Le covid… Source d’inspiration ?

Souvenez vous ! Pendant les temps forts de la pandémie de coronavirus, la grande majorité du monde fut confinée, les grandes villes se retrouvaient alors désertées. De nombreuses photos troublantes ont circulé, montrant des rues de grandes métropoles totalement vides. Les œuvres de l’artiste dont je vais vous parler aujourd’hui m’évoquent directement cette période. En effet, dans cet article nous allons passer au peigne fin le travail de Rumi Ando.

Cette photographe casse les codes de son domaine en ne s’intéressant pas à la foule ou encore aux couleurs vives. Le principe même de son expression artistique est de représenter les formes géométriques qu’on retrouve dans les rues de Tokyo avec des couleurs très pastels qui rendent la scène plutôt inquiétante. Ici le pastel ne semble étonnement pas nous communiquer une idée d’innocence. Bien au contraire…

Pour renforcer cette idée de photographie angoissante, l’artiste supprime les habitants, les panneaux publicitaires, les pylônes électriques, les portes et les fenêtres. Un décor presque post apocalyptique qui attire notre attention sur la déconnexion sociale présente au sein de cette ville. Le plus beau dans tout ça ? C’est que ces œuvres à la vision dystopique de nos métropoles ont été réalisées AVANT la pandémie. Un coup de génie ? Peut être.

On peut remarquer que cette artiste semble appartenir au surréalisme. Ce mouvement artistique a pour but de redécouvrir une sensibilité perdue, de retrouver les facultés humaines annihilées, réprimées par des siècles de civilisation et d’accéder à un univers régi par le merveilleux, l’imagination, le rêve et l’amour. Quoi de mieux que de supprimer directement à la source le problème ? L’artiste nous fait réfléchir. A-t-elle voulu supprimer toute forme de vie en ne laissant que les créations humaines pour dénoncer un sentiment d’oppression ? Une autre hypothèse plus probable : L’artiste dénonce l’évolution de la société qui tend à être de plus en plus asservie par internet, et qui peut à peu nous isole de nos congénères réels. Faut-il s’inquiéter d’un avenir urbain qui pourrait conduire à une distanciation sociale volontaire, ou ne voir que la dimension sereine, paisible, qui se dégage de ces photographies ? Suite aux récents évènements sanitaires cette question est d’autant plus renforcée.

Eve BIELHER – DNMADe1 Ho – Avril 2022

Quand la nature sublime la rouille

L’exploration urbaine, plus communément appelé Urbex, qui se définit comme étant une visite sans autorisation des lieux délaissés ou abandonnés, d’après plusieurs pratiquant.es, l’exploration des lieux abandonnés était, est, et sera toujours quelque chose qui perdurera, le plus longtemps que l’Homme décidera d’abandonner des bâtisses et autres bâtiments.

Grâce ou à cause des réseaux sociaux (à vous de juger), l’engouement autour de cette activité est grandissante, malgré la médiatisation de celle-ci, qui possède ses propres principes, ainsi qu’un code de conduite visant à préserver les lieux et les protéger au maximum, entre photographes, youtubeurs, amoureux d’histoires, et autres adeptes passionnés, la non-diffusion des coordonnées des spots* est une règle d’or dans cette discipline, afin d’éviter d’attirer les voleurs, les casseurs ou même les squatteurs, mais aussi par respect pour les propriétaires.

Alice Van Kempen, FURBEX

Pourquoi apprécier cette discipline?

D’abord il y a l’aspect historique des lieux, qui est étroitement lié à la temporalité, les lieux peuvent être abandonnés depuis des années ou des mois, les urbexeur.ses sont toujours en admiration sur ces lieux dans lesquels le temps semble s’être arrêté. Éprouvant une nostalgie du présent, qui suspend le temps pour celui qui l’observe, un décor actuel mais plongé dans le passé. De plus, nous avons les adeptes de l’aspect esthétique, des lieux chargés d’histoire, de détails, d’objets qui méritent d’être photographiés, ou d’être scénarisés à des fins cinématographiques, et d’autres domaines pour les plus créatifs.

Dominique Hermier, urbexeur et graphiste, nous montre comment il lie ses deux univers pourtant très différents : « En tant que graphiste et directeur de créa, faire se télescoper des univers de pop-culture et photographiques, cela crée des chocs « philoso-graphiques », […], l’urbex est souvent abordée par les photographes, soit sur l’aspect esthétique et historique avec de très belles réalisations photographiques qui montrent le travail du temps et de l’abandon, soit comme support pour des mises en scène avec modèles ravissants et accessoires travaillés. Rarement le volet social et marketing sont mis en avant, et c’est dommage, car c’est l’occasion de montrer notre société sous un angle différent, tout en posant des questions avec un autre vocabulaire graphique. J’ai voulu imaginer la fusion du marketing et de l’urbex… »

L’exploration urbaine à la sauce « Ikea » : que découvriront les urbexeurs de demain ?

Après cette brève information ré-créative, revenons aux différents attraits de cette discipline.

Pour nous, dans cette société, nous avons facilité à imaginer une ville, une usine, un lieu, mais s’y rendre c’est en prendre possession, c’est retrouver un autre rapport à soi par rapport aux objets, se rendre compte à quel point la matérialité des choses est si dérisoire pour l’Homme, du jour au lendemain, un lieu peut être abandonné, pour un manque d’engouement pour celui-ci, un départ en catastrophe, ou seulement parce qu’il ne génère plus d’interactions sociales, ou économiques.

Je ne vais pas vous faire tout un dépliant sur le pourquoi du comment l’Urbex est appréciable, mais n’oublions pas la satisfaction de voir que dans certains lieux abandonnés par l’Homme, la nature reprend ses droits, prenant le contrôle sur les structures, les recouvrant de feuillages, c’est un mélange qui donne place a une magie inédite.

Si vous êtes intéressé.e pour essayer, n’oubliez pas de vous renseigner avant toute chose sur les lieux, de vous faire accompagner de personnes bienveillantes et de confiance, évitez de vous mettre dans de mauvaises situations, s’il n’y a aucun accès vers l’intérieur, admirez l’extérieur. L’adrénaline peut être un sentiment addictif, mais autant positif que négatif, le bon sens et le respect du lieu sont de rigueur, c’est une discipline dangereuse et illégale, c’est quelque chose à prendre en compte dans certaines situations. 

Tiphaine Dausseing, DnMade Jo 14 Avril 2022

 

Palladio en Palladium ou en Paladium ?

