« Divagation sentimentale » une exposition pour bouger

« Divagation sentimentale » est une exposition née de la réunion d’un artiste et d’un agriculteur, c’est au cœur de la Puisaye, dans la ferme familiale des Metz que vous pourrez effectuer cette balade forestière et culturelle. Vous vous promènerez sur un chemin en forêt le long duquel vous pourrez voir les œuvres de Pierre Marty et de la nature elle-même. En effet vous pourrez notamment y voir un chêne centenaire ayant résisté à la foudre, ou encore une allée de trognes (arbre taillé périodiquement à la même hauteur pour produire durablement du bois, voir photos).

Pour commencer, voici une présentation de Pierre Marty et le Hugues Barrey (agriculteur).

Pierre Marty est un artiste travaillant le bois brulé depuis l’incendie de sa maison ne 2017, il a d’abord commencé par donner une seconde vie à la charpente calcinée de sa maison.

Hugues Barrey est un paysan, éleveur, travaillant dans la ferme des Metz (Yonne), propriété familiale depuis plus de 2 siècles.

C’est une promenade dans le bocage poyaudin rythmée d’œuvres et d’arbres remarquables que vous propose cette exposition, que nous allons vous détailler.

Dès votre arrivée dans le cour des Metz vous serez accueilli par cette trogne avec ses cheveux qui dansent avec le vent.

En vous retournant vous verrez sur la façade de la grange l’immense soleil noir.

A partir de la commence le voyage en forêt débutant par une grande « allée » où se dresse à intervalles réguliers des piliers surmontés d’une branche noire et or.

A mi-chemin du parcours se trouve un étang qui il y a peu était sec, des arbres poussaient au fond, désormais trône au milieu de l’eau un grand buché.

Devant cet étang vous pourrez voir le chêne foudroyé toujours debout malgré l’immense cicatrice partant de son sommet jusqu’à son pied, témoin de ce qui lui est arrivé. Cicatrice que Pierre Marty et Hugues Barrey ont décidé de peindre en noir et or.

Pour le retour vous passerez dans un chemin creux, bordé de trognes ou vous pourrez entendre à chaque passage un poème s’élevant de ces arbres remarquables.

Pour finir vous vous rendrez dans l’ancien manège ou vous pourrez voir une forêt de branches calcinées, et pourrez par la même occasion discuter avec l’artiste.

Nathanael C. – DNMADe1 Ho – Octobre 2022

« Tant de mots parlés »

Su-Mei Tse est une artiste, musicienne et photographe Luxembourgeoise née en 1973. Elle s’inspire de ses origines européennes et asiatiques pour créer ses vidéos, sculptures et autres œuvres.

Son œuvre, “Many Spoken Words“, créée en 2009, est une installation appartenant au Musée d’Art Moderne de Luxembourg.

Mesurant 2 mètres 31 de hauteur, cette fontaine de jardin anglaise de style baroque est faite de pierre et de fonte. Avec plusieurs vasques superposées, le trop plein d’encre déborde et finit son chemin dans le grand bassin de 3 mètres 50 de diamètre.

À travers le style de la fontaine et l’encre de Chine, Su-Mei Tse rappelle les origines anglaises de sa mère et chinoises de son père.

L’artiste nous partage son intention de rendre hommage à la littérature, évoquant les possibilités illimitées des mots, le renouvellement constant de la création et « le processus entier du langage : le chemin que prend une pensée initiale, de la parole au texte écrit » (Su-Mei Tse). 

L’encre telle la pensée prend sa source à l’intérieur de l’enfant, jaillit de sa tête comme si elle était communiquée. Elle coule ensuite le long de la fontaine comme dans le tube d’un stylo, puis finit sa course en laissant des traces indélébiles sur les bords, comme sur du papier.

Elle n’exprime pas seulement une langue mais toutes celles qui ont existé et qui existeront.

Si vous en avez l’occasion, penchez vous au-dessus du bassin et observez tel Narcisse votre propre reflet.

https://www.mudam.com/fr/collection/su-mei-tse

PARASECOLI Léa DNMADE HO 1 OCTOBRE 2022

Un animal peut-il faire de l’art ?

Prenons l’exemple de Desmond Morris. C’est un zoologiste et peintre surréaliste anglais qui a consacré sa vie à démontrer qu’on peut apprendre à un singe à peindre.

Desmond Morris et Congo
Congo, 3 ans, 1957

De 1956 à 1959, Desmond effectua des ateliers de peinture avec Congo qui finit par s’intéresser à l’activité . «Congo devenait de plus en plus obnubilé par ses séances régulières de peinture. Si j’essayais de l’arrêter avant qu’il ait fini une toile, il se mettait à hurler. Si j’essayais de le pousser à continuer à peindre alors qu’il considérait avoir terminé, il refusait sans concession», raconte le scientifique.

Congo avait, selon le zoologiste, un sens de la composition et de l’équilibre aiguisé et était maître de sa production. Il peindra plus de 400 toiles, qui attirent rapidement la curiosité du monde de l’art.

30e séance de peinture, 11 décembre 1957

En effet, ses peintures ont suscité un engouement tel qu’en 1957, l’Institut d’Art Contemporain de Londres expose une grande partie de ses toiles se classant dans le style « expressionniste abstrait ».

Desmond publie un livre intitulé « The Artistic Ape » en 2013 suite à son expérience avec Congo.
Malgré sa volonté de se séparer des peintures et dessins réalisés par Congo, Desmond Morris ne s‘est pas résolu à vendre « Split Fan Pattern with Central Black Spot » qui signifie « Motif en éventail fendu avec tache noire » que Congo a réalisée en 1957. Pour la première fois, le chimpanzé modifie son motif en éventail classique. C’est un geste que les singes font lorsqu’ils étalent des feuilles pour faire leur nid.
C’est la première fois que Congo prend une décision purement artistique, ce qui montre, selon Desmond Morris, un désir d’organiser des modèles visuels.

Des lors, nous pouvons nous demander si l’animal a réellement conscience de ses décisions artistiques ou s’il a fait preuve d’Instinct ?

L’instinct se définit par une part héréditaire et innée des tendances comportementales des animaux ou comme une impulsion souvent irraisonnée qui détermine les actes et les comportements.
Cela peut également être un don ou une aptitude à sentir ou à faire quelque chose comme par exemple avoir l’instinct du beau.

La conscience est une connaissance intuitive que chacun a de son existence et de celle du monde extérieur.
En psychologie cela se décrit comme une fonction de synthèse qui permet à un sujet d’analyser son expérience actuelle en fonction de la structure de sa personnalité et de se projeter dans l’avenir.

Dès la naissance, les animaux ont des comportements innés, c’est-à-dire qu’ils agissent de manière instinctive, sans réfléchir.
En sachant la définition de ces deux termes, on peut en déduire que Congo faisait en réalité plus preuve d’instinct lorsqu’il a modifié sa composition en forme d’éventail classique pour imiter les feuilles du nid.

En ce qui concerne ses autres toiles, nous pouvons également nous demander si son art ne provient pas d’un comportement acquis.

Un comportement qui a nécessité un apprentissage est un comportement acquis. L’animal apprend de différentes façons. Il peut apprendre en prenant des habitudes dues à la répétition d’un comportement, par imitation en apprenant les gestes d’un animal ou humain maîtrisant un comportement ou encore par imprégnation ou l’animal ne peut se défaire d’un premier objet qu’il perçoit.

