Une mode qui ne se porte pas vraiment.

Oui oui, vous avez bien lu. Des vêtements que l’on ne peut ni porter directement, ni toucher. La raison ? Ils sont numériques.

Aussi saugrenue que puisse vous sembler cette idée, c’est un phénomène grandissant dans le milieu de la mode. C’est en tout cas ce que propose « The fabricant ».

 

 

 

 

« The fabricant » est une maison de mode numérique basée à Amsterdam aux Pays-Bas. Créée par Kerry Murphy avec Amber Slooten elle est spécialisée en design de mode 3D et en animation. L’idée est de réaliser une mode numérique en se basant sur des expériences numériques sans jamais toucher aux matériaux physiques. Elle compte une bonne vingtaine d’employés à travers le monde et fait plusieurs collabe avec différentes marques comme Buffalo London, Soorty et Puma.

Buffalo London                        Soorty                                                  Puma

Il est possible d’acheter un vêtement digital et de demander à l’insérer sur une photo avec une personne. Comme, par exemple, avec le projet « Iridescence ». Cette robe est la première en son genre et il s’agit de la première transaction blockchain. Cette œuvre d’art unique est traçable, échangeable et à collectionner. La propriétaire actuelle de la robe a la possibilité de faire insérer la robe virtuelle sur une photo où elle apparaît. Cela donne l’impression qu’elle porte la robe.

Plusieurs maisons de haute couture ont déjà fait appel aux mondes virtuels et aux vêtements digitaux pour promouvoir leurs collections. Gucci a présenté sa collection avec les Sims, la maison Margiela a utilisé Animal Crossing et Louis Vuitton, League of Legend.

Pour Amber Slooten, l’idéal serait d’arrêter de produire toujours plus de vêtements et de rentrer dans un monde nouveau où la création serait numérique. Elle est arrivée à cette conclusion en cherchant un moyen de ne plus utiliser de vrais matériaux afin de préserver l’environnement. C’est également un moyen de tendre vers un nouveau regard sur la manière d’aborder la mode et de la créer.

Je ne sais pas pour vous mais pour ma part je suis à la fois émerveillée et en même temps très sceptique sur cette idée de mode digitale. J’apprécie cette idée de pouvoir créer « à l’infini » sans que cela ait un impact important sur l’environnement. Je vois également ce mode de création comme une porte ouverte pour l’imaginaire, car il n’y aurait plus besoin de prendre en considération les contraintes des matériaux. Ce qui fait que l’on peut
inventer, par exemple, un vêtement brodé de pierres précieuses sans avoir à gérer les questions de réalisation ou de coût. Cela permet également de voir le rendu d’un vêtement avant une éventuelle création. J’aime également cette manière de réinventer la mode et de lui donner un goût de nouveauté et également d’illimité.

D’un autre côté l’idée d’avoir des vêtements qui soient uniquement digitaux laisse un questionnement sur le paraître. On voit aujourd’hui que l’apparence est quelque chose d’extrêmement important, presque une idéologie pour certaines personnes. Le fait d’avoir accès à ce type de vêtements pourrait amplifier cette idée de paraître.

Et vous, ça vous tenterait un vêtement virtuel ?

Quelques effets de matières informatiques :

Lien pour voir différentes créations :

Dropbox – 02_PRESS_KIT – Simplifiez-vous la vie !

Lien du site internet :
The Fabricant | A Digital Fashion House

Maëlle Renaudat – DNMADE 1 Bij – Février 2021

 

Une réflexion sur « Une mode qui ne se porte pas vraiment. »

  1. Je ne connaissais pas du tout cette pratique, j’ai trouvé l’article intéressant avec une explication du concept qui est claire et appuyée d’exemples bien illustratifs.
    Bien que je ne pense pas investir dans une garde-robe virtuelle je trouve l’idée innovante et plutôt atypique.
    Il est vrai que le monde actuel s’étend de plus en plus vers le numérique. L’utilisation des jeux vidéos par certaines marques me semble être un moyen de communication pertinent; cela leur permettant alors de toucher davantage de gens et de faire connaitre leur produit.
    Je pense aussi qu’il peut y avoir un aspect assez « ludique » à pouvoir changer la tenue qu’on a sur une photo, un peu comme un personnage que l’on modifierait.
    Les vêtements auraient donc un aspect interactif pour le client, même si il ne le détient pas sous forme matérielle.

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