Du mobilier absurde

La créatrice sud-coréenne Lila Jang transforme des meubles du XVIIIe siècle en œuvres d’art.

Lila Jang a imaginé des meubles qui s’adaptent à l’espace en s’inspirant du mobilier qu’elle aime, celui du XVIIIe siècle. Ce concept lui est apparu lorsqu’elle habitait dans un petit appartement parisien où chaque mètre carré compte. Elle imaginait son canapé escalader le mur ou encore sa lampe de chevet voler.

Quand la forme ne suit pas la fonction

Lila Jang a donné des noms à tous ses meubles. Dans « Anne Marie » la forme générale du fauteuil louis XV est très reconnaissable mais les accoudoirs sont démesurément grands ce qui rend l’assise impossible.

Dans « Canape » un canapé est plié en équerre ce qui réduit la place pour s’asseoir de moitié.

Ses inspirations d’un univers surréaliste et merveilleux ont pris le dessus sur la fonction de l’objet. Le principe du fonctionnalisme « la forme suit la fonction » n’est en réalité plus la maxime de Lila Jang.

Ce sont des meubles surprenants avec un contraste fort entre l’aspect épuré du blanc et ces formes sorties d’un conte féérique.

En quoi est-ce absurde ?

Un fauteuil ou on ne peut s’y asseoir, un canapé ou qu’une seule personne peut s’y installer, quel est l’intérêt ? Le mobilier fait partie du domaine du design or ici la fonction n’est pas respectée.

On ne peut donc pas dire que ces meubles appartiennent au domaine du design mais plutôt à celui des arts plastiques, ces « meubles » sont des œuvres d’art. C’est ce qu’y en fait leur absurdité : prendre une œuvre d’art pour un objet de design fonctionnel.

Léna B. – DNMADe1 HO – Avril 2022

Une touffe de message

Source: Amour et justice Les menstruations

Avertissement : L’article que vous allez lire va vous décoiffer. Coiffeur(euses) sensibles s’abstenir de s’arracher les cheveux.

Je suis une actrice et artiste ivoirienne féministe qui réalise des sculptures à partir de mes cheveux tressés. Je suis ?

Laetitia Ky !

Laetitia Ky, est née en 1996 à Abidjan, vers l’âge de 5 ans elle s’amusait à tresser ses cheveux, réalisant de nombreuses coupes. Studieuse, elle a obtenu son Baccalauréat Littéraire à l’âge de 15 ans seulement et commence des études de commerce à l’Institut National Polytechnique de Yamoussoukro. Elle aurait durant son épreuve de mathématiques, tressé les cheveux de son inspecteur afin d’obtenir son diplôme, mais cela ne nous regarde pas… Laetitia a travaillé dans l’art et le design en démarrant par le design de mode vestimentaire. Rapidement elle s’inspire des coiffures africaines pour créer de l’art capillaire.  C’est à partir de 2016, qu’elle débute la sculpture sur cheveux.  On parle de fusion entre la sculpture et l’art capillaire.

Source: Amour et justice.
Instagram: @laetitiaky

De style dit  afro-punk, ses créations sont exposées sous forme de photo sur les réseaux sociaux tel que Instagram, Facebook, Twitter, où sur son site Amour et Justice (papress.com)  qui est à la fois sa mémoire, une œuvre engagée manifestant le féminisme et une œuvre d’art, qui raconte l’histoire de l’artiste. Influenceuse et militante, Laetitia Ky, raconte des histoires puissantes à travers ces imposantes sculptures de cheveux, embrassant la culture et la beauté noire. Elle lutte pour la justice sociale, le voyage vers l’amour de soi, et le féminisme.  Elle s’est fait connaître avec la sculpture de deux silhouettes montrant un cas de harcèlement sexuel (un homme qui soulève la jupe d’une femme).

Aujourd’hui, en plus de poster ses créations, Laetitia Ky consacre son temps libre au lancement de son plus gros projet jusqu’à présent, sa toute première collection de vêtements. Passionnée de cinéma, elle travaille sur l’écriture de scénarios avec pour personnage principal une héroïne africaine dont les supers pouvoirs viendraient de sa chevelure…

Source: Instagram. Son premier post connu

À partir de mèches synthétiques elle tresse ses cheveux leurs donnant une vie. Elle appelle ses techniques le « Ky Braids » . En 2017 elle organise son premier atelier en vue de transmettre ses techniques. Elle réalise ses tresses en ajoutant divers matériaux : fils de métal, cintres, extensions capillaires, wax.

Sortez vos mèches folles, nous allons apprendre à faire du « flat Ky Braids » !

Tout d’abord vous allez avoir besoin de cheveux. Courts ou longs peu importe (la production s’excuses au près des chauves). Du tissu de votre choix, de fils de fer, d’extensions colorées ou non, selon vos envies, de mains agiles, et c’est tout !

Séparez les cheveux en ligne comme si vous alliez faire des tresses collées. Afin d’améliorer la visibilité, tressez grossièrement vos cheveux. Si vous avez les cheveux courts, humidifiez-les simplement.

Fabriquez des bandes de tissus d’environ 1 mètre de long et 5 cm de large. Le nombre de bandes à réaliser dépendra du nombre de tresses souhaitées.

De même, séparez ses lignes de cheveux en carré. Twistez progressivement le premier carré de mèche en gardant une tension constante sur le cheveu. Enroulez le bandeau de tissu autour de la base pour donner de l’épaisseur. Ensuite enroulez la mèche sur quelques centimètres. Ajoutez le fil de fer.  Liez le second brin de la ligne en twistant avec le ruban. Répétez l’opération jusqu’à ce que la ligne soit complètement réalisée. Enroulez le bandeau et la mèche de cheveux à votre convenance. Lorsque vous avez fini, ajoutez un élastique pour tenir toute votre création. Si vous n’avez pas les cheveux assez longs, vous pouvez mettre des extensions à la base pour donner du volume à votre coiffure. Réitérez l’opération sur toute la tête.  Modelez vos cheveux à votre guise. Et voilà vous avez terminé.

Une oeuvre bien moins engagée
Instagram: @laetitiaky

Enfin, après avoir pris connaissances des bases du ky braids, il ne reste plus qu’à réfléchir à une forme.

Et vous est-ce que vous préférez une œuvre engagée, ou plutôt une œuvre légère qui vous fait voyager ?

Le saviez-vous ? Dans la vie, il y a le bon artiste et le mauvais artiste. Le bon artiste réfléchit, alors que le mauvais, et bien il réfléchit, mais bon… c’est un mauvais artiste.

(119) FLAT KYBRAID Tutorial: how to braid with wax fabric? – laetitia ky – YouTube

L’éloge du repos !

En effet la montre dont nous allons parler appelle à la détente. Serait-ce une montre uniquement pour les vacances ? Nous donnerait-elle une nouvelle vision du temps ? Nous allons le découvrir.

Kristof Devos

Cette montre «A perfectly useless afternoon » a été imaginée par l’illustrateur et auteur de livres pour enfant Kristof Devos épaulé par l’équipe Mr Jones Watches. A travers cette montre Kristof Devos révèle que le temps passé à se reposer n’est pas du temps perdu.

Qui sont-ils ?

Fondateur de Mr Jones Watches

Mr Jones Watches fait appel à des designers pour imaginer leurs montres, qui sont ensuite fabriquées dans leur petit atelier Londonien. Cette entreprise, ainsi que les designers avec qui ils collaborent, ont l’envie de créer des montres qui se distinguent des autres car aujourd’hui la montre n’est plus un objet purement fonctionnel. En somme ce sont des montres aux cadrans colorés avec un affichage de l’heure toujours très recherché qui donne de la légèreté au monde rigoureux de l’horlogerie. Mr Jones Watches nous propose un large choix de montres automatiques ou à quartz.