Nous connaissons tous l’homme de Vitruve, cet homme avec 8* membres (*9 pour les observateurs). Le modèle est calqué sur un homme, inscrit dans un cercle ainsi que dans un carré.  Il est la parfaite représentation de la mesure, la géométrie, qui a permis l’harmonie naturelle de l’architecture italienne à la Renaissance.

 croquis de l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci 1490

Aujourd’hui nous allons parler de Andrea Palladio, un architecte important de cette période dite de la Renaissance. Il nait en Italie à Padoue en Vénétie, en 1508. À 13 ans il est inscrit par son père dans l’atelier de l’architecte, Bartolomeo Cavazza. Condamné à 6 années d’étude, c’est alors âgé de 15 ans qu’il fuit sa formation pour se réfugier à Vicence. Il est contraint de revenir étudier suite à un licenciement. A partir de 1534, il est appelé par Trissino pour diriger le chantier de la villa Cricoli. Trissino est un poète, philosophe, lettré et diplomate au service de la curie romaine ; c’est un humaniste, expert d’art militaire et passionné d’architecture.  Palladio est aussi l’auteur de plusieurs architectures du courant du Maniérisme, tel que, la Villa Rotonda, le palais des Doges, la cathédrale de Vicence. Toute sa vie il a étudié l’architecture de Vitruve qui a permis l’accordage des bâtiments à cette époque.

 Portrait de Palladio 1756 par Alessandro Maganza

L’homme de Vitruve a permis à Palladio de réaliser un traité d’architecture, appelé, « Les Quatre Livres de l’architecture ». Dans ces ouvrages, sont indiqués les règles systématiques en matière de construction. Il a aussi publié ses croquis, ses dessins techniques ainsi que ses œuvres, ce traité est rendu public. Un nouveau style architectural voit le jour : le Palladianisme.

Les Quatre Livres de l’architecture 1570 par Palladio

Son œuvre a eu une influence considérable et influence encore aujourd’hui de nombreux architectes.

Les Bases de l’architecture selon Palladio :

D’après « Les Quatre Livres de l’architecture », Palladio a défini sept proportions majeures :

  1. le cercle,
  2. le carré,
  3. la diagonale du carré 1√2,
  4. un carré plus un tiers 34,
  5. un carré plus un demi 23,
  6. un carré plus deux tiers 35,
  7. un double carré 12.Les références couleurs apparaissent ci dessous.                                    Plan de la villa Rotonda par Palladio 1566 et 1571    

Les ornementations de l’époque sont fortement inspirées des architectures romaines. On retrouve, la fenêtre Palladien, qui est une des œuvres de Palladio. Bien sûr, les vitres sont en verre de Murano. Les voutes surcroisées d’ogives sont aussi caractéristiques de l’époque. Les chapiteaux ornés de scènes Mythiques (et pas meetic), divines, sont aussi très importants dans l’architecture Palladienne.

Maintenant, il est temps de savoir quels matériaux utiliser. Palladio a relevé plusieurs matières très importantes pour réaliser une architecture qui traversera les siècles. Il y a la pierre, permettant le taillage aux ciseaux de l’ornementation. L’argile, servant à fabriquer des briques et des tuiles. Les éléments sont façonnés puis cuits. Le mortier aussi utilisé pour relier les constructions, réalisé avec du sable, de la chaux et de l ‘eau. Le bois sert à réaliser les fondations d’une construction.

En ce qui concerne les outils, les ciseaux, les tenailles, les bouchards, les scies, sont des outils qui permettent de façonner la pierre.

Pour lever les briques, Ils utilisent des poulies, pour soulever les lourdes charges, une grue. Cette grue est une grande roue actionnée par des hommes qui marchent à l’intérieur de celle-ci. Le mouvement entraîne une corde qui s’enroule sur un treuil.

Enfin, après avoir pris connaissances des bases de l’étude des formes, des ornements, des matériaux et des outils à disposition, il ne reste plus qu’à réfléchir à un design Palladien.

Et vous est-ce que comme Palladio vous préférez une architecture symétrique, avec une géométrie parfaite, et épurée ou comme les cathédrales Gothiques, ou plutôt une architecture chargée parfois asymétrique ?

Le saviez-vous : Palladio, durant ses années d’études, était considéré comme un cancre. Comme quoi, on peut devenir architecte renommé et inventer un nouveau courant artistique avec un bonnet d’âne.

BONNETTI Mia – DNMADE 1HO – Février 2022

Le Monument Invisible

La curiosité vous attire ! Comment un monument peut-il être invisible ? Je vais vous le faire découvrir dans cet article conteur d’histoire et de souvenirs alors installez-vous près de la cheminée et laissez-vous porter par votre imagination.

Petit et encore aujourd’hui la période de Noël enchante nos esprits de sa magie créée par la neige, le sapin lumineux et les cadeaux, mais surtout et avant tout par ce gros bonhomme en rouge et blanc poussé par des rennes sur son traîneau, le Père Noël. Une histoire qui nous faisait attendre le mois de décembre avec impatience, mais qui cependant instaure le mystère avec ce personnage qui par sa discrétion n’a jamais été visible.

Alors comment et pourquoi croyons nous au Père Noël ? Demandez à vos parents, aux livres, aux films…

En effet nous ne pouvons croire en lui que par les histoires qu’on nous raconte, alors croirez vous en moi si je vous dis que se trouve dans le quartier de Schlossplatz à Sarrebrück un monument que l’on ne voit pas.

À la manière du père Noël qui rentrait clandestinement dans les maisons pour déposer des cadeaux au pied du sapin, Jochen Gerz a clandestinement scellé progressivement les pavés de la place pour rendre hommage aux disparus juifs victime de la Shoah…

Qui est Jochen Gerz ?

Jochen Gerz est un artiste conceptuel d’origine allemande, né à Berlin en 1940. Il mène l’essentiel de sa carrière artistique à Paris avant de s’installer en 2008 en Irlande. Ses travaux ne relèvent jamais d’une seule discipline artistique. Ils doivent d’abord être compris comme des œuvres in-situ où sont utilisés différents médias : Écriture, photographie, vidéo, installation, mais également performance. Ses anti-monuments et son œuvre sur la mémoire l’ont fait connaître au-delà du milieu de l’art.

« Quand je pense à l’art, je ne pense pas à l’idée de faire quelque chose. Tôt ou tard, je pense à être. Pour moi, l’art reste lié à son origine, être. C’est aussi la manifestation la plus radicale du non-dit que l’on puisse produire « .

