Des sculptures entre deux réalités

Snorkeling (2017)

Han Hsu-Tung est un sculpteur sur bois Taïwanais.       

Diplômé à 23 ans en Anthropologie de l’Université Nationale de Taïwan, c’est semble t-il 6 ans plus tard qu’il exposa ses œuvres pour la première fois à Taipei dans l’East Gallery. On peut d’ailleurs voir certaines de ses œuvres sur le site de cette galerie si vous êtes curieux. A juste titre, l’artiste surnomme ses réalisations faites de bois des « sculptures pixelisées ».

C’est ainsi qu’à travers une figuration majoritairement humaine Han s’exprime dans un dédale de pixels où le bois s’assemble bloc par bloc. On observe alors une dynamique particulière où les personnages semblent figés comme mis sur pause au milieu d’un mouvement ou d’une transformation dans un processus numérique.

Where is the « Like » ? (2020)

Portées symboliques

La technique pixelisée de Han est apparue vers la fin des années 2000 où justement les nouvelles technologies telles que les smartphones prirent leur essor. Faisant par ailleurs écho à sa formation d’anthropologue, son travail invite à une introspection sociale vis à vis des changements de notre société face à la découverte d’un monde aux possibilités à ce point multiples qu’on pourrait s’y perdre.

L’arrivée de la numérisation fit drastiquement évoluer notre ère impliquant de nouveaux moyens et visions. Riche de nouveaux outils , l’art connait alors davantage de formes sous lesquelles s’exprimer et tout autant de sujets sociétaux à aborder. L’un des plus emblématiques tourne autour de l’intelligence artificielle et c’est un axe que l’on peut retrouver dans l’ esprit des œuvres de Han. En effet, on pourrait poser l’analogie entre l’intelligence artificielle faite de l’accumulation de données et les pixels dispersés qui tels des atomes s’intègrent et forment le corps d’un être semblant animé d’une âme.

On pourrait tout aussi y observer un phénomène de dispersion et de rassemblement à l’image des échanges sociaux contemporains de plus en plus concentrés sur des réseaux.

Afin d’illustrer le développement humain où la réalité entrelace de plus en plus la virtualité, Hsu-Tung met en parallèle la sculpture de bois avec le monde virtuel où il arrive parfois qu’on observe cet effet de glitch sur un écran alors brouillé de pixels. S’en inspirant, l’artiste donne l’impression que la sculpture subit le même effet qu’une image digitale remettant en cause sa matérialité comme si elle disparaissait tout en questionnant sa réalité même.

Procédés de réalisation

Sunset Clouds (2022) lors de la réalisation

Dans un premier temps, il semble intéressant de connaître le point de vue de Han Hsu-Tung sur l’origine de la créativité. Il est en désaccord avec l’idée que les artistes sont sujets aux caprices de l’inspiration car le processus de création ne fonctionnerait pas ainsi. Selon lui, contrairement à l’inspiration telle que l’on se la représente, créer n’a rien d’instantané. C’est quelque chose auquel les artistes réfléchissent constamment jour et nuit, quand ils travaillent, marchent, conduisent et même lorsqu’ils dorment jusque dans leurs rêves.

C’est ainsi qu’avec une idée de projet qui a pris le temps d’évoluer dans sa tête, l’auteur entreprend une nouvelle sculpture suivant différentes étapes bien précises.

Pour les illustrer, voici une vidéo filmant la réalisation de «Sound of the Wind».                

En résumé ; Il commence par dessiner des croquis à partir de photos puis réalise un modèle en argile. Il en prend des clichés sous différents angles, les imprime puis les découpe en bandelettes et petits carrés qu’il recolle ensuite et dispose à la manière d’un puzzle auquel il manquerait des pièces. Il adapte ensuite son modèle d’argile à l’image obtenue, le quadrillant et retirant des cubes de matière ci et là.

La préparation faite, Han sélectionne ensuite le bois, principalement du noyer, le découpe en des pavés droits et les trie selon différentes longueurs. Il les assemble alors par collage compressé en des plaques qui sont ensuite rabotées. Chacune des plaques formera ainsi une strate de la sculpture.

Par la suite, vissant les strates les unes aux autres, il obtient un bloc de bois à sculpter. Il reproduit dessus son dessin au crayon puis dégrossit le volume à la tronçonneuse. Il affine les formes à l’aide de ciseaux à bois, d’un maillet et de ponceuses.