 

Average day

Du Story telling !

Chaque montre a un style particulier et raconte une histoire différente. Chacune d’entre elle s’inspire d’une notion philosophique de la vie : Notre mort imminente avec la montre « The accurate », l’humilité avec une autre version de la montre « The accurate », l’absurdité de la vie avec la « Average day » et bien d’autre encore.

 

C’est bon pour le moral !

Pour imaginer le design de cette montre Kristof Devos est parti de cette phrases de l’écrivain chinois Lin Yutang : « Si vous pouvez passer un après-midi parfaitement inutile d’une manière parfaitement inutile, vous avez appris à vivre. »

A perfectly useless afternoon

Le nom de cette montre « A perfectly useless afternoon » est quelque peu contradictoire le mot useless (inutile) associé au mot perfectly (parfait) forme un oxymore. Ne « rien faire » est généralement mal vu par la société, certains en ont presque honte car cela pourrait être lié à de la flemmardise mais avec cette montre, Mr Jones Watches fait l’éloge du repos. Il montre que le temps passé à faire le vide dans nos têtes est du temps bien dépensé.

Nous pourrions également retrouver de la contradiction dans la fonction première de la montre et ce qu’en fait Kristof Devos. Un garde de temps nous sert à rythmer nos journées or cette montre nous donne envie de vacances.

Cette montre nous rappelle que nous avons tous besoin de ces instants où nous ne faisons rien. Ce sont des moments qui nous font profondément du bien et qui sont indispensables pour notre santé mentale.

Quelle heure est-il ?

Cette montre est à quartz mais une nouvelle version automatique est sortie récemment. La lecture de l’heure se fait à travers la jambe du personnage sur la bouée et celle des minutes par le biais du petit canard.

Cette montre contredit les codes de l’horlogerie traditionnelle à travers un cadran loin d’être épuré ainsi que l’affichage de l’heure qui ne se fait pas par le biais d’aiguilles. Pourtant c’est une montre que nous devrions porter quotidiennement pour nous rappeler les bienfaits de ne « rien faire ».

Si cette montre vous plait je vous invite à jeter un œil au site internet de Mr Jones Watches : Mr Jones Watches | The most unusual watches you’ll see today. Où à leur compte instagram : @mrjoneswatches

Léna Bonneau – DNMADe1HO – Février 2022

Une Apocalypse des temps modernes

« Ce chant  du Monde ne sera plausible, possible, le monde n’osera aborder le Chant, que lorsque la grande menace de cette immense, immonde pustule de la Bombe, sera, d’un commun accord, arraché de la chair des hommes. J’apporte ma pierre ».

Au lendemain d’une seconde guerre mondiale destructrice, Jean Lurçat, artiste français né en 1892, se lance dans la réalisation d’une série de tapisseries chargées de symbolisme qu’il nommera Le Chant du Monde.

Inspiré par la mythique tenture médiévale de l’apocalypse qu’il découvrit lors d’une visite du château d’Angers en 1938, l’artiste entreprend de raconter une Apocalypse des temps modernes. La monumentale tapisserie fût commandée vers 1375 par le duc Louis 1er d’Anjou, afin d’illustrer l’Apocalypse de Saint Jean. Lurçat vient alors reprendre la connotation qui a éloigné cette appellation de son sens d’origine pour évoquer une catastrophe massive et violente. Par ces dix tapisseries monumentales, l’artiste compose une œuvre globale d’une superficie de 367 m2, une immensité à l’image de la tapisserie médiévale originelle d’une surface de 720 m2.

Il y relate tout d’abord les souffrances d’une génération et sa crainte de la bombe atomique, après les frappes d’août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki. La guerre et la mort sont par conséquent les premiers grands thèmes abordés, les premières pièces de tissages composant l’œuvre globale porteront alors le nom de La Grande Menace, L’Homme d’Hiroshima, Le Grand Charnier et La Fin de tout.

Jean Lurçat vient dans un second temps célébrer l’homme en paix. Pour cet enfer atomique c’est une fin belle et heureuse comme on pourrait la retrouver dans un conte pour enfants. L’artiste y exprime enfin sa foi en l’humanité et en ce qu’elle est capable de réaliser pour surmonter la haine de la guerre ainsi que pour créer et découvrir dans l’harmonie. L’œuvre devient alors un message d’espoir pour l’avenir, raison pour laquelle la composition fût nommée à l’origine La Joie de Vivre. Les derniers tissages s’intitulent  L’Homme en gloire dans la Paix, L’eau et le feu, Champagne, La Conquête de l’espace, La Poésie et Ornamentos sagrados. Dans cet avant-dernier élément tissé, Lurçat vient affirmer que l’un des principaux buts de l’homme reste de s’exprimer poétiquement afin de prendre possession de l’Univers de manière lyrique. Il fait alors une nouvelle fois, clin d’œil aux tapisseries médiévales qui racontaient mythes et légendes grâce à ce même concept d’iconographie symbolique. 

L’artiste Jean Lurçat nous offre alors sa vision d’une époque tiraillée entre l’inhumain et l’humain dans une réinvestigation de l’artisanat de la tapisserie. Il vient redonner vie à ce savoir-faire oublié. 

Le 17 décembre 1998, Le Chant du Monde était présenté au « City Muséum of Contemporain Art » d’Hiroshima. Ce fût une reconnaissance logique pour cette ville qui représente la première cible de l’arme nucléaire. L’exposition temporaire dura jusqu’au 21 mars 1999, puis elle s’installa au « Museum of Modern Art » de Gunma, du 3 avril au 19 mai 1999.

Depuis son retour en France l’œuvre monumentale est exposée dans l’ancien hospice Saint Jean d’Angers, ville où tout a commencé.

Lily-Rose H. – DNMADE1Jo – Février 2022

Des propriétés de l’or

Comment l’or, matériau, qui depuis des générations attise les convoitises, fait rêver pour sa brillance et ses propriétés, est-il toujours d’actualité dans le monde l’art ?

Ces principales propriétés sont la beauté, le pouvoir et la richesse. Ce métal a l’avantage d’être malléable, résistant et quasi inaltérable. Malgré sa rareté, les artisans l’utilisent depuis toujours.

Un objet ou matériaux précieux se définit par sa valeur monétaire en ce qui concerne notre sujet le coût de l’or sur le marché des échanges. Aujourd’hui, le cours de l’or au kilo est a 52,690 euros : celui-ci varie constamment, il est en perpétuelle évolution. Il se définit également par sa valeur sentimentale au travers de bijoux de famille qui seraient transmis de génération en génération.  Enfin sa valeur morale, c’est-à-dire un objet précieux qui peut être une référence symbolique, religieuse ou autres, avec des qualités prédéfinies.

L’or jalonne notre histoire depuis des millénaires. La meilleure illustration est l’utilisation de l’or pour représenter le divin. Il donne de l’éclat à la peinture religieuse, tels que les icônes, un très bel exemple le tableau : « la vierge allaitant entourée des saints » de Maître Santa Barbara. L’utilisation de l’or dans ces œuvres divinise les personnages.

La vierge allaitant entourée de plusieurs saints – Maître de Santa Barbara a Matera

L’or fait également rêver l’humanité, notamment avec la ruée ver l’or dans les années 1800. Ces 8 années d’engouement ont beaucoup inspiré la culture particulièrement en littérature avec Mark Twain ou au cinéma dans des westerns tel que « La piste des géants » (1930) de Raoul Walsh.

Par les différentes monnaies d’échanges ayant existé, le matériau précieux a aussi parcouru notre histoire. Les premières pièces d’or ont été frappées sous l’ordre Crésus de Lydie en l’an 560 avant Jésus Christ. Encore aujourd’hui nous utilisons l’or comme monnaie d’échange à moindre échelle car c’est une ressource épuisable et très convoitée dans d’autres domaines.

