J’ai assisté dernièrement au colloque E.learning organisé par l’université Lyon 3 intitulé « Au-delà des plates-formes : la E-Pedagogie« . Je ne parlerais pas dans ce billet des contenus riches des interventions mais de la structure d’un colloque au temps du web 2.0 ou une autre façon d’aborder la notion de temps et d’espace.

Nous avions jusqu’à présent l’habitude de travailler dans un temps et un lieu déterminé, une thématique de colloque traitée dans un lieu déterminé et pendant un temps déterminé. Le web 2.0 modifie cet équilibre. Lors du colloque j’ai observé l’organisation de l’amphithéâtre et j’ai tenté une représentation graphique.

Organisation de l'amphitéâtre

Que constate t-on ? Plusieurs éléments caractéristiques :

  • Les détenteurs d’ordinateurs se placent sur les bords de l’amphithéâtre pour bénéficier des prises électriques afin de ne pas être privés d’énergie. Lorsque l’on se rapproche du centre de l’amphithéâtre les possesseurs d’ordinateurs se raréfient. Il y a donc une stratégie technologique de positionnement. A l’image des salles de cours, le colloque est tributaire de la structure technique des lieux. Nous sommes à la croisée des chemins, avec d’un côté des amphis construits à des périodes pré digitales et de l’autre des pratiques de collaborations synchrones distantes. J’y vois ici un invariant actuel de la e.pédagogie, le rapport entre architecture et construction de savoirs. Il me semble indispensable, qu’à l’heure actuelle, les constructions ou rénovations de salles de colloques doivent prendre en compte ces contraintes (situation des prises électriques, sonorisation, wifi, câblage … ). Je n’ai pas pu observer les stratégies des possesseurs des téléphones mobiles (I.phone, androïd) mais je suis sûr que c’est un élément à intégrer, parce que le 3G le dispute au wifi.
  • La circulation latérale dans les amphis est modifiée en raison de la présence des câbles d’alimentation. Il faut faire très attention à ne pas se prendre les pieds dans les fils d’alimentation.
  • Les discussions ne sont plus uniquement circonscrites dans l’amphithéâtre, elles s’organisent aussi en dehors (mais de façon synchrone) avec l’introduction de twitter. L’existence d’un double (mais complémentaire) niveau de discussion enrichie le présentiel mais complexifie l’organisation. Un participant distant ayant posé une question par twitter s’est étonné que l’on ne répercute pas sa question. J’ai le sentiment (déjà exprimé dans mon rapport annuel d’activité 2010) que la e.pédagogie impose une division des tâches. N’est-on pas en train de voir apparaître une nouvelle fonction, celle de community manager de colloque ? Ce qui est sûr c’est que le meneur des débats qui est en chaire ne peut plus tout assumer. L’introduction d’un monde virtuel complexifie encore la travail puisqu’il faut aussi gérer le chat intégré, les possibles incidents techniques, donner la parole, gérer le volume sonore etc.
  • La présence du numérique dans un colloque modifie les habitudes de travail. J’ai, au cours de ce colloque, visualisé les diaporamas et suivi les intervenants sur l’écran de mon ordinateur.

Le terme de e.pédagogie qui commence à émerger et à supplanter le terme de TICE me paraît être un virage sémantique significatif. N’est-on pas en train de dire que la pédagogie à sa logique intrinsèque et que la technique a la sienne ? Ce que je veux dire par là, c’est que les deux champs deviennent des affaires de spécialistes avec des qualifications précises, des définitions qui s’affinent. Deux champs spécialisés MAIS qui doivent travailler de concert. Enfin la fin du bricolage pédagogique ?

Les tâches à prendre en compte par les organisateurs sont : (propositions) Je vais me permettre de citer Marcel Lebrun (Causerie spiral de @Batier) et dire que le numérique fait tomber une autre forteresse du savoir, celles des colloques, les machicoulis s’élargissent. On peut apprendre dans et hors les murs du colloque.

Quelques propositions :