Thérapie sur le genre humain

Dans cet article nous allons faire la découverte d’une série qui, selon moi, a totalement chamboulé le monde de l’animation tel qu’on le connaît maintenant. 

Jamais un animé n’aura aussi bien représenté notre société, il fait mal, il fait peur.

Devilman Crybaby est une série animée japonais dessinée par Masaaki Yuasa et écrite par Ichirō Ōkouchi en 2018. Elle est une reprise du manga Devilman de Gō Nagai (1973).

Synopsis: Akira Fudo est informé par son meilleur ami d’enfance, Ryo Asuka, que l‘ancienne race des Démons prenant possession du corps des humains pour les posséder, est revenue sur Terre. Croyant que la seule façon de vaincre les Démons est de prouver leur existence aux humains, Ryo suggère à Akira de l’accompagner pour voir des Démons prendre possession d’humains. Fusionnant lui-même à Amon, le Seigneur des Démons, Akira se transforme en Devilman, un être humain ayant les pouvoirs d’un Démon tout en conservant son propre cœur très sensible aux autres.


Dans ce monde possédé par le vice, on retrouve des points très forts qui marquent les esprits ; visionnaire, émouvante, terrorisante, tragique ou encore déroutante, on y retrouve une forme de désespoir comme si l’homme était condamné à sa perte. 

Les auteurs de la série ont été confrontés aux problématiques sociales et politiques du monde contemporain à l’instar du manga de Go Nagai témoignant de réalité de la guerre froide, de la montée en puissance du nucléaire ou encore de la libération des mœurs. Okouchi suit cette évolution en abordant les vices de la société actuelle. Le point central étant l’Homme, sa cruauté et son désir inconscient du chaos, on retrouve, par conséquent, des choix neufs, audacieux et surtout choquants contrairement à la plupart des mangas.

Connu pour des productions considérées comme des monuments dans l’animation japonaise, Masaaki Yuasa offre à l’œuvre un aspect visuel atypique exceptionnel. A première vue, jugé pour son aspect graphique peu attirant, Masaaki parie sur un style très simpliste ce qui donne plus d’impact sur le dynamisme et plus de liberté le poussant à briser les codes visuels et à prendre des risques. Il nous propose des mouvements et plan visuels uniques pour une expérience aussi marquante que l’œuvre en elle-même.

Jouant sur un espoir constamment inabouti, il est reçu pour les spectateurs telle une claque nous faisant revenir à ce qui nous entoure quotidiennement. La série nous offre une réflexion intense sur notre vie en communauté notamment grâce au sport évoqué tout au long de l’histoire, l’athlétisme qui se traduit par une quête de dépasser les autres, d’être supérieur et le besoin d’être reconnu. Son réalisme  nous fait prendre conscience de notre société actuelle et la cruauté de l’humanité dans sa quête de la réussite individuelle.

Julie LANOIR – DNMADE 1 Jo – Octobre 2022

Redécouvrir notre monde avec l’Attaque des Titans

“Je dis juste qu’il n’y a rien de plus éloigné de la liberté que l’ignorance.” Eren Yaeger

L’attaque des titans est un manga créé par Hajime Isayama, qui me fascine et me passionne par l’ingéniosité dont l’auteur a usé pour créer ce chef d’œuvre, pouvant largement être considéré parmi les meilleurs mangas toute époques confondues, et pour sa philosophie complexe à en arracher le cerveau du lecteur.

Parue le 17 mars 2010 au Japon et le 26 juin 2013 en France, l’histoire évoque une humanité reclus derrière 3 murs concentriques pour se protéger de monstres humanoïdes gigantesques appelés les « Titans ». Dans un succès montant petit à petit, le studio d’animation Wit accepte d’animer le manga afin d’attirer un plus grand nombre de spectateur pour la saison 1, mais passé inaperçu, c’est 4 ans plus tard le 1 avril 2017 que la saison 2 a repris grâce aux yeux du public.

On suivra les aventures du personnage principal Eren Yeager, un enfant qui avance avec une soif de découvrir le monde et son désir de retrouver sa liberté, accompagné de ses 2 amis Armin et Mikasa. Au fil de l’histoire on apprendra qu’il possède le pouvoir de se transformer en titan, et va s’en servir aux côtés du bataillon d’exploration, unité sortant en dehors des murs affronter les titans, et tenter d’élucider tous les mystères autour de ces monstres.

