Le Wakanda en déplacement dans la Vallée de Joux…

Aujourd’hui je vous propose chères lectrices et chers lecteurs une fusion de cultures, et pas des moindres. A ma gauche, l’horlogerie suisse, savoir-faire vieux de plusieurs centaines d’années, qui a forgé une réputation à ce petit pays européen. A ma droite, les comics américains, connus de tous de nos jours et véritable pilier de la culture Pop.

Cette fusion, ou prennent principalement place Audemars Piguet pour l’horlogerie et Marvel en tant que représentant des comics donne naissance à une montre, en avril 2021 : la Royal Oak Concept Black Panther tourbillon volant.

En dehors de ce nom un peu trop long je vous l’accorde, la montre est relativement explicite : elle reprend les formes du modèle phare de AP, la Royal Oak, en la personnalisant avec les codes couleurs de Black Panther, le noir et le violet. Sur le cadran on peut voir en relief, une « sculpture » du personnage principal en or blanc peint.

Il est facile de voir où veulent en venir Audemars Piguet et Marvel : collaborer pour créer une montre de luxe qui allie l’univers esthétique bien défini des personnages de comics, avec le savoir faire horloger. Les collaborations en horlogerie mélangent rarement le luxe et l’élitisme liées aux montres suisses à un univers plus populaire, plus universel. Le but ici est sans doute de toucher plus de monde et de donner une image plus jeune à la marque horlogère.

Le partenariat est pensé pour durer, et d’autres montres sont a priori en préparation, probablement avec comme inspiration d’autres personnages.

Malgré ça, le public n’a pas forcément adhéré à cette idée, mais surtout à cette montre. Le partenariat en lui-même peut être discuté, mais l’idée ne me semble pas déraisonnable. Toutefois, le résultat en a déçu plus d’un, au vu des différents retours que l’on peut trouver sur internet : la montre serait d’après eux trop explicite, presque enfantine, avec une esthétique très loin du « luxe horloger ». Qui mettrait 150 000 CHF dans une montre « produit dérivé », que l’on pourrait trouver à la sortie d’un parc à thème ?

Peut-être qu’à trop vouloir se différencier, innover et surprendre le public, AP et Marvel ont fait une pièce qui plait à une partie très faible de leurs clients habituels. Et peut-être qu’une montre qui sort de l’esthétique habituelle de Audemars Piguet peut séduire le grand public, mais pas celui fidèle à la marque depuis quelques années, et que les fans ont été déçus car ils s’attendaient à quelque chose d’autre ?

Je pense que ce qu’il faut retenir deux choses de cette collaboration :

  • Premièrement, l’horlogerie de luxe ne doit pas s’associer uniquement à des marques de voitures prestigieuses par exemple pour créer des produits, mais travailler avec une esthétique et une marque plus universelle est possible également, et que c’est peut-être même à encourager !
  • Deuxièmement, on peut penser au vu des retour que l’on a pour l’instant à propos de cette montre, qu’une inspiration dans un travail, poussée à l’extrême comme peut l’être la place que prend l’esthétique de Marvel dans cette montre peut nuire à l’âme du support : on peut penser que le modèle de AP est dénaturé.

Quoi que l’on pense de cette montre, il faut souligner l’audace dont à fait preuve AP pour avoir osé faire une pièce qui se différencie tant de ses produits habituels.

Alexis Ramel-Sartori – DNMADe1 Ho – Avril 2021

Le diamant noir

Joyaux et pierres précieuses ont traversé notre Histoire et nos frontières. Apanage des puissants, gardiens du pouvoir et de la beauté, elles sont aussi causes de guerres. Accidents, meurtres, faillites, chutes d’empires et de royaumes, l’Histoire sanglante de l’humanité est pavée de sang et de gemmes.

Certaines de ces histoires sont célèbres comme celle du Diamant Bleu de Louis XIV, du Diamant Hope ou du Sancy. Mais une de ces gemmes légendaires est entourée d’un mystère particulier. Une gemme ténébreuse, obscure et magique. Le tueur de princesses. L’œil de Brahmâ. L’Orlov Noir.

Diamant Black Orlov

 

Pendant longtemps, l’Inde fut le seul pays exportateur de diamants dont les puissants occidentaux raffolaient. Le commerce y était difficile, car les gemmes étaient exclusivement réservées au Grand Moghol, et seuls de rares élus, comme Jean-Baptiste Tavernier, parvenaient à s’en procurer. L’Orlov Noir, lui, n’a jamais été vu ou même touché par Tavernier. Son histoire mystérieuse est incertaine. Selon la légende, il aurait été volé dans un temple de Brahmâ à Pondichéry par un moine. Ce vol, sacrilège aux yeux des croyants hindous, serait la cause de tous les malheurs des futurs propriétaires de la gemme.

Portrait de Leonilla Baratinskaia, Franz Xaver Winterhalter

 

Le diamant disparait durant quelques années après son vol avant de réapparaitre monté sur un collier appartenant à la princesse russe Nadia Vyegin-Orlov qui finit par se suicider. C’est alors la princesse Leonilla Bariatinskaia qui en hérite avant de faire une chute mortelle dans un escalier quelques mois plus tard. Renommé le Black Orlov du nom de la première princesse, il est acheté dans les années 1930 par un marchand de diamants américain du nom de J.W.Paris. L’homme, cherchant à conjurer la malédiction de Brahmâ, le fait retailler : d’un poids originel de 195 ct, il est taillé en coussin de 67,5 ct. Il le vend peu après avant de se jeter du haut d’une tour de Manhattan.