En dernière étape, il dévisse le tout puis décale les strates les unes aux autres déstructurant volontairement la composition. Il perce et visse de nouveau les strates selon cette nouvelle disposition avant de définitivement les coller entre elles. Enfin, il ajoute des cubes de bois à la sculpture de sorte à donner une dimension de profondeur supplémentaire dans ce qui ressemble à une nuée de pixels.

Si jamais cela vous intéresse, vous trouverez ici le blog du sculpteur où l’on retrouve ses œuvres et commentaires autour de leur fabrication ou ce qu’il voulait y exprimer.

Solveig DUBOIS – DNMADe1HO – Avril 2022

Récupération animiste

L’art sculptural est fascinant par sa capacité d’évocation à travers le modelage de la matière et c’est d’autant plus vrai avec le travail de la sculptrice japonaise Sayaka Ganz.

Née à Yokohama, l’artiste a grandi au Japon mais aussi au Brésil ainsi qu’à Hong Kong. Détentrice d’une maîtrise en études 3D orientées sur la sculpture ainsi que d’un baccalauréat en gravure, elle étudia également le théâtre et l’art dramatique expliquant sa polyvalence ayant à son actif en plus des sculptures, des gravures ainsi que des chants.

Emergence II – 2013 (183cm x 213cm x 213cm) Objets plastiques de récupération, aluminium peint et armature en acier, fil, serre-câbles

Les travaux de la sculptrice ont cette particularité de représenter des animaux en mouvement par l’assemblage d’objets plastiques vivement colorés ou de pièces métalliques récupérées.

L’artiste adore traiter d’un nouveau sujet et s’amuse à créer, qualifiant l’activité à la fois de magnifique et d’excitant. D’abord, elle trie les objets, par couleurs ou encore par matières. Le plastique apparaît alors comme sa matière de prédilection en raison de la variété des formes curvilignes et des couleurs disponibles. Une fois son sujet animalier choisi, elle cherche à réunir autant de sources d’inspirations possible comme la photo, internet et les livres. Elle précise s’appuyer davantage sur des représentations que des descriptions précises. Elle recherche ainsi moins la reproduction conforme de l’animal que ce qu’il évoque dans ses traits caractéristiques. Elle s’intéresse notamment à son squelette afin de le représenter le plus fidèlement possible dans la structure/armature de l’œuvre. Vient ensuite l’étape préféré de Sayaka Ganz où elle donne matière à sa sculpture ;

 « Ce processus est comme un puzzle pour moi. Je m’assure que tous les objets sont correctement alignés pour maximiser l’effet du mouvement, et j’ajoute, recule, ajoute un autre, recule, enlève un morceau, et je continue jusqu’à ce que le morceau semble complètement formé mais pas trop dense. » Sayaka Ganz

Ainsi, Ganz assimile chaque objet à un coup de pinceau, car à l’instar de ceux appartenant à un tableau impressionniste, il semble apparaître une unité dans l’œuvre qui se diffracte à mesure que l’on s’en rapproche. Elle décrit ainsi son style comme « l’impressionnisme 3D », créant une illusion de forme en utilisant des objets comme des coups de pinceau qui deviennent visibles lorsqu’ils sont observés de près.

Nanami – 2017 (152cm x 488cm x 183cm) Objets en plastique de récupération, armature en aluminium peint, fil, serre-câbles

Il se dégage de ses œuvres animalières, une impression de mouvement, comme si des esprits habitaient les sculptures et s’y seraient trouvés figés, pris sur le vif. Il s’agit d’ailleurs de l’effet voulu car représentatif de la vision de l’artiste qui a grandi avec la croyance animiste shintoïste selon laquelle toutes les choses dans le monde ont un esprit.

C’est ainsi que, peinée à la vue des objets délaissés dans la rue, au rebut ou dans les centres de récupérations, elle entreprit de leur donner une nouvelle vie à travers ses créations.

