Un carré d’expression pour une fenêtre sur l’art

Maison parisienne, ouverte en 1837, Hermès fait partie de ces enseignes qui mettent un point d’honneur à la créativité et à garder la majorité de leur fabrication sur le territoire français. Il s’agit également d’une entreprise familiale depuis 6 générations. Actuellement implantée dans 45 pays à travers leurs 306 magasins, la maison propose un panel de 16 métiers artisanaux. Parmi ceux-ci on trouve la maroquinerie, le prêt-à-porter femme et homme, les chaussures, les chapeaux, les gants, la bijouterie, l’horlogerie, les parfums et bien d’autres. On trouve également la soie masculine dirigée par le directeur artistique Christophe Goineau et la soie féminine dirigée par la directrice artistique Cécile Pesce.

Ce sont ces deux ateliers qui nous intéresseront pour cet article, la soie féminine et masculine, et plus particulièrement les carrés de soie. Afin de réaliser le design des carrés de soie, la maison met en avant les partenariats avec des artistes externes. Certains de ces carrés de soie restent dans les codes traditionnels de la maison tandis que d’autres tendent à les casser pour aller vers un design plus contemporain.

Carré dit « classique » : Carré 90 dessiné par Henri d’Origny et carré 90 dessiné par Virginie Jamin.

 

 

 

 

 

 

Autres types de carrés : Carré 90 Danse Pacifique dessiné par Laurence Bourthoumieux, Carré 90  Grand Théâtre Soie dessiné par Gianpaolo Pagni ou bien encore le Carré 140 Chic, Le Sport ! dessiné par Dongjoo Seo hermes.

Certains, sont brodés comme le Maxi pointe quadrige perlé dessiné par Pierre Péron ou bien encore le Carré 90 brodé Jungle Love Rainbow dessiné par Robert Dallet.

 

 

D’autres ont une courbe plus graphique comme le Carré 90 Variations autour de La Longue Marche dessiné par Julio Le Par.

 

 

Pour finir, certains tendent vers un design plus simple et plus unis comme le Carré 90 Encadré d’Eperon d’Or dessiné par Henri d’Origny.

A travers cet article, je souhaitais présenter un travail collaboratif entre une maison de haute couture / joaillerie et des artistes externes. La preuve est faite, la maison Hermès le fait à merveille à travers plusieurs métiers artisanaux. Personnellement, je trouve que ce sont des partenariats intéressants, ils permettent de mettre en avant des artistes de différents horizons et de différentes cultures. J’apprécie l’idée d’avoir comme contrainte de travailler sur un carré car cela laisse bien plus de possibilité pour le dessin que ce que l’on pourrait imaginer au premier abord. La possibilité de diversifier autant le graphisme et les techniques pour la réalisation des carrés est également quelque chose que j’affectionne. Je trouve également la démarche de garder la majorité de la fabrication en France en promouvant un travail artisanal et écoresponsable, importante. En ce qui me concerne, même il s’agit d’un travail que je respecte et même si je trouve la démarche très intéressante, je ne me verrais cependant pas porter un Carré Hermès.

Sitographie : Boutique en ligne officielle d’Hermès | Hermès France (hermes.com)

Renaudat Maëlle – DNMADE23JO – Décembre 2021

Une envolée colorée

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de Nelly Saunier. Il s’agit d’une plumassière française née en 1964. C’est à 14 ans qu’elle commence sa formation de plumassière avec un CAP. Par la suite elle peaufinera ses connaissances avec un BTS de designer textile. Passionné par son travail, Nelly Saunier est nommée Maître plumassiers en 2008.

Très rapidement dans sa carrière elle a commencé à collaborer avec différentes grandes maisons, dans différents domaines. Cela lui a permis ses techniques à d’autre domaines tels que la couture et la joaillerie.

Ci-dessus on peut voir deux réalisations faites en association avec Jean Paul Gaultier. La première est le Boléro Perroquet réalisé en 1997. Le deuxième est un Pullover jacquard de la collection automne/hiver 1998-1999. Il est réalisé en plumes de faisan, collet de coq, perdrix, dinde, paradisier, oie et geai des jardins.

Ci-dessous à gauche, il y a trois montres intitulées « Oiseaux enchantés » créées en 2015 et en collaboration avec Van Cleef & Arpels. A leur droite on voit une montre Premier Feathers créée en 2012. Le cadran est réalisé en marqueterie de plumes de paon et de faisan.

 

 

 

 

 

La haute joaillerie n’échappe pas à ses diverses collaborations comme on peut le voir avec cette collection réalisée en partenariat avec la maison Piaget. Cette collection est sortie en 2018. Elle rappelle un paysage enneigé illuminé par un soleil radieux, la fraîcheur d’un glacier et la douceur de la neige. Afin d’obtenir ce résultat, les bijoux ont été exécutés en plume d’oie et de pélican rehaussées de feuilles d’or 24 carats.