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Ils finiront par découvrir que absolument tous les titans sont à la base des humains descendant de l’ancêtre Ymir. Transformés en titans par le biais d’un produit, ils mangent des humains en espérant récupérer le pouvoir d’un des 9 titans primordiaux transmis par Ymir, et donc retrouver forme humaine. Ils découvriront finalement que c’est une population nommée les Mahrs qui perpétue une guerre millénaire entre les 2 peuples en envoyant des titans sur l’île de « Paradis » où sont enfermés les descendants d’Ymir, qui ont la mémoire effacée et, pense être les derniers humains sur Terre.

C’est à partir de là que l’histoire va prendre un tournant, il y a les pros Yeager qui suivent l’idéologie d’Eren, qui veut briser ce cercle de haine et de vengeance incessant, en combattant et en éradiquant tout le monde, sauf son peuple afin de le protéger et vivre en paix, et il y a les autres, commandés par Armin, qui veulent la voie diplomatique, faire table rase du passé et apprendre à connaitre l’autre.

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L’auteur joue avec les sentiments de ses fans, plein de paradoxes et de questions vont se créer et envahir le lecteur. Qui suivre ? Qui a raison ? Qui est gentil ? Qui est méchant ? C’est dans un développement extraordinaire de l’histoire et des personnages, quelque soit leur camps, que l’auteur va pousser le lecteur/spectateur à aimer et comprendre les 2 camps et la raison de leurs actes, et complètement détruire le manichéisme et tous les codes du shonen dans son œuvre.

La complexité des conflits et de l’humain, quel qu’il soit, est parfaitement exposée dans une histoire bien ficelée du début jusqu’à la fin en nous faisant passer par toutes sortes d’émotions, nous pousse à réfléchir et essayer de comprendre l’autre dans la vraie vie et de se rendre compte à quel point ce cercle de haine et de vengeance peut être présent dans notre vie, et dans le monde entier. Comme nous l’a montré Hajime Isayama avec Eren et Armin, en possession d’un couteau on peut, choisir de riposter sauvagement face à l’ennemi, ou bien alors poser le poser et parler pour briser le cercle de haine.

Vous pouvez désormais commencer ce chef d’œuvre et découvrir les innombrables détails et un scenario incroyable sans aucune excuse car même avec cet article, ne pensez surtout pas avoir compris ce qu’il se passe dans cette œuvre remplie de plot twist non cités pour éviter de trop spoiler, vos sentiments et votre vision de notre monde actuel vont clairement être impactés 😉

Ilias L. – DNMADe1 Ho – Octobre 22

Pourquoi Hayao Miyazaki est considéré comme un génie du film d’animation

Hayao Miyazaki nait le 5 janvier 1941 à Tokyo, son père détient l’entreprise Miyazaki Airplanes qui fabrique des composants pour les avions de guerre japonais durant la seconde guerre mondiale. C’est durant cette période de sa jeunesse qu’Hayao va puiser l’une de ses inspirations : Les vols et autres machines volantes.

Voici un exemple d’avion tiré de l’œuvre
Nausicaä de la Vallée du Vent, réalisé en 1994 par Miyazaki

Très jeune Hayao rêve d’être mangaka, inspiré par les œuvres d’Osamu Tezuka (créateur d’Astro Boy par exemple) mais aussi par le premier film d’animation qui voit le jour : le Serpent blanc. Dès lors, il décide de tout faire pour rentrer dans ce domaine qui l’intéresse tant.

Astro Boy, Osamu Tezuka 1952
Le Serpent blanc, Taiji Yabushita 1958

Effectuant ses études à l’université de Gakushuin où il étudie les sciences politiques et économiques, il est l’un des acteurs du groupe de recherche et de littérature de son université. Ce qui lui permet de dessiner régulièrement et d’en apprendre plus sur le monde de l’animation.

Après avoir reçu son diplôme, il rejoint la Toei Animation en 1963. Pendant ses premières années au studio, il travaille comme intervalliste et collabore ensuite avec le réalisateur Isao Takahata. Au sein de Toei, Miyazaki contribue notamment aux films Doggie March et Garibā no uchū ryokō. Il fournit des animations clés à d’autres films de Toei, comme Le Chat botté et L’Île au trésor.

Hayao Miyazaki (à gauche) et Isao Takahata (à droite)

C’est en 1985 qu’il cofonde le Studio Ghibli avec son ami Isao Takahata. Studio qui deviendra l’une des références du film d’animation.

Ils vont éditer alors plusieurs films, Le Château dans le ciel (1986), Mon voisin Totoro (1988), Kiki la petite sorcière (1989) et Porco Rosso (1992). Ces derniers connaissent un succès critique et commercial au Japon. Le film suivant de Miyazaki, Princesse Mononoké, est le premier film d’animation à remporter le Japan Academy Prize du film de l’année, et devient à sa sortie en 1997 le plus gros succès commercial de l’histoire du box-office japonais ; sa distribution dans le monde occidental accroît considérablement la popularité et l’influence de Ghibli en dehors du Japon.