Portrait de la princesse Nadezha Petrovna Orlov

La gemme passe de mains en mains durant plus de cinquante ans sans ne faire plus aucune victime déclarée. C’est en 2004 que le bijoutier J. Dennis Petimezas achète l’Orlov Noir auprès d’un collectionneur privé et seulement car, selon lui, la malédiction a été levée par la retaille de la gemme. Aujourd’hui, ce diamant d’une couleur exceptionnelle gris foncé vert de gris est serti dans un pendentif entouré de motifs de feuilles pavées de 800 diamants blancs, le tout enchâssé sur un collier en platine composé de 124 diamants.

Ainsi s’achève la légende de l’Orlov Noir qui aura laissé trois victimes de suicide derrière lui…

Trois suicides ? Rien n’est moins sûr : le suicide du marchand J.W.Paris n’a jamais été enregistré. La princesse Léonilla Bariatinskaia est morte de vieillesse à 101 ans et Nadia Vyegin-Orlov n’a sans doute jamais existé au contraire de la princesse Nadezha Petrovna Orlov (qui a donné son nom au diamant) qui est décédée à l’âge vénérable de 90 ans. Bien que sans fondement, la malédiction de l’Orlov Noir contribue à remplir de mystères et de ténèbres la légende d’un des plus beaux diamants noirs du monde.

Leonilla Bariatinskaya portant l’Orlov Noir en broche,

Justine Carrière – DNMADE 1 Bij – Avril 2021

L’art de pouvoir (presque) tout faire avec les moyens du bord

Produite par le studio Droog Design (Marijn Van der Poll, Frank Tjepkema, Peter Van der Jagt, Marti Guixé, Thomas Bernstrand et Jurgen Bey) en 2000, Do Create est une expérience guidée à destination d’un usager plus « modeste » que ce que laisse le plus souvent entendre le monde de l’art en terme d’appréciateurs.

Plusieurs types d’objets et d’accessoires sont donc accessibles derrière un label complètement vide de sens, avec la volonté de laisser son propriétaire en trouver un par sa propre expérience et son vécu, et grâce aux expérimentations qu’il pourra en faire.
Ainsi, à partir d’un panel d’objets similaires, nous nous retrouvons en bout de course avec une panoplie de réalisations toutes différentes et adaptées aux besoins de celui qui l’aura modelé à sa façon.

Nous avons par exemple Do Hit, un cube creux d’acier inoxydable fait de tôles de 1mm d’épaisseur, qu’il faudra venir frapper à l’aide d’une masse afin de modeler le métal pour obtenir au final une assise. Le client devient alors le co-concepteur de ce projet en devenant acteur de la conception de cette assise. Ce projet permet l’implication du client et lui apporte également une fierté personnelle de créer/ former son mobilier. C’est alors un objet unique édité en édition limitée.

Dans le même genre, Do Frame est un ruban adhésif d’imitation baroque permettant de donner un air luxueux à n’importe quelle photo sans effort.

Do Scratch quand à lui est une lampe recouverte d’un revêtement noir à gratter pour dévoiler la lumière, et donc créer n’importe quel motif grâce à cette dernière et avec n’importe quel accessoire permettant d’enlever la matière à la manière d’un jeu à gratter.

Do Swing, permet en toute simplicité de se balancer dans sa propre maison, et Do Break de passer ses nerfs sur un vase prévu à cet effet.

L’usager devient inter-acteur de ces objets, ce dernier servant presque d’ « outil » dans la conception finale d’une oeuvre qui ne se limite qu’à l’espace de la maison ou de l’atelier qui l’accueillera à la fin du processus de création.

Destiné à une population prolétaire, Do Create ne cache pas ses intentions avec sa campagne de publicité mettant en scène des situations du quotidien comme si elles avaient été prises en photos par un membre de la famille ou un ami proche, sans faux semblants et fioritures (un homme diablement fier d’avoir sué sang et eau pour une chaise, Tony qui gratte à la fourchette sur sa lampe ou encore une femme en peignoir sur le point de balancer un vase au visage de son compagnon).

Droog accorde une grande importance au processus de fabrication qui se veut anti-disciplinaire et en se concentrant sur les questions qui affectent la société et ses habitants.

Le « processus est la clé ».

GIRARD Joséphine, 2 DNMADe bij – Février 2021

On oublie les armes de destruction massive. Je vous présente les armes de développement inclusif !

 

Je vais partir d’un exemple en vous parlant d’Odiora, une entreprise qui donne un réel sens à l’expression « joindre l’utile à l’agréable ». Odiora est une marque qui s’est lancée le défi d’apporter des solutions à un problème qui ne nous sauterait pas aux yeux si nous ne sommes pas concernés directement : seulement 20% des personnes malentendantes en France sont appareillées.

Le handicap auditif est associé à un fort stigmate négatif : vieillesse, faiblesse, impact sur l’estime de soi, etc. Beaucoup de personnes malentendantes repoussent donc l’échéance de l’appareillage, ou préfèrent ne pas porter leurs appareils en public.

Odiora propose des bijoux d’oreilles qui créent du lien entre les personnes entendantes et malentendantes. En effet, ces bijoux mêlent des techniques de fabrication modernes au savoir-faire traditionnel de la joaillerie. Ainsi, l’appareil auditif devient un accessoire de mode au même titre qu’une paire de lunette !

 

 

Et pour marquer cette inclusivité et ce lien, Odiora a lancé l’offre Coffrets Complices, un bijou pour vous et un deuxième pour la personne de votre choix, appareillée ou pas !

 

À l’origine de cette entreprise se trouve Nathalie Birault. Cette jeune femme, née entendante, a été diagnostiquée d’une surdité sévère à ses 12 ans. Elle a vécu en première ligne la stigmatisation autour du handicap, la surdité étant un handicap dit « invisible ». Elle a vécu ses années de collège avec des prothèses auditives en plastique marron qui la différenciait de tous les autres… Cela a rendu son épanouissement impossible !