Aujourd’hui il est vrai que l’or est majoritairement exploité par les orfèvres et les artisans joailliers ayant des savoirs faire ancestraux. Dans la joaillerie l’or est utilisé pour sa durabilité. Il est inoxydable, brillant, malléable : c’est le métal favori des bijoutiers depuis des millénaires. Grâce à la malléabilité, l’or peut être mis en forme de deux façons : à chaud en le faisant fondre et coulé dans un moule à la cire perdue ou à froid, avec la technique du martelage ou du repoussage. Un exemple de Van Clef and Arpels, la célèbre maison de haute joaillerie, le duo de clips Roméo et Juliette, deux figurines réalisées avec la technique de la cire perdue et par la suite sertie de pierres.

Le duo de clips Roméo et Juliette – Van Cleef and Arpels

Il faut savoir que plus de la moitié de l’or extrait est utilisé par la bijouterie.

L’or est rarement utilisé brut il est souvent mêlé à des métaux comme le cuivre, l’argent ou le platine. Ces alliages permettent d’accroître sa solidité et donc sa durabilité. Grâce à sa principale qualité, la malléabilité, il est aussi particulièrement exploité par les doreurs. En effet, l’or peut s’étaler pour créer une feuille d’un micron d’épaisseur. A petite échelle, les ébénistes ainsi que les restaurateurs d’œuvres d’art utilisent cette technique. Par exemple l’ébéniste du roi soleil, André Charle Boulle réalisa de nombreuses pièces dorées comme la commode pour le Grand Trianon de Versailles.

Commode – Grand Trianon de Versailles – André Charles Boulle

A plus grande échelle, la feuille est aussi utilisée pour recouvrir certaines surfaces de bâtiment car l’or à une propriété anticorrosive. A Paris, la Cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité a été récemment construite avec cinq dômes recouvert d’or mat, obtenu grâce à un alliage d’or et de palladium.

Cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité – Paris

La technique du kinsugi, une méthode japonaise apparue à la fin du 15 siècle inclus également l’or. Elle a pour but de valoriser la restauration de porcelaines ou de céramique fissurées ou cassées avec de la poudre d’or. L’or vient recouvrir la colle et ainsi revaloriser l’objet cassé. Cette technique le rend unique et précieux.

N’importe quel objet devient précieux lorsqu’il est doré ou associé avec de l’or. Prenons l’exemple du pot doré de jean pierre Raynaud à Beaubourg, ce simple contenant a été érigé en œuvre d’art parce qu’il a était doré et mis en scène pour une grande maison de luxe, Cartier.

Pot doré  – JR Raynaud

Yves Klein symbolise également l’or avec sa valeur monétaire grâce a sa série de tableaux les Monogolds et plus particulièrement « Le silence est d’or » en 1960. Il dévoile la préciosité de l’or par 2 façons, d’une part par sa brillance comme un soleil pétrifié et d’autre part du fait qu’il est éternel car Yves

Klein a dit « il imprègne le tableau et lui donne vie éternelle » l’or est également éternel en tant que monnaie d’échanges. Un tableau recouvert de feuilles d’or plaquées sur un bois lisse  et d’autre positionnées en relief par-dessus représentant de la monnaie.

le silence est d’or  – 1960 – Yves Klein

Pour conclure, l’or est précieux grâce à sa valeur marchande, à ses propriétés physiques uniques comme sa malléabilité et son côté anti corrosif, son esthétique séduisante, sa préciosité et son universalité. En revanche, l’or est une ressource épuisable et nous avons déjà utilisé plus de la moitié des ressources terrestres. C’est pourquoi aujourd’hui nous nous demandons, si nous pouvons nous contenter de l’or déjà extrait ou s’il faut penser à une nouvelle façon d’utiliser l’or ou créer un or de substitution ?

Mathilde P. – DNMADE1JO – Février 2022

Cosmo, la guitare qui joue juste

Avec son design minimaliste, l’entreprise allemande Verso à complètement réinterprété l’instrument.

Le principe ? Une feuille de métal courbé en guise de corps, un manche faisant office de poutre pour la rigidité et des micros aimantés. Mais la réflexion est bien plus pertinente. Pour commencer, la forme général du corps est inspiré des guitares classiques, forme qui a prouvé son confort puisqu’elle est inchangé depuis près de 200 ans. Ce corps est découpé et plié pour faire office de cordier (pièce traditionnellement rapporté) et accueillir les agréments standard d’une guitare électrique. Le métal est couvert d’un traitement à base de poudre, pour un rendu comparable à la peinture mais qui sera bien plus résistant au choc, qui ne s’écaillera pas et qui se patinera au cours de son utilisation. Pour continuer sur les standards qui ont fait leur preuve les 7 couleurs disponibles font partie du nuancier RAL. Le résultat de l’utilisation de cette feuille de métal c’est également un poids de 2,5 kg soit 2 kg de moins qu’une Fender Stratocaster (guitare électrique la plus vendue au monde). Le manche est en une seule pièce, entièrement usiné en machine à commande numérique, avec un choix entre 4 essences de bois, 3 types de frets, 2 types de mécaniques Schaller (marque référence) et 3 formes et 2 courbures de manches. L’ensemble ne tient que par une seule vis, le corps se glisse dans le manche et la vis ne fait que verrouiller le tout. Ce tout est sonorisé par des micros maisons, aimantés, interchangeables et mobiles. 6 micros nous sont proposés, en 4 finitions chacun, ils se connectent à l’instrument grâce à un câble, ce qui permet de positionner le micro de son choix à l’emplacement désiré.

Et le son ? De prime abord, on  s’attend à un son très métallique avec des aigus qui piquent mais en réalité c’est un son très chaud et dynamique qui en sort. Le réel génie de ces instruments c’est la liberté de pouvoir changer de son en quelques secondes, de passer d’un son rond à un son claquant sans changer de guitare. C’est en somme le choix de ne renoncer à rien.

Ancien étudiant de design de produit, Robin Stummvoll nous offre une version on ne peut plus actuel de la guitare. Une conception très logique et rationelle pour une utilisation irréprochable. Sa formation de designer a directement impacté ses produits mais aussi son site et ses packagings avec une esthétique travaillée dans la même philosophie que ses instruments. Des instruments avec une grande qualité de finition grâce à un fonctionnement artisanal en Allemagne. C’est un régal pour les yeux et les oreilles et d’une philosophie qui ne peut que donner envie d’en faire l’expérience.

Antonin GUERRET – DNMADE 1 Ho – Janvier 2022

De nouveaux tapis des 1001 nuits ?

Plongée dans l’univers d’un artiste qui élabore à l’aide de techniques ancestrales et digitales des tapis psychédéliques et trompe-l’oeil.

Faig Ahmed est né en 1989 à Baku dans l’actuel Azerbaïdjan. Il est diplômé du département de sculpture de l’Académie des Beaux-Arts d’Azerbaïdjan en 2004 et trois ans plus tard il est sélectionné pour représenter son pays à la Biennale de Venise. Par la suite, il est nominé en 2013 pour le Jameel Prize 3 au Victoria and Albert Museum de Londres après y avoir exposé certaines de ces œuvres. Ses œuvres ont été exposées tout autour du monde; de New-York à Paris, de Londres à Berlin, de Moscou à Mumbai en passant par Rome où encore à Sidney et Dubaï. Parmi ses séries les plus représentatives de son travail on peut citer les séries de tapis « Liquid Series », « Flood Series » et ses tapis entachés d’essence et de fuel ou encore « Insider Series » et ses tapis en illusions d’optique.