Plus le système nerveux central d’un animal sera développé, plus il sera en mesure de faire de nouveaux apprentissages, les emmagasinant dans sa mémoire.En analysant les propos de Desmond à l’égard de Congo on peut facilement comprendre qu’il s’agit d’un comportement acquis.
En effet, le singe ne s’est jamais détaché de son matériel de peinture, il répétait souvent l’acte de peindre et était accompagné de Desmond. Nous pouvons donc conclure qu’il a, dans un premier temps, acquis son comportement en imitant l’humain puis en répétant des habitudes.

Lisa BRIDAY DNMADE Jo 2 – Décembre 2022

L’indépendance : une histoire monumentale

Ah ! New York, 1930 ! La découverte par l’astronome américain Tombaugh de la neuvième planète du système solaire Pluton, le début de la construction de l’Empire State Building, et bien d’autres… Mais qu’en est-il de l’art, l’écologie New-yorkaise ?

Aujourd’hui Louise Nevelson est à l’honneur, née en 1889, sculptrice et peintre New-Yorkaise d’origine Ukrainienne. En 1920, elle étudie le chant, le dessin, mais aussi l’art dramatique. Elle suit des cours de peinture à « L’art Students League » de New York. C’est à partir de 1933, qu’elle expose ses œuvres picturales aux États-Unis. Entre 1934 et 1945, elle se tourne vers la sculpture. Dès lors elle étudie tous les matériaux en rapport avec son nouveau métier, la terre cuite, l’aluminium, le bronze, au « Sculpture Center ».

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This is Louise Nevelson by Pinterest.

Elle est qualifiée comme l’une des premières femmes à montrer ses sculptures dans les années 50. Elle n’est pas très connue en Europe, car les dimensions de ses œuvres sont monumentales et compliquées à transporter.

Ses œuvres (boîtes) font partie du mouvement de l’expressionnisme abstrait. Son but artistique était d’utiliser des objets du quotidien mis à la décharge, ou des objets trouvés, et créer des assemblages pertinents. Elle utilise des caisses en bois qu’elle imbrique selon un dessin réalisé au préalable, elle cloue, colle, rive, d’autres déchets, en ajoutant du plexiglas ou des miroirs… Elle recouvre ses sculptures d’une couche de peinture noire dans un premier temps puis par la suite, elle utilisera du doré ou du blanc. Elle qualifie le noir comme étant dédié à l’aristocratie, le blanc par le deuil et les promesses. Plus tard, elle introduira le plexiglas pour des effets de transparence. Ses sculptures sont alors plus lumineuses et rencontrent un énorme succès. Son but est de supprimer la fonction initiale de l’objet, le recycler et le détourner du fait que l’on ne puisse plus ou très peu le reconnaître. 

(attention histoire…)

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Louise Nevelson, Chapel II, 1959.

« Il était une fois une jeune Ukrainienne du nom de Louise Nevelson qui se mariait avec un homme beau et riche. Elle était vêtue de blanc. Quelques années plus tard, la jeune femme divorçait en noir de cet homme qui voulait la contrôler. » À cette époque, le divorce n’était pas très courant ni bien perçu. Par la suite, elle construit une Chapelle-Blanche illustrant son mariage.

Un peu répétitif non ? Tous ces objets entassés symbolisent des autels laïcs mystérieux pouvant être destinés à l’industrialisation naissante.

À partir de 1957, elle se démarque des autres avec son style : des immenses sculptures murales, avec la même valeur ritualiste ou totémique que les œuvres de ses collègues expressionnistes abstraits, c’est-à-dire l’utilisation de ce mouvement en arme politique.

Remarquons l’esprit avant-gardiste de cette Ukrainienne, qui représente l’indépendance, la force (porter des objets lourds pour ses sculptures monumentales), la mixité avec sa culture incluse dans l’art New-yorkais. Elle apporte un nouveau style tant dans la réutilisation d’objets défectueux, que dans l’emploi de ces couleurs sobres qui sont toujours d’actualité. L’emploi de formes géométriques démesurées.

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Louise Nevelson, Sky Cathédral presence, 1951-64.

En appréciant ses sculptures, on peut comprendre les valeurs que cette femme veut nous faire passer, l’idéologie politique des États-Unis durant la Guerre Froide.

Ses œuvres ont été remises au goût du jour, grâce à la fondation Louise Nevelson qui met en relation les problématiques actuelles comme l’écologie, l’indépendance des femmes, et l’excentricité humaine. Le seul endroit où nous pouvons admirer les œuvres de Louise Nevelson en France est au Musée de Peinture et de la Sculpture, à Grenoble.

À votre avis ? Comment peut-on exploiter les objets jetés dans l’art contemporain ?

Par Mia Bonnetti DNMAde24 Horlogerie Octobre 2022.

L’art comme générateur de confiance

Il est dur de donner confiance aux autres d’autant plus lorsque nous manquons d’estime nous-mêmes. Beaucoup sont à la recherche de cette estime de soi et tentent toutes sortes de thérapies. Et si l’art pouvait en être une ?

C’est le défi que s’est lancé Olafur Eliasson, un artiste contemporain danois renommé. Il a comme volonté de donner plus de rôle aux œuvres d’art. Voyant au-delà de leur capacité esthétique et leur ingéniosité, l’artiste aspire à éveiller et interroger les visiteurs.

En 2014, il expose au musée d’art contemporain de Montréal Maisons des ombres multiples. L’exposition est constituée de plusieurs salles et chacune est éclairée de feux colorés. Dirigés vers un seul mur, ils se fondent entre eux pour ne former qu’une unique lumière blanche. Ces œuvres exploitent le principe de décomposition de la lumière en invitant le public à interagir avec elles. En marchant devant ces feux, les visiteurs brisent l’unification de ceux-ci faisant apparaître des ombres colorées. L’artiste n’est plus le seul à avoir une possibilité d’agir sur les œuvres. En partageant son rôle, il est le premier à donner sa confiance et encourage le génie créatif du public. Ces œuvres sont une forme d’art poussant à la communication et à la prise de décisions. Olafur Eliasson souhaite diffuser le bonheur de prendre confiance.

« Votre ombre que vous apercevez sur le mur est une preuve irréfutable de votre présence dans l’espace, dit Olafur Eliasson. C’est une conséquence de votre existence à cet endroit. Maintenant, si vous choisissez de suivre cette ombre, des phénomènes inattendus commencent à se produire. »

« Vous devenez activé par votre propre ombre, de telle sorte qu’elle n’est plus une conséquence de votre présence dans l’espace, mais que vous devenez la conséquence de sa présence. »

La même année, l’artiste investit la fondation Louis Vuitton en y installant son exposition  Contact . L’exposition promet un voyage cosmique au sein d’une architecture futuriste à l’allure de vaisseau. Cette fois-ci, ce sont de nouveau des œuvres interagissant avec les visiteurs et leurs sensations. Dans cette exposition, la confiance en soi est abordée au travers de l’exploration de l’inconnu. Le public est invité à venir toucher une météorite pour ensuite être immergé dans des salles obscures et mystérieuses. Les visiteurs sont accueillis dans un monde parallèle et encouragés à entrer en contact avec celui-ci. Olafur Eliasson explore alors « les relations qui unissent les perceptions du moi, de l’espace et de l’univers » et interroge « l’horizon qui sépare, chez chacun d’entre nous, le connu de l’inconnu».

J’aime la façon dont l’art à évolué, les libertés qu’il a pris jusqu’à son rôle dans notre société. Il est devenu un moyen de lutter contre l’isolement et est au cœur de notre sociabilisation car il nourrit les discussions, pousse à la réflexion, au débat ainsi qu’à l’exploration de notre environnement.