Un Monument Pas Aussi Invisible qu’on ne le Pense

Le monument invisible, aussi appelé 2 146 Pierres, un monument contre le racisme, est une intervention faisant appel à la sculpture de Jochen Gerz.

1 an après la chute du mur de Berlin. Le pays est réunifié et la chute du mur entraîne une prise de conscience plus intense des événements passés. En avril 1990, l’ensemble des 66 communautés juives d’Allemagne (et de la RDA de l’époque) ont été invitées à mettre à disposition les noms de leurs cimetières. Jochen Gerz entreprend clandestinement, avec l’aide de ses étudiants de l’École des Beaux-Arts, de desceller progressivement les pavés de la place devant le château de Sarrebrück, ancien quartier général de la Gestapo. Sur chaque pavé, il inscrit le nom d’un cimetière juif d’Allemagne et la date de cette inscription pour le remettre en place, face gravée tournée vers le sol. Le nombre des cimetières donnés par les communautés juives s’élevait à l’automne 1992 à 2146. Cela a donné le nom au mémorial 2146 pavés.

L’œuvre a été inaugurée à Sarrebrück en mars 1993 par une exposition photographique retraçant les étapes de la réalisation du projet. Le 23 mai 1993, la place du château est officiellement baptisée Place du Monument Invisible. Ce sera le seul indice visible d’un lieu qu’on arpente sans repère.

Une Œuvre Conceptuelle

Il ne s’agit pas d’une œuvre comme les autres. D’une part, c’est une œuvre invisible, on ne la connaît que si on nous l’a raconté, car elle est cachée. C’est une œuvre conceptuelle. Le spectateur déambule donc sur l’œuvre elle-même et s’interroge sur ce qui se cache sous ses pieds. D’autre part, c’est une œuvre qui est une installation In Situ, c’est-à-dire installée non pas dans un musée, mais dans un lieu extérieur et choisi volontairement par l’artiste dans le but de créer du sens.

L’artiste détourne ici l’intention commémorative initiale et le caractère habituellement démonstratif du monument. Il crée ainsi une œuvre forte et discrète à la fois, dont le sens et la forme évoquent le silence de la population locale face aux déportations. L’artiste mobilise donc une nouvelle forme de commémoration qu’il développe sous la forme d’anti-monuments qui symbolisent l’enfouissement de souvenir de ces événements tragiques dans nos mémoires.

Si un jour vous avez l’occasion d’aller ou de retourner sur cette incroyable place, imaginez-vous arpenter une longue vallée de centaines de petits monuments pour vous laisser porter au cœur de l’espace, du calme, de la compassion et des souvenirs qu’offre Jochen Gerz à travers son œuvre.

Je vous remercie de l’attention portée à cet article, n’oubliez pas de laisser un commentaire.

Amélie T. – DNMADe23Jo – Décembre 2021

Venise : des souvenirs bientôt noyés ?

2018, c’est l’année où j’ai fait connaissance de la « Sérénissime », traduisez « la très sereine » en lien avec son histoire à l’époque de la République de Venise. Célèbre pour ses canaux bordés de luxueux palais construits depuis le Moyen-Âge, elle est actuellement vue comme la « ville des Amoureux ». Mais un problème s’impose comme une dure réalité : la montée des eaux. Elle est aujourd’hui sous la loupe des experts, menacée de devenir une ville engloutie…

Commençons par un petit bond dans l’histoire : Sa fondation date de l’an 421. Les habitants de Vénétie, expulsés par les Ostrogoth et les Lombards, se sont réfugiés dans ces terres marécageuses de l’embouchure du fleuve de Pô. Ce sera le point de départ de la ville de Venise. Elle est donc construite sur une lagune, une étendue d’eau salée peu profonde qui communique avec la mer. En réalité, les maisons ne sont pas bâties sur l’eau mais sur 117 îles reliées par des canaux. Un sous-sol de pieux de bois plantés très serrés constitue les fondations. Enfoncés dans la terre argileuse, ils sont à l’abri de l’oxygène et ne pourrissent pas. 

De nos jours, on peut que s’émerveiller devant ce magnifique travail effectué durant toutes ces années ! C’est ce que j’ai pu faire, non pas en amoureux mais en famille ! Je me sentais alors très chanceux de pouvoir visiter ladite « 8ème merveille du monde »,  inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1957 et j’étais loin d’imaginer la face cachée de la cité des doges jusqu’à ce que je tombe sur un documentaire alertant sur la disparition possible de la Sérénissime…

Mais pourquoi Venise pourrait disparaitre ?                                                                      Parce qu’elle est menacée par la montée des eaux  due au  changement climatique, aux grands projets d’infrastructures, à l’impact du tourisme de masse et à la navigation des bateaux de croisière. Elle a même  échappé de peu à l’inscription sur la liste de sites en danger par L’Unesco.

Les défenseurs de l’environnement accusent les grosses vagues engendrées par les « mastodontes de la mer » d’éroder les fondations de la Sérénissime et de menacer le fragile écosystème de sa lagune. Le réchauffement climatique provoquant la fonte des glaces, fait naturellement augmenter le niveau des mers et Venise n’échappe pas à la règle. Mais tout n’est pas de la faute au réchauffement climatique. A ces causes s’ajoutent aussi le fond marin qui s’affaisse en raison de la géologie locale, de l’extraction d’eau pour en tirer du gaz jusqu’à la fin des années 1970 et la construction d’une zone industrielle derrière Venise. L’activité humaine est donc responsable en grande partie de ce phénomène !

Pourtant Venise est habituée depuis toujours à se retrouver les pieds dans l’eau ! En effet, à chaque marée haute, en particulier en automne, la ville est inondée et notamment ses parties basses comme la place Saint Marc. On appelle ce phénomène, l’Aqua Alta. Si celui-ci n’était pas un problème jusqu’ici puisqu’il permettait de « nettoyer la ville », il en est devenu un aujourd’hui. De plus en plus fréquent et de plus en plus haut , les conséquences pourraient aboutir à l’immersion complète de Venise. Quand ? Et bien très vite puisque des études montrent, qu’au rythme actuel de la montée des eaux, Venise  serait une des premières villes à disparaitre… en 2100 ! Pour autant des vagues de touristes, descendants des bateaux de croisières, chaussent les bottes en automne pour admirer le spectacle des reflets du palais des Doges dans la mer, des vagues aussi dangereuses que celles de la Mer Adriatique ! Quelle tristesse !