Princesse Mononoké (1997)
Mon voisin Totoro (1988)
Le Château dans le ciel (1986)

Mais comment parler des films du Studio Ghibli sans citer l’un des plus emblématiques : Le voyage de Chihiro (2001). Il devient le film le plus rentable de l’histoire du Japon, remporte l’Oscar du meilleur film d’animation et est souvent classé parmi les plus grands films des années 2000.

Le voyage de Chihiro (2001)

Les sujets abordés dans ces films d’animations sont très avant-gardistes dans les années 80 et 90, et ils possèdent plusieurs lectures possibles. On y retrouve des thèmes tels que la relation de l’humanité avec la nature et la technologie, la salubrité des modes de vie naturels et traditionnels, l’importance de l’art et de l’artisanat, et la difficulté de maintenir une éthique pacifiste dans un monde violent.

Les protagonistes de ses films sont souvent des filles ou des jeunes femmes fortes, et plusieurs de ses films présentent des antagonistes moralement ambigus dotés de qualités rédemptrices.

C’est pour toutes ces raisons qu’Hayao Miyazaki acquiert une grande renommée dans le monde du film d’animation, et devient une source d’inspiration pour de nombreux animateurs, réalisateurs et écrivains.

Guilhem B. – DNMADe1 HO – Oct 2022

Un cauchemar en papier mâché ?

Cristóbal León et Joaquín Cociña, le stop motion réinventé

L’un est formé en animation et l’autre en art, spécialisé dans le portrait géant. Tous deux chiliens, ils ont grandi sous la dictature de Pinochet dans les années 80. Leur coopération commence en 2007 et repose sur une idée de Joaquin Cociña : animer des dessins géants peints directement sur des murs, filmer objets et peintures ensemble, grandeur nature et en stop motion.

D’ordinaire, le stop motion ou animation en volume est réalisée à l’aide de miniatures – pâte à modeler, maquettes, figurines – et permet souvent d’intégrer à des films des scènes de grande ampleur qui demanderaient des moyens trop importants. Cristóbal León et Joaquín Cociña, quant à eux, ont choisi de faire des films intégralement en stop motion, utilisant uniquement de vieux objets au rebus, ou récupérés dans des brocantes, de la peinture, du ruban adhésif et du papier mâché. Ils s’installent dans des pièces prêtées par des musées ou des galeries et font vivre, image par image, des histoires qu’ils racontent. Presque 15 ans après leur premier court métrage commun, Lucia (disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=uAhjcsYn73M), ils ont réalisé une dizaine de films de ce type, récompensés de prix internationaux (Calgari Film Prize, Asifa Austria Award, Grand prix du Jury au festival de San Francisco…) et présentés dans de nombreux festivals.

Si leurs créations restent de l’ordre du film d’animation, l’utilisation de meubles et d’objets réels donnent un aspect étrangement réaliste aux décors. Ce sentiment d’étrangeté est amplifié par le mouvement volontairement saccadé permis par le stop motion ; les personnages apparaissent et disparaissent, se construisent sous les yeux du spectateur puis se déconstruisent, laissant voir le papier et le ruban adhésif qui les tient en place, mettant en valeur le côté profondément plastique de ces films. Tantôt peintures sur le mur, tantôt modelage en papier mâché ou moulage en plâtre, les héros ont une consistance et une existence insaisissable. L’enfance est au cœur de ces films en papier mâché – il faut y voir une référence au jeu d’enfant – qui se donnent des airs de contes… mais qu’on ne s’y trompe pas, ils sont souvent bien plus de l’ordre du film d’horreur que de celui du dessin animé.

Expressionnisme et cauchemar dans La casa Lobo (2018)

Leur long-métrage le plus important, filmé durant cinq ans en Amérique du Sud, est disponible en entier sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=e_YA-4TIwqw. Intitulé La Casa Lobo, « la maison loup » en français, il raconte l’histoire d’une petite fille, Maria, échappée d’une colonie allemande au Chili et pourchassée par « le Loup ». Elle se réfugie dans une maison visiblement abandonnée dans la forêt, où seuls deux cochons lui tiennent compagnie. Mais la maison n’est pas un refuge, puisqu’elle se confond avec le loup lui-même, qui observe chacun de ses gestes, depuis chaque recoin, des années durant. Le film se présente comme un huis clos, dont on ne sort à aucun moment : impossible de passer la porte, car la forêt est trop dangereuse, et parce que le loup l’interdit… mais l’intérieur de la maison est un cauchemar. En effet, si les références au conte pour enfant sont explicites (Le petit chaperon rouge, Les trois petits cochons), le film semble calquer ses limites sur celles du rêve et de l’imagination : les cochons se transforment en enfants, les personnages apparaissent par morceaux à partir des objets, les murs et les meubles bougent. Cette ambiance constamment oppressante fait du film entier une expression du sentiment d’angoisse. La Casa Lobo est bien un film « profondément expressionniste », comme l’indique la présentation du Festival international de cinéma de Marseille, car il donne à voir non pas une réalité physique mais mentale et psychologique, celle de l’enfermement, de l’oppression et de la manipulation.