Je vous invite à lire Expérience Immersive, un second article du blog sur Olafur Eliasson qui dévoile une autre vision de sa démarche artistique.

Lily-Rose H. – DNMADE24JO – DEC 22

C’est pratique mais est-ce vraiment utile ?

Aujourd’hui, l’automobile en général est avant tout un moyen de transport qui fait tout pour être aseptisé et confortable.
 Il y a un demi-siècle encore, l’objectif des constructeurs ou des mécaniciens amateurs étaient de faire rugir des moteurs thermiques à tout-va, avec comme seule préoccupation d’avoir une sonorité agréable à l’oreille.

Aujourd’hui, la préoccupation a bien changé puisque la tendance est plutôt de rechercher de nouvelles énergies motrices ayant un impact le plus minime sur l’environnement. L’âme de l’automobile est en train de laisser sa place à la modernité, quitte à ce que nos dirigeants utilisent des termes ou des moyens importants pour convertir les populations.
Ce monde de l’automobile n’a jamais autant été démocratisé qu’aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux et Internet.
Nombreuses sont les personnes qui s’engagent sur ces nouvelles plateformes et notamment les artistes qui eux s’en servent en plus des galeries d’art et des expositions pour impacter notamment les nouvelles générations. Je pourrais citer Erwin Würm qui avec ses «fat car» rend l’automobile moche et inutilisable, ce qui supprime tout intérêt d’en posséder une, ou encore Humberto Diaz qui montre que l’automobile est source de sa propre destruction avec certaines de ses œuvres.

Mais l’artiste auquel je vais m’intéresser, c’est Ichwan Noor. Cet artiste indonésien s’est tout simplement attaqué à un monument de la culture automobile, la Volkswagen Beetle, et il l’a en 2013, transformée en une sculpture de forme sphérique de 1m80 de diamètre. La folie de cette œuvre, c’est qu’il a su garder tous les éléments qui rendent la Beetle identifiable au premier regard, et les a dénaturés pour que l’ensemble ne ressemble plus du tout à une voiture.

Outre la modernisation de la sculpture, il a détaché la fonction de base de l’objet pour lui retirer toute autre utilité autre que le visuel et a donc rendu cet objet «inutile». C’est une manière originale de dénoncer le fait que l’on utilise un gros objet, difficile à fabriquer, coûteux à entretenir et à faire fonctionner, polluant pour qu’au final ça n’ait qu’une seule utilité (certes bien pratique) mais unique. Ne serait-ce pas égoïste de mettre tous ces moyens en œuvre et d’avoir tellement de répercussions juste pour se faciliter la vie ? C’est une des premières idées qu’il évoque par son travail. Un second point est le fait qu’une fois sa fonction première retirée, on se retrouve avec un objet, sans vraie utilité, qui est lui aussi coûteux en énergie et impactant pour l’environnement si l’on veut le recycler ou le remettre en fonction.  Est-ce que le bénéfice est-il vraiment existant?
Ichwan Noor n’a ni été le premier à dénoncer l’automobile, et ne sera pas non plus le dernier, alors qu’aujourd’hui, on nous présente de nouveaux moyens énergétiques ayant eux aussi leurs failles et leurs avantages.

Merci de votre lecture, qui je l’espère, vous aura intéressé.

Marc G. – DNMADe1 HO – Avril 2022

Numéric’art

On commence avec une vaste question.
Qu’est-ce que l’art ?

Minute papillon je vais tout t’expliquer !

L’art regroupe les œuvres humaines destinées à toucher les sens et les émotions du public. Par l’expression « œuvre d’art », ce qui est visé, ce n’est non pas, ou pas seulement, la production d’un objet qui suppose un certain savoir-faire (comme celui que détient l’artisan) mais celle qui relève d’une création libre et non soumise à l’utilité.

L’art est la première forme de communication dans le monde depuis l’existence des Hommes. À l’époque, les techniques n’étaient évidemment pas les mêmes que de nos jours. Ce qui retient l’attention c’est avant tout la simplicité de celles-ci et des moyens employés. Quelques silex, des blocs de pigments, des broyeurs, quelques pinceaux et tampons, des pochoirs en peau, bien que la plupart du temps ce soit la main qui joue ce rôle, voilà réunis tous les produits et les outils nécessaires à la construction graphique des peintures. Ce type d’art se nomme “L’art pariétal paléolithique”. 

Au fil des siècles, de nouvelles techniques ainsi que de nouveaux outils ont vu le jour modernisant un peu plus l’art traditionnel.  De nos jours, le dessin numérique est de plus en plus présent mais surpasse t’il pour autant le dessin traditionnel ?

Qu’est ce que le dessin traditionnel ?

Le dessin traditionnel permet l’expression de toute la personnalité de l’auteur, que ce soi de par le choix du papier ou du coup de crayon. Dans le cas de la peinture, le traitement du relief selon le choix de la toile ou du médium varie d’une personne à l’autre et représente une signature unique.

D’un point de vue historique, l’art traditionnel apporte une valeur sentimentale plus forte que l’art numérique. À l’inverse, l’art numérique apporte de la nouveauté et de la facilité lors de la création d’une œuvre. 

Qu’est-ce que l’art numérique ?

L’art numérique apparaît au début des années 80, se basant sur des calculs de l’ordinateur et sur le développement d’interfaces électroniques. Ces deux éléments permettent notamment une interactivité créative entre le sujet humain et l’intelligence logicielle.

D’ailleurs, Vera Molnár est une artiste française d’origine hongroise née en 1924, considérée comme une précurseure de l’art numérique et de l’art algorithmique.

Vera Molnár et son œuvre « Hommage à Dürer », 1990, 1-1.

Ce type d’art évolue avec le temps tout comme la science et la technologie qui nous permettent d’exprimer l’art à travers différents médiums. L’art numérique ne se résume pas seulement à des images créées sur un logiciel, cela peut être de la vidéographie, de la photographie ou encore du cyber art…

Les NFT dans le monde de l’art

NFT des Bored Ape Yacht Club

Pour la petite anecdote, les NFT ci-dessus seront bientôt représentés dans une trilogie de courts métrages ! Si tu veux plus d’infos, je te laisse cliquer sur le mot anecdote !

NFT vient de l’anglais « non fongible token » soit jeton non fongible. Il s’agit de biens numériques uniques, en circulation depuis 2014, dont les transactions se font en cryptomonnaie. Utilisé pour indiquer la propriété d’un objet numérique (souvent une œuvre d’art numérique), ces jetons bouleversent les marchés du monde entier, aussi bien dans l’art et le jeu vidéo que dans l’événementiel. Un élément non fongible ne peut pas être échangé contre quelque chose de valeur égale. L’art est un autre exemple d’actif non fongible étant donné que sa valeur est très subjective. C’est là qu’interviennent les NFT. Un NFT garantit la propriété exclusive d’un actif numérique (par exemple celle d’une œuvre d’art). Un NFT est comme une photographie : il peut être dupliqué à l’infini, mais seule une photo identifiée et marquée par son photographe sera considérée comme authentique. Vous pouvez acheter un NFT à un certain prix, mais le fait qu’il soit non fongible permet à sa valeur marchande de fluctuer.

L’apparition de l’art numérique, responsable de la perdition des traditions ?

