Michel Laurent

17 09 2013

Michel LAURENT

(1936 – …)

    Michel Laurent est né le 2 février 1936 à Paris (6e), instituteur, directeur d’école, puis psychologue scolaire, il fit carrière dans le département de l’Yonne. Il est l’auteur d’une brochure de 64 pages destinée à la préparation des employés communaux à l’épreuve de français du concours de commis et à l’examen d’aptitude à l’emploi de secrétaire de mairie des communes de moins de 2 000 habitants, éditée en 1981 par le CFPC (Centre de Formation des Personnels Communaux, devenu après 1987 le CNFPT – Centre National de la Fonction Publique Territoriale).

    La brochure connut plusieurs éditions : d’abord, avec Jeanne SIMON (éditée en 1980), puis avec Michel Laurent seul (édition de 1981, bleu, 64 pages).Une annexe de 48 pages d’exemples d’épreuves d’examens fut réalisée avec Jacques DUMONT l’année suivante (1982).

    Un second ouvrage sortira en 1989 à destination des candidats au concours de commis territorial, en adaptation à la nouvelle formule de concours (80 pages), sous l’égide du CNFPT (successeur du CFPC).

     Ces ouvrages sont des exemples de brochures éditées dans un cadre particulier pour des formations professionnelles spécifiques par un organisme de tutelle dont l’édition n’est pas le souci premier. N’entrant pas dans le cadre des grandes collections, elles ont une vie brève et sont rarement conservées en bibliothèques.

     « La brochure était destinée à la préparation au concours de secrétaire de mairie et de commis ; elle connut deux éditions, l’une avec plusieurs co-auteurs, puis une seconde où je fus seul auteur après le retrait des collaborateurs de la première édition.

    L’ouvrage été diffusé dans la France entière, mais je n’ai jamais su à combien il avait été tiré. Ma rémunération fut de l’ordre d’un mois de salaire d’instituteur. J’ai été très libre tant pour le contenu que pour la forme. J’ai pu imposer ma mise en page, si l’on m’avait imposé une forme, je crois que j’aurais renoncé. J’ai dû me rendre plusieurs fois à Paris pour mettre l’ouvrage au point avec l’imprimeur. » [Michel Laurent]

 

 




Marguerite Bodin

14 02 2013

Marguerite BODIN

(1869-1940)

       Marguerite Bodin est née à Appoigny (89) en 1869, elle fait partie du premier contingent d’institutrices laïques normaliennes. L’annuaire de l’Yonne nous apprend qu’elle fut institutrice à Appoigny, où sa famille était installée, de 1897 à 1900, puis à Bazarnes (89) en 1902. Militante des droits de la femme elle est la cheville ouvrière de la constitution de la fédération des GFU (Groupes féministes universitaires) qui se met en place réellement en 1905 au Congrès de Lille. A cette époque, Marguerite Bodin quitte vraisemblablement l’Yonne puisqu’elle se marie à Versailles en 1906 où elle habite un temps. Vers 1920 après son veuvage (son mari est sans doute mort au champ d’honneur puisqu’elle réclame le statut de veuve de guerre), elle garde le domicile de ses parents, 7 rue des Solitaires, puis, en 1926, elle quitte Paris pour résider à Savigny-sur-Orge, tout en faisant de longs séjours à Appoigny.

Elle meurt au Cannet (06) le 21 janvier 1940, selon la mention porté sur une lettre revenue à la Société des gens de lettres.

 

——— Revue de l’enseignement primaire et supérieur – n°21, 22e année, 18 février 1912 :

Marguerite Bodin, La lecture intelligente, Nouvelle méthode de lecture.

Le livre-jouet, le livre qui permet d’apprendre à lire en s’amusant : voilà le tour de force qu’a réalisé Marguerite Bodin.

Voyons les mots maintenant2 magnifiques livrets en deux couleurs et illustrés de près de 1 000 gravures, Prix de chaque livret cartonné : 0,50 Fr en spécimen ; 0,15 Fr

 Ce qui frappe tout d’abord en ouvrant les deux livrets qu’elle nous offre, c’est la multiplicité des gravures qui les ornent. Le premier n’est presque gravures, gravures  très nettes, très bien exécutées, permettant aux tout jeunes bébés de reconnaître, du premier coup d’œil, les objets représentés.

