Un florilège étonnant !

Vous allez voir la botanique dans des états que vous ne lui soupçonneriez pas !
Et on a de quoi envier les voyages de Shiki, je vous le dis.

De quoi je parle ? Des incroyables œuvres expérimentales de Makoto Azuma.

Il explore le cycle de vie des fleurs, de la plantation à la décomposition. Il les déracine et les place dans des univers qui leur sont normalement inconnus, et c’est justement ce qui va donner lieu à des mélanges improbables.
Ses sculptures invitent le spectateur à prendre conscience de l’impermanence de tout ce qui nous entoure, ainsi que de prendre plaisir à profiter de ce que la nature peut nous offrir durant l’instant présent.

Ses créations expérimentales prennent des formes étonnantes : des compositions florales (appelé l’art de l’ikebana en japonais) prises dans la glace, dérivant sur l’océan, plongées à 2000 mètres sous l’eau ou encore envoyées dans l’espace. (pour ça il a de quoi se jeter des fleurs, l’artiste).

Vous comprendrez donc qu’à l’heure actuelle on ne trouve que des traces photographiques de ces œuvres pour cause de non pérennité. Si vous souhaitez les voir (ou du moins ce qu’il en reste) elles n’y seront disponibles que sur la terre ferme, pendant des expositions, dans des musées ou bien des galeries d’art.

Photographies par Shiinoki Shunsuke :

« Block Flowers », une série d’herbiers contemporains.

Cette œuvre regroupe des fleurs lyophilisées puis encapsulées dans des blocs de résine acrylique. L’artiste crée alors un recueil documentaire plus vrai que nature.

Les plantes utilisées sont choisies à leur stade de croissance où elles sont au maximum de leur magnificence. Makoto choisit ses végétaux de manière intuitive, qu’il cueille lui-même ou se fournit chez des marchands japonais traditionnels.

Privés d’air, les végétaux resteront intacts et garderont toutes leurs caractéristiques d’état vivant.

L’artiste parvient ainsi à braver l’inéluctable, à prolonger l’éphémère et par ce fait, à figer la beauté d’une fleur. En fin de compte ce n’est pas ce dont on rêverait, d’avoir un bouquet de fleurs impérissable à porteée de main ?

 

« Iced Flowers »

Ici l’artiste a immergé les plantes dans des blocs de glace. Il associe alors la beauté de la flore à la rigidité et la froideur d’un bloc de glace.

Les parois cristallines qui entourent le végétal mettent en avant ses couleurs et ses formes, lui redonnant une seconde vie. Makoto s’amuse désormais à capturer la vie, le temps, en nous permettant de contempler l’immobilité de ces compositions végétales devenues véritables oeuvres d’art.

La composition mi-glacée mi-végétale donne à voir une sculpture délicate et sensible, sublimant la nature.

« Exobiotanica » ou l’ikebana qui atteint des sommets, et prenez-le au mot.

Ce projet-ci illustre le voyage d’un bonsaï du nom de « Shiki » qui fait le tour de la Terre (et bien plus) pendant presque 10 ans, retranscrit sous une centaine d’images insolites.

Tout en liant art et technologie, l’artiste pousse la tradition ikebana au-delà de ses limites habituelles, en faisant voyager des plantes dans des environnements extrêmes qu’elles n’habiteraient pas naturellement. Ici sur cette photo, il fait flotter Shiki dans la stratosphère.

« Dans le cadre carré, qui est une restriction mise en place par l’homme (une limite), l’infinité de la nature (illimitée) est contenue – il y a une certaine « friction » qui se produit ici »,  a dit Makoto.

En tout cas, personnellement, ça me donne envie de voir l’évolution de ses oeuvres expérimentales, car ça ne manque pas d’originalité !

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe23JO – Décembre 2021

Plus vrai que nature !

Quand le monde de « l’invisible » vient à notre échelle…
Vous allez voir que c’est tout autant surprenant que fascinant !

Dans cet article je vais vous parler d’anamorphoses.

Qu’est-ce que c’est ?

Cela consiste à peindre de façon déformée et calculée une image qui se reconstituera, observée d’un point de vue préétabli, et donnera à une peinture murale une impression de relief et donc de réalité spatiale.

