La carcasse comme Muse ?

La peinture de carcasse animalière est apparue avec la peinture flamande et la peinture hollandaise du XVIIème. A cette époque, elle fait l’éloge de l’abondance et de la richesse car qui pouvait contempler de la viande avait de grands moyens.

Aujourd’hui, c’est à se demander comment se rendre compte de la rareté et de l’impact d’un produit quand une galette de légumes a le même prix qu’une escalope de viande. Mais je m’égare, là n’est pas le sujet de cet article.

Revenons-en à la peinture de carcasse. Aussi morbide soit-elle, elle a ce lyrisme transcendant qui répugne mais séduit par sa véracité.

 "Au fond, personne ne croit à sa propre mort, 

et dans son inconscient, chacun est persuadé de son immortalité." (FREUD)

Rembrandt se servira de la peinture de carcasse comme memento mori . Il peindra Le bœuf écorché et viendra rompre avec la peinture traditionnelle hollandaise en choisissant une représentation plus dramatique et abstraite de la carcasse. Il ne sera plus question de montrer l’opulence mais bien de signifier à l’Homme sa mortalité .Il s’oppose ainsi à la classique nature morte ,douce et insinuée, en choisissant de représenter la putridité dans son aspect le plus évocateur.

Bœuf écorché de Rembrandt daté de 1655

Malgré tout, cette œuvre reste poétique par la présence d’une femme en arrière plan qui semble être actrice mais aussi spectatrice de la scène. Ce jeu de disposition dans l’œuvre donne l’impression que la carcasse, mise en lumière, est en réalité un tableau viscéral exposé qu’il faudrait  admirer pour sa beauté. L’obscure arrière boutique devient théâtre de la crucifixion du bœuf. 

Un spectacle tout de même dérangeant non? Vous n’avez encore rien vu. Pour les âmes sensibles, choquées par cette œuvre, je vous conseille de faire demi-tour et de renoncer à lire la suite car les limites de l’art n’étaient pas encore frôlées. Préparez-vous !

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The Poison Squad ou La brigade des empoisonnés volontaires …

          Ces derniers jours, nos médias nous alertaient sur les nombreux scandales alimentaires liés aux industriels du secteur qui ne respectent pas si bien les normes d’hygiène établies pour la sécurité des consommateurs, mais ces scandales sont-ils le reflet de notre époque ou ont-ils toujours existé ?…

          C’est alors que je me suis rappelé le visionnage d’un très bon documentaire Arte il y a quelques années sur une mystérieuse brigade menée par Harvey Willey, chimiste américain (1844-1930). Nous sommes alors à la fin du XIXème siècle, certains pays comme la France, l’Allemagne ou la Grande Bretagne possèdent déjà quelques législations alimentaires permettant de contrôler l’origine et la qualité d’un produit industrialisé. Harvey se trouve justement en France et celui-ci est frappé par le contrôle exercé, il est vrai qu’aux États-Unis l’état ne s’intéresse pas aux pratiques des industriels, par désintérêt mais aussi par intérêt et pourtant la vérité n’est pas si flatteuse …

Harvey Washington Wiley 

        De retour dans son pays, Harvey n’a plus qu’une obsession, découvrir cette vérité. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne sera pas déçu, et bien qu’il fasse découverte sur découverte l’état américain rejette ces demandes et craint le scandale. C’est alors qu’Harvey émet l’idée brillante d’associer les journalistes du Washington Post à son combat, avec eux pas moyen que les américains continuent de manger en ignorant ce qu’ils ont dans l’assiette.

        1902, Harvey Wiley passe une annonce bien particulière dans les journaux, il cherche 12 volontaires pour expérimentations alimentaires en échange de repas gratuit (après la guerre de Sécession bon nombre d’américains n’ont plus les moyens de s’alimenter il y aura plusieurs centaines de candidats). Les 12 volontaires sont vite trouvés, le chimiste les choisit de bonne condition physique, robuste et jeune pour ne pas influencer les résultats. Le groupe est divisé en deux, ceux qui recevront de la nourriture empoisonnée et ceux qui recevront une nourriture saine, aucun des hommes ne sachant dans quel groupe il se trouve. Les résultats apparaissent très vite : douleurs digestives, nausées, troubles neurologiques,…

        Journalistes et lecteurs se passionnent pour le Poison Squad et bientôt l’opinion publique manifeste pour que des mesures soient prises. Ils seront rejoints par les groupes hygiénistes féminins et les femmes activistes comme sa femme, Anne Kelton Wiley (1877-1964) qui distribueront prospectus, feront des campagnes de sensibilisation dans les milieux sociaux défavorisés. Nous sommes maintenant en 1906, le congrès adopte le Pure Food and Drug Act après le soutien du président Roosevelt. Grâce aux efforts et à l’acharnement d’Harvey Washington Wiley, les industriels sont désormais contraint à la transparence auprès du grand public. 

The Poison Squad presque au complet entouré par Harvey W. Wiley

           Alors maintenant je peux vous révéler quelques découvertes d’Harvey mais je vous préviens, ayez l’estomac bien accroché ! Vous aimez les petits-pois ? Ceux-ci étaient bien verts grâce au sulfate de cuivre (qui sert désormais à nettoyer nos piscines). Le miel et le sirop d’érable du Vermont ?.. du sirop de maïs. La plupart des alcools étaient coupés au bitume, le lait était blanc comme neige à l’aide de craie et de conservateurs servant à l’embaumement des corps… et l’une des affaires les plus tragiques concerne un produit très apprécié des enfants depuis son invention : le bonbon.

        Au XIXe siècle la mode est aux bonbons colorés qui attirent l’œil des enfants sur le comptoir des épiceries. Pour obtenir un vert bien éclatant les industriels utilisaient un pigment vert inventé par un chimiste, Wihelm Scheele composé de potassium, arsenic blanc et cuivre. Vous voyez déjà l’absurdité ? Bientôt des enfants ressentiront de violentes nausées et certains ne survivront pas. Une ordonnance parisienne en 1830 interdit l’usage de ses substances, les stocks sont nombreux et les industriels envoient les bonbons en province (les contrôles ayant rarement lieu en Province) où ils feront encore des victimes. 

