L’art de pouvoir (presque) tout faire avec les moyens du bord

Produite par le studio Droog Design (Marijn Van der Poll, Frank Tjepkema, Peter Van der Jagt, Marti Guixé, Thomas Bernstrand et Jurgen Bey) en 2000, Do Create est une expérience guidée à destination d’un usager plus « modeste » que ce que laisse le plus souvent entendre le monde de l’art en terme d’appréciateurs.

Plusieurs types d’objets et d’accessoires sont donc accessibles derrière un label complètement vide de sens, avec la volonté de laisser son propriétaire en trouver un par sa propre expérience et son vécu, et grâce aux expérimentations qu’il pourra en faire.
Ainsi, à partir d’un panel d’objets similaires, nous nous retrouvons en bout de course avec une panoplie de réalisations toutes différentes et adaptées aux besoins de celui qui l’aura modelé à sa façon.

Nous avons par exemple Do Hit, un cube creux d’acier inoxydable fait de tôles de 1mm d’épaisseur, qu’il faudra venir frapper à l’aide d’une masse afin de modeler le métal pour obtenir au final une assise. Le client devient alors le co-concepteur de ce projet en devenant acteur de la conception de cette assise. Ce projet permet l’implication du client et lui apporte également une fierté personnelle de créer/ former son mobilier. C’est alors un objet unique édité en édition limitée.

Dans le même genre, Do Frame est un ruban adhésif d’imitation baroque permettant de donner un air luxueux à n’importe quelle photo sans effort.

Do Scratch quand à lui est une lampe recouverte d’un revêtement noir à gratter pour dévoiler la lumière, et donc créer n’importe quel motif grâce à cette dernière et avec n’importe quel accessoire permettant d’enlever la matière à la manière d’un jeu à gratter.

Do Swing, permet en toute simplicité de se balancer dans sa propre maison, et Do Break de passer ses nerfs sur un vase prévu à cet effet.

L’usager devient inter-acteur de ces objets, ce dernier servant presque d’ « outil » dans la conception finale d’une oeuvre qui ne se limite qu’à l’espace de la maison ou de l’atelier qui l’accueillera à la fin du processus de création.

Destiné à une population prolétaire, Do Create ne cache pas ses intentions avec sa campagne de publicité mettant en scène des situations du quotidien comme si elles avaient été prises en photos par un membre de la famille ou un ami proche, sans faux semblants et fioritures (un homme diablement fier d’avoir sué sang et eau pour une chaise, Tony qui gratte à la fourchette sur sa lampe ou encore une femme en peignoir sur le point de balancer un vase au visage de son compagnon).

Droog accorde une grande importance au processus de fabrication qui se veut anti-disciplinaire et en se concentrant sur les questions qui affectent la société et ses habitants.

Le « processus est la clé ».

GIRARD Joséphine, 2 DNMADe bij – Février 2021

Et pourtant Nieztche n’a pas vu Mononoke…

On a tendance à ne pas aimer ce que nous ne comprenons pas. Je m’explique :

N’ayant jamais réussi à comprendre comment lire un manga (j’ai vraiment essayé), une sorte de frustration envers tout ce qui concerne cet univers est né et s’est amplifié en moi, pour devenir une sorte de désintérêt envers cette littérature japonaise. MAIS, être non fermé d’esprit que je suis, j’ai réussi à un peu m’intéresser aux animés… C’est donc avec un œil objectif, que je vais vous emmener à la découverte d’un chef d’œuvre graphique et psychologique de l’animation japonaise :

MONONOKE

Durant cinq Arcs (cinq saisons pour les non initiés), nous suivons les aventures d’un apothicaire à la beauté glaçante, dont le rôle est de chasser des Mononokés ; esprits vengeurs en japonais. Ils sont les réincarnations horriblement magnifiques de nos pires souffrances qui entravent notre esprit à tout jamais. L’apothicaire ressent les mononokés et s’acharne avec un sang froid et un calme déconcertant à les détruire afin de reconduire les victimes à la paix et au bonheur intérieur.

Pour les détruire, l’apothicaire possède une épée magique dont la lame n’apparait qu’une fois qu’il connait La Forme, La Vérité, et La Raison du mononoké. C’est là que tout devient instable. Nous ne pouvons plus distinguer le réel et le surnaturel. Les plus horribles vices de l’Homme se retrouvent visibles et nous plongent dans un malaise insoutenable.  

L’animé est une véritable fresque visuelle, pleine de couleurs et de motifs, un régal pour les yeux. Chacun des personnages est particulier, et possède ses caractéristiques propres (aussi bien dans son design que dans sa personnalité) et parvient à laisser une trace dans notre esprit. Nous sommes comme hypnotisés par la performance, passant de la 2D à la 3D, du stop motion au ralenti en une fraction de seconde. Le tout accompagné d’un incessant air d’accordéon rendant chaque scène on ne peut plus dérangeante.

Je vous invite sans plus attendre à découvrir l’opening de cet animé pour que vous commenciez à vous imprégner de l’ambiance. 

 

UN PEU DE PHILOSOPHIE 

Cette œuvre a un rapport direct avec la philosophie du bonheur de Nietzsche : « Tout acte exige l’oubli ». Il est très difficile d’oublier simplement le passé. Mais cela est pourtant impératif dans une quête du bonheur. Ne pas oublier le passé implique de ne jamais voir  le devenir, être entouré de ce qui hante l’esprit, ne plus croire en sa propre existence et cesser d’exister. Oui mais vous allez dire : oublier le passé, c’est aussi oublier ses souvenirs. Disons alors : il est possible de vivre presque sans souvenir et de vivre heureux, comme l’animal. 

L’oubli n’est pas insurmontable, pour Nietzsche, il est semblable à la digestion, sorte d’absorption psychique. Faire le vide. Isoler sa conscience le temps d’un instant. Ignorer les bruits extérieurs. Faire de la place pour de nouveaux souvenirs. Vivre dans le présent. 

Cet animé nous oblige à penser à soi. Nous avons tous des pensées ou des émotions négatives. Ne pas savoir les contrôler pourrait conduire à la création d’un mononoké en nous. Y avez-vous pensé ? Imaginez qu’il soit possible de détruire votre plus grande angoisse, votre plus grand malaise ? Beaucoup de personnes vivent dans une sorte de « bonheur par omission » (Omettre des détails du passé qui finissent par nous rattraper et nous détruire). Pourquoi ne pas être son propre apothicaire et profiter de la situation actuelle pour faire le ménage dans son esprit en prévision des jours meilleurs ? C’est l’un des meilleurs conseils que je puisse vous donner. 

Mettez de la couleurs dans votre vie !  