Comment être heureuse quand tous les autres vous regardent de travers à cause d’une simple aide auditive ? Nathalie a donc pris le taureau par les cornes et a décidé d’assumer sa différence : elle fit son entrée au lycée avec des appareils auditifs rose flashy, elle s’est passionnée pour les prothèses auditives et après un passage par les Beaux-Arts, la voilà aujourd’hui à la tête de cette entreprise qui promeut l’inclusivité des personnes malentendantes. Notons d’ailleurs que la fabrication des créations Odiora est réalisée dans des ateliers ESAT (Établissements ou Services d’Aide par le Travail) et entreprises adaptées, pour une fabrication 100% française et inclusive.


 

Inclusivité :

Qui intègre une personne ou un groupe en mettant fin à leur exclusion.

 


Grâce à l’initiative de personnes comme Nathalie Birault, la joaillerie est en train de devenir un outil majeur sur le chemin de l’inclusivité. L’Humain a un besoin primaire d’appartenance. Les stigmatisations autour de la couleur de peau, du genre, de l’âge, de l’orientation sexuelle, des capacités mentales et motrices de ce qu’on appelle des « minorités » – qui sont bien loin d’être des minorités en réalité, mais c’est ce qu’en fait l’homme blanc cis hétéro – porte directement atteinte à ce besoin d’appartenance. Se sentir inclus, c’est un premier pas vers le bonheur et l’épanouissement, au sein d’un groupe. Qui saurait atteindre un épanouissement personnel sans s’épanouir préalablement au sein d’un groupe ? Voilà une question fortement liée au taux d’accroissement du nombre de dépressions diagnostiquées depuis le premier confinement…

         Je vous propose ci-dessous quelques designers ayant fait du bijou une « ARME DE DÉVELOPPEMENT INCLUSIF » :

 

Via Sibi est une marque de joaillerie française novatrice et astucieuse. Particulièrement intéressée par les problématiques liées au handicap, Via Sibi s’emploie à trouver des solutions et créer des bijoux aussi jolis qu’utiles. Voici quelques exemples de bagues proposées par la marque, qui peuvent remplacer des orthèses classiques en plastique, approuvées par du personnel médical qualifié.

A.W.A.R.E Causes propose des bijoux émaillés dont les couleurs se portent comme un étendard. Atteint par exemple d’anorexie, on peut porter un bijou couleur pervenche ; on peut aussi le porter simplement en soutien aux personnes atteintes de troubles alimentaires. Le principe est simple et peut-être semble-t-il trop insignifiant mais cette marque, par le biais de ses bijoux, tisse un lien entre des personnes qui peuvent ressentir une grande solitude face à la maladie ! Voilà une petite attention qui peut faire le bonheur de certains.

Voilà, j’espère que cet article vous aura plu et informé.

PAL Marie-Caroline – DNMADE2BIJ – Février 2021

Vous avez dit « pilule du bonheur » ?

Tout d’abord laisser-moi vous présenter cette Happy pills hors norme et son effet placebo.

Apparu à la fin des années 1980, les antidépresseurs ou « pilules du bonheur » ont su attirer bon nombre de personnes.

Prometteuse d’une vie facile et délicieuse sans prise de tête, elle fera pendant longtemps office d’objet de consolation pour les plus démunis psychologiquement (à ne pas confondre avec le Viagra).

Créé au départ pour des personnes atteintes de dépression, l’antidépresseur est rapidement tombé dans le monde des drogues, ce qui lui vaudra le nom de pilule du bonheur. Un coup de blues et hop !   Il vous suffit simplement de l’avaler pour en ressentir les effets.

Il est d’autant plus facile de s’en procurer puisqu’à ce jour il n’y a même plus besoin d’une ordonnance médicale pour s’en dénicher. Internet s’en charge pour vous !

Guéri l’esprit, détoxique votre mental et vous procure un sentiment d’allégresse, avec cette pilule magique à vous le bonheur immédiat, il suffit juste de la porter.

Et oui vous ne rêvez pas !   Vous vous doutiez bien que je n’allais pas vous inciter à la consommation de stupéfiant, bien qu’une petite pilule en ces temps qui court ne nous ferait pas de mal… Ça ne vous branche pas de voir des lapins fluos partout ?

Non, plus sérieusement. Fini le prozac, je vous propose aujourd’hui le bijou pilule. La pilule du bonheur est connue pour ces effets de « bien-être » lors d’une phase dépressive.  Comment résister ? Une pilule magique capable de vous rendre heureux, que demander de mieux ?

Si vous cherchiez de nouvelle sensation c’est bien ici que cela se passe même si je ne vous propose pas des heures exaltantes et euphoriques. Je vous propose plutôt un bijou amusant qui reprend les codes de la pilule du bonheur mais sous forme de bijou et beaucoup moins nocif pour votre santé.                                                                                     On est bien d’accord ces pilules-là ne se consomment pas !

Elles embelliront certes vos looks et peut être même votre vie, mais ne vous apporteront rien si vous cherchez à voir la vie en rose.

Les pilules du luxe (si je puis les nommer ainsi) sont l’œuvre de Damien Hirst, cet artiste a puisé son inspiration à travers ce monde médicamenteux capable éphémèrement de nous redonner goût à la vie.

Damien Hirst 

Dans ses bijoux on retrouve aussi cette idée de surconsommation accidentelle qui peut nous être fatal suite à une ingestion d’une trop forte dose de médicaments.                  Alors au lieu de mourir d’une surconsommation de bonheur toxique, Hisrt nous propose une collection de bijoux en or 18 carat serti de rubis et de diamant.   Une dose d’humour suivis d’un soupçon de joaillerie et de quelques grammes de bonheur.  Juste ce qu’il faut pour réaliser le mélange parfait pour une pilule du bonheur qui ne vous infligera aucun malheur.

Et vous, c’est quoi votre pilule du bonheur ?

Justine Lehning DNMADE2 BIJ – Février 2021

Un architecte en carton

Il était un petit homme pirouette cacahuète… il a créé une drôle de maison…

sa maison est en carton

Qui est ce petit homme ? Shigeru Ban, un architecte japonais.