Les scandales alimentaires lié aux industriels sont donc nés avec ceux-ci qui encore aujourd’hui doivent répondre de leurs agissements souvent à déplorer. Pourrons-nous un jour faire totalement confiance à l’agro-alimentaire ou à nos services de sécurité sanitaire ? L’état est-il vraiment transparent avec nous ? Des questions auxquelles je compte mener une enquête… à suivre !

Pour poursuivre le débat :

– France Culture, Le Journal de l’Histoire : « Poison Squad ou l’avènement d’une conscience face à l’industrie agro-alimentaire »

– Arte, « La brigade des empoisonnés volontaires », John Maggio, 2019

Je vous conseille aussi le blog d’Amusidora et son article « Histoire macabre de la couleur verte » pour comprendre l’ampleur de l’usage d’un vert arsenic dès le début du XIXe siècle.

Diane C. – DNMADe1 JO – Avril 2022

La Eighty’s et Toute ses Spendeurs

À la sortie des années 70, il y a les années 80, une décennie légendaire dans beaucoup de domaines !

Pourquoi le passé serait-il mieux que le présent ? Il s’agit en effet d’une question difficile pour des gens qui n’ont pas vécu ce fameux « passé » de la funk et de la coupe mulet, de la Delorean et celle de Rocky.

Sous le biais de la richesse musicale et des photos colorées alléchantes de cette époque, il aurait été amusant de vivre les bons moments du passé auprès de la jeunesse de nos ancêtres les plus proches : nos parents.

Le Cinéma :

MIAMI VICE - Petite lucarne & Grand Ecran
Les Détectives Sonny Crockett et Ricardo Tubbs de l’incroyable série Miami Vice de 1984

Aujourd’hui, nous sommes plutôt cinématographiquement sur la perfection, plus le droit au moindre défaut et ceci avec des thèmes violents et horrifiques. Malheureusement, ceci est un régal visuel pour les amateurs des salles aux grands écrans, mais, n’est ce pas une véritable souffrance de produire de telles œuvres qui refoulent l’imperfection du monde ? Cette concurrence acharnée entre chaque entreprise ne soutiendrait-elle pas inhumanité, la pression, la dépression et la surconsommation ? La beauté est, pour beaucoup de cas un cache misère, surtout pour  les réalisations destinées aux petits Bout’choux si on peut citer Disney. 

La Zik :

Du côté musical, l’évolution des modes de loisirs a bien fait changer les choses. Le Smartphone, en 1980 ?! Smart quoi ?! Ça n’existait pas, donc il fallait s’occuper autrement en sortant les instruments de musique avec les amis par exemple. Et leur loisir là, quand on écoute du Rock des années 80, on se rend bien compte qu’il a porté ses fruits  ces fameux musiciens, si on peut citer Bon Jovi, Toto,…, qui avait un niveau et une inspiration hors norme, surtout avec l’aménagement des sons synthétiques liés au tout début de l’ère de la haute technologie.

En Tournée Avec de Bon Jovi Dans Les années 1980 ⋆ Photos historiques rares - Et l'histoire derrière eux ...
Le groupe de Rock Bon Jovi dans les années 80

Maintenant, et bien ça n’a plus l’air d’être une vrai passion pour les artiste de rap. On produit tant qu’il y a du « fric » à se faire dans les poches. De toute façon, les artistes de rap nous l’ont tellement raconté à travers leurs écrits mélodiques que c’est un argument qui n’a même plus besoin d’être souligné pour comparer cela avec les génies d’il y a quarante ans. Plus besoin de se « casser le cul » pour percer, grâce à cette recette de cuisine qui se nomme l’influence, qui sent très très fort dans la jeune société.

Julien K. – DNMADe1 Ho – Avril 2022

Casser un urinoir… mais encore ?

Les musées, lieux de calme et de sérénité où l’art est mis à l’honneur. Néanmoins, ils sont parfois le théâtre de performances inattendues, malvenues même. Dégradations et vandalismes rythment la vie artistique depuis toujours. Le vandalisme est par définition un acte de destruction, il peut être motivé par des idées intolérantes et haineuses, néanmoins ces actes sont parfois revendiqués par certains vandales comme un acte politique, par d’autres comme une contribution artistique.

Andres Serrano posant à coté de son œuvre vandalisée

Outre les actes de pure contestation violente, comme l’attaque au couteau d’Immersion de Andres Serrano, jugée blasphématoire par des manifestants catholiques, on s’intéresse au vandalisme artistique. Celui-ci n’est-il pas plus qu’une agression, mais aussi un acte qui élève l’œuvre ou en crée une nouvelle ?

Foutain de Duchamp

Le cas du controversé ready-made de Duchamp, Fountain, est un exemple assez concret, en 1993 au Carré d’art de Nice, l’urinoir en porcelaine est attaqué. Pierre Pinoncelli l’homme ayant vandalisé l’œuvre se revendique porte-parole du dadaïsme :

« L’esprit dada c’est l’irrespect. »

Bien qu’il exprime une démarche créative son acte est sans aucun doute discutable. On peut considérer que cela suit la ligne directrice de sa carrière artistique composée de happenings, comme par exemple, une manif anti-pain ou bien une attaque au pistolet à peinture du ministre de la culture André Malraux.

Il explique :

« achever l’œuvre de Duchamp, en attente d’une réponse depuis plus de quatre-vingts ans […] un urinoir dans un musée doit forcément s’attendre à ce que quelqu’un urine dedans un jour. »

Ainsi Pinoncelli se revendique en plein dialogue avec l’artiste original, c’est un motif répétitif dans le vandalisme.

L’art n’est-il pas constamment en mouvement ? Ainsi peut-on réellement condamner cette volonté de faire vivre l’œuvre en la faisant évoluer ?

