Venise : des souvenirs bientôt noyés ?

2018, c’est l’année où j’ai fait connaissance de la « Sérénissime », traduisez « la très sereine » en lien avec son histoire à l’époque de la République de Venise. Célèbre pour ses canaux bordés de luxueux palais construits depuis le Moyen-Âge, elle est actuellement vue comme la « ville des Amoureux ». Mais un problème s’impose comme une dure réalité : la montée des eaux. Elle est aujourd’hui sous la loupe des experts, menacée de devenir une ville engloutie…

Commençons par un petit bond dans l’histoire : Sa fondation date de l’an 421. Les habitants de Vénétie, expulsés par les Ostrogoth et les Lombards, se sont réfugiés dans ces terres marécageuses de l’embouchure du fleuve de Pô. Ce sera le point de départ de la ville de Venise. Elle est donc construite sur une lagune, une étendue d’eau salée peu profonde qui communique avec la mer. En réalité, les maisons ne sont pas bâties sur l’eau mais sur 117 îles reliées par des canaux. Un sous-sol de pieux de bois plantés très serrés constitue les fondations. Enfoncés dans la terre argileuse, ils sont à l’abri de l’oxygène et ne pourrissent pas. 

De nos jours, on peut que s’émerveiller devant ce magnifique travail effectué durant toutes ces années ! C’est ce que j’ai pu faire, non pas en amoureux mais en famille ! Je me sentais alors très chanceux de pouvoir visiter ladite « 8ème merveille du monde »,  inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1957 et j’étais loin d’imaginer la face cachée de la cité des doges jusqu’à ce que je tombe sur un documentaire alertant sur la disparition possible de la Sérénissime…

Mais pourquoi Venise pourrait disparaitre ?                                                                      Parce qu’elle est menacée par la montée des eaux  due au  changement climatique, aux grands projets d’infrastructures, à l’impact du tourisme de masse et à la navigation des bateaux de croisière. Elle a même  échappé de peu à l’inscription sur la liste de sites en danger par L’Unesco.

Les défenseurs de l’environnement accusent les grosses vagues engendrées par les « mastodontes de la mer » d’éroder les fondations de la Sérénissime et de menacer le fragile écosystème de sa lagune. Le réchauffement climatique provoquant la fonte des glaces, fait naturellement augmenter le niveau des mers et Venise n’échappe pas à la règle. Mais tout n’est pas de la faute au réchauffement climatique. A ces causes s’ajoutent aussi le fond marin qui s’affaisse en raison de la géologie locale, de l’extraction d’eau pour en tirer du gaz jusqu’à la fin des années 1970 et la construction d’une zone industrielle derrière Venise. L’activité humaine est donc responsable en grande partie de ce phénomène !

Pourtant Venise est habituée depuis toujours à se retrouver les pieds dans l’eau ! En effet, à chaque marée haute, en particulier en automne, la ville est inondée et notamment ses parties basses comme la place Saint Marc. On appelle ce phénomène, l’Aqua Alta. Si celui-ci n’était pas un problème jusqu’ici puisqu’il permettait de « nettoyer la ville », il en est devenu un aujourd’hui. De plus en plus fréquent et de plus en plus haut , les conséquences pourraient aboutir à l’immersion complète de Venise. Quand ? Et bien très vite puisque des études montrent, qu’au rythme actuel de la montée des eaux, Venise  serait une des premières villes à disparaitre… en 2100 ! Pour autant des vagues de touristes, descendants des bateaux de croisières, chaussent les bottes en automne pour admirer le spectacle des reflets du palais des Doges dans la mer, des vagues aussi dangereuses que celles de la Mer Adriatique ! Quelle tristesse !

28 minutes, c’est donc le temps que je vous demande pour prendre la mesure du problème en regardant le documentaire. 28 petites minutes pour les 1000 ans qu’il a fallu à la construction de Venise…

Que faire alors pour protéger ce site exceptionnel ? Acheter une paire de bottes pour visiter Venise, en attendant tranquillement d’investir dans un équipement de                plongée ! Différents projets et mesures ont vu le jour ces dernières années pour sauver Venise. Tout d’abord le projet MoSE (Modulo Sperimentale Elettromecanico) ou Moïse en italien dont parle le documentaire. Lancé en 2003, il a pour objectif de protéger la lagune en cas de montée de la mer grâce à l’installation de digues flottantes. Les premiers essais ont eu lieu en 2020, comme vous le montre la vidéo qui suit :

https://www.lci.fr/international/comment-moise-doit-sauver-venise-des-eaux-2159037.html