Eve A – Dnmade 2 Ho – Février 2021 

Une Diva pas comme les autres

                             Juliana Notari

Le 31 décembre 2020, l’artiste plasticienne brésilienne Juliana Notari publie sur une page internet des images de son dernier chef œuvre de Land Art qui s’intitule Diva qui suscite la colère de l’extrême droite du pays. Son arrivée est intervenue juste un jour après que le président du pays, Jair Bolsonaro, ait déclaré qu’il ne légaliserait jamais l’avortement au Brésil.

                                    Diva

L’œuvre nommée « Diva » représente une sculpture de 33 mètres de long représentant, dans divers tons de rouge tels des coulures sanguines, une vulve XXL qui a été installée sur une montagne du Brésil. L’œuvre est aussi forte qu’ambiguë : si l’œuvre représente une coupure à vif dans la peau aux contours ensanglantés, difficile de ne pas y reconnaître l’anatomie de la femme. L’artiste cherche alors à promouvoir le débat sur les questions de genre dans le pays sud-américain. Et plus précisément « questionner la relation entre nature et  culture dans notre société occidentale phallocentrique et anthropocentrique » comme le dit l’artiste. Et donc aborder les problématiques liées au genre en adoptant une perspective féminine et féministe.

                    Construction

Pour vous mettre dans le contexte de réalisation, cette réalisation est composée d’une excavation de 6 mètres de profondeur recouverte de béton et de résine, 16 mètres de largeur, celle-ci a nécessité le travail de plus de vingt personnes pendant près de 11 mois et une résidence artistique en collaboration avec le musée d’art moderne Aloisio Magalhães et l’Usina de Arte de Recife. Un projet ayant aussi pour but la réhabilitation d’une ancienne usine à sucre à des fins artistiques.

 

Diva a pour objectif de réaffirmer la place et la puissance féministe dans un pays où les droits de la communauté LGBTQI+ (LGBT est un sigle utilisé pour désigner l’ensemble des personnes non strictement hétérosexuelles et cisgenre, en regroupant les lesbiennes (d’où le L), les gays (G), les bisexuel·les (B) et les trans (T), les personnes se définissant comme queer (Q) et celles qui sont intersexuées (I), des femmes et des personnes s’identifiant comme femme sont souvent menacés. Placer une vulve sur la terre est aussi une façon, pour elle de créer un lien entre « la naissance, d’où vient la vie » et là où nous retournerons « après la mort, à la nature ».

« L’art n’est pas isolé de la société, l’art reflète la société »

Certaines personnes comme Shaista Aziz, responsable des médias et de la communication chez Solace Women’s Aid, déclare :  « J’aime tout dans la sculpture de Juliana Notari, « Diva », et cette histoire. Cela témoigne de la misogynie et de la fragilité absolue de l’extrême droite mondiale et de tous les extrémistes obsédés par la restriction des droits humains, politiques, sexuels et économiques des femmes ». 

C’est donc pour cela que Juliana Notari, a voulu percer les tabous sexuels, qui ne devraient pas en être. Cette œuvre a donc pour but de créer un symbole d’espoir pour l’avenir, un avenir où tout sera meilleur donc rendre hommage à la fois à la Terre Mère, mais aussi faire de son œuvre un symbole féministe et un geste politique. 

Je vous invite à découvrir d’autres œuvres de cette artiste, qui sont également très intéressantes sur son site internet dont l’adresse se trouve ci-dessous :

https://www.juliananotari.com/en/dra-diva-2/ 

Et vous qu’en pensez vous de cette sculpture géante ?                                                      Faites le moi savoir en commentaire !

Merci pour votre lecture !

       Cora Cesar – DNMADE1Jo – Février 2021

En mangeriez-vous ?

     Un tas de bonbons mis à disposition comme celui-ci, ça tenterait n’importe qui, pas vrai ? Et si ces friandises était en réalité une métaphore lourde de sens…

Ce que vous voyez compose une sculpture éphémère adressée au public : ce dernier va pouvoir la consommer, la faire diminuer et vouer à la faire disparaitre au fil de l’exposition. Par cette installation l’artiste considère que l’œuvre se meurt.

                                                  Candy Stacks – Portrait of Ross – 1991

Et vous aller comprendre que, Félix González Torres, artiste américain d’origine cubaine, influencé par l’art minimaliste et l’art conceptuel, veut nous mettre face à la disparition de manière réflexive. Il s’inspire de faits autobiographiques, d’enjeux sociaux et mêmes politiques ; c’est tout comme un fil conducteur majeur dans sa création artistique.

Et parmi tout un tas (oui encore) d’artistes mettant en place des œuvres interactives, (tels que Allan Kaprow, Marina Abramovic, Jean Tinguely, Yoko Ono, Jeffrey Shaw, -bref) Félix GT interroge le rôle du spectateur dans l’œuvre. Il va lui donner une certaine responsabilité et l’invite à prendre du recul quant à l’action qu’il va faire et qui va impacter l’œuvre par la suite.

Car effectivement, c’est là qu’est le plus intéressant dans son art : la symbolique qu’il lui donne.  En fait, ce vulgaire tas de bonbons, il représente quoi ?                    Il n’est pas aussi naïf et innocent qu’il n’y paraît, car symboliquement la friandise est associée à l’incarnation d’un virus, de milliers de bouts de virus, et pas n’importe lequel : celui du SIDA (et non pas le corona, même si le concept fonctionnerait bien pour notre actualité…!)

Le Syndrome d’Immunodéficience Acquise, c’est ce qui a provoqué la mort de son compagnon Ross Laycock (d’où le titre de Portrait of Ross). Ici il représente la perte d’un être cher et c’est également une façon pour l’artiste de lui rendre hommage à travers sa passion, son art.

« Des bonbons parce que les fleurs c’est périssable », comme dirait Julie dans un article pour Visceral.

Alors maintenant ce visuel attrayant, tout coloré en devient moins attirant on est d’accord.. d’autant plus que si on poursuivait cette métaphore, en avalant un bonbons on serait désormais nous aussi contaminé par la maladie. On peut le percevoir comme un autre moyen d’amener à une prise de conscience de la société qui l’entoure ?

Comme dit précédemment, Félix GT fait l’expression de sa propre vie à l’intérieur de la société, et ici il nous énonce la tragique réalité qu’est la propagation du virus du sida, notamment dans la communauté homosexuelle, dont il a lui-même été victime et décédé à 38 ans.

Comme conclusion, je dirais que l’art naît lorsque qu’un individu transforme des choses simples du quotidien en médiums significatifs ; et c’est véritablement ce que fait Felix GT, en lui adressant un message fort, et un message pluriel.

Peut-être que l’on pourrait même parler d’œuvre engagée ?

