Un tueur en série, un fou ? Et si c’était un criminel artistique et écologiste ?

La mort est un sujet tabou comme l’argent et parfois plus que la sexualité. Inévitable, je vous propose d’aborder un aspect de ce thème.


Edward Theodore Gein Bolivar, surnommé « le boucher de Plainfield » (1906-1984), est accusé d’avoir assassiné deux femmes, et mutilé plusieurs cadavres qu’il a déterrés.


Qu’en a-t-il fait ?

Les policiers ont découvert dans sa ferme, des abat-jours, rideaux, gants, draps, etc., en peau humaine, ainsi que des cadavres et certains morceaux humains, dans des bocaux. Aussi, le corps de Bernice Worden, a été retrouvé pendu par les pieds à une poutre de son hangar, décapité, éventré et vidé de ses entrailles. Ensuite, ils ont retrouvé la tête de Mary Hogan dans un sac en papier. Les visages et ossements provenaient de quinze corps attribués aux violations de sépultures dont il avoue s’être rendu coupable. Même s’il est dit tueur en série nécrophile, il n’a officiellement tué « que » deux femmes, comme il l’a avoué, prétendant pour les treize autres femmes que leurs restes proviennent de vol de cadavres.

Qu’est-ce que la nécrophilie ?

C’est une attirance sexuelle pour les cadavres. Elle est classifiée en tant que troubles mentaux. Cette pratique existe depuis l’époque de l’Egypte antique. Hérodote écrit dans ses Histoires que, pour décourager toute pratique sur un cadavre, les Egyptiens, à l’époque des pharaons, embaumaient les belles femmes trois à quatre jours après leur mort.

La nécrophilie est la motivation de quelques tueurs en série comme Ed Gein ou Jeffrey Dahmer qui ont mangé leurs victimes après les avoir tuées (anthropophagie/cannibalisme). Certains meurtriers ont déclaré avoir ressenti une excitation sexuelle pendant qu’ils tuaient, comme Karla Faye Tucker, qui a prétendu avoir eu un orgasme en tuant Jerry Lynn Dean à la hache.

Maintenant, je nous propose de nous questionner :

Est-ce que la pratique d’Edward Theodore Gein Bolivar peut être qualifiée d’artistique ? Est-ce de la diffamation à l’insu d’une personne inconsciente ou est-ce une valorisation de l’être au-delà du vivant ?

Assassin ou rénovateur/embellisseur ? Victime ou favorisé/chanceux ?

Quelle est la place du libre arbitre et du déterminisme ? Pour qui ? Est-ce un procédé bénéfique pour l’environnement ? Est-ce une modernisation du recyclage ? Une évolution ? Et si c’est une manière différente d’aimer et de désirer, est-ce naturel d’interdire d’aimer ? Est-ce égoïste ou altruiste ? Est-ce mauvais d’avoir la curiosité de découvrir le corps humain ? Pourquoi la réaction générale est le mécontentement et la sensation d’offensivité ?  Est-ce la peur qui les fait réagir ainsi ?

Illustration par Martin van Maele, av. 1925.La morale :

La perception morale diffère selon les cultures, l’éducation et les générations. Socialement, au XXIème siècle, un acte sexuel avec un cadavre est généralement considéré comme inacceptable. Le fait que la victime n’aurait pas consenti à l’acte de son vivant l’apparente au viol d’un individu décédé. Presque toutes les sociétés humaines condamnent l’abus des morts comme une forme d’irrespect symbolique.

Illustration par Martin van Maele, av. 1925.

Le consentement :

La notion de consentement est présente au sein de cette pratique. Par exemple, dans le cas d’Armin Meiwes en 2001, la victime, Bernd Jürgen Armando Brandes, avait donné son consentement à la mutilation et à la mort qui lui furent infligées. Un film, basé sur cette histoire, intitulé Butterfly : A Grimm love Story, a été diffusé le 9 Mars 2006.

Vision d’horreur ou émerveillement artistique ?

La perception de ce que l’on voit ou entends nous amène à un jugement personnel, établi par notre morale qui peut évoluer. Dans l’affaire d’Edward Theodore Gein, les policiers présents sur les lieux ont décrit la scène comme une « vision d’horreur ». Pourtant, ne seraient-ils pas choqués s’ils entraient dans un abattoir ? Certains corps d’êtres décédés et étendus sont plus acceptables que d’autres ? Tout dépend de l’espèce ? Pourquoi le corps de Bernice Worden, pendu par les pieds, décapité, éventré et vidé de ses entrailles serait plus choquant qu’un bovin dans le même état ? De plus, pourquoi la peau d’humain serait considérée majoritairement comme révoltante et scandaleuse si elle était transformée en cuir alors qu’en France, au XXIème siècle, ce matériau est préparé à partir de la peau d’un animal (bœuf, porc) ? Traitée industriellement par les tanneries et les mégisseries, il est commercialisé légalement. Alors pourquoi cette différence de vision et de valeur ? Imaginez; rentrez dans un musée, ne serrions nous pas plus évidemment émerveillés ou interpelés face à des abat-jours fabriqués manuellement en peau humaine ? Pourrions-nous considérer ces créations comme des travaux artisanaux ? Des œuvres contemporaines ?

Les relations entre l’amour et la mort comme expressions artistiques

  • Par exemple, la tragédie romantique Roméo et Juliette de Shakespeare se termine avec les deux jeunes amants unis dans la mort.
  • Edgar Allan Poe a décrit la mort d’une jolie jeune femme comme l’une des plus belles images qui soit : « il n’approuvait pas la mort de cette jeune femme, mais pour lui, la mélancolie et la souffrance étaient des sources de beauté ».
  • Aussi, il existe des exemples plus récents comme la chanson Jimmy Punchline où le rappeur français Orelsan fait allusion à la nécrophilie : « J’la baise complètement dead comme si j’étais nécrophile ».

Pour conclure, il existe différents rites funéraire incompris par certaines morales. Quelques pratiques ne sont pas tolérables pour la justice Française. Il existe donc des sanctions. Lors de son troisième procès, Edward Theodore Gein Bolivar est déclaré non coupable car, diagnostiqué schizophrène, il est mentalement irresponsable. Il a ensuite été interné dans un hôpital psychiatrique pour les psychotiques criminels. Et s’il n’avait pas été découvert ? Les familles des défunts auraient elles préféré rester dans le déni ? Aurait-ce été plus acceptable ? Est-ce que, comme dit Pierre Charras, « Un bref mensonge vaut souvent mieux qu’une laborieuse vérité. » ?

Et vous ? Préféreriez-vous être un cadavre dans un cercueil, ou que votre véhicule de vie soit exploité à des fins artistique ? Ne serait-ce pas plus agréable de provoquer du désir et non de la tristesse éternellement ?

Je vous suggère d’être en accord avec votre être en évitant les contraintes néfastes à la vie d’autrui. Etre responsable de ses actes et de ses paroles c’est être conscient des conséquences qui en découlent et les assumer.

Plus facile à dire qu’à faire, je vous l’accorde…

JELODIE-DNMADE23Jo-Déc2021

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