Un petit verre de Murano ?

Amateurs de bonnes boissons bonjour, cet article peut tout à fait vous correspondre tout comme aux petites dames qui aiment prendre leurs thés dans de beaux verres.
Et oui nous n’allons pas parler de liquide aujourd’hui mais bel et bien de contenant.

Mais avant de parler verre, revenons en arrière, pour découvrir l’histoire de Murano.
Tout commence en 1291 ; période ou les architectures sont faites de bois. À cette époque, le peuple Vénitien craint le feu. Les souffleurs de verres, pour exercer leurs métiers, ont besoin de cette source de chaleur. Alors, les Doges (roi) décidèrent de les expulser à Murano, une Ile au Nord de Venise. Naquit ensuite « le verre de Murano. » qui fut par la suite placé sous la protection de l’Etat. Les verriers étaient autorisés à porter l’épée (signe de noblesse à cette époque). Le matériau (verre) comme l’or, devint un privilège de le travailler.

 Petite ruelle de Murano.

Depuis le XIV -ème siècle, le soufflage de verre, devint un art traditionnel de prestige, mais aussi une industrie importante qui survit aujourd’hui grâce aux transmissions de génération en génération de ses techniques. Comme vous pouvez le voir le métier traditionnel n’a pas vraiment évolué.

Ce travail de précision, devient un art et traverse les styles ainsi que les influences en passant par l’art Byzantin jusqu’à de nos jours, l’art contemporain. Aujourd’hui sur cette petite île on compte plus de 300 verreries. Le maitre verrier le plus connu, Carlo Scarpa (1908-1978), a réalisé un vase Battuto (battu) pour Venini en 1940 (entreprise de verrerie industrielle). Les maitres verriers designers au service des manufactures ! incroyable non ?

Photo d’une œuvre exposé au Musée du verre de Murano.
Artiste et date inconnue.

Sources: Audioguide MURANO Guide Touristique | MyWoWo

Recette par Marmiton : Réalisation du verre.

Ingrédients :
– Sable – Calcaire – Carbonate de soude
Tout d’abord, il vous faut du sable avec un grain très fin, ensuite, une pincée de calcaire enfin, quelques centilitres de Carbonate de soude. Mélangez le tout, Enfournez la préparation dans un four à 1680°C durant quelques minutes. Vous obtiendrez une pâte de verre. « Facile non ? »
La recette est peut-être simple, mais le façonnage, c’est tout un métier.

Démonstration d’un souffleur de verre

Il faut savoir utiliser les outils. Par exemple, le chalumeau, maintenant à température la pâte de verre, les pinces de travail, pour venir extraire la forme de la matière comme la pâte à modeler. (Réalisation d’une Anse).
La Tourette (tube de graphite) servant à souffler le verre, pour la réalisation de boule de noël par exemple ou de verre. Les plaques de Graphites pour poser la substance durant le travail.
Le Graphite, possède la particularité chimique d’être un métal dont la température de fusion est supérieure à celle du verre. (3827°C).
Le saviez-vous ? A partir de 900°C, le verre devient transparent et il n’est plus modelable.

Enfin, les souffleurs de verre, pour arriver à réaliser des pièces (ex : statuts), commencent par travailler le verre du centre, vers l’extérieur. Comme pour incorporer des touches colorées dans le produit.

Est-ce que comme pour le verre, le travail sur soi-même commence de l’intérieur ?

BONNETTI Mia – DnMade 1 Horlogerie – Octobre 2021

L’ARPILLERAS ou l’art comme arme de propagande contre la dictature chilienne

C’est l’histoire de femmes marginalisées par la société et qui, à l’aide de quelques bouts de tissus, du fil et l’art ont réussi à défier une dictature.

Tout d’abord un petit point sur le contexte historique. De 1970 à 1973, Salvador Allende leader de l’Unité populaire au Chili est le président socialiste du pays. Mais le coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973 par le général Augusto Pinochet vient sonner le glas de la démocratie chilienne. S’ensuivent dix-sept années de dictature militaire durant lesquelles les libertés individuelles sont supprimées. Il y a une forte violence et des répressions sanglantes de la part de l’Etat. Les opposants et un grand nombre d’hommes sont emprisonnés ou exécutés. Durant cette période, on ne compte pas moins de 3000 personnes qui ont disparu sans laisser de trace.

Les plus négligées dans cette situation sont les femmes des quartiers pauvres et des bidonvilles appelées les pobladoras. La dictature a limité leur statut à ceux de mère de famille et de femme au foyer. Elles doivent aussi faire face à la détention forcée de leur fils et/ou de leurs maris sans compter la disparition des membres de leurs familles. En effet, sans les hommes elles ne peuvent bénéficier d’aucun revenu et se retrouvent dans une situation d’insécurité économique.

Face à cette situation, l’Eglise chilienne prend parti face à la dictature en prodiguant des cours et des ateliers de travaux manuels à ces femmes éloignées de la sphère publique. Dans ces ateliers, les femmes produisent des broderies décoratives de scènes domestiques à l’aide de fils aux couleurs vives sur des appliqués de tissus appelés arpilleras (toiles de jute en espagnol) inspirés d’une ancienne tradition artisanale redynamisée dans les années 1960 par l’artiste chilienne Violeta Parra. Une fois par mois, tous les arpilleras produits sont emmenés à la Vicaria de la Solidaridad, une organisation catholique chilienne. Cette dernière se charge ainsi de la vente et de la diffusion de ces créations et les gains obtenus sont reversés aux créatrices, leur assurant ainsi un revenu. A défaut d’être le seul espace libre de rencontre pour les pobladoras, ces ateliers deviennent très vite des espaces de solidarité et de cohésion.

LA CANTANTE CALVA de Violeta Parra- 1960  

Les arpilleristas utilisent les arpilleras pour témoigner et illustrer les violations des droits de l’Homme commises par le régime militaire. Beaucoup de ces femmes représentent des scènes de manifestations, de répressions, ou de la vie quotidienne marquées par le manque ou l’absence d’un proche.  Néanmoins il y a certaines règles à respecter : les scènes explicites de torture et d’autres thèmes politiques trop forts sont proscrits afin d’éviter des représailles de la part du gouvernement. Il y a toute une codification dans cette forme d’art : le Chili est symbolisé par les Andes en arrière-plan, des grandes croix sont représentées sur les portes des hôpitaux et des usines pour dénoncer le fait qu’elles soient fermées aux familles des détenus et des disparus, ou encore des petits traits de fils représentent les eaux contaminées pulvérisées par les milices sur des manifestants. Si d’autres arpilleras sont plus utopistes et représentent le rêve d’un pays libre et prospère, il faut les dissocier de l’initiative du gouvernement qui a été de produire par la suite des arpilleras de propagande, reflétant un Chili prospère avec des dirigeants bienveillants. Les arpilleristas n’ont suivi aucune formation en art et leurs créations sont très simplistes, voire enfantines mais elles sont d’une efficacité redoutable et peuvent être comprises par tous. Leur support, très commun et en apparence inoffensif va leur permettre d’être transporté discrètement hors des frontières. De cette façon, la censure imposée par l’Etat chilien va être contournée et la presse internationale va pouvoir mettre en lumière la situation préoccupante du Chili.