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe 1 bij – Février 2021

Un évènement à l’horizon

Cette nouvelle année 2021 ne s’annonce pas comme l’année du bonheur, le réchauffement climatique qui ne s’arrête pas, la crise du Covid-19 qui persiste, les camps de détention des Ouïghours ou encore les violences policières fréquentes aux États-Unis sont des exemples qui témoignent la difficulté avec laquelle nous allons devoir traverser ces 365 prochains jours. Et pourtant, cette année va être embellie par l’arrivée d’un nouvel événement, un nouvel album ! Cet album ne redonnera probablement pas le sourire, à cause de la tristesse qu’il devrait dégager, mais il sera (selon moi) un tournant dans le slam français. Dans la liste complétement subjective que je me suis faite, il rejoindra le top des albums de slam français qui est pour l’instant mené par Grand Corps Malade et son album « Enfant de la ville » sortie en 2008. Si je me permets de défendre autant un projet qui n’est pas encore sorti, c’est que je dois avoir de bons arguments, ne vous en faite pas, j’en ai assez pour que je ne sois pas le seul à attendre cet album avec impatience. 

L’album « L’horizon des évènements » à été annoncé en même temps que la sortie d’un premier extrait sur YouTube (ainsi que sur toutes les plateformes de streaming) avec un titre qui porte le même nom que l’album. Son auteur ? Un  humoriste, acteur, scénariste et réalisateur français, autrement dit, c’est Kyan Khojandi ! Après la série a succès Bref, le spectacle Pulsion, la réalisation de la série Bloqué (jouée par les rappeurs Orelsan et Gringe) qui a donné naissance à la série Serge le Mytho (avec comme comédien principal Jonathan Cohen) et une série de podcasts nommées Un bon moment, Kyan annonce un premier album en total indépendance. Je doute qu’il y ait beaucoup d’autres personnes aussi polyvalentes en France, car en plus de cette polyvalence, chaque projet à rencontré en franc succès autant au niveau de la critique que du public. 

Le point commun entre tous ses projets, c’est qu’ils s’inscrivent dans un registre humoristique, même si parfois, ils traitent des sujets sociologiques (notamment dans la série Bref). Cette fois-ci Kyan sort de sa zone de confort et décide de passer du rire au larme, de la joie à la mélancolie. C’est pour ça qu’il a décidé de changer de nom d’artiste pour ce projet en se nommant « L‘autre Kyan ». Le titre de l’album en dit long d’ailleurs, en physique l’horizon des événements désigne la limite d’un trou noir, point de non-retour au-delà duquel rien ne peut sortir. Le lien entre l’aspect physique et l’aspect psychologique est vite trouvé, on s’imagine bien cette limite mentale, qui, une fois franchis, nous rend impossible de retrouver notre vie d’avant et notre épanouissement (on peut assimiler ça à une dépression sans fin). C’est dans cette première analyse de texte que je vais vous démontrer comment un homme qui arrive à faire rire des milliers de personnes, peut aussi broyer du noir et nous émouvoir. 

Le texte se compose en deux parties, une courte intro et un couplet unique, le tout sur une instrumentale de musique classique composé par Clément Libes et Yoann . Les premières paroles de l’introduction donnent tout de suite l’ambiance pour la suite du morceau :

« J’veux pas en rester là j‘veux…
J’veux rebondir, comme une envie de guérir, comme une envie de pas mourir
J’ai passé une année entière dans un trou noir
Et si j’fais rien ben…
Y aura toujours cette trappe sous moi
Ok…« 

L’ensemble du couplet sera une introspection de Kyan où il parle de son enfance : « L’impression d’être retourné à ma rentrée de sixième, tu prends tous tes livres, des coups de pression dès le matin tôt », de ce qu’il a vécu : « J’ai critiqué les beaufs, les gars avec leurs cigarettes jaunies. Alors que j’ai réussi à re-pleurer grâce à la mort de Johnny » mais aussi des choses qu’il pourrait faire alors c’est stupide comme : « J’suis ce genre de gars qui cherche son téléphone portable, alors qu’il est dans sa propre main. Limite, j’vais aller sur Google et je vais taper « Où est mon téléphone portable ? » Je sais.. C’est comme ça…« . C’est intéressant de voir qu’il ne dit pas qu’il est idiot mais que « c’est comme ça », pour faire un bilan de sa vie mais le plus objectivement possible, comme si ce n’était pas vraiment de sa faute, que le monde l’avait amené à avoir ce genre de réflexion. Kyan parle également des fréquentations qu’il a eues, qu’elles soient bénéfiques ou mauvaises, en parlant de ces gens « qui ont transformé nos acolytes en alcooliques » ou des ses amis les plus chers  » Gautier, Navo, Patrick, merci d’avoir été là ». Il finit ce couplet par une phrase très marquante où il dit « J’revois la lumière, j’revois là où reprend le cours du temps. J’suis à la limite, à l’horizon des événements », où il exprime explicitement qu’il est à un stade important de sa vie où il va soit réussir à s’éloigner du trou noir et continuer sa vie en homme heureux où il va s’engouffrer dans ce même trou noir et donc potentiellement dans une dépression infinie.

Cette chanson me touche beaucoup, car les exemples donnés sont à la fois très personnels, mais également universels, on s’identifie à ce qu’il dit et on comprend (par ce que l’on connaît) la situation dans laquelle il se trouve. Les paroles sont bien écrites, le rythme nous laisse penser qu’il parle en même temps qu’il pense (même si les paroles ont bien été écrites avant) et la vidéo qui accompagne la musique est une session live (ce qui accentue le côté authentique). La phrase « J’aime être seul, j’aime m’ennuyer, j’aime l‘ennuie » témoigne de cette spontanéité. 

Je vous invite grandement à écouter ce morceau pour que vous puissiez vous faire votre propre avis et si vous l’aimez autant que moi, même s’il n’y a pas encore de date fixe, l’album ne devrait plus tarder à sortir ! Et la vidéo qui accompagne la musique est une session live (ce qui accentue le côté authentique). La phrase « J’aime être seul, j’aime m’ennuyer, j’aime l‘ennui » témoigne de cette spontanéité. 

Titouan Lamaison – 1DNMADe Ho – 2021

Le bonheur ou la conquête de soi

“Le Petit Prince” est un conte philosophique écrit par l’extraordinaire Antoine de Saint Exupéry, que nous connaissons tous (enfin j’espère) et que nous avons souvent découvert pendant notre enfance. L’ouvrage est progressivement traduit dans les langues les plus diverses, grâce à l’immense succès qu’il rencontre.

Ce qui est magique avec “Le Petit Prince”, c’est qu’il s’adresse aussi bien à un public adulte qu’aux enfants. La narration, les champs lexicaux, etc, sont à la portée de tous. Pourquoi un conte philosophique me diriez-vous ? Et bien cette œuvre majeure de la littérature du XXe siècle nous donne diverses leçons de vie d’une manière symbolique et poétique. Qui sont des étapes vers le bonheur (ou en tout cas l’épanouissement de soi). En voici quelques exemples.