Paper log house, Shigeru Ban, 1995

Ça ressemble à une blague de mauvais goût. Va-t-on vraiment loger des réfugiés dans des cabanes en carton?

Ça a le mérite d’être facilement transportable, pas cher et puis, c’est joli le marron.

Si ces abris ont été créés, c’est à cause de tremblements de terre qui ont détruit des habitations. Ce serait dommage que ces  »nouvelles » maisons temporaires le soient plus que prévu, elles pourraient s’effondrer avec la pluie ou s’envoler comme celle des trois petits cochons. 

Et le confort ? Ces maisonnettes n’ont pas l’air très isolées!

Pas de panique! Notre architecte est un spécialiste des constructions efficaces pour les états d’urgence. Chaque abri offre un lieu de vie de 16m2. Les tubes de carton qui constituent les murs sont imperméabilisés par du polyuréthane transparent et bourrés de papier journal pour une isolation thermique (oui, le papier et le carton sont de bons isolants). Le toit imperméable est en toile de bâche. Le sol en contre-plaqué repose sur des caisses de bière lestées de sable, elle ne risque donc pas de s’envoler.

Les réalisations de l’architecte sont résistantes, par exemple, la cathédrale de nouvelles Zélande est prévue pour résister 50 ans. Alors, pour des abris provisoires, ces matériaux sont parfaits : recyclés et recyclables, facilement trouvable et transportables, à moindre coût que les victimes de catastrophe pourraient monter rapidement elles mêmes.

Ces constructions sont tout de même des habitations temporaires, montées dans des situations d’urgence. On peut espérer mieux comme lieu de vie. Mais ils ont permis à plusieurs familles commençant en 1995 à Kobe (Japon) puis en 2001en Inde après de violents séismes. Shigeru Ban collabore avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés élaborant des abris d’urgence pour les victimes du génocide Rwandais.


On voit que les matériaux communs destinés à l’emballage et au transport pour être jetés peuvent devenir matière première plus intéressantes qu’on ne le pense. Impressionnant non? On peut tout faire avec du carton aujourd’hui. Même des vélos.

 

 

 

Vélo en Carton, Phil Bridge

Peut-être que prochainement, les maisons en carton ne seront plus que des abris provisoires mais des villas de rêve. Et peut-être qu’on ne se cassera pas le bout du nez en montant sur des escaliers en papier.

Elisa Maillot – DNMADe 2 Jo – Décembre 2020

Une pincée de magie et une autre de talent dans une marmite d’émotions

Je me suis encore perdue sur Instagram et j’ai découvert cette marque américaine qui crée des bijoux très poétiques et touchants. Chaque pièce raconte une histoire différente. Et bien sûr il y a des chiens, beaucoup de chiens, ce qui m’a fait accrocher encore plus à leur concept :

Alors, de quoi s’agit-il ?

Sidhe Designs Jewelry est une marque de bijouterie tenue par un couple installé dans le Colorado, amoureux de la nature et de l’art. Ce sentiment transparaît dans chacune de leurs créations. Et qu’est-ce que signifie « Sidhe » d’ailleurs ? Pourquoi avoir fait ce choix de bijoux-scènettes, emplis d’émotions ?

« Sidhe » est un mot gaélique prononcé « shee », désignant un peuple d’êtres surnaturels issu de la mythologie celtique. Vivants dans les collines et anciens tumulus, les sidhes sont connus pour leurs pouvoirs protecteurs et guérisseurs ainsi que pour leur enseignement de techniques ancestrales telles que le travail de la forge, de l’orfèvrerie et de la bijouterie.

Faeries, come take me out of this dull world,
For I would ride with you upon the wind,
Run on the top of the dishevelled tide,
And dance upon the mountains like a flame
.”
― W.B. Yeats, The Land of Heart’s Desire

Dan et Michelle, créateurs de Sidhe Designs Jewelry, ont développé des liens forts avec les arts du métal et la nature au cours de leurs études et de leurs expériences personnelles. Selon eux, un bijou, c’est une expérience humaine en soi. Bijoux symboliques, ils sont parfois le fruit du courant de leur imagination et d’autres fois le fruit d’une réflexion poussée visant à satisfaire les désirs du client, le but étant toujours d’offrir un peu de magie et beaucoup de bonheur à travers ces créations poétiques.

De plus, le procédé de fabrication en lui-même est super sympa :

Premièrement, une maquette en papier est réalisée afin d’échanger avec le client. Une fois la maquette validée, place au métal précieux ! Chaque élément de la scénette est découpé, placé sur un plan (arrière-plan, second plan, premier plan), soudé, et enfin vient le traitement de surface approprié (brossage, noircissement, polissage, martelage…).

Ci-dessous, mes deux créations préférées parmi leurs publications sur Instagram.

 Sidhe Designs Jewelry – Colorado.

Un article de Marie-Caroline PAL (pas difficile à deviner pour ceux qui me connaissent), DNMADE 2 Bij. Décembre 2020.

Quand l’aviation rencontre l’horlogerie

L’Horlogerie à toujours un domaine ou l’esthétisme et les innovations techniques, inspirait les autres métiers mécaniques et inversement. Pour la pièce que je vous présente aujourd’hui, pas de doutes c’est bien d’un avion que cette montre s’inspire.

La MB&F HM4 Kittyhawk

La manufacture à l’origine de cette création mécanique est MB&F:

Pour la petite histoire cela signifie Maximilian Büsser & Friends et le parcours de ce cher Max est tout aussi atypique:

Maximillian Busser

Apres 7 années chez JLC et un sauvetage d’entreprise chez Harry Winston, cela faisait déjà une carrière bien remplie, mais la réalité de l’industrie à poussé Maximilian Busser à créer son entreprise en 2005, une entreprise ou il serait libre de créer ses montre en toute liberté avec ses valeurs : faire des ces pièces des œuvres d’arts « kinétiques » tridimensionnelles dont la fonction première serait de faire rêver: ainsi naquit le laboratoire MB&F.