Et, en y regardant d’un peu plus près, on voit  que les pages couvertes de gravures ne sont pas autre chose que les cartons d’un véritable jeu de loto.

Il m’est arrivé de me composer, pour mon usage personnel, une méthode de lecture. Je m’étais fait une loi de n’y introduire que des mots d’usage extrêmement courant

Marguerite Bodin est allée beaucoup plus loin. Non seulement elle s’est interdit tout mot n’appartenant pas au langage populaire, mais encore elle a mis à contribution le vocabulaire spécial au premier âge et aux mamans.

« Toto a du bobo » lit-on dès les premières pages. Et à cela, on reconnaît le louable effort qu’à fait l’auteur pour se mettre, si je puis m’exprimer ainsi, dans la peau des ses petits lecteurs.

Avec un pareil livre, on ne court pas le risque de commettre le crime de faire répéter aux écoliers des mots n’ayant aucun sens pour eux.

La graduation choisie est telle qu’au bout d’un petit nombre de leçons, les élèves arrivent à lire de petites historiettes, comme celles du Rat Lunin et de la Souris Rinotte, qui les mettent dans la jubilation.

Enfin l’ouvrage est précédé d’un véritable cours de méthodologie à l’usage des maîtres, pour l’enseignement de la lecture. On y trouve l’indication d’une foule de procédés permettant de donner un enseignement intelligent, vivant, varié et attrayant.

Le livre de Marguerite Bodin facilitera la tâche des maîtres et, par-dessus tout, il fera aimer l’école : c’est pourquoi je me fais un plaisir de le signaler aux Camarades.

G. Clémendot

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Bibliographie :

Une Lecture intelligente, parution en livrets à partir de 1911 à la Bibliothèque de l’éducation

Jacques et Zette, 1929, Armand Colin, 9 éditions, la dernière en 1952.

?

Les Surprises de l’école mixte Librairie universelle Paris 1905

Psaumes d’amour, 1920,éd. E. Figuière [qui lui valent d’être parrainée pour accéder à la Société des gens de lettres]

l’Institutrice, 1922, éd.Doin, est réédité en 2012 avec un avant-propos de madame Denise Karnaouch, éd. Harmattan, Histoire Du 20ème Siècle à Nos Jours, 352 pages, 21.5 X 13 cm, 480 grammes

Contes bleus et roses, 1923, Bibliothèque d’Education. In-8 Carré. Relié. 128 pages. Illustré de nombreux dessins en noir et blanc dans le texte. Illustrations d’Albert Muhlemann. 

 

 

 

 

 

 

 




Alain Valtat, céramiste

23 07 2012

Alain VALTAT

(1947 – …)

 Le mode de transmission des savoirs en arts plastiques ne passe pas prioritairement par l’édition de manuels scolaires. Nous avons déjà noté cette difficulté lors de la présentation de la fiche consacrée à Daniel Carré. En arts plastiques comme en éducation physique, faute sans doute d’une rentabilité suffisante et peut-être d’imagination, l’édition scolaire reste assez indigente. 

Alain Valtat, d’abord instituteur à Treigny (89) en 1968-1969, s’est intéressé à la poterie et à la céramique en fréquentant les artisans et artistes locaux de Saint-Amand (58) et Ratilly (89). Poursuivant des études de physique à l’Université de Bourgogne (1969-1974), enseignant ensuit en sciences physique, il a continué s’adonner à la céramique et développé ses propres créations, d’abord dans le style « Grès de Puisaye » avant d’expérimenter et d’élargir sa, palette technique. Il devient ensuite professeur à l’IUFM de Bourgogne où autour des années 2000, soucieux de partager les savoirs accumulés, il a conduit l’atelier de l’IUFM et animé des journées culturelles sur le thème de la céramique.

Dans le même esprit, Alain Valtat a auto-édité plusieurs ouvrages traitant des recherches techniques qu’il a menées, diffusés par la librairie Imagine-Céramique.

Aussi, bien qu’on ne trouve pas, stricto sensu, de manuel scolaire signé Alain Valtat, il fait montre d’un souci d’éducation et d’éducation populaire qui le placent parmi les auteurs de l’Yonne et il convient de lui ménager ici une place ici.