Faig Ahmed- Fuel-2016 issu de « Flood Series « 

Faig Ahmed est mondialement connu pour la réalisation de tapis psychédéliques fortement inspirés des techniques de tissages traditionnel de tapis en Azerbaïdjan et des techniques de broderies indiennes. Ses réalisations, préconçues pour les plus récentes à l’aide de logiciels 3D sont majoritairement composées de fibres de laine ou de soie. A l’aide de son style très coloré, Faig Ahmed s’appuie généralement sur la technique du gauchissement (le fait d’altérer, de tordre ou de déformer sa matière première), le glitch (lorsqu’une défaillance électrique ou électronique entraîne une fluctuation facilement identifiable visuellement par ses nombreuses distorsions esthétiques), la fusion, la pixellisation ou encore l’effilochage. Il s’efforce de concilier dans son travail l’art traditionnel, le numérique et l’artisanat pour aboutir à la réalisation de ses travaux à l’échelle monumentale.

Celui qui s’est d’abord lancé des des études littéraires, fort de son intérêt pour le sanskrit et l’arabe relate ses interrogations sur les religions, les manuscrits anciens et les rites mystiques à l’aide de motifs et de tissus. Ses œuvres sont fabriquées à la main, selon le procédé de tissage traditionnel azerbaïdjanais par les membres de son atelier et par des sociétés et artisans avec lesquels il collabore donnant ainsi à ses œuvres une dimension collective et une certaine valeur patrimoniale. Faig Ahmed joue avec ce contraste entre nouveau et ancien. Il explique lui même dans une interview que ce qui le fascine dans les tapis c’est leur utilisation dans les maisons modernes alors qu’ils sont des objets anciens dont le processus de production n’a pas changé depuis des millénaires. Il considère les tapis comme une langue traditionnelle locale et à la fois comme un outil scientifique pour comprendre des éléments ethnographiques et anthropologiques. En outre, le tissage traditionnel de tapis en Azerbaïdjan est inscrit depuis 2010 à la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Le pays conserve également un lien entre les tapis et la tradition funéraire : il arrive que le corps des défunts soit enveloppé dans un tapis avant d’être enterré. Faig Ahmed cherche quant à lui à se détacher de cette tradition solide à l’aide de la force de la nouveauté non sans s’en éloigner complètement.

Bien au contraire, il éprouve un profond respect pour la tradition ce qui modifie parfois ses projets. Par exemple pour son oeuvre Tradition Recyclée (2014), il s’est mis à la recherche d’un tapis ancestral vieux de 150 à 200 ans, et, une fois qu’il a trouvé le tapis dont il avait besoin il n’a pas manqué de se renseigner sur son histoire. Devant la richesse de l’histoire de ce tapis, il n’a pas pu se résoudre à le découper lui même et l’a fait découper par une société. Néanmoins il arrive qu’il essuie des refus de l’aider de la part de vieux tisserands qui refusent de collaborer avec lui dans ses explorations artistiques.

Faig Ahmed- Virgin-2016. Comme une discrète référence au patriarcat qui règne en Azerbaïdjan.

L’artiste né dans un territoire alors encore inclus dans l’U.R.S.S. ne cherche pas seulement à interroger et explorer les rapports entre tradition et modernité. Il s’interroge également au travers de ses œuvres sur les rôles de genre en Azerbaïdjan et sur la place des femmes dans une société encore très patriarcale. Il s’accompagne notamment dans son atelier de femmes exclues de la société pour cause d’adultère.

Néanmoins, il ne veut pas d’un art qui discrédite ou qui insulte son pays car il y est très attaché. Cet artiste considère que l’art peut à la limite être conçu pour surprendre et déranger mais qu’il doit être exercé en toute conscience. Il explique être inspiré par le travail d’artistes contemporains tels que James Turrel ou Anish Kapoor (pour lequel l’utilisation omniprésente du rouge se retrouve sur de nombreux de tapis de Faig Ahmed). Pour sa dernière exposition, encore visible actuellement à la galerie Sapar Contemporary à New York il présente trois tapis, portant chacun le nom d’un chef spirituel qui a profondément marqué la culture azerbaïdjanais, comme une « métaphore culturelle ».

Faig Ahmed- Yahya al-shirvani al Bakuvi-2021. Issu de sa dernière exposition.

En plus des intelligentes illusions d’optique et des jeux de couleurs incorporés dans ses œuvres j’apprécie le défi que se lance cet artiste de provoquer les traditions tout en leur témoignant un profond respect. Je trouve également qu’il insère ses intentions et ses revendications de manière discrète mais très efficace, exportant ainsi sa vision de l’Azerbaïdjan à l’international pour un beau résultat esthétique.

Je vous invite donc à jeter un coup d’œil à ces captivants trompe-l’oeil.

Anna ETOLINT- DNMADE14 JO – Déc. 2021

Plongez dans un monde fantastique au cœur d’une joaillerie enchantée

Lors de l’exposition GemGenève qui a eu lieu en novembre dernier, j’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux joailliers, dont Elena Okutova, qui m’a fortement marquée. C’est pour cette raison que je souhaite partager avec vous cette rencontre surprenante. En effet, le travail de la créatrice est bien connu des amateurs de bijoux, en Russie, pour son caractère unique, son identité culturelle et son souci du détail. Ses bijoux sont comme des peintures, des croquis inspirés de la nature, de l’architecture et du ballet russe.

Qui est Elena Okutova ?

Elena Okutova est une artiste moscovite ayant fondé sa propre marque de joaillerie en 2009. Elle travaille aux côtés de sa famille et de maîtres joailliers dans son atelier à Moscou. Elle est diplômée du Département de métallurgie artistique de l’Université d’État d’art et d’industrie de Moscou.

Ses sources d’inspiration :

Les sources d’inspiration de son travail sont le romantisme du Moyen Âge, les ornements médiévaux, la Renaissance et l’art japonais. Pour créer ses bijoux, elle utilise une variété de motifs de l’art byzantin aux traditions de l’Extrême-Orient.

Les bijoux d’Elena s’inspirent de la musique baroque, des tissus anciens, de la littérature classique et d’autres objets exotiques qu’elle voit dans ses voyages à travers le monde. Elle utilise des éléments stylistiques et des techniques typiques de certaines période de l’histoire.

 

Les techniques :

Tous les bijoux créés par la marque d’Elena sont sculptés en cire, à la main, sans l’utilisation des logiciels de CAO.

Le travail de la joaillière se caractérise par l’utilisation de l’émail chaud en combinaison avec des pierres colorées, souvent ornementales et d’une taille importante. L’élaboration détaillée au dos de tous les bijoux leur donne un côté personnel, secret, presque mystérieux. Plusieurs modèles de boucles d’oreilles ont deux faces et permettent à celle qui les porte de changer d’image selon son humeur et son envie.

Chaque bijou a sa propre palette de couleurs et de motifs ce qui le rend unique. En effet, Elena Okutova ne fabrique jamais deux fois le même bijou, à chaque fois, le design, les motifs en émail et les pierres doivent être adaptés au tempérament, au caractère et aux idées du clients.

« Nous voulons créer des bijoux intemporels qui vivraient dans la famille, qui se transmettraient de mère en fille », a expliqué Elena. « Nous aimons les idées de continuité et de respect de la tradition dans la fabrication de bijoux, et ressentons une affinité pour les pièces faites à la main et le soutien aux métiers en train de mourir. Nous utilisons l’émail à chaud, la sculpture à la main sur cire et les techniques de gravure, en accordant une attention particulière aux réglages et aux proportions. Car en plus d’être une parure frappante, chaque bijou doit être confortable à porter et de bonne taille ».