Une œuvre arpilleras, mais il en existe beaucoup d’autres que je vous invite à aller regarder

Par la suite, les arpilleras se sont répandus en Amérique du Sud et ont été repris par de nombreuses sources notamment au Pérou au Nicaragua et en Colombie, mais cette fois en abordant des thèmes politiques plus forts. Par ailleurs, les arpilleras ont été mis en avant en tant qu’arme de désobéissance civile lors de l’exposition « Disobedient Objects » au Victoria & Albert Museum de Londres où certains ont été exposés. Aujourd’hui le travail des arpilleristas inspirent des artistes contemporains tels que la plasticienne Guacolda et le fonctionnement des ateliers arpilleristas continue également d’être transmis de par le monde grâce à des exilés.

Olympia de Guacolda qui s’inspire de l’art arpilleras – 2021

En ce qui me concerne j’ai eu l’occasion de participer il y a quelques années à l’un de ces ateliers et j’ai apprécié la dimension collective que prenait ce type d’artisanat, propulsé au niveau d’art lorsqu’il a permis à ces femmes anonymes et courageuses de s’émanciper et de se dresser face à un régime autoritaire.  Elles ont fourni un travail assez proche finalement de l’art naïf qui en plus d’être un message de résistance, est un symbole d’espoir et de résilience avec ces créations aujourd’hui surnommées les « barrières révolutionnaires du Chili moderne ».

Etolint Anna – DnMade1 Bij- 2021-2022

Une montre de luxe pour les enfants ?

En effet ce design inspiré de l’innocence de l’enfance nous questionne : Qui pourrait bien porter cette montre ? Un design enfantin pour une montre de luxe destiné aux adultes, n’est ce pas audacieux ?

     En collaboration avec le MAD Paris, Charaf Tajer le designer de Casablanca, a eu carte blanche pour retravailler la populaire Royal Oak 36mm de Audemars Piguet à l’image de sa marque de vêtement haut de gamme.

Charaf Tajer inspiré par le mouvement Memphis

Sa marque de vêtements et les montres « Play time » et « Machine, Time » rappellent le mouvement memphis milano un mouvement de design et d’architecture italien créée en 1980 à Milan. Ce mouvement met en scène des formes asymétriques très colorés dans un décor farfelu.  « Contrairement à d’autres courants de design précédents, Memphis n’obéit pas à un manifeste ; c’est avant tout une volonté de fabriquer des meubles avec une grande liberté en réaction au style bourgeois de l’époque. »  François Boutard

La vision de Charaf Tajer sur sa marque de vêtement :  « Il n’y a pas d’ironie dans mon travail. La nature est magnifique, pourquoi ne pas la montrer ? Et dans un monde peuplé de mâles alpha, ça ne peut pas faire de mal d’offrir de la douceur et de la beauté » 

La royal Oak prend vie !

Du jaune, du rose en passant par du bleue et du rouge, des couleurs vives qui donnent un aspect enfantin à la montre, à la limite du jouet. Cet audace donne une image de l’horlogerie haute gamme rarement vu jusque là.

Nous pouvons aussi parler de renaissance. Le design d’origine de la Royal Oak est glacial avec la géométrie emblématique de Audemars Piguet et le boîtier poli/satiné. Tajer a construit une image rassurante et enfantine transmise par ces couleurs pastels vives tout en gardant sa forme d’origine.

Les deux garde temps possèdent un fond arrière noir mat et une couronne rouge. La première version arbore un cadran rose dégradé lisse tandis que la seconde version renferme un cadran à motif de maillon de la chaîne Casablanca. Les seules pièces qui sont restées d’origine sont les vis hexagonales en or blanc 18 carats.

Les horlogers se sont déjà inspirés de l’enfance avec la montre Mickey de Gérald Roden ou la Black Panther de Audemars Piguet. Mais aussi de l’univers du jeu avec La Vintage 1945 Jackpot Tourbillon de Girard-Perregaux  ou  la Primo 4  de Mermod Frères. Je trouve ces inspirations évidentes dès le premier coup d’œil pour les montres « Play Time » et « Machine, Time ».

Charad Tajer met en avant la transformation d’une icône moderne de la haute horlogerie. Je vois ces deux montres comme, un peu d’innocence dans ce monde rigoureux de l’horlogerie.  Il a su réveiller l’enfant endormi en nous !

Si le mouvement Memphis vous intéresse je vous invite à vous abonner au compte instagram : @memphis_milano @ettoresottsass_official @modernismmuseum

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Une envolée colorée

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de Nelly Saunier. Il s’agit d’une plumassière française née en 1964. C’est à 14 ans qu’elle commence sa formation de plumassière avec un CAP. Par la suite elle peaufinera ses connaissances avec un BTS de designer textile. Passionné par son travail, Nelly Saunier est nommée Maître plumassiers en 2008.

Très rapidement dans sa carrière elle a commencé à collaborer avec différentes grandes maisons, dans différents domaines. Cela lui a permis ses techniques à d’autre domaines tels que la couture et la joaillerie.

Ci-dessus on peut voir deux réalisations faites en association avec Jean Paul Gaultier. La première est le Boléro Perroquet réalisé en 1997. Le deuxième est un Pullover jacquard de la collection automne/hiver 1998-1999. Il est réalisé en plumes de faisan, collet de coq, perdrix, dinde, paradisier, oie et geai des jardins.

Ci-dessous à gauche, il y a trois montres intitulées « Oiseaux enchantés » créées en 2015 et en collaboration avec Van Cleef & Arpels. A leur droite on voit une montre Premier Feathers créée en 2012. Le cadran est réalisé en marqueterie de plumes de paon et de faisan.

