Crime passionnel.

9 11 2009

Voici une nouvelle à chute rédigée par Pierre. Elle est surprenant comme il se doit.

Crime passionnel.

Elle lui manquait terriblement, un jour déjà qu’il n’était plus avec elle. Il pensait que cette relation était presque addictive. En sa compagnie, il se sentait envahi d’un bonheur fou, d’une ivresse maladive qui lui donnait force et courage. Mais dès qu’il la quittait, il se sentait seul, désœuvré et terriblement triste, son seul but était alors de la retrouver, coûte que coûte. Pour rien au monde il ne l’aurait quittée plus d’une journée.

Ce soir, il avait rendez-vous, il allait la voir. L’idée que bientôt il serait près d’elle le rassurait. Mais peu à peu, le doute l’envahit. Chaque seconde, l’angoisse devenait plus intense: serait-elle là? Ne l’aurait-elle pas oublié? Serait-elle la même, celle qui lui procurait tant de sensations? Tant de questions sans réponse qui le tourmentaient. Il alluma une cigarette. La chaleur de la flamme dans ses mains lui fit prendre conscience  du froid qui régnait dans la pièce. Il habitait un petit appartement peu meublé et mal chauffé dans la banlieue de Londres. Non pas que l’argent lui manquât, mais tous ses revenus étaient consacrés à sa bien aimée, sa raison de vivre. De toute façon, le matériel n’avait plus aucune sorte d’importance depuis qu’il la fréquentait.

Une lointaine église sonna la demie de 6 heures, il avait rendez-vous à sept. Il ne devait pas tarder. Il avait toute la ville à traverser. Il enfila une veste épaisse avant de sortir de l’appartement, de fermer la porte à clé et d’emprunter l’escalier qui menait au rez-de-chaussée. Une fois dans la rue, il se mit à marcher, d’un pas pressé et assidu, en direction du quartier où il devait la retrouver. Pendant un bon quart d’heure, il marcha de ce même pas avide, ne pensant plus qu’à elle, sans prêter attention à ce qui l’entourait. La nuit était tombée et les réverbères n’éclairaient guère cette partie de la ville plutôt pauvre, où de multiples ruelles se croisaient et débouchaient sur des squats malfamés.

Enfin, son pas ralentit et il emprunta une petite ruelle qui semblait déserte. Il s’assit sur une pile de cartons mal rangés. Il pouvait entendre la musique d’une rave partie sauvage qui se mêlait aux bruits lointains des klaxons et des moteurs. Il attendit quelques minutes avant de voir arriver vers lui un homme jeune, chaudement vêtu, et qui semblait, lui aussi, avoir beaucoup marché, il haletait légèrement. Alors il se leva, attendit qu’il soit à sa hauteur et tendit une main qui contenait l’argent. L’autre regarda un instant, puis d’un geste habile prit le pactole et de l’autre main le remplaça par un sachet de poudre. Ils s’éloignèrent ensuite rapidement.

Il était enfin avec elle.

auteur: Pierre C. (3e5)



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