La HM4 Kittyhawk est l’un des prototypes de la HM4 présenté en 2010, qui à l’occasion du dixième anniversaire du modèle, est sorti des tiroirs afin de devenir une pièce unique disponible à la vente.

Curtiss P-40E Warhawk

La montre se différencie des autres HM4 par une peinture de tête de requin peinte à la main à l’image du Curtis P40 Kittyhawk ayant opéré dans les cieux durant la seconde guerre mondiale.

 

 

Sur le plan technique tout est identique, c’est bien le calibre maison composé de plus de 300 pièces, qui grâce à ses deux barillets assure une réserve de marche de plus de 72 heures. Le boitier reprend une esthétique de deux turbines, profilées comme des balles, aérodynamique à souhait. Il est en  titane et est coupé en deux par cette magnifique pièce de cristal laissant apparaitre délicatement la finesse du mécanisme.

 

Un article de Joseph RAVEY, DNMADE 2 HO – Décembre 2020

Et si nos plantes se transformaient en jouets interactifs !?

            En cette période de fête et d’émerveillement ; je vous invite à pousser encore un peu plus loin les portes de la magie pour aller à la rencontre d’une merveille de la technologie ! Une rencontre avec un objet qui semblerait presque irréelle, mais qui pourtant se glissera peut-être dans votre maison voire même sous votre sapin d’ici quelques années.

Aujourd’hui, je vous présente donc  le projet Botanicus Interacticus. Alors non, ce n’est sûrement pas une formule de sorcellerie… Mais bien un projet qui sort tout droit d’un laboratoire de recherche mené par le Dr.  Yvan Poupyrev de Disney Research en collaboration avec le studio Berlinois NAND. Un projet qui a déjà fait ses preuves en frappant fort avec son orchidée musicale lors de la conférence SIGGRAPH en 2012 où de nombreux professionnels et experts de recherches de programmations graphiques se rencontrent pour créer les produits de demain.

Ce projet repose sur un système composé d’une seule électrode placée dans le sol (ici dans le pot de fleur) qui permet à une plante ordinaire de se transformer en un véritable objet d’interaction et de communication. Génial non !?

Vous allez sans doute vous dire, c’est facile, tout le monde peut le faire, mais le projet a tout de même nécessité plusieurs années de recherches pour enfin être exposé au grand public, donc pas si simple en fin de compte !

Pour vous la faire courte et éviter les longues explications scientifiques ; les ingénieux chercheurs ont développé un nouveau capteur tactile qui vient créer un champ électromagnétique autour d’un objet pour en mesurer les perturbations que subit celui-ci…

 

Pour illustrer mes propos, je vous propose quelques photos qui montrent comment le capteur peut exprimer visuellement via un écran ; le contact tactile entre un visiteur et une orchidée. Les formes et les couleurs entourant la plante sont déclenchées et transformées par les gestes et la proximité (glissés, tapotements, pincements…) entre le visiteur et l’orchidée dans une installation interactive visuelle et spatiale en forme d’Aurore. 

Ainsi, on peut reconnaître l’endroit où le visiteur touche la plante et retranscrire tous les contacts envisageables qu’il y a eus précédemment sous forme de sons ou d’ondes graphiques grâce à des logiciels informatiques.

 De la même manière que vous utilisez votre télécommande ici, il s’agit de toucher un endroit spécifique de la plante pour que celle-ci récrée un son ou une nouvelle image via les données retranscrites par l’électrode. Bref, une plante qui s’exprime et qui nous parle, chouette expérience non !?

Ce projet est vraiment intéressant, car il fait de la technologie un progrès révolutionnairement sensible qui nous permet de nous rapprocher, et même d’établir un contact avec la nature et tout cela sans la détruire !
Une technologie interactive et bien pensée, qui fera rêver les plus petits comme les plus grands tout en sensibilisant un peu plus notre génération aux bien-être de ces plantes qui sont de plus en plus nombreuses dans nos foyers.
Des plantes qui ne seront plus seulement des objets de décoration d’intérieur, mais bien des objets interactifs et fonctionnels (comme des interrupteurs pour allumer ou éteindre nos pièces, des télécommandes, ou encore des accessoires de divertissements sonores…)                                                                                                   A vous d’imaginer ce que vous lui donneriez comme rôle !

Voici un lien pour plus de visuels : (74) Disney Research Botanicus Interacticus hands-on | Engadget – YouTube

GUILLERMIN Juliette – DNMADe2 Jo – Décembre 2020

Rougissant seras tu devant l’éclatant Rubis sanglant

Contexte sanitaire oblige, plus besoin d’avions pour partir en exploration à l’autre bout du monde alors profitons des riches expositions de la Capitale. Elles fascinent et dominent notre domaine de la joaillerie, les « Pierres précieuses » sont mises à l’honneur à la grande galerie de l’évolution à Paris. C’est alors que nous descendons pour la visite dans les profondeurs de la terre, au niveau inférieur du musée, là où entrent en collision les plaques tectoniques qui génèrent les immenses chaînes de montagnes, en dessous : des squelettes, des mammifères et des dinosaures du Rez de chaussée. Première découverte, dans une salle sombre et ronde, l’éclatant clip de la fleur de Fuchsia Van Cleef illuminée de rubis somptueux en serti mystérieux et d’une cascade de diamants.   


