27 décembre 1897 , un départ dans histoire du théâtre français

Replongeons nous dans le Paris du 19ème ; le début de la photographie, de l’automobile, de la mode scientifique, des Jules Vernes, Arthur Rimbaud et Edmond Rostand.

                                   

C’est un film qui a été réalisé par Alexis Michalik  et est sorti le 9 janvier 2019. Il s’agit d’une réadaptation d’une pièce de théâtre qu’il a lui même écrit en 2016. Les scènes principales ont été tournées au théâtre du Palais Royal de Paris, ce qui sublime d’autant plus le film. 

Je vais vous proposer dans cet article de visionner l’histoire d’un petit auteur, Edmond Rostand, ne créant que des fours et n’étant point connu du public, et qui, en trois semaines seulement va écrire l’un des plus grand chef-d’oeuvre du théâtre français, il s’agit, vous le savez j’espère, de Cyrano de Bergerac. 

Cette pièce a été pour la première fois jouée le 27 décembre 1897. Après 40 rappels, on se décidera à laisser le rideau ouvert. Les acteurs seront portés en triomphe dans les rues de Paris, Edmond Rostand recevra la légion d’honneur, et dans le siècle à venir, Cyrano de Bergerac sera joué plus de 20 000 fois et deviendra ainsi le plus grand succès du théâtre français. Quelques dates et acteurs importants : Constant Coquelin le soir du 27 décembre 1997, puis en l’an 1900, puis Pierre Magnier en 1923, Claude Dauphin en 1946, José Ferrer en 1950 ( grand acteur portoricain ! ), Daniel Sorano en 1960, Jean Piat en 1964. Mais encore Jean Marais en 1970, Jacques Weber en 1985, Jean-Claude Drouot en 1985, le grand Gérard Depardieu en 1990, Michel Vuillermoz en 2006 et encore tant d’autres. C’est une pièce omniprésente, universelle et intemporelle. C’est pourquoi ce film Edmond est très intéressant et très prenant. C’est un nouveau tournant pour le théâtre.

Mais revenons en au film voulez-vous ? 

Edmond Rostand est comme tout le monde. C’est un rêveur qui aimerait avoir du succès, mais aussi de douceur et d’aventure dans sa vie. Il a trouvé le moyen de faire tout cela ! C’est en créant des vers et des personnages. Malheureusement, les gens n’apprécient pas vraiment ses tragédies et ses histoires car la mode est à la Comédie. Après avoir parlé avec Constant Coquelin, (un grand acteur de l’époque ), ce dernier va lui commander une pièce pour avant la nouvelle année, c’est-à-dire en trois semaines seulement. Edmond n’a pas écrit depuis deux années, il est perdu. Il n’a qu’une idée, qu’un début, qu’une tirade… Il va écrire oui, mais en plus essayer de régler tous les soucis qui vont le ralentir dans son élan ; de ne pas prêter d’importance aux caprices des actrices, répondre aux exigences de ses producteurs corses, calmer de la jalousie de sa femme, suivre les histoires de cœur de son meilleur ami et essayer d’oublier le manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage… malgré tout, il sortira une pièce d’exception, de perfection. D’ailleurs le patron du café où il va souvent, Monsieur Honoré, lui dira : 

« Cette pièce est sublime. Vous avez messieurs de l’or entre les mains,  vous avez un bijou que personne ne peut estimer ! Voulez-vous qu’il disparaisse dans l’oubli ou voulez-vous qu’il soit le plus grand triomphe du théâtre français ? 

Donnez tout ce que vous avez pour cette pièce car je vous le prédis ; jamais, de votre vie vous n’en croiserez une plus belle ! « 

                               

Vous trouverez dans des petits rôles l’incarnation de certains excentriques du cinéma français ; comme par exemple Dominique Pinon en régisseur survolté et agité tout au long du film, et Jean-Michel Martial en tenancier de café rêveur et poète victime de discrimination raciale. De grandes figures du théâtre français et même de cette époque sont incarnés par de grands acteurs actuels ! Sarah Bernard par exemple qui est très importante dans cette histoire et qui connaît le petit poète est interprétée par Clémentine Célarié. 

Vous allez découvrir le vieux Paris, les bonnes manières, la mode, le pouvoir, la jalousie, l’amour, et le théâtre bien sûr ! Vous apprécierez ainsi la finesse des dialogues et la capacité du réalisateur à mettre à jour le genre du vaudeville, et ce dans un cadre lié au patrimoine de la culture française. Il est excitant, prenant, Et même si vous n’avez jamais vu la pièce, ou simplement du théâtre, ce film ne vous perdra pas. Au contraire, il vous mettra à l’aise et vous comprendrez tout. Il vous donnera même envie de voir la pièce originale !