La question se pose et pourtant le geste de Pinoncelli reste majoritairement condamné, cela à juste titre. Outre son beau discours les actes en disent plus que les mots : il urina dans la Fountain et l’ébrécha à l’aide d’un marteau, souillant et détruisant partiellement l’œuvre. Un dialogue avec M. Duchamp exigerait tout de même du respect pour ce dernier et pour son œuvre ? Non ?

Alors entre dialogue et dada on ne sait plus où donner de la tête.

« J’ai déposé un baiser. Une empreinte rouge est restée sur la toile. Je me suis reculée et j’ai trouvé que le tableau était encore plus beau… Vous savez, dans cette salle vouée aux dieux grecs, c’était comme si j’étais bercée, poussée par les dieux… Cette tache rouge sur l’écume blanche est le témoignage de cet instant ; du pouvoir de l’art. »

L’artiste Rindy Sam revendique un appel de la toile à l’embrasser, elle l’explique dans la citation ci-dessus. Ainsi cette dernière à laisser une trace de rouge à lèvre vermillon sur un monochrome de Cy Twombly. Contrairement à Duchamp, Cy Twombly étant toujours présent au moment des faits il a réagi à l’acte, et ce de façon plutôt négative.

Les œuvres vandalisées peuvent-elles devenir de nouvelles œuvres si l’artiste original ne cautionne pas l’acte ? Cela soulève une question plus large sur la propriété dans le monde de l’art, juridiquement le droit au respect de l’intégrité de l’œuvre permet aux artistes de contester des modifications de leurs œuvres, c’est pourquoi Rindy Sam fut poursuivi en justice. Pour Anish Kapoor, artiste Britannique ayant exposé dans la cour du château de Versailles, le vandalisme que son œuvre a engendré fait par contre partie intégrante de celle-ci. Dans une interview au Figaro il explique :

« Ce vandalisme aveugle prouve le pouvoir de l’art qui intrigue, dérange, fait bouger des limites. Si on avait voulu souligner sa portée symbolique, voilà qui est fait comme jamais auparavant. »

Dirty Corner à Versailles, lorsqu’elle n’était pas encore vraiment « dirty.

En vandalisant une œuvre d’art on admet son influence et son importance, si l’œuvre n’était pas sacralisée auparavant, le vandalisme s’en chargera. L’œuvre porteuse d’un message fort est utilisée pour propulser d’autres messages sur le devant de la scène, que ces derniers soient fondés sur une volonté de faire le bien ou non. Ainsi, Dirty Corner restera affublé d’inscriptions haineuses, comme un symbole de la force de l’art et de son impact, dénonçant au passage les travers humains et le racisme encore trop présent.

Cela nous invite à une interrogation, peut-on trouver du bon dans un acte qui a pour seul but de nuire ?

Merci de m’avoir lu !

Lucie Garcia DNMADEJO1 – Fev 2022

Faut-il distinguer l’homme de l’artiste ?

Certains diront que la séparation homme/artiste est indispensable. Prenons exemple sur l’art musical qui est un milieu parsemé d’artistes pouvant être aussi talentueux que détestables. Quant au public, il n’est pas clair quant à l’écoute de ceux-ci et usent d’arguments bancales pour se justifier.

Kodak Black, xxxtentacion, 6ix9ine, R.Kelly, Nas, et tant d’autres. Tous au cœur d’affaires parfois criminelles, mais tous de talentueux artistes malgré tout, des célébrités notoires ou des piliers culturels.

Alors que faire en tant qu’auditeur ? Il est simple de dire qu’il faut séparer l’homme de l’artiste. Mais ne serait-ce pas cautionner de manière indirecte leur mode de vie, leurs actes ? Doit-on dissocier l’artiste de sa création ou bien prendre l’individu dans sa globalité ?

Pourquoi séparer l’oeuvre de l’artiste ?

Si l’on part de ce principe qu’il faut dissocier le créateur de la création, reste à savoir pourquoi faudrait-il faire une séparation, alors même que l’on ne le fait pas lorsqu’il s’agit d’un simple individu (citoyen lambda). On ne le fait pas car le concept « d’art » se répand dans l’inconscient collectif et octroie une place d’honneur à l’individu devenu un artiste.

Faire de l’art ne serait donc plus considéré comme un « métier », mais plutôt comme un « honneur, quelque chose de sacré ». De ce fait, on pardonnera toujours plus facilement les faux pas d’une star mondiale que les dérives d’un individu lambda puisque l’on se forcera à marquer une séparation nette entre l’artiste et son œuvre.

L’humoriste Blanche Gardin se moquait d’ailleurs de la clémence du jugement réservé aux artistes à l’occasion de son passage aux Molières : « Parce qu’il faut savoir distinguer l’homme de l’artiste… Et c’est bizarre, d’ailleurs, que cette indulgence s’applique seulement aux artistes… Parce qu’on ne dit pas, par exemple, d’un boulanger : ‘Oui, d’accord, c’est vrai, il viole un peu des gosses dans le fournil, mais bon, il fait une baguette extraordinaire.’ ». Cette phrase montre avec force cette immunité dont les artistes bénéficient.

A force de répandre l’idée selon laquelle l’œuvre d’art est neutre, sans valeurs morales ou immorales, les artistes pensent pouvoir dire ou faire ce que bon leur semble. Du moment qu’ils sont des artistes, ou encore des influenceurs, ils seront préservés des lois morales. A l’ère du numérique et de l’omniprésence des réseaux sociaux, devenus les principaux vecteurs de l’indignation populaire, tout va très vite, on apprend une information, on se choque, et sans réfléchir en amont, on réagit aussitôt. En ce qui concerne les artistes, tout s’arrange avec le temps, comme si leur statut d’artiste leur permettait de subir qu’une simple colère éphémère plutôt qu’un déferlement de haine et de révolte. Il faudrait pourtant pouvoir confronter sa passion (donc ici l’écoute de la musique) à la raison commune (jugement de la moralité de l’artiste).