“L’essentiel est invisible pour les yeux”

Le livre remet (notamment) en cause notre monde attaché au matérialisme, à la compétitivité et aux apparences. Les choses les plus importantes ne seraient-elles pas celles que l’on ne peut pas voir ? L’amour, la générosité, la bonté, l’amitié.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

Maintenir l’illusion et l’innocence malgré les mauvaises expériences

En accumulant des expériences (relationnelles, professionnelles, etc) nous augmentons notre méfiance. Nous perdons la fraîcheur de l’innocence, il faut observer et expérimenter toutes les nouveautés que nous offre chaque jour. Il est inévitable de passer par des moments angoissants et difficiles, mais rappelons nous que ce sont aussi ces expériences qui nous font grandir, qu’elles nous donnent des leçons de vie.

Saint Exupéry amène le lecteur à interpréter le livre sur différents niveaux de lecture tellement les symboles, allégories, métaphores et j’en passe, sont riches de sens.

Je ne vais pas vous divulguer tout ce que l’on apprend dans ce livre, déjà parce que ça serait beaucoup trop long, et parce que je vous laisse, si vous ne l’avez pas encore fait, découvrir les méandres fabuleux de cette Œuvre. 

Si je devais résumer ce que j’ai retenu du conte, je dirais que notre mode de vie actuel nous fait oublier qui nous sommes réellement, qui est l’enfant rêveur qui sommeille en nous. J’irai même jusqu’à dire que notre VÉRITABLE identité est effacée par la demande d’être de la société, et que retrouver et suivre son âme d’enfant et peut-être la clef du bonheur. 

« Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. Mais peu d’entre elles s’en souviennent. »

Retournons à l’essentiel, ayons le courage de partir à la découverte de notre trésor intérieur, celui pour lequel la vie vaut d’être vécue.

« Les étoiles sont éclairées pour que chacun puisse un jour retrouver la sienne. »

Pour continuer sur cette quête du bonheur, je vous invite fortement à lire « L’Alchimiste » de Paulo Coelho, qui est pour moi un ouvrage tout autant INCONTOURNABLE pour la conquête de soi et de son plein bonheur.

                       Article proposé par Manon Rousselle, DNMADE2 JO, Février 2021

Une mode qui ne se porte pas vraiment.

Oui oui, vous avez bien lu. Des vêtements que l’on ne peut ni porter directement, ni toucher. La raison ? Ils sont numériques.

Aussi saugrenue que puisse vous sembler cette idée, c’est un phénomène grandissant dans le milieu de la mode. C’est en tout cas ce que propose « The fabricant ».

 

 

 

 

« The fabricant » est une maison de mode numérique basée à Amsterdam aux Pays-Bas. Créée par Kerry Murphy avec Amber Slooten elle est spécialisée en design de mode 3D et en animation. L’idée est de réaliser une mode numérique en se basant sur des expériences numériques sans jamais toucher aux matériaux physiques. Elle compte une bonne vingtaine d’employés à travers le monde et fait plusieurs collabe avec différentes marques comme Buffalo London, Soorty et Puma.

Buffalo London                        Soorty                                                  Puma

Il est possible d’acheter un vêtement digital et de demander à l’insérer sur une photo avec une personne. Comme, par exemple, avec le projet « Iridescence ». Cette robe est la première en son genre et il s’agit de la première transaction blockchain. Cette œuvre d’art unique est traçable, échangeable et à collectionner. La propriétaire actuelle de la robe a la possibilité de faire insérer la robe virtuelle sur une photo où elle apparaît. Cela donne l’impression qu’elle porte la robe.

Plusieurs maisons de haute couture ont déjà fait appel aux mondes virtuels et aux vêtements digitaux pour promouvoir leurs collections. Gucci a présenté sa collection avec les Sims, la maison Margiela a utilisé Animal Crossing et Louis Vuitton, League of Legend.

Pour Amber Slooten, l’idéal serait d’arrêter de produire toujours plus de vêtements et de rentrer dans un monde nouveau où la création serait numérique. Elle est arrivée à cette conclusion en cherchant un moyen de ne plus utiliser de vrais matériaux afin de préserver l’environnement. C’est également un moyen de tendre vers un nouveau regard sur la manière d’aborder la mode et de la créer.

Je ne sais pas pour vous mais pour ma part je suis à la fois émerveillée et en même temps très sceptique sur cette idée de mode digitale. J’apprécie cette idée de pouvoir créer « à l’infini » sans que cela ait un impact important sur l’environnement. Je vois également ce mode de création comme une porte ouverte pour l’imaginaire, car il n’y aurait plus besoin de prendre en considération les contraintes des matériaux. Ce qui fait que l’on peut
inventer, par exemple, un vêtement brodé de pierres précieuses sans avoir à gérer les questions de réalisation ou de coût. Cela permet également de voir le rendu d’un vêtement avant une éventuelle création. J’aime également cette manière de réinventer la mode et de lui donner un goût de nouveauté et également d’illimité.

D’un autre côté l’idée d’avoir des vêtements qui soient uniquement digitaux laisse un questionnement sur le paraître. On voit aujourd’hui que l’apparence est quelque chose d’extrêmement important, presque une idéologie pour certaines personnes. Le fait d’avoir accès à ce type de vêtements pourrait amplifier cette idée de paraître.

Et vous, ça vous tenterait un vêtement virtuel ?

Quelques effets de matières informatiques :

Lien pour voir différentes créations :

Dropbox – 02_PRESS_KIT – Simplifiez-vous la vie !

Lien du site internet :
The Fabricant | A Digital Fashion House

Maëlle Renaudat – DNMADE 1 Bij – Février 2021

 

L’Homme à la poursuite du bonheur, ou est-ce l’inverse ?

« Quel long chemin j’ai dû parcourir pour te trouver !

Et toi qui fuyais, fuyais… dire que tu n’as jamais rien compris ! »

Et si le bonheur le plus total était là, sous vos yeux depuis le début, mais que vous refusiez de le voir ? Vous qui croyiez être à la poursuite du bonheur, c’est en fait lui qui vous poursuivait !

C’est la question que pose la nouvelle éponyme du recueil le K, de l’auteur italien Dino Buzzati. Le recueil est un classique dans la littérature fantastique, rempli d’histoires très courtes et d’apparence simples, mais qui abordent des thèmes très profonds, souvent métaphysiques. J’en conseille d’ailleurs la lecture à tous les curieux, car le livre est rapide à lire, et ne manque pas de faire réfléchir.

Le K raconte la fuite interminable d’un marin, Stefano Roi, qui navigue sur les mers du monde entier pour échapper à une créature qui le poursuit, le K. Un K est une sorte de squale à mufle de bison, qui se choisit une victime, et ne s’arrête pas de la poursuivre tant qu’elle ne l’a pas dévorée. Le comble, c’est que seule la victime du K peut le voir, étant invisible pour toute autre personne.