Se faisant, Ganz a pour objectif de transmettre son aspiration au public qui consiste à réintroduire l’importance du monde naturel dans la vie des gens et ce particulièrement dans les zones urbaines. Elle cherche à déclencher par ses œuvres des réactions similaires que l’on pourrait éprouver en contemplant la nature. Montrant la beauté que peuvent prendre les objets banals considérés comme des déchets, elle espère alors provoquer un réexamen de notre rapport au monde car souvent, lorsqu’on on trouve de la beauté dans un objet, on l’apprécie et veille d’avantage à son entretien pour le faire durer. En dernier recours, on cherchera à correctement le faire récupérer ou recycler. De cette manière Ganz, défend la nécessité de changer la valeur que l’on accorde à ce qui nous entoure pour sauvegarder un environnement bien trop souvent malmené par la surconsommation conduisant à la pollution et donc à sa dégradation.

« Mon travail consiste à percevoir l’harmonie, même dans des situations qui semblent chaotiques de l’intérieur. En observant mes sculptures de près, on peut voir des lacunes, des trous et des objets retenus uniquement par de petits points ; éloignez-vous, cependant, et les sculptures révèlent l’harmonie créée lorsque les objets sont alignés dans la même direction générale. De même, il est important de prendre du recul en prenant du recul par rapport aux problèmes actuels et d’avoir une vue d’ensemble. On peut alors percevoir la beauté et les motifs qui existent. » Sayaka Ganz

Stream – 2015 (36 cm x 46 cm) – collagraphe

Un message que je trouve touchant et qui ne manque pas de beauté autant dans le fond que dans la forme à travers ses œuvres. C’est pourquoi, je vous invite à visiter son site où vous aurez l’occasion d’effectuer une visite virtuelle de son exposition : «Reclaimed Creations». Elle regroupe bon nombre de ses sculptures et collagraphes, des gravures basées sur le collage.  

Solveig DUBOIS – DNMADe1HO – Février 2022

Au delà de l’horizon

Horizon est un webtoon , une bande dessinée en ligne, écrit et dessiné par  Ji-Hoon Jung. On y suit les péripéties de deux enfants, un garçon et une fille. L’histoire en elle-même débute sur une foule en panique menacée par un danger imminent. C’est au milieu de celle-ci que l’on découvre le petit garçon qui parvient à échapper au massacre qui n’épargna cependant pas sa mère. Errant sans but, il rencontre la petite fille et dès lors, ils poursuivent leur chemin ensemble. Ils décident ainsi d’un objectif commun ; atteindre l’horizon. S’installant dans le contexte d’un monde chaotique soutendu par la folie des adultes, leur voyage pour la survie est alors rempli d’épreuves.

Un petit avertissement s’impose ; on l’aura deviné à mon introduction mais l’histoire n’est pas légère et je la déconseille à celui ou celle qui s’y intéresserait pour se « changer les idées ».                Très certainement que les idées s’en trouveront changées mais pas dans le sens généralement souhaité. Aussi, dès les premières cases, on est confronté à des images assez crues qui ne conviennent pas à tout le monde.

Aspect graphique

Le style graphique s’adapte au ressenti des personnages et s’avère très efficace à immerger le lecteur dans l’histoire. Parfois, les traits semblent esquissés bien qu’appuyés ce qui confère aux personnages et à leur environnement la très légère impression d’être indistincts. On retrouve également des scènes assombries sous une multitudes de traits nerveux voir griffonnés à l’image de la violence et/ou de la peur qu’elles contiennent.

Aussi, le fait que les dessins soient généralement en noir et blanc permet un contraste visuel faisant ressortir une triste réalité. Pas de couleur, pas de nuance chaleureuse, un univers froid et implacable dans sa simplicité chromatique.

En opposition à l’ambiance globale, certains passages sont pourvus de couleurs lumineuses. Elles sont justement employées pour évoquer l’émerveillement ou l’apaisement.

Aspect narratif

Les graphismes jouant un rôle prépondérant dans la narration tant ils sont expressifs ne nécessitent pas beaucoup de dialogue. Je crois même que les gros plans sur les expressions, les postures ainsi que ceux plus larges des paysages sont généralement plus parlants que des paroles. Les échanges verbaux sont donc brefs et efficaces. Il en est de même pour les interventions du narrateur.

Ainsi, le découpage des évènements et leurs représentations constituent une mise en scène qui, renforcée par des questionnements teintés de philosophie, participe grandement à installer une dimension poétique à l’histoire.