En 2012 elle réalise l’une des vitrines de la galerie Lafayette. L’œuvre est réalisée en plumes de dinde et aura coûté pas moins de 350 heures de travail.

 

Son travail l’a également amenée à réaliser des œuvres qui ont été exposés dans différentes lieux. Parmi les différentes œuvres on peut contempler « Glycine », qui a été réalisée dans le cadre de l’exposition Japon-Japonismes au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Cette sculpture est un hommage à la nature.

Elle a également créé un spectacle nommé « Merveilles ». Il a été réalisé en collaboration avec l’artiste japonaise Shuho à l’occasion de l’évènement « Nuit Blanche KYOTO 2015 ».

En ce qui me concerne, c’est une artiste dont j’apprécie énormément le travail. On y retrouve une forte sensibilité et une grande délicatesse. J’aime la précision que l’on retrouve dans ses réalisations. Elle a également permis la réintégration de la plumasserie dans la haute joaillerie, ce qui permet d’obtenir des rendus plus divers dans la réalisation des bijoux. Un autre point que j’apprécie dans le travail de Nelly Saunier, c’est le côté éthique de son travail. Elle travaille avec des plumes qui ont été récupérés lors de la tombée des mues des oiseaux.

Ses mots de Nelly Saunier résume à mon sens merveilleusement bien son travail et sa passion pour la plumasserie :

« les oiseaux sont nés avec cette élégance, ils ne mentent pas avec leur apparence. Ils sont libres dans l’expression de leur beauté. C’est cette spontanéité, cette expression que je partage. La plume, c’est une émotion. »

Sitographie: http://www.nelly-saunier.com/

Instagram : nellysaunier

Renaudat Maëlle – DNMADE 2 Bij – Octobre 2021

Une mode qui ne se porte pas vraiment.

Oui oui, vous avez bien lu. Des vêtements que l’on ne peut ni porter directement, ni toucher. La raison ? Ils sont numériques.

Aussi saugrenue que puisse vous sembler cette idée, c’est un phénomène grandissant dans le milieu de la mode. C’est en tout cas ce que propose « The fabricant ».

 

 

 

 

« The fabricant » est une maison de mode numérique basée à Amsterdam aux Pays-Bas. Créée par Kerry Murphy avec Amber Slooten elle est spécialisée en design de mode 3D et en animation. L’idée est de réaliser une mode numérique en se basant sur des expériences numériques sans jamais toucher aux matériaux physiques. Elle compte une bonne vingtaine d’employés à travers le monde et fait plusieurs collabe avec différentes marques comme Buffalo London, Soorty et Puma.

Buffalo London                        Soorty                                                  Puma

Il est possible d’acheter un vêtement digital et de demander à l’insérer sur une photo avec une personne. Comme, par exemple, avec le projet « Iridescence ». Cette robe est la première en son genre et il s’agit de la première transaction blockchain. Cette œuvre d’art unique est traçable, échangeable et à collectionner. La propriétaire actuelle de la robe a la possibilité de faire insérer la robe virtuelle sur une photo où elle apparaît. Cela donne l’impression qu’elle porte la robe.

Plusieurs maisons de haute couture ont déjà fait appel aux mondes virtuels et aux vêtements digitaux pour promouvoir leurs collections. Gucci a présenté sa collection avec les Sims, la maison Margiela a utilisé Animal Crossing et Louis Vuitton, League of Legend.

Pour Amber Slooten, l’idéal serait d’arrêter de produire toujours plus de vêtements et de rentrer dans un monde nouveau où la création serait numérique. Elle est arrivée à cette conclusion en cherchant un moyen de ne plus utiliser de vrais matériaux afin de préserver l’environnement. C’est également un moyen de tendre vers un nouveau regard sur la manière d’aborder la mode et de la créer.

Je ne sais pas pour vous mais pour ma part je suis à la fois émerveillée et en même temps très sceptique sur cette idée de mode digitale. J’apprécie cette idée de pouvoir créer « à l’infini » sans que cela ait un impact important sur l’environnement. Je vois également ce mode de création comme une porte ouverte pour l’imaginaire, car il n’y aurait plus besoin de prendre en considération les contraintes des matériaux. Ce qui fait que l’on peut
inventer, par exemple, un vêtement brodé de pierres précieuses sans avoir à gérer les questions de réalisation ou de coût. Cela permet également de voir le rendu d’un vêtement avant une éventuelle création. J’aime également cette manière de réinventer la mode et de lui donner un goût de nouveauté et également d’illimité.