 

 

 

 

 

La haute joaillerie n’échappe pas à ses diverses collaborations comme on peut le voir avec cette collection réalisée en partenariat avec la maison Piaget. Cette collection est sortie en 2018. Elle rappelle un paysage enneigé illuminé par un soleil radieux, la fraîcheur d’un glacier et la douceur de la neige. Afin d’obtenir ce résultat, les bijoux ont été exécutés en plume d’oie et de pélican rehaussées de feuilles d’or 24 carats.

En 2012 elle réalise l’une des vitrines de la galerie Lafayette. L’œuvre est réalisée en plumes de dinde et aura coûté pas moins de 350 heures de travail.

 

Son travail l’a également amenée à réaliser des œuvres qui ont été exposés dans différentes lieux. Parmi les différentes œuvres on peut contempler « Glycine », qui a été réalisée dans le cadre de l’exposition Japon-Japonismes au Musée des Arts Décoratifs de Paris. Cette sculpture est un hommage à la nature.

Elle a également créé un spectacle nommé « Merveilles ». Il a été réalisé en collaboration avec l’artiste japonaise Shuho à l’occasion de l’évènement « Nuit Blanche KYOTO 2015 ».

En ce qui me concerne, c’est une artiste dont j’apprécie énormément le travail. On y retrouve une forte sensibilité et une grande délicatesse. J’aime la précision que l’on retrouve dans ses réalisations. Elle a également permis la réintégration de la plumasserie dans la haute joaillerie, ce qui permet d’obtenir des rendus plus divers dans la réalisation des bijoux. Un autre point que j’apprécie dans le travail de Nelly Saunier, c’est le côté éthique de son travail. Elle travaille avec des plumes qui ont été récupérés lors de la tombée des mues des oiseaux.

Ses mots de Nelly Saunier résume à mon sens merveilleusement bien son travail et sa passion pour la plumasserie :

« les oiseaux sont nés avec cette élégance, ils ne mentent pas avec leur apparence. Ils sont libres dans l’expression de leur beauté. C’est cette spontanéité, cette expression que je partage. La plume, c’est une émotion. »

Sitographie: http://www.nelly-saunier.com/

Instagram : nellysaunier

Renaudat Maëlle – DNMADE 2 Bij – Octobre 2021

Nelly Saunier, Artiste Plumassière

Aujourd’hui je vous invite à voyager, à laisser libre cours à vos émotions, la douceur, le calme, la beauté. Alors prenez un plaid, un chocolat chaud ou un petit smoothie fruité et profitez bien de cet article.

Imaginez un métier qui met à l’honneur le magnifique plumage des plus beaux oiseaux, des créations d’œuvres d’arts à la fois délicates et majestueuses, des esthétiques de montres et de bijoux élégantes et détaillées. Il s’agit de la profession de Nelly Saunier.

Artisane d’art puis nommée Maître d’Art en 2008 Nelly Saunier met son talent d’artiste et ses compétences au service de la plumasserie.

« Douceur, légèreté, finesse, beauté sont les sources de mon émotion. Matière première, matière vivante, richesse et nuances sont les ingrédients de mes créations. Détourner la plume, transcender la technique, réinterpréter les matières pour obtenir des effets plastiques inattendus

Depuis plus de trente ans, Nelly Saunier met son talent d’artiste et ses compétences au service de la plumasserie. Elle exerce un métier ancien puisque les statuts des premiers maître plumassiers ont été octroyés en 1599. Elle achète les plumes des oiseaux pour connaître leur fonction, leur plasticité et leur adaptation dans la pièce à créer. La connaissance de la matière et des techniques (de couture, de collage, de monture…) font partie d’une des nombreuses composantes de son savoir-faire.

Nelly Saunier est devenue au fil des années, artisan d’art, puis est reconnue comme maître d’art. Mais ce travail reste en milieu contraint, dans la dépendance d’une idée suggérée par d’autres, ou dans l’adaptation à une structure imposée (un cadran de montres, la forme d’un bijou…). Son plus grand défi reste bien celui de garder toute sa créativité, son inspiration, à la fois en répondant aux commandes mais aussi en réalisant des oeuvres originales qu’elle invente au gré de sa fantaisie. Elle crée alors des pièces qui relèvent de son univers personnel, Nelly Saunier devient artiste plumassière, ses oeuvres jouent avec la nature, avec la texture et la symbolique de la plume comme ornement et protection…

Textures

Douceur, légèreté, finesse et beauté. Matière première, matière vivante, richesse et nuances. Détournement de la plume, transcender la technique, réinterpréter les matières pour obtenir des effets plastiques inattendus, doux ou piquants, mats ou brillants, teintés ou naturels…

 

Ses Collaborations

Aujourd’hui ce sont les joailliers et orfèvres tel Harry Winston,  qui font appel à ses talents pour associer plumes et diamants en des créations extraordinaires ; un nouveau défi artistique et technique qu’elle a su relever. Fortes de son expérience, ses créations allient techniques ancestrales et inventivité pour aboutir à de véritables oeuvres d’art.

Ainsi L’artiste plumassière collabore avec des maisons de Haute Joaillerie tel que Van Cleef & Arpels, Chopard, Piaget… En travaillant la plumasserie miniature dans des nouveaux modèles de cadrans.

Son Parcours

Nelly Saunier a quatorze ans lorsqu’elle découvre le métier de plumassier. Cette rencontre singulière lui apparaît comme une évidence et dans un débordement d’enthousiasme, elle sait instantanément que sa vie sera liée à la plume.

En 1981, elle suit un apprentissage aux techniques de la plumasserie dispensé au Lycée Octave Feuillet, puis complète sa formation aux Arts Appliqués (école Olivier de Serres). Elle y perfectionne sa maîtrise du trait pour exprimer librement ses sentiments et s’enrichit au contact d’autres disciplines qui nourrissent sa technique initiale. En 1989, elle rejoint le lycée Octave Feuillet qui fait appel à ses compétences pour enseigner l’art de la plume et le pérenniser pour des générations de plumassiers.

Parallèlement, l’artiste crée de nombreuses oeuvres et met son talent et son savoir-faire au service de designers, costumiers, décorateurs et de grands couturiers.

Distinction

2012 Nommée « Chevalier des arts et des lettres » par le Ministère de la culture et de la communication
2009 Nomination « Prix de l’intelligence de la main » fondation Bettencourt Schueller
2008 Nommée « Maître d’Art » par le Ministère de la Culture et de la Communication
2002 Nomination « Talents du Luxe » au Sommet du Luxe et de la Création : Talent de l’innovation

Aujourd’hui de ses recherches qui parfois s’articulent autour de l’illusion, le coeur de Nelly Saunier ne triche pas. Elle aime rappeler la candide franchise de la nature « les oiseaux sont nés avec cette élégance, ils ne mentent pas avec leur apparence. Ils sont libres dans l’expression de leur beauté. C’est cette spontanéité, cette expression que je partage. La plume, c’est une émotion. »

Je vous remercie de l’attention portée à cet article, n’oubliez pas de laisser un commentaire.