Il est disponible sur toutes les plateformes et j’espère qu’il vous plaira. Je vous mets ci-dessous la bande annonce. Merci de m’avoir lu et bon visionnage ! 

https://www.youtube.com/watch?v=jOgoyxezMoI

Esther Loras__DNMADe14Jo__23 avril 2022

Le Jeu de la mort

« Depuis 10 ans, la plupart des chaînes commerciales utilisent l’humiliation, la violence et la cruauté pour fabriquer des programmes de plus en plus extrêmes. À quand le jeu de la mort en Prime time ? »

Je vous présente un reportage qui date d’avril 2009, et qui cherche à traiter des questionnements tels que : où sont les limites de la télévision ? Quel est le pouvoir de cet écran qui nous suit du matin au soir ? A-t-elle une réelle autorité sur nous et dirige-t-elle en quelque sorte notre quotidien, nos actions ? C’est ce qu’ont voulu vérifier une équipe scientifique pluridisciplinaire, dirigée par le professeur de psychologie sociale Jean-Léon Beauvois.

Après un an de recherche, cette équipe a trouvé un protocole expérimental pour savoir si le pouvoir de la télévision pouvait oui ou non pousser une personne à aller vraiment loin. À commettre l’irréparable. Un meurtre. Ils ont décidé de suivre le modèle de l’expérience de Milgram de 1963. Voici un bref récapitulatif pour ceux qui ne connaissent pas cette expérience :

Tout d’abord Milgram a pris deux sujets, un qui devait retenir une liste de mots et un autre qui devait lui poser des questions sur cette liste et infliger au premier une punition par un choc électrique si la réponse était fausse. Plus les erreurs étaient nombreuses, plus le choc était violent. Le sujet qui infligeait les punitions était surveillé par un scientifique, représentant le pouvoir et l’autorité. Mais celui qui recevait les chocs électriques était un acteur. Il simulait des hurlements et n’était pas branché. L’étude de Stanley Milgram a révélé que 62% des gens se soumettaient aux ordres. Ainsi, le scientifique a démontré que tout individu peut commettre les pires atrocités quand c’est une autorité légitime à ses yeux qui le lui ordonne.

Cette expérience a donc été transposée à notre époque, et modifiée sur certains points pour devenir une sorte de jeu télévisé, appelé « La Zone Extrême » avec, comme pour Milgram, un acteur, qui simule des chocs électriques, et avec des sujets, pris un à un et mis à l’épreuve sur un plateau, devant des caméras, sans le savoir. Sur le plateau, ce n’est pas un scientifique qui incarne l’autorité, mais la présentatrice du jeu.

Cette fausse émission est très intéressante aussi parce qu’elle est liée à une autre expérience, celle de Asch, qui date de 1951. Il y a quelques similitudes. Pour l’expérience de Asch, il s’agit d’observer la réaction et les réponses à des questions d’un seul individu face aux réponses d’un groupe composé de plusieurs individus. Le scientifique a voulu voir comment se comporte l’individu, qui est confronté à ses propres idées contre celles du groupe. Cela s’appelle la règle de conformité. La plupart des individus vont se conformer aux pensées des autres pour ne pas être rejetés, expulsés et pour éviter le jugement et le regard extérieur.

Dans « La Zone extrême », les candidats vont devoir faire face à cette règle de conformité. Face à l’animatrice d’une part mais aussi et surtout face au public ! Car le public est là et rajoute sur le candidat une pression encore plus énorme que celle qu’il y avait déjà dans l’expérience de Milgram de 1963 (car enfin dans cette dernière, il n’y avait que les scientifiques qui regardaient les sujets).

Je trouve cette recherche très importante et très intéressante car la population ne se rend pas compte du pouvoir qu’a la télévision sur notre comportement et de son ampleur toujours plus grandissante. Le sociologue nous explique que nous avons des valeurs, que certaines sont compatibles avec les règles du jeu mais que d’autres vont à l’encontre du jeu. Seulement, comme le joueur est seul, face aux caméras, au public, aux techniciens, à l’animatrice, il va se mettre dans un mode « automatique » et il va en quelques sorte trier ces valeurs, essayer d’en oublier quelques-unes, et obéir aveuglément. Jean-Léon Beauvois nous explique que parce que l’individu est seul, et comme tous les êtres seuls confrontés à n’importe quel pouvoir, il n’a pas de défense et devient l’être le plus obéissant.