Dès 12 ans, Stefano aperçoit un K qui suit le bateau dirigé par son père, marin lui aussi. Lorsque celui-ci l’apprend, il ramène son fils sur la terre ferme et lui demande de ne plus jamais monter sur un bateau, que le métier de marin n’est pas fait pour lui. Stefano passe donc les années suivantes sur le continent, voyant le K qui l’attend au loin chaque fois qu’il s’approche de la mer. Une fois son père décédé, il décide de devenir marin et d’embrasser son rêve, quitte à devoir fuir toute sa vie en naviguant sans jamais s’arrêter. Pendant plus de 50 ans il voyage sur toutes les mers, avec le K toujours derrière lui.

Une fois très vieux et proche de la mort, il choisit de mourir sans décevoir le K, et part seul sur une barque pour aller à sa rencontre.

TOUT ÉTAIT FAUX !

Il apprend alors qu’il s’était trompé toute sa vie, le K le suivait simplement pour lui remettre un cadeau : La Perle de la Mer, qui donne à celui qui la possède, réussite, richesse et bonheur pour le reste de sa vie ! Stefano a gâché sa vie entière à fuir le bonheur sans le savoir, en refusant son destin.

Dino Buzzati apporte avec cette nouvelle une réflexion philosophique sur le bonheur. Dans sa quête de bonheur, Stefano n’a jamais su comprendre qu’il était juste derrière lui, cherchant inexorablement à le rattraper. Alors, il ne faut pas chercher le bonheur, car il n’est pas là où on le cherche. Le bonheur est un état d’âme, déjà présent en chacun, qu’il faut réussir à accepter. Accepter son destin plutôt que de le fuir était la réponse au bonheur de Stefano.

Cette vision du bonheur se rapporte à celle du sage Confucius, selon qui le bonheur consiste à savoir s’accepter soi-même et accepter le moment présent, Il ne faut pas le voir comme un but à atteindre.

“Tous les hommes pensent que le bonheur se trouve au sommet de la montagne alors qu’il réside dans la façon de la gravir.”

Confucius

Je n’ai donc qu’un conseil à vous donner : acceptez votre destin, acceptez votre bonheur intérieur, (et lisez le K), alors vous serez heureux !

                                        Baptiste MARTIN DNMADe2bij – Février 2021

On oublie les armes de destruction massive. Je vous présente les armes de développement inclusif !

 

Je vais partir d’un exemple en vous parlant d’Odiora, une entreprise qui donne un réel sens à l’expression « joindre l’utile à l’agréable ». Odiora est une marque qui s’est lancée le défi d’apporter des solutions à un problème qui ne nous sauterait pas aux yeux si nous ne sommes pas concernés directement : seulement 20% des personnes malentendantes en France sont appareillées.

Le handicap auditif est associé à un fort stigmate négatif : vieillesse, faiblesse, impact sur l’estime de soi, etc. Beaucoup de personnes malentendantes repoussent donc l’échéance de l’appareillage, ou préfèrent ne pas porter leurs appareils en public.

Odiora propose des bijoux d’oreilles qui créent du lien entre les personnes entendantes et malentendantes. En effet, ces bijoux mêlent des techniques de fabrication modernes au savoir-faire traditionnel de la joaillerie. Ainsi, l’appareil auditif devient un accessoire de mode au même titre qu’une paire de lunette !

 

 

Et pour marquer cette inclusivité et ce lien, Odiora a lancé l’offre Coffrets Complices, un bijou pour vous et un deuxième pour la personne de votre choix, appareillée ou pas !

 

À l’origine de cette entreprise se trouve Nathalie Birault. Cette jeune femme, née entendante, a été diagnostiquée d’une surdité sévère à ses 12 ans. Elle a vécu en première ligne la stigmatisation autour du handicap, la surdité étant un handicap dit « invisible ». Elle a vécu ses années de collège avec des prothèses auditives en plastique marron qui la différenciait de tous les autres… Cela a rendu son épanouissement impossible !

Comment être heureuse quand tous les autres vous regardent de travers à cause d’une simple aide auditive ? Nathalie a donc pris le taureau par les cornes et a décidé d’assumer sa différence : elle fit son entrée au lycée avec des appareils auditifs rose flashy, elle s’est passionnée pour les prothèses auditives et après un passage par les Beaux-Arts, la voilà aujourd’hui à la tête de cette entreprise qui promeut l’inclusivité des personnes malentendantes. Notons d’ailleurs que la fabrication des créations Odiora est réalisée dans des ateliers ESAT (Établissements ou Services d’Aide par le Travail) et entreprises adaptées, pour une fabrication 100% française et inclusive.


 

Inclusivité :

Qui intègre une personne ou un groupe en mettant fin à leur exclusion.

 


Grâce à l’initiative de personnes comme Nathalie Birault, la joaillerie est en train de devenir un outil majeur sur le chemin de l’inclusivité. L’Humain a un besoin primaire d’appartenance. Les stigmatisations autour de la couleur de peau, du genre, de l’âge, de l’orientation sexuelle, des capacités mentales et motrices de ce qu’on appelle des « minorités » – qui sont bien loin d’être des minorités en réalité, mais c’est ce qu’en fait l’homme blanc cis hétéro – porte directement atteinte à ce besoin d’appartenance. Se sentir inclus, c’est un premier pas vers le bonheur et l’épanouissement, au sein d’un groupe. Qui saurait atteindre un épanouissement personnel sans s’épanouir préalablement au sein d’un groupe ? Voilà une question fortement liée au taux d’accroissement du nombre de dépressions diagnostiquées depuis le premier confinement…

         Je vous propose ci-dessous quelques designers ayant fait du bijou une « ARME DE DÉVELOPPEMENT INCLUSIF » :

 

Via Sibi est une marque de joaillerie française novatrice et astucieuse. Particulièrement intéressée par les problématiques liées au handicap, Via Sibi s’emploie à trouver des solutions et créer des bijoux aussi jolis qu’utiles. Voici quelques exemples de bagues proposées par la marque, qui peuvent remplacer des orthèses classiques en plastique, approuvées par du personnel médical qualifié.

A.W.A.R.E Causes propose des bijoux émaillés dont les couleurs se portent comme un étendard. Atteint par exemple d’anorexie, on peut porter un bijou couleur pervenche ; on peut aussi le porter simplement en soutien aux personnes atteintes de troubles alimentaires. Le principe est simple et peut-être semble-t-il trop insignifiant mais cette marque, par le biais de ses bijoux, tisse un lien entre des personnes qui peuvent ressentir une grande solitude face à la maladie ! Voilà une petite attention qui peut faire le bonheur de certains.

Voilà, j’espère que cet article vous aura plu et informé.

PAL Marie-Caroline – DNMADE2BIJ – Février 2021

Plongez dans l’infiniment petit

Sous l’objectif du microscope, les choses les plus banales se transforment en un univers totalement inconnu et chatoyant. Voyagez dans l’infiniment petit, grâce au concours photos organisé par Nikon.

