Parlons peu, parlons art, parlons écologie !


« Et c’est à ce moment-là, en le ramassant et en le retournant dans vos mains, que vous avez réalisé que vous aviez là quelque chose de vraiment mortel. Mais c’était quelque chose que vous pouviez démonter, que vous pouviez déconstruire. C’était un matériau que vous pouviez utiliser pour le façonner et en faire une déclaration. »

groupe Ghost Net

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JGM Gallery en Australie « incoming tide »

Plongez au fin fond des océans au travers de merveilles de la nature, d’animaux, de coraux et de plastique!

Ce n’est pas la fin que vous attendiez ? et bien c’est exactement le but recherché au travers des œuvres du groupe d’artistes que je vous propose de découvrir aujourd’hui.

Alors, on parle écologie?



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RAIE AIGLE ORNÉE, 2022
Filet fantôme, corde de plage et cadre métallique
77cm x 87cm x 13cm



Le groupe « Ghost Net » est un collectif qui rassemble des artistes australiens, autochtones dans un travail autour de la faune marine dans une nouvelle exposition : incoming tide (qui signifie marée montante), avec une nouvelle manière d’alerter sur les problèmes écologiques en nous transportant au fin fond des océans à travers l’art et de somptueuses sculptures imposantes, extravagantes et plastifiées !

Leur but ? dénoncer l’un des plus gros problèmes écologiques : LE PLASTIQUE dans les mers et océans, et plus précisément les filets fantômes.

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Les œuvres d’art sont faites à partir de filets de pêche appelés aussi « filets fantômes » qui sont des objets dangereux mais surtout qui sont invisibles au travers des profondeurs océaniques , causant la mort de tellement d’espèces aussi petites que gigantesques.

Cette gamme de déchets dits « fantômes » représenteraient 46% du continent de plastique du Pacifique Nord. Des filets que les pécheurs perdent ou qui, lors d’une pêche illégale, vont être abandonnés volontairement dans les abysses des mer et océans, et qui viennent s’échouer avec les marées montantes sur les plages (d’où le nom de l’exposition).

Les engins fantômes représenteraient 10% de la pollution marine. Ce qui est énorme ! (Greenpeace)

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FRAGMENT DE RIDEAU 1, 2021/2022
Filet fantôme et corde de plage
155cm x 110cm

Des oeuvres qui dénoncent et que je trouve très intéressantes personnellement, par le fait qu’elles représentent plastiquement l’être tué avec l’objet tueur. Cette oeuvre montre bien cette idée que le filet est dangereux pour toutes les espèces, les oiseaux, les coraux, les poissons. Les prédateurs deviennent des proies à cause de l’homme. C’est une oeuvre qui fait réfléchir sur l’impact de l’homme sur la faune marine. Mais à une échelle plus réduite si l’on réfléchit à nos propres actions, on se dit alors que l’on peut faire des choses, l’oeuvre marche, on peut recycler, réutiliser, avant même de devoir les ramasser sur les plages.. !!! . On peut à notre petite échelle, et si l’on se relie tous, faire beaucoup.

Plusieurs associations ont été créées pour justement recycler ces objets fantômes. Le groupe d’artistes récupère ces tonnes de filets recyclés pour les tisser autour de tiges métalliques et recréer ces animaux des mers et océans.



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Jimmy K. Thaiday, ‘Kenny’, 2022, 152cm x 48cm x 54cm

Ce sont des sculptures colorées, entremêlées, représentant des animaux marins. L’objet se forme par un tissage, comme le filet qui s’enroule autour du corps de l’animal, poissons, requins, raie Manta..  Des sculptures imposantes et colorées qui attirent et percutent l’œil, qui alertent, voguant, toutes espèces confondues, dans la même direction : la mort. C’est alors une métaphore. L’objet tueur, prédateur se transforme alors par le prisme de l’art et de la sculpture en proie océanique.

Plus qu’une œuvre qui dénonce, une œuvre qui agit.

Cette exposition a été installée à la JGM Gallery en Australie de septembre à octobre 2022.

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Cette exposition ne réprésente qu’une partie de l’art du ghostnet, soyez curieux, n’hésitez pas à vous renseigner, et à aller voir ces somptueuses sculptures tissées.

Pour en savoir plus sur les filets fantômes.https://blog.sinplastico.com/fr/toute-la-verite-sur-les-filets-fantomes-les-dechets-plastiques-marinsles-plus-dangereux-puor-les-animaux/

Et sur le travail du ghost net : https://www.museum-lehavre.fr/fr/expositions/lart-des-ghostnetshttp://www.artsdaustralie.com/ghostnet.html



Noelie. C – DNMADE2 – Octobre 2022

L’artisanat et les métiers d’art face au pouvoir de l’aléatoire !

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Quel est le rôle de l’aléatoire dans une production artisanale ?

 L’aléatoire est une notion qui peut avoir de l’influence dans le processus créatif d’une production artisanale.

Cette notion est tout de même à différencier de celle du hasard. En effet, une expérience aléatoire c’est une expérience dont on connaît tous les résultats possibles mais sans pouvoir prévoir le résultat final. À l’inverse, on peut qualifier le hasard d’un manque de connaissance. C’est-à-dire lorsque l’on ne peut ni prévoir le résultat final ni même toutes les issues possibles.

Dans son processus, il va ainsi y avoir un moment de non contrôle où le créateur va “laisser le hasard faire les choses”.  Il cherche de nouvelles formes à travers plusieurs manipulations expérimentales. C’est ainsi qu’il introduit des techniques artisanales qui se rapprochent plus ou moins du bricolage dans le processus de création. Ces savoir-faire amènent une rigueur qui vient en contradiction avec la part de hasard qui est introduite à un moment précis. C’est de là que naissent des formes et des principes singuliers. 

Et c’est cette singularité que recherche le designer.

Aléatoire et contrôle : Un aléatoire guidé

L’intervention de l’aléatoire dépend du degré de contrôle que possède le créateur.

Jolan Van der Wiel, dans la Gravity Stool de 2011, utilise un aimant afin de “faire pousser” les pieds du tabouret. Dans un premier temps, on pense que les pieds se créent d’eux-mêmes par la technique de l’aimant, donc sans être contrôlés par l’artisan. En réalité, même si la matière réagit différemment et marque ainsi chaque tabouret de pieds tout à fait uniques, la technique est toujours la même et est belle et bien contrôlée par l’artisan.

Processus créatif en vidéo !

Nous pouvons également guider la matière en construisant le projet sur un support de base.