Amélie T. – DNMADe2 Jo – Octobre 2021

Un premier pas sur la lune, une histoire à l’origine du temps

Depuis l’origine des temps, les Hommes cherchent à se repérer dans le temps grâce à la position du soleil dans le ciel en s’aidant notamment du mouvement des astres. En 420 av. J.C l’invention du gnomon basé sur le cadran solaire de 1500 av J.C est une expérience fulgurante pour l’Homme. La première montre bracelet apparait en 1810 conçue par l’horloger Abraham-Louis Breguet plus connue sous le nom de la montre Breguet N°2639. A ce jour, il existe une multitude de marques de luxe dans la haute horlogerie/joaillerie dont Omega faisant partie du Swatch Group, une marque de la Haute horlogerie Suisse.

Un premier pas sur la lune, une expérience mémorable pour cet homme.

La Speedmaster Apollo 11, est la première montre à avoir voyagé sur la lune, portée par Apollo 11 lors de son expédition le 21 Juillet 1969 elle fut ainsi le premier garde-temps porté sur la lune par Buzz Aldrin le deuxième Homme à y avoir posé un pied.

Les premiers astronautes avaient besoin d’un garde-temps capable de résister aux conditions spatiales lors de leurs missions. Alors les études de la NASA ont démontré que la Speedmaster Apollo 11 connue notamment sous le nom de Moonwatch était l’instrument de mesure parfait pour une mission sur la lune.

Des tests méticuleux ont été réalisés sur la montre afin de résister à des conditions extrêmes, la montre fut testée sous les hautes températures, les basses températures, les cycles de températures dans le vide, l’humidité, les environnements riches en oxygène, la résistance aux chocs, l’accélération, le vide, les hautes pressions, ainsi que les vibrations.

On peut dire que cette montre est belle est bien certifiée elle possède notamment la fonction chronographe, elle a fait partie de l’équipement standard des missions humaines du programme GeminiChaque astronaute portait 2 Speedmaster ce qui permettait de faciliter l’exécution de leurs différentes tâches.

Un garde du temps, une édition limitée.

Aujourd’hui la Speedmaster Apollo 11 fête son 50ème anniversaire, celle-ci n’est pas une réédition mais bien un modèle moderne, un concentré du savoir-faire actuel de la manufacture suisse. L’aspect commémoratif est évidemment présent, mais ne vient pas dénaturer la montre. L’association de l’acier et de l’or moonshine est parfaite, et rehausse ce modèle iconique d’une touche de chic, idéal pour ses noces d’or. On aperçoit sur le fond de boite gravée “ That’s one small step for a man, one giant leap for mankind ” autrement dit « C’est un petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’humanité ». On retrouve Aujourd’hui une édition collector de 6969 exemplaires dans le monde, c’est une belle opportunité qui s’offre à tous les amoureux du luxe et du voyage.

JACQUET Charline – DNMADe1 – le 28 Octobre 2021

Espagnol de peau, Suisse de cœur

L’horlogerie, quand on évoque ce terme si habituel par chez nous en Franche-Comté, nous pensons tout de suite à notre région tant elle en est riche de savoirs. Mais pourtant de très bons horlogers sont cachés aux quatre coins du globe et de plus la passion pour les garde-temps n’est pas locale mais internationale.

A quelques patés de maison de la Sagrada Familia, l’Atelier de chronométrie est apparu en 2015, Santiago Martínez directeur et designer emploient deux horlogers diplômés de l’école horlogère Espagnole et collaborent avec deux artisans boitiers Espagnols également.

Très loin de la frontière suisse ces passionnés réalisent des montres sur mesure et quelques modèles fixes, sans intervention de machine CNC.

La marque située à 800km de la Suisse, ne cache pas l’admiration qu’elle porte pour le savoir-faire helvétique, le train de rouage est récupéré sur des mouvements Omega et les modèles sont inspirés majoritairement des montres Patek Philippe des années 40. Par ailleurs le nom prête aussi à confusion il ne serait pas choquant de voir ce nom dans une rue Chaux-de-Fonnière.

Je trouve cela d’ailleurs assez intéressant de tomber sur ce genre de réalisations quand depuis le début de notre formation on nous prévoit un avenir professionnel en Suisse, alors que des manufactures comme celle-ci existent ailleurs, loin de chez-nous.

 

Présentation de leur travail

ADC (atelier de chronométrie) n’est pas une manufacture qui fabrique entièrement ses mouvements, leur travail consiste à récupérer tout le mécanisme d’un mouvement oméga, fabriquer les ponts, certains ressorts, l’habillage ainsi que la décoration sur l’ensemble du mouvement. Au total, 21 pièces sont remplacées et entièrement refaites, notamment pour créer le mouvement de l’Atelier de Chronométrie. D’autres pièces sont entièrement redessinées et affinées pour s’adapter au design et au standing de la montre.

Pour leur montre ils récupèrent de vieux calibres Omega 30T2 ou 266, ces deux calibres sont des mouvements dont la production s’est arrêtée en 1966, ce sont donc uniquement des stocks ou pièces anciennes et d’occasion. Ils auraient tout intérêt à travailler avec des calibres plus récents encore en production, cependant ce n’est pas l’esprit de la marque, ils veulent vraiment faire ressortir le côté tradition et élégance du calibre.

Toutes les platines et tous les ponts sont remplacés par des pièces internes fabriquées à la main, sans l’aide de machines CNC. Les mouvements sont recouverts d’un traitement galvanique ou d’un plaquage en or jaune 18 carats sur les 4 ponts.

Tout ce qui touche au design et à l’esthétique de la montre est au choix du client, de ce fait chaque montre est unique.

Le Calibre vintage Omega a connu aussi quelques améliorations comme l’ajout d’un balancier à vis ou un système anti-choc KIF.

Depuis peu ils commencent aussi à réaliser un modèle chronographe ainsi que des petites séries de modèles similaires.

Conclusion

J’ai décidé de présenter cette marque car je la trouve particulièrement intéressante, dans le princpe elle ne présente rien de novateur en horlogerie puisqu’elle s’inspire de vieux modèles de montre et a une esthétique proche des montres Laurent Ferrier.