La colonie Dignidad

Mais qui est donc le Loup ? Une courte introduction fait mine de présenter le film comme une vieille publicité pour une colonie allemande au sud du Chili, morale et heureuse. Il s’agit en réalité d’une secte religieuse constituée de descendants d’immigrés allemands, la Colonie Dignidad, fondée en 1961, où règnent le travail forcé, la manipulation psychologique et l’isolement total avec le reste du monde. A sa tête, un ancien dignitaire nazi, Paul Schäfer, accusé d’abus sexuels sur les enfants de la colonie, de rapts et de tortures ; en effet, sous la dictature d’Augusto Pinochet, la colonie tint lieu de centre de détention pour les opposants politiques, qui étaient torturés et enfermés dans des conditions sordides. La colonie parvint à exister jusqu’à la fin des années 1990, et Paul Schäfer ne fut jugé que dans les années 2000. Si le loup est le symbole du prédateur sexuel dans les contes pour enfants, celui de Cristóbal León et Joaquín Cociña s’inscrit bien dans cette tradition, et représente en même temps l’autorité omnisciente qui oblige et manipule l’esprit, pouvant même inciter les deux cochons-enfants, Pedro et Anna, à dévorer Maria qui les a élevés. Enfin, la critique porte plus généralement sur le régime dictatorial de Pinochet, décennies que nombre de Chiliens ont vécu comme un long cauchemar…

Merci pour votre lecture.

Bibliographie

https://fidmarseille.org/film/la-casa-lobo/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonie_Dignidad

 

Lucille GILBERT, DNMADe Jo 1, Avril 2022.

 

L’autisme avec sincérité et poésie

« Vouloir rentrer dans un moule c’est bien, mais que pour les gaufres »

« Les chaussures de Louis » est un court métrage de 5 minutes réalisé par 4 étudiants de l’école MoPA (film d’animation 3D). Mais ce n’est pas n’importe quel court métrage, il a été sélectionné dans 60 festivals à l’échelle internationale et récompensé sept fois notamment du titre de Student Academy Award dans la catégorie animation internationale.

Le film parle d’un petit garçon de huit ans et demi prénommé Louis atteint d’autisme Asperger et de son premier jour dans une nouvelle école. Devant l’obligation de se présenter devant ses camarades, Louis parle de lui mais il préfère expliquer sa perception du monde, et en quoi elle est différente de la perception des autres. C’est pendant ces explications (qui sont basées sur des témoignages pour être le plus fidèle à la réalité) que les 4 auteurs brisent le tabou et les préjugés que trop de monde ont encore vis à vis des personnes autistes. Une fois le court métrage terminé, on se rend compte de l’enseignement que l’on peut tirer d’une personne autiste. Que ce soit de leur sincérité, de leur rigueur ou encore de leur méthodologie. Mais Louis a aussi besoin de ses camarades, pour qu’ils le respectent et qu’ils le mettent dans un bon environnement où Louis pourra travailler en toute tranquillité. Ce petit film fait énormément réfléchir sur l’acceptation des différences des autres, dire qu’on les accepte est une chose, mais s’adapter à une personne différente pour qu’elle puisse se sentir aussi bien que les autres, c’est bien différent. Pour moi elle est là, la vraie acceptation.   

Pouvoir se projeter dans la tête d’un autiste n’est pas quelque chose de facile en temps normal, cette animation le fait de manière brillante et poétique. La voix enfantine de Louis ne fait qu’accentuer l’innocence des personnes touchées par ce trouble et nous sensibilise davantage. Il est certain que cette vidéo deviendra un outil utilisé dans les écoles pour pouvoir aborder le sujet avec justesse. Pas seulement dans les écoles primaires, bien qu’il soit compréhensible par des enfants de 8 ans, il convient également pour des lycéens et des étudiants. Il est rare de trouver des œuvres qui s’adressent à autant de générations en même temps, c’est souvent signe que l’œuvre est réussie.

Je ne trouve pas surprenant que ce court métrage ait raflé un aussi grand nombre de nominations et de prix. En plus du fond, la forme est elle aussi une réussite. Des super images, des bruitages et une bande son irréprochable et le format de 5 minutes convient parfaitement à l’histoire qui nous est racontée. Je ne peux que vous conseiller de le regarder et le partager pour que tout le monde puisse avoir accès à ce chef-d’œuvre!