C’est ce que fait Charlotte Kingsnorth pour sa collection d’assises de 2013 nommée Hybreed. Elle utilise d’anciens cadres de chaise sur lesquels elle dépose des formes biomorphiques de tissu qui donnent une forte impression d’aléatoire. On peut d’ailleurs parler de greffe et son degré de maîtrise est assez élevé. Effectivement l’intention est de redonner un corps à ce squelette de bois ainsi qu’apporter du confort. Mais la configuration de ces formes est définie par les besoins du cadre : les trous et les zones à recouvrir ; auxquels se mêlent les envies du designer.

ttp://actualite-design-corbusier-de2017a2019.over-blog.com/2018/04/les-chaises-envahies.html

On remarque donc que dans certains processus créatifs, la place de l’aléatoire est restreinte à une impression que l’usager a. C’est par des formes ondoyantes et mouvantes ainsi que des jeux de courbes et de découpes hors du commun, que l’effet aléatoire se manifeste. Finalement, lorsque l’on creuse on remarque que ce n’est qu’un effet optique et que le créateur garde une maîtrise majeure dans la phase de production que cela soit par la technique utilisée comme pour la Gravity Stool ou au niveau d’une matière plutôt contrainte par son support tel que dans Hybreed.

La technique choisie et mise en œuvre par le créateur décide donc de l’importance et du rôle plus ou moins aléatoire de la matière. Ainsi le résultat est incertain et provoque une singularité dans l’aspect esthétique de la création.

Fidèle à lui, l’aléatoire “plus hasardeux”

Le créateur peut également diminuer le degré de contrôle qu’il possède lors de la production de sa création. Paramètres extérieurs venant en complément du matériau utilisé, accentuation d’une contrainte naturelle, le créateur fait des choix stratégiques afin de laisser faire les choses.

Le feu est un élément souvent utilisé dans la conception de produits artisanaux car il est complètement imprévisible. Ainsi le taux de maîtrise est forcément bas. Par exemple, en 2011 dans le projet Vase de Loris&Livia avec Acne Studio, les vases sont déformés par la chaleur. Par conséquent, c’est la contrainte du feu sur le verre qui crée la déformation et donc la forme finale du produit. Des formes toutes plus alambiquées les unes que les autres sont créées grâce à la réaction imprévue et non contrôlée du vase fondu. « Imprévue » ? Pas exactement. En effet, les designers étaient bel et bien au courant que le verre allait fondre une fois en contact avec le feu, mais ce qu’elles ignoraient c’était la forme finale de chaque vase. Nous sommes bien d’accord qu’il est impossible de pouvoir prédire le rendu final.

Enfin, nous pouvons également remarquer un autre type de contrainte qui est naturellement liée à la matière.

C’est ce que l’on voit dans le luminaire 14% de Laura Strasser en 2013. Les abats-jour sont créés en porcelaine mais cette matière perd 14% de son volume à la cuisson. Alors la designer a voulu faire de cette contrainte une nécessité en utilisant l’abat-jour terminé en tant que moule pour le prochain qui sera alors 14% plus petit que le précédent. Ainsi le modèle du pot de porcelaine est conservé mais seulement la taille diminue. Le luminaire 14% est ainsi une pièce artisanale réalisée en petite série qui remet en question le rôle d’une contrainte technique et le fait d’en jouer pour créer un objet unique. C’est à cette singularité du processus que l’on peut rattacher la notion d’aléatoire : La notion d’aléatoire intervient en dernier, lors de l’assemblage des pots pour fabriquer le luminaire. En effet, les pots sont identiques mais de tailles différentes et disposés ensemble sans trop de réflexion.

Au final, lorsqu’une production artisanale renvoie une impression d’être aléatoire c’est qu’elle a été produite avec plus ou moins de contrôle de la part du créateur. Bien que l’effet aléatoire soit maîtrisé lors de la production de la création ou qu’il y ait un réel lâcher-prise, le créateur laisse une place importante à la technique ou la matière. Tout ceci dans le but de créer de la nouveauté, une production marquée d’une singularité, afin de donner naissance à des résultats particuliers c’est-à-dire ce qui diffère du standard créé en série et/ou en masse.

CORMON–BATION Jade DNMADe1 Jo – Octobre 2022

Et si le Nail Art était un Véritable Art ?

Le Nail Art ou «art de décorer les ongles» consiste à réaliser différentes décorations sur ceux-ci, en complément ou en remplacement d’une pose de vernis, sur les ongles naturels ou en gel. À l’heure actuelle, on emploie couramment le terme anglais « Nail Art », ou « Stylisme Ongulaire » en France.

Tout d’abord commençons avec un peu d’histoire : nombreux pensent que la pratique de se « peindre » les ongles remonte aux années 90-2000, notamment mise en avant par les stars hollywoodiennes. Ne vous méprenez pas, l’origine exacte des traitements des ongles existait bien avant et dans différentes parties du monde.

Dans l’Égypte ancienne, de 5000 à 3000 avant J.-C., les femmes se teignaient les ongles avec du henné pour indiquer leur statut social (celles de la classe inférieure portaient des teintes pastel tandis que les classes supérieures portaient des teintes lumineuses).

Une peinture murale datant de 2330 av. J.-C. montre des personnes aux ongles peints

De plus beaucoup pensent que cette pratique était exclusivement réservée aux femmes mais en Babylonie, 3200 av. J.-C., ce sont les hommes, et non les femmes qui se peignaient les ongles avec du khôl noir et vert. Pour se préparer à la guerre, ils passaient des heures à se préparer les ongles, les cheveux et d’autres soins de beauté similaires.

À peu près à la même époque en 3000 av. J.-C., le premier vernis à ongles est né dans la Chine ancienne. Il était fabriqué à partir de cire d’abeille, de blancs d’œufs, de gélatine, de colorants végétaux et de gomme arabique. Les Chinois trempaient leurs ongles dans ce mélange pendant plusieurs heures. Les couleurs allaient du rose au rouge, selon le mélange des ingrédients.

Ces pratiques étaient considérées avec le plus grand sérieux et même les joaillers se ralliaient à ces coutumes. Ainsi nous avons retrouvé des « bijoux pour ongles » ou plutôt des protèges ongles, en effet la dynastie Ming (Chine 1368-1644) était connue pour ses ongles extrêmement longs. Parfois, ces ongles étaient protégés par des protège-ongles incrustés d’or et de gemmes.

Ces peuples égyptiens et chinois s’approchaient du nail art tel qu’il est connu aujourd’hui, mais leurs ongles étaient seulement teintés uniformément.

Le premier enregistrement réel de l’art des ongles provient de l’empire Inca (1438-1533), qui était l’un des plus grands empires d’Amérique du Sud. Les Incas décoraient leurs ongles en peignant des aigles dessus, sûrement pour représenter leur puissance.

Depuis les techniques n’ont pas cessé de se développer jusqu’en 1955 ou un dentiste américain créa la première forme de «faux ongles» ou ongles en gel ensuite développée et modernisée par les esthéticiennes. Cette technique consiste à rallonger les ongles avec de la résine dentaire (acrylique). Ce processus a permis aux esprits novateurs de créer une véritable forme d’art sur les ongles car ils étaient plus longs et plus solides. Même si, historiquement, le peuple Inca se décorait déjà les ongles au 15 ème siècle, le Nail Art moderne actuel est réellement né dans les années 1980. Il s’est ensuite rapidement développé dans les pays asiatiques comme le Japon ou la Corée du Sud.