Et si on commençait à assumer au lieu de se chercher des excuses ?

Lorsque l’on veut séparer le créateur de sa création, cela passe par une phase d’acceptation du mode de vie de l’artiste en question. Parler d’écoute ou de « vues », revient à parler de consommation et donc de revenus. Êtes-vous en accord avec le fait de donner de l’argent à un criminel, que ses actes soient présumés ou avérés ? Le fait que l’individu soit un artiste doit-il être pris en considération dans votre jugement ?

Si la réponse est oui, alors assumez le pleinement. Assumez de cautionner indirectement les violences, et de négliger l’intégrité mentale des victimes. Vous assumerez de ne pas prendre en compte ses actes tant qu’il fait de la bonne musique.

Faire la séparation entre l’artiste et l’œuvre est notre droit le plus légitime, mais que l’on tergiverse pour affirmer notre avis en disant des phrases du genre : « Il n’a pas été jugé », « On n’est pas certain », « La victime aurait retiré sa plainte », est absolument inconcevable moralement. Il ne faut pas chercher à s’auto convaincre que notre décision est intelligente et raisonnée mais plutôt affirmer, assumer nos choix. Il est par contre important de marquer une différence entre un condamné ayant purgé sa peine et un artiste en cours de jugement. Le premier a payé pour ses crimes tandis que le second n’est pas encore sûr de d’être condamné. Pour autant, les crimes sont intemporels tout comme la condamnation morale. Un individu ayant purgé sa peine peut reprendre ses activités, voyager, monter sur scène et faire des apparitions médiatiques; l’individu reprend possession de ses droits et cela lui permet de reprendre sa vie là où il l’avait laissée.  Le public est confronté à un choix : continuer à condamner l’artiste moralement ou le pardonner et le laisser reprendre sa vie.

Si l’on condamne l’acte en question comme immoral, l’artiste a tout de même le droit de vivre sa vie sans être constamment pris à partie pour son passé et subir un déferlement de colère à chaque apparition médiatique. Néanmoins, les auditeurs ont aussi le droit de continuer à voir en lui une ordure. La justice se doit d’être impartiale mais le public est quant à lui libre de ses choix.

Si l’on décide de se foutre royalement des crimes commis et donc de contribuer aux finances de l’artiste, indirectement, il faut l’assumer et ne pas se cacher derrière un déni ou une mauvaise foi. Il ne faut pas oublier les crimes d’un individu dès lors que c’est un artiste génial, et ouvrir les yeux quand il s’agit d’un créateur quelconque. Seule une loi morale stricte pourra démanteler ce statut intouchable d’ « artiste ».

Je vous laisse le soin de consulter mon précédent article et de vous demander, dans le cas de Polanski, si on doit ou si on peut faire la distinction entre l’individu et son art.

 https://lewebpedagogique.com/mortofilo/2021/12/23/une-peine-derisoire-de-42-jours/ 

BRIDAY Lisa DNMADEJO1 Février 2022

Art savant ou art populaire ?

Le pop art

Histoire Design : Le Pop Art - Atelier Germain

Mouvement de création plastique essentiellement anglo-américain, le pop art présente des compositions artistiques faites à partir d’objets du quotidien. En effet « pop » est tout simplement l’abréviation du terme « popular » qui désigne donc le terme « populaire ».  

Eduardo Paolozzi,1947, I was a Rich Man’s Plaything

Contrairement à ce qu’on pourrait croire ce n’est pas aux Etats Unis que naît le pop art mais en grande Bretagne. Le Groupe Indépendant (IG) apparait à Londres en 1952, il est considéré comme le précurseur du Pop Art. Ce groupe était composé des peintres Paolozzi et Hamilton, ainsi que du couple d’architectes Smithson et du critique d’art Lawrence Alloway.  Eduardo Paolozzi a initié ce courant en présentant lors de la première réunion de l’IG une série de collages composés d’objets trouvés et intitulés « superposés ». Il s’agissait de publicités, de personnages de bandes dessinées et de couvertures de magazines. La première œuvre d’art à inclure le mot « Pop » est d’ailleurs un collage d’Eduardo Paolozzi de 1947 : « I was a Rich Man’s Plaything » [J’étais le jouet d’un homme riche]. Dans cette œuvre, un nuage de fumée sur lequel le mot « Pop» a été écrit sort d’un revolver. Le titre est très provocateur car ce sont essentiellement des collectionneurs riches qui achètent ce genre d’affiches. Le groupe poursuit ses provocations en sortant une série de collages ou le mot « bunk » est retrouvé. Bunk, signifie en anglais « foutaise », le message est clair :l’histoire c’est de la foutaise, il faut vivre le moment présent, et à partir de là, le pop-art était lancé.

Bunk collages, Edouardo Paolozzi

 Ce mouvement est étroitement lié avec la croissance économique du monde occidental après la seconde guerre mondiale. En effet, dans cette période les privations et les traumatismes de la guerre laissent place à une vraie frénésie commerciale et donc à une production d’images de communication de masse. Le pop-art se singularise alors sous trois aspects : c’est un art urbain, d’inspiration industrielle et voué au culte du présent. Urbain parce qu’ils visent les grandes métropoles en proie au développement constant et d’inspiration industrielle parce que ses inspirations proviennent des marchandises produites en masse et des médias (la presse à grand tirage, la radio la télévision…). Ses « sources » ont toutes en commun cette dépendance à la publicité. On retrouve donc dans ce mouvement des couleurs vives issues de ces médias. Enfin, le pop-art est voué au « culte du présent » parce qu’il est indifférent au passé et à l’histoire récente. Il est de plus profondément laïque ce qui le distingue des arts et des traditions populaires ou même du folklore souvent lié à la religion ! C’est donc un art sans regard en arrière, qui n’est pas mélancolique d’une période révolue ou à venir sur la terre comme au ciel. 

 Mais alors comment sommes-nous passé du tableau néoclassique représentant les aventures des héros romains à un tableau aux couleurs vives, repris dans des publicités ?