28 minutes, c’est donc le temps que je vous demande pour prendre la mesure du problème en regardant le documentaire. 28 petites minutes pour les 1000 ans qu’il a fallu à la construction de Venise…

Que faire alors pour protéger ce site exceptionnel ? Acheter une paire de bottes pour visiter Venise, en attendant tranquillement d’investir dans un équipement de                plongée ! Différents projets et mesures ont vu le jour ces dernières années pour sauver Venise. Tout d’abord le projet MoSE (Modulo Sperimentale Elettromecanico) ou Moïse en italien dont parle le documentaire. Lancé en 2003, il a pour objectif de protéger la lagune en cas de montée de la mer grâce à l’installation de digues flottantes. Les premiers essais ont eu lieu en 2020, comme vous le montre la vidéo qui suit :

https://www.lci.fr/international/comment-moise-doit-sauver-venise-des-eaux-2159037.html

Ensuite l’interdiction des fameux « mastodontes » de pénétrer au cœur de la lagune avec une entrée en vigueur le 1er août 2021 et enfin, faire payer un droit d’entrer aux touristes, une sorte de taxe, à l’entrée de tourniquets installés aux abords de la cité dès 2022.                                                                                                                                                      Mais  ces solutions ne suffiront sans doute pas, Greenpeace prêche pour que les responsables s’attaquent aux causes de l’élévation du niveau de la mer. « Demain, si l’on imagine une augmentation de 3 degrés, il ne sera plus possible de sauver Venise » et pas seulement Venise… car le plan MoSE pose déjà question et divise la communauté scientifique. Il ne répond pas à toute la problématique de la montée de la mer. Fermer les digues quotidiennement reviendrait aussi à empoisonner la lagune avec les eaux usées, la pollution ce qui endommageraient davantage son écosystème. Et seront-elles assez puissantes et hautes pour le faire indéfiniment ? Cela semble être un simple pansement sur le mal, l’origine on la connait  mais on ne veut pas vraiment la voir… Nous sommes tous responsables, touristes ou non de par nos activités.

Serait-ce donc raisonnable de vous conseiller de vous dépêcher d’y aller ? Pas vraiment si l’on prend tout cela en considération. Mais alors faut-il se priver de voyages et donc se priver de se cultiver ? Je vous laisse y réfléchir, les pieds bien au sec avec, pourquoi pas, ce livre « Fragments Vénitiens » de Martine et Philippe DELERM aux éditions Seuil qui amène au voyage d’une manière différente… Et j’espère vraiment qu’elle sera que noyée dans mes souvenirs, de si beaux souvenirs…

Décidément, les vagues, quelles qu’elles soient, deviennent de plus en plus destructrices…  

BOULET Valentin DN MADE 2 Ho, décembre 2021

3, 2, 1, empaquetez !

C’est un succès mondial qu’a connu l’installation monumentale L’Arc de Triomphe empaqueté du duo Christo et Jeanne-Claude, un couple d’artistes contemporains rendu mondialement célèbres à la fois par le gigantisme de leurs réalisations et par leur caractère éphémère. Leur art consiste en l’« empaquetage » de lieux, de bâtiments, de monuments, de parcs et de paysages. Ils s’approprient un lieu ce que l’on appelle une œuvre in situ. Certaines de leurs œuvres pionnières se rapprochent du Land Art en raison de leur gigantisme ou plus généralement de leur réalisation hors des traditionnels sites : atelier, galerie, musée.

Pourquoi l’ « empaquetage » ?

Anaël Pigeat rappelle l’importance du terme précis d’ « empaquetage » pour Christo. Il ne s’agit pas d’emballage mais d’empaquetage car dans ce mot il y a l’idée du voyage, du déplacement. Quelque chose de fugitif et nomade.

Cet empaquetage est une manière de souligner le quotidien autrement. C’est une manière d’arrêter le regard, créer un temps suspendu. Christo commence cette réflexion en 1957 à partir d’un pot de peinture qu’il commence à empaqueter. Il a fait toutes sortes d’empaquetage de petits objets, il a empaqueté des meubles, des poussettes, un caddie de supermarché… puis un empaquetage à l’échelle de rue, comme le Mur de barils, le rideau de fer de la rue Visconti en 1968. Puis, son travail a pris l’échelle du paysage et des monuments. 

Ici, l’arc de triomphe fait l’objet d’un grand débat, leur dernière création a nécessité quelque 25 000 mètres carrés de tissu recyclable, 3 000 mètres de corde et plus d’un mois de travaux. Elle a coûté 14 millions d’euros, recueillis grâce à la vente des esquisses préparatoires. Un coût pharaonique qui en fâche plus d’un comme toujours… et nombreux sont les Parisiens qui se sont interrogés sur l’utilité d’une démarche dont l’esthétique fait débat. «Transformer l’Arc de Triomphe en poubelle géante le jour où Anne Hidalgo déclare sa candidature à l’élection présidentielle, tout un symbole», ironisait un twittos, sans doute en référence au hashtag #Saccageparis qui dénonce les problèmes de propreté de la capitale.

D’autres dénoncent une attaque en règle contre l’histoire de France, comparent cette œuvre à un attentat ou ont une pensée pour les touristes évidemment déçus de voir une telle horreur (les passerelles de Christo sur le lac d’Iseo en Italie avaient attiré 1,2 million de curieux en deux semaines). Certains y voient plutôt un projet « magnifique », « quelque chose de beau », « bien et original ».

Et, depuis leur première œuvre d’art ensemble en 1961 (Barils de pétrole empilés et colis à quai), Christo et Jeanne-Claude ont multiplié les projets ambitieux. Une tour médiévale en Italie, un musée d’art en Suisse, plus de 2 kilomètres de côte en Australie, le Reichstag à Berlin…

L’Arc de Triomphe aujourd’hui n’est d’ailleurs pas le premier monument parisien à passer entre les mains du duo : en 1985, Christo et Jeanne-Claude avaient recouvert le Pont Neuf par près de 42 000 m² de tissu.

« Christo avait pour projet d’empaqueter des lieux de la vie quotidienne qu’on finit par ne plus regarder pour le mettre en valeur et que l’on pose à nouveau l’œil dessus. Vu les réactions indignées à propos de l’Arc de Triomphe, son œuvre est plus qu’efficace »

La dernière œuvre de l’artiste semble en effet avoir déjà fait mouche. Choquer, indigner, émouvoir, faire réfléchir, ouvrir le débat, être critiqué… N’est-ce pas là le sens de l’art ?

Journot Lola DnMade 2  bij, 2021

Plus vrai que nature !

Quand le monde de « l’invisible » vient à notre échelle…
Vous allez voir que c’est tout autant surprenant que fascinant !