Découvrez la réaction et les émotions que vont développer les candidats du jeu mais aussi vous découvrirez des pourcentages et des statistiques surprenants et extrêmement troublants ! Ce reportage va parler de l’obéissance et de la désobéissance, de la tricherie, de l’autorité, du pouvoir, de la volonté, des émotions, de la pression… et il y aura même une variante de l’expérience avec l’autorité (l’animatrice du jeu) qui quitte la scène.

Ce reportage nous remet en question, qu’aurions-nous bien pu faire à la place de ces candidats ? Est-ce que nous aurions pu, nous aussi, suivre aveuglément les ordres de l’autorité ?

Se poser des questions oui, mais surtout y trouver des réponses… ?!

C’est là le rôle du Jeu de la mort.

Esther L. – DNMADe1JO – Février 2022

Un film d’animation fraternel loin des préjugés !

Azur et Asmar est un long métrage d’animation de Michel Ocelot sorti en 2006. C’est ce célèbre réalisateur français qui est connu du grand public pour sa trilogie Kirikou. Je vais d’abord vous parler rapidement de lui.

               

Il est né le 27 octobre 1943 et a fait les Beaux Arts de Rouen et les Arts Décoratifs de Paris. Il n’a donc jamais fait de formation de graphisme, de réalisation ou même d’animation ! On peut retrouver un travail de plasticien, de textures ! J’aurais aimé vous parler par exemple de ses tryptiques que je trouve incroyables ; Princes et Princesses, les Contes de la nuit, Ivan Tsarévitch et la princesse Changeante, où il y a des jeux de motifs et d’ombres magnifiques !

Mais revenons-en à Azur et Asmar. J’ai choisi de vous parler de ce dessin animé en particulier parce qu’il me tient vraiment à cœur. Petite, j’ai eu une nourrice qui était d’origine Arabe, et donc je m’identifie beaucoup à ce film. Petit point sur l’histoire rapidement pour que vous puissiez comprendre.

Azur et Asmar, deux enfants bercés par les mêmes légendes, s’aiment comme deux frères. Jenane, leur nourrice, éduque son fils Asmar, brun aux yeux noirs, ainsi que le fils de son maître, Azur, blond aux yeux bleus. À l’âge de raison, les garçons sont brutalement séparés. Le père d’Azur envoie son fils étudier en ville et chasse la nourrice et Asmar. Une fois qu’Azur est devenu adulte, il part pour le pays d’origine de sa nourrice pour retrouver la fée dont elle lui parlait tant, et la délivrer. En cours de route, il va retrouver son frère et tous les deux vont partir à la conquête de la fée.

Dans cette histoire, Michel Ocelot va créer une dualité entre différentes cultures, légendes, traditions et langues…tout en liant les deux personnages principaux du film. Au niveau de l’univers visuel du film, tout est parfait et plaisant à regarder. Il va travailler des décors de dentelle et un immense panel de couleurs allant du chaud au froid. Les graphismes sont d’une grande splendeur et accompagnent à merveille l’histoire et la continuité du film. L’œil du spectateur est accompagné avec douceur et sincérité au niveau des monuments architecturaux (comme par exemple la muezzin, la mosquée, madrassah etc.) des arabesques, et des paysages typiques du monde arabe médiéval. On va retrouver la pauvreté, la vie des rues, le bruit et les senteurs du marché, la famine, les brigands, mais aussi la richesse, la célébrité, les fêtes, les buffets garnis et les habits luxueux… au-delà de l’aspect visuel, il y a également tout l’aspect sonore, par Gabriel Yared, qui a réalisé de superbes partitions et chants qui sont inspirés directement des chants traditionnels orientaux. Notamment une comptine qui va bercer les oreilles du spectateur tout au long du film. Il crée une continuité en utilisant des instruments médiévaux tels que l’Oud, le Kamân, la Derbouka, ou bien encore le Ney.