Les grandes dates de l’industrie des ongles :

1980 – Les techniciennes des ongles commencent à façonner les ongles en acrylique avec des limes électriques qui sont utilisées pour la fabrication de bijoux et le travail des dentistes.

1982- Le premier système de gel UV est introduit, la lampe UV est créée par James Giuliano. Des systèmes inodores sont également conçus.

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Cardi B, icône du rap américain, met en avant le pouvoir de la femme à travers ses textes.

L’ampleur et la signification du nail art dans notre société actuelle :

En 1988 Florence Griffith Joyner a établi deux records du monde d’athlétisme aux Jeux olympiques de Séoul en portant de longs ongles en gel.

Depuis de grandes figures féminines ont suivi cet effet de mode. Aujourd’hui nous pouvons dire que les faux ongles et le nail art ont une dimension sociale. Cette pratique touche tous les milieux, aisés ou défavorisés et tous les âges.

Le nail art reflète le goût et la personnalité de l’utilisateur, c’est un moyen d’expression.

Dans cette interview réalisée par Brut en 2021, cette jeune prothésiste ongulaire souligne le fait que les faux ongles peuvent aussi avoir une dimension féministe. Ils représentent alors la force de la femme, comme des griffes, leur combat quotidien.

Le nail art peut être interprété comme on le souhaite, comme une simple décoration, un accessoire de mode, ou un message que nous souhaitons véhiculer mais il ne correspond jamais à l’image d’une femme objet ou superficielle. D’ailleurs il n’est pas seulement destiné à la gente féminine mais peut être adopté par tous les genres.

Aujourd’hui le nail art est devenu une profession qui requiert une formation et qui est validée par des diplômes. Certes de plus en plus de personnes sont intéressées par la réalisation de cette pratique mais il y a des techniques et des savoirs faire propres à cet art. Réalisé avec des produits chimiques et sans expérience le nail art peut s’avérer dangereux pour la santé, avec des risques d’inhalation ou de dérèglement endocrinien.

Certains prothésistes ongulaires exercent un métier d’art à part entière.

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Prestation par Jenny Bui

Un Métier d’Art est défini par l’association de 3 critères : Il met en œuvre des savoir-faire complexes pour transformer la matière. Il produit des objets uniques ou des petites séries qui présentent un caractère artistique. Le professionnel maîtrise ce métier dans sa globalité.

C’est le cas de Jenny Bui, artiste internationalement reconnue. Le nail art est donc bien un art à part entière.

Ingrid Chausset DNMADE JO1 Octobre 2022

« New Art Nouveau » à Gemgenève, une joaillerie hybride.

Dans la section “Immerging talent” du salon GemGenève, focus sur une joaillière polonaise, Iwona Tamborska. Sur son stand des êtres hybrides, des insectes féeriques et des végétaux enchanteurs se parent de gemmes et d’argent. À mesure d’examinations, les détails des pièces se révèlent et quels détails !


Intriguée et attirée par une évidente inspiration de ses bijoux par Art Nouveau, j’ai pu discuter avec Iwona et en savoir un peu plus sur son parcours. Toujours attirée par la joaillerie mais contrainte par l’inexistence d’école joaillière en Pologne, son pays natal, à l’époque cruciale où l’on choisit son orientation, elle se dirige vers le
métier d’architecte paysagiste. Un cursus où elle étudiera art, environnement, architecture et sociologie. Un accident de travail causa temporairement la perte de sa voix et conséquemment elle eut à subir une opération. Cet événement est un tournant pour elle et l’occasion d’une introspection, l’envie de créer et son attirance pour la joaillerie ne l’ont pas quittée. Après un programme d’initiation à la joaillerie de 4 jours, elle s’engage dans un long processus d’apprentissage autodidacte, qui la mènera jusqu’ici, à GemGenève.
Ne bénéficiant pas de formation du bijou, la joaillière est libre de tout cadre et ose créer sans limite à son imagination. Les légendes, mythes et
religions l’inspirent et son cursus lui a fourni un savoir qui la guide dans
son processus créatif. Elle porte une admiration sans limites aux grands
maîtres de la joaillerie Art Nouveau, Lalique ou Fouquet pour n’en citer
que deux. L’art nouveau apparaît vers 1880 et met à l’honneur la femme, les courbes et par-dessus tout célèbre la nature. Les Opales et femmes-insectes présents sur le stand nous évoquent cette époque, Iwona Tamborska qualifie son style de “New Art Nouveau”, un titre qui nous rappelle que l’innovation ne peut se faire qu’avec une connaissance et un respect du passé.

J’ai pu admirer hors de sa vitrine une pièce d’une grande minutie. Inspirée du signe du Sagittaire et armée d’arc et flèche, la créature ailée aux cheveux faits de plume de paon se trouve sertie de saphirs et d’opales. Transportant avec elle sa prise, une mouche figée dans de l’ambre. La chaîne est constituée d’une myriade de flèches, elle explique “la chaine fait partie du bijou et de son histoire”.


La discussion se conclue sur une dernière question “Quel(s) conseil(s) pourriez-vous donner à des aspirants joailliers/créateurs?” et voici sa réponse:

En tant qu’autodidacte on m’a donné tant de conseils, que je n’ai pas voulu suivre, cela ne m’intéressait pas…Alors je ne suis pas sûre de pouvoir moi-même en donner ! Mais je peux dire qu’il est important de savoir ce qu’on veut et ce qu’on aime, on m’a parfois conseillé de produire beaucoup, de faire de la série, je trouve au contraire une vraie satisfaction dans le fait de produire une pièce unique, détaillée qui me correspond et qui m’inspire. Il est difficile de suivre cette voie, il faut de la patience et de la modestie. Mais c’est en fonctionnant ainsi que je suis épanouie et que je suis restée en accord avec moi-même.


GemGenève reste l’occasion de rencontrer des personnalités fortes et de découvrir les coulisses de l’univers passionnant que nous étudions. Nous avons la chance d’avoir accès à des billets, je vous invite donc à vous rendre à GemGeneve quand vous en aurez l’occasion !

Merci de m’avoir lu 🙂

Lucie Garcia – DNMADE24Jo – Octobre 2022

Une rencontre bouleversante ; projet Strong&Precious

A l’occasion de l’édition Gemgenève du début d’année, nous avions pu rencontrer de nombreuses personnalités et innovations. Les vitrines et l’histoire de Strong&Precious avez attiré notre attention. Fin octobre, une autre édition du salon se tiendra. Peut-être aurez-vous la chance de les rencontrer et de leur parler! En attendant, voici quelques mots; malheureusement toujours d’actualité; rédigés lors de notre passage sur la poignante histoire de ces créateurs ukrainiens.

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Une laine qui a du chien !

Vraiment ? Une laine faite à partir de poils de chiens ?! Hé oui, étonnant mais bien réel ! On parle bien de ces même poils qui nous chatouillent le nez !