Jusqu’au bout, on ignore précisément ce qui a poussé ce monde vers sa perdition totale. On comprend que des conflits armés sont en jeu mais ça s’arrête là. On relève ainsi qu’il importe peu de le savoir, ce n’est que le contexte permettant de développer les véritables sujets ; les personnages et leur pérégrination autant sur le plan de la survie que morale.

Les personnages sont d’ailleurs attachants. On peut difficilement faire autrement par empathie car malgré leurs malheurs, ils parviennent à garder une certaine innocence bien qu’elle soit nécessairement amoindrie par les horreurs qu’ils traversent. S’encourageant mutuellement , ils s’entraident et entretiennent une belle complicité. Plus humain que la plupart des adultes qu’ils rencontreront, ils font aussi preuve d’ une simplicité de réflexion attendrissante. Leur caractère se complète par ailleurs ; tandis que le garçon se démarque par sa froide détermination à survivre, la fille est elle d’un altruisme à toute épreuve. On est vite soucieux de leur avenir, d’autant plus que que la narration enchaîne autant de retournements de situation que d’ascenseurs émotionnels.

Interprétation

Contrairement à l’ambiance lugubre de la bande dessinée, il me semble que cette histoire cherche à transmettre un message d’espoir. L’univers chaotique dans lequel il prend place m’apparaît comme une sorte de métaphore de notre société ou du moins ce que l’on devrait redouter qu’elle devienne. Face à la destruction de cette dernière, perdant tous les repères sur lesquels on fonde notre vie, on reviendrait à songer à son sens. Il est cependant illustré que la vie comme la mort n’en ont pas. Aussi instable que la pensée humaine, le sens que l’on donne disparaît pour faire place au fatalisme éprouvé par la vacuité de l’existence. C’est en partant de ce joyeux postulat que le garçon entreprend d’avancer vers l’horizon sans fin. Le but n’est alors clairement pas d’atteindre une destination mais d’occuper sa vie à s’y diriger. Sa rencontre avec la fille et son désir de la protéger lui permet alors de trouver la volonté de vivre. Ainsi, l’objectif qui consistait d’avancer désespérément vers l’infini évolue pour atteindre un avenir plein d’espoir ensemble.

Le message s’adresse aux lecteurs craignant la mort. Il défend que le désespoir que l’on ressent à son égard s’efface par la foi en l’amour. Je crois comprendre que cette foi se découvre au delà de ce que l’on perçoit aux premiers abords décourageant des tragédies, au delà de l’horizon.

Solveig Dubois – DNMADE 14 Horlo – Déc 21

Et si les coïncidences n’en étaient pas ?

Couverture du livre

La Prophétie des Andes écrit par James Redfield est une référence parmi les livres dit initiatiques. On y suit un protagoniste sans nom à la recherche des écrits d’un ancestral manuscrit le conduisant à s’aventurer au Pérou. Au fil des péripéties, l’auteur illustre des théories qui expliqueraient les rapports qu’entretiennent les humains entre eux et le monde.

Le style d’écriture est simple, sans fioriture ou tournure alambiquée. La lecture est ainsi très accessible. Certains pourraient même s’en agacer tant l’auteur s’applique à bien se faire comprendre répétant parfois certaines idées lors d’une explication.

C’est un livre que j’ai personnellement trouvé très intéressant de part la vision du monde qu’il propose. Bon, c’est un récit initiatique qui, comme dans la majeure partie des livres du même genre, expose des principes pétris de spiritualité. Avis donc aux éternels sceptiques n’aimant que le concret ; ce livre n’est pas fait pour vous. Du moins, c’est probablement ce que vous en penserez car oui, les théories semblent parfois bien trop perchées, certains diraient aussi que le héros est d’une naïveté déconcertante et que l’histoire laisse un sentiment d’ incohérence avec ses ficelles scénaristiques faites de coïncidences improbables. Et pourtant, justement même, je vous recommande sa lecture. Il faudra cependant prendre en compte que l’intérêt du livre n’est pas son histoire ou ses personnages mais une vision du monde que ces derniers mettent en scène.

Mais qu’elle est cette fameuse vision du monde ? L’auteur nous l’expose en neuf chapitres, chacun illustrant un principe qui est qualifié de révélation dans l’histoire. Chaque principe ce complète avec le suivant. En voici quelques uns, les plus éloquents selon moi :

  • Il est d’abord question d’un réveil des consciences qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans notre société. Globalement il s’agit de reconsidérer les coïncidences non pas comme des évènements fortuits mais nécessaires au développement de chacun. Suivre notre intuition en ayant l’esprit ouvert et vigilant nous permettrait de saisir correctement les coïncidences et de trouver une harmonie intérieur.