Celle-ci est accompagnée d’un rubis brut encré dans le marbre qui nous révèle une beauté au naturel qui nous ensorcelle. Et l’histoire de ces rubis se déroule dans nos oreilles où l’on nous raconte les origines de ces pierres de « collision », issues de roches métamorphiques, les différents gisements… Puis des noms tels que « Mogok », « sang de pigeon » me font sourire et retiennent mon attention. En effet ces précieux rubis me fascinent et nourrissent mes folles envies d’aventure et de conquête de connaissance, précisément depuis mars 2020, lorsque j’ai écouté l’épisode #27 « Le Mystère de la Vallée des rubis » du podcast

« Les Baladeurs ».  

Reprenons géographiquement : La localité de Mogok est située au cœur d’une vallée cachée dans les montagnes brumeuses du nord de la Birmanie et c’est de ces terres secrètes que sont issus les rubis les plus rouges, les plus rares et les envoûtants du monde. Et c’est en suivant attentivement la voix de Hugo Nazarenko, reporter français bercé par les récits d’aventure deJoseph Kessel  que je découvre ce monde Atlantide. Il retourne en 2018 en Birmanie avec une seule idée en tête, suivre les traces de Kessel et c’est depuis le toit de son hôtel qu’il lit le roman « La vallée des Rubis » avec, en vue, la jungle dense et sa vallée dissimulée, là où quelque part sont cachés ces trésors.


Sa détermination pour découvrir la vallée est sans frein et c’est en arpentant Rangoun et le marché de Ningalabar qu’il soutire des contacts auprès des habitants. Tous lui parlent d’une femme, une grande marchande de pierres qui est originaire de la vallée et qui sait comment s’y rendre, on l’appelle « The Queen of Rubis ». Puis c’est lorsqu’il la trouve, cette femme charismatique au doigt orné d’un énorme rubis qu’il retrouve son âme d’enfant rêvant lorsqu’elle lui raconte son enfance et la première fois qu’elle a trouvé un rubis dans une plaque d’égout.  Elle le fait passer derrière le comptoir et lui sort une boite avec d’énormes pierres, des Rubis « Sang de pigeon » éclatant d’un rouge franc teinté d’une pointe de bleu. Kessel décrit leur histoire :

 » La légende assure qu’aux temps immémoriaux un aigle géant, survolant le monde, trouva dans les environs de Mogok une pierre énorme, qu’il prit d’abord pour un quartier de chair vive tant elle avait la couleur du sang le plus généreux, le plus pur. C’était une sorte de soleil empourpré. L’aigle emporta le premier rubis de l’univers sur la cime la plus aiguë de la vallée. 

Ainsi naquit Mogok …  »

 

Les yeux écarquillés, je les imagine et les associe à la vitrine de l’exposition mais il manque cette immersion totale, l’imaginaire ne fait pas tout; et mon âme solitaire fervente d’exotisme, de rencontres et de trésors alimente mon projet d’y aller un jour à mon tour. 

Et comme  Kessel l’a dit: « Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues… »

En 1955 à l’époque où Kessel entreprend son voyage, la destination est en dehors des clous, Mogok est nom de légende connu seulement des téméraires, la vallée est prodigieuse et ses entrailles ruissellent de pierres… Ce mythe, ce mystère, dans des terres perdues aux conditions de vie plus que primitives sont sillonnées par les plus dangereux dacoïts, bandits sans foi ni loi, et infestées de rebelles…

Dorénavant, la Région abrite près de 3 quarts des rubis de la planète et fait vivre plus de 100 000 personnes. Lorsque c’est à Hugo de la découvrir, la vallée est jalousement contrôlée par la junte militaire au pouvoir, elle fait face à  un phénomène qui pourrait changer son destin ; les pierres se raréfient. 

Ces 2 histoires sont pour moi un appel qui résonne entre les montagnes de la vallée qui m’interpelle et réveille mes élans de liberté. Je ressens comme Kessel et  Hugo le besoin d’aller à la rencontre de cette culture, d’échanger avec ces birmans plein d’honneur et d’humilité; de voir, d’apprendre l’origine et ces trésors de pierres, de ces mythes; d’arpenter ces dédales de collines sauvages et exotiques pleines de couleurs, de richesses et de vie.

Car, « Voyager, c’est partir à la découverte de l’autre. Et le premier inconnu à découvrir, c’est vous. » -Victor Hugo

Laurie C. – DNMADe2 Jo – oct 2020

 

Un instrument de musique très particulier

Je vais vous présenter un groupe de musique suédois, Wintergatan (qui signifie « la voie lactée ») dont l’instrument musical est unique en son genre, original et plutôt sophistiqué.

Le genre musical de ce groupe est le folktronica, qui incorpore des éléments de musique folk et électronique grâce à un mélange d’instruments acoustiques et de sons électroniques générés par ordinateur.

Voici un extrait de leur premier album Sommarfågel.

En 2014, Martin MOLIN, qui joue de nombreux instruments de musique, se penche sur la conception d’une boite à musique réunissant plusieurs sons grâce à un système de billes dans un circuit, très complexe, et actionné par une simple manivelle, et en 2016 naît la Marble Machine X.

Après le succès de la présentation de cette dernière, il a en projet de faire une tournée musicale mondiale avec sa machine et son groupe. Cette machine parait un peu farfelue mais est le résultat d’un travail acharné ingénieux qui a nécessité plusieurs années  de recherche, d’essais, de prises et de reprises. Pour faire cette vidéo, il a fallu de nombreuses prises et différents montages pour obtenir un son correct, sans ratés. (Les billes tombaient mal, les instruments mal placés, des courroies qui se détendaient trop vite…)

Il a du reprendre son projet à zéro, pour optimiser et trouver des solutions à sa machine, il ira au Museum Speelklok, qui est un musée de musique mécanique possédant une collection d’instruments atypiques dont la plupart fonctionne encore (boites à musiques, horloges musicales, orgues de barbarie…).

Il remodélise et reprend le design en CAO pour pouvoir l’usiner.  Entre 2016 et 2018, il ne se consacre qu’à ce projet et publie régulièrement l’avancée de son travail.