Titouan L. – DNMADe 2 Ho – Décembre 2021

Princesse Dragon

Princesse Dragon, le nouveau film d’animation des studios Ankama réalisé par le duo Anthony Roux et Jean-Jacques Denis comme leurs précédentes productions, ce film se démarque des projets habituels d’Ankama par son côté plus classique.

Princesse Dragon commence avec Dragon, l’animal le plus puissant de la forêt se trouvant en manque d’une famille, pour cette raison il passe un marché avec La sorcière Sorcenouille afin d’obtenir trois œufs. Lorsque les œufs éclosent Dragon se retrouve avec trois petits : Zéphyr et Rock deux jeunes dragons tout ce qu’il y a de plus normal et Poil une petite fille dépourvue d’écailles et d’ailes mais possédant une impressionnante chevelure verte et le pouvoir de cracher du feu. Dragon est pris de surprise et de colère lorsqu’il découvre l’aspect humanoïde de sa fille, en effet il hait les humains.

Malgré ses différences Dragon accepte et élève Poil jusqu’au jour où elle rencontre Princesse, la princesse d’un royaume proche et la ramène dans la caverne de son père pour la protéger d’une tempête. Pris de colère Dragon décide de donner Poil à la Sorcenouille comme paiement, entendant cela Poil s’enfuit avec Princesse et découvre le monde des humains.            Dans le monde des humains Poil est confronté à la violence d’Albert, le futur mari de Princesse, à la cupidité du roi et au rejet.

Ce film a été pensé pour un jeune public avec une structure simple qui diffère des projets habituels d’Ankama notamment des univers Dofus et Wakfu qui ont leur propre histoire et une mythologie complexe. Princesse Dragon repose sur des principes simples : un Dragon, une sorcière et un roi cupide qui sont évidemment tirés du monde des contes, et c’est là la nature du film ; un conte pensé pour les enfants. Cette nature explique aussi bien les choix esthétiques tels que le design très simple et classique des personnages et le format choisi : un film 1h15 avec une narration linéaire.

Princesse Dragon c’est un film pour enfants qui n’a pas eu peur de l’animation 2D et d’un dessin rond et doux mais avec un style marqué là ou le marché est inondé de dessin animé en 3D et lissés. Dans le film on découvre des décors inspirés des forêts européennes remplis de détails, des personnages expressifs et uniques le tout accompagné d’une bande son douce crée une ambiance particulière se rapprochant de certaines productions Ghibli.

Le film reste très simple et il est évident qu’il à été créé pour un jeune public ; l’intrigue est simpliste, l’histoire peu développée et de nombreux archétypes sont utilisés pour gagner du temps et rendre le film facilement compréhensible. Malgré cela le film introduit des concepts tel que l’acceptation de la différence et l’émancipation.

Les défauts qu’un adulte peut trouver à Princesse Dragon sont justifiés par sa nature de conte pour jeunes enfants et compensés par une grande qualité de production, en conclusion un film à voir avec des yeux d’enfants

C. Masson – DNMADe23Ho – Déc 21

L’initiation à la philosophie avec Riley

Hello les petits cinéphiles !  Vous l’avez compris il sera question aujourd’hui d’évoquer un long métrage mais pas que. Vice versa est un film d’animation mettant des images sur des questions plutôt philosophiques et complexes.

 Riley est une jeune fille attachante ayant des parents aimants prônant l’émancipation de leur fille et la poussant à s’épanouir socialement. En résumé c’est une enfant joviale ayant plein d’amis et très active.

 

 

 

 

Mais alors Riley qu’as-tu fait?

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Chasse à l’homme, dystopie et voyage spatial !

Cowboy Bebop

Cowboy Bebop est une série d’animation japonaise de 1998 dont l’histoire se déroule en 2071 dans un univers cyberpunk dystopique au sein même de notre système solaire.

Dans cette série nous suivons l’équipage du Bebop sur un bon vieux vaisseau. Ils sont un petit groupe de chasseurs de prime, autrement dit dans le jargon : des cowboys !

Les Cowboys du Bebop !

 

L’équipage est constitué de :

Jet, le capitaine du Bebop et un ancien policier de l’ISSP « La police spatiale internationale » un homme au passé lourd de sens et de responsabilités.

Spike Spiegel, un jeune très doué en arts martiaux plutôt discret et mystérieux avec un passé qui le hante.

Faye Valentine, une jeune femme accroc aux jeux d’argent. suite a un accident grave, elle fut cryogénisée et plus tard guérie, malheureusement, elle ne parvient pas à retrouver la mémoire et est criblée de dettes.