Il s’agit des deux designers allemandes Ann Cathrin Schonrock et Franziska Uhl qui ont souhaité trouver une alternative face à la maltraitance animalière tout en recyclant une matière. L’objectif de cette marque est de sensibiliser le grand public à la protection des animaux et de l’environnement.

L’idée est simple : récupérer la laine peignée et tondue des animaux de compagnie par le biais d’un réseau de propriétaires d’animaux privés, de salons de toilettage, d’associations, d’écoles canines, de vétérinaires, pour en faire de la laine tout aussi efficace que celle du mouton.

chaussettes en laine de chien

L’entreprise appelée Modus Intarsia propose ce textile affin de remédier à la maltraitance de l’élevage d’animaux et d’upcycler cette matière, jusque là peut intéressante. Amusant et innovant vous ne trouvez pas ?

pelote de laine de chien

De cette manière, le projet contribue à économiser les ressources. Cette laine peut être mise à la disposition de l’industrie textiles en tant qu’alternative durable et ainsi réduire les importations de matériaux nuisibles au climat.

Les poils de chien de toutes les couleurs sont lavés, traités et teintés pour fabriquer des vêtement jusqu’à « 80% plus chaud que la laine de mouton »

Le saviez-vous ?

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Si l’art et la lumière faisaient le monde de demain ?

« Le soleil peut fournir en une heure, assez d’énergie pour nourrir le monde entier en électricité pendant un an.”

Dans notre société actuelle, la demande en énergie augmente de jour en jour. De nombreux scientifiques ont cherché à subvenir à ce besoin. C’est la designeuse Marjan VAN AUBEL qui à peut-être trouvé la solution. Elle affirme que : “ Si nous intégrons l’énergie solaire dans notre vie quotidienne, si nous la rendons belle et accessible, nous pouvons la démocratiser à grande échelle ”.

Marjan VAN AUBEL est une jeune néerlandaise de 37 ans basée à Amsterdam. Elle a pour but de faire évoluer notre vision de la technologie solaire en la rendant belle et accessible à tous. C’est une fois diplômée de la Gerrit Rietveld Académie, qu’elle décide de partir poursuivre ses études aux Royal College of Art, à Londres. Là-bas elle fait la rencontre du chimiste Suisse Michael GRAETZEL, qui, dans les années 1990, à inventé les cellules solaires à pigment photosensible. C’est en continuant ces travaux, qu’elle à pu créer toute une gamme de panneaux solaires.
En 2019, lors d’une conférence au Ted TALK, elle explique que “le soleil peut fournir en une heure, assez d’énergie pour nourrir le monde entier en électricité pendant un an.”

Ces panneaux solaires fonctionnent grâce à une couche de dioxyde de titane – faisant office de nano-éponge pour le colorant – imprimée entre deux feuilles de verre. Lorsqu’un photon (= rayon du soleil) frappe cet assemblage, de l’électricité se forme. Une fois l’énergie récupérée, elle est stockée dans une batterie.
Tout au long de la journée, les couleurs de l’objet changent en fonction de la position du soleil. Cela contribue au maintien d’une température adaptée. La couleur des panneaux solaires laisse passer un spectre lumineux compris entre 400 et 700 nanomètres, soit légèrement plus petit que le domaine du visible, ce qui bloque uniquement les infra-rouges et les ultraviolets.

Allier esthétique et technologie est essentiel dans le travail de la designeuse. Son dernier projet, la lampe Sunne, est une lampe d’ambiance auto-alimentée qui emmagasine la lumière du jour et la stocke dans une batterie. Elle peut ainsi éclairer une pièce toute une nuit. C’est ce projet Sunne qui représente le point de départ d’une série de produits accessibles à tous, il contribue à faire prendre conscience de la façon dont l’énergie solaire peut être intégrée dans notre quotidien.

Autres exemples d’objet de la vie courante, son projet Current Table, est un panneau en verre reposant sur deux trépieds. Un courant électrique y est produit à l’intérieur, sans avoir besoin d’une lumière solaire directe. Cela permet d’alimenter les deux prises USB présentes dans la table. Sa tapisserie réalisée à partir de bandeaux photovoltaïques souples dont elle mélange les couleurs et les formes est aussi une belle promesse pour les besoins en énergie dans le monde. Les cellules solaires utilisées dans cette tapisserie sont largement plus fines et plus légères que les cellules classiques en silicone.  Elle permet de récolter la lumière du jour et de la restituer dès que cela devient nécessaire. 

Actuellement, la designeuse et son équipe travaillent sur l’idée de faire de l’énergie solaire la principale source d’énergie de demain, que se soit avec les façades des bâtiments, des vêtements, des tableaux… Car toute surface permettrait – selon elle – de stocker de l’énergie.

Ecrit par DUCLOS Coralie (DNMADE 1 Ho) – octobre 2022

Le custom sneakers, un phénomène incontournable ?

Le custom d’une Reebok Club C au marqueur par Cope 2

Ces dernières années, la passion et l’attrait pour les sneakers s’est largement développé, tous les ans de nouveaux modèles sont créés. Les amateurs ou connaisseurs cherchent toujours des modèles uniques. Depuis que des artistes renommés tels que Kanye West, Virgil Abloh, Pharrell Williams ou encore Kendrick Lamar collaborent avec de grandes marques pour faire revisiter leurs baskets cultes, la tendance du « custom sneakers » s’est considérablement développée. En Français, le « custom sneakers » est une pratique qui consiste à personnaliser ses baskets.

La personnalisation de chaussures n’est pas récente, les premiers customs remontent aux années 70 lorsque Bill Bowerman, l’un des deux fondateurs de Nike, modifiait lui-même les chaussures de sport des athlètes qu’il entrainait à l’Université de l’Oregon.

Virgil Abloh présentant de nouveaux modèles customisés

Depuis quelques années, la plupart des marques ont lancé leur propre service de personnalisation de baskets en ligne et parfois dans certains de leurs magasins. C’est le cas de Nike, avec son programme NikeID, mais aussi d’Adidas, de Reebok ou encore de New Balance, avec son « Customiseur NB1 ». Cela permet de se procurer facilement a un prix correct une paire unique, façonnée à son image. Mais les possibilités créatives sont limitées car les outils proposés par ces marques sont automatisés, tout comme les processus de fabrication.

Image de l’interface de custom chez NikeID

Si un collectionneur à une idée de custom particulier, il est possible de faire des customs manuels, pour avoir des résultats de meilleurs qualité ou des personnalisations plus difficiles à réaliser.

Souvent des passionnés décident de personnaliser eux-mêmes leurs chaussures, en s’équipant avec des produits adaptés, il faut savoir que chaque chaussure à ses spécificités, tant au niveau du design que des matériaux, c’est pour cela qu’il est important de bien se renseigner avant de se lancer. Si vous êtes intéressé voici la liste de l’équipement utile à avoir sous la main. Des tutos sont disponibles sur Youtube via la chaine Angelus Brand et AT Custom.