D’un autre côté l’idée d’avoir des vêtements qui soient uniquement digitaux laisse un questionnement sur le paraître. On voit aujourd’hui que l’apparence est quelque chose d’extrêmement important, presque une idéologie pour certaines personnes. Le fait d’avoir accès à ce type de vêtements pourrait amplifier cette idée de paraître.

Et vous, ça vous tenterait un vêtement virtuel ?

Quelques effets de matières informatiques :

Lien pour voir différentes créations :

Dropbox – 02_PRESS_KIT – Simplifiez-vous la vie !

Lien du site internet :
The Fabricant | A Digital Fashion House

Maëlle Renaudat – DNMADE 1 Bij – Février 2021

 

Une question de fierté ? Personnellement, je dirais une question de respect.

  Actuellement, quasiment tout le monde si ce n’est tout le monde connaît la marche des fiertés plus couramment appelée pride. Mais savez-vous où elles ont débuté et dans quelles circonstances ?

Le film « Stonewall » met justement en avant cette période de l’histoire LGBT+. Il a été produit et réalisé par Roland Emmerich et il est sorti en 2015. Ce film est dédié aux héros méconnus des émeutes de Stonewall. On y suit le périple de Danny Winters, jeune homosexuel qui se retrouve chassé de chez lui lorsque ses parents découvrent son homosexualité. Il quitte alors Brownstown pour aller à New York continuer ses études dans l’université Columbia. Dans le quartier de Greenwich Village, il rencontre Ray et ses amies ; surnommées « les filles de la nuit » en rapport avec leur métier de prostituées. Il y a Queen Conga, Lee, Paul Silence et Annie.

A travers le film on découvre une partie de leur quotidien. Entre l’homophobie ambiante qui règne dans la société, les violences policières, la misère et les maquereaux qui prostituent les jeunes, la colère va grandir chez Danny. En parallèle, il découvre les réunions des activistes contre l’homophobie.

Le 28 juin 1969, lors d’un énième raid organisé par la police dans le bar «Stonewall », fréquenté par des homosexuels, un policier véreux laissera échapper Ed Murphy, qui est au moment des faits un maquereau, alors que les femmes trans et les hommes « efféminés » sont interpelés. Laissant parler leur colère, une violente émeute éclate. Un an plus tard, en hommage aux émeutes, le 28 juin 1970, la première marche des fiertés, alors appelée Marche de Libération des Gay est organisée.

Petite parenthèse historique :

A cette période, aux États-Unis, la loi fédérale interdisait aux organismes gouvernementaux d’employer des personnes homosexuelles. En effet, elles étaient considérées comme des malades mentaux. Il était interdit aux homosexuels de se rassembler et de leur servir des boissons alcoolisées. On utilise le traitement par électrochocs pour « soigner » l’homosexualité.

 

Les émeutes de Stonewall 1969 photos NY Daily News Archive

 

Quelques personnes que l’on retrouve dans le film et qui ont eu un réel impact pour la marche des fiertés :

Marsha P. Johnson deviendra cofondatrice de l’association S.T.A.R., (Street Transvestite Action Revolutionaries) qui vient en aide aux jeunes drag queens et femmes transgenres. Peu après la Marche des Fiertés de 1992 son corps sera repêché dans l’Hudson. (1945-1992)

 

Bob Kohler deviendra l’un des fondateurs du Front de Libération des Gays. Il parlera souvent des jeunes SDF à l’origine des émeutes de Stonewall. (1926- 2007)

 

 

Ed Murphy (Edward Francis Murphy) disparaîtra après la fermeture du Stonewall. Lorsqu’il réapparaîtra, il aura réalisé le revirement le plus incroyable de l’histoire du crime. Il apparaîtra comme défenseur des droits homosexuels et participera au changement de direction  de la marche pour qu’elle profite aux commerces de Greenwich Village. Il recevra à titre posthume la décoration de Grand Marshall de la Marche de la Fierté de New-York. (1926-1989)

Frank Kameny travaillera sans relâche pour abolir les lois interdisant la sodomie et sera le premier à conduire une affaire de droits homosexuels devant la Cour Suprême. (1925-2011)

En ce qui me concerne, malgré quelques longueurs à certains moments, j’ai trouvé ce film très touchant, d’autant plus qu’il est tiré d’une histoire vraie. La violence de certaines scènes montre la réalité de l’époque (toujours d’actualité dans certains pays). Le fait de mettre en avant une partie de l’histoire de la communauté LGBT+ est quelque chose d’important car bien trop souvent tu.