Ensuite l’interdiction des fameux « mastodontes » de pénétrer au cœur de la lagune avec une entrée en vigueur le 1er août 2021 et enfin, faire payer un droit d’entrer aux touristes, une sorte de taxe, à l’entrée de tourniquets installés aux abords de la cité dès 2022.                                                                                                                                                      Mais  ces solutions ne suffiront sans doute pas, Greenpeace prêche pour que les responsables s’attaquent aux causes de l’élévation du niveau de la mer. « Demain, si l’on imagine une augmentation de 3 degrés, il ne sera plus possible de sauver Venise » et pas seulement Venise… car le plan MoSE pose déjà question et divise la communauté scientifique. Il ne répond pas à toute la problématique de la montée de la mer. Fermer les digues quotidiennement reviendrait aussi à empoisonner la lagune avec les eaux usées, la pollution ce qui endommageraient davantage son écosystème. Et seront-elles assez puissantes et hautes pour le faire indéfiniment ? Cela semble être un simple pansement sur le mal, l’origine on la connait  mais on ne veut pas vraiment la voir… Nous sommes tous responsables, touristes ou non de par nos activités.

Serait-ce donc raisonnable de vous conseiller de vous dépêcher d’y aller ? Pas vraiment si l’on prend tout cela en considération. Mais alors faut-il se priver de voyages et donc se priver de se cultiver ? Je vous laisse y réfléchir, les pieds bien au sec avec, pourquoi pas, ce livre « Fragments Vénitiens » de Martine et Philippe DELERM aux éditions Seuil qui amène au voyage d’une manière différente… Et j’espère vraiment qu’elle sera que noyée dans mes souvenirs, de si beaux souvenirs…

Décidément, les vagues, quelles qu’elles soient, deviennent de plus en plus destructrices…  

BOULET Valentin DN MADE 2 Ho, décembre 2021

La soif d’or noir bientôt étanchée ?

C’est au moment où il vient à manquer que du pétrole jaillit dans un film à la mesure de la fièvre qu’il a propagée tout au long de ce dernier siècle. Nous sommes en 2008.  There will be blood, « il y aura du sang » promet le titre et c’est vrai que le sang des hommes coule. Mais le film de Paul Thomas Anderson est d’abord irrigué par le « sang de la Terre », ce précieux « or noir », matière première indispensable dans l’industrie, enjeu de puissance ou d’instrument de pression. Les sources se tarissent, la fin est annoncée depuis déjà quelques décennies alors à quand la pénurie et la vie sans pétrole ?

Paul Thomas Anderson signe une saga américaine magistrale, adaptation du roman Pétrole d’Upton Sinclaire de 1927, qui obtient 2 oscars.

Le film commence dans le désert, dans les dernières années du XIXème siècle, à l’heure du boom pétrolier, où les découvertes du petit miracle entrent dans l’histoire. Un prospecteur solitaire, Daniel Plainview, racle les dernières pépites laissées par la ruée vers l’or. Il le fait au prix de risques insensés puis décide d’aller tenter sa chance en Californie où l’on dit qu’un océan de pétrole coulerait dans le sol.

Cette première longue séquence du film muette, scandée par les bruits des machines rudimentaires, nous plonge tout de suite dans le décor vers cette nouvelle ruée vers l’or et retrace le dur labeur du mineur et la compétition entre les hommes pour l’accès aux ressources pétrolières.

En effet, entré dans l’histoire vers la fin du XIXème siècle mais utilisé depuis la plus haute Antiquité, on ignore encore, à cette époque là, qu’il repose en immenses gisements sous formes liquides ou gazeuses, dans les profondeurs de la Terre puisqu’on exploite que les nappes superficielles ! La recherche de pétrole de Daniel Plainview, personnage principal du film, débute en 1902 et on se rend bien compte que la tâche est difficile, le matériel rudimentaire, les rivalités certaines et que le sang effectivement coule, le sang des hommes avant le sang de la Terre . On voit donc le parcours de ce pétrolier D. Plainview qui créé une société de forage en Californie du Sud et se donne beaucoup de mal pour satisfaire sa soif d’argent et de pouvoir, comme beaucoup l’on fait à cette époque là et essaie de le faire encore !

