Algérie, la parole (enfin) libérée

Tout le monde s’est déjà posé au moins une fois cette terrible question : « En temps de guerre, qu’est-ce que je ferais ? »

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On connait alors tous quelqu’un qui se prend d’un courage et d’un amour de la patrie soudain venu de nulle part, mais chacun connait la complexité de cette question à laquelle nous pouvons échapper à tout moment grâce au luxe de ne pas y être. Mais nos grand-pères eux, ne l’avaient pas …

Ce documentaire retranscrit cette problématique qui a touché nos aïeux lors de la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962. Il prend appui sur deux cas similaires et pourtant que tout opposent, deux français qui ont déserté. Qu’est ce qui les différencient me direz-vous ? L’un a fui les horreurs de l’armée, l’autre a fui la fin de la guerre pour continuer à les perpétrer. En complément, différents intervenants spécialisés ainsi que d’images d’archives nous plongent dans le contexte historique.

Noël « Noureddine » Favrelière, se qualifie lui-même « d’enfant de la guerre ». En effet il faisait partie de la résistance dès l’age de 9 ans, il a donc baigné dans la violence de l’occupation allemande, ce qui l’a évidement conditionné à jamais. D’une humilité et d’une franchise forçant le profond respect, Mr Favrelière raconte alors la vérité que personne ne nous raconte, débutant par sa première expérience de la mort, passant par le début des opérations françaises et en terminant par son engagement dans le FLN (Armée de libération algérienne).

René Técourt, profond patriote qui se sentit personnellement attaqué par la défaite française en Indochine s’opposa naturellement pour la défense du drapeau français à Alger. A l’annonce du cessez le feu et de la défaite de la France, Mr Técourt fut investi d’un profond sentiment de frustration et décide alors de continuer la guerre en s’engageant dans l’OAS (Armée secrète composée d’anciens militaires français).

Grâce à ces deux témoignages, nous pouvons alors comprendre la réalité crue de la guerre, mais aussi la différence de comportements des hommes face à la violence et à l’horreur. Il est alors impossible de rester impassible face à l’émotion que ces deux hommes retransmettent, même plus de 50 ans après.

Le fin mot de l’histoire est un beau message de pardon et de tolérance, il est parfaitement écrit à la conclusion du reportage :

« René Tacourt et Noël Favrelière, dont la guerre d’Algérie aurait fait des ennemis mortels, se sont rencontrés à l’occasion de ce tournage.

Ils sont devenus amis. »

En l’honneur de Noël « Noureddine » Favrelière, décédé le 11 novembre 2017 il restera dans la mémoire des Justes d’Algérie.

Robin Lonchampt, Dnmade 1 Horlogerie, 2019.

Une réflexion sur « Algérie, la parole (enfin) libérée »

  1. Super article,
    Je ne me suis jamais trop intéressé aux films documentaires d’histoire sur la guerre mais là tu as réussi à me vendre le sujet. J’ai tout de suite eu envie de regarder le film. Le docu que tu nous présentes est extrêmement judicieux pour nous parler de la guerre d’Algérie, le fait que se soit deux anciens combattants qui témoignent avec une histoire qui les oppose nous captive tout au long.
    Très bon choix, bravo.

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