Cela fait 46 ans que le Concours Nikon Small World récompense les plus belles oeuvres photographiées à l’aide d’un microscope (les microphotographies). Celles-ci permettent de distinguer des détails invisibles à l’œil nu dévoilant ainsi des photos colorées par fluorescence qui apportent d’incroyables détails d’inflorescences, de solutions chimiques, d’ailes d’insectes ou de cellules neuronales. Les clichés sont jugés sur leur aspect artistique, leur intérêt scientifique et la technique de photographie en microscopie. Voici les gagnants et les meilleures photos.

                    

  • 5th Place – 2016 Photomicrography Competition, Front foot (tarsus) of a male diving beetle, Dr. Igor Siwanowicz
  • 1st Place – 2019 Photomicrography Competition,Fluorescent turtle embryo, Teresa Zgoda

                           

  •  2nd Place – 2019 Photomicrography Competition, Depth-color coded projections of three stentors (single-cell freshwater protozoans), Dr. Igor Siwanowicz
  • 1st Place – 2017 Photomicrography Competition, Immortalized human skin cells (HaCaT keratinocytes) expressing fluorescently tagged keratin, Dr. Bram van den Broek

            

  • 4th Place – 2011 PhotomicrographyCompetition, Intrinsic fluorescence in Lepidozia reptans (liverwort), Dr. Robin Young
  • 5th Place – 2011 PhotomicrographyCompetition, Microchip surface, 3D reconstruction, Alfred Pasieka

Derrière le concours Nikon Small World, il y a un objectif clairement affiché par les organisateurs : montrer au monde à quel point art et science peuvent être proches. Et avec l’évolution des techniques d’imagerie et de microscopie, les clichés proposés sont de plus en plus créatifs.

Emma Y. V. – DNMADe1 Jo – Février 2021

Le sens du sacrifice

Le cinéma à ce pouvoir de nous faire ressentir une atmosphère, des émotions, jusqu’à nous transporter au travers d’un voyage souvent initiatique.

Je vais aujourd’hui vous parler du film Le Prestige tout en questionnant le sens du bonheur ainsi que le sens de nos vies.

Ce film montre une passion et une dévotion totale pour un art, celui de la magie, au travers l’histoire de deux magiciens qui d’abord exercent leur métier en tant que collaborateurs. Mais à la suite d’un évènement tragique ils se retrouvent en compétition en quête d’être le meilleur. Nous voyons à travers cette histoire une implication incroyable remplie d’un sens du sacrifice hors du commun afin d’arriver à leur but. Impossible de ne pas remarquer que leurs vies sont dédiées à cela, ils vivent leur art jusqu’au fond de leur âme. Je ne vais pas faire de spoil car ce film est selon moi un incontournable, il est plus qu’une histoire narrative mais une vraie leçon de vie.

En quête d’une performance qui révolutionnera leur art, et même la vision du monde, ils vont peu à peu s’écarter de leur vie initiale pour devenir d’autres personnes. Leur raison de vivre n’était plus tirée vers le bonheur d’une vie classique, de vivre dans une belle maison, avec une famille, et tout ce qui s’ensuit… Ils décident d’arpenter le chemin aride de la compétition, qui tournera ensuite en obsession avec des conséquences malheureuses. Après avoir vu ce film, nous voyons la différence entre « l’envie » qui vise à chercher le bonheur de manière superficielle, et « l’obsession » qui vise à chercher le bonheur de manière essentielle. Selon moi ces deux termes sont source d’énergie, qui vont développer un sens et un but dans nos vies, mais l’obsession dégage une force supérieure à l’envie, ce qui peut être dangereux car cela peut nous changer à jamais, peut amener à la folie, en oubliant beaucoup de facteurs. L’implication des deux hommes dans leur quête, va les amener vers un futur sombre.

Nous voyons que les deux hommes veulent donc trouver le bonheur en laissant une place et un nom dans l’histoire. Ils ont décidé de trouver le bonheur dans l’accomplissement d’eux mêmes, de se prouver qu’ils peuvent être des personnes uniques, en repoussant le bonheur présent par l’espoir de marquer l’histoire. Ces personnes trouvent-ils le bonheur dans cette folie, ou le bonheur n’est que la fin du voyage ? Le fait d’avoir surpassé de dures épreuves, leur procurerait-il pas un certain bonheur ?

On nous révèle que le bonheur pour un magicien est de duper les spectateurs, de les faire sortir du monde qu’ils connaissent afin de leur proposer un rêve, de la magie. Le monde est simple, fait de vérités établies, mais vivre un rêve se rapprochant du réel permet de croiser le bonheur, autant pour celui qui le propose que pour celui qui le vit.

MALAMAIRE ALIX, DNMADE 2, 2021

Du Rock pour être heureux

Un petit coup de mou ? Et si je vous disais qu’une musique avait le pouvoir de changer votre humeur ? De vous rendre instantanément heureux ? Et si je continuais par vous confier qu’il existe une formule mathématique pour calculer le niveau de bonheur produit par une chanson, vous y croyez ?

Eh oui, comme ont pu nous le dire les Boards of Canada : Music is math ! Selon une étude menée en 2015 par le chercheur en neurosciences Jacob Jolij, trois critères permettent de définir la quantité de bonheur transmise par une chanson : son tempo, ses paroles, et son utilisation de notes en gamme majeure. En combinant la valeur de tempo idéale (150 battements par minute) et la gamme majeure idéale ( + ɛ, ⅓, ⅓ – ɛ) avec les critères de la chanson étudiée (la valeur de son tempo, sa gamme et le nombre d’allusions positives dans les paroles), on obtient ceci :

Ou bien, de manière simplifiée, on peut dire :

Ainsi, vous allez me demander quelle est la  musique qui aurait ce pouvoir sur nous ? À cela je répondrai que c’est un tube planétaire que vous avez déjà entendu et chanté pour sûr, puisqu’il a été créé par le groupe mythique Queen. J’ai nommé : Don’t stop me now.

Sorti en 1979 sur leur album Jazz, il est aujourd’hui leur second titre le plus écouté sur la célèbre plateforme de streaming Spotify après y avoir été lancé plus d’un milliard de fois. On retrouve dans ce morceau écrit par Freddie Mercury des paroles excentriques et prêtant à sourire, ce dernier se comparant à un tigre défiant les lois de la gravité, une voiture de course, ou encore un satellite hors de contrôle.

Quarante-deux ans après leur première sortie, ces 3 minutes 29 secondes ne s’arrêtent plus de conquérir de nouveaux auditeurs, réjouir les tympans des plus grands fans du groupe et nous apporter notre dose quotidienne de dopamine !

Dans l’ordre: Brian May, Roger Taylor, Freddie Mercury et John Deacon.

 

Cependant, si Queen s’avérait ne pas être votre tasse de thé, vous pouvez toujours vous tourner vers Abba et leur tube Dancing Queen et Good Vibrations des Beach Boys qui occupent respectivement les 2ème et 3ème places du classement établi par le chercheur.