Ed, une jeune hackeuse surdouée échappée d’un orphelinat

(dans l’ordre de gauche à droite)

Tout au long de cette série nous apprenons à connaître chaque personnage tout en découvrant leurs histoires singulières au cours des chasses aux primes ayant des rapports de près ou de loin avec le passé des personnages.

Je conseille cette série à tout le monde! surtout si vous êtes adeptes de l’univers western fantastique des univers punks et des musiques d’ambiance blues, jazz.

Pierre O. – DNMADe1HO – Oct. 21

La promesse d’un monde imaginaire

 

Plongé au milieu d’un orphelinat aux allures idylliques, nommé Grace Field House, la plupart des enfants rêvent d’une chose : avoir la chance d’être adopté.

L’orphelinat de Grace Field House est dirigé par Isabella, surnommée « Maman » par tous les enfants. C’est une femme aimante qui prend très grand soin des enfants dont elle s’occupe bien que de nombreuses règles et de tests viennent limiter la liberté de ces enfants. Malgré cela chacun d’entre eux vivent heureux, entre moments de jeux, d’enseignements, de camaraderies et d’amours donnés par « Maman ».

Tout va pour le mieux pour ces enfants jusqu’au jour ou l’un d’entre eux, une jeune fille, vient à se faire adopter. Isabella quitte alors l’orphelinat et passe les grilles de l’orphelinat avec l’enfant. Norman et Emma, les ainés de l’orphelinat, décident de les suivre pour rapporter la peluche favorite de la petite fille. Norman et Emma dérogent pour cela à l’une des plus importantes règles de l’orphelinat : ne jamais passer le portail de Grace Field House. Ces deux amis vont alors assister à une scène qui changera leur vie et celle du paradisiaque orphelinat pour toujours. Les enfants présumés adoptés ne l’ont jamais été, ils ont en réalité été donné en offrande à des démons et sont tous morts sans exception.

Norman et Emma, d’abord terrifiés, décident de réagir et d’élaborer un plan pour faire évader tous les enfants de Grace Field House. Ils vont alors vivre dans le secret en cachant la réalité à la plupart des jeunes enfants de l’orphelinat pour ne pas les inquiéter et surtout ne pas égayer les soupçons de « Maman ». Ils vont établir, en secret, un entraînement, dissimuler sous formes de jeux, afin de préparer physiquement tous les enfants à l’évasion.

Ce manga écrit par Kaiu Shirai et dessiné par Posuka Demizu comporte à ce jour 20 tomes et a été adapté en animé. Le manga remporta le prix Shogakukan, un des prix majeurs de l’univers du manga, en 2017 dans la catégorie shonen. En décembre 2020, la série faisait partie d’une des séries de mangas les plus vendues avec 26 millions d’exemplaires. La seconde saison de l’animé, elle, vient de s’achever en mars 2021.

Etant un gros consommateur d’animés et de mangas en tous genres, je n’ai pas honte de dire que « The Promised to Neverland » fait partie de mes mangas/animés préférés. L’animation et les dessins sont magnifiques, l’histoire s’enchaîne et reste  passionnante et intrigante tout au long des péripéties de nos protagonistes. D’ailleurs, pour les connaisseurs, je peux aisément comparer l’intelligence et la tactique de Norman et de Krone, le second plus intelligent de l’orphelinat, à celle de Light Yagami et « L » dans « Death Note ». Leurs plans pour mettre des bâtons dans les roues de « Maman » et d’élaborer l’évasion pour survivre sont géniaux et absolument rien n’est laissé au hasard. Chacun d’entre eux tiennent à garder plusieurs coups d’avance sur « Maman ».  Entre enquêtes, trahisons, et survie, les enfants de Grace Field House devront faire face à de nombreux dilemmes pour s’évader.

L’histoire de The Promised Neverland peut être rapprochée de l’élevage de bétail mais avec des enfants. Tous les enfants sont élevés très jeunes et sont marqués d’un numéro sur leur cou. « Maman » leur offre le plus de bonheur possible pour qu’ils se développent bien et deviennent des mets exceptionnels. Leurs différentes notes aux tests physiques et théoriques de l’orphelinat attestent de la qualité de l’enfant et donc de sa rareté. Ils sont tous élevés pour devenir la meilleure offrande possible.

Alors si vous aussi vous voulez découvrir les autres secrets de Grace Field House mais aussi de « Maman » et savoir si Norman, Emma, Krone et les autres enfants vont pouvoir s’enfuir et échapper à leur triste destin, je vous encourage vivement à lire ou regarder The Promised Neverland.