Prenons pour exemple le dessin. Les peintres et les dessinateurs se servent de différents médiums dédié à la création de leurs œuvres ; le fusain, le crayon graphite, le pastel, la peinture à l’huile, … Aujourd’hui, on se laisse à penser qu’une œuvre perd son authenticité face à l’aspect synthétique que lui donnent les logiciels de dessins tels que Procreate, Photoshop, Illustrator, Sketchbook, …

Il est certes plus différent de dessiner à l’aide d’un stylet et d’une tablette que de dessiner de façon traditionnelle, cependant cela n’empêche pas de commettre des erreurs ou ratures. L’avantage du dessin numérique c’est la facilité avec laquelle on peut corriger nos erreurs en annulant simplement le dernier tracé. Seulement, le dessin numérique est composé de données, et si ces données se retrouvent corrompues alors les illustrations le seront également. Avec les dessins traditionnels, pas de problème de ce type !

Et si l’art numérique et l’art traditionnel étaient en réalité complémentaires ?

Durant le confinement qui a propagé un ennui mortel dans la plupart des foyers, de nombreux internautes créatifs ont diffusé leurs passions artistiques à travers les réseaux sociaux tels que Tiktok, Instagram ou encore YouTube. Que ce soit la création visuelle en passant par la photographie, l.audiovisuel, l’animation 2D ou 3D ou encore des activités manuelles, l’utilisation des logiciels audiovisuels ont permis à l’art traditionnel et numérique de se rejoindre et de former un tout.

L’art numérique et l’art traditionnel se rejoignant et formant un tout !

Merci d’avoir lu mon article jusqu’au bout, j’espère qu’il aura été tout aussi intéressant qu’enrichissant !

BRIDAY Lisa DNMADEJO1 Avril 2022

The Wild Kong, la vision animale d’Orlinski

Nous connaissons tous des sculptures innovées par certains artistes notamment Michel-Ange, Donatello ou encore Pablo Picasso. Je m’adresse à tous les passionnés de sculptures modernes, vous avez sûrement déjà entendu parler d’un certain artiste, sculpteur et à la fois musicien nommé Richard OrlinskiUn artiste contemporain né le 19 Janvier 1966 dans la célèbre capitale Française. Cet artiste vit de sa passion pour l’art et décide de mener sa carrière d’artiste. Il exerça dans plusieurs domaines et se lance dans la sculpture en 2004.

Vous avez sûrement déjà vu l’œuvre célèbre de “ Wild Kong “, celle ci est exposée aux quatre coins du monde tout comme d’autres réalisations. C’est en traversant le Dubaï Mall que j’ai pu admirer le “Wild Kong” exposé devant l’Apple store. Une statue à la fois très impressionnante par sa hauteur et le regard féroce qui anime l’animal. J’aperçus dans la profondeur de son regard menaçant beaucoup de colère. L’animal est debout sur ses deux pattes cognant sur son torse avec les poings serré et la gueule ouverte montrant d’effroyables crocs tranchants. Le Wild Kong est une œuvre emblématique de l’artiste, il le désigne comme étant invincible et fut fortement inspiré par le film King Kong.

D’autres animaux ont inspiré Orlinski qui a aussi sculpté la panthère noire, le lion, l’ours, le cerf ou encore d’autres petites statues tel que PacMan x. A savoir que les sculptures tigre sont rares et très prisées sur le marché. Vous pouvez les trouver sous deux formats, l’un mesure 150 cm de hauteur et l’autre mesure 450cm, de quoi impressionner les visiteurs.

Panthère noire, Orlinski    Ours, Orlinski                     Cerf, Orlinski

Ces œuvres sont le reflet de l’art Contemporain, la sculpture est taillée en origami, on retrouve principalement les couleurs primaires, le bleu, le rouge et le jaune mais il existe d’autres couleurs plus vives tel que le rose fuchsia. Les matériaux travaillés rappellent la modernité de l’œuvre. Orlinski travaille finalement sur les peurs archaïques qui concernent notre animalité.

Rédigée par JACQUET Charline, le 23 Avril 2022.

Du mobilier absurde

La créatrice sud-coréenne Lila Jang transforme des meubles du XVIIIe siècle en œuvres d’art.

Lila Jang a imaginé des meubles qui s’adaptent à l’espace en s’inspirant du mobilier qu’elle aime, celui du XVIIIe siècle. Ce concept lui est apparu lorsqu’elle habitait dans un petit appartement parisien où chaque mètre carré compte. Elle imaginait son canapé escalader le mur ou encore sa lampe de chevet voler.

Quand la forme ne suit pas la fonction

Lila Jang a donné des noms à tous ses meubles. Dans « Anne Marie » la forme générale du fauteuil louis XV est très reconnaissable mais les accoudoirs sont démesurément grands ce qui rend l’assise impossible.

Dans « Canape » un canapé est plié en équerre ce qui réduit la place pour s’asseoir de moitié.

Ses inspirations d’un univers surréaliste et merveilleux ont pris le dessus sur la fonction de l’objet. Le principe du fonctionnalisme « la forme suit la fonction » n’est en réalité plus la maxime de Lila Jang.

Ce sont des meubles surprenants avec un contraste fort entre l’aspect épuré du blanc et ces formes sorties d’un conte féérique.

En quoi est-ce absurde ?

Un fauteuil ou on ne peut s’y asseoir, un canapé ou qu’une seule personne peut s’y installer, quel est l’intérêt ? Le mobilier fait partie du domaine du design or ici la fonction n’est pas respectée.

On ne peut donc pas dire que ces meubles appartiennent au domaine du design mais plutôt à celui des arts plastiques, ces « meubles » sont des œuvres d’art. C’est ce qu’y en fait leur absurdité : prendre une œuvre d’art pour un objet de design fonctionnel.

Léna B. – DNMADe1 HO – Avril 2022

Illusions ou réalités ?

Une exposition itinérante pour (re)découvrir l’hyperréalisme 

Lorsque l’on pense à l’hyperréalisme, notre vision se limite principalement aux Tourists II (1988) et à la Supermarket Lady (1970) de Duane Hanson, des sculptures plus vraies que nature et critiques de la société de consommation de l’époque. Selon sa définition classique, l’hyperréalisme est un courant artistique apparu aux États-Unis à la fin des années 1960, et caractérisé par une interprétation quasi photographique du visible. Il s’est développé en opposition à l’esthétique dominante de l’art abstrait, c’est également de cette façon que ce sont développés le pop art et le photoréalisme. Mais ce serait une erreur de penser que l’hyperréalisme ne se limite qu’à ce concept ou que c’est un mouvement passé d’époque. Bien au contraire, ce mouvement dépasse largement les frontières de la vraisemblance et de la réalité et s’adapte à la société et ses bouleversements.

C’est justement ces possibilités plus vastes qu’on ne le croit que l’exposition « Hyper Réalisme, ceci n’est pas un corps » nous propose d’explorer. Cette exposition itinérante, qui a déjà connu un certain succès à Bilbao, Rotterdam, Liège, Bruxelles et même Cambera a posé récemment ses valises dans le deuxième arrondissement de Lyon et ce pour environ une demi-douzaine de mois. Elle rassemble le travail d’une quarantaine d’artistes hyperréalistes parmi lesquels on retrouve des pionniers et des figures mythiques de ce mouvement tels que George Segal, Berlinde De Bruyckere, Carole A. Feuerman, Maurizio Cattelan, Ron Mueck, Duane Hanson ou encore John DeAndrea mais également des artistes plus récents.