Mis à part tout cela, j’ai profondément aimé la proposition d’un conte original avec comme sujet de fond la tolérance, l’acceptation de l’autre et la fraternité. Azur et Asmar sont deux enfants très différents, très stéréotypés, l’un à la peau claire, blond aux yeux bleus, l’autre à la peau mate, brun aux noirs, l’un français et appartenant à une classe aisée, l’autre arabe et appartenant à une classe inférieure mais qu’importe, puisque la question du racisme et des préjugés est très bien traitée selon moi. Tout d’abord, l’amour que la nourrice Jenane a pour les deux enfants. Elle les traite de la même manière et les élève tous les deux comme ses propres fils. J’ai vécu cela avec ma nourrice Salma. Je m’entendais à merveille avec ses filles et ses fils et elle nous traitait de la même manière ses enfants et mes sœurs et moi. Ensuite, l’amour que portent Azur et Asmar, l’un pour l’autre, n’est d’abord pas visible puisqu’ils passent leur temps à se disputer. Mais, au fil de l’histoire, on peut découvrir qu’une relation de plus en plus fusionnelle se forme entre eux. Par exemple lorsqu’Azur est privé de nourriture, Asmar ira lui en jeter par la fenêtre en cachette de son père. Encore une fois, j’aime beaucoup ce film d’animation car je m’identifie à cet amour fraternel que j’ai moi-même avec ma soeur. Des disputes, des hauts, des bas, c’est vraiment le résumé de ma relation avec elle. On peut voir que les deux personnages cherchent d’ailleurs à combler un vide affectif, l’un a sa mère (Asmar) et l’autre a son père (Azur), et je trouve que cette entraide pour combler ces vides est très touchant. Elle reflète encore plus l’affection qu’ils se portent mutuellement. 

De plus, je trouve cela intéressant de montrer et de créer de tels films pour les enfants, déjà pour les changer des grosses productions américaines bruyantes, telles que celles de Disney, où il y a une simple histoire de princes et de princesse pour la plupart du temps, misogynes et macho en plus (du moins à l’époque d’Azur et Asmar en 2006 car, depuis les choses ont bien changé et des efforts ont été faits là dessus !). Et puis pour leur inculquer des valeurs fortes dès leur plus jeune âge ! Loin des personnages lassants et des contes sans aucune profondeur de Disney, Azur et Asmar se révèle être d’un calme et d’une finesse rare et précieux. Ici, le but n’est pas d’abrutir le spectateur devant un scénario qui lui en met plein la vue et les oreilles, ce film se montre plutôt sous un jour d’une douceur intime et mystique. C’est également pour cela que j’y suis particulièrement attachée. 

      

En conclusion, ce film est génial, au niveau de l’univers visuel, des textures, des palettes de couleurs, des musiques diverses et variées, du scénario, des personnages, du message profond qui est transmis. Je le conseille fortement pour toutes les personnes qui veulent montrer des films qui peuvent nous augmenter, et ouvrir les esprits de nos enfants sur les préjugés qui persistent dans ce monde. 

Esther L. – DNMADe14Jo – Décembre 2021

La merveilleuse Dentelle de Fer

Construite de 1887 à 1889. La tour Eiffel est l’œuvre de l’architecte Gustave Eiffel. Elle fut créée pour l’exposition universelle de 1889. Elle devait être détruite à la suite de cette exposition car les parisiens trouvaient qu’elle dénaturait le paysage de Paris, mais elle fût gardée et demeure actuellement le monument le plus visité du monde. Elle a servi à différentes choses : que se soit pour des expériences scientifiques ou aujourd’hui pour la diffusion de la radio et la télévision grâce aux nombreuses antennes qui se situent à son sommet. Ce monument inscrit au patrimoine mondial de l’unesco à changé plusieurs fois de couleur : de rouge à jaune en passant par ocre, elle est désormais brune depuis 1968. Cependant elle redeviendra jaune brun en 2022 pour les jeux olympiques de Paris en 2024. Sur les trois étages que comporte la Tour, on peut  retrouver différents types de structures comme un restaurant et une boutique de souvenirs au premier, un vendeur de macaron au second et le bureau de Gustave Eiffel lui-même au troisième et dernier étage de celle-ci. La tour en quelques chiffres: 324 mètres de hauteur, 7300 tonnes de charpente métallique, 2.500.000 de rivets, 2 ans 2 mois et 5 jours de construction et 7.000.000 de visiteurs chaque année. La tour Eiffel apporte du bonheur et du calme. Assis sur les bancs du champs de mars à contempler ce monument gigantesque les parisiens ne l’écartent pas de leur quotidien. Elle fait la fierté de Paris et demeure un des emblèmes les plus forts et les plus majestueux de la France. Elle demeure et perdure dans le temps depuis plus de 130 ans maintenant et s’inscrit dans un un univers géométrique et indémodable. Elle est le fruit d’une prouesse technologique et architecturale. Pour suivre son histoire et avoir plus d’informations sur la vie d’Eiffel, un film a été réalisé en 2021.

Quelques sources documentaires :

https://www.paris.fr/pages/les-sept-couleurs-de-la-tour-eiffel-16827

https://www.merveilles-du-monde.com/Tour-Eiffel/Histoire-de-l-art.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_Eiffel#Illuminations_de_la_tour

Esther L. – DNMADe1 – Octobre 21