Mais je trouvais le paradoxe entre le lieu de fabrication et l’image de marque intéressant, cela pose question l’Horlogerie est-elle condamnée aux codes Suisses ?

Et malheureusement cette marque répond en partie à la question, je pense qu’étant donné que l’horlogerie de luxe est monopolisé par le marché Suisse, il prend en otage les codes esthétiques qui l’entoure.

En revanche je trouve ça vraiment bien que les horlogers qui travaillent chez ADC soient issus de formations espagnoles et quand on voit la qualité de leur travail, ils n’ont rien à envier à certains horlogers Suisses.

Thomas A. – DNMADE2 – Octobre21

Jacob & Co. : des collaborations d’exception

Quand on parle d’horlogerie un tas de noms de grandes marques nous passent par la tête mais pour une marque d’ultra luxe mélangeant parfaitement haute horlogerie et haute joaillerie c’est Jacob & Co.

Jacob & Co est une entreprise relativement récente, fondée en 1986 Par Jacob Arabo à New York, qui, à cette époque, n’avait qu’une activité uniquement joaillière. C’est en 2002 que la manufacture choisit de se diversifier dans l’univers de la haute horlogerie.

La montre la plus emblématique de la marque est  »L’astronomia »

Un modèle décliné de très nombreuses façons :

Pour moi chaque garde-temps de leur collection est une pièce d’une conception, d’une finesse et d’une beauté d’exception.

La jeunesse de la marque fait pour moi sa plus grande force. Réussir à percer à coté de marques présentes depuis des plusieurs décennies avant elle, prouve la pertinence des choix de l’équipe de design et du marketing. Des ambassadeurs quelques peu étranges pour le milieu de l’ultra luxe comme Khabib Nurmagomedov un champion de MMA devenu légendaire dans son domaine.

L’envie de la marque de montrer sa modernité se fait ressentir de plus en plus Après Khabib une nouvelle collaboration entre la marque et un célèbre graffeur fait son apparition ces dernières semaines.

Les connaisseurs l’auront directement reconnue, c’est une collaboration avec ALEC. Du design de la montre à l’écrin en passant par le bracelet rien n’est laissé au hasard par ALEC

J’aime beaucoup l’idée de mélanger l’ultra luxe et l’art populaire. L’équilibre entre les deux univers est parfaitement respecté et qui plus est sur l’une des plus belle pièces horlogères de notre temps.

Maxime H. DNMADe 2 – octobre21

Quand l’art s’immisce dans notre quotidien

Qu’ils soient petits ou grands, écoliers, salariés ou chefs d’entreprise, tous ont eu, au moins une fois dans leur vie, l’occasion d’avoir à portée de main, un des stylos quatre couleurs, signé BIC.

Cet objet iconique et transgénérationnel continue de se réinventer depuis sa date de création en 1970. A cinquante ans, ce stylo est dans la fleur de l’âge : 200 000 produits sont fabriqués chaque jour, et il s’en vend de plus en plus chaque année. Depuis une dizaine d’années, ce best-seller s’est même diversifié, s’offrant de nouveaux designs et des couleurs plus originales. Il fait maintenant le bonheur des collectionneurs.

Dorénavant, attentive aux instruments d’écriture, suite à mon dernier stage effectué dans une entreprise spécialisée dans la fabrication de stylos,  ce nouvel événement  a retenu mon attention. De plus, il associe des maisons que j’affectionne ,  à savoir BIC, l’artiste français Richard Orlinski et la maison de joaillerie Tournaire. Cette précieuse collaboration est apparue en ce mois d’octobre 2021 et  m’a incitée à en faire part à un plus grand nombre, par le biais de cet article.

Force de caractère, métal sculpté de plusieurs facettes pour laisser la lumière jouer à son aise, diamants scintillants, lignes géométriques contrastent avec le plastique, blanc et sobre qui exhibe ses encoches de quatre couleurs, rouge, bleu, vert et noir. Voici le fruit de cette collaboration exceptionnelle et inattendue entremêlant trois univers : le populaire, l’art et l’exceptionnel. Une chose est sûre, on ne le retrouvera pas dans les trousses des enfants à la rentrée ! Il s’agit en fait de différents stylos. Une première collection intitulée « bronze » est déclinée en trois versions : bronze plaqué or jaune, bronze palladié blanc et bronze plaqué or rose, chacune numérotée à 999 exemplaires et proposée au tarif de 390 €. Elle est disponible sur les sites BIC, Richard Orlinski et Tournaire. Une seconde collection, en édition ultra-limitée, sera proposée en exclusivité dans toutes les boutiques Tournaire et sur son propre site internet. A savoir, une version en or et une version en or sertie de 202 diamants ; chacune est disponible en jaune, blanc ou rose, numérotée sur huit exemplaires. Elles valent respectivement, 11 500 € et 24 500 €, cette dernière version fait d’elle le stylo le plus cher du monde.

Cette revisite qui peut paraître de prime abord désuète, n’est en fait pas dénuée de sens. Pour en avoir la certitude, il faut tout d’abord que je vous explique comment cette œuvre est née et par-dessus tout par qui.

C’est d’abord une histoire de stylo qui dépasse de la poche… L’idée est née après une réflexion de l’attachée de presse de la Maison Tournaire observant que le directeur général avait toujours un quatre couleurs sortant de la poche, et lui faisant remarquer que c’était relativement inélégant. Celui-ci décide de customiser son propre modèle, en le « pimpant » façon Tournaire. Je vous laisse imaginer le résultat.

Forte d’une tradition familiale et d’un savoir-faire français mondialement reconnu, BIC a commencé simplement avec une vision et un stylo. L’objectif était de créer un produit répondant à un besoin fondamental des consommateurs : un outil pour écrire facilement et en douceur. Le résultat fut bien plus : BIC démocratisa l’art et l’écriture et donna à chacun le pouvoir de s’exprimer à sa                                                                            façon.

La Maison de joaillerie Tournaire a été fondée il y a près de 50 ans par Philippe Tournaire, dans la Loire. Autodidacte, son histoire et ses bijoux uniques alliant architecture et joaillerie l’ont amené à une renommée internationale. Reconnue depuis plusieurs dizaines d’années, notamment pour son ADN marqué et ses engagements forts, la Maison Tournaire possède un savoir-faire français unique, fruit de l’alliance des techniques ancestrales comme la fonte à cire perdue et des technologies les plus modernes comme la conception 3D. Avant-gardiste, la Maison Tournaire utilise l’impression 3D depuis plus de vingt ans. Ceci tout en figurant parmi les rares maisons de joaillerie réalisant ses bijoux entièrement dans ses ateliers, de la création, la conception au sertissage, en passant par la fonte ou le polissage. Au fil des années, Philippe Tournaire a transmis sa passion à son fils Mathieu qui véhicule aujourd’hui les valeurs fondamentales de la Maison. Il ne cesse de se dépasser et de développer son art dans des secteurs tels que la décoration et les objets d’art, tout en valorisant les savoir-faire précieux de la joaillerie française.

