alors, Lacha et Aindi, on aimerait bien découvrir les recettes des vingalis géorgiens et des tchibourek tchétchènes… !

« Etranges étrangers »

Mercredi,30 novembre 2011

Un instant de poésie… Un très beau texte, très évocateur, de Jacques Prévert.


Jacques PRÉVERT  » Étranges étrangers « 
envoyé par Petite-Drolesse. – L’info internationale vidéo.

Ces écrivains dont le français n’est pas la langue maternelle

Mercredi,12 janvier 2011

Nous avons aimé cet article, publié sur le site « Rue89 » le 9 janvier.

http://www.rue89.com/2011/01/09/ces-ecrivains-dont-le-francais-nest-pas-la-langue-maternelle-184395

Nous vous en citons quelques extraits.

« Au début, il n’y avait qu’une seule langue », écrit, en français, la Hongroise Agota Kristov (« L’Analphabète »).

 

Agota Kristof a quitté la Hongrie à 21 ans.

 

Un dictionnaire raisonné à paraître en 2011 répertorie pour la première fois les auteurs migrants ayant adopté le français comme langue d’écriture, depuis 1981. L’ouvrage comporte 300 entrées, d’Alain Mabanckou à Atiq Rahimi (Goncourt 2008) en passant par Nancy Huston, Dai Sijie ou Andreï Makine. Il raconte la migration comme source de créativité. Le site « Rue 89 » a extrait quelques passages de l’article paru dans la revue « Hommes et migrations », prochainement en ligne sur le site de la revue.

Ils sont issus de plus de 50 pays différents. Ils ne sont pas nés en France, ni de parents français vivant en dehors du territoire national, et ont vécu, alors qu’ils étaient jeunes adultes ou plus tardivement, l’expérience de la migration.

Les uns se sont installés en France, où ils vivent, écrivent et publient en français : ce sont des figures d’« ancrage ». D’autres en sont repartis, soit vers d’autres pays soit vers leur pays dit d’origine : ce sont des figures de « passage ».

Ainsi, Alain Mabanckou, né au Congo-Brazzaville, vivant et écrivant en France pendant de longues années, est installé aux Etats-Unis. Mahi Binébine, après un long séjour en France et aux Etats-Unis, est rentré au Maroc, son pays natal. Mongo Beti, avant sa mort en 2001 à Douala, n’a cessé de faire le trajet entre son pays d’origine -le Cameroun- et la France.

Dans tous les cas, la France a exercé une nette influence sur leur carrière littéraire.

L’exil qui permet d’écrire et de créer

Au lieu d’insister sur le déracinement ou la perte de repères, le « Dictionnaire des “écrivains migrants” » considère la migration comme une source de créativité (…)

Le champ littéraire français a souvent distingué ces auteurs, par l’attribution de prix importants, comme le Goncourt à Atiq Rahimi ou le Femina à Dai Sijie et François Cheng. L’attribution du prix Nobel à Gao Xingjian (photo) témoigne à elle seule de la répercussion internationale que peut avoir l’œuvre d’un migrant passé par la France.

Rousseau, Zola, Apollinaire, Ionesco…

Le phénomène n’est pas nouveau : ceux qui écrivaient avant le 20ème siècle ont souvent été « incorporés » au patrimoine national, comme Jean-Jacques Rousseau (né à Genève), Emile Zola (dont le père était italien), Guillaume Apollinaire (né polonais), les Ionesco (natif de Roumanie) et les Beckett (de nationalité irlandaise, mais dont une bonne partie des livres sont écrits en français)(…)

(Ursula Mathis-Moser et Birgit Mertz-Baumgartner)