Certaines personnes, en revanche, voient d’un mauvais œil ce film. Ils l’accusent de réécrire l’histoire en invisibilisant les personnes trans’. Par exemple le personnage de Marsha P. Johnson est relayé au deuxième plan dans le film alors que dans la réalité elle faisait partie des principales actrices de ces émeutes. D’autre militantes importantes trans’ ont été invisibilisées, Sylvia Rivera, Stormé DeLarverie,… Le film est également accusé de whitewashing* et le fait que des hommes cisgenres jouent des rôles de femmes trans’ pose également problème.

*Le whitewashing désigne le fait de faire incarner par des acteurs et actrices blancs des rôles de personnes qui ne sont pas blanches.

Je terminerai par la phrase qui m’a le plus marquée :
« Je prends tout ce que je peux quand je peux. Parce que si je ne le faisais pas je n’aurais rien. »

34:48 min  https://www.youtube.com/watch?v=eP7aCuD4HDM

Sitographie :

https://www.komitid.fr/2015/08/10/polemique-autour-du-film-stonewall-pourquoi-un-appel-au-boycott-a-t-il-ete-lance/

https://gayviking.fr/histoire-des-gaypride/

Maëlle Renaudat – DNMADE Bij 1 – Janvier 2021

Ni una menos Mexico (« Pas une de moins à Mexico »)

Je souhaite, à travers cet article vous parler d’Andréa Murcia. Photojournaliste pour l’agence Cuartoscuro (Chambre Noire), elle couvre différents sujets. 

Lors d’une interview accordée au journal « La Razon online» le 12 septembre 2020, Andréa Murcia répondait à la question :

« Que trouvez-vous dans la photographie, en tant que ressource journalistique ? Pourquoi ne pas écrire, par exemple ?

– J’écris très mal, j’ai déjà essayé, et pour être honnête, je ne m’en sors pas aussi bien que quand je prends des photos ; La vérité, c’est que je me suis trouvée (grâce à la photo), je m’y développe, je m’y sens bien. Il me semble que c’est l’une des façons de raconter des histoires qui me convient. »

La plupart de ses photos ne sont pas mises en scènes et encore moins retouchées. En les regardant, ce qui m’a marquée, c’est la sincérité de ses clichés. Ce sont des instantanés du moment présent.

                                                    9 juin 2019                                                    7 août 2020

23 avril 2020
Non loin de Mexico, sur près de 30 hectares, environs 800 personnes vivent en triant les ordures. La plupart sans protections quelle qu’elle soit.

Depuis près d’un an, Andea Murcia s’intéresse particulièrement aux marches féministes. Au cours de ces manifestations, un slogan revient régulièrement : «  Ni una menos Mexico » (pas une de moins à Mexico). A travers ses clichés, elle retranscrit la volonté, la colère, la tristesse, la rage, les joies et les peines des manifestantes.

Pour remettre dans le contexte, il y a à peine un an, les meurtres de Karla Ramirez et d’Angélina Estevez sont les meurtres de trop. Elles étaient mère et fille et ont été retrouvées mortes après avoir été violées à Ecatepec, une banlieue ultra-violente de Mexico. Spontanément, afin de dénoncer ces meurtres, un rassemblement a été organisé. Depuis, d’autres manifestations se sont succédées au fil du temps. Les revendications sont diverses mais elles ont toutes un point commun : la lutte féministe.

28 Septembre 2019, aux cris de « Avortement oui, avortement non. C’est à moi de décider », des manifestantes veulent la dépénalisation de l’avortement.

Rassemblement après la dépénalisation de l’avortement par le Congrès d’Oaxaca.

2 novembre 2019, pour la journée des morts, des femmes du collectif « les mâles nous tuent au Mexique » ont organisé des rassemblements pour protester contre les féminicides dans le pays (~ 9 par jour).

25 novembre 2019, des femmes ont manifesté dans les rues de Mexico pour protester lors de la journée internationale pour l’éradication des violences sexuelles envers les femmes.

Plus récemment, le 28 septembre 2020 à Mexico, plusieurs dizaines de femmes ont manifesté lors de la journée internationale pour le droit à l’avortement. Elles exigent d’avoir accès à un avortement légal, sûr et gratuit. Durant ce rassemblement, les manifestantes et les journalistes qui couvraient cet évènement ont été encerclés durant 6h par la police.

 

« Une révolution change tout ce qui nous paraît être l’héritage le plus solide du passé ; non pour « faire du neuf », mais bien pour être fidèle à l’origine même dont nous nous réclamons. »

François Fédier

7 juin 2020

Je vous remercie pour votre lecture. J’espère que vous aurez apprécié les photos malgré le contexte souvent tragique de celles-ci.

Sitographie :

https://www.razon.com.mx/mexico/fotoperiodistas-cndh-andrea-murcia-405049

https://www.instagram.com/usagii_ko/

Maëlle Renaudat -NMADE BIJ1 – Octobre 2020