Ici ces anamorphoses donnent vie à des petits animaux ou insectes aux dimensions gigantesques qui en déstabiliseraient plus d’un… comme si elles étaient vivantes… Alors j’espère que vous n’avez pas froid aux yeux, parce que devant ces oeuvres je crois qu’on peut se sentir bien minuscules.
(spoiler alert, si vous avez peur des araignées vous pouvez passer ;)).

« Le roi des illusions d’optique en 3D » par bewarmag.com

L’auteur de ces créatures aux proportions démesurées est Sergio Oreith, je l’ai découvert cet été par hasard sur internet et j’ai beaucoup aimé son concept artistique. C’est un street-artiste Portugais, qui est spécialisé dans le graffiti et a commencé à se faire connaitre dans les rues Portugaises dans les années 1980-1990.

Ses premières expériences furent esquissées sur des murs, des voies ferrées ainsi que dans des environnements exclusivement urbains et industriels (oui vous allez me dire, c’est bien l’idée initiale du street-art…).
Ensuite il commencera à peindre sur des grandes fresques et développera alors davantage ses talents pour le dessin à de plus grandes échelles, en s’exerçant sur des surfaces de plus en plus vastes.

Talents qui s’affirment plus tard comme un véritable art de tromper l’œil.
Il peint un art anamorphique qui peut être qualifié d’hyperréaliste et se distingue par ses compositions démontrant sa grande maitrise technique de la perspective et du jeu ombres/lumières sur différentes surfaces (angles de murs, sols, bloc de béton), créant des dessins 3D extraordinaires. Un réalisme tout simplement incroyable, presque invraisemblable. Il a par la suite appelé son procédé de « 3D sombre ».

Son sens de l’humour transparaît aussi dans la façon dont il fait dénoter ses créatures qui semblent surgir de l’obscurité et d’angles de murs oubliés de la ville… D’ordinaire c’est nous qui tombons sur ces petits êtres dans les recoins de notre maison qui nous embêtent bien, sauf qu’ici les rôles s’inversent.
C’est plutôt elles qui sont dans leur habitat naturel et nous qui sommes de trop. Une belle remise en question que nous avons là !

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe 2 bij – Octobre 2021

Les boutons c’est à la mode !

L’upcycling vous connaissez ? Il pourrait bien devenir un moyen de consommation qui va nettement révolutionner notre vie future.

En effet pourquoi pas faire du nouveau avec de l’ancien ? C’est en quoi consiste le recyclage en règles générales, réutiliser et se réapproprier des choses déjà utilisées auparavant. Il faut aussi penser aux ressources de notre chère planète et adopter une consommation plus responsable et durable, ça serait bien le minimum à faire. Je pense que vous devez certainement connaître plusieurs sites de seconde main, ou de revente en ligne entre particuliers…

Ici c’est bien une véritable entreprise spécialisée dans ce domaine que je vais vous présenter. Il s’agit de la marque KAMAD, qui a vu le jour en 2020, fondée par 2 meilleures amies : Selima Kerimova et Mathilde Crouzilhac, diplômées d’études de stylisme et de modélisation. Leur concept est de retravailler des pièces de luxe : elles recyclent des boutons prélevés sur d’anciens tailleurs, pulls ou vestes de grandes maisons de mode, et les revendent à des prix qui sont donc beaucoup plus accessibles que si on achetait par le biais de la marque initiale. L’authenticité des pièces est vérifiée et ces dernières sont montées sur des chaines en acier inoxydable (couleur or ou argent).

Chanel, Prada, Dior, Gucci, Hermès… le choix est plutôt large. Mais tout aussi limité en même temps, car elles sortent de nouvelles collections très régulièrement avec différents thèmes, variant les marques proposées, les couleurs, le design… Pour rester fidèle aux valeurs de KAMAD, leurs pièces sont produites en nombre très réduit (dû au nombre de boutons qu’elles récupèrent). Donc on constate que les produits sont quasiment uniques. Vous l’aurez compris : l’industrialisation des bijoux, ICI : ON OUBLIE.

        

Car oui, cette dernière est inévitablement en lien avec notre monde actuel, toujours en quête de consommation et de renouvellement régulier (voire démesuré) des biens. Alors finalement le vintage qui revient au goût du jour se présente bel et bien comme une solution écolo pas si futile que ça.