Richard Orlinski est depuis 2015, l’artiste contemporain français le plus vendu dans le monde. Animé par la volonté de démocratiser l’art et le rendre accessible au plus grand nombre, il puise son inspiration à travers la pop-culture, les objets du quotidien, le populaire. Rapidement, Richard Orlinski développe de nouvelles sculptures, souvent des animaux, tous symboles de liberté, de puissance et de passion. En résulte des oeuvres électriques, aux couleurs pop et au style facetté qui feront le tour du monde. Très vite, exposer ses œuvres aux dimensions souvent spectaculaires, dans des lieux insolites et à ciel ouvert devient sa marque de fabrique. L’artiste s’intéresse à tous les moyens d’expression et son art ne connaît aucune frontière. En 2021, il est nommé Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres par la Ministre de la Culture Roselyne Bachelot-Narquin.

A travers cette collaboration, il témoigne encore une fois de son envie de populariser son art, plus encore, d’amener l’art dans notre vie quotidienne de la même façon que BIC à ses débuts. En s’associant, les trois maisons affirment leur audace et expriment leur expertise. Elles sont toutes motivées par un but commun qui est d’arborer le made in France et de faire d’une icône populaire, une véritable œuvre d’art.

Amoureuse et férue de  joaillerie, j’adorerais posséder un de ces joyaux pour sa technicité et le message qu’il véhicule, mais il est vrai que son prix peut restreindre le désir, il s’explique selon Mathieu Tournaire, car :

« Ce sont de véritables œuvres d’art qui sont fabriquées dans nos ateliers par des humains et non par des machines. Elles ont demandé de nombreuses heures de travail et de savoir-faire. Ce savoir-faire justifie pleinement son prix ».

Il reconnaît aussi que « Ce sont des collectionneurs qui les achètent » et que ces stylos ne sont, de ce fait, pas accessibles à tous. Joaillère de métier, je comprends pleinement son point de vue, mais c’est vrai que, pour certaines personnes, la démocratisation de l’art peut être remis en cause. Initialement, ce stylo est voué à être recyclable, il devient par l’apport de matériaux précieux inaltérable et incassable.

Nous pouvons aussi nous questionner sur la présence de clientèle pour ce genre de produit. Nous ne le répétons peut-être jamais assez, mais un produit lambda peut devenir un objet véritablement désirable dès lors qu’un artiste pose sa main dessus, peu importe sa valeur intrinsèque de départ. Si l’objet à son importance, la marque, la touche, le geste qui vont y être apposés, peuvent rendre un produit populaire tout à fait exceptionnel et original. La clientèle n’est donc pas manquante et est même foisonnante.

Pour finir, je vous laisse avec toutes les étapes de fabrication de ces petits bijoux qui parleront à nombreux et nombreuses d’entre vous, je l’espère. Merci d’avoir pris le temps de me lire et de découvrir, à travers cette présentation, l’intérêt et les enjeux qu’ont suscité cette révélation. 

Bilquez Jorane, Octobre 2021, Dnmade 2

Lucie ou la montre la plus compliquée du 20 ème siècle

Parmi ses complications : quantième perpétuel des jours, mois, années, année bissextile, phase de la Lune, indication des saison, solstice, équinoxe, équation du temps, chronographe (avec remise à zéro), réserve de marche, grande et petite sonnerie, carillon 3 tons de répétition de l’heure, des quarts et des minutes, 3 cartes du ciel de Paris, Lisbonne, et Rio de Janeiro, état du ciel des hémisphère boréal et hémisphère austral, signe du zodiaque, heures de 125 villes du monde, heure des lever et coucher de soleil de Lisbonne, thermomètre, hygromètre, baromètre, altimètre, et boussole.

Le musée du Temps de Besançon présente parmi sa collection une montre de poche célèbre par sa grande complexité. Elle comporte 27 indications horaires, et astronomiques et 26 complications horlogères. Son mouvement composé de 975 pièces est assemblé sur 4 étages ! Ce garde-temps commandé en 1897 par un riche portuguais au maître Horloger Louis Leroy démontre son incroyable technicité. Cette montre reste pendant près d’un siècle LA montre la plus compliquée au monde. Elle gagne même le grand prix du Jury de l’Exposition Universelle de 1900. Aujourd’hui encore elle reste une référence en matière d’horlogerie ultra-compliquée bien que détrônée par la montre bracelet GrandMaster Shim de Patek Philippe.

Vous pouvez l’admirer au musée du Temps à Besançon.

Maelenn N. – DNMADe1HO – Oct. 21

Lâchons le python : place au poisson !

cuir de saumon d’Islande

 LE CUIR DE POISSON, OU L’UPCYCLING DU DEFUNT POISSON

  Le tannage de la peau de poisson est une technique ancestrale apparue en Islande. Cependant, voilà seulement une trentaine d’années que le poisson et sa peau se frayent lentement un chemin sur les devants de la scène. En effet, le cuir est plutôt connu comme étant de la peau de vache. 

Mais après tout, cette pauvre vache n’a rien demandé. Ici, le poisson offre de multiples possibilité de cuir. Mais il est inutile d’aller chez le poissonnier et d’hurler comme un forcené « Je veux des chaussures en peau de merlot! ». Le tannage est un processus long et minutieux effectué par des professionnels depuis des décennies. Je ne saurais mieux vous expliquer le processus que cette charmante dame au cours de cette vidéo. Il est nécessaire de constater toute l’étendue des possibilités s’offrant aux domaines liés aux designs quant à l’utilisation de cette matière noble et variée qu’est le cuir marin. Montres, bijoux, vêtements ou encore mobilier voici différents costumes que le poisson revêt.

Bracelet en cuir de veau et cuir de tilapia(cuir de poisson montrant la beauté de l’écaille)

Confucius a dit « Quant un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui donner un poisson ». Quand certains mangent le poisson, d’autres en récupèrent les détritus pour les transformer en merveilles. Le cuir de poisson est une matière éco-responsable et une représentation de l’économie tournante. Il est la mode d’aujourd’hui et le bienfaiteur de demain. Bien trop d’animaux sont injustement exécutés pour leurs peaux et leurs pelages. Pour certains, il suffit d’aller chez le poissonnier réclamer les déchets et en quelque jours le tour est joué. Voici un cuir inscrit dans le développement durable et acteur de l’économie. Parce que oui, on récupère la peau d’un poisson consommé, on la traite et la revend des centaines d’euros pour les plus belles peaux!