Crying girl de Roy Lichtenstein. Cet artiste est réputé pour son style cartoon à « pois »

 L’art entretient depuis longtemps des liens avec la culture populaire, notamment avec des représentations de la vie courante (les tableaux de Gustave Courbet en témoignent). C’est aux alentours des années 1870 que l’art s’intéresse aux conditions de vie moderne notamment celles des classes les plus modestes. Dès le début du 20 siècle siècle, le mouvement cubiste rentre en jeu et c’est à cet instant qu’on retrouve des morceaux de journaux dans des œuvres. Vient ensuite le dadaïsme et le surréalisme qui amplifient cette idée de s’intéresser aux objets du quotidien.

Le pop-art c’est aussi le superficiel, le rêve américain car pop c’est le bruit d’un bouchon de champagne.  C’est aussi le bruit d’un pistolet silencieux qui essaie peut-être de nous dire que cette production en série nous tue silencieusement ?

Eve B. – DNMADe1Ho – Février 2022

Fresh Meat

Claustrophobes, s’abstenir ! Écrasées dans leur emballage cellophane comme on les trouverait en grande surface… les belles décapitées manquent d’air. Et nous font suffoquer.

Le duo des photographes SH/Sadler a décidé de dé-standardiser la beauté féminine et militer pour une représentation non sexualisée de la femme. Plus explicite que le titre de cette série photo, ça risque d’être compliqué.

Le projet « Fresh Meat », pour: « viande fraîche », est lancé afin de dé-standardiser la beauté féminine et militer pour une représentation non sexualisée de la femme.

Ils ne supportaient plus l’image que l’on donne des femmes dans les médias, dans les publicités, ou de manière générale. Le duo d’artistes basé à Los Angeles photographie des modèles nues mais met toujours un point d’honneur à ne pas les sexualiser. Souhaitant modifier la perception des femmes dans la culture contemporaine, maquillées à outrance, brunes, blondes, noires, asiatiques … étiquetées comme autant de morceaux de viande, leur nom, leur prix s’affichent tels des produits au rabais. Pas forcément de la première fraîcheur du reste ; et ce n’est pas un hasard. Ces clichés de têtes de femmes collées à une pellicule plastique cellophane comme pour un steak de viande vendu en supermarché font parler, en dénonçant la pression qu’exerce la société sur l’idéalisme de la beauté et de l’apparence subie par les femmes. Les femmes sont maquillées de couleurs vives, leur bouche et leur nez écrasés contre le film plastique qui semble symboliser les diktats de beauté oppressants auxquels beaucoup sont confrontées. L’eau et la glycérine renforcent l’imagerie tristement organique de ces nouvelles viandes.

Une cruauté sans pareil mais surtout sans honte qui cherche à provoquer un public bien trop souvent bercé par la standardisation. l’auto-portrait en continu, avec la volonté de captiver l’attention des réseaux sociaux, définit les contours d’un nouveau type de grotesque, aussi standardisé que les canons de conformité à un modèle de séduction. Écrasés dans leur emballage, les modèles de SHSadler donnent à voir la manière dont nous sommes tous étouffés par des icônes inaccessibles car surréalistes.

Et certaines mimiques évoqueraient un sentiment de révolte, aujourd’hui devenu réalité. Les ventes de cosmétiques sont en baisse, les collectifs abondent qui revendiquent le droit à la différence des corps, l’authenticité, la liberté d’être sans devoir se corseter dans un moule.

 Nous n’avons aucun intérêt à dépeindre une beauté simple. C’est la raison pour laquelle nous évitons souvent les montages de beauté traditionnels, prenons en compte les hasards, les défauts ainsi que l’inconfort des postures que nous demandons à nos modèles »

On approuve cette grossièreté esthétique qui fait même mal aux yeux, une attention nécessaire, qui fait réagir, et c’est le but. Pour voir le reste de leurs travaux c’est par ici (click on)

JOURNOT Lola – DNMADE23JO – Décembre 2021

Un textile caméléon, solution d’une industrie destructrice

La mode, sûrement l’une des industries les plus polluantes du monde moderne, doit évoluer.

Aujourd’hui, l’industrie de la mode repose sur la fast-fashion, c’est à dire le renouvellement ultra-rapide des collections. Elle entraîne l’exploitation de milliers d’ouvrier.e.s payés une misère voire réduits en esclavage (ouïghours) dans des pays pauvres tels que le Bangladesh ou encore la Chine. Au-delà de ses conséquences sociales dramatiques, la fast-fashion représente aussi un impact environnemental phénoménal. Que ce soit au niveau des tonnes de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère, de la pollution des sols, des eaux ou encore de la consommation d’eau et d’énergie, l’industrie de la mode est aujourd’hui l’une des plus destructrices.

Pour remédier à cette industrialisation abusive, de nouvelles solutions sont aujourd’hui approchées. L’upcycling et la seconde main, par leur accessibilité financière, représentent aujourd’hui les solutions les plus attractives. La slow-fashion a aussi vue le jour ces dernières années, c’est une mode visant à contrer un modèle de production de masse et standardisé, mettant en avant la qualité des produits, la transparence de la chaîne de valeur ainsi que la diversité et la responsabilité de ses acteurs. La slow-fashion va amener à un renouvellement et une réinvention des textiles.

