Le luxe, une arnaque ?

Depuis toute jeune, l’attirance pour le détail et la qualité a toujours pris une place très importante. Le luxe s’apparente au détail, c’est un révélateur. Ainsi nous pouvons nous poser la question « en quoi le détail permet-il de sublimer l’objet de luxe? ».

Pierre Cardin définit « le luxe c’est la rareté, la créativité, l’élégance ». La rareté représente l’exceptionnel, le caractère non-commun et la production en petite quantité. La créativité du luxe est liée aux savoirs-faire et aux techniques utilisées : le luxe crée les tendances et les alimente au fur et à mesure. Enfin l’élégance est subjective, elle est propre à chacun. L’élégance est un jugement de valeur lié à la sensibilité de chacun. Ces trois qualités sont étroitement reliées au détail. De fait le luxe répond à un besoin ostentatoire incarné par un mélange de richesse et d’esthétisme.

Dans un premier temps, nous traiterons les questions suivantes : « qu’est ce qui rend un objet luxueux en se concentrant plus particulièrement sur les termes de détail et de beau, et comment le luxe devient un générateur ? ».

Le luxe s’exprime particulièrement par le détail : petit élément constitutif d’un ensemble, jugé comme secondaire. Le détail définit un objet de luxe, chaque élément, aussi infime soit-il, rend la pièce davantage précieuse. L’ensemble des détails crée un tout raffiné. D’apparence générale, la différence entre un objet de luxe et sa copie se fait par l’observation des détails. Le luxe est un garant du savoir-faire qu’il perpétue depuis des années en conservant les savoirs-faire ancestraux. C’est ce qui fait la différence, la valeur ajoutée au produit.

Les détails sont réalisés grâce aux nombreux savoirs-faire : chaque discipline a ses propres spécialités. La marqueterie demande  une connaissance exceptionnelle de la matière bois pour parvenir à traduire toutes  les nuances et les effets voulus. Par exemple, le lit Aube et Crépuscule de Emile Gallé est un mélange d’ébène et de palissandre avec des incrustations de nacre et de verre. En joaillerie, le sertissage de gemmes demande beaucoup de précision et de minutie alors que le gemmologue use de la finesse  de son oeil et apporte son expertise au joailler.  On peut aussi citer  le soufflage de verre, ce savoir faire qui créé une pièce unique à chaque réalisation dont BACCARAT, célèbre maison, en est la référence ultime : elle  forme, transmet et perpétue  la technique de la taille du cristal depuis des années avec une utilisation de matériaux nobles.

Ces institutions s’ouvrent également aux nouvelles technologies : elles augmentent la définition du détail et, de fait, enrichissent les savoirs-faire. Par exemple, Louis Vuitton a lancé sa montre connectée « tambour horizon » en 2017. L’assemblage est effectué en Californie en raison de la conception de machines innovantes présentes uniquement à cet endroit contrairement aux autres montres de la griffes conçues en Suisse réalisées avec les savoirs-faire ancestraux de l’horlogerie.

L’objet peut être personnalisé grâce au sur-mesure ce qui rend la conception du produit luxueuse, notamment pour la mode en adaptant ses modèles aux différents clients. Dans ces cas précis, le détail y est alors abordé de manière singulière. C’est pourquoi, il est impossible à l’industrie de consommation de produire ces objets. En effet, la production industrielle est une production de masse basée sur des codes pré-établis de taille, de confection avec des machines programmées. Le luxe s’appuie donc sur la rareté : elle rend le produit plus précieux, beau. Le beau est défini comme une caractéristique d’une chose procurant une sensation de plaisir ou un sentiment de satisfaction. L’acquéreur recherche le beau. Il réside pour chacun dans la définition du détail en accord avec ses goûts et ses préférences de couleurs, de matériaux… La rareté augmente la préciosité et ainsi augmente le désir de possession. De grandes enseignes ont compris ce mécanisme et l’utilisent. Ils reproduisent des objets luxueux en les simplifiants. C’est ainsi que le luxe est générateur d’inspiration et de chiffre d’affaire. Le beau est conçu par les détails qui sont subjectif :  les goûts et les couleurs de chacun oriente ses achats. La rareté augmente la convoitise des clients. Beaucoup de grandes enseignes connues comme Zara, H&M ou encore Mango créent des répliques  d’objets luxueux tendances (à quelques détails près !) en grandes quantités car  le luxe est un générateur d’inspirations. Le prêt-à-porter s’intéresse à la silhouette, à une esthétique en général, mais ne fait pas dans le détail. Par exemple Zara a réalisé une copie des célébres mules de Jimmy Choo  en modifiant le nom de la marque, la couleur à une nuance près et la hauteur du talon, des détails presque imperceptibles. Ces 7 détails font toute la différence car l’imitation est légal contrairement aux contrefaçons. Ces savoirs-faire influencent le prêt-à-porter.

Pour conclure, le luxe se traduit par les caractéristiques suivantes : l’achat d’un produit de luxe devient exceptionnel car il intègre l’achat de la préciosité, de la rareté. Chaque produit de luxe intègre les matériaux précieux, la mise en œuvre de savoirs faire ancestraux combinés à la nouveauté et la singularité du produit. Mais aujourd’hui de nombreuse personne achète du luxe juste pour le logo, la marque sans se soucier du détail et de la qualité, les maisons de luxe en jouent bien évidemment et diminue la qualité sur certains de leurs produits dédié à ce type d’acheteur. Le détail du luxe a-t-il un avenir ?

Mathilde Petit – DNMADE14JO – Déc. 21

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