La joaillière russe ne fait pas que dessiner et diriger l’équipe de maîtres. Elle fait pleinement partie du processus créatif. Lors de notre discussion, elle m’a expliqué comment elle a résolu les difficultés et les moments délicats du travail du métal ou de l’émaillage. Un anneau, par exemple, peut avoir 3 à 4 techniques innovantes en plus d’une technique traditionnelle. De plus, elle articule toute une histoire derrière chaque petit détail de ses bijoux.

Une notoriété internationale:

Le travail et les pièces uniques d’Elena Okutova ont été remarqués au-delà de la Russie. Ses créations font partie des collections privées de clients du monde entier. De la Russie, à la Grande-Bretagne, en passant par la Suisse, la Suède, la Slovénie, la France, l’Espagne, les États-Unis, le Mexique, le Chili, le Japon ou encore, la Malaisie, Elena Okutava s’est fait un nom auprès des plus grands et mêmes les célébrités veulent s’offrir un bijou de la créatrice.

L’actrice française Eva Green est une grande fan du talent d’Elena.

« J’aime la magie des anneaux, comme s’ils auraient pu appartenir à une sorcière ou à une fée. De cette façon, j’ai l’impression que je peux être moi-même. Je me sens protégée, comme si je portais un talisman. »

 

 

La joaillière a obtenu plusieurs prix, notamment en 2019, sa bague « Bakst » a eu la 3e place dans la nomination « Techniques de joaillerie : Traditions dans l’artisanat de la Russie ». La même année, sa broche « Lotus » est devenue lauréate du concours « Russian Diamond Line 2019 ».

 

On peut également lire de nombreux avis et critiques sur les créations complexes d’Elena. Elles sont décrites de diverses manières. Certains y voient un conte de fées russe, «l’âge glorieux» de l’Empire ottoman, un «voyage en Indochine» ou encore les artefacts de la Renaissance et du Moyen Âge. Personne ne semble être d’accord sur ce qu’il voit. Soit vous aimez ce que vous voyez, soit vous trouvez que c’est « trop ».

La célèbre critique de bijoux, Melanie Grant, y voit un « univers gothique fantasque et baroque ». Elle fait une allusion aux personnages de Tim Burton.

Une philosophie de vie remarquable :

Pour la créatrice, rien n’est impossible, ses bijoux le montrent, ils sont d’une finesse et d’une précision incroyable. Son expérience en tant que créatrice de bijoux lui a montré que c’est son projet d’artiste qui lui donne la liberté nécessaire dans la mise en œuvre de ses idées.

C’est en étant très ouverte d’esprit qu’elle puise son inspiration, tout ce qu’elle voit en est une source et lui sert de base à la création de ces chefs d’œuvre. Je pense que l’on peut réellement parler d’œuvre d’art car ses créations sont dignes de peintures et de sculptures de maîtres.

De plus, elle est toujours positive et elle ne s’arrête pas sur des échecs, elle tire toujours le meilleur de ses expériences afin de s’améliorer dans ses créations suivantes. C’est une personne optimiste, souriante et passionnée.

Parler avec Elena a été un moment très enrichissant pour moi et je suis ravie d’avoir pu faire sa connaissance. Son discours passionné et passionnant m’a plongé dans son univers unique et m’a fais rêver le temps d’une discussion.

Enfin si vous voulez suivre le travail d’Elena, vous pouvez la retrouver sur son site internet ou sur Instagram: @elena_okutova_jewellery, vous pouvez également voir ses inspirations sur son compte : @elenaokutova.

Merci pour votre lecture !

Alizée CB – DNMADeJO23 – Déc 21

« Clito, papier, ciseaux »

L’excision est un fléau mondial qui touche 2,2 millions de femmes par an. En 2016 selon les Nations unies, il y avait déjà plus de 200 millions de femmes et de filles victimes de l’excision, une forme de mutilation génitale dans le monde.

 

Un cri de douleur inoubliable. Une cicatrice laissée au plus profonde de sa chair. Une couleur rouge qui teinte l’intérieur de ses cuisses et se répand sur le carrelage de la salle de bain. Elle ferme les yeux et revit la scène comme si elle avait eu lieu la veille. Elle revoit les visages de ceux qui lui maintiennent les bras et les jambes, de celle qui brandit la lame.

C’est donc à travers cet acte que j’aimerais vous sensibiliser sur cette barbarie effectuée par l’Homme.  N’est-ce pas inhumain et inconcevable ? C’est donc pour cela que j’ai décidé de choisir le concept de l’association 28 Too Many qui avait lancé une campagne incisive dont j’aimerais vous parler en attirant votre attention, pour permettre de lutter contre ces tortures.

 

D’où l’idée de l’agence de publicité britannique Ogilvy & Mather, se servant des bannières des pays occidentaux comme support de communication (Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Allemagne et France, …). « Les mutilations génitales féminines n’ont pas uniquement lieu dans des endroits reculés », prévient ainsi le slogan de la campagne. La campagne a pour but de sensibiliser les pays développés à travers les dangers de ce fléau.

 

Un concept d’affiches, diffusées depuis fin avril 2015, montrant des drapeaux recousus par du fil de fer, rouillés et ensanglantés, faisant écho aux circonstances inhumaines dans lesquelles sont pratiquées les excisions et ainsi dénoncer les conditions sanitaires sauvages administrées.

L’association mise sur des images choquantes, elles permettent de sensibiliser même de créer un choc envers le public pour que celui-ci, comprenne que cet acte de barbarie à encore lieu. Ainsi, elle se veut donc brutale pour rappeler que ce fléau n’est pas seulement un cas isolé africain. Douleurs intenses, hémorragies, kystes, stérilité, incontinence, infections urinaires, complications lors de l’accouchement, sont en effet des risques sanitaires importants causés par l’excision, pratique néfaste qui, dans le pire des cas, peut coûter la vie à de nombreuses femmes et petites filles.

Une pratique encore trop généralisée, qui pourtant est interdite dans une vingtaine de pays africains, en Europe, aux États-Unis et au Canada. L’excision soit, l’ablation totale et partielle des organes génitaux externes des femmes, est malheureusement encore trop présente dans le monde. C’est pour cela qu’il faut agir sans relâche pour enfin en finir avec ses violences physiques et psychologiques que provoquent les mutilations, laissant des marques à vie autant mental que physique.

Pour vous sensibiliser, voici quelques chiffres. Une excision touche une petite fille, toutes les 4 minutes soit 6000 par jour à travers le globe selon les rapports de l’Unicef.

Ce projet porte un message fort et a pour seule vocation, la dénonciation liée à l’excision et ainsi, éveiller les consciences à travers une collection de diverses affiches répertoriant différents drapeaux de différents pays. Ainsi, le questionnement se dirige sur le fait de : « Et si cela se passait chez nous ?« .

Ces mutilations engendrent de nombreuses conséquences graves et irrévocables. Alors dites STOP ! Et engagez-vous pour ses femmes et ses petites filles qui subissent l’atrocité de cet acte !

 

Et vous alors, qu’en pensez-vous ? 
Faites-le moi savoir en commentaire !

Merci pour votre lecture !

Cora Cesar – DNMADE23Jo – Décembre 2021

Un artiste qui ne manque pas d’air !

Salvatore Garau secoue le monde de l’art avec des œuvres… invisibles !

 

C’est en 2020, à la Piazza Scala de Milan, que sont exposées pour la première fois les Invisibles Sculptures de l’artiste italien Salvatore Garau. Ces sculptures sont d’autant plus étonnantes qu’elles ont été créées à partir de… rien et de vide ! Le monde de l’art s’émoustille alors pour ces œuvres façonnées dans le néant, à tel point qu’à Milan en Mai 2021, un chanceux collectionneur privé réussit à obtenir une de ces raretés intitulées « Io sono » (traduction : Je suis) pour la modique somme de 15 000 $. Bien qu’impalpable, la pièce unique se voit livrée, accompagnée d’un certificat d’authenticité en bonne et due forme sur lequel sont apposés les schémas détaillés et des instructions très précises pour la bonne présentation de l’objet. Des éléments qui, sans le moindre doute, rassureront l’acquéreur lors de sa future exposition.