  • Un kit de nettoyage complet
  • Un tube de produit décapant
  • Un ou plusieurs pinceaux plats
  • Un ou plusieurs pinceaux pointus
  • Différentes peintures
  • Différentes teintures
  • Du scotch double face
  • Différents pochoirs
  • Différents aérographes
  • Différents vernis
Peinture Cuir Angelus – Dazling Adam

Si vous n’osez pas le faire vous mêmes, heureusement il existe d’autres solutions. Le phénomène de la personnalisation de basket est maintenant très répandu en France. Il est possible de commander son projet de custom, car des professionnels se sont spécialisés dans la réalisation de pièces uniques pour des clients particuliers. Ils vous sera donc possible de pouvoir commander le custom de vos rêves.

Custom panthère rose sur un AJ1 par Nick Demaria

Je me suis lancé dans le custom au début de l’année et je trouvais intéressant de vous partager ce nouvel art, bonne lecture à tous en espérant que vous apprécierez ce savoir-faire. Voici quelques liens pour en découvrir davantage si vous décidez de vous lancer:

https://www.youtube.com/channel/UCQOfcti3ahUj6G78tUFZd1w https://www.youtube.com/user/AngelusBrand https://www.youtube.com/channel/UCuhnhunwtyp6hjTZQeSF-Pg

Nicod Adrien – DNMADE1HO – Octobre 2022

Des œufs que vous n’êtes pas prêt d’avoir à Paques !

Ce sont LES œuvres d’art, réputées pour leurs ornements élaborés, dont l’extravagance rappelle au monde la puissance des tsars et qui valent aujourd’hui des millions de dollars ! Comme vous le devinez si bien nous allons parler des œufs de Fabergé. Mais avant tout revenons sur leurs histoire et pourquoi ils sont si célèbres.

Le joaillier:

C’est le joaillier Pierre Karl Fabergé d’origine française qui est à la base de ses œuvres d’art, née à Saint-Pétersbourg c’est en 1872 qu’il prend les rênes de l’entreprise familiale de la maison Fabergé et c’est là qu’il est remarqué par le tsar Alexandre 3 au vu de ses compétences apprises dans les ateliers des meilleurs joailliers du monde.

La naissance des oeufs :

La Russie étant un pays orthodoxe la tradition veut qu’a la fête de Paques les croyants s’offrent des œufs et c’est à ce moment précis que ceux-ci rentrent dans l’histoire. Le tsar décide d’offrir un œuf de Pâque à sa femme l’impératrice Maria Feodorovna en 1885 Il contacte alors Pierre Karl Fabergé.

Le premier œuf de Fabergé :

Je nomme L’œuf à la poule le premier œuf de la maison il reprend l’idée des traditionnelles poupées russe appelées matriochka. De l’extérieur la coquille de l’œuf est en email blanc, l’intérieur en or jaune contient un œuf en or jaune qui contient une poule en or blanc et or jaune avec les yeux en rubis, elle s’ouvre également nous faisant découvrir un pendentif rubis de la couronne impériale mais ce dernier a été perdu.

L’impératrice est tellement fascinée par ce travail que le tsar nomme Fabergé « orfèvre par nomination spéciale à la couronne impériale » ce qui projette la maison vers le succès. Les années suivantes la maison Fabergé renouvellera cette tradition. Mais suite à la mort d’Alexandre III le 1er novembre 1894, c’est son fils qui les commandera.

Les matériaux et techniques employés :

La maison Fabergé utilise beaucoup de pierres ornementales, comme l’agate, la néphrite, la rhodonite, la bowenite et le cristal de roche il utilise aussi les quatre couleurs de l’or et pratiquement tous les œufs sont travaillés avec de l’émail. Quand aux techniques le joaillier utilise le guillochage qui est le fait d’orner de lignes entrecroisées sur le métal et l’utilisation de l’émail en cloisonné.

Bowenite
Agathe
Cristal de roche
L’œuf au Pamyat Azova 1891

Quelques-uns des œufs :

L’œuf en calcédoine, un jaspe vert, se présente comme une coquille ornée d’entrelacs rococo évoquant les vagues et de couronnes d’écumes en diamants. Il est fermé par un rubis. Le navire nommé mémoire d’Azov (le Pamyat Azova) constitue la surprise et est posé sur une mer d’aigue-marine.

Œuf Régence 1894

Dit aussi l’Œuf Renaissance. Dernier œuf offert par Alexandre III à sa femme, il est en onyx blanc orné de motifs émaillé et de cabochons en diamants et rubis. Deux têtes de lions en or forment les poignées. Il renfermait comme surprise l’œuf de la Résurrection ou, selon une autre hypothèse, une petite statue du Christ ressuscité

L’œuf aux treillis de roses 1907

Œuf créé à l’occasion de la naissance de l’héritier, il est orné d’entrelacs de diamants sur un parterre d’émail vert. Au centre de chaque croisillon s’épanouit une rose.

Œuf au Transsibérien, 1900

L’œuf est en argent, le sommet est recouvert d’émail vert. La carte du transsibérien et sa date d’ouverture (1900) sont gravés dessus. Trois griffons le portent. À l’intérieur est logé un modèle en or du premier Transsibérien. Il est doté d’un moteur miniaturisé et d’une lanterne en rubis. La locomotive est en platine, les vitres des wagons en cristal.

Œuf du palais de Gatchina 1900

Réalisé en émail opalescent blanc, or « quatre- couleurs » (blanc, rouge, vert et jaune) et décor de perles de culture

Lors de la révolution bolchevik de 1917, les ateliers Fabergé sont convertis en fabriques d’armes de guerre, la famille Fabergé se réfugie en Suisse. Une partie de la collection des œufs est vendue à l’étranger. En 1927, Staline en vend 14 n’en laissant ainsi que 10 au Kremlin, 24 œufs sont placés dans le palais des armures. Au total 52 œuf ont été créés et 7 ont disparu.

Bien plus que des symboles d’opulence, de luxe et de décadence, les œufs de Fabergé sont des objets de fascination, de mystère et avant tout d’œuvres d’art exceptionnelles, ils illustrent la richesse historique de la Russie. Convoité entre personnalités politiques telle que la reine d’Angleterre (qui en possédait 3), ils font partie d’échanges géopolitiques. Nous les retrouvons dans de nombreux films et séries appréciés du grand public (James Bond-Octopussy, Peaky Blinders ou encore Ocean’s Twelve). Le nombre limité de ces exemplaires impériaux n’empêchent pas qu’ils soient aujourd’hui célèbre dans le monde entier pour leurs qualités artistiques, leurs finitions à couper le souffle et leur grande valeur dépassant souvent les 10 millions de dollars.

Si vous souhaitez en apprendre plus :

(9268) Les oeufs de Fabergé – YouTube

(9268) Le trésor des Tsars documentaire de Patrick Voillot – YouTube

Emma Grobel – DNMADE JO1-Octobre 2022

M.H.C : L’automobile d’hier et de demain

THE ZODIAC, 2021, Ash Thorp (CGI Artist)

Qu’est-ce que le « restomod » ?