Dans cet article je vais vous parler d’anamorphoses.

Qu’est-ce que c’est ?

Cela consiste à peindre de façon déformée et calculée une image qui se reconstituera, observée d’un point de vue préétabli, et donnera à une peinture murale une impression de relief et donc de réalité spatiale.

Ici ces anamorphoses donnent vie à des petits animaux ou insectes aux dimensions gigantesques qui en déstabiliseraient plus d’un… comme si elles étaient vivantes… Alors j’espère que vous n’avez pas froid aux yeux, parce que devant ces oeuvres je crois qu’on peut se sentir bien minuscules.
(spoiler alert, si vous avez peur des araignées vous pouvez passer ;)).

« Le roi des illusions d’optique en 3D » par bewarmag.com

L’auteur de ces créatures aux proportions démesurées est Sergio Oreith, je l’ai découvert cet été par hasard sur internet et j’ai beaucoup aimé son concept artistique. C’est un street-artiste Portugais, qui est spécialisé dans le graffiti et a commencé à se faire connaitre dans les rues Portugaises dans les années 1980-1990.

Ses premières expériences furent esquissées sur des murs, des voies ferrées ainsi que dans des environnements exclusivement urbains et industriels (oui vous allez me dire, c’est bien l’idée initiale du street-art…).
Ensuite il commencera à peindre sur des grandes fresques et développera alors davantage ses talents pour le dessin à de plus grandes échelles, en s’exerçant sur des surfaces de plus en plus vastes.

Talents qui s’affirment plus tard comme un véritable art de tromper l’œil.
Il peint un art anamorphique qui peut être qualifié d’hyperréaliste et se distingue par ses compositions démontrant sa grande maitrise technique de la perspective et du jeu ombres/lumières sur différentes surfaces (angles de murs, sols, bloc de béton), créant des dessins 3D extraordinaires. Un réalisme tout simplement incroyable, presque invraisemblable. Il a par la suite appelé son procédé de « 3D sombre ».

Son sens de l’humour transparaît aussi dans la façon dont il fait dénoter ses créatures qui semblent surgir de l’obscurité et d’angles de murs oubliés de la ville… D’ordinaire c’est nous qui tombons sur ces petits êtres dans les recoins de notre maison qui nous embêtent bien, sauf qu’ici les rôles s’inversent.
C’est plutôt elles qui sont dans leur habitat naturel et nous qui sommes de trop. Une belle remise en question que nous avons là !

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe 2 bij – Octobre 2021

La merveilleuse Dentelle de Fer

Construite de 1887 à 1889. La tour Eiffel est l’œuvre de l’architecte Gustave Eiffel. Elle fut créée pour l’exposition universelle de 1889. Elle devait être détruite à la suite de cette exposition car les parisiens trouvaient qu’elle dénaturait le paysage de Paris, mais elle fût gardée et demeure actuellement le monument le plus visité du monde. Elle a servi à différentes choses : que se soit pour des expériences scientifiques ou aujourd’hui pour la diffusion de la radio et la télévision grâce aux nombreuses antennes qui se situent à son sommet. Ce monument inscrit au patrimoine mondial de l’unesco à changé plusieurs fois de couleur : de rouge à jaune en passant par ocre, elle est désormais brune depuis 1968. Cependant elle redeviendra jaune brun en 2022 pour les jeux olympiques de Paris en 2024. Sur les trois étages que comporte la Tour, on peut  retrouver différents types de structures comme un restaurant et une boutique de souvenirs au premier, un vendeur de macaron au second et le bureau de Gustave Eiffel lui-même au troisième et dernier étage de celle-ci. La tour en quelques chiffres: 324 mètres de hauteur, 7300 tonnes de charpente métallique, 2.500.000 de rivets, 2 ans 2 mois et 5 jours de construction et 7.000.000 de visiteurs chaque année. La tour Eiffel apporte du bonheur et du calme. Assis sur les bancs du champs de mars à contempler ce monument gigantesque les parisiens ne l’écartent pas de leur quotidien. Elle fait la fierté de Paris et demeure un des emblèmes les plus forts et les plus majestueux de la France. Elle demeure et perdure dans le temps depuis plus de 130 ans maintenant et s’inscrit dans un un univers géométrique et indémodable. Elle est le fruit d’une prouesse technologique et architecturale. Pour suivre son histoire et avoir plus d’informations sur la vie d’Eiffel, un film a été réalisé en 2021.

Quelques sources documentaires :

https://www.paris.fr/pages/les-sept-couleurs-de-la-tour-eiffel-16827

https://www.merveilles-du-monde.com/Tour-Eiffel/Histoire-de-l-art.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_Eiffel#Illuminations_de_la_tour

Esther L. – DNMADe1 – Octobre 21

Le zinc, matériau immatériel ?

Aujourd’hui je veux vous faire découvrir le Paris vu du ciel avec ses toitures emblématiques d’un gris bleuté que leur procure le zinc. Si emblématiques que les toits de Paris ont été proposés pour une candidature au patrimoine mondial des biens immatériels de l’UNESCO présentée par la France…

Les toits de Paris font partie intégrante du paysage urbain de la capitale et participent à son caractère unique. Alors que la plupart des toits français sont en terre cuite de couleur orange, les toits de Paris sont gris. Mais pour les apercevoir, il vous faudra lever la tête de temps en temps, prendre de la hauteur via la tour Eiffel ou encore, depuis votre canapé, regarder Belmondo galopant sur les toits de la capitale dans « peur sur la ville ».

Mais comment Haussmann a réussi « son Paris » ?

Dans les années 1840, Napoléon III et le baron Haussmann veulent modifier l’apparence de la capitale en prenant Londres pour exemple. C’est à cette époque que les toits de Paris trouvent leur origine, pour un motif qui n’avait rien à voir avec l’esthétique : Le baron Haussmann a tout simplement cherché à transformer Paris à moindre coût !

Pas cher, plus léger que les charpentes traditionnelles (en bois recouverte de tuiles), facile à travailler et à installer, très efficace contre les infiltrations d’eau, le zinc devient le matériau idéal pour recouvrir les toits des nouveaux immeubles de l’époque, les fameux immeubles Haussmanniens !