De quoi innover et faire plaisir aux fortunés!   

NOUVIER Léa DNMADEjo1 année 2021

Montre avec bracelet en cuir de galuchat (cuir résistant et à l’allure perlée) 

Les boutons c’est à la mode !

L’upcycling vous connaissez ? Il pourrait bien devenir un moyen de consommation qui va nettement révolutionner notre vie future.

En effet pourquoi pas faire du nouveau avec de l’ancien ? C’est en quoi consiste le recyclage en règles générales, réutiliser et se réapproprier des choses déjà utilisées auparavant. Il faut aussi penser aux ressources de notre chère planète et adopter une consommation plus responsable et durable, ça serait bien le minimum à faire. Je pense que vous devez certainement connaître plusieurs sites de seconde main, ou de revente en ligne entre particuliers…

Ici c’est bien une véritable entreprise spécialisée dans ce domaine que je vais vous présenter. Il s’agit de la marque KAMAD, qui a vu le jour en 2020, fondée par 2 meilleures amies : Selima Kerimova et Mathilde Crouzilhac, diplômées d’études de stylisme et de modélisation. Leur concept est de retravailler des pièces de luxe : elles recyclent des boutons prélevés sur d’anciens tailleurs, pulls ou vestes de grandes maisons de mode, et les revendent à des prix qui sont donc beaucoup plus accessibles que si on achetait par le biais de la marque initiale. L’authenticité des pièces est vérifiée et ces dernières sont montées sur des chaines en acier inoxydable (couleur or ou argent).

Chanel, Prada, Dior, Gucci, Hermès… le choix est plutôt large. Mais tout aussi limité en même temps, car elles sortent de nouvelles collections très régulièrement avec différents thèmes, variant les marques proposées, les couleurs, le design… Pour rester fidèle aux valeurs de KAMAD, leurs pièces sont produites en nombre très réduit (dû au nombre de boutons qu’elles récupèrent). Donc on constate que les produits sont quasiment uniques. Vous l’aurez compris : l’industrialisation des bijoux, ICI : ON OUBLIE.

        

Car oui, cette dernière est inévitablement en lien avec notre monde actuel, toujours en quête de consommation et de renouvellement régulier (voire démesuré) des biens. Alors finalement le vintage qui revient au goût du jour se présente bel et bien comme une solution écolo pas si futile que ça.

Apparence vintage oui, mais ce n’est pas le cas pour l’entreprise : elle est même plutôt moderne. On le voit d’ailleurs par leur outil de communication : elles se font connaître grâce à l’interface des réseaux sociaux, notamment via Instagram et grâce à l’image d’influenceurs, la mise en place de concours ou de tombola par exemple (et ça a bien l’air de marcher puisque moi je vous en parle :))

Pour finir, les deux créatrices ne s’arrêtent pas qu’aux bijoux, elles créent aussi, des vêtements, des chapeaux et commencent à s’étendre vers du mobilier par exemple, avec des coussins (tout ce qu’on peut faire avec des boutons quoi !) donc pour la suite je pense que c’est encore plus prometteur, et c’est tant mieux, on en redemande.

Si ça vous intéresse, je vous conseille de faire un tour sur leur compte Instagram : @kamadreworked ou directement sur leur site : https://www.kamadhouse.com

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe 1 bij – Avril 2021

Mère Nature

Dans une époque où les entreprises se veulent de plus en plus écologiques (par souci pour la planète ou pour des raisons purement marketing), la marque horlogère H. Moser a dévoilé un exemplaire unique d’une montre pas comme les autres. La Moser Nature a été présentée au salon international de la haute horlogerie 2019 comme une pièce unique, donc non disponible à l’achat, avec un concept très particulier ! Cette montre doit être entretenue tous les jours car elle possède son propre « écosystème »: de la végétation pousse autant autour de la boite que sur le bracelet. Le message que la manufacture veut transmettre est : « il faut autant s’occuper de cette montre que de la planète, sa durée de vie dépendra du soin qui lui est apporté ». Effectivement, pour que le garde temps ne perde pas de sa splendeur, il faut l’arroser deux fois par jour et également tondre la pelouse du bracelet (à l’aide d’une petite tondeuse) de temps en temps.

La montre donne l’heure et les minutes, elle permet aussi de purifier l’oxygène -précise la marque- elle recycle le CO2 et contribue à la diminution de notre empreinte carbone. Bien évidemment c’est une pointe d’humour de la marque qui rejoint le nom de l’œuvre, celle-ci ne possède pas assez de végétation pour avoir un impact sur le monde. Cependant le message est clair et compréhensible dès le premier coup d’œil : si la montre n’est pas entretenue elle perdra tout son intérêt ; le lien est vite fait avec la Terre.

La montre est composée d’une boite en acier et d’un mouvement mécanique, la végétation choisie pour pousser sur la montre est faite de mousses, de cressons et de minuscules echeverias (Plante grasse ornementale, aux fleurs de couleurs vives, d’origine mexicaine). Son cadran est fabriqué à partir de pierres et lichens des Alpes.

Ce n’est pas la première fois que la manufacture fait effet au S.I.H.H. Dans de précédentes éditions, elle avait présenté une montre en fromage pour se moquer de la modification des textes de loi sur la certification du fromage suisse, ou encore la montre Frankenstein qui reprend les éléments phares de grandes manufactures horlogères pour se jouer des tendances.

Personnellement je trouve l’idée très bonne et l’esthétique réussie, bien que la montre soit impossible à porter comme une montre ordinaire. L’héritage qu’elle transmet reste très riche. Quand un journaliste a posé la question sur la possibilité d’acheter la Moser Nature, Edouard Meylan (directeur général) a répondu : « On m’a demandé si on pouvait l’acheter mais, pour cela, il faudrait la vendre avec les services d’un jardinier. Mais on m’a aussi suggéré de l’envoyer symboliquement à Donald Trump« . Une pique qui n’est pas dénuée de sens!

T.L – DNMADe1 Ho – Avril 2021

Tsang ne fait pas bonne figure !

