Un univers arc en ciel ?

L’herbe est-elle plus verte sur la planète d’à côté ?

C’est ce que la comédie de Coline Serreau, intitulé : « La Belle verte » tente de savoir. Sortie en 1996, et d’une durée de 99 minutes, elle vise à rendre les jeunes générations conscientes du monde qui les entoure en opposant deux systèmes de sociétés différents.

La Belle Verte 1996 ( The Green Beautiful) – Bing video

Affiche de film : »La belle verte » de Coline Serreau

  Ce film se structure en trois parties :

  •      La première est courte mais caricaturale dans son exposition, mêlant science-fiction et univers bucolique. Sur un astéroïde présent dans l’univers, nous faisons la découverte d’habitants évolués et heureux vivant en harmonie avec la nature. Lors d’une réunion du conseil planétaire, l’on remarque le désintérêt de partir en excursion sur la Terre. Cependant, Mila, curieuse et à la recherche de ses origines se porte volontaire.
  •      La deuxième partie se déroule à Paris, c’est la confrontation des univers. La comédie est omniprésente par l’accumulation de gags entre l’extraterrestre et les mœurs parisiennes. Mila découvre ce monde et essaie de cohabiter avec les Terriens.
  • Enfin, la dernière partie où se développe une pseudo-trame est emportée par la fantaisie. Le personnage principal s’incruste dans une famille humaine et tente de faire évoluer et améliorer son entourage.

A travers ce film, on retient qu’en dépit de ce monde qu’on lui a donné, l’homme a créé son monde à lui, artificiel, et autodestructeur, fondant une société stupide dominée par l’argent, la cupidité et l’égoïsme ; chacun pour soi! « t’as pas d’argent t’as rien« . Le citoyen lambda est tel un esclave matérialiste abruti par le système qui aurait besoin de solutions ultra-utopistes.

Coline Serreau dans le rôle de Mila

Pour ce qui en est de la forme, elle est cohérente avec le fond et propose un style naturaliste et épuré. Mélange d’inattendus, de surprises et de rires. Certes un peu ancien, ce métrage n’est pas vraiment antipathique. Mais, la naïveté et la maladresse souvent perceptible, peuvent le faire verser dans les limites du ridicule. Une promesse utopique à l’image de la civilisation extraterrestre présentée !

Personnellement, je trouve que l’intention de Coline Serreau à travers cette comédie est intéressante, malgré l’humour un peu redondant. De plus, l’idéal présenté parait un peu surréaliste. En effet, il n’y a pas de contestation ni d’avis divergents sur la planète verte ; dans ce monde parfait, tout le monde doit être d’accord ? Ensuite, j’ai trouvé un peu désolant la stigmatisation des parisiens. Nous serions donc TOUS abrutit ? Sans aucune exception ? Que manger de la viande c’est être attardé (ah bon?) Que tous les médecins sont obsédés par l’argent et sont désintéressés de leurs patients ? Au final, les seuls gentils de l’histoire sont des bushmans, seulement, on oublie de préciser les quelques rites qui choquerait quelques parisiens.

De mon point de vue, je ne pense pas ceux qui n’ont pas aimé ce film sont des abrutis qui n’ont rien compris. C’est justement ce genre de philosophie que véhicule ce film. Le manque d’ouverture d’esprit peut transformer une belle idée en un dogme que l’on ne peut contester.

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James Lovelock, scientifique

Cela dit, cette comédie peut nous faire penser aux théories Gaïa, développées par le scientifique James Lovelock. Il a adopté une vision de notre Terre comme d’un être vivant à part entière. Il part de l’idée que la vie sur Terre est improbable, car la composition de l’atmosphère elle-même est un système instable et aurait dû selon toute probabilité exploser depuis longtemps. Ainsi, la théorie Gaïa du professeur Lovelock est que la Terre se régule elle-même.

 

Les différentes hypothèses référentes de la théorie sont les suivantes :

  • Les êtres vivants ont une influence sur la totalité de la planète sur laquelle ils se trouvent.
  • L’écosphère a développé une autorégulation; l’existence de chaque être vivant est alors supposée régulée au profit de l’ensemble de la planète.
  • Le système autorégulé constitué par la totalité des êtres vivants (biomasse) et des constituants non vivants composant la masse totale de la Terre, et sans doute aussi le rayonnement solaire extérieur, possède des mécanismes internes pouvant le faire considérer comme un être vivant, conformément au paradigme cybernétique (Réflexion des acquis de la science concernant les interactions entre les mécanismes, visant l’automatisme).
  • La biosphère terrestre évolue entre plusieurs points de stabilité, à l’image de ce qui existe en théorie économique.

« La Terre Mère est forte, explique le Pr. Lovelock, et peut prendre soin d’elle-même : c’est l’humanité future, en tant qu’espèce résidente, qui pourrait bien devenir « fragile ». »

Dans le film, nous pouvons remarquer que la planète verte est fertile et la nature omniprésente, cela est dut au système de société adopté par les habitants. Tout semble équilibré et simple. A contrario, la Terre, reflète la politique des terriens, elle est donc superficielle et avare. De plus, les hommes essaient d’avoir le contrôle de la biomasse.

Mon avis sur la théorie est mitigé. De mon point de vue, je suis donc d’accord avec le fait que la Terre se régule elle-même. Cependant, je ne pense pas que la Terre serait un organisme vivant qui pourrait vivre ou mourir brutalement, mais plutôt une sorte de communauté de confiance, pouvant exister à différents niveaux d’intégration.

Enfin, je finirais par dire que l’humanité en est à son adolescence et qu’il est temps de devenir adulte (et d’accepter son enfant intérieur mais c’est autre chose…)

JAEN Elodie – DNMADE2 – Oct 2021

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