A quand la véritable fin de l’or noir ?

Contrairement aux prévisions sombres des années 70, l’humanité continue de brûler du pétrole à un rythme soutenu. A priori, il y a encore de la marge pour tenir jusqu’en 2040 et de la marge surtout pour faire du profit ! En prenant en considération qu’aujourd’hui, le pétrole ne représente plus qu’un tiers de la consommation totale d’énergie grâce aux progrès des voitures gourmandes et à la disparition progressive du fioul dans les chaudières. Mais c’est sans compter sur l’explosion de la consommation de plastique en particulier en Inde et en Afrique. Et pas de plastique sans pétrole ! Les besoins futurs de la planète sont durs à évaluer mais ce qui est certain, c’est la raréfaction des nouveaux gisements. 

L’accroissement des préoccupations environnementales et la prise de conscience concernant le danger climatique ont conduit à un ralentissement de cette activité. 64 gisements pétroliers, gaziers sont aujourd’hui en exploitation. La dépendance de la France au pétrole est très importante. La transition énergétique vise donc à préparer « l’après pétrole » non seulement pour instaurer un modèle énergétique durable face aux enjeux d’approvisionnement mais aussi pour la protection de l’environnement en favorisant des économies d’énergies et le développement des énergies renouvelables. Mais sommes nous prêts à laisser tomber nos intérêts personnels et financiers pour se préoccuper des intérêts de la planète ? Je ne pense pas, nous sommes encore trop  « des Daniel Plainview » !

Les cassandres prévoyaient déjà l’épuisement des réserves pour la fin du siècle dernier pendant le choc pétrolier des années 80. Elles vont bien finir par avoir raison ! La panne sèche pour les industries du pétrole est surement inéluctable mais en attendant cette échéance, les Emirs sont toujours « Les rois du pétrole ». Des gisements encore découverts et la pandémie de covid 19 ont repoussé la fin de l’ère du pétrole. La seule panne sèche à prévoir pour l’heure, est celle du citoyen qui a besoin de faire le plein de son réservoir…

Peut-être est-ce quand même le moment de revoir nos priorités et de modifier notre consommation…Surtout quand on sait que la production de pétrole est toujours largement incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris et sachant qu’aucun substitut avancé pour le remplacer (agrocarburants, voiture électrique, …) n’est, pour l’instant, à même de prendre le relais d’une prochaine ruée ! Et qu’en est-il des produits du quotidien fabriqués par la pétrochimie : des plastiques pas si fantastiques aux cosmétiques, du caoutchouc pas si doux aux pesticides, du bitume pas si écologique aux textiles, et même la lingerie qui fait tant fantasmer, c’est du pétrole !

There will be blood est une exploration sinistre de la moralité et des motivations d’homme noyés dans leur propre système. Inspiré d’une histoire vraie ou pas, ce film dépeint fidèlement la dangereuse industrie pétrolière et ses barons. Il transcrit de manière réaliste ce que la découverte et le forage du pétrole signifiaient pour différentes sections de la société. La ruée vers le pétrole a transformé de façon permanente les terres de la Californie. Il m’a fait comprendre les enjeux de cette découverte à cette époque , enjeux mondiaux mais aussi enjeux personnels . Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous le conseille : embarquez -vous pour 2h40 d’immersion dans le monde impitoyable de cette ruée vers l’or noir. 

Nous allons donc vivre une époque bouleversante en devant sans doute suivre une forme de chemin inverse, « Nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » – Antoine de Saint-Exupéry.

Quelques pays ont déjà commencé cette transition, je vous laisse la découvrir avec ce documentaire qui présente des solutions pour vivre sans pétrole…

https://www.facebook.com/capital.m6/videos/125471582731428/?t=0

BOULET Valentin DN MADE 2 Horlogerie, octobre 2021

Le zinc, matériau immatériel ?