Ouvrages d’Alain Valtat, dont on peut voir la couverture sur son site personnel :

Introduction à une pratique expérimentale des glaçures 1250 – 1320°C généralités (2001- imp. Jouve à Mayenne, ISBN 2-9517488-0-9)

L’élément fer dans les glaçures 1250 – 1320°C (2003- imp. Jouve à Mayenne, ISBN 2-9517488-2-5)

L’élément cuivre dans les glaçures 1280 – 1320°C  (2004- imp. Jouve à Mayenne, ISBN 2-9517488-3-3)

Glaçures de cendres (2007- ISBN imp. Jouve à Mayenne, 2-9517488-4-1)

Terres cuites à revêtements argileux (2010- imp. Jouve à Mayenne, ISBN 2-9517488-5-X)
 



Pierre Larousse

6 06 2012

Pierre LAROUSSE

(1817-1875)

Pierre Larousse est universellement connu pour son œuvre de lexicographe et de pédagogue. Il est, avec Augustin BOYER – natif de Villiers-Saint-Benoit- fondateur de la maison LAROUSSE et BOYER qui deviendra la maison LAROUSSE. Avant de concevoir son Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, il se consacre à la rédaction de manuels scolaires.

(Note : Pierre Larousse n’a rédigé que deux dictionnaires : le Nouveau dictionnaire de langue française et le GDU…les autres lui sont postérieurs !)

BIBLIOGRAPHIE : Si, de nos jours, les élèves le fréquentent par le truchement du dictionnaire, du larousse, on doit bien d’autres ouvrages à Pierre Larousse :

La Lexicologie des écoles

Lexicologique des écoles primaires (1849)

qui devient en 1851 : Grammaire élémentaire lexicologique.

Cours lexicologique de style (1851)

Traité élémentaire d’analyse grammaticale (1851)

Petite grammaire lexicologique du premier âge (1852)

   

  Traité complet d’analyse et de synthèse logique (1853)

Méthode lexicologique de lecture (1856)

Nouveau dictionnaire de la Langue française (1856)  qui est un ouvrage scolaire. Pierre Larousse l’a voulu petit et bon marché pour tous les élèves puissent l’emporter dans leur cartable.

Jardin des racines grecques (1858)

L’Ecole Normale (1858) C’est la première revue pédagogique à l’usage des Maîtres. Elle contient des exercices avec les corrigés dans toutes les disciplines.

Jardin des racines latines (1860)

ABC du style et de la composition (1862)

Le livre des permutations (1862)  C’est un ouvrage fondamental car il est à l’origine de la grammaire moderne telle qu’on l’a apprise et qu’on l’apprend encore à l’école.

Nouveau traité de versification (1862)  La rhétorique était une matière importante à l’époque.

Petite Flore latine (1862) Livre de citations des auteurs latins aussi important que le suivant.

Miettes lexicologiques (1863)

Traité complet d’analyse grammaticale (1865)

Grammaire littéraire (1867)

Grammaire supérieure (1868)

Grammaire complète (1868)

Exercices d’orthographe et de syntaxe appliqués (1869)

Gymnastique intellectuelle : les boutons (1870)

Gymnastique intellectuelle : les bourgeons (1871)

Gymnastique intellectuelle : les fleurs et les fruits (1873)

 La famille de Pierre LAROUSSE, aussi loin qu’on puisse remonter, est implantée dans le département de l’Yonne. Il est honoré à Toucy, sa ville natale où son buste orne la place qui porte son nom et où une active association pérennise sa mémoire et dont on pourra voir les activités en suivant le lien.

[Nous remercions l’association Pierre-Larousse pour la biographie de Pierre Larousse et la relecture de cet article.]

BIOGRAPHIE : LAROUSSE Pierre Athanase

Pierre Larousse est un Icaunais et même plus précisément un « poyaudin » de pure souche. Il naît à Toucy Le 23 octobre 1817. Edme-Athanase LAROUSSE, son père, est né le 9 septembre 1793 à Courson-les-Carrieres. Louise GUILLEMOT, sa mère, est née le 27 mars 1795, elle appartient à une très ancienne famille de tisserands-drapiers dont on trouve la trace à Toucy dès le début du XVIIe siècle.

En 1820, naît une petite sœur : Sophie-Marie-Louise. Elle aura son importance puisqu’elle est à l’origine de la « dynastie Larousse », Pierre n’ayant eu qu’un seul « enfant » son Grand Dictionnaire Universel (GDU) !