Apparence vintage oui, mais ce n’est pas le cas pour l’entreprise : elle est même plutôt moderne. On le voit d’ailleurs par leur outil de communication : elles se font connaître grâce à l’interface des réseaux sociaux, notamment via Instagram et grâce à l’image d’influenceurs, la mise en place de concours ou de tombola par exemple (et ça a bien l’air de marcher puisque moi je vous en parle :))

Pour finir, les deux créatrices ne s’arrêtent pas qu’aux bijoux, elles créent aussi, des vêtements, des chapeaux et commencent à s’étendre vers du mobilier par exemple, avec des coussins (tout ce qu’on peut faire avec des boutons quoi !) donc pour la suite je pense que c’est encore plus prometteur, et c’est tant mieux, on en redemande.

Si ça vous intéresse, je vous conseille de faire un tour sur leur compte Instagram : @kamadreworked ou directement sur leur site : https://www.kamadhouse.com

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe 1 bij – Avril 2021

En mangeriez-vous ?

     Un tas de bonbons mis à disposition comme celui-ci, ça tenterait n’importe qui, pas vrai ? Et si ces friandises était en réalité une métaphore lourde de sens…

Ce que vous voyez compose une sculpture éphémère adressée au public : ce dernier va pouvoir la consommer, la faire diminuer et vouer à la faire disparaitre au fil de l’exposition. Par cette installation l’artiste considère que l’œuvre se meurt.

                                                  Candy Stacks – Portrait of Ross – 1991

Et vous aller comprendre que, Félix González Torres, artiste américain d’origine cubaine, influencé par l’art minimaliste et l’art conceptuel, veut nous mettre face à la disparition de manière réflexive. Il s’inspire de faits autobiographiques, d’enjeux sociaux et mêmes politiques ; c’est tout comme un fil conducteur majeur dans sa création artistique.

Et parmi tout un tas (oui encore) d’artistes mettant en place des œuvres interactives, (tels que Allan Kaprow, Marina Abramovic, Jean Tinguely, Yoko Ono, Jeffrey Shaw, -bref) Félix GT interroge le rôle du spectateur dans l’œuvre. Il va lui donner une certaine responsabilité et l’invite à prendre du recul quant à l’action qu’il va faire et qui va impacter l’œuvre par la suite.

Car effectivement, c’est là qu’est le plus intéressant dans son art : la symbolique qu’il lui donne.  En fait, ce vulgaire tas de bonbons, il représente quoi ?                    Il n’est pas aussi naïf et innocent qu’il n’y paraît, car symboliquement la friandise est associée à l’incarnation d’un virus, de milliers de bouts de virus, et pas n’importe lequel : celui du SIDA (et non pas le corona, même si le concept fonctionnerait bien pour notre actualité…!)

Le Syndrome d’Immunodéficience Acquise, c’est ce qui a provoqué la mort de son compagnon Ross Laycock (d’où le titre de Portrait of Ross). Ici il représente la perte d’un être cher et c’est également une façon pour l’artiste de lui rendre hommage à travers sa passion, son art.

« Des bonbons parce que les fleurs c’est périssable », comme dirait Julie dans un article pour Visceral.

Alors maintenant ce visuel attrayant, tout coloré en devient moins attirant on est d’accord.. d’autant plus que si on poursuivait cette métaphore, en avalant un bonbons on serait désormais nous aussi contaminé par la maladie. On peut le percevoir comme un autre moyen d’amener à une prise de conscience de la société qui l’entoure ?

Comme dit précédemment, Félix GT fait l’expression de sa propre vie à l’intérieur de la société, et ici il nous énonce la tragique réalité qu’est la propagation du virus du sida, notamment dans la communauté homosexuelle, dont il a lui-même été victime et décédé à 38 ans.

Comme conclusion, je dirais que l’art naît lorsque qu’un individu transforme des choses simples du quotidien en médiums significatifs ; et c’est véritablement ce que fait Felix GT, en lui adressant un message fort, et un message pluriel.

Peut-être que l’on pourrait même parler d’œuvre engagée ?

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe 1 bij – Février 2021

Qui a dit que les séries devaient nous abrutir ?

Alors non je n’ai pas de solution miracle à vous proposer, regarder des séries nous laissera toujours passifs devant nos écrans, soit… mais on peut toujours se trouver des excuses ! Et oui, regarder une série que l’on dirait « intellectuelle », ça vous tente ?

Car je vous avertis (bien que je ne les critique à aucun moment car je les adore aussi) on est très loin des blockbuster de Netflix… Le scénario est bien plus complexe, alors si vous en avez marre des séries trop prévisibles je vous invite à continuer cette lecture !

