Du mobilier absurde

La créatrice sud-coréenne Lila Jang transforme des meubles du XVIIIe siècle en œuvres d’art.

Lila Jang a imaginé des meubles qui s’adaptent à l’espace en s’inspirant du mobilier qu’elle aime, celui du XVIIIe siècle. Ce concept lui est apparu lorsqu’elle habitait dans un petit appartement parisien où chaque mètre carré compte. Elle imaginait son canapé escalader le mur ou encore sa lampe de chevet voler.

Quand la forme ne suit pas la fonction

Lila Jang a donné des noms à tous ses meubles. Dans « Anne Marie » la forme générale du fauteuil louis XV est très reconnaissable mais les accoudoirs sont démesurément grands ce qui rend l’assise impossible.

Dans « Canape » un canapé est plié en équerre ce qui réduit la place pour s’asseoir de moitié.

Ses inspirations d’un univers surréaliste et merveilleux ont pris le dessus sur la fonction de l’objet. Le principe du fonctionnalisme « la forme suit la fonction » n’est en réalité plus la maxime de Lila Jang.

Ce sont des meubles surprenants avec un contraste fort entre l’aspect épuré du blanc et ces formes sorties d’un conte féérique.

En quoi est-ce absurde ?

Un fauteuil ou on ne peut s’y asseoir, un canapé ou qu’une seule personne peut s’y installer, quel est l’intérêt ? Le mobilier fait partie du domaine du design or ici la fonction n’est pas respectée.

On ne peut donc pas dire que ces meubles appartiennent au domaine du design mais plutôt à celui des arts plastiques, ces « meubles » sont des œuvres d’art. C’est ce qu’y en fait leur absurdité : prendre une œuvre d’art pour un objet de design fonctionnel.

Léna B. – DNMADe1 HO – Avril 2022

Une réflexion sur « Du mobilier absurde »

  1. Je trouve que cet article est très intéressant de par sa structure (pas trop long, clair et concis) et par les exemples d’œuvres que tu y mets pour appuyer ton sujet. Par ailleurs, ton blog me fait beaucoup penser aux diverses maisons retournées que l’on trouve partout dans le monde, en Colombie ou en Estonie par exemple. Elles aussi possèdent un intérieur chamboulé dans lequel les fonctions des mobiliers ne servent plus. En y réfléchissant, le propre de l’intelligence humaine est d’optimiser les choses, et dans ce cas, minimiser l’espace en y ajoutant du mobilier à foison. Donc paradoxalement, à trop vouloir optimiser l’espace intérieur, on en arrive manifestement à détruire l’espace même que l’on essaie vainement de rendre meilleur. Le serpent qui se mord la queue…

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