L’exposition débute en confrontant le spectateur avec une femme plus vraie que nature, de dos, la tête appuyée contre le mur et le visage dissimulé par son pull, comme si elle voulait se protéger de la lumière du jour. Est-elle une autre spectatrice en train d’observer une vitrine miniature encastrée dans le mur, est-elle en train de manipuler une installation de l’exposition interactive ? Pas du tout, il s’agit de Caroline (2014), une création de Daniel Firman qui instaure le cadre de l’exposition. En effet tout au long de l’exposition, la disposition spatiale est conçue afin de surprendre au détour d’un angle ou d’un couloir le spectateur avec une œuvre saisissante de réalité de sorte que, l’espace d’un instant, il se croit confronté à une personne réelle, en chair et en os. Le tout ponctué de citations et d’interviews d’artistes qui donnent plus de sens aux œuvres et aux démarches entreprises par les artistes.

L’exposition se divise en six concepts. Si la première partie s’attarde sur les répliques humaines, la deuxième se concentre sur les représentations monochromes, afin de démontrer que l’absence de de couleurs peut renforcer les qualités esthétiques liées à la forme, bien loin d’atténuer l’effet réaliste et permet de donner un certain anonymat et une dimension collective aux sculptures. On découvre ensuite l’intérêt pour les artistes de se focaliser exclusivement sur des parties spécifiques du corps pour gagner en réalisme et véhiculer un message.

Les nageuses de Carole A. Feuerman sont plus vraies que nature, aves les goutelettes d'eaux sculptées à leur surface on a l'impression de voir des épidermes humides.
CAROLE-A.-FEUERMAN-Catalina,1981 et General’s Twin,2009.

 

Les nageuses de Carole A. Feuerman sont plus vraies que nature, aves les goutelettes d’eaux sculptées à leur surface on a l’impression de voir des épidermes humides.

 

« Les détails font la perfection et la perfection n’est pas un détail » LEONARD DE VINCI

   Viennent ensuite des sculptures aux dimensions exagérées : leur format n’est pas anodin, il vient placer l’accent sur des thèmes existentiels et des moments clés de la vie. 

Woman and child de Sam Jinks, 2010.

 

Cette sculpture de taille réduite d’une grande tendresse parvient à capturer la fragilité de la vie grâce au vieillissement du corps de cette grand-mère finement travaillé et la quasi transparence laiteuse de sa peau.

 

 

 

Ensuite l’exposition connait un certain basculement puisque le concept suivant concerne les réalités difformes. Dans cette partie plus contemporaine, les artistes dépassent à l’aide de l’hyperréalisme les frontières du réel. Ils déforment, contorsionnent, décomposent les corps, afin de soulever des questionnements essentiels sur les progrès scientifiques, les possibilités offertes par les outils numériques et les questions éthiques entrainées par ces avancées, dénonçant ainsi la finitude de notre existence souvent niée aujourd’hui.

Evan Penny,Self Stretch, 2012

 

Evan Penny adapte l’hyperréalisme au monde d’aujourd’hui : ses sculptures semblent avoir des proportions exactes seulement pour un angle de vue. Ainsi de face, cette sculpture semble sorties tout droit d’une photo tandis que lorsque le spectateur se déplace, il réalise que le reste de la sculpture est comme écrasé, aplatit, réduisant donc cet « être humain » à un format en 2D.

 

 

« C’est le regardeur qui fait l’œuvre  » MARCEL DUCHAMP

La dernière partie intitulée « Frontières mouvantes » est l’occasion de s’interroger sur la possibilité de se libérer du cadre tridimensionnel et de la sculpture inanimée et figée pour faire perdurer l’hyperréalisme.

J’ai beaucoup apprécié les concepts présentés dans cette exposition et plus particulièrement les derniers qui ont le mérite de dépoussiérer ce mouvement artistique. Les techniques et les matériaux utilisés questionnent tantôt le rythme consumériste de notre société ainsi que la volonté d’améliorer toujours plus l’apparence humaine. Et puis surtout, les illusions créées par ces œuvres occasionnent des impressions et des émotions qui ne sont pas transmissibles par des photographies c’est pourquoi je vous recommande cette exposition qui est un vrai régal pour les yeux.

« Hyper Réalisme, ceci n’est pas un corps », à la Sucrière à Lyon jusqu’au 6 juin 2022.

ETOLINT Anna DNMADeJO1- Février 2022

À Bicyclette ! … Du petit au gigantesque

Une bicyclette dans un parc … quoi de plus normal !

Au Parc de la Villette, au 19e arrondissement de Paris se trouve une sculpture monumentale très originale car composée de quatre éléments enfouis dans le sol et installés de telle manière qu’il faut avoir pris un peu de hauteur ou un certain recul pour pouvoir comprendre qu’il s’agit d’une bicyclette. « La Bicyclette Ensevelie », œuvre du couple d’artiste Claes Oldenburg et Coosje Van Bruggen est une installation joyeuse qui questionne autant qu’elle attire les promeneurs… Est-ce une installation, une sculpture, une attraction ludique ou tout à la fois ?

 

La Bicyclette Ensevelie est une commande de l’état français sous le premier mandat de François Mitterrand qui souhaitait redonner un souffle nouveau sur l’art français. Commandée en 1985, elle sera inaugurée en 1990 en présence des artistes.

L’installation s’étend sur une surface globale de 46 sur 21.7m et côtoie les œuvres de Bernard Tschumi et Philippe Stark. La sculpture est faite d’acier, d’aluminium, de plastique et de peinture émaillée.

Roue : 2,8 x 16,3 x 3,2m

Guidon et Sonnette : 7,2 x 6,2 x 4,7m

Selle : 3,5 x 7,2 x 4,1m

Pédale : 5,0 x 6,1 x 2,1m

POURQUOI UNE BICYCLETTE ?

Claes et Coosje aiment reprendre des éléments du quotidien et s’adaptent aussi au pays où l’œuvre prendra forme. C’est ainsi que la bicyclette s’impose à eux comme un objet représentant la France.

La bicyclette comme nous la connaissons (à pédales) est inventé en 1861 par Pierre et Ernest Michaud, serruriers parisiens. Cette invention d’abord réservée à une classe sociale aisée (qui l’utilise pour ses loisirs) se popularise rapidement entre 1915 et 1945. On peut d’ailleurs apercevoir cette première bicyclette moderne dans le premier film de l’histoire « La sortie de l’usine Lumière à Lyon » en mars 1895.

Vélocipède de Pierre et Ernest Michaud, 1865 (Musée des arts et métiers, Paris 3e).

Scène du premier film de l’histoire « La sortie de l’usine Lumière à Lyon » en 1895.

Le couple désigne également la bicyclette pour son utilisation dans l’art en France. Coosje et Claes s’appuient sur le travail de Marcel Duchamps et son ready-made « La roue de bicyclette » (1913) et Picasso avec sa « Tête de taureau » (1942) qui tous deux reprennent l’utilisation d’un objet banal de consommation que représente la bicyclette.

Reprendre un objet du quotidien pour le détourner est primordial dans le travail de Claes Oldenburg qui appartient au mouvement Pop Art.

Coosje van Bruggen dit : « … nous travaillons avec des objets intimes : une vis, une brosse à dents, ça tient dans la main… » et Oldenburg ajoute : « Ils ont un rapport à la personne, au corps, au toucher. »

CLAES OLDENBURG (1929 -)

Sculpteur d’origine suédoise puis naturalisé américain, il appartient au mouvement Pop Art dès les années 1960 à son arrivée aux Etats-Unis où il rencontre Allan Kaprow et Jim Dine. Il s’intéresse premièrement aux quartiers défavorisés et crée des œuvres qu’il qualifie de « pauvres » avec des matériaux peu coûteux (bois, cartons, ficelles). Peu à peu Claes se préoccupe de la consommation de masse qu’il voit s’établir partout. Il va donc réaliser des œuvres qui représentent ces objets (hamburgers, téléphones…). Dès 1962 il réalise ses premières sculptures monumentales.