De nouveaux tissus comme « Chromorphous », sont aujourd’hui développés, dans l’objectif de permettre une mode s’adaptant aux goûts changeants des utilisateurs. À l’image d’un caméléon ce tissu permet à un seul vêtement ou accessoire d’apparaître sous plusieurs aspects. Développé par une équipe de chercheurs du collège d’optique et photonique à l’université Centrale de Floride, cette nouvelle technologie est une révolution. Plus besoin d’acheter la même pièce dans tous ses coloris, un seul modèle les permet tous. Les fils tissés à l’aide de machines à tisser industrielles, abritent des micro-fils métalliques permettant au courant de circuler et de venir chauffer plus ou moins des pigments thermochromiques. Ces pigments varient d’une couleur à une autre en fonction de la température qui leur est transmise. Le tissu est alimenté par une batterie rechargeable cachée à l’intérieur du vêtement ou de l’accessoire. La texture du tissu est semblable à celle du denim, et il peut être lavé et repassé. Les fils modifient la température du tissu de manière rapide et uniforme. Le changement de température est à peine perceptible au toucher. Une application mobile permet à distance, de les commander et de créer alors une multitude de combinaisons de couleurs et motifs. Le tissu reste légèrement plus grossier qu’un tissu classique en coton ou polyester, mais le CREOL travaille à produire des fibres plus minces afin que le matériau soit plus lisse, plus flexible et semblable aux tissus actuellement sur le marché. Le Dr Ayman Abouraddy, professeur d’optique et de photonique au College of Optics & Photonics de l’Université de Floride centrale (CREOL), déclarait :

« Notre objectif est de mettre cette technologie sur le marché pour avoir un impact sur l’industrie textile »

Cette technologie pourrait un jour aller jusqu’à proposer à l’utilisateur de devenir lui même créateur, designer de ces objets, notamment par le biais de l’application mobile, en proposant un espace de libre création, comme une page vierge sur laquelle il serait possible d’inscrire des motifs, couleurs, mots. Cette potentielle évolution de l’application mobile permettrait une réelle collaboration et cocréation entre créateurs de ces vêtements/accessoires connectés et acheteurs. L’accessoire ou le vêtement Chromorphous évolue avec l’utilisateur. il est par conséquent, un objet pour lequel l’acheteur va porter plus d’attachement. Celui-ci s’en séparera donc moins facilement. On retrouve alors bien cet objectif de mode plus durable que vise la slow-fashion.

Lily-Rose H. – DNMADe1JO – Déc. 21

« Clito, papier, ciseaux »

L’excision est un fléau mondial qui touche 2,2 millions de femmes par an. En 2016 selon les Nations unies, il y avait déjà plus de 200 millions de femmes et de filles victimes de l’excision, une forme de mutilation génitale dans le monde.

 

Un cri de douleur inoubliable. Une cicatrice laissée au plus profonde de sa chair. Une couleur rouge qui teinte l’intérieur de ses cuisses et se répand sur le carrelage de la salle de bain. Elle ferme les yeux et revit la scène comme si elle avait eu lieu la veille. Elle revoit les visages de ceux qui lui maintiennent les bras et les jambes, de celle qui brandit la lame.

C’est donc à travers cet acte que j’aimerais vous sensibiliser sur cette barbarie effectuée par l’Homme.  N’est-ce pas inhumain et inconcevable ? C’est donc pour cela que j’ai décidé de choisir le concept de l’association 28 Too Many qui avait lancé une campagne incisive dont j’aimerais vous parler en attirant votre attention, pour permettre de lutter contre ces tortures.

 

D’où l’idée de l’agence de publicité britannique Ogilvy & Mather, se servant des bannières des pays occidentaux comme support de communication (Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Allemagne et France, …). « Les mutilations génitales féminines n’ont pas uniquement lieu dans des endroits reculés », prévient ainsi le slogan de la campagne. La campagne a pour but de sensibiliser les pays développés à travers les dangers de ce fléau.

 

Un concept d’affiches, diffusées depuis fin avril 2015, montrant des drapeaux recousus par du fil de fer, rouillés et ensanglantés, faisant écho aux circonstances inhumaines dans lesquelles sont pratiquées les excisions et ainsi dénoncer les conditions sanitaires sauvages administrées.

L’association mise sur des images choquantes, elles permettent de sensibiliser même de créer un choc envers le public pour que celui-ci, comprenne que cet acte de barbarie à encore lieu. Ainsi, elle se veut donc brutale pour rappeler que ce fléau n’est pas seulement un cas isolé africain. Douleurs intenses, hémorragies, kystes, stérilité, incontinence, infections urinaires, complications lors de l’accouchement, sont en effet des risques sanitaires importants causés par l’excision, pratique néfaste qui, dans le pire des cas, peut coûter la vie à de nombreuses femmes et petites filles.

Une pratique encore trop généralisée, qui pourtant est interdite dans une vingtaine de pays africains, en Europe, aux États-Unis et au Canada. L’excision soit, l’ablation totale et partielle des organes génitaux externes des femmes, est malheureusement encore trop présente dans le monde. C’est pour cela qu’il faut agir sans relâche pour enfin en finir avec ses violences physiques et psychologiques que provoquent les mutilations, laissant des marques à vie autant mental que physique.

Pour vous sensibiliser, voici quelques chiffres. Une excision touche une petite fille, toutes les 4 minutes soit 6000 par jour à travers le globe selon les rapports de l’Unicef.

Ce projet porte un message fort et a pour seule vocation, la dénonciation liée à l’excision et ainsi, éveiller les consciences à travers une collection de diverses affiches répertoriant différents drapeaux de différents pays. Ainsi, le questionnement se dirige sur le fait de : « Et si cela se passait chez nous ?« .

Ces mutilations engendrent de nombreuses conséquences graves et irrévocables. Alors dites STOP ! Et engagez-vous pour ses femmes et ses petites filles qui subissent l’atrocité de cet acte !

 

Et vous alors, qu’en pensez-vous ? 
Faites-le moi savoir en commentaire !

Merci pour votre lecture !

Cora Cesar – DNMADE23Jo – Décembre 2021

« J’ai tendance à dire que je mesure une Kylie Minogue et que j’en pèse trois. »

« On achève bien les gros » est un film de Gabrielle Deydier co-réalisé avec Laurent Follea et Valentine Oberti, sorti en 2019. Il retrace la vie de Gabrielle obèse depuis son adolescence et son parcours dans un corps que la société discrimine et cache. 