Aujourd’hui je veux vous faire découvrir le Paris vu du ciel avec ses toitures emblématiques d’un gris bleuté que leur procure le zinc. Si emblématiques que les toits de Paris ont été proposés pour une candidature au patrimoine mondial des biens immatériels de l’UNESCO présentée par la France…

Les toits de Paris font partie intégrante du paysage urbain de la capitale et participent à son caractère unique. Alors que la plupart des toits français sont en terre cuite de couleur orange, les toits de Paris sont gris. Mais pour les apercevoir, il vous faudra lever la tête de temps en temps, prendre de la hauteur via la tour Eiffel ou encore, depuis votre canapé, regarder Belmondo galopant sur les toits de la capitale dans « peur sur la ville ».

Mais comment Haussmann a réussi « son Paris » ?

Dans les années 1840, Napoléon III et le baron Haussmann veulent modifier l’apparence de la capitale en prenant Londres pour exemple. C’est à cette époque que les toits de Paris trouvent leur origine, pour un motif qui n’avait rien à voir avec l’esthétique : Le baron Haussmann a tout simplement cherché à transformer Paris à moindre coût !

Pas cher, plus léger que les charpentes traditionnelles (en bois recouverte de tuiles), facile à travailler et à installer, très efficace contre les infiltrations d’eau, le zinc devient le matériau idéal pour recouvrir les toits des nouveaux immeubles de l’époque, les fameux immeubles Haussmanniens !

Mais pourquoi ne pas remplacer ce matériau par des tuiles ou des ardoises comme c’est le cas ailleurs en France ? Parce qu’aujourd’hui, les artisans couvreurs-zingueurs parisiens tentent de prouver leur savoir-faire. La raison est à la fois architecturale et historique mais plus du tout financière puisque le zinc a bien changé de valeur ! Il fait parti, à l’heure actuelle, des matériaux haut de gamme utilisés pour la couverture.  Sous le Baron Haussmann, 37500 habitations ont été reconstruites pour les bourgeois qui avaient besoin de « chambres de bonnes » installées dans les combles. D’où la nécessité de réduire la charpente et d’avoir cette toiture légère et fine en zinc pour gagner de la place. Aujourd’hui plus de bonnes mais des petites chambres toujours bien utiles pour augmenter le parc locatif et pour les petits budgets…

C’est pourquoi cette candidature à l’UNESCO aurait pu apporter la lumière sur les toits de Paris, sur un métier peu reconnu et qui risque de disparaître. En lice donc pour le patrimoine immatériel de l’UNESCO de 2022, les toits de Paris avec les couvreurs-zingueurs comptaient sur ce classement pour redonner du souffle à la profession qui manque cruellement de main d’œuvre. Rappelons que le patrimoine immatériel est la clé de la sauvegarde par la transmission, de génération en génération, de manière à laisser une place à l’évolution naturelle du savoir et du savoir-faire.

Mais c’était sans compter sur d’autres candidatures présentées aussi : la fête vinicole « le Biou d’Arbois » et la baguette de pain. Et c’est finalement cette dernière qui a eu la préférence pour candidater. Certes la baguette de pain est une institution française. Elle représente la France dans le monde entier et ma gourmandise aurait pu me la faire préférer aussi mais j’aurais bien aimé que les toits de Paris soient sélectionnés pour faire perdurer leur 150 ans d’histoire. La disparition des toits emblématiques de Paris est plus probable que la disparition de la baguette de pain qui n’a plus de réputation à se faire. « Les toits de Paris sont uniques au monde. Il faut faire connaître cela aux jeunes. A travers le classement du savoir-faire, c’est aussi un éclairage apporté sur les toits de Paris » a dit Gilles Mermet responsable de la candidature à l’UNESCO et je suis tout à fait d’accord avec lui. C’est un patrimoine qu’il faut absolument préserver, ils font partie de notre identité, il ne faut pas les laisser tomber et continuer à les entretenir. Dommage qu’il faille en arriver à candidater pour les mettre en lumière mais cela aura au moins eu le mérite de parler un peu de toits dans les journaux ! De plus ils n’ont pas dit leur dernier mot puisque leur première candidature date de 2014 !

En attendant de les voir entrer au patrimoine immatériel de l’UNESCO ou d’aller faire un tour dans la capitale (pensez à lever les yeux ou aux visites guidées des toits), je vous propose une petite visite virtuelle.

https://artsandculture.google.com/streetview/toits-du-palais-garnier/MwHej74z895Uvg?hl=fr&sv_lng=2.331656506485047&sv_lat=48.87223414775861&sv_h=169.6947612995985&sv_p=-29.730898427377852&sv_pid=N9hs0LHI4AAAAAGuvISryg&sv_z=0.9999999999999997

BOULET Valentin DN MADE 1 Horlogerie, avril 2021

Nazca, civilisation reconnaissante ou vie extraterrestre ?