Parmi toutes ces fois où vous vous êtes perdus sur les réseaux sociaux, vous avez sûrement déjà croisé ce fameux vase ligoté par un dragon. On a l’impression que se vase est totalement mou. Réalisées en argile cuite et pourtant bien rigide, les oeuvres du célèbre Hongkongai Johnson TSANG se démarquent par leur qualité d’exécution, leur minutie, et l’époustouflante représentation dynamique d’une matière souple, liquide ou fragile.

 

              

            A painful pot / Dragon teapot

 

Pour Tsang, qui est né en 1960 à Hong Kong et qui y vit toujours, la sculpture est le langage par lequel il peut communiquer ses observations du monde. Ses sculptures en porcelaine traitent des relations : celles entre les humains et entre les choses qui les entourent. En fin de compte, ses oeuvres parlent d’amour, même si, à première vue, l’objet ne semble pas évoquer ce sujets. Pour Tsang, l’amour est à la base même des émotions également celles qui sont négatives, telle que la peur.

          

Lucid dream II

 

De nombreuses pièces de l’artiste sont d’élégantes représentations surréalistes de la lutte – la tension d’un bol qui se « liquéfie », ses bords éclaboussants, une personne qui retire son visage comme s’il s’agissait d’une chemise, des bébés en uniforme – des pièces qui posent des questions plutôt que d’apporter des réponses. Et pourtant, il y a de la sérénité, aussi, dans les courbes lisses d’un visage, dans la peinture délicate. Tsang accorde une attention particulière à la qualité de son travail, afin de s’assurer qu’une pièce reflète la vision qu’il avait avant de la créer.

 

     

Réalisation « big fish »

 

 

La première exposition solo australienne de Johnson Tsang, Little World, a eu lieu à la galerie Beinart en mai 2019. Cette exposition, inspirée par l’enfant intérieur qui renseigne une grande partie du travail du sculpteur, a poursuivi l’utilisation de l’expression du visage de bébé dans ses nombreuses œuvres antérieures.

         “bReAK tHE ruLeS »

 

    

 

L’artiste hongkongais Johnson Tsang, qui se fait connaître sur les réseaux sociaux, a déjà remporté de nombreux prix pour son travail, notamment le Grand Prix de la Biennale de céramique de Taïwan de 2012, un Prix spécial du concours international de la Biennale internationale de céramique de Gyeonggi en Corée de 2011, et un Prix pour l’excellence de son travail au concours Tea Ware by Hong Kong Potters de 2007, entre autres. Il a également reçu la mention du secrétaire aux affaires intérieures du gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong en 2009 pour ses réalisations exceptionnelles lors d’événements artistiques internationaux.

Emma YV – DNMADe1 JO – Avril 21

Un petit creux ? Envie d’une glace ?

 

Lors d’une journée torride, on ne décrira jamais suffisamment bien le désir brûlant pour une glace à l’eau, ainsi, que notre nostalgie assoiffée devant le glacier. Ce n’est pourtant qu’un plaisir simple, pas bien cher, et si jouissif qu’on en oublierait de quoi sont faits ces bâtons de paradis : d’eau parfumée, et dans les scénarios les plus naturels, d’eau minérale et de fruits. Mais méfiez-vous.

En 2017, trois étudiants de la National Taiwan University of Arts nous montrent que ces recettes si simples sont menacées dans leur ingrédient principal et ce, par la seule action de l’humain. Leurs glaces à l’eau polluée sous le nom de Polluted Water Popsicles qui signifie littéralement « sucettes glacées à l’eau polluée ».

Celles-ci détournent un symbole de la culture populaire pour en faire un objet de prise de conscience pour sensibiliser à la pollution aquatique. Un bâtonnet de glace suffisamment transparent révélant des mégots de cigarettes, des déchets et des particules méconnaissables, ce qui est poétique dans un sens, mais pas très enviable à la fois. Alors qu’ils sont pourtant entourés d’un packaging plutôt moderne, décorés de graphismes attirants.

Ce projet a été nominé pour le Young Ping Desing Award. Leur objectif était donc de réaliser 100 esquimaux glacés provenant de 100 lieux pollués différents classés du plus propre au plus sale. Pour leurs conservations, ils sont protégés dans une résine de polyester, après avoir été congelés pour donner cet aspect éternel et glacé. Les créations sont ensuite emballées dans un packaging digne d’une gamme de glace artisanale fournissant des informations sur l’emplacement et les différentes «saveurs» correspondants à chaque friandise toxique trouvée dans l’eau.

La création de ce lien visible entre pollution et consommation s’est avérée très efficace; depuis leur première apparition en ligne, l’histoire de ces étranges sucettes glacées est devenue virale à travers le monde.

Est-ce une sorte d’alerte artistique pour sensibiliser la population sur cette situation qui est dorénavant très grave ? Ils ont donc voulu transmettre l’importance d’une eau sans pollution, à travers un sentiment de choc dès que l’on ouvre l’emballage, ils se sont donc axés sur le changement environnemental plutôt que sur la saveur. Environ 90% des déchets solides contenus dans les sucettes glacées sont en plastique. Chaque année, environ 8 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversées dans les océans et les voies navigables – l’équivalent d’un camion par minute, selon le Forum économique mondial.

Ainsi, toutes ces ordures finissent par s’écouler dans la mer, et le problème de la pollution de l’eau n’est guère réservée à Taiwan. Les écologistes sont de plus en plus préoccupés par la quantité de plastique déversée dans nos océans et cela devrait concerner tout être humain qui veut rester en vie. Il y aura finalement plus de plastiques que de poissons dans l’océan d’ici 2050.

« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge » Winston Churchill 

Cette idée ingénieuse a pour mérite d’alerter avec originalité la gravité de la situation à Taïwan. Il y a de l’eau dans le gaz, alors secouons les mentalités ! Le projet crée alors une juxtaposition puissante entre la beauté et le gaspillage. Ces superbes esquimaux ont une apparence attrayante, mais le goût ne serait pas au rendez-vous. Avez-vous déjà essayé de lécher un mégot de cigarette ? Je suis sûr que vous n’aimeriez pas la saveur. Bien que le mercure et l’arsenic soient insipides, ils ne font certainement pas non plus partie de votre garde-manger. Alors, pourquoi maintenant devraient-ils en faire partie ? Agissez !

Je vous invite donc à découvrir quelques vidéos à propos de cette œuvre ci-dessous :

https://youtu.be/ogRohCVJzUI     https://youtu.be/vehuLwT2di8

Et vous alors, qu’en pensez-vous ? 
Faites le moi savoir en commentaire !

Merci pour votre lecture !

Cora Cesar – DNMADE1Jo – Avril 2021