Mais la question que l’on se pose est « que représente-elle ? ». L’artiste répond : « Io sono est le portrait de quiconque prononce ou pense au titre devant l’espace vide. La liberté d’interprétation est totale. Qu’elle serve à se penser autrement, en s’abstrayant de tout et surtout des images ». Néanmoins il affirme : « Ne rien voir rend fou. S’il est mal interprété, le vide crée des angoisses ».

Si le vide crée des angoisses, alors les presque 6 mois de travaux, durée qu’a mis l’imaginaire de Salvatore Garau à être sculpté, sont justifiés ! Mais l’artiste rassure, son œuvre est chargée d’intentions car elle cherche à faire ressentir aux gens « la proximité des amours et l’énergie sentimentale qui peut exister dans les pensées, dans les moments de distanciation sociale, dans le monde à cause du Covid19 ». Le travail de Garau vise également à être un défi à l’œuvre numérique NFT qui, selon lui, « provoque une forte pollution, une surconsommation d’énergie et fait, paradoxalement, allusion au culte des restes qui les considère comme sacrés quelle que soit leur nature réelle ».

Quand l’invisibilité bouleverse les droits d’auteur 

Formé à l’Académie des beaux-arts de Florence et récemment connu pour ses œuvres dépassant l’entendement, Salvatore devra tout de même faire face à une rivalité bien visible. Depuis quelques semaines, l’originalité de la performance de l’artiste est remise en question, l’italien se voit pris dans un tourbillon médiatique mais cette fois, pas fait que de vent : Un sculpteur américain, Tom Miller l’accuse de plagiat pour son oeuvre « Io sono » estimant que cette oeuvre est belle et bien une contrefaçon de sa sculpture invisible « Nothing » exposée en 2016 à Gainesville aux États Unis. L’élaboration de l’œuvre de Tom Miller avait fait l’objet d’un court documentaire fictif représentant la construction de la sculpture invisible par des constructeurs mimant l’installation de bloc d’air… Cette actualité soulève alors la très grande question pas moins intéressante de la protection des performances d’art contemporain et a fortiori celles invisibles ! 

Plagiat ou pas, ce qui est sûr c’est que ces œuvres ne risquent pas d’être volées, pas pour leur côté « air de rien », mais on imagine bien qu’un nouveau « titre devant l’espace vide » pourrait les faire changer de place comme par enchantement. Alors, bonne chance les !

Emma Y.V. – DNMADe23JO – Déc 21

Un carré d’expression pour une fenêtre sur l’art

Maison parisienne, ouverte en 1837, Hermès fait partie de ces enseignes qui mettent un point d’honneur à la créativité et à garder la majorité de leur fabrication sur le territoire français. Il s’agit également d’une entreprise familiale depuis 6 générations. Actuellement implantée dans 45 pays à travers leurs 306 magasins, la maison propose un panel de 16 métiers artisanaux. Parmi ceux-ci on trouve la maroquinerie, le prêt-à-porter femme et homme, les chaussures, les chapeaux, les gants, la bijouterie, l’horlogerie, les parfums et bien d’autres. On trouve également la soie masculine dirigée par le directeur artistique Christophe Goineau et la soie féminine dirigée par la directrice artistique Cécile Pesce.

Ce sont ces deux ateliers qui nous intéresseront pour cet article, la soie féminine et masculine, et plus particulièrement les carrés de soie. Afin de réaliser le design des carrés de soie, la maison met en avant les partenariats avec des artistes externes. Certains de ces carrés de soie restent dans les codes traditionnels de la maison tandis que d’autres tendent à les casser pour aller vers un design plus contemporain.

Carré dit « classique » : Carré 90 dessiné par Henri d’Origny et carré 90 dessiné par Virginie Jamin.

 

 

 

 

 

 

Autres types de carrés : Carré 90 Danse Pacifique dessiné par Laurence Bourthoumieux, Carré 90  Grand Théâtre Soie dessiné par Gianpaolo Pagni ou bien encore le Carré 140 Chic, Le Sport ! dessiné par Dongjoo Seo hermes.

Certains, sont brodés comme le Maxi pointe quadrige perlé dessiné par Pierre Péron ou bien encore le Carré 90 brodé Jungle Love Rainbow dessiné par Robert Dallet.

 

 

D’autres ont une courbe plus graphique comme le Carré 90 Variations autour de La Longue Marche dessiné par Julio Le Par.

 

 

Pour finir, certains tendent vers un design plus simple et plus unis comme le Carré 90 Encadré d’Eperon d’Or dessiné par Henri d’Origny.

A travers cet article, je souhaitais présenter un travail collaboratif entre une maison de haute couture / joaillerie et des artistes externes. La preuve est faite, la maison Hermès le fait à merveille à travers plusieurs métiers artisanaux. Personnellement, je trouve que ce sont des partenariats intéressants, ils permettent de mettre en avant des artistes de différents horizons et de différentes cultures. J’apprécie l’idée d’avoir comme contrainte de travailler sur un carré car cela laisse bien plus de possibilité pour le dessin que ce que l’on pourrait imaginer au premier abord. La possibilité de diversifier autant le graphisme et les techniques pour la réalisation des carrés est également quelque chose que j’affectionne. Je trouve également la démarche de garder la majorité de la fabrication en France en promouvant un travail artisanal et écoresponsable, importante. En ce qui me concerne, même il s’agit d’un travail que je respecte et même si je trouve la démarche très intéressante, je ne me verrais cependant pas porter un Carré Hermès.

Sitographie : Boutique en ligne officielle d’Hermès | Hermès France (hermes.com)

Renaudat Maëlle – DNMADE23JO – Décembre 2021

Le luxe, une arnaque ?

Depuis toute jeune, l’attirance pour le détail et la qualité a toujours pris une place très importante. Le luxe s’apparente au détail, c’est un révélateur. Ainsi nous pouvons nous poser la question « en quoi le détail permet-il de sublimer l’objet de luxe? ».

Pierre Cardin définit « le luxe c’est la rareté, la créativité, l’élégance ». La rareté représente l’exceptionnel, le caractère non-commun et la production en petite quantité. La créativité du luxe est liée aux savoirs-faire et aux techniques utilisées : le luxe crée les tendances et les alimente au fur et à mesure. Enfin l’élégance est subjective, elle est propre à chacun. L’élégance est un jugement de valeur lié à la sensibilité de chacun. Ces trois qualités sont étroitement reliées au détail. De fait le luxe répond à un besoin ostentatoire incarné par un mélange de richesse et d’esthétisme.

Dans un premier temps, nous traiterons les questions suivantes : « qu’est ce qui rend un objet luxueux en se concentrant plus particulièrement sur les termes de détail et de beau, et comment le luxe devient un générateur ? ».

Le luxe s’exprime particulièrement par le détail : petit élément constitutif d’un ensemble, jugé comme secondaire. Le détail définit un objet de luxe, chaque élément, aussi infime soit-il, rend la pièce davantage précieuse. L’ensemble des détails crée un tout raffiné. D’apparence générale, la différence entre un objet de luxe et sa copie se fait par l’observation des détails. Le luxe est un garant du savoir-faire qu’il perpétue depuis des années en conservant les savoirs-faire ancestraux. C’est ce qui fait la différence, la valeur ajoutée au produit.