En 1823, l’enfant va à l’école. Pierre est un très bon élève et Edme PLAIT a vite remarqué l’intelligence et l’intérêt sans cesse en éveil de l’enfant si bien qu’il lui donne des leçons particulières après la classe. Ce qui lui permet d’obtenir à 17 ans, en 1834, une bourse que le Conseil Général de l’Yonne – faute d’Ecole Normale à Auxerre – attribue chaque année aux quatre meilleurs élèves du département.

Après 3 années d’études, le 17 avril 1837, Pierre Larousse obtient son brevet d’enseignement du second degré et le 9 février 1838, celui du premier degré ; il a 21 ans, le 7 mai 1838, il est nommé instituteur à Toucy où une place vient de se libérer après la démission de Joseph Barthélémy. Le voilà devant une classe d’une centaine d’élèves de 6 à 17 ans. Conformément à la loi Guizot, Larousse doit donner la première place dans son enseignement à la morale et à la religion. Mais Pierre LAROUSSE est vite déçu par cet enseignement qui ne laisse aucune place ni à l’initiative personnelle, ni à la réflexion, et qui manque cruellement de manuels scolaires. Lui qui a été libre de choisir ses lectures, qui a tout écouté à l’auberge des parents, ne tarde pas à constater la déficience de l’enseignement qu’on lui demande de dispenser. Convaincu qu’une réforme s’impose, il démissionne de son poste en mai 1840 et repart à Paris où il reprend ses études.

Commence alors une période d’une dizaine d’années difficiles au cours desquelles il va falloir vivre sans grandes ressources. Il suit tous les cours gratuits qu’il peut au Collège de France, à la Sorbonne… Certes les parents ne l’oublient pas et lui envoient périodiquement des colis contenant quelques victuailles d’autant plus appréciées qu’elles rappellent la campagne toucycoise et qu’elles améliorent considérablement les repas pour quelque temps.

Pour subvenir à ses besoins, Pierre Larousse devient répétiteur à l’Institut JAUFFRET, dans le Marais. Il y rencontre Suzanne Pauline CAUBEL ; nous sommes en 1845, il ne l’épousera qu’en 1872 mais l’appellera toujours « ma femme » ou « madame LAROUSSE » ! Entre 1848 et 1851 il devient maître d’étude, toujours à l’Institut JAUFFRET, ce qui va lui permettre de tester ses ouvrages pédagogiques dont les premiers paraissent (à Paris chez Vve Maire-Nyon) en 1849 et 1850, il s’agit de la Lexicologie des écoles primaires.

Pour faire connaître sa méthode, Larousse n’a que deux solutions : ou bien il vend son ouvrage à un éditeur qui devient le propriétaire de cette première partie mais aussi le propriétaire des suivantes – ce qui aurait assuré la fortune et la célébrité de l’éditeur mais pas celle de Larousse ! Ou bien il édite « à compte d’auteur » …mais dans ce cas, il lui faut de l’argent, or ni lui, ni sa famille n’en possèdent…En fait, la solution trouvée sera de fonder en 1852 sa propre maison d’édition en compagnie d’un ancien élève de l’école Normale de Versailles : Augustin BOYER, la maison « Larousse et Boyer » ouvre ses portes au 2 rue Pierre Sarrazin. Et plus tard, au 49 rue Saint-André-des-Arts à Paris. La maison n’emploie qu’un seul commis : Emile MOREAU, petit-neveu de Boyer.

Les deux hommes ont beaucoup d’affinités communes :

•          Tous deux sont natifs de la même région et sont même compatriotes puisque Boyer est né à Villiers-Saint-Benoît, à 10 km de Toucy.

•          Tous deux ont la même formation (Ecole Normale de Versailles)

•          Tous deux sont républicains !

•          Tous deux sont fils d’aubergiste !

LAROUSSE se tue à la tâche, le mot n’est pas trop fort, il travaille 15 à 16 h par jour et les premiers symptômes de la congestion cérébrale qui l’emportera le 3 janvier 1875, apparaissent. Depuis 1872, c’est Jules qui dirige l’imprimerie et assure la continuité du GDU. A la mort de Pierre, le neveu et Mme LAROUSSE s’associent et continuent la publication du GDU sous le nom de « Veuve Larousse et Cie ». En 1878, la maison déménage au 19 de la rue du Montparnasse où elle se trouve toujours.