Mais pourquoi ne pas remplacer ce matériau par des tuiles ou des ardoises comme c’est le cas ailleurs en France ? Parce qu’aujourd’hui, les artisans couvreurs-zingueurs parisiens tentent de prouver leur savoir-faire. La raison est à la fois architecturale et historique mais plus du tout financière puisque le zinc a bien changé de valeur ! Il fait parti, à l’heure actuelle, des matériaux haut de gamme utilisés pour la couverture.  Sous le Baron Haussmann, 37500 habitations ont été reconstruites pour les bourgeois qui avaient besoin de « chambres de bonnes » installées dans les combles. D’où la nécessité de réduire la charpente et d’avoir cette toiture légère et fine en zinc pour gagner de la place. Aujourd’hui plus de bonnes mais des petites chambres toujours bien utiles pour augmenter le parc locatif et pour les petits budgets…

C’est pourquoi cette candidature à l’UNESCO aurait pu apporter la lumière sur les toits de Paris, sur un métier peu reconnu et qui risque de disparaître. En lice donc pour le patrimoine immatériel de l’UNESCO de 2022, les toits de Paris avec les couvreurs-zingueurs comptaient sur ce classement pour redonner du souffle à la profession qui manque cruellement de main d’œuvre. Rappelons que le patrimoine immatériel est la clé de la sauvegarde par la transmission, de génération en génération, de manière à laisser une place à l’évolution naturelle du savoir et du savoir-faire.

Mais c’était sans compter sur d’autres candidatures présentées aussi : la fête vinicole « le Biou d’Arbois » et la baguette de pain. Et c’est finalement cette dernière qui a eu la préférence pour candidater. Certes la baguette de pain est une institution française. Elle représente la France dans le monde entier et ma gourmandise aurait pu me la faire préférer aussi mais j’aurais bien aimé que les toits de Paris soient sélectionnés pour faire perdurer leur 150 ans d’histoire. La disparition des toits emblématiques de Paris est plus probable que la disparition de la baguette de pain qui n’a plus de réputation à se faire. « Les toits de Paris sont uniques au monde. Il faut faire connaître cela aux jeunes. A travers le classement du savoir-faire, c’est aussi un éclairage apporté sur les toits de Paris » a dit Gilles Mermet responsable de la candidature à l’UNESCO et je suis tout à fait d’accord avec lui. C’est un patrimoine qu’il faut absolument préserver, ils font partie de notre identité, il ne faut pas les laisser tomber et continuer à les entretenir. Dommage qu’il faille en arriver à candidater pour les mettre en lumière mais cela aura au moins eu le mérite de parler un peu de toits dans les journaux ! De plus ils n’ont pas dit leur dernier mot puisque leur première candidature date de 2014 !

En attendant de les voir entrer au patrimoine immatériel de l’UNESCO ou d’aller faire un tour dans la capitale (pensez à lever les yeux ou aux visites guidées des toits), je vous propose une petite visite virtuelle.

https://artsandculture.google.com/streetview/toits-du-palais-garnier/MwHej74z895Uvg?hl=fr&sv_lng=2.331656506485047&sv_lat=48.87223414775861&sv_h=169.6947612995985&sv_p=-29.730898427377852&sv_pid=N9hs0LHI4AAAAAGuvISryg&sv_z=0.9999999999999997

BOULET Valentin DN MADE 1 Horlogerie, avril 2021

L’œuvre d’une vie

« Que faire en marchant perpétuellement dans le même décor, à moins que l’on ne songe. Pour distraire mes pensées, je construisais en rêve, un palais féerique… »

     33 ans d’épreuves, 10 000 journées, 93 000 heures de travail 

Ferdinand Cheval, facteur rural de Hauterives dans la Drôme, commence son œuvre en avril 1879, à l’âge de 43 ans.

Lors de sa tournée quotidienne, il butte sur une pierre si bizarre qu’elle réveille, en lui, un rêve. Il se fait la réflexion que si la nature peut « faire de la sculpture », il pourrait lui-même devenir architecte.

Véritable autodidacte, il consacre 33 ans de sa vie à bâtir seul un Palais de rêve dans son potager. Il s’inspire de la nature, des cartes postales et des premiers magazines illustrés qu’il distribue.

Chaque jour, en pleine campagne, il parcoure une trentaine de kilomètres durant lesquels il ramasse des pierres avec sa brouette. De retour à son domicile, il travaille de nuit à la lueur d’une lampe à pétrole. En solitaire, incompris et considéré comme excentrique et fou, il inscrit sur son monument « Travail d’un seul homme ». Son palais de rêve est achevé en 1912.  

Au cœur d’un jardin luxuriant, le monument mesure 12 mètres de haut et 26 de long. Les pièces ont été construites avec les pierres ramassées sur son chemin, des armatures en métal, de la chaux, du mortier et du ciment.

Le Facteur cheval a imaginé un palais inhabitable, peuplé d’un incroyable bestiaire : pieuvre, biche, caïman, éléphant, pélican, ours, oiseaux… Mais aussi des géants, des fées, des personnages mythologiques, des cascades, des architectures de tous les continents… Un monde fantastique bâti grâce à l’imagination d’un seul homme.

Unique au monde, le Palais idéal a inspiré les artistes durant plus d’un siècle. Construit sans aucune règle d’architecture, il a fait l’admiration des surréalistes. Il a été classé en 1969, Monument Historique par André Malraux, alors Ministre de la Culture, au titre de l’art naïf.

« J’ai bâti ce palais des milles et une nuit, où j’ai gravé mon souvenir »

 

Le palais comporte quatre façades :

La façade Est, où il a passé 20 ans de sa vie, se nomme « le temple de la nature ».

« La grotte où il y a trois géants c’est un peu de l’égyptien, en dessous on voit deux momies que j’ai façonnées et sculptées. Ces trois géants supportent la Tour de Barbarie où dans un oasis croissent les figuiers, les cactus, des palmiers, des aloès, des oliviers gardés par la loutre et le guépard. À la source de la vie j’ai puisé mon génie »

Les formes de la façade ouest sont moins organiques. On y trouve une mosquée, un temple hindou, un chalet suisse, la maison carrée d’Alger et un château du Moyen Age. On accède à une galerie de 20 mètres et une terrasse de 23 mètres de long grâce à des escaliers.

 

La façade nord est composée de toutes sortes d’animaux. Tandis que la façade sud est très dégagée et ouverte grâce à son balcon et sa terrasse, qui était destiné à stocker les pierres ramassées.

 

 

Le Facteur Cheval a inscrit plus de 150 textes poétiques sur l’ensemble du palais :

« En cherchant j’ai trouvé, 40 ans j’ai pioché, pour faire jaillir de terre ce palais de fées. Pour mon idée mon corps a tout bravé, le temps, la critique, les années. »

La Vila Alicius, a également été bâtie par le facteur Cheval, en l’hommage à sa fille Alicia décédée en 1894. Elle se situe à côté du palais, ce qui lui a permis de travailler tout en étant proche de sa famille.