Gabrielle Deydier, autrice de « On ne nait pas grosse » nous présente aujourd’hui « On achève bien les gros » un film qui n’est pas sur la perte de poids, au contraire, il parle de son quotidien, de son adolescence. Gabrielle se présente à nous comme tel « Je m’appelle Gabrielle, j’ai 39 ans (aujourd’hui 42) je mesure 1 mètre 54 et pèse 125 kilo ». Comme le dit si bien Gabrielle on ne nait pas grosse. Les problèmes commencent à ses 16 ans, ses parents sont maigres faisant tous les deux entre du 34 et du 36 et ont la remarque facile, son père rappelait régulièrement a sa mère qu’elle avait trop de fesses, qu’elle était trop grosse, Gabrielle adolescente sportive et complexée suite à une remarque de ses parents sur son poids (à l’époque elle faisait 65 kilos)  décide d’aller chez un professionnel de santé afin de commencer un régime, ce dernier lui diagnostique à tort un problème hormonal et c’est ainsi que suite à ce mauvais diagnostic commence le parcours de Gabrielle. En trois mois Gabrielle prend ses 30 premiers kilos.

Commence alors les premières remarques grossophobes, à son arrivée au lycée en première, Gabrielle se retrouve convoquée chez l’infirmière, cette dernière lui affirme que les gros puent et qu’ils ont des mycoses malodorantes, qu’avec son poids elle ne pourrait pas faire la randonnée avec sa classe, qu’elle les ralentirait trop. Par conséquent ses années lycée furent très compliquées, alors quand suite à la parution de son livre Gabrielle est invitée par une de ses anciennes professeures à venir parler de discrimination et de grossophobie, elle va devoir refaire face à un moment particulièrement douloureux de sa vie.

Parmi les différents moments de ce documentaire un passage m’a particulièrement percuté lors de mon premier visionnage, Gabrielle nous explique que rien n’est conçu pour les personnes obèses, les sièges de cinéma de théâtre, dans les salles d’attente les chaises avec des accoudoirs, que quand elle cherche un appartement ses plus grandes préoccupations sont « Est-ce que je vais rentrer dans la douche? Est-ce que je peux rentrer dans les toilettes? » . J’ai réalisé que effectivement rien n’est fait pour eux, j’ai passé 3 ans à créer des objets, des endroits en arts appliqués et jamais on a pris en compte la contrainte du poids, on prend en compte l’accessibilité pour les personnes âgées, les jeunes enfants, etc… mais je n’ai aucun souvenir que dans le cahier des charges de nos exercices on ait pensé à eux, qu’on ait analysé des objets et des lieux en pensant à eux…

« Il y a 10 millions de personnes obèses en France et il y a personne qui se demandent où elles sont, enfin les gens sont toujours étonnés quand je donne ce chiffre mais elles sont où ?  Bah elles sont pas dans l’espace public, elles peuvent pas se l’approprier, quand elles se l’approprient elles se font insulter. »

Ceci n’est qu’un extrait des sujets traités dans ce film, Gabrielle a tellement d’autres choses à nous dire sur son long parcours entre la discrimination à l’emploi, les troubles du comportement alimentaire, la chirurgie bariatrique, et elle tient à nous rappeler que sont film est la pour lutter contre les discriminations et qui est là pour l’intégration des personnes obèses à la société, que ce n’est en aucun cas l’apologie de l’obésité, que ce n’est pas un mode de vie et qu’elle ne le souhaite à personne, mais qu’ils sont bien là et eux aussi ont le droit de vivre.

Je vous invite donc à aller voir « On achève bien les gros » disponible gratuitement sur la chaine Youtube d’Arte.

Bon visionnage !

Merci de m’avoir lu

Solène LEIBEL – DNMADE14JO – Décembre 2021

Joséphine Baker 5ème femme au Panthéon

La première femme noire star, icône des années folles, figure des luttes pour les droits civiques, résistante, femme libre aux nombreux amants et amantes. Personnage aux mille facettes, aussi sulfureuse que généreuse et engagée Joséphine Baker est la première femme noire à entrer au Panthéon. Mais aussi la première femme à y entrer seule, sans conjoint ni compagnon de lutte. Elle y rejoint Sophie Berthelot, Marie Curie, Germaine Tillon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Simone Veil.

L’entrée de Joséphine Baker au Panthéon est un signal fort, cela contribue à rendre hommage à une femme qui a fait l’histoire, et à rétablir (un peu) l’équilibre de cette Histoire encore trop souvent écrite au masculin. Mais cela doit bel et bien nous questionner : les hommes font l’histoire mais où sont les femmes ? Trop souvent invisibilisées les femmes artistes, architectes, poétesses, autrices, philosophes, peintres, sculptrices, aviatrices, sportives ont toujours existé, combien d’entre elles pouvez-vous citer de tête ?

Rendre aux femmes leurs places dans l’histoire c’est permettre aux jeunes générations de grandir avec des modèles de réussite féminins, de s’identifier et de rêver le champ des possibles. C’est permettre de penser une société plus égalitaire, plus juste à l’heure où l’on parle des droits des femmes honorons cet héritage culturel méconnu : https://www.france.tv/france-5/culottees/

Joséphine Baker (de son vrai nom Freda Josephine McDonald) nait le 3 juin 1906 dans le Missouri (USA) en pleine ségrégation raciale. Issue d’une famille pauvre elle se marie à 13 ans puis s’engage dans un groupe d’artistes de rue. Animée par la danse et la musique elle est rendue célèbre pour sa revue nègre aux Folies Bergères à Paris. En raison des discriminations de la ségrégation aux USA elle demande la nationalité française et s’exile. Espionne pour sa patrie d’adoption elle s’engage dans la résistance pendant la seconde guerre mondiale et est décorée de la légion d’honneur. Ne pouvant oublier les luttes qui déchirent son pays elle lutte contre le racisme, c’est la seule femme à prononcer un discours aux cotés de Martin Luther King. Femme aux valeurs de partage et de tolérance elle est notamment connue pour sa famille arc-en-ciel, ses 12 enfants adoptés venus du monde entier.  Pour découvrir la femme derrière l’histoire : https://www.arte.tv/fr/videos/075185-000-A/josephine-baker-premiere-icone-noire/

Maëlenn N. – DNMADE14HO – Déc 21

Le vrai du faux

Scandale en Russie !