Imaginez que vous regardiez par le hublot d’un avion, et que vous aperceviez un colibri de 360 mètres de long gravé sur le sol. Imaginez maintenant que ce dessin ait été réalisé entre le 1er et le 8ème siècle. C’est comme ça que l’occident a découvert les géoglyphes de Nazca.

Le désert de Nazca ou désert de Sechura est situé au sud de la région de Piura au Pérou, le long de l’Océan Pacifique et jusqu’aux contreforts des Andes. Dans ce désert, on peut observer de grands dessins aux grands motifs, à même le sol, appelés géoglyphes. Étymologiquement géoglyphe signifie gravure ou ciselure de la terre. Les géoglyphes de Nazca sont les plus célèbres. Ils sont réalisés en négatif, c’est-à-dire par enlèvement de terre, contrairement à d’autres, réalisés en positif par entassement de pierres, de terre ou de gravier comme par exemple ci-dessous : le spiral jetty au bord du grand lac Salé à Salt Lake Utah. Si ces géoglyphes de Nazca attirent l’attention et ont suscité ma curiosité, c’est en raison de leur grand âge et surtout du mystère qui les entoure…

D’abord je vous propose de faire un petit bon dans le temps : La civilisation Nazca est une culture précolombienne du Sud du Pérou qui se développa entre 200 av-JC et 600 après-JC. Ils vivent de l’agriculture intensive qu’ils pratiquent en construisant des puits profonds reliés par un réseau d’aqueducs souterrains encore utilisés de nos jours ! Cette civilisation décline à partir de 350 ap-JC avec les inondations et les séismes.

C’est en 1927 que les premiers géoglyphes de Nazca sont découverts par hasard, lors d’une visite aérienne de la « rivière Nazca » par l’archéologue Toribio Mejia Xesspe. Dispersés sur environ 3900 km² de désert, ils ont été tracés par les Nazcas sur un            millénaire entre -200 et 600.

La première question que l’on peut se poser est comment, à une époque aussi lointaine, les Nazcas ont-ils réussi d’aussi grandes figures et avec une aussi grande précision ?

Des animaux, des personnages et parfois même de simples lignes représentent les géoglyphes de Nazca avec des dimensions qui font qu’ils ne s’apprécient que vu du ciel ! Étrange …                                                                                                                              Selon la théorie la plus probable, les Nazcas auraient utilisé une technique de topographie basique : la méthode du Carillon sans aucune certitude. Mais ce n’est pas sur le comment que les théories sont les plus fumeuses, c’est le pourquoi qui anime le débat et m’interpelle aussi, d’autant plus que les Nazcas n’ont jamais pu pleinement profiter de leurs œuvres, on est encore loin des satellites ou des avions !

Pourquoi tracer d’aussi grandes figures au sol ? A quoi servent ces immenses figures géométriques ?

Plusieurs théories se bousculent, de la plus crédible à la plus loufoque…                      Ils nous arrivent tous au détour d’une promenade ou de vacances, de laisser une trace de notre passage en gravant une marque sur un tronc d’arbre, en traçant un motif sur le sable ou en empilant des cailloux au bord d’une rivière. Est-ce pour cette même raison que les Nazcas ont réalisé ces lignes ? Mais cette version XXL interroge. Peuvent-ils être qu’une trace toute simple de leur passage ?  Plusieurs théories expliquent avec plus ou moins de logique, les raisons qui auraient pu susciter les Nazcas à les tracer mais elles ont toutes été contredites à un moment ou à un autre.

Des géoglyphes pour confectionner un tissu mortuaire ?

C’est une théorie qui s’explique par le fait qu’il faut des kilomètres de fils d’un seul tenant pour fabriquer un tissu mortuaire et que les figures de Nazca sont tracées en une seule ligne qui ne se croise jamais. L’hypothèse se tient mais de là à être véridique…D’après mes renseignements, les Nazcas avaient des rituels particuliers. On a retrouvé des têtes au front percé, des déformations crâniennes ou des momifications. Les morts avaient donc une place particulière…

Des lignes pour observer l’activité sismique ?

