Espagnol de peau, Suisse de cœur

L’horlogerie, quand on évoque ce terme si habituel par chez nous en Franche-Comté, nous pensons tout de suite à notre région tant elle en est riche de savoirs. Mais pourtant de très bons horlogers sont cachés aux quatre coins du globe et de plus la passion pour les garde-temps n’est pas locale mais internationale.

A quelques patés de maison de la Sagrada Familia, l’Atelier de chronométrie est apparu en 2015, Santiago Martínez directeur et designer emploient deux horlogers diplômés de l’école horlogère Espagnole et collaborent avec deux artisans boitiers Espagnols également.

Très loin de la frontière suisse ces passionnés réalisent des montres sur mesure et quelques modèles fixes, sans intervention de machine CNC.

La marque située à 800km de la Suisse, ne cache pas l’admiration qu’elle porte pour le savoir-faire helvétique, le train de rouage est récupéré sur des mouvements Omega et les modèles sont inspirés majoritairement des montres Patek Philippe des années 40. Par ailleurs le nom prête aussi à confusion il ne serait pas choquant de voir ce nom dans une rue Chaux-de-Fonnière.

Je trouve cela d’ailleurs assez intéressant de tomber sur ce genre de réalisations quand depuis le début de notre formation on nous prévoit un avenir professionnel en Suisse, alors que des manufactures comme celle-ci existent ailleurs, loin de chez-nous.

 

Présentation de leur travail

ADC (atelier de chronométrie) n’est pas une manufacture qui fabrique entièrement ses mouvements, leur travail consiste à récupérer tout le mécanisme d’un mouvement oméga, fabriquer les ponts, certains ressorts, l’habillage ainsi que la décoration sur l’ensemble du mouvement. Au total, 21 pièces sont remplacées et entièrement refaites, notamment pour créer le mouvement de l’Atelier de Chronométrie. D’autres pièces sont entièrement redessinées et affinées pour s’adapter au design et au standing de la montre.

Pour leur montre ils récupèrent de vieux calibres Omega 30T2 ou 266, ces deux calibres sont des mouvements dont la production s’est arrêtée en 1966, ce sont donc uniquement des stocks ou pièces anciennes et d’occasion. Ils auraient tout intérêt à travailler avec des calibres plus récents encore en production, cependant ce n’est pas l’esprit de la marque, ils veulent vraiment faire ressortir le côté tradition et élégance du calibre.

Toutes les platines et tous les ponts sont remplacés par des pièces internes fabriquées à la main, sans l’aide de machines CNC. Les mouvements sont recouverts d’un traitement galvanique ou d’un plaquage en or jaune 18 carats sur les 4 ponts.

Tout ce qui touche au design et à l’esthétique de la montre est au choix du client, de ce fait chaque montre est unique.

Le Calibre vintage Omega a connu aussi quelques améliorations comme l’ajout d’un balancier à vis ou un système anti-choc KIF.

Depuis peu ils commencent aussi à réaliser un modèle chronographe ainsi que des petites séries de modèles similaires.

Conclusion

J’ai décidé de présenter cette marque car je la trouve particulièrement intéressante, dans le princpe elle ne présente rien de novateur en horlogerie puisqu’elle s’inspire de vieux modèles de montre et a une esthétique proche des montres Laurent Ferrier.

Mais je trouvais le paradoxe entre le lieu de fabrication et l’image de marque intéressant, cela pose question l’Horlogerie est-elle condamnée aux codes Suisses ?

Et malheureusement cette marque répond en partie à la question, je pense qu’étant donné que l’horlogerie de luxe est monopolisé par le marché Suisse, il prend en otage les codes esthétiques qui l’entoure.

En revanche je trouve ça vraiment bien que les horlogers qui travaillent chez ADC soient issus de formations espagnoles et quand on voit la qualité de leur travail, ils n’ont rien à envier à certains horlogers Suisses.

Thomas A. – DNMADE2 – Octobre21

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