 

 

 

N’ayant pas l’autorisation d’être inhumé dans son palais, il met 8 ans supplémentaires à construire de la même manière sa tombe, nommé « le tombeau du silence et du repos sans fin », au cimetière de Hauterives.

Son travail remarquable m’a impressionné lorsque j’ai visité le palais. Le nombre de détails est inimaginable et le fait de pouvoir circuler à l’intérieur est d’autant plus surréaliste. 33 ans dans une vie, ce n’est pas rien ! C’est incroyable de se dire qu’il est la création d’un seul homme. On ne peut que s’incliner devant l’immensité de ce monument. C’est un véritable chef d’œuvre !

« C’est de l’Art, c’est du rêve, c’est de l’énergie »

Si cet article vous a intéressé, je vous conseille le film biographique de Nils Tavernier, réalisé en 2018. Vous y découvrirez le travail acharné d’un personnage touchant qui a dédié sa vie à son œuvre et à sa famille.

 

Alizée Couton-Badina, Dnmade 1 Bij, février 2021

Un peu de nature, un peu de fraicheur, un peu de vision futuriste dans ce monde !

Aujourd’hui je vais vous présenter un architecte pas forcément très connu, mais qu’on aimerait voir plus souvent s’illustrer autour de nous ! En ces temps pas forcément très agréables, un peu tristes et moroses, un peu d’émerveillement est toujours le bienvenu ! En effet cet architecte s’illustre d’une façon assez originale en mêlant écologie, science-fiction, science et urbanisation dans des projets que je qualifierais d’apaisant à regarder.

Vous êtes prêts pour le voyage ? On part donc avec Luc Schuitten, notre architecte belge formé en l’académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, également peintre et auteur de bandes dessinées.

Ses projets architecturaux, que je vais vous présenter, semblent tout droit tirés d’une bande dessinée, c’est peut-être cela qui les rend utopiques, son approche de l’architecture pourrait s’apparenter dans certaines lignes à Antonio Gaudi, Frei Otto ou à l’art déco en général mais avec une « green touch » bien plus poussée.

On y arrive ! Voilà un peu ce que réalise notre architecte…

Des projets de villes visionnaires, végétalisées et futuristes.

Ou encore sa vision du deuxième demi-cercle de la Saline Royale à Arc-et-Senans, (cf premier article sur la Saline Royale, « Une ville dans la ville »).

Des projets qui nous font voyager rien qu’en les observant, sa démarche est assez technique, il cherche inlassablement des solutions alternatives à la dégradation de l’environnement, casser les lignes rigides qui définissent notre société, innover avec les matériaux, en bref amener la verdure et les formes abstraites là où il en manque un peu…

Les projets de cet architecte se veulent animés, afin qu’on les voie vivre même sur un simple dessin ou une simple photo, et c’est ça toute la force de son coup de crayon, réussir à nous placer dans ses villes, ses cités, rien qu’en puisant dans notre imagination. Qui n’a pas envie de s’évader loin de son quotidien, et d’aller faire un tour dans la tête de Schuitten pour rêver un peu..

J’apprécie beaucoup l’architecture sous toutes ses formes, mais grâce à Luc Schuitten il est désormais possible de s’affranchir du coup de crayon strict que connait notre ère et d’arriver à quelque chose de plus « naturel ».

GUYOT Léo DNMADe1 HO 2020-2021

Un architecte en carton

Il était un petit homme pirouette cacahuète… il a créé une drôle de maison…

sa maison est en carton

Qui est ce petit homme ? Shigeru Ban, un architecte japonais.

Paper log house, Shigeru Ban, 1995

Ça ressemble à une blague de mauvais goût. Va-t-on vraiment loger des réfugiés dans des cabanes en carton?

Ça a le mérite d’être facilement transportable, pas cher et puis, c’est joli le marron.

Si ces abris ont été créés, c’est à cause de tremblements de terre qui ont détruit des habitations. Ce serait dommage que ces  »nouvelles » maisons temporaires le soient plus que prévu, elles pourraient s’effondrer avec la pluie ou s’envoler comme celle des trois petits cochons. 

Et le confort ? Ces maisonnettes n’ont pas l’air très isolées!

Pas de panique! Notre architecte est un spécialiste des constructions efficaces pour les états d’urgence. Chaque abri offre un lieu de vie de 16m2. Les tubes de carton qui constituent les murs sont imperméabilisés par du polyuréthane transparent et bourrés de papier journal pour une isolation thermique (oui, le papier et le carton sont de bons isolants). Le toit imperméable est en toile de bâche. Le sol en contre-plaqué repose sur des caisses de bière lestées de sable, elle ne risque donc pas de s’envoler.

Les réalisations de l’architecte sont résistantes, par exemple, la cathédrale de nouvelles Zélande est prévue pour résister 50 ans. Alors, pour des abris provisoires, ces matériaux sont parfaits : recyclés et recyclables, facilement trouvable et transportables, à moindre coût que les victimes de catastrophe pourraient monter rapidement elles mêmes.

Ces constructions sont tout de même des habitations temporaires, montées dans des situations d’urgence. On peut espérer mieux comme lieu de vie. Mais ils ont permis à plusieurs familles commençant en 1995 à Kobe (Japon) puis en 2001en Inde après de violents séismes. Shigeru Ban collabore avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés élaborant des abris d’urgence pour les victimes du génocide Rwandais.


On voit que les matériaux communs destinés à l’emballage et au transport pour être jetés peuvent devenir matière première plus intéressantes qu’on ne le pense. Impressionnant non? On peut tout faire avec du carton aujourd’hui. Même des vélos.

 

 

 

Vélo en Carton, Phil Bridge

Peut-être que prochainement, les maisons en carton ne seront plus que des abris provisoires mais des villas de rêve. Et peut-être qu’on ne se cassera pas le bout du nez en montant sur des escaliers en papier.

Elisa Maillot – DNMADe 2 Jo – Décembre 2020

Un maître de l’illusion architecturale

Alex Chinneck, né en 1984, est un sculpteur britannique connu pour la création d’œuvres d’art publiques temporaires (la plupart sont présentes dans le Grand Londres), il s’est notamment spécialisé dans des installations revisitant des bâtiments urbains.

A 16 ans il commence à s’intéresser à l’art et décide d’étudier au Chelsea College of Arts, ou il obtient un baccalauréat d’arts. Peu de temps après l’université, il a reçu un prix Gilbert Bayes de la Royal Society of Sculptors pour l’aider dans sa transition vers la pratique professionnelle.