Dark est ce que je qualifierai de pur chef d’œuvre Allemand. C’est une série à énigmes qui se lie au genre de la science-fiction et qui, on peut le dire va vous retourner le cerveau comme il faut. Elle est sortie en 2017 et est composée de 3 saisons d’environ 10 épisodes chacune. Pour ma part je trouve ça nettement suffisant (on sait qu’il n’y aura pas de suite).

Avec des airs de Retour vers le futur et une intrigue qui s’apparente pas mal à celle de Stranger Things ; cette série vous surprendra ! Vous verrez rapidement qu’elle porte bien son nom, l’univers est pour le moins dark et vous plonge dans une ambiance assez glauque. Au delà de ses inspirations elle tire belle et bien sa propre identité : traitement de l’image, transitions, plans, décors, musiques, sons, bruitages, rythme lent, tout a été pensé ! De plus, je trouve que le casting est incroyablement bien fait : que ça soit entre les jeux d’acteurs qui sont excellents ou dans la ressemblance que l’on trouve aux personnages à des âges différents.

J’y viens, le synopsis  : L’intrigue se déroule en 2019 dans la petite ville de Winden et est centrée sur 4 familles. Tout part de la mystérieuse disparition de l’un des personnages : un enfant âgé de 12 ans du nom de Mikkel. Mais la véritable interrogation n’est pas de savoir il est, mais quand. Les investigations des policiers et de certains habitants vont peu à peu mettre en lumière des évènements similaires qui se produisent tous les 33 ans ; se déroulant en 1953, 1986 et 2019. Vous l’aurez peut-être deviné, la série s’articule autour de voyages temporels auxquels le protagoniste, Jonas alias le garçon au ciré jaune, va nous emmener avec lui. A travers eux, il sera amené à découvrir tous les vices et secrets des habitants, en les rencontrant à différentes générations il va comprendre que tous leurs destins sont liés et particulièrement le sien. Il se trouvera parfois confronté à faire des choix décisifs qui peuvent être fatals dans sa propre existence : le dilemme entre le coeur et la raison est omniprésent.

Alors oui, vous allez sûrement me dire que la thématique du spatio-temporel est largement surexploitée dans le cinéma, c’est vu et revu, mais là je trouve qu’il est maîtrisé à la perfection, l’ensemble est réaliste et je n’ai décelé aucune incohérence. Le domaine de la physique et une dimension philosophique des choses qui sont rajoutés dans diverses situations complètent le tout, autrement dit on ne peut pas s’ennuyer !

Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ? On se trouve constamment dans l’interrogation; la complexité scénaristique (qui serait presque du génie) alimente une réflexion soutenue sur le temps et l’espace. Après tout, c’est comme ça qu’est la vie aussi. Chaque dialogue-mot-action sont déterminants et ont une influence sur le passé-présent-futur quitte à les remettre en cause, un véritable effet papillon. Il est vrai que je vous conseille de faire vraiment attention au moindre détail, d’être concentré au maximum au risque sinon de se retrouver vite perdu dans les personnages ou les époques. Mais je ne vous dis pas la satisfaction que l’on a lorsqu’on parvient à relier les éléments au fur et à mesure ! Car ne vous y méprenez pas chaque scène incomprise finie par trouver sa clé. C’est à la fois son défaut comme son atout, tout dépend si on accroche dès le début ou non.

Je vous l’accorde, cela peut effrayer à première vue mais n’abandonnez pas, Dark vaut le détour et mérite d’être regardée et admirée !

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe 1 bij – Décembre 2020

L’art de mâcher les mots… ou pas vraiment

Ben ça vous parle ? Ou plutôt ça se lit, comme ses célèbres écritures que vous reconnaîtrez forcément. Avec une calligraphie singulière et plutôt enfantine emblématique d’aujourd’hui, en plus d’être très populaire car elle prend désormais place sur des accessoires en vente dans la grande distribution (trousse, agenda, pochette, sac, crayons…) Il est partout ce Ben, difficile de passer à côté de ce marketing en béton ! Et bien avant ça, ce sont de véritables œuvres qui existent.

Histoire de re-contextualiser et de présenter l’artiste en question (et faire toute la trame historique un peu lourde…) je vais présenter un peu les choses. Benjamin VAUTIER est né le 18 juillet 1935 à Naples, c’est un artiste Français d’origine Suisse qui s’identifie au mouvement lettriste, mais qui est aussi un super performeur et amateur d’art conceptuel, cela va de soi.