Oeuvres de Claes Oldenburg :

  • Floor Burger, 1962
  • Floor Cake, 1962
  • Toilet, Hard Model, 1966

OLDENBURG Claes (né en 1929), Toilet, Hard Model, 1966,
huile, vernis et feutre sur carton et bois, 115x72x85 cm, Francfort

 

COOSJE VAN BRUGGEN (1942 – 2009)

Sculptrice, peintre, historienne de l’art et critique. Elle se marie à Coosje en 1977 et s’associe à lui pour la suite de sa carrière. La première sculpture qu’ils réalisent ensemble est « Flashlight » pour l’Université du Nevada, Etats-Unis.

Quelques œuvres du couple :

  • Lipstick (Ascending) on Caterpillar Tracks, 1969-74 New Haven, Université de Yale
  •  Clothespin, 1976 Philadelphie, Square Plaza
  • Spoonbridge and Cherry, 1988
  • Saw, Sawing, 1996
  • Dropped Ice Cream Cone, 2001

OLDENBURG Claes & VAN BRUGGEN Coosje, Dropped Ice Cream Cone, 2001,
 aciers, plastique et balsa peints, H : 12,1 m, D : 5,8 m, Cologne (Allemagne), Centre commercial Neumarkt. Un cône monumental de crème glacée semble être tombé sur le bord de la terrasse de l’immeuble et la vanille est en train de fondre sur la façade. 

LE POP ART

Mouvement artistique qui voit le jour en Grande-Bretagne dans le milieu des années 1950 (Richard Hamilton, Eduardo Paolozzi). Le Pop Art émerge rapidement aux Etats-Unis dans les années 1960 avec des artistes comme Andy Warhol, Roy Lichtenstein et Jaspen Johns.

Ce mouvement questionne sur la consommation de masse et l’influence que peuvent avoir les magazines, les publicités et la télévision. Il présente l’art comme un simple produit de consommation : éphémère, bon marché et jetable.

Artistes et Œuvres Pop Art à connaître :

  • Andy Warhol, Campbell’s Soup Cans (1962)
  • Jaspen Johns, Scott Fagan Record (1970)
  • Roy Lichtenstein, Crying Girl (1963)
  • Richard Hamilton, Just what is it that makes today’s homes so different, so appealing, (1956)
  • Eduardo Paolozzi, Meet the People, (1948)

Warhol Andy, Campbell’s Soup Cans, 1962. Acrylique et liquide peint en sérigraphie sur toile (51x41cm)

LE MESSAGE DE LA BICYCLETTE ENSEVELIE

Coosje s’inspire de Molloy, roman de Samuel Beckett publié en 1951 pour le positionnement de l’installation. Pour cela, elle reprend une scène précise où l’anti héros tombe de sa bicyclette et n’arrive plus à reconnaître l’objet après sa chute, étant victime d’un trou de mémoire.

La bicyclette semble abandonnée, la nature ayant repris ses droits et ayant enfoui les restes. C’est une évocation à l’oubli et aussi une représentation contemporaine de la vanité.

L’œuvre in situ investit les lieux et entre en résonnance avec le Parc de la Villette qui est un lieu où se croisent promeneurs à pied et à vélos. Elle se veut ludique et attractive (à noter qu’avant 2007 il était possible pour les enfants de jouer sur l’œuvre). Elle offre aussi une réflexion sur l’archéologie moderne que j’évoquerais plus tard dans un article. Ensevelie, l’œuvre peut alors s’interpréter comme un vestige d’une civilisation passée dont apparaît par fragments archéologiques, des restes que nous foulons, comme le reflet d’une société
périssable qui devient déchet et métaphore de notre propre mort.

L’œuvre est à la fois absente et présente; présente par sa dimension et ses couleurs pop et absente car il est difficile d’en avoir un aperçu global, certains passants ne se rendant pas compte de ce que représente l’installation.

« Changer l’échelle des objets, c’est les rendre plus intéressants, car cela change la relation qu’on a avec eux. Plus proches, ils s’agrandissent ; plus loin, ils rapetissent. » (Claes Oldenburg).

Dessin de Coosje Van Bruggen sur la vue donnant sur le guidon et la sonnette pour l’installation de la bicyclette ensevelie.

Les artistes invitent le spectateur à relier les différentes parties de la bicyclette à l’aide de son imagination. Il prend alors conscience d’un reste, enfoui à la fois rassurant et effrayant.

«… Ces œuvres à grande échelle, oscillant entre l’angoisse et l’euphorie du grotesque, prennent le parti du corps et de l’imagination, exploitent les vertus curatives du comique, contre la sanctification de la raison, de l’ordre et de la morale qui s’est imposée dans l’histoire de l’art abstrait, l’architecture moderniste et l’art des ingénieurs. », Eric Valentin (auteur d’un ouvrage sur Claes Oldenburg).

Je vous invite donc à ouvrir l’œil, voir plus loin et pourquoi pas vous rendre au Parc de la Villette pour découvrir cette splendide bicyclette bleue de vous-même!

Diane C. – DNMADe1JO – Fév 2022

Casser un urinoir… mais encore ?

Les musées, lieux de calme et de sérénité où l’art est mis à l’honneur. Néanmoins, ils sont parfois le théâtre de performances inattendues, malvenues même. Dégradations et vandalismes rythment la vie artistique depuis toujours. Le vandalisme est par définition un acte de destruction, il peut être motivé par des idées intolérantes et haineuses, néanmoins ces actes sont parfois revendiqués par certains vandales comme un acte politique, par d’autres comme une contribution artistique.

Andres Serrano posant à coté de son œuvre vandalisée

Outre les actes de pure contestation violente, comme l’attaque au couteau d’Immersion de Andres Serrano, jugée blasphématoire par des manifestants catholiques, on s’intéresse au vandalisme artistique. Celui-ci n’est-il pas plus qu’une agression, mais aussi un acte qui élève l’œuvre ou en crée une nouvelle ?

Foutain de Duchamp

Le cas du controversé ready-made de Duchamp, Fountain, est un exemple assez concret, en 1993 au Carré d’art de Nice, l’urinoir en porcelaine est attaqué. Pierre Pinoncelli l’homme ayant vandalisé l’œuvre se revendique porte-parole du dadaïsme :

« L’esprit dada c’est l’irrespect. »

Bien qu’il exprime une démarche créative son acte est sans aucun doute discutable. On peut considérer que cela suit la ligne directrice de sa carrière artistique composée de happenings, comme par exemple, une manif anti-pain ou bien une attaque au pistolet à peinture du ministre de la culture André Malraux.

Il explique :

« achever l’œuvre de Duchamp, en attente d’une réponse depuis plus de quatre-vingts ans […] un urinoir dans un musée doit forcément s’attendre à ce que quelqu’un urine dedans un jour. »

Ainsi Pinoncelli se revendique en plein dialogue avec l’artiste original, c’est un motif répétitif dans le vandalisme.

L’art n’est-il pas constamment en mouvement ? Ainsi peut-on réellement condamner cette volonté de faire vivre l’œuvre en la faisant évoluer ?

La question se pose et pourtant le geste de Pinoncelli reste majoritairement condamné, cela à juste titre. Outre son beau discours les actes en disent plus que les mots : il urina dans la Fountain et l’ébrécha à l’aide d’un marteau, souillant et détruisant partiellement l’œuvre. Un dialogue avec M. Duchamp exigerait tout de même du respect pour ce dernier et pour son œuvre ? Non ?