Asaël BALDAUF – DN MADe 2 Horlogerie – Février 2020

La Huitième Merveille du Monde

Et si nous arrêtions d’exclure ceux qui ne sont pas comme nous ? Si tout le monde pouvait faire de sa différence une force ? Vous me répondrez sûrement qu’avec des « si » on refait le monde… mais si c’était possible ?

J’aimerais vous présenter un homme pas comme les autres. Son nom est André Roussimoff, ça ne vous dit rien ? Et si je vous le présente sous le nom de « André the GIANT » ? Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, quoi qu’il en soit, j’aimerais aujourd’hui revenir sur son histoire touchante et moralisatrice, une histoire qui mérite d’être racontée.

André the Giant était un catcheur (lutteur professionnel) et acteur français né le 19 mai 1946 en Seine et Marne. Déjà à la naissance, André pesait 5.6kg (qui dit mieux ?). Fils d’un fermier, il menait une vie plutôt modeste pour l’époque et à l’âge de 14 ans, il quitta l’école afin d’aider son père. Il mesurait alors 1m92 pour 92kg, utile pour travailler mais aussi très impressionnant. Son frère racontait d’ailleurs qu’à lui seul, André abattait le travail de trois hommes ! Après plusieurs petits travaux, il décida de passer son service militaire. Un atout majeur dans l’armée française me diriez-vous ? Et bien non, car l’armée décida de le réformer, refusant de lui faire des uniformes sur mesure. André continua donc d’aider son père à la ferme.

Mais un jour, en 1960, alors qu’il coupait un arbre, Etienne Siry, manager de l’école de catch à Paris, l’aperçut et fut impressionné par sa carrure de géant. Il décida de lui proposer de commencer le catch. C’est ainsi, alors qu’il n’avait que 17 ans, qu’André déménagea à Paris, sans se douter qu’à partir de ce moment-là, sa vie ne serait plus jamais la même…

Il s’entraina et apprit le catch avec plusieurs managers tel que Robert Lageat. C’est finalement en 1966 qu’André obtint son tout premier match officiel. Il était à ce moment-là entraîné et conseillé par Frank Valois. Sur les affiches était écrit : 20 ans, 2,11 m pour 146 kg, taille de chaussures 58. Il était même présenté sur certaines affiches sous le nom du « Géant FERRE », référence à un paysan du 14ème siècle qui était un héros picard de la guerre de Cent Ans. Commença alors la carrière d’André the Giant. Il enchaîna les matchs et les victoires, on disait alors que tout était trop petit pour lui. Son nom fut reconnu au Royaume-Uni, en Allemagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, ainsi qu’en Afrique et seulement 5 ans après avoir emménagé à la capitale, en 1968, il obtint le titre de champion de France de catch pour la catégorie poids-lourds.

En 1970, il se fait connaître au Japon sous le nom de « Monster Roussimoff ». Là-bas aussi, le succès fut immédiat et il devient ainsi rapidement le champion de la fédération au catch à quatre. Mais c’est aussi là-bas que tout bascula… Vous vous en doutez peut-être, mais son physique extraordinaire n’était pas dû au hasard. Il était en réalité atteint d’une maladie nommée acromégalie. Cette maladie est un trouble hormonal qui provoque une augmentation de la taille des mains et des pieds et une déformation du visage même à l’âge adulte. André a donc continué de grandir et de prendre de la masse. Cette maladie, en plus d’être un vrai problème au quotidien ne serait-ce que pour les objets de la vie de tous les jours trop petits pour lui, ou encore le regard des gens (André en souffrait d’ailleurs beaucoup car évidemment, il attirait toujours l’attention), faisait que sa santé se déclinait avec l’âge (problèmes d’articulations etc). Si la personne atteint de cette maladie ne se fait pas opérer, elle a une espérance de vie de 40 ans environ, car le cœur finit par lâcher. André, face à cette nouvelle, décida… de ne pas se faire opérer. Il voulait profiter de chaque instant et vivre sa vie avec un grand V. Il ne voulait pas non plus délaisser sa carrière qui venait tout juste de commencer. Il partit alors aux Etats-Unis et rencontra McMahon (fédérateur de la WWF). Celui-ci voyait en lui un grand potentiel et voulait faire de lui une figure emblématique du catch. En 1973, il a alors 27 ans, mesure 2,24m et pèse 240Kg ! Il était au sommet de sa carrière et remporta même la ceinture de Champion du Monde Poids-Lourds de la WWF mais peu à peu, le temps passe et sa maladie le rattrape… Ça devient de plus en plus difficile pour lui de monter sur le ring et de combattre, jusqu’à devenir une réelle souffrance. McMahon, son entraineur le remarque et décide de lui trouver un successeur. Ce successeur ne sera nul autre que Hulk Hogan. Commença alors une véritable rivalité entre les deux hommes. Malgré la douleur, André continuait les matchs mais il ne le faisait plus pour lui mais pour ses fans, car il savait que beaucoup de gens l’aimaient et il voulait leur faire plaisir. C’est en 1987 qu’il fit le plus grand match de sa vie : Hulk Hogan VS André the Giant. Leur rivalité n’avait jamais cessé de s’intensifier durant des années. 93 000 spectateurs dans la salle et des millions devant la télévision, un record. Malheureusement, durant le match, tout le monde remarquait qu’André souffrait énormément et qu’il devait fournir des efforts colossaux à chaque mouvement. Il n’avait pas de réel plaisir à combattre, il le faisait pour les fans. C’est ainsi qu’Hulk Hogan gagna après avoir soulevé et projeté André au sol. A partir de ce match, Hulk Hogan devint la nouvelle star et André commença petit à petit à descendre. En effet, sa souffrance était visible de tous, ce n’était donc plus aussi impressionnant qu’à ses débuts quand il montait sur le ring.

En 1993, à 46 ans, il décida de rentrer en France après avoir appris le décès de son père et malheureusement, il décéda lui aussi quelques jours après, dans la nuit du 27 janvier, d’une insuffisance cardiaque.

Son histoire est impressionnante, André Roussimoff a je trouve fait preuve d’un courage exceptionnel en refusant de se faire opérer. Il était heureux comme cela et a refusé que sa maladie l’empêche d’accéder au bonheur. Son histoire est une réelle leçon de morale, car malgré sa mort prématurée, il a fait de sa maladie une force, il en a fait son métier. Je vous pose la question, seriez-vous capable de faire de même ? Car il faut malgré tout un sacré caractère pour refuser de se faire opérer, et réussir en plus de cela à se faire connaître et apprécier dans le monde entier malgré sa différence.

Si son histoire vous a intéressé et que vous voulez en savoir un peu plus, je vous invite a regardé le documentaire de HBO – André the Giant, où vous laisse quelques liens qui vous guideront vers des interviews d’André Roussimoff :

https://www.youtube.com/watch?v=2fHXOm9iaPA

https://www.youtube.com/watch?v=KEyCLeWi0Jk

Ann NOIR – DNMADE 2 Ho – Février 2021

Qu’est-ce que le bonheur ?

