Moreau

20 11 2022

Les Moreau, un couple d’enseignants ?

Moreau S et Moreau M

      La recherche concernant les auteurs de manuels scolaires est délicate et peut s’apparenter parfois une l’enquête policière. Le couple d’auteurs S et M Moreau reste pour l’instant un mystère.

      Nous rangions dans les rayons du Musée du Livre Scolaire d’Auxerre « Leçons de choses, exercice d’observation » de A. Godier, Mme S. Moreau, M. Moreau (F.Nathan éditeur, 1956). La page de garde de l’ouvrage présente une dédicace.

Dédicace des ‘Leçons de choses‘ : « En très cordial hommage à mon ancien camarade d’École Normale, Albert Lassaunière. Moreau »

Une recherche sur Internet permet de préciser un peu le propos : Le trio Godier-Moreau-Moreau a été actif dans les années 1950-1960 comme auteur d’une collection d’ouvrages de sciences :

– Premier livre de leçons de choses

– Exercices d’observation CE1

– Leçons de choses Exercices d’observation CE (1955)

– Cahier de Leçons de choses CE

– Leçons de choses Exercices d’observation CM 1

– Leçons de choses Exercices d’observation CM (1956)

Il faut chercher un peu plus pour trouver le prénom des auteurs. La BNF donne une fiche concernant l’auteur cité en premier : « Les Leçons de choses, André Godier (1901-1975), Marc Moreau, S Moreau [et autre(s)]. Date : 1954, Les Leçons de choses, exercices d’observation au cours élémentaire, 9e et 10e des lycées et collèges »

Mais nous trouvons aussi plus loin : « Animaux et plantes des pays tropicaux, André Godier (1901-1975), Maurice Moreau, Suzanne Moreau. [Paris,] : F. Nathan (impr. P. Dupont) , sans date. » Il est probable que Marc et Maurice Moreau ne font qu’un (le prénom Maurice ayant été attribué hâtivement au vu de l’initiale).

Le Maitron nous donne une solide biographie d’André Godier :

« GODIER André, Adrien, Auguste: Né le 5 mars 1901 à Genêts (Manche), mort le 18 février 1975 à Paris (Xe arr.) ; inspecteur primaire ; militant pédagogique. Fils d’un préposé des douanes, André Godier entra à l’École normale d’instituteurs de Saint-Lô (Manche) en 1917. Après avoir effectué une quatrième année d’école normale à Rennes (Ille-et-Vilaine) pour préparer l’École normale supérieure de Saint-Cloud, titulaire de la première partie du professorat des écoles normales et des écoles primaires supérieures (sciences), après avoir accompli son service militaire (octobre 1921- mai 1923), il enseigna quelques mois comme instituteur. Il fut délégué pour enseigner à l’EPS de Carentan (Manche, 1923). Après avoir obtenu la deuxième partie du professorat et le certificat d’études supérieures de mathématiques générales, il enseigna comme professeur à l’École normale d’instituteurs de Saint-Lô (1924 -1934), où il fut chargé de l’économat en 1933-1934. Inscrit en faculté, il termina sa licence-ès -sciences en 1933 (certificats de physique générale, de minéralogie) qu’il compléta par un diplôme d’études supérieures en sciences physiques (1934).

     Reconnu apte à l’inspection primaire (1934), il devint inspecteur primaire à Mayenne (Mayenne, 1934-1935), puis à Dieppe (Seine-Maritime, 1935) où il encouragea la pratique des méthodes actives. Mobilisé au début de la guerre comme capitaine dans une unité de chars, puis officier de transmissions dans une unité cuirassée, démobilisé dans l’été 1940, il fut déclaré démissionnaire d’office (Franc-maçonnerie), admis à faire valoir ses droits à la retraite en octobre 1941. Il formula aussitôt une demande de dérogation. Sans emploi, il continua à percevoir les revenus de sa collaboration au journal pédagogique L’École et la Vie, quelques droits d’auteur et le produit de leçons particulières. Réintégré en décembre 1943 à Chinon (Indre-et-Loire), il refusa puisque son épouse était directrice d’une école maternelle à Saint-Étienne-du-Rouvray et que son fils était élève-instituteur au lycée de la ville. Il fut alors nommé à titre provisoire à Rouen. Nommé à Aulnay-sous-Bois en Seine-et-Oise (1945-1953), où il créa un foyer pédagogique pour les instituteurs, organisa, dès 1946, des journées pédagogiques et laïques dans sa circonscription et collabora avec le Groupe français d’éducation nouvelle. Il passa dans la 17e circonscription, puis en 1960 dans la 2e circonscription de la Seine où il resta jusqu’à sa retraite en 1964.

     André Godier se maria en avril 1926 avec une institutrice. Le couple eut deux enfants. Ils habitaient au début des années 1960 Livry-Gargan en Seine-et-Oise.

Dans les années 1950, Godier signait des articles sur le calcul dans la partie pédagogique de L’École libératrice, hebdomadaire du Syndicat national des instituteurs. »

Les choses sont claires, André Godier n’est pas un auteur lié à l’Yonne. Nous connaissons par ailleurs des éléments concernant le destinataire de la dédicace : Albert Lassaunière fut intendant de l’École Normale d’Instituteurs d’Auxerre dans les années 1960, sa vie, sa carrière se sont déroulées dans l’Yonne. Il est donc probable que l’École Normale dont il s’agit ici soit l’École Normale d’Instituteurs d’Auxerre. Avec ces éléments, on peut conjecturer que Moreau et Lassaunière ont fréquenté ensemble l’École Normale d’Auxerre.

 Une recherche généalogique permet de préciser la généalogie d’Albert Lassaunière et ses rapports avec le département de l’Yonne. Lasaunière Paul Alexandre, né le 20/06/1881 à Paris 3e et Ernestine Piat, née le 13/09/1888 à Saint-Julien-du-Sault se marient le 6 avril 1907 à Saint-Julien-du Sault, avec reconnaissance de Paul, né le 7 décembre 1906. En 1911, on retrouve la famille installée à Etais-la-Sauvin où Paul Alexandre est facteur. Albert naîtra le 15 septembre 1911.

Ainsi, Suzanne et Marc Moreau pourraient être des auteurs « oubliés » de manuels scolaires de l’Yonne.

Les éléments que l’on a pu glaner donnent Marc Moreau directeur de C.E.S. sans autre indication. S’agit-il d’un collège de l’Yonne ? Les recherches sur le patronyme Moreau sont hasardeuses dans la mesure où ce patronyme, le patronyme le plus porté dans le département de l’Yonne, renvoie à de nombreux homonymes.

A ce jour (20 novembre 2022), la proposition de rattacher le couple Moreau aux auteurs de l’Yonne reste donc une hypothèse, plausible, mais non démontrée. Nous recherchons donc un Marc Moreau, né vers 1911 (plus ou moins deux ans), élève de l’école normale d’Auxerre, dont l’épouse se prénommait Suzanne, directeur d’un CES entre 1950 et 1960.


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