Les détails sont réalisés grâce aux nombreux savoirs-faire : chaque discipline a ses propres spécialités. La marqueterie demande  une connaissance exceptionnelle de la matière bois pour parvenir à traduire toutes  les nuances et les effets voulus. Par exemple, le lit Aube et Crépuscule de Emile Gallé est un mélange d’ébène et de palissandre avec des incrustations de nacre et de verre. En joaillerie, le sertissage de gemmes demande beaucoup de précision et de minutie alors que le gemmologue use de la finesse  de son oeil et apporte son expertise au joailler.  On peut aussi citer  le soufflage de verre, ce savoir faire qui créé une pièce unique à chaque réalisation dont BACCARAT, célèbre maison, en est la référence ultime : elle  forme, transmet et perpétue  la technique de la taille du cristal depuis des années avec une utilisation de matériaux nobles.

Ces institutions s’ouvrent également aux nouvelles technologies : elles augmentent la définition du détail et, de fait, enrichissent les savoirs-faire. Par exemple, Louis Vuitton a lancé sa montre connectée « tambour horizon » en 2017. L’assemblage est effectué en Californie en raison de la conception de machines innovantes présentes uniquement à cet endroit contrairement aux autres montres de la griffes conçues en Suisse réalisées avec les savoirs-faire ancestraux de l’horlogerie.

L’objet peut être personnalisé grâce au sur-mesure ce qui rend la conception du produit luxueuse, notamment pour la mode en adaptant ses modèles aux différents clients. Dans ces cas précis, le détail y est alors abordé de manière singulière. C’est pourquoi, il est impossible à l’industrie de consommation de produire ces objets. En effet, la production industrielle est une production de masse basée sur des codes pré-établis de taille, de confection avec des machines programmées. Le luxe s’appuie donc sur la rareté : elle rend le produit plus précieux, beau. Le beau est défini comme une caractéristique d’une chose procurant une sensation de plaisir ou un sentiment de satisfaction. L’acquéreur recherche le beau. Il réside pour chacun dans la définition du détail en accord avec ses goûts et ses préférences de couleurs, de matériaux… La rareté augmente la préciosité et ainsi augmente le désir de possession. De grandes enseignes ont compris ce mécanisme et l’utilisent. Ils reproduisent des objets luxueux en les simplifiants. C’est ainsi que le luxe est générateur d’inspiration et de chiffre d’affaire. Le beau est conçu par les détails qui sont subjectif :  les goûts et les couleurs de chacun oriente ses achats. La rareté augmente la convoitise des clients. Beaucoup de grandes enseignes connues comme Zara, H&M ou encore Mango créent des répliques  d’objets luxueux tendances (à quelques détails près !) en grandes quantités car  le luxe est un générateur d’inspirations. Le prêt-à-porter s’intéresse à la silhouette, à une esthétique en général, mais ne fait pas dans le détail. Par exemple Zara a réalisé une copie des célébres mules de Jimmy Choo  en modifiant le nom de la marque, la couleur à une nuance près et la hauteur du talon, des détails presque imperceptibles. Ces 7 détails font toute la différence car l’imitation est légal contrairement aux contrefaçons. Ces savoirs-faire influencent le prêt-à-porter.

Pour conclure, le luxe se traduit par les caractéristiques suivantes : l’achat d’un produit de luxe devient exceptionnel car il intègre l’achat de la préciosité, de la rareté. Chaque produit de luxe intègre les matériaux précieux, la mise en œuvre de savoirs faire ancestraux combinés à la nouveauté et la singularité du produit. Mais aujourd’hui de nombreuse personne achète du luxe juste pour le logo, la marque sans se soucier du détail et de la qualité, les maisons de luxe en jouent bien évidemment et diminue la qualité sur certains de leurs produits dédié à ce type d’acheteur. Le détail du luxe a-t-il un avenir ?

Mathilde Petit – DNMADE14JO – Déc. 21

Wallace Chan : Des bijoux et deux cultures

Un subtil mélange d’Orient et d’occident, de folie et de somptuosité. Amateurs de joaillerie et de pierres fabuleuses, vous devez sans doute connaître le nouveau virtuose du XXI siècle « Wallace Chan »!

Si ce n’est pas le cas, cet article est pour vous !

J’ai décidé aujourd’hui de vous parler d’un de ces grands artistes joailliers chinois, qui s’installent et s’ancrent peu à peu depuis quelques années, sur les marches de l’excellence joaillière mondiale.  Un artiste que j’apprécie pour son audace et sa folie. Influent grâce à des pièces toujours plus exubérantes, par ses techniques. Un artiste qui tout en nous offrant des bijoux modernes presque innommables, s’imprègne pour autant d’un savoir-faire ancestral venu d’Orient et d’une technique parfaite venant de l’Occident. Le but ? Redonner de l’espoir à une culture et ses fondements tout en y ajoutant un renouveau, allier futur et passé dans notre présent.

Avant tout, un peu d’histoire. A la suite de la révolution culturelle dirigée par Mao dans les années 60, le régime, qui protégeait la pensée communiste, a annihilé les idées traditionnelles de la culture chinoise, comme diverses manifestations de l’art populaire (peinture, encre, joaillerie, sculpture…). Les artistes ont été brimés, arrêtés, torturés. La chine a perdu son savoir faire ancestral.

Mais, depuis quelques années, la culture chinoise s’est tournée vers l’Occident pour se réapproprier nos techniques et c’est un véritable succès.  On voit l’émergence des grands créateurs chinois avec des pièces exceptionnelles, qui remettent en exergue le savoir-faire de cette culture orientale en revenant aux fondamentaux (jade, sculpture…) tout en y ajoutant une touche occidentale, qui atteint toutes les cultures.  Pour la Chine, il y a l’idée d’un savoir-faire artistique qui se réaffirme et se revendique peu à peu.

Mais alors qui est ce fameux Wallace Chan ? Quelles sont ses motivations ? D’où vient son esthétique si singulière, avec des créatures sortant tout droit de récits fantastiques ?

Wallace Chan

Wallace Chan, est un de ces nouveaux grands maîtres, qui vient casser les codes des pièces standards dans le milieu de la haute joaillerie. Un artiste de 65 ans, sculpteur qui est basé à Hong Kong, qui crée des pièces uniques, somptueuses, mêlant sculptures, 3 dimensions, couleurs éclatantes, rêve et féérie, avec des pierres et des matériaux uniques.

L’artiste est notamment connu, pour avoir renouvelé la glyptique et ses traditions. Il a créé une taille de pierre qu’il a brevetée : « La wallace cut ». Il nous offre de même, de nouvelles techniques en céramique. Wallace Chan aime jouer avec les nouveaux matériaux, les couleurs peu conventionnelles en haute joaillerie (Titane, anodisation…)

broche paon

«Mes bijoux racontent une histoire, dit Wallace Chan, chacun est un message, un symbole ».

Avec des bijoux qui s’inspirent de la faune et de la flaure, créateur de formes avec une touche de magie, des poissons, des papillons, des libellules, des paons, des fleurs sortant d’un jardin magique, issus de la tradition chinoise.

Dans un bijou  en mouvance constante par ses courbes parfaitements agencées,  il vient combiner art, nature et évolution dans des pièces hors normes.

Je défie qui que ce soit de ne pas se trouver émerveillé après avoir vu de telles pièces de haut vol.

Wallace Chan, un talent qui est l’exemple parfait d’une technique qui ne cesse d’évoluer et d’une inspiration traditionnelle qui ne s’épuise pas.

technique wallace cut
Broche en Jadéite (pierre ornementale qui était autrefois réservée la famille royale)

 

https://www.wallace-chan.com

 

 

La Chine ne cesse de nous offrir des artistes enclins au renouveau, désireux d’extravagance, d’évolution et d’innovation technique, dans une démarche où le savoir-faire ancestral et la tradition restent le pilier.