A travers ces quelques lignes, je n’aurai pas la prétention de savoir, ni la prétention de vous apprendre ce qu’est le bonheur et encore moins de LE synthétiser. D’ailleurs, bon nombre de philosophes, écrivains, psychologues, se sont penchés sur la question. Mais il y en a tellement qu’il me faudrait écrire la quantité de quatre articles de mes meilleurs camarades pour vous expliquer leurs points de vues ! Donc je vais vous partager quelques réflexions et l’idée que je m’en fais.

Pour commencer, et sans vous le cacher, je me suis pas foulé… je suis allé chercher sur Wikipédia la définition du bonheur, qui est : « Le bonheur est un état ressenti comme agréable, équilibré et durable par quiconque estime être parvenu à la satisfaction de ses aspirations et désirs et éprouve alors un sentiment de plénitude et de sérénité. »

J’ai continué mes recherches en étudiant l’étymologie de ce doux mot. Il est composé de « bon » en latin « bonum » désignant le bon, le favorable, le positif. Et le mot « heur » qui vient du latin augurium, « présage tiré de l’observation du vol des oiseaux » (donnant aussi le mot augure). Le bonheur, c’est donc le bon augure, un bon signe.

Je me suis ensuite confronté à deux termes que je ne connaissais pas et qui m’ont fait peur. L’hédonisme et l’eudémonisme. Ce sont deux points de vue philosophiques sur la conception du bonheur…

Pour résumé brièvement celles-ci, l’hédonisme est une doctrine selon laquelle la recherche de plaisirs et l’évitement de souffrances constituent le but de l’existence humaine. Le bonheur se trouvant dans le présent ou dans l’avenir immédiat.

L’eudémonisme, théorisé notamment par les Épicuriens, est la recherche du bonheur comme but de la vie humaine, plutôt que le plaisir. Mais les épicuriens considèrent également les plaisirs lorsqu’ils sont naturels et nécessaires, comme un intermédiaire permettant d’atteindre le bonheur sur le long terme.

Aujourd’hui, en raison de notre mode de vie (société de consommation), nous avons tendance à nous baser sur l’hédonisme. Nous dépensons souvent nos ressources pour des plaisirs à court terme, nous faisant oublier notre développement personnel, ou nous le recherchons indirectement à travers cette consommation. Il est important de ne pas oublier ou ne pas laisser de côté notre réalisation de soi, constituant l’unique voie pour atteindre l’eudémonisme.

Au IIIe siècle avant J-C, Epicure (bon copain de notre prof de philo), le désigne comme un état de plaisir, qui consiste pour le corps à ne pas souffrir (aponie) et pour l’âme, à être sans trouble (ataraxie). Il nota sa réflexion dans une formule avec les quatre ingrédients du bonheur, elle est appelée par les épicuriens le tétrapharmakos ou « quadruple remède ». 1 Dieu n’est pas à craindre ; 2 La mort n’est rien par rapport à nous ; 3 Le bien est facile à obtenir ; 4 Le mal est facile à supporter

J’espère que je ne vous ai pas perdu entre le chemin du plaisir et du bonheur, ces deux notions portent à confusion ! Le plaisir est une sensation d’excitation limitée et éphémère, découlant d’un désir et de son renouvellement ou d’un autre plaisir. Le bonheur quant à lui, est un état de bien-être, source de plénitude, caractérisé par sa durabilité, sa stabilité et le fait qu’il relève non seulement du corps mais aussi de l’esprit. D’ailleurs, biologiquement, le plaisir est principalement dû à la production de dopamine tandis que le bonheur repose sur la production de sérotonine (ce sont des molécules chimiques qui transmettent des messages d’un neurone à l’autre). Cependant ne négligez pas le plaisir car il nous mène sur le chemin du bonheur, Aristote disait : « Le bonheur ne va pas sans le plaisir. »

Et je ne vous ai pas encore parlé de la notion du bonheur de Kant ! Dans « Fondements de la métaphysique des mœurs » il explique: « Le concept de bonheur est un concept si indéterminé que, malgré le désir qu’a tout homme d’arriver à être heureux, personne ne peut jamais dire en termes précis et cohérents ce que véritablement il désire et il veut. » Pour faire simple, Kant nous explique qu’on ne peut pas définir le bonheur, d’une part parce que même ce qui nous apparaît comme étant source d’un bonheur potentiel peut être une fausse piste, mais aussi parce que chacun le conçoit à sa manière.

Pour conclure, l’époque, l’environnement, l’âge, le sexe, le statut social, la maturité, font que la notion de bonheur fluctue d’un individu à l’autre. D’après moi, le bonheur est un ressenti agréable, un sentiment de plénitude et de sérénité, que l’on atteint par le biais de nos plaisirs et de nos désirs. Trouver l’équilibre dans l’épanouissement harmonieux de sa personnalité n’est pas chose simple, et c’est autant compliqué de le définir.

Le bonheur n’est-il pas au final qu’un idéal ?

Thomas Maréchal – DN MADe 2 Ho Février 2021

La solitude à portée de main

« J’ai perdu mon corps » est le premier long métrage d’animation de Jérémy Clapin. Présenté au festival du film d’animation à Annecy en 2019 il séduit le public puis est couvert de prix à Cannes et ailleurs.

Ce film suit les errances d’une main coupée et d’un jeune homme solitaire. Cette main c’est celle de Naoufel, livreur de pizzas maladroit et prêt à tout par amour. Lors d’une livraison il rencontre Gabrielle et suite à un dialogue drôle et charmant au travers d’un interphone, il tombe follement amoureux. Mais « j’ai perdu mon corps » avant d’être l’histoire d’une main empotée à la recherche de son propriétaire ou une histoire d’amour c’est celle de Naoufel, jeune homme différent, perdu.

Le film alterne plusieurs cycles d’une vie. En noir et blanc, Jérémy Clapin nous décrit l’enfance de Naoufel. En couleurs, son adolescence et sa rencontre avec Gabrielle. En couleurs également, le parcours pleins d’embûches d’une main coupée. Le réalisateur utilise le périple de cette main coupée comme toile de fond pour dire la solitude, la dislocation du réel, la fragilité des souvenirs et l’inconsistance du présent.

En plus de sa poésie et de sa mélancolie le film à tout du film d’animation pour adulte réussi : des éléments révélés uniquement à la fin, un rythme digne et une mise en scène digne des meilleurs thrillers et une direction artistique subtile. Toute ces qualités permettent de faire cohabiter harmonieusement l’histoire de Naoufel et de sa main. Tout est juste dans ce film, à la fois naïf et pourtant sage si bien que je ne sais pas quoi en penser : naissance d’un génie de l’animation ou chance du débutant ?

Charlotte M. – DNMADe1 Ho – Février 2021