Pourquoi pas ! Il y a bien une plaque tectonique au large des côtes du Pérou. Nazca est une région sismique. Les Nazcas subissaient les tremblements de terre alors peut-être voulaient-ils observer les séismes mais la question est de savoir comment pouvaient- ils analyser l’activité sismique avec des dessins au sol… en tout cas, cela a été une des causes de leur disparition donc devait avoir un intérêt certain…

Théorie astronomique ?

D’après l’archéologue Maria Reiche, les dessins représenteraient des constellations. Ils feraient office d’observatoire astronomique. En effet les civilisations précolombiennes semblaient avoir d’incroyables connaissances en astronomie. Ils pourraient même, d’après certains scientifiques, représenter un calendrier astronomique version XXL.  Il existe bien les constellations dans la voie lactée, pourquoi pas une représentation terrestre ?!  Avec les différentes lignes et les animaux représentés, ça pourrait se tenir !

La Théorie du « chemin de l’eau » ?

C’est l‘archéologue Johan Reinhard qui avance cette théorie en s’appuyant sur les cultes Nazcas pour les Dieux de l’eau. En effet, les géoglyphes auraient joué un rôle capital dans les rituels pour que la pluie tombe sur les Andes et irrigue les champs dans cette région devenant de plus en plus désertique, afin que les Nazcas continuent leur agriculture intensive. Cette théorie suggère donc qu’ils auraient pu servir de parcours rituel pour la prière en marchant le long des lignes. Une autre version prétend qu’ils permettaient de se repérer pour retrouver les innombrables puits d’eau.

Elle fait partie des plus vraisemblables et de celles retenues à ce jour dans les explications fournies aux touristes.  Des théories ethnologiques et théologiques : Les lignes auraient été dessinées à l’attention de divinités qui pouvaient les voir depuis les cieux et pour les chamans qui, grâce à des substances hallucinogènes, pouvaient se projeter au-dessus de la Terre. La proximité avec des sites rupestres où se déroulaient des sacrifices humains, seraient un élément révélateur de la probabilité de ces théories ainsi que la présence des puits d’eau appelés « puquios ». L’eau était le seul moyen de survivre dans le désert. Pas étonnant que cette civilisation se démenait pour en avoir et remerciait les Dieux de leur en donner. Je peux comprendre que l’on soit prêt à toutes ces folies. « Si vous regardez ces dessins uniquement comme des dessins faits pour être vus du dessus, vous vous demandez forcément comment c’est possible, explique Dylan Thuras, le co-fondateur d’Atlas Obsura, un site consacré aux merveilles cachées de notre planète. Mais si vous comprenez qu’en fait, c’est lié à des sources d’eau, alors ça n’a plus grand-chose d’impossible ».

On découvre encore aujourd’hui des géoglyphes ! Le dernier en date, vieux de plus de 2000 ans, représente un félin et les scientifiques pensent mieux comprendre, grâce aux images satellites, les raisons de ces dessins. Au fur et à mesure des découvertes de nouveaux géoglyphes, les chercheurs s’aperçoivent qu’ils suivent une droite appelée « ligne de Nazca » qui rejoint la province de Palpa située à 50km de Nazca.

Dans tous les cas ces représentations devaient être visibles depuis les airs et c’est sans problème quand les plus importantes font 400 m de long soit plus de 3 terrains de foot !!   

Pour ma part, même si cela me parait dingue de tracer de telles œuvres pour vénérer des Dieux et montrer le chemin de l’eau, c’est la théorie qui me semble la plus plausible. C’est sûr qu’on est très loin de ces considérations quand on a juste à ouvrir le robinet pour avoir de l’eau mais l’eau n’est-elle pas « l’or blanc » de notre existence et l’on devrait certainement être plus reconnaissant d’en avoir aussi à l’heure du réchauffement climatique ! Une belle leçon de remerciements ! Toutefois je m’interroge sur l’efficacité de ce dur labeur, vue que cette civilisation a finalement disparu. Peut- être serez-vous attiré par une version dite plus loufoque, comme la théorie des messages laissés aux extraterrestres mais en ces temps où l’on recherche l’existence d’une vie sur Mars, peut-être que les Nazcas avaient déjà des connaissances à ce sujet… Je vous laisse, à votre tour, trouver votre propre théorie, le mystère restant entier, laissant encore libre court à nos suppositions, laissant encore le champ libre à notre imagination et à celles des scientifiques…

BOULET Valentin, DN MADE 1 Horlogerie, février 2021

Qu’est-ce qu’Hannibal s’offre au dîner ?