Le musée de l’hermitage de Russie expose depuis le 25 novembre des bijoux et œufs du célèbre joailler russe « Fabergé ». Un expert, venu contempler les œuvres, crie au scandale dans une lettre ouverte explosive en accusant le directeur du musée d’exposer des faux grossiers.

Dans la lettre, l’expert estime que le directeur « insulte Fabergé, trahit ses visiteurs, détruit l’autorité du musée qu’il dirige et le traîne dans le caniveau ». Financièrement parlant, cela permet de légitimer des contrefaçons et de faire augmenter leur prix. 

Le savoir entre en jeu.

Et si l’expert n’était pas venu sur place ? Il est difficile pour un visiteur, même averti, de remettre en cause les prétendues œuvres d’un musée. Cela signifie que « le vrai n’est pas ce que l’on sait, mais ce que l’on reconnaît, et bien sûr on ne peut reconnaitre ce qu’on ignore. » Spinoza

Une œuvre copiée n’est elle donc plus considérée comme une œuvre ?

Est-ce que les faux constituent une insulte vis-à-vis du maître ? Une trahison vis à vis des visiteurs ?  Dans le cas de vulgaires copies grossières, se faisant passer pour des originaux, cela constitue effectivement un manque de respect et de franchise vis a vis des visiteurs et également du maître.

L’intention que dégage la copie n’est pas bienveillante et c’est cela qui constitue le manque de respect et qui fait que la valeur est nulle.

Van Meegeren a « inventé », entre autres, des Vermeer qui ont été proposés sur le marché de l’art et achetés par des collectionneurs et des musées.
Brillant faussaire, il a trompé des experts réputés spécialistes de ce peintre.

Dans ce cas où les copies ou les faux sont réalisés avec détails, précisions, sans anachronismes ni incohérence, ne méritent t-ils pas d’être traités comme des œuvres à part entières ?

L. Rouyer – DNMADe14Jo – Déc . 21

Le vampirisme… mythe ou légende ? Méfiez-vous de la littérature !

Aujourd’hui nous n’allons pas passer par quatre chemins : Le vampirisme est bel et bien une légende.

Pourquoi ? Parce qu’avant d’être un roman de Bram Stocker, avant de devenir une histoire qu’on raconte au coin du feu et avant d’être un film à l’eau de rose que Clara, 12 ans, regarde avec adoration, le vampirisme est une maladie appelée la protoporphyrie érythropoïétique.

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Dracula par Bram Stoker

Les porphyries constituent un groupe de huit maladies héréditaires du sang qui se présentent sous des formes différentes. Ce sympathique groupe au nom barbare qualifie les pathologies présentant un défaut de l’heme. L’heme permet de fixer le fer dans l’hémoglobine (hémo: le sang). L’hémoglobine est une protéine qui transporte l’oxygène dans le sang. C’est la liaison entre l’heme et le fer qui donne au sang sa couleur écarlate.

La couleur du sang

C’est bien beau tout ça mais quel rapport avec ces êtres au teint pâle, craignant la lumière ?

TOUT !  Les personnes porteuses de la protoporphyrie érythropoïétique sont anémiées. Elles ont donc le teint très pâle et  une peau extrêmement sensible à la lumière. Et oui ! Si l’heme ne parvient pas à fixer le fer, le sang n’a pas sa caractéristique rouge vif ! Dans le cas de nos vampires du dimanche, leur protoporphyrine IX s’accumule dans les globules rouges. Si on expose  la protoporphyrine IX à la lumière, elle produit des molécules qui endommagent les cellules autour. Les malades se retrouvent littéralement brûlés, présentent des gonflements, des cloques… En résumé, pour eux l’enfer est bien sur terre. Ces  réactions sont très violentes bien que cela soit loin de notre traditionnel tas de cendre romanesque.

Même un jour nuageux, il y a suffisamment d’UV pour provoquer chez les malades des cloques et une défiguration des parties exposées.»                         Affirme le Dr Barry Paw, de la division hématologie/oncologie du Boston Children’s Hospital

Mais alors que faire pour traiter cette maladie ? Des transfusions sanguines !

Les patients voient leurs états s’améliorer lorsque ceux-ci reçoivent du sang riche en heme et en fer…Ce moyen de guérison a dû activement participer à l’élaboration de notre légende. En effet, les malades devaient probablement se procurer par un moyen ou un autre du sang afin d’avoir une vie un peu moins pénible (ou juste pour rester en vie haha). De plus, à cause des rayons UV ceux-ci ne pouvaient vivre que la nuit ! Le reste vous vous en doutez bien… L’humain s’en est chargé ! «  Ce sont des monstres qui dorment dans des cercueils et qui se transforment en chauve-souris ». Aujourd’hui (enfin j’espère), on trouve ces histoires bien farfelues et pourtant on oublie souvent que par définition, une légende est basée sur des faits réels !  

Et maintenant, si je vous dis loup garou?

L’exemple des vampires ne vous a pas convaincu ? Pas de problème. Pour finir ce petit article , je vous ai déterré une  maladie derrière les lycanthropes. C’est tout simplement l’hypertrichose ! Souvent confondu avec l’hirsutisme, cette maladie provoque une pilosité extrême recouvrant tout le corps de l’individu. Les pauvres gens étaient obligés de se cacher et vivaient la plupart du temps rejetés par la société tant ils étaient craints par l’ignorante plèbe. C’est pourquoi,  une fois encore une légende a pu faire son apparition. Vous connaissez la recette on rajoute un peu de pleine lune, un peu de surnaturel et on a une bonne raison de rejeter l’inconnu. De plus, ces croyances ont été renforcées à l’apparition des « zoo humains » étant donné que de nombreuses personnes atteintes de l’hypertrichose y ont été exposées.

**Petit rappel, les zoo