Alors entre dialogue et dada on ne sait plus où donner de la tête.

« J’ai déposé un baiser. Une empreinte rouge est restée sur la toile. Je me suis reculée et j’ai trouvé que le tableau était encore plus beau… Vous savez, dans cette salle vouée aux dieux grecs, c’était comme si j’étais bercée, poussée par les dieux… Cette tache rouge sur l’écume blanche est le témoignage de cet instant ; du pouvoir de l’art. »

L’artiste Rindy Sam revendique un appel de la toile à l’embrasser, elle l’explique dans la citation ci-dessus. Ainsi cette dernière à laisser une trace de rouge à lèvre vermillon sur un monochrome de Cy Twombly. Contrairement à Duchamp, Cy Twombly étant toujours présent au moment des faits il a réagi à l’acte, et ce de façon plutôt négative.

Les œuvres vandalisées peuvent-elles devenir de nouvelles œuvres si l’artiste original ne cautionne pas l’acte ? Cela soulève une question plus large sur la propriété dans le monde de l’art, juridiquement le droit au respect de l’intégrité de l’œuvre permet aux artistes de contester des modifications de leurs œuvres, c’est pourquoi Rindy Sam fut poursuivi en justice. Pour Anish Kapoor, artiste Britannique ayant exposé dans la cour du château de Versailles, le vandalisme que son œuvre a engendré fait par contre partie intégrante de celle-ci. Dans une interview au Figaro il explique :

« Ce vandalisme aveugle prouve le pouvoir de l’art qui intrigue, dérange, fait bouger des limites. Si on avait voulu souligner sa portée symbolique, voilà qui est fait comme jamais auparavant. »

Dirty Corner à Versailles, lorsqu’elle n’était pas encore vraiment « dirty.

En vandalisant une œuvre d’art on admet son influence et son importance, si l’œuvre n’était pas sacralisée auparavant, le vandalisme s’en chargera. L’œuvre porteuse d’un message fort est utilisée pour propulser d’autres messages sur le devant de la scène, que ces derniers soient fondés sur une volonté de faire le bien ou non. Ainsi, Dirty Corner restera affublé d’inscriptions haineuses, comme un symbole de la force de l’art et de son impact, dénonçant au passage les travers humains et le racisme encore trop présent.

Cela nous invite à une interrogation, peut-on trouver du bon dans un acte qui a pour seul but de nuire ?

Merci de m’avoir lu !

Lucie Garcia DNMADEJO1 – Fev 2022

Et si Newton avait tout faux…

Eh oui, aujourd’hui on va s’attaquer à du lourd. A du très très lourd même. On va parler de pierres qui défient la gravité et de personnes qui en font des œuvres d’arts hors du temps…

Empiler des cailloux, c’est pour ainsi dire, le péché mignon de l’Homme depuis tout temps. Cela a commencé avec la construction de dolmens, tel Stonehenge, et continue de perdurer avec la construction de cairns par quelques randonneurs audacieux aux bords des sentiers de montagne.

Ci-dessus, deux œuvres de l’artiste Michael Grab.

Cependant, certains en ont fait une passion;
à tel point qu’ils ont poussé le niveau à l’extrême, jusqu’à allant défier la gravité. C’est ce que l’on appelle plus communément le « stone balancing » ou le « rock balance », en bref : l’équilibre des pierres.

 

Ci-dessus, une œuvre de l’artiste Adrian Gray à Singapour en 2012.

C’est une pratique encore assez méconnue mais qui commence lentement à se démocratiser à travers les paysages montagneux et aquatiques des quatre coins du monde. Une des premières personnes à avoir pratiqué cette discipline est Adrian Gray, un artiste américain, se qualifiant lui-même de « pionnier de l’art du stone balancing« . L’artiste a en effet commencé sa carrière en créant des œuvres éphémères aux alentours de l’année 2002.

De plus en plus d’adeptes veulent s’y essayer et pour cela rien de plus simple : un beau paysage, des pierres astucieusement choisies et une infinie patience. Beaucoup y voit un aspect philosophique et spirituel. Le fait d’empiler des éléments aussi simplistes que des pierres en luttant contre la gravité pour ne pas que tout s’effondre peut aider au bien-être de certaines personnes appréciant cela.

Ci-contre, une photo de l’US National Park Service alertant sur les dangers de cette pratique.

Mais cette pratique, se rependant de plus en plus dans le domaine de l’amateurisme, a un côté double-tranchant. En-effet, certaines personnes mal intentionnées effectuent cette pratique de manière répétée, ce qui a pour conséquences la destruction d’abris d’animaux sauvages et la déformation du paysage naturel.

Ci-dessus, une œuvre de l’artiste Sp Ranza.

Il existe néanmoins un championnat mondial  au Texas réservé aux professionnels qui impose aux participants d’ériger leurs œuvres dans un endroit naturel n’interférant pas ou très peu sur la faune et la flore locale. L’usage de colles ou de matériaux adhésifs est totalement proscrit, seule la « gravity glue » (la gravité dite collante) est autorisée. Le champion d’Europe de ce concours n’est autre qu’un artiste français se présentant sous le pseudonyme de Sp Ranza.

Et vous? Ne vous laisseriez-vous pas tenté par le stone balancing dans un environnement calme, propice à cette activité en luttant avec ferveurs contre la gravité que nous a démontré Newton…?

Mes sources:
https://parismatch.be/actualites/environnement/164408/pourquoi-le-stone-stacking-est-mauvais-pour-lenvironnement
https://www.stonebalancing.com/about-my-art/
– https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/restauration-hotellerie-sports-loisirs/le-stone-balancing-ou-l-art-de-faire-tenir-des-pierres-en-equilibre_3620819.html
– https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quilibre_de_pierres
– https://thereaderwiki.com/en/Adrian_Gray_(artist)

Arthur WEGBECHER – DNMADE 14 – Janvier 2022

Le street artist et l’enfant

 

Ericailcane et Bastardilla, Iconozo, Colombie

Ericailcane, ou Erica Il Cane, est un artiste de rue et graffeur italien originaire de Belluno, en Vénétie. On retrouve son travail un peu partout dans le monde, en Italie, en France, en Grande Bretagne, en Colombie, en Palestine, aux États-Unis… Ses œuvres sont, la plupart du temps, monumentales, et recouvrent les murs de nombreuses villes. Reconnu aujourd’hui comme l’un des grands noms du street art, compagnon de travail du graffeur italien Blu, il est aussi à l’origine de nombreuses illustrations, vidéos et livres.

Ericailcane est né d’un père naturaliste, et cela a son importance : l’artiste a hérité d’un goût obsessionnel pour le vivant, et particulièrement pour le règne animal. Ses peintures murales et ses dessins représentent de façon récurrente des animaux, ou plutôt des créatures inspirées d’animaux, immenses et terrifiantes, des fresques tout droit venues des peintures médiévales de Jérôme Bosch. Ses animaux sont souvent anthropomorphes, ou du moins ont-ils des comportements ou des attributs humains : l’artiste les met en scène dans des situations proprement humaines, les habille, les dote d’objets et d’accessoires. Son pseudo, d’ailleurs, signifie « Erica le Chien » en italien : l’artiste se situe lui-même d’emblée du côté animal. L’objectif semble souvent être de parler de l’homme à travers l’animal, mais aussi de parler du rapport qu’entretient l’homme avec le vivant non-humain.