L’automobile d’aujourd’hui est très nostalgique et on voit émerger le phénomène de « restomod » : c’est remettre au goût du jour un modèle emblématique passé, et cela ne concerne pas seulement l’automobile mais aussi le design en général et l’horlogerie en particulier.

R5 Turbo 3, Légende Automobiles, 2022

Cette Renault 5 Turbo 3 est le fruit d’une collaboration entre le célèbre CGI Artist Carlos Pecino aka Colorsponge et le manufacturier français de voiture Légende Automobiles. Elle naît d’un désir nostalgique de créer un concentré de technologie au cœur d’une icône des années 80 la Renault 5 Turbo, arme fatale du Groupe B en rallye.

 Each conceptual build is a way for us to pay tribute to past icons, the cars we grew up with and love.

https://makehastecorp.com/about

Les grands acteurs de la CGI automobile.

Mais qu’est-ce que la CGI ? Allez-vous me demander. C’est une discipline digitale de création d’images et d’effets visuels 3D.

Make Haste Corp. (MHC) was founded and created in early 2021 by two friends and industry veterans, Carlos Pecino (aka ColorSponge) and Ash Thorp, in an effort to push the boundaries of photorealism and design in the automotive world.

https://makehastecorp.com/about

Carlos Pecino et Ash Thorp sont deux CGI Artist reconnus avec une vraie communauté puisqu’à eux deux sur Instagram ils regroupent près de 250.000 followers. Et ce n’est pas le signe le plus évident de légitimité car on retrouve leur travail dans des films mondialement connus.

Ash Thorp : un héros de l’ombre.

THE BATMAN, 2022, Design rendering, Ash Thorp

A travers son entreprise Alt Creative, Inc. Ash Thorp offre l’opportunité de donner vie à des projets cinématographiques ou même industriels. Thor, Ender’s Game, Total Recall sont quelques œuvres dans lesquelles il a eu un rôle primordial.

Etant spécialisé dans le rendu 3D automobile, il a eu le grand honneur de travailler sur les « Bat-vehicle », grands icônes de la pop culture. La Batmobile et la Batcycle conduite par Robert Pattinson sont parmi les dernières œuvres réalisées par Ash Thorp.

THE BATMAN, 2022, Design rendering, Ash Thorp

« Want to collaborate? »

« Evolving our love of CGI, photography, photorealism, and automotive design »

Carlos Pecino et Ash Thorp

https://makehastecorp.com/about
THE DREAM – M.H.C. 020
THE ESP – M.H.C. 007
THE BRAWLER – M.H.C. 001

Ces quelques designs nous montrent clairement la philosophie dans laquelle est ancrée M.H.C. Vous les avez peut-être reconnues, de gauche à droite, la Ford GT40, la Lotus Esprit et la Ferrari 308, trois légendes absolues de l’automobile qui marquent encore intemporellement les esprits et qui ont entièrement été restylisées par M.H.C.

Avec un design très avant-gardiste et simpliste, « The Brawler » reprend clairement la ligne de la Ferrari 308, très affutée et aérodynamique, en simplifiant au maximum les périphériques. Des pneus slick, des arceaux et un diffuseur à quelques centimètres du sol sont les signes visibles d’une réelle voiture de course.

La voiture de rêve n’est-elle pas entre les mains de M.H.C ?

Morgan P. – DNMADe1 HO – Oct 2022

L’indépendance : une histoire monumentale

Ah ! New York, 1930 ! La découverte par l’astronome américain Tombaugh de la neuvième planète du système solaire Pluton, le début de la construction de l’Empire State Building, et bien d’autres… Mais qu’en est-il de l’art, l’écologie New-yorkaise ?

Aujourd’hui Louise Nevelson est à l’honneur, née en 1889, sculptrice et peintre New-Yorkaise d’origine Ukrainienne. En 1920, elle étudie le chant, le dessin, mais aussi l’art dramatique. Elle suit des cours de peinture à « L’art Students League » de New York. C’est à partir de 1933, qu’elle expose ses œuvres picturales aux États-Unis. Entre 1934 et 1945, elle se tourne vers la sculpture. Dès lors elle étudie tous les matériaux en rapport avec son nouveau métier, la terre cuite, l’aluminium, le bronze, au « Sculpture Center ».

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This is Louise Nevelson by Pinterest.

Elle est qualifiée comme l’une des premières femmes à montrer ses sculptures dans les années 50. Elle n’est pas très connue en Europe, car les dimensions de ses œuvres sont monumentales et compliquées à transporter.

Ses œuvres (boîtes) font partie du mouvement de l’expressionnisme abstrait. Son but artistique était d’utiliser des objets du quotidien mis à la décharge, ou des objets trouvés, et créer des assemblages pertinents. Elle utilise des caisses en bois qu’elle imbrique selon un dessin réalisé au préalable, elle cloue, colle, rive, d’autres déchets, en ajoutant du plexiglas ou des miroirs… Elle recouvre ses sculptures d’une couche de peinture noire dans un premier temps puis par la suite, elle utilisera du doré ou du blanc. Elle qualifie le noir comme étant dédié à l’aristocratie, le blanc par le deuil et les promesses. Plus tard, elle introduira le plexiglas pour des effets de transparence. Ses sculptures sont alors plus lumineuses et rencontrent un énorme succès. Son but est de supprimer la fonction initiale de l’objet, le recycler et le détourner du fait que l’on ne puisse plus ou très peu le reconnaître. 

(attention histoire…)

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Louise Nevelson, Chapel II, 1959.

« Il était une fois une jeune Ukrainienne du nom de Louise Nevelson qui se mariait avec un homme beau et riche. Elle était vêtue de blanc. Quelques années plus tard, la jeune femme divorçait en noir de cet homme qui voulait la contrôler. » À cette époque, le divorce n’était pas très courant ni bien perçu. Par la suite, elle construit une Chapelle-Blanche illustrant son mariage.

Un peu répétitif non ? Tous ces objets entassés symbolisent des autels laïcs mystérieux pouvant être destinés à l’industrialisation naissante.

À partir de 1957, elle se démarque des autres avec son style : des immenses sculptures murales, avec la même valeur ritualiste ou totémique que les œuvres de ses collègues expressionnistes abstraits, c’est-à-dire l’utilisation de ce mouvement en arme politique.

Remarquons l’esprit avant-gardiste de cette Ukrainienne, qui représente l’indépendance, la force (porter des objets lourds pour ses sculptures monumentales), la mixité avec sa culture incluse dans l’art New-yorkais. Elle apporte un nouveau style tant dans la réutilisation d’objets défectueux, que dans l’emploi de ces couleurs sobres qui sont toujours d’actualité. L’emploi de formes géométriques démesurées.

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Louise Nevelson, Sky Cathédral presence, 1951-64.

En appréciant ses sculptures, on peut comprendre les valeurs que cette femme veut nous faire passer, l’idéologie politique des États-Unis durant la Guerre Froide.