C’est en 2019 qu’il montre enfin sa machine quasiment terminée. La Marble Machine X 105.

Cet instrument a inspiré d’autres passionnés d’invention et de musique. On tombe sur un instrument créé à partir de recyclage de vieux disques durs. On peut trouver un instrument fabriqué à partir des tours Tesla (électricité). Voici quelques vidéos qui m’ont vraiment étonné !

A l’époque où on achète tout ce qu’on veut en une seconde et un clic, je suis fasciné par ceux qui cherchent encore à innover, inventer, transformer des objets d’une utilité à une autre, juste par passion et pour le plaisir. Le beau est propre à chacun, à vous de décider si cela vous plait autant qu’à moi.

Pierre Barillot – DNMADe2 Ho – Oct 2020

Entre l’Orient et l’Occident

Hatou, une montre, une nouveauté 2020, une pièce unique, une œuvre d’art !

Son créateur n’est autre que Kari Voutilainen. Un horloger finlandais résidant à Môtiers (chez les Suisses). Il a démarré son entreprise horlogère indépendante en 2002, construisant un nombre limité de chronomètres faits main. Cet horloger est le digne héritier d’Abraham-Louis Breguet, l’un des plus grands maitres horlogers de l’histoire. Ces gardes temps ont un design très moderne, mais s’inscrivent parfaitement dans le style de Breguet, vieux de 250 ans !

 

 

 

 

 

À gauche Abraham Louis Breguet (1747-1823) ; à droite Kari Voutilainen (1962) ; Une ressemblance assez troublante vous ne trouvez pas ?

Pourquoi je vous présente Hatou ? Regardez bien son cadran, c’est un vrai chef-d’œuvre. Il est soigneusement assemblé à la main par l’un des plus grands studios de laque du Japon, le studio Kitamura, qui pratique la technique de laquage japonais Saiei Makie et utilise différents éléments comme le Yakou-gai (coquille de grand turban vert), le Kinpun (poussière d’or), le Jyunkin-itakane (feuille d’or), des feuilles de platines et de la laque noire. Les formes de ce cadran décrivent des vagues, des ondulations et des flots houleux, d’où le nom de Hatou signifiant littéralement « flots », une notion cachée derrière le thème de « la vie ».

Cette tradition illustre la passion de préserver l’âme, l’esprit et l’identité de la culture japonaise traditionnelle exprimée à l’époque Edo, le tous mélangé aux les créations suisses de haute horlogerie de Kari Voutilainen, ces deux mondes s’harmonisent pour devenir l’une des plus belles œuvres d’art mécaniques et visuelles qui unit l’Orient et l’Occident.

Kari Voutilainen n’en est pas à sa première collaboration avec le studio Kitamura, (de gauche à droite ci-dessous) la montre 28 Oukamon, la Yozakura et la Hisui sont elles aussi le fruit de leurs pensées. Le grand thème abordé est toujours le même, la vie, à travers des vagues et des motifs floraux. Mais à mes yeux la plus aboutie reste le modèle Hatou.

Voutilainen a remis au goût du jour et a su éveiller la curiosité du monde Occidental grâce à ces œuvres d’arts d’une beauté exceptionnelle, mélangeant l’Orient et l’Occident. Elles inspireront très certainement les maisons de joaillerie et les grands couturiers.

Vidéo de présentation :

https://www.facebook.com/voutilainen.jp/videos/2100967703369571/

Détails de la montre : Mouvement indiquant les heures et les minutes ; 18000 alt/h ; 21 jewels ; Aiguilles en Or jaune et acier fabriqués à la main ; Cadran créée par l’atelier de laque japonaise Kitamura ; Boîte Titane : 44 mm x 11,7 mm ; Taille du mouvement : 32 mm x 5,60 mm ; Limité à 1 exemple unique

Thomas Maréchal DNMADe1 ho 2020-2021

Duca Lorenz ou l’art du sucre

Quand on ouvre les portes de sa cuisine, on pense tomber sur un lieu où la gastronomie rêgne en maitre… mais pas dans une bijouterie. Et pourtant ce chef cuisinier a retourné son tablier pour faire du sucre un métier d’art.

 

Façonné comme du verre, Travaillé comme du métal, le sucre resplendit de mille feux entre ses mains d’alchimiste.

Un travail novateur où sa curiosité l’a emmené jusqu’à des présentations joaillères. Car si certaines de ses œuvres sont destinées à être dégustées d’autres pourront être portées régulièrement, en fonction de la technique utilisée. Son secret ? Il vous faudra gravir des montagnes d’ingéniosité, traverser des courants d’expérimentations ratées. Un chemin semé d’embuche que seul un alchimiste de l’êxtreme, curieux des matières a su franchir. Un mélange de talent, de volonté et de travail.

Peut-être trouverez-vous la recette secrète de la joaillerie sucrée. Mais trouverez vous celle de la maroquinerie de sucre, son nouveau terrain de jeu ? Duca Lorenz n’a pas dis son dernier mot. Il fabrique désormais des sacs en cuir de sucre, pouvant être portés quotidiennement. Ces objets de luxe brisent l’image que nous avons d’un sucre collant, qui fond à la chaleur et se dissout au contact de l’eau. Ils semblent tout droit sortis de l’irréel.

L’objectif de ses œuvres, en dehors de la prouesse technique, c’est de faire de votre rencontre avec ses créations un moment unique et inoubliable, de vous offrir des émotions sur un plateau d’argent.

Trouvera t-il d’autres mystères bien gardés de cette matière ? Laissons-le tranquillement gravir une autre montagne de savoir, et allez découvrir son site en attendant sa nouvelle découverte:     http://www.ducalorenz.com/

Alicia C. – DNMADe Jo 2 – Oct 2020

Quand l’armurerie rencontre l’horlogerie

Dans le domaine du luxe, les collaborations entre deux maisons donnent souvent naissance à des produits remarquables, de par leur prestige et leur exclusivité.