On y croit ou pas, je remarque tout de même que bien qu’écrit au début des année 90, la société prés de 30 ans plus tard accorde effectivement plus d’importance au bien être de chacun. Je pense à l’essor des bouquins sur le développement personnel, la possibilité de se réorienter professionnellement, de manière générale, on observe une évolution des mentalités qui se veulent plus ouvertes, progressives.

  • On attribut l’origine des coïncidences à une énergie constituant l’ensemble de l’univers reliant tous les phénomènes entre eux . En prenant conscience de ce pouvoir, nous aurions la capacité de l’observer, d’influencer notre vie et par la même occasion, celle des autres indirectement.

L’idée me semblait assez absurde au départ, je la trouve bien trouvée au finale ; il semble difficile de la contredire et elle pourrait concorder avec bon nombre de croyances religieuses d’une part et l’effet papillon par principe de causalité d’autre part. Cette théorie semble particulièrement bien correspondre à la physique quantique aussi. En effet, La physique quantique définit un monde composé d’atomes vibrants où chacun à un niveau d’énergie différent. Cette énergie peut venir de la lumière, sous forme de « paquets » de photons de longueurs d’onde différentes, soit de couleurs différentes si observables. D’ailleurs, j’ai du mal à le concevoir mais certains prétendent être capable d’observer cette énergie, elle émanerait des êtres vivants telle une aura colorée stagnant autour d’eux. On pourrait aussi y rapprocher le spiritisme qui semble emprunter une vision du monde similaire ainsi que le taoïsme qui surnomme chi cette fameuse énergie vitale.

  • Dans l’idée que le monde est composé de cette mystérieuse énergie et est régit par cette dernière, les êtres vivants y puiserait leur force vitale et sentiment de bien-être. Ce serait à travers la nature, une alimentation saine et les relations d’amour inconditionnel qu’il serait possible de se procurer de l’énergie.

La méditation qui par contemplation de la nature et de la beauté serait un moyen de s’en alimenter. Là encore, on observe des concordances avec divers courants de pensée dont le bouddhisme alliant religion et philosophie. 

Ruines du Machu Picchu présenté dans le livre. La beauté du paysage serait apprécié par les férus de méditation
  • Seulement, avec le temps, l’Homme se serait éloigné de la nature et aurait oublié comment correctement se ressourcer. Pour y palier, les Hommes ont acquis un mécanisme de domination ayant pour but de voler l’énergie de son prochain lorsqu’on échange avec.

    Il est distingué 4 sortes de mécanismes :

      – l’intimidation tire sa force de la crainte qu’elle inspire.                                                                                    – l’interrogation déstabilise en cherchant à mettre en évidences les failles de son interlocuteur.      – la plainte accable et recherche la consolation auprès de son interlocuteur.                                            – l’indifférence joue sur la peur de l’abandon et du rejet amenant l’interlocuteur à chercher son intention.   

    Cette lutte de pouvoir inconsciente installée dans nos relations serait l’origine de tous conflits.

Le livre se base sur cette approche spirituo-sociologique pour proposer un monde idéal dans lequel les Hommes apprennent à entretenir leur bien-être sans nuire à autrui. Cela permettrait une évolution des consciences dans un cercle vertueux où chacun serait apte à apporter réciproquement aux autres.

Là encore, il y a de quoi être sceptique, la part spirituelle de la théorie est majeure et rien ne semble y donnait un réel crédit si ce n’est que des suppositions. Et pourtant, on pourrait être tenter d’y croire dans une certaine mesure. Il ressort de ces principes une bienveillance appréciable et certaines théories semblent tenir la route ce qui explique selon moi l’engouement autour du livre.

En somme, c’est un livre assez marquant de part ses idées. Bien qu’il paraît assez loufoque par endroits, je pense notamment à la fin où j’ai eu le sentiment de complètement tomber dans la fantaisie, une bonne partie m’a donné l’impression d’être appuyée sur un fond de vérité.

Solveig D. – DNMADe1 – Oct 21