Ses œuvres ont été remises au goût du jour, grâce à la fondation Louise Nevelson qui met en relation les problématiques actuelles comme l’écologie, l’indépendance des femmes, et l’excentricité humaine. Le seul endroit où nous pouvons admirer les œuvres de Louise Nevelson en France est au Musée de Peinture et de la Sculpture, à Grenoble.

À votre avis ? Comment peut-on exploiter les objets jetés dans l’art contemporain ?

Par Mia Bonnetti DNMAde24 Horlogerie Octobre 2022.

Du mobilier absurde

La créatrice sud-coréenne Lila Jang transforme des meubles du XVIIIe siècle en œuvres d’art.

Lila Jang a imaginé des meubles qui s’adaptent à l’espace en s’inspirant du mobilier qu’elle aime, celui du XVIIIe siècle. Ce concept lui est apparu lorsqu’elle habitait dans un petit appartement parisien où chaque mètre carré compte. Elle imaginait son canapé escalader le mur ou encore sa lampe de chevet voler.

Quand la forme ne suit pas la fonction

Lila Jang a donné des noms à tous ses meubles. Dans « Anne Marie » la forme générale du fauteuil louis XV est très reconnaissable mais les accoudoirs sont démesurément grands ce qui rend l’assise impossible.

Dans « Canape » un canapé est plié en équerre ce qui réduit la place pour s’asseoir de moitié.

Ses inspirations d’un univers surréaliste et merveilleux ont pris le dessus sur la fonction de l’objet. Le principe du fonctionnalisme « la forme suit la fonction » n’est en réalité plus la maxime de Lila Jang.

Ce sont des meubles surprenants avec un contraste fort entre l’aspect épuré du blanc et ces formes sorties d’un conte féérique.

En quoi est-ce absurde ?

Un fauteuil ou on ne peut s’y asseoir, un canapé ou qu’une seule personne peut s’y installer, quel est l’intérêt ? Le mobilier fait partie du domaine du design or ici la fonction n’est pas respectée.

On ne peut donc pas dire que ces meubles appartiennent au domaine du design mais plutôt à celui des arts plastiques, ces « meubles » sont des œuvres d’art. C’est ce qu’y en fait leur absurdité : prendre une œuvre d’art pour un objet de design fonctionnel.

Léna B. – DNMADe1 HO – Avril 2022

Une touffe de message

Source: Amour et justice Les menstruations

Avertissement : L’article que vous allez lire va vous décoiffer. Coiffeur(euses) sensibles s’abstenir de s’arracher les cheveux.

Je suis une actrice et artiste ivoirienne féministe qui réalise des sculptures à partir de mes cheveux tressés. Je suis ?

Laetitia Ky !

Laetitia Ky, est née en 1996 à Abidjan, vers l’âge de 5 ans elle s’amusait à tresser ses cheveux, réalisant de nombreuses coupes. Studieuse, elle a obtenu son Baccalauréat Littéraire à l’âge de 15 ans seulement et commence des études de commerce à l’Institut National Polytechnique de Yamoussoukro. Elle aurait durant son épreuve de mathématiques, tressé les cheveux de son inspecteur afin d’obtenir son diplôme, mais cela ne nous regarde pas… Laetitia a travaillé dans l’art et le design en démarrant par le design de mode vestimentaire. Rapidement elle s’inspire des coiffures africaines pour créer de l’art capillaire.  C’est à partir de 2016, qu’elle débute la sculpture sur cheveux.  On parle de fusion entre la sculpture et l’art capillaire.

Source: Amour et justice.
Instagram: @laetitiaky

De style dit  afro-punk, ses créations sont exposées sous forme de photo sur les réseaux sociaux tel que Instagram, Facebook, Twitter, où sur son site Amour et Justice (papress.com)  qui est à la fois sa mémoire, une œuvre engagée manifestant le féminisme et une œuvre d’art, qui raconte l’histoire de l’artiste. Influenceuse et militante, Laetitia Ky, raconte des histoires puissantes à travers ces imposantes sculptures de cheveux, embrassant la culture et la beauté noire. Elle lutte pour la justice sociale, le voyage vers l’amour de soi, et le féminisme.  Elle s’est fait connaître avec la sculpture de deux silhouettes montrant un cas de harcèlement sexuel (un homme qui soulève la jupe d’une femme).

Aujourd’hui, en plus de poster ses créations, Laetitia Ky consacre son temps libre au lancement de son plus gros projet jusqu’à présent, sa toute première collection de vêtements. Passionnée de cinéma, elle travaille sur l’écriture de scénarios avec pour personnage principal une héroïne africaine dont les supers pouvoirs viendraient de sa chevelure…

Source: Instagram. Son premier post connu

À partir de mèches synthétiques elle tresse ses cheveux leurs donnant une vie. Elle appelle ses techniques le « Ky Braids » . En 2017 elle organise son premier atelier en vue de transmettre ses techniques. Elle réalise ses tresses en ajoutant divers matériaux : fils de métal, cintres, extensions capillaires, wax.

Sortez vos mèches folles, nous allons apprendre à faire du « flat Ky Braids » !

Tout d’abord vous allez avoir besoin de cheveux. Courts ou longs peu importe (la production s’excuses au près des chauves). Du tissu de votre choix, de fils de fer, d’extensions colorées ou non, selon vos envies, de mains agiles, et c’est tout !

Séparez les cheveux en ligne comme si vous alliez faire des tresses collées. Afin d’améliorer la visibilité, tressez grossièrement vos cheveux. Si vous avez les cheveux courts, humidifiez-les simplement.

Fabriquez des bandes de tissus d’environ 1 mètre de long et 5 cm de large. Le nombre de bandes à réaliser dépendra du nombre de tresses souhaitées.

De même, séparez ses lignes de cheveux en carré. Twistez progressivement le premier carré de mèche en gardant une tension constante sur le cheveu. Enroulez le bandeau de tissu autour de la base pour donner de l’épaisseur. Ensuite enroulez la mèche sur quelques centimètres. Ajoutez le fil de fer.  Liez le second brin de la ligne en twistant avec le ruban. Répétez l’opération jusqu’à ce que la ligne soit complètement réalisée. Enroulez le bandeau et la mèche de cheveux à votre convenance. Lorsque vous avez fini, ajoutez un élastique pour tenir toute votre création. Si vous n’avez pas les cheveux assez longs, vous pouvez mettre des extensions à la base pour donner du volume à votre coiffure. Réitérez l’opération sur toute la tête.  Modelez vos cheveux à votre guise. Et voilà vous avez terminé.

Une oeuvre bien moins engagée
Instagram: @laetitiaky

Enfin, après avoir pris connaissances des bases du ky braids, il ne reste plus qu’à réfléchir à une forme.

Et vous est-ce que vous préférez une œuvre engagée, ou plutôt une œuvre légère qui vous fait voyager ?

Le saviez-vous ? Dans la vie, il y a le bon artiste et le mauvais artiste. Le bon artiste réfléchit, alors que le mauvais, et bien il réfléchit, mais bon… c’est un mauvais artiste.