Ericailcane confronte, au cœur de la ville, le sauvage et le domestique ; il introduit dans l’espace urbain, tout à fait apprivoisé et humanisé, des crocodiles gigantesques et des ours, prédateurs qui en sont normalement exclus. Au milieu des bâtiments en béton et des poteaux électriques de Bogota en Colombie, se dressent un loup et un dinosaure de plusieurs mètres, portant sur un brancard un homme blessé par des grues et des pelleteuses qui creusent son corps. Les deux animaux, disparu depuis longtemps pour l’un et pendant un temps quasiment exterminé par l’homme pour l’autre, encadrent ce personnage qui se détruit lui-même et qui va droit à sa fin.

Bogota, Colombie

Comment reconnaître la patte d’Ericailcane ? Une iconographie fantastique composée d’animaux, un trait à la fois précis et déformant, un dessin qui se tient entre l’illustration jeunesse et le dessin scientifique. L’animal est son domaine : lors de ses collaborations avec Blu, Blu dessine les humains, et lui les animaux. En général, ses peintures murales sont engagées : il y parle d’aliénation, de liberté, d’écologie, mais aussi de prédation, de la place de l’animal domestique dans la société, du rapport à l’animal sauvage. Si vous souhaitez voir un exemple en vrai, une de ses peintures se trouve sur un mur de Besançon : un mouton noir tente de libérer un mouton blanc parqué dans un enclos, en coupant ses barbelés à l’aide d’une pince sur laquelle est écrite une citation de l’anarchiste Alexandre Marius Jacob, « le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend ».

Le blog de la galerie Strip Art écrit ainsi : « Globalement, ses œuvres sont monumentales. Si, dans leur style, elles semblent sorties de l’imaginaire d’un enfant, leur interprétation, elle, reste du domaine de l’adulte ». Et ce lien avec l’enfance n’est ni involontaire, ni inconscient. C’est lors d’une exposition au Musée du Temps de Besançon il y a quelques années, en 2017, que j’ai découvert Ericailcane, une exposition dont le nom était « Leonardo/Ericailcane. Potente di fuoco ». Leonardo, c’est le prénom qui se cache derrière le pseudo Ericailcane, et c’est, de fait, l’enfant qu’il était avant d’être un artiste. L’exposition reposait sur une idée tout à fait intéressante : à la suite d’un rangement ou d’un déménagement, le père d’Ericailcane avait retrouvé des dizaines de dessins de Leonardo. Il était assez étonnant de voir que les thèmes du monstre, de l’humain et du non-humain, de l’étrange, questionnaient déjà le petit Leonardo : les dessins d’enfants montrent des hybrides, des êtres composés d’éléments naturels et artificiels – un avion croisé avec un poisson par exemple -, des robots, des monstres, des animaux imaginaires en pagaille. A l’occasion de l’exposition, Ericailcane avait repris chacune de ces créatures et les avait redessinées, presque à l’identique, mais avec son œil d’adulte et son trait d’artiste accompli. Le musée du Temps était bien choisi pour cette évocation du temps écoulé entre l’enfance et la vie adulte, à la fois pour montrer l’évolution et le chemin parcouru, mais aussi pour voir qu’en fin de compte, Ericailcane dessine toujours les mêmes monstres que Leonardo, avec le regard critique et l’expérience de l’adulte en plus. Il affirmait ainsi sa volonté d’exploiter un imaginaire et un visuel fantastiques inspirés de l’enfance, révélant en même temps la capacité de l’enfant à créer et imaginer de l’étrange à partir du familier et de la vie quotidienne, à inventer ce qui n’existe pas. L’imaginaire de l’enfant reste une source d’inspiration toujours abondante.

L’exposition n’existe plus depuis des années, mais il est toujours possible d’aller voir les œuvres murales d’Ericailcane en vrai – à Bogota, mais aussi à Besançon, ou encore à Niort, si on n’a pas le temps d’aller jusqu’en Colombie – ainsi que sur le site de l’artiste, www.ericailcane.org, sur instagram : @potentedifuoco ou encore sur facebook : Ericailcane.

Merci pour votre lecture !

GILBERT Lucille, DNMADe Jo 1, Février 2022

https://www.juxtapoz.com/news/street-art/ericailcane-paints-anarchist-sheep-in-besancon/

http://www.ericailcane.org/

https://www.blog.stripart.com/art-urbain/ericailcane/

Une Apocalypse des temps modernes

« Ce chant  du Monde ne sera plausible, possible, le monde n’osera aborder le Chant, que lorsque la grande menace de cette immense, immonde pustule de la Bombe, sera, d’un commun accord, arraché de la chair des hommes. J’apporte ma pierre ».

Au lendemain d’une seconde guerre mondiale destructrice, Jean Lurçat, artiste français né en 1892, se lance dans la réalisation d’une série de tapisseries chargées de symbolisme qu’il nommera Le Chant du Monde.

Inspiré par la mythique tenture médiévale de l’apocalypse qu’il découvrit lors d’une visite du château d’Angers en 1938, l’artiste entreprend de raconter une Apocalypse des temps modernes. La monumentale tapisserie fût commandée vers 1375 par le duc Louis 1er d’Anjou, afin d’illustrer l’Apocalypse de Saint Jean. Lurçat vient alors reprendre la connotation qui a éloigné cette appellation de son sens d’origine pour évoquer une catastrophe massive et violente. Par ces dix tapisseries monumentales, l’artiste compose une œuvre globale d’une superficie de 367 m2, une immensité à l’image de la tapisserie médiévale originelle d’une surface de 720 m2.

Il y relate tout d’abord les souffrances d’une génération et sa crainte de la bombe atomique, après les frappes d’août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. La guerre et la mort sont par conséquent les premiers grands thèmes abordés, les premières pièces de tissages composant l’œuvre globale porteront alors le nom de La Grande Menace, L’Homme d’Hiroshima, Le Grand Charnier et La Fin de tout.

Jean Lurçat vient dans un second temps célébrer l’homme en paix. Pour cet enfer atomique c’est une fin belle et heureuse comme on pourrait la retrouver dans un conte pour enfants. L’artiste y exprime enfin sa foi en l’humanité et en ce qu’elle est capable de réaliser pour surmonter la haine de la guerre ainsi que pour créer et découvrir dans l’harmonie. L’œuvre devient alors un message d’espoir pour l’avenir, raison pour laquelle la composition fût nommée à l’origine La Joie de Vivre. Les derniers tissages s’intitulent  L’Homme en gloire dans la Paix, L’eau et le feu, Champagne, La Conquête de l’espace, La Poésie et Ornamentos sagrados. Dans cet avant-dernier élément tissé, Lurçat vient affirmer que l’un des principaux buts de l’homme reste de s’exprimer poétiquement afin de prendre possession de l’Univers de manière lyrique. Il fait alors une nouvelle fois, clin d’œil aux tapisseries médiévales qui racontaient mythes et légendes grâce à ce même concept d’iconographie symbolique. 

L’artiste Jean Lurçat nous offre alors sa vision d’une époque tiraillée entre l’inhumain et l’humain dans une réinvestigation de l’artisanat de la tapisserie. Il vient redonner vie à ce savoir-faire oublié. 

Le 17 décembre 1998, Le Chant du Monde était présenté au « City Muséum of Contemporain Art » d’Hiroshima. Ce fût une reconnaissance logique pour cette ville qui représente la première cible de l’arme nucléaire. L’exposition temporaire dura jusqu’au 21 mars 1999, puis elle s’installa au « Museum of Modern Art » de Gunma, du 3 avril au 19 mai 1999.

Depuis son retour en France l’œuvre monumentale est exposée dans l’ancien hospice Saint Jean d’Angers, ville où tout a commencé.

Lily-Rose H. – DNMADE1Jo – Février 2022

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