Je vous présente dans cet article le chronomètre FP. JOURNE  HOLLAND & HOLLAND

Ce garde temps est le résultat d’un travail commun entre deux manufactures de luxe :

 FP Journe est une manufacture Genévoise lancée par l’horloger Français éponyme à l’aube des années 2000. Le fer de lance de la maison est sans aucun doute la résonance, qui consiste à imbriquer deux mouvements horlogers en un seul afin de compenser les écarts de marche, fort de nombreuses années de recherches et de nombreux prototypes, FP Journe a réussi le pari de fiabiliser ce concept afin de le proposer dans des montres de (petites) séries.

Holland&Holland est un armurier britannique implanté à Londres depuis 1835. La maison s’est vite imposée dans le domaine de l’armurerie de luxe en déposant de nombreux brevets, en étant fournisseuse officielle de la couronne anglaise et en multipliant les collaborations avec d’autres marques de luxe tel que Jaguar ou encore FP Journe dont on va parler ci dessous.

Le chronomètre FP. JOURNE  HOLLAND & HOLLAND dans sa forme est plutôt classique, une montre affichant les heures et les minutes par le biais de 2 aiguilles, un boitier en acier inox de 39 mm, le tout mu par le calibre F.P. Journe 1304 à remontage manuel. Bref des montres avec ces caractéristiques, la maison en produit depuis des années, et c’est même l’entrée de gamme de la manufacture, alors qui y a t’il pour justifier un prix de 46 000 francs contre 25 000 en temps normal?

Tout réside dans le cadran : la particularité de ces montres produites à 66 exemplaires est la matière utilisée pour la fabrications de celles-ci. Vous cherchez une matière exclusive ? Coûteuse? Prenez de l’or ou du platine, néanmoins dans les quantités nécessaires pour 66 cadrans, se procurer ces matières serait une banalité pour une maison de luxe.

La solution retenue pour garantir la désirabilité est d’utiliser une matière que l’on ne peut pas acheter : le Temps

Je m’explique, les cadrans sont usinés dans deux canons fournis par H&H, des canons centenaires fabriqués en 1868 et 1882. A titre de comparaison un bon vin aura besoin de maturation. C’est un processus que l’on ne peut acheter, seul le passage des années peut effectuer cette transformation du liquide, et cela contribue à l’exclusivité car l’argent n’aura aucune valeur dans ce processus . C’est dans le même esprit que sont façonnés les chronomètres H&H

Ces deux canons on été réalisés selon la technique de l’acier damassé. C’est une sorte de mille-feuilles d’acier : durant la forge de la matière, des barres d’aciers de différentes compositions sont superposées, fusionnées entres elles en étant aplaties. L’opération peut être répété à « l’infini ». Le motif ressortira sous formes de « zébrures » dues aux aciers de différentes couleurs et aux torsions appliquées. Cette technique est très courante dans la coutellerie et l’armurerie du moins dans le positionnement haut de gamme.

Les cadrans ont été ensuite transformés chez les Cadraniers de Genève, entreprise reconnue dans la fabrication de cadrans, puis installés dans les montres lors du montage final. En résulte 66 pièces uniques, porteuses d’un savoir-faire et d’une matière aussi vieille que désirée.

Un article de Joseph RAVEY, DNMADE 2 HO – 2020-21

Manger du regard

Nous connaissons tous une saveur gourmande qui nous a transporté durant notre enfance.

Mais si ! Vous le savez, ce petit gout sucré au moment du goûter, ce petit goût parfois amer quand il est un peu trop foncé ou encore ce petit gout lacté qui fond entre nos doigts…

Je vais donc vous parler de ce câlin sucré qui n’est autre que le chocolat.

En boisson, en tablettes, en confiseries, en barre, en poudre, ou encore en pâtes à tartiner le chocolat a su se diversifier à travers les années pour devenir aujourd’hui l’un des aliments préférés des français.

Provenant à la base d’un fruit appelé la cabosse, et qui pousse dans un arbre baptisé le cacaoyer, le chocolat est tout d’abord une petite fève blanche que l’on fait sécher puis torréfier pour ensuite la broyer et en faire une pâte ou une poudre qui donnera par la suite le chocolat.

Maintenant que vous avez l’eau à la bouche, laissez moi vous présenter une personne qui grâce à son talent remarquable et à son goût pour les belles choses a su marier parfaitement l’art et le goût.

Il s’agit de l’artiste chocolatier Patrick Roger.

Aussi reconnu qu’atypique ce sculpteur de chocolat a tout d’abord été sacré meilleur ouvrier de France en 2000.

En 2016 il a choisi de défendre une cause qui concerne les primates et leur extinction alarmante sur notre planète.

Il a d’ailleurs fait une exposition appelée « primate » qui représente d’énormes sculptures de chocolat en taille réelle de singes ( orang-outan, gorille et bien d’autres encore.)

Surnommé le « Rodin » du chocolat, Patrick Roger impose son audace et son originalité à travers une multitude de sculptures claires et obscures.

Cet orfèvre du chocolat joue avec les couleurs et les textures et présente ses œuvres telles des élégants colliers de perles dans une vitrine de joaillerie.

Suscitant le regard des passants, ces gigantesques primates plus vrais que nature subliment les vitrines de sa boutique parisienne comme des joyaux d’exception.

C’est une exposition à manger du regard, idéale pour les gourmands et amoureux du chocolat et de l’art réaliste.

Serez-vous donc capable de résister à ce profond désir de croquer à pleines dents dans ces créations aussi jolies que délicieuses ?

Si oui, je vous invite donc à aller découvrir la boutique gourmande et envoutante de Monsieur Roger au 3 place de la madeleine à Paris.

Justine Lehning 2DNMADE Jo – Oct 2020