Si vous décidez de regarder l’animé, je ne peux que vous conseiller de la regarder en Vostfr pour une meilleure immersion et une meilleure expérience notamment en ce qui concerne les émotions retranscrites qui sont parfois peu convaincantes en français. Mais si vous n’êtes pas fan d’animés ou si lire les sous-titres est trop contraignant pour vous, la saison 1 est disponible en VF.

https://animedigitalnetwork.fr/video/the-promised-neverland

https://www.wakanim.tv/fr/v2/catalogue/show/434/the-promised-neverland/season/2458/saison-2

GAUDIN Killian – DNMADE 1 HORLO – 19.04.21

Et pourtant Nieztche n’a pas vu Mononoke…

On a tendance à ne pas aimer ce que nous ne comprenons pas. Je m’explique :

N’ayant jamais réussi à comprendre comment lire un manga (j’ai vraiment essayé), une sorte de frustration envers tout ce qui concerne cet univers est né et s’est amplifié en moi, pour devenir une sorte de désintérêt envers cette littérature japonaise. MAIS, être non fermé d’esprit que je suis, j’ai réussi à un peu m’intéresser aux animés… C’est donc avec un œil objectif, que je vais vous emmener à la découverte d’un chef d’œuvre graphique et psychologique de l’animation japonaise :

MONONOKE

Durant cinq Arcs (cinq saisons pour les non initiés), nous suivons les aventures d’un apothicaire à la beauté glaçante, dont le rôle est de chasser des Mononokés ; esprits vengeurs en japonais. Ils sont les réincarnations horriblement magnifiques de nos pires souffrances qui entravent notre esprit à tout jamais. L’apothicaire ressent les mononokés et s’acharne avec un sang froid et un calme déconcertant à les détruire afin de reconduire les victimes à la paix et au bonheur intérieur.

Pour les détruire, l’apothicaire possède une épée magique dont la lame n’apparait qu’une fois qu’il connait La Forme, La Vérité, et La Raison du mononoké. C’est là que tout devient instable. Nous ne pouvons plus distinguer le réel et le surnaturel. Les plus horribles vices de l’Homme se retrouvent visibles et nous plongent dans un malaise insoutenable.  

L’animé est une véritable fresque visuelle, pleine de couleurs et de motifs, un régal pour les yeux. Chacun des personnages est particulier, et possède ses caractéristiques propres (aussi bien dans son design que dans sa personnalité) et parvient à laisser une trace dans notre esprit. Nous sommes comme hypnotisés par la performance, passant de la 2D à la 3D, du stop motion au ralenti en une fraction de seconde. Le tout accompagné d’un incessant air d’accordéon rendant chaque scène on ne peut plus dérangeante.

Je vous invite sans plus attendre à découvrir l’opening de cet animé pour que vous commenciez à vous imprégner de l’ambiance. 

 

UN PEU DE PHILOSOPHIE 

Cette œuvre a un rapport direct avec la philosophie du bonheur de Nietzsche : « Tout acte exige l’oubli ». Il est très difficile d’oublier simplement le passé. Mais cela est pourtant impératif dans une quête du bonheur. Ne pas oublier le passé implique de ne jamais voir  le devenir, être entouré de ce qui hante l’esprit, ne plus croire en sa propre existence et cesser d’exister. Oui mais vous allez dire : oublier le passé, c’est aussi oublier ses souvenirs. Disons alors : il est possible de vivre presque sans souvenir et de vivre heureux, comme l’animal. 

L’oubli n’est pas insurmontable, pour Nietzsche, il est semblable à la digestion, sorte d’absorption psychique. Faire le vide. Isoler sa conscience le temps d’un instant. Ignorer les bruits extérieurs. Faire de la place pour de nouveaux souvenirs. Vivre dans le présent. 

Cet animé nous oblige à penser à soi. Nous avons tous des pensées ou des émotions négatives. Ne pas savoir les contrôler pourrait conduire à la création d’un mononoké en nous. Y avez-vous pensé ? Imaginez qu’il soit possible de détruire votre plus grande angoisse, votre plus grand malaise ? Beaucoup de personnes vivent dans une sorte de « bonheur par omission » (Omettre des détails du passé qui finissent par nous rattraper et nous détruire). Pourquoi ne pas être son propre apothicaire et profiter de la situation actuelle pour faire le ménage dans son esprit en prévision des jours meilleurs ? C’est l’un des meilleurs conseils que je puisse vous donner. 

Mettez de la couleurs dans votre vie !  

Eve A – Dnmade 2 Ho – Février 2021 

La solitude à portée de main

« J’ai perdu mon corps » est le premier long métrage d’animation de Jérémy Clapin. Présenté au festival du film d’animation à Annecy en 2019 il séduit le public puis est couvert de prix à Cannes et ailleurs.