L’une de ces premières œuvres est « From the Knees of my Nose to the Belly of my Toes » (2013) à Margate. Chinneck donne l’illusion que toute la façade d’une maison avait glissée dans le jardin.

« Take my Lightning but Don’t Steal my Thunder » (2014), un bâtiment situé à Covent Garden conçu pour donner l’impression qu’il flottait dans les airs.

https://www.youtube.com/watch?v=jKD9t3AQ1ik

Une autre œuvre assez bluffante « Pick Yourself Up et Pull Yourself Together » (2015), réalisé dans le parking de Southbank Center. Il met en scène une route qui se replie sur elle-même et où une Vauxhall Corsa roule la tête à l’envers.

« Growing up gets me down » (2018), l’artiste met en forme un cabinet de pendule en bois en réalisant un nœud. De ces dires « Le processus technique était assez complexe du fait que le bois ne devrait tout simplement pas se plier de cette façon ». L’échelle est différente de ces autres œuvres majeures, mais le résultat est tout aussi surréaliste.

A travers son travail, Alex Chinneck a pour ambition de transformer des immeubles et structures du quotidien en œuvre d’art. Il a déclaré : “Je conçois des œuvres d’art ludiques pour que tout le monde puisse les vivre et les apprécier. Je veux transformer le quotidien en extraordinaire.”

Pour les plus curieux, je vous mets le lien de son site web : https://www.alexchinneck.com/

Thomas Maréchal – DN MADe 2 Ho Décembre 2020

Notre patrimoine en danger

Vue sur les Grandes Ecuries du château

Connaissez-vous le somptueux domaine de Chantilly ? Un site unique à l’histoire riche et pleines de surprises. Vous ne connaissez-pas ? Alors c’est parti pour une petite leçon d’histoire…

Le domaine de Chantilly c’est un sublime château et un parc de 115 hectares, Les Grandes Écuries (les plus grandes d’Europe), un hippodrome et un domaine forestier absolument immense (je ne cite pas tous les bâtiments tellement le site est riche ! ).

Cabinet des Livres du château

L’histoire de tous ces lieux se développe autour de l’un d’eux : le château. Façonné du Moyen Age au XIXe siècle par ses différents propriétaires, l’histoire du domaine est intimement liée à l’Histoire de France.

Le château fut au départ un bâtiment fortifié construit sur un rocher parmi les marécages de la vallée de la Nonette et contrôlant la route de Paris à Senlis. Alors que la guerre de Cent ans ravageait la région, le château fut pillé en 1358…(ça commençait bien…) Lorsque la famille d’Orgemont achète le domaine en 1386, il font du château une véritable forteresse. Depuis, le château ne sera plus jamais vendu, mais hérité.

Quand le connétable Anne de Montmorency acquiert le domaine, il en fait un château de plaisance dans le style de la Renaissance française (inspirée de l’italienne).

En 1632, le château est confisqué par le roi, son propriétaire ayant été décapité pour s’être révolté contre Richelieu (aïe, mauvaise idée).

Puis le prince de Condé, Henri II de Bourbon, récupère le domaine. Son fils Louis II de Bourbon dit “Le Grand Condé” organise une vie de cour qui n’a rien à envier à celle de Versailles en conviant les plus grands esprits de son temps : Molière, La Fontaine, Racine… Le Grand Condé fit même appel à Le Nôtre pour aménager de grandioses jardins à la française.

Après avoir été reconstruit plusieurs fois, le château voit apparaître à ses côtés les Grandes Écuries en 1719, dans la même période, le Hameau du parc, le théâtre, le jeu de Paume et le château d’Enghien ont été édifiés.

A la Révolution, le château est complètement démoli par la Bande Noire pour revendre ses pierres, il faudra attendre 1875 pour que le duc d’Aumale, Henri d’Orléans reconstruise le château. Sans héritier, le duc d’Aumale lègue à sa mort la propriété à l’Institut de France.

Une particularité m’a toujours interpellée dans ce château, dans la chapelle Saint-Louis, derrière l’autel se trouve une petite chapelle dite La Chapelle des Coeurs des Princes de Condé. Dans cet édifice repose les cœurs de tous les princes de Condé… En reposant de cette manière, les Princes pensaient qu’ils se réincarneraient en chevaux après leur mort.

C’est cette incroyable histoire (un peu longue pour les moins passionnés d’entre nous) que nous sommes en train de perdre. En effet, le domaine de Chantilly, aujourd’hui visitable dans sa grande majorité, lance un appel au don. La crise actuelle n’a pas épargné notre patrimoine. Et sans nos

En arrière plan : l’hippodrome                Premier plan : le château et les jardins

visites régulières et notre curiosité, les sites exceptionnels de France sont en train de mourir. Alors, foncez ! Soutenons notre patrimoine et faisons en sorte qu’il reste intact le plus longtemps possible !

 

 

Article proposé par Manon Rousselle, DNMADE2 JO, Décembre 2020

Une gare qui ne manque pas d’air

Ça vous dirait de prendre le train vers le futur vous ? Monsieur Calatrava a pensé à tout !

La gare de Liège-Guillemins ou la gare Calatrava est la principale gare ferroviaire de la ville de Liège et elle à été inaugurée en 2009 après dix années de travaux, ça valait là peine d’attendre !

A la fin du 20ème siècle les infrastructures de la gare actuelle ne répondaient plus au besoin d’accueil des TGV ou des trains nationaux, il fallait donc construire une nouvelle gare. Après un concours d’architecture où douze candidats se sont présentés, c’est à Santiago Calatrava que la réalisation est confiée.

La gare est donc l’œuvre de l’architecte espagnol, celle-ci a été imaginée et réalisée avec des allures très futuristes.

C’est notamment grâce à son apparence futuriste qu’elle reçoit un « rôle » dans un grand film américain qui n’est autre que « Les gardiens de la galaxie ». La gare est utilisée comme partie du décor lors d’une scène sur la planète Xandar, capitale de l’Empire Nova.

Dans le film elle est parfaitement insérée dans un univers futuriste mais dans Liège elle se démarque et est devenue un réel emblème.

Avec son architecture hors du commun elle ne laisse pas indifférent et elle interpelle notre sens esthétique. Elle est impressionnante, aérée, remplie de courbes et de vitres, c’est Beau.

Dans la nuit elle apparait tel un OVNI posé sur le côté de la ville.

Dallemagne Justin – DNMADe 2 Horlogerie – année 2020/2021