Il a ensuite rejoint LE fameux « mouvement artistique » (bien plus compliqué que ça à définir en réalité) contemporain et avant-gardiste : FLUXUS. Ce dernier questionne les codes de l’art dès les années 1960 : notamment le rôle de l’artiste, l’image de l’art dans le monde qui l’entoure et le statut auquel est contrainte l’œuvre d’art.

Les notions d’humour, de dérision et de provocation qui se mélangent sont des éléments phares avec lesquelles les artistes s’amusent (ce qui ne laisse pas les spectateurs indifférents, et bien sur, c’est leur but).

Ben revisite même des citations de philosophes et se les réapproprie avec ses tableaux :

 

L’enfer c’est moi depuis « L’enfer c’est les autres » de Jean-Paul SARTRE

 

 

 

J’écris donc je suis depuis « Je pense donc je suis » de René DESCARTES

 

 

 

Aussi défini comme de « l’anti-art » ou du « non-art« , il s’affranchit de toutes les conventions auxquelles nous étions habituées jusque-là. Pas de méthodes ni de règles, seulement la possibilité de qui veut créer avec ses idées, et merci bien à la liberté d’expression.

Selon ces artistes qui produisent pour Fluxus, il n’y a pas de frontière entre l’art et la vie : les deux s’expérimentent et se vivent, tout comme on remarque l’abolition des différenciations entre les médiums (=moyens artistiques) utilisés : on appelle cela la transdisciplinarité. On y trouve également de la musique, du théâtre, du cinéma, des arts plastiques et en bref de toutes nouvelles formes d’expressions de l’art en général ; c’est un énorme fourre-tout créatif.

Benjamin VAUTIER écrit de façon totalement spontanée et presque irréfléchie, il expose ses pensées, ses idées, ses interrogations, sans souci des interprétations ou de l’avis de son public. Ce qui fonctionne surtout, c’est le fait que nous nous identifions à travers certaines de celles-ci. En effet elles peuvent nous porter à réflexion et à s’interroger sur notre propre existence, notre philosophie ou la vie en général (génial non ?). Il nous plante devant l’aspect brut et cru des mots et nous parle avec un langage presque familier; c’est un peu comme si on le connaissait en fait.

Je vous présente ici des œuvres d’art qui parlent de l’art :

      

   

 

 

 

   Regardez-pas : C’est l’ironie d’une œuvre qui s’auto-critique : n’est pas art lorsqu’il n’y a pas de public pour la regarder, l’observer, l’analyser, la contempler… et pourtant.

La simplicité de ses créations fait qu’elles sont d’autant plus impactantes : un fond uni qui contraste avec la phrase écrite; des tableaux simples et efficaces : il produit un « art de l’idée » qui parle à tous.

Mais Ben ne se limite pas qu’à ce genre de productions. Il redéfinit l’art pas la simple présence d’une signature ; en 1958 il signe des tableaux, des gens, des photos et se donne leurs droits. Il travaille sur les concepts du moi, de l’ego et de l’identité de l’artiste autour d’innombrables performances (=oeuvres définies par l’action, le geste réalisé par l’artiste).

 

Par exemple :                                      Signer la ligne d’horizon, Nice 1962

 

Faire des grimaces, Nice décembre 1962

Geste : faire des grimaces devant un public jusqu’à ce qu’il réagisse.

Commentaire de Ben : « Le plus difficile c’était de trouver des grimaces qui étonnent. On me regardait bêtement et cela me gênait. »

 

 

Me regardez dans un miroir – en espérant changer, Nice 1963.                            Durée de la performance : 4 heures.

De mon point de vue je pense qu’on ne peut être que reconnaissants envers ce genre de personnes qui bousculent les codes. Elles remettent en cause l’état des choses, nous surprennent et nous apportent du renouveau dans l’art et quel que soit le domaine, et on en a besoin !

Vous n’en avez pas assez vu ? Alors je vous invite à aller voir La fondation du doute qui se trouve à Blois où on y sont exposées certaines de ses œuvres, ainsi que celles d’autres artistes se référant à Fluxus. Il y a aussi plein de petites interrogations de Ben parsemées sur les murs de la ville, un peu comme un parcours (les réponses sont dans la fondation, c’est assez ludique).

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe 1 bij – Octobre 2020