Ce film suit les errances d’une main coupée et d’un jeune homme solitaire. Cette main c’est celle de Naoufel, livreur de pizzas maladroit et prêt à tout par amour. Lors d’une livraison il rencontre Gabrielle et suite à un dialogue drôle et charmant au travers d’un interphone, il tombe follement amoureux. Mais « j’ai perdu mon corps » avant d’être l’histoire d’une main empotée à la recherche de son propriétaire ou une histoire d’amour c’est celle de Naoufel, jeune homme différent, perdu.

Le film alterne plusieurs cycles d’une vie. En noir et blanc, Jérémy Clapin nous décrit l’enfance de Naoufel. En couleurs, son adolescence et sa rencontre avec Gabrielle. En couleurs également, le parcours pleins d’embûches d’une main coupée. Le réalisateur utilise le périple de cette main coupée comme toile de fond pour dire la solitude, la dislocation du réel, la fragilité des souvenirs et l’inconsistance du présent.

En plus de sa poésie et de sa mélancolie le film à tout du film d’animation pour adulte réussi : des éléments révélés uniquement à la fin, un rythme digne et une mise en scène digne des meilleurs thrillers et une direction artistique subtile. Toute ces qualités permettent de faire cohabiter harmonieusement l’histoire de Naoufel et de sa main. Tout est juste dans ce film, à la fois naïf et pourtant sage si bien que je ne sais pas quoi en penser : naissance d’un génie de l’animation ou chance du débutant ?

Charlotte M. – DNMADe1 Ho – Février 2021

Un animé à re-découvrir !

LE ROI ET L’OISEAU

« il n’y a pas de vies supportables sans poésie »

Le Roi et l’Oiseau est un film d’animation français créé par Paul Grimault sur des textes de Jacques Prévert, d’après La Bergère et le Ramoneur de Hans Christian Andersen. Sorti en 1980, sa préparation a commencé dès 1946

Le Roi et l’Oiseau fait partie de l’un de mes tous premiers souvenirs d’enfant en terme de film. En le revoyant il m’a énormément touché. Dès les premières notes de musique, j’étais émue immédiatement, on se remémore et une petite larme coule.

PETIT RÉSUMÉ

« Le roi Charles V-et-Trois-font-Huit-et-Huit-font-Seize règne en tyran sur le royaume de Takicardie. Il est amoureux d’une modeste bergère qu’il veut épouser, mais celle-ci aime un petit ramoneur. Tous deux décident de s’enfuir pour échapper au roi et tentent de se réfugier au sommet de la plus haute tour du palais. Ils seront aidés dans leur aventure par un oiseau qui a toujours osé défier l’autorité du roi. Une folle poursuite s’engage alors entre les gardes, les mystérieuses créatures du roi et nos trois fugitifs… »

UN INCONTOURNABLE DANS L’HISTOIRE DE L’ANIMATION !

Qui aurait cru qu’un film Français soit à l’origine du Studio Ghibli.   Et oui Wau Miyazaki et Isao Takahata vont être époustouflés pas l’animation de ce film et ainsi il trouveront leur vocation après avoir vu cette œuvre. La France n’est pas réputée pour ce genre de film mais pourtant elle regorge de pépites.

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POURQUOI EST-IL « OUBLIE » ?

Même s’il possède de grands moments de poésies, il y a un élément majeur qui peut ennuyer le public principalement visé qui est les jeunes enfants. En effet le rythme est très lent (bien que ce soit voulu) et de longs silences peuvent venir plomber l’ambiance. Cela est diffèrent du rythme des dessins animés habituels du style de Walt Disney par exemple.

SA PARTICULARITÉ

Beaucoup de  beauté et de  poésie et une énorme richesse thématique. Exemple la tour regorge de références artistiques qui s’harmonisent parfaitement. Leur sens ayant parfois une multitude d’interprétations, et le tout aboutissant à un ensemble d’une cohérence et d’une profondeur inimaginable.

Et les personnages ! Le roi est une sorte d’Hitler ou de Mussolini, l’Oiseau le résistant expérimenté de la vie qui se bat pour un idéal, la liberté, quant au jeune ramoneur il se soulève par amour, par désir de vivre. Bien sûr que ce film parle de cette face de la Seconde Guerre Mondiale, mais à l’image d’un conte de fée. C’est d’une sensibilité imparable, d’une mélancolie sublime, parsemé de moments éternels.

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J’invite vraiment les grands enfants à voir ce film avec un regard nouveau !

Sarah DROZ, 2ème année DNMADe joaillerie – oct 2020

 

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