(119) FLAT KYBRAID Tutorial: how to braid with wax fabric? – laetitia ky – YouTube

L’éloge du repos !

En effet la montre dont nous allons parler appelle à la détente. Serait-ce une montre uniquement pour les vacances ? Nous donnerait-elle une nouvelle vision du temps ? Nous allons le découvrir.

Kristof Devos

Cette montre «A perfectly useless afternoon » a été imaginée par l’illustrateur et auteur de livres pour enfant Kristof Devos épaulé par l’équipe Mr Jones Watches. A travers cette montre Kristof Devos révèle que le temps passé à se reposer n’est pas du temps perdu.

Qui sont-ils ?

Fondateur de Mr Jones Watches

Mr Jones Watches fait appel à des designers pour imaginer leurs montres, qui sont ensuite fabriquées dans leur petit atelier Londonien. Cette entreprise, ainsi que les designers avec qui ils collaborent, ont l’envie de créer des montres qui se distinguent des autres car aujourd’hui la montre n’est plus un objet purement fonctionnel. En somme ce sont des montres aux cadrans colorés avec un affichage de l’heure toujours très recherché qui donne de la légèreté au monde rigoureux de l’horlogerie. Mr Jones Watches nous propose un large choix de montres automatiques ou à quartz.

 

Average day

Du Story telling !

Chaque montre a un style particulier et raconte une histoire différente. Chacune d’entre elle s’inspire d’une notion philosophique de la vie : Notre mort imminente avec la montre « The accurate », l’humilité avec une autre version de la montre « The accurate », l’absurdité de la vie avec la « Average day » et bien d’autre encore.

 

C’est bon pour le moral !

Pour imaginer le design de cette montre Kristof Devos est parti de cette phrases de l’écrivain chinois Lin Yutang : « Si vous pouvez passer un après-midi parfaitement inutile d’une manière parfaitement inutile, vous avez appris à vivre. »

A perfectly useless afternoon

Le nom de cette montre « A perfectly useless afternoon » est quelque peu contradictoire le mot useless (inutile) associé au mot perfectly (parfait) forme un oxymore. Ne « rien faire » est généralement mal vu par la société, certains en ont presque honte car cela pourrait être lié à de la flemmardise mais avec cette montre, Mr Jones Watches fait l’éloge du repos. Il montre que le temps passé à faire le vide dans nos têtes est du temps bien dépensé.

Nous pourrions également retrouver de la contradiction dans la fonction première de la montre et ce qu’en fait Kristof Devos. Un garde de temps nous sert à rythmer nos journées or cette montre nous donne envie de vacances.

Cette montre nous rappelle que nous avons tous besoin de ces instants où nous ne faisons rien. Ce sont des moments qui nous font profondément du bien et qui sont indispensables pour notre santé mentale.

Quelle heure est-il ?

Cette montre est à quartz mais une nouvelle version automatique est sortie récemment. La lecture de l’heure se fait à travers la jambe du personnage sur la bouée et celle des minutes par le biais du petit canard.

Cette montre contredit les codes de l’horlogerie traditionnelle à travers un cadran loin d’être épuré ainsi que l’affichage de l’heure qui ne se fait pas par le biais d’aiguilles. Pourtant c’est une montre que nous devrions porter quotidiennement pour nous rappeler les bienfaits de ne « rien faire ».

Si cette montre vous plait je vous invite à jeter un œil au site internet de Mr Jones Watches : Mr Jones Watches | The most unusual watches you’ll see today. Où à leur compte instagram : @mrjoneswatches

Léna Bonneau – DNMADe1HO – Février 2022

Une Apocalypse des temps modernes

« Ce chant  du Monde ne sera plausible, possible, le monde n’osera aborder le Chant, que lorsque la grande menace de cette immense, immonde pustule de la Bombe, sera, d’un commun accord, arraché de la chair des hommes. J’apporte ma pierre ».

Au lendemain d’une seconde guerre mondiale destructrice, Jean Lurçat, artiste français né en 1892, se lance dans la réalisation d’une série de tapisseries chargées de symbolisme qu’il nommera Le Chant du Monde.

Inspiré par la mythique tenture médiévale de l’apocalypse qu’il découvrit lors d’une visite du château d’Angers en 1938, l’artiste entreprend de raconter une Apocalypse des temps modernes. La monumentale tapisserie fût commandée vers 1375 par le duc Louis 1er d’Anjou, afin d’illustrer l’Apocalypse de Saint Jean. Lurçat vient alors reprendre la connotation qui a éloigné cette appellation de son sens d’origine pour évoquer une catastrophe massive et violente. Par ces dix tapisseries monumentales, l’artiste compose une œuvre globale d’une superficie de 367 m2, une immensité à l’image de la tapisserie médiévale originelle d’une surface de 720 m2.

Il y relate tout d’abord les souffrances d’une génération et sa crainte de la bombe atomique, après les frappes d’août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. La guerre et la mort sont par conséquent les premiers grands thèmes abordés, les premières pièces de tissages composant l’œuvre globale porteront alors le nom de La Grande Menace, L’Homme d’Hiroshima, Le Grand Charnier et La Fin de tout.

Jean Lurçat vient dans un second temps célébrer l’homme en paix. Pour cet enfer atomique c’est une fin belle et heureuse comme on pourrait la retrouver dans un conte pour enfants. L’artiste y exprime enfin sa foi en l’humanité et en ce qu’elle est capable de réaliser pour surmonter la haine de la guerre ainsi que pour créer et découvrir dans l’harmonie. L’œuvre devient alors un message d’espoir pour l’avenir, raison pour laquelle la composition fût nommée à l’origine La Joie de Vivre. Les derniers tissages s’intitulent  L’Homme en gloire dans la Paix, L’eau et le feu, Champagne, La Conquête de l’espace, La Poésie et Ornamentos sagrados. Dans cet avant-dernier élément tissé, Lurçat vient affirmer que l’un des principaux buts de l’homme reste de s’exprimer poétiquement afin de prendre possession de l’Univers de manière lyrique. Il fait alors une nouvelle fois, clin d’œil aux tapisseries médiévales qui racontaient mythes et légendes grâce à ce même concept d’iconographie symbolique. 

L’artiste Jean Lurçat nous offre alors sa vision d’une époque tiraillée entre l’inhumain et l’humain dans une réinvestigation de l’artisanat de la tapisserie. Il vient redonner vie à ce savoir-faire oublié. 

Le 17 décembre 1998, Le Chant du Monde était présenté au « City Muséum of Contemporain Art » d’Hiroshima. Ce fût une reconnaissance logique pour cette ville qui représente la première cible de l’arme nucléaire. L’exposition temporaire dura jusqu’au 21 mars 1999, puis elle s’installa au « Museum of Modern Art » de Gunma, du 3 avril au 19 mai 1999.

Depuis son retour en France l’œuvre monumentale est exposée dans l’ancien hospice Saint Jean d’Angers, ville où tout a commencé.

Lily-Rose H. – DNMADE1Jo – Février 2022

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