Tous ces créateurs gardent l’âme de leur art, tout en parvenant à le moderniser, en usant des toutes dernières technologies à la pointe, c’est ce qui fait leur unité, leur force.

On peut citer encore parmi d’autres artistes chinois avec une sensibilité qui me touche, Beau Han Xu,Anabela Chan, Michelle Ong, G Suen, Anna hu,  TTF,  Cindy Chao, Feng Ji et tant d’autres  noms que vous devez connaître, et qui s’établissent sur la même force créative. Soyez curieux allez explorer leurs univers fantastiques et exceptionnels !

Noélie Cabrol-DNMADE14Jo- Décembre 21

Quand l’horlogerie casse les codes du vert

Le monde de l’horlogerie est en perpétuelle évolution, a toujours vouloir dépasser les limites de la complexité. Les performances, l’innovation, sont les maitres mots de ce petit monde que représente l’horlogerie. Nous sommes sûrement en train de vivre en ces jours une évolution majeure mais qui diffère légèrement de celles connues dans l’horlogerie auparavant. Cette évolution est directement liée au respect de la planète et des causes écologiques. En effet aujourd’hui l’horlogerie saisit l’opportunité de se rendre plus responsable, une façon de conquérir de nouveaux clients qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice dans cette cause écologique qui devient insistante dans l’urgence.

L’objet de cet article sera axé sur une montre, une montre Ulysse Nardin. Ulysse Nardin est connu pour son investissement dans les montres en milieux marins et aquatiques, chronométreur officiel du Vendée Globe, Ulysse Nardin a donc bien choisi son bateau niveau gamme de montres et ne cesse de surfer sur la vague qui les a menés à la réussite que l’on connait aujourd’hui.

Venons-en à la star de cet article, cette montre, la Diver Net, n’a d’apparence rien qui ne saute aux yeux et pourtant elle est bien portée sur le développement durable. Cette montre qui a tout d’une montre de luxe est belle et bien une montre de luxe. Ce qui la différencie de ses concurrentes c’est son essence même, en effet cette montre est fabriquée à base de filets de pêche recyclés.

Cette idée vient à la base de trois Français qui en voyant ces filets de pêches sur les ports Bretons partir à la benne se sont décidés à les recycler afin de créer un nouveau plastique à base de plastique ancien. Le fait de voir les quantités immenses de plastiques fabriqués par an (environ 350 millions de tonnes) les a décidés à se lancer dans le recyclage de cette matière que l’on dit magique mais qui aujourd’hui n’a plus grand-chose de magique tellement elle est présente dans notre nature, dans nos mers et océans. Ce plastique qui n’est que très peu recyclé fini bien souvent comme on déjà tous pu le voir sur un trottoir, sur les bords de routes allant même jusqu’à créer des îles de plastiques flottantes en mer qui représentent des quantités de plus en plus importantes chaque jour. En choisissant les filets de pêche comme matière à valoriser, ils mettent en avant la préservation des océans mais plus largement que cette idée, ils veulent que le plastique produit à ce jour depuis plusieurs décennies soit recyclé et non plus fabriqué.

En voyant les résultats très encourageants de cette nouvelle manière à recréer de la matière première, c’est tout naturellement qu’Ulysse Nardin s’est décidé à se lancer dans une nouvelle odyssée en s’associant avec FilFab cette entreprise qui recycle les filets de pêche. C’est de ce mariage qu’est née la Diver Net qui peut se vanter d’utiliser du plastique recyclé pour l’ensemble de sa boite ainsi que son bracelet.

Je vous invite à regarder cette courte vidéo de Ulysse Nardin et FilFab qui nous fait comprendre qu’avec un peu de volonté il est possible de recycler et d’innover et qui ouvre la voie à de nouveaux procédés plus durables :

Ulysse Nardin | DIVER NET – YouTube

L’Homme a aujourd’hui entre ses mains son avenir, à nous tous d’agir à notre échelle.

« L’écologie est une magnifique occasion, peut-être même l’ultime occasion, de redonner du sens au progrès. » Nicolas Hulot

GUYOT Léo – DNMADe23HO – Décembre 21

Voulez-vous apprendre à tailler des pipes ?

Et non vous ne rêvez pas ! Nous allons bien parler de Pipe aujourd’hui. De la petite à la grosse pipe, nous allons voir ce qu’il se passe à Saint Claude ville connue pour jouir d’une histoire riche qui remonte au VIème siècle.

A cette époque Saint Claude, appelé Condat, était un monastère. Cette bourgade regorgeait de matières premières. Les artisans utilisaient très souvent le bois pour créer des bijoux religieux tels que des chapelets, croix… Le nom, Saint Claude vient de l’évêque et Abbé St Claude mort 400 ans auparavant.

Dès le XVIIIème Siècle, les artisans fabriquent des tuyaux en corne, en terre, en porcelaine ou en bois. Au début de ce siècle, les pipes, la plupart du temps, étaient faites de Buis et de Merisier. La pipe n’est qu’une petite partie du chiffre d’affaires de la ville. Mais, en 1799, un terrible incendie ravage Saint Claude, puis les réquisitions de l’Empire suppriment beaucoup de secteurs d’activités. En 1811, seule la pipe et la tournerie ont survécu à St Claude.

Ce n’est qu’à partir de 1856, avec l’utilisation de la racine de bruyère, que le travail de la pipe s’industrialise. Pour permettre une efficacité de fabrication, le travail est divisé entre les villages environnants, et chacun possède son métier. La spécialité de St Claude était le tournage du tuyau uniquement.

Depuis le début du 20ème siècle, ce village accueille des artisans pipiers qui ne se limitent pas à la fabrication du tuyau mais bien à la pipe entière. Un Franc succès qui vaut à St Claude sa renommée, « La Capitale de la pipe ». Ainsi ils reçoivent des commandes des 4 coins du monde.

Mais Alors comment tailler une bonne Pipe ?

 

Image de la Pipe Rit

Pour commencer on considère les parties de la pipe comme des organes. La cigarette du grand père, possède 2 parties, le tuyau, avec la lentille qui est simplement le trou qui permet d’aspirer la fumée, le floc, qui s’emboite avec la mortaise pour pouvoir joindre les 2 parties. Dans la mortaise il est possible, pour les débutants en pipe, de mettre un filtre.

De même, dans la tête de la pipe, on trouve la tige qui permet d’adoucir le tabac grâce à sa longueur. Il y a le foyer, où se consume le tabac, mais attention il est important de culotter la chambre c’est-à-dire de roder la pipe en mettant très peu de tabac les 15 premiers plaisirs. Maintenant que vous connaissez les bases passons à la pratique.

*Woodworking – Bilbo Baggins Pipe – YouTube

Choisissez un lieu propice au bon façonnage de la pipe. Tel que St Claude par exemple. Ensuite il vous faut une ébauche de bruyère, ainsi qu’une scie à chantourner. Sortez votre papier, vos ciseaux et votre crayon nous allons dessiner découper le pochoir de la tête de pipe. Avec un forêt cloche formez le foyer, percez, taillez, limez à votre correspondance. Après avoir réalisé l’ébauche, meulez afin d’adoucir la pipe et la préparer au vernissage.

Pour terminer pour réaliser le tuyau, superposez 2 planchettes préalablement travaillée à l’échoppe, collez et limez pour obtenir une forme cylindrique. Et Voici vous n’avez plus qu’à déguster, sans oublier de (dé)culotter.

Porsche Design Pipe.

Le Saviez-vous ? Plus la pipe est longue, plus elle est agréable et douce à fumer.

Êtes-vous plutôt du côté des puristes qui la préfèrent courte et intense ou plutôt du côté des laxistes, longue et douce ?

BONNETTI Mia – DNMADe14HO– Octobre 2021