Quand l’art s’immisce dans notre quotidien

Qu’ils soient petits ou grands, écoliers, salariés ou chefs d’entreprise, tous ont eu, au moins une fois dans leur vie, l’occasion d’avoir à portée de main, un des stylos quatre couleurs, signé BIC.

Cet objet iconique et transgénérationnel continue de se réinventer depuis sa date de création en 1970. A cinquante ans, ce stylo est dans la fleur de l’âge : 200 000 produits sont fabriqués chaque jour, et il s’en vend de plus en plus chaque année. Depuis une dizaine d’années, ce best-seller s’est même diversifié, s’offrant de nouveaux designs et des couleurs plus originales. Il fait maintenant le bonheur des collectionneurs.

Dorénavant, attentive aux instruments d’écriture, suite à mon dernier stage effectué dans une entreprise spécialisée dans la fabrication de stylos,  ce nouvel événement  a retenu mon attention. De plus, il associe des maisons que j’affectionne ,  à savoir BIC, l’artiste français Richard Orlinski et la maison de joaillerie Tournaire. Cette précieuse collaboration est apparue en ce mois d’octobre 2021 et  m’a incitée à en faire part à un plus grand nombre, par le biais de cet article.

Force de caractère, métal sculpté de plusieurs facettes pour laisser la lumière jouer à son aise, diamants scintillants, lignes géométriques contrastent avec le plastique, blanc et sobre qui exhibe ses encoches de quatre couleurs, rouge, bleu, vert et noir. Voici le fruit de cette collaboration exceptionnelle et inattendue entremêlant trois univers : le populaire, l’art et l’exceptionnel. Une chose est sûre, on ne le retrouvera pas dans les trousses des enfants à la rentrée ! Il s’agit en fait de différents stylos. Une première collection intitulée « bronze » est déclinée en trois versions : bronze plaqué or jaune, bronze palladié blanc et bronze plaqué or rose, chacune numérotée à 999 exemplaires et proposée au tarif de 390 €. Elle est disponible sur les sites BIC, Richard Orlinski et Tournaire. Une seconde collection, en édition ultra-limitée, sera proposée en exclusivité dans toutes les boutiques Tournaire et sur son propre site internet. A savoir, une version en or et une version en or sertie de 202 diamants ; chacune est disponible en jaune, blanc ou rose, numérotée sur huit exemplaires. Elles valent respectivement, 11 500 € et 24 500 €, cette dernière version fait d’elle le stylo le plus cher du monde.

Cette revisite qui peut paraître de prime abord désuète, n’est en fait pas dénuée de sens. Pour en avoir la certitude, il faut tout d’abord que je vous explique comment cette œuvre est née et par-dessus tout par qui.

C’est d’abord une histoire de stylo qui dépasse de la poche… L’idée est née après une réflexion de l’attachée de presse de la Maison Tournaire observant que le directeur général avait toujours un quatre couleurs sortant de la poche, et lui faisant remarquer que c’était relativement inélégant. Celui-ci décide de customiser son propre modèle, en le « pimpant » façon Tournaire. Je vous laisse imaginer le résultat.

Forte d’une tradition familiale et d’un savoir-faire français mondialement reconnu, BIC a commencé simplement avec une vision et un stylo. L’objectif était de créer un produit répondant à un besoin fondamental des consommateurs : un outil pour écrire facilement et en douceur. Le résultat fut bien plus : BIC démocratisa l’art et l’écriture et donna à chacun le pouvoir de s’exprimer à sa                                                                            façon.

La Maison de joaillerie Tournaire a été fondée il y a près de 50 ans par Philippe Tournaire, dans la Loire. Autodidacte, son histoire et ses bijoux uniques alliant architecture et joaillerie l’ont amené à une renommée internationale. Reconnue depuis plusieurs dizaines d’années, notamment pour son ADN marqué et ses engagements forts, la Maison Tournaire possède un savoir-faire français unique, fruit de l’alliance des techniques ancestrales comme la fonte à cire perdue et des technologies les plus modernes comme la conception 3D. Avant-gardiste, la Maison Tournaire utilise l’impression 3D depuis plus de vingt ans. Ceci tout en figurant parmi les rares maisons de joaillerie réalisant ses bijoux entièrement dans ses ateliers, de la création, la conception au sertissage, en passant par la fonte ou le polissage. Au fil des années, Philippe Tournaire a transmis sa passion à son fils Mathieu qui véhicule aujourd’hui les valeurs fondamentales de la Maison. Il ne cesse de se dépasser et de développer son art dans des secteurs tels que la décoration et les objets d’art, tout en valorisant les savoir-faire précieux de la joaillerie française.

Richard Orlinski est depuis 2015, l’artiste contemporain français le plus vendu dans le monde. Animé par la volonté de démocratiser l’art et le rendre accessible au plus grand nombre, il puise son inspiration à travers la pop-culture, les objets du quotidien, le populaire. Rapidement, Richard Orlinski développe de nouvelles sculptures, souvent des animaux, tous symboles de liberté, de puissance et de passion. En résulte des oeuvres électriques, aux couleurs pop et au style facetté qui feront le tour du monde. Très vite, exposer ses œuvres aux dimensions souvent spectaculaires, dans des lieux insolites et à ciel ouvert devient sa marque de fabrique. L’artiste s’intéresse à tous les moyens d’expression et son art ne connaît aucune frontière. En 2021, il est nommé Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres par la Ministre de la Culture Roselyne Bachelot-Narquin.

A travers cette collaboration, il témoigne encore une fois de son envie de populariser son art, plus encore, d’amener l’art dans notre vie quotidienne de la même façon que BIC à ses débuts. En s’associant, les trois maisons affirment leur audace et expriment leur expertise. Elles sont toutes motivées par un but commun qui est d’arborer le made in France et de faire d’une icône populaire, une véritable œuvre d’art.

Amoureuse et férue de  joaillerie, j’adorerais posséder un de ces joyaux pour sa technicité et le message qu’il véhicule, mais il est vrai que son prix peut restreindre le désir, il s’explique selon Mathieu Tournaire, car :

« Ce sont de véritables œuvres d’art qui sont fabriquées dans nos ateliers par des humains et non par des machines. Elles ont demandé de nombreuses heures de travail et de savoir-faire. Ce savoir-faire justifie pleinement son prix ».

Il reconnaît aussi que « Ce sont des collectionneurs qui les achètent » et que ces stylos ne sont, de ce fait, pas accessibles à tous. Joaillère de métier, je comprends pleinement son point de vue, mais c’est vrai que, pour certaines personnes, la démocratisation de l’art peut être remis en cause. Initialement, ce stylo est voué à être recyclable, il devient par l’apport de matériaux précieux inaltérable et incassable.

Nous pouvons aussi nous questionner sur la présence de clientèle pour ce genre de produit. Nous ne le répétons peut-être jamais assez, mais un produit lambda peut devenir un objet véritablement désirable dès lors qu’un artiste pose sa main dessus, peu importe sa valeur intrinsèque de départ. Si l’objet à son importance, la marque, la touche, le geste qui vont y être apposés, peuvent rendre un produit populaire tout à fait exceptionnel et original. La clientèle n’est donc pas manquante et est même foisonnante.

Pour finir, je vous laisse avec toutes les étapes de fabrication de ces petits bijoux qui parleront à nombreux et nombreuses d’entre vous, je l’espère. Merci d’avoir pris le temps de me lire et de découvrir, à travers cette présentation, l’intérêt et les enjeux qu’ont suscité cette révélation. 

Bilquez Jorane, Octobre 2021, Dnmade 2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.