Plongez dans le monde angoissant mais tout aussi palpitant de Clarisse Starling, agent du FBI, pour découvrir « le silence des agneaux » qui ne sont pas prévus au diner d’Hannibal Lecter….                                 

Ce thriller de 1991 aux 5 oscars est un film resté culte et il fait partie des films que j’aime revoir ! Longtemps simplement horrifié tout en étant captivé par son histoire, je le regarde aujourd’hui en faisant le lien avec les cours de culture et humanités et sur le monde actuel.

L’histoire, pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore, est celle d’un psychopathe connu sous le nom de Buffalo Bill qui sème la terreur en kidnappant, tuant et dépeçant des jeunes femmes. L’agent Clarisse Starling est chargée d’interroger un prisonnier, le célèbre psychiatre et psychopathe Hannibal Lecter, susceptible de l’aider dans son enquête. Entre eux s’établit un lien de fascination et de répulsion et nous pouvons aisément nous « mettre dans la peau « de Clarisse !

En effet Jonathan Demme adapte le thriller de Thomas Harris et réussit à nous captiver sur les sujets effrayants du cannibalisme et du dépeçage ! Son énorme succès démontre bien, et encore aujourd’hui, une fascination certaine pour ces sujets tabous.

Et si Hannibal Lecter était une personne réelle ?                                                                  Le Dr Lecter n’est qu’un personnage de film certes mais il est bel et bien inspiré par des hommes faits de chairs et de sang : un médecin mexicain, des tueurs de femmes en séries. Tout comme le personnage a donné naissance à des surnoms de tueurs.

Mythe ou réalité ? le chemin n’est pas loin quand on lit les différentes versions des sources d’inspirations… ça donne le chair de poule parce que cela nous ramène bien sûr à ce tabou terrifiant du cannibalisme.  Faut-il rappeler que celui-ci a été pratiqué par nos ancêtres soit par vénération des morts ou par nécessité de survie ?! Et que, même si aujourd’hui il est exclu d’y revenir pour des raisons essentiellement morales, il n’est pas dit qu’un jour prochain, le choix de le pratiquer pour la survie de l’espèce humaine à l’heure où l’on s’interroge sur l’alimentation mondiale revienne… Se pose alors la question : serions-nous capables de manger nos semblables sans sombrer dans la folie et sans être considérés comme fous si cela s’avérait nécessaire ?

« Je raffole du foie humain avec des fèves au beurre » réplique d’ H. Lecter qui est presque monstrueusement risible . Nous pouvons  nous interroger alors  sur le goût que peut avoir la chair humaine avec bien sûr  tout le dégout mais aussi le fantasme que cette question peut entrainer… Vous êtes-vous déjà posé la question ? Évidemment que non, ce serait immoral ! Seuls aujourd’hui la folie d’Hannibal Lecter et l’ instinct de survie, comme l’ont expérimenté les survivants du crash dans la Cordillère des Andes, peuvent susciter ces interrogations et il m’est difficile de me mettre à leur place !

Le cannibalisme appelé aussi aujourd’hui anthropophagie reste un profond tabou et nous sommes évidement bien plus terrifiés par le monstre qu’est Hannibal Lecter et le concept de manger ou d’être mangé que par le « silence des agneaux » qui arrive après qu’ils aient été égorgés pour nourrir l’être humain …

Pour ma part, je n’arrive pas vraiment à expliquer cette attirance pour ce film et cette étrange fascination pour le personnage d’H. Lecter. Je ne pense pourtant pas être un anthropophage dans l’âme ! Rien que l’idée de consommer de la chair humaine m’horrifie et pourtant j’aime ce film ! Anthony Hopkins a réussi à rendre un monstre en un personnage fascinant. On peut souligner l’exploit !

Alors si vous êtes friand de thriller et que vous n’avez pas encore vu celui-là, je vous le conseille pour faire connaissance du célèbre Hannibal Lecter dont voici une petite mise en bouche…

Je vous laisse découvrir maintenant à qui appartient le foie de son prochain diner si vous ne le savez pas encore…

BOULET Valentin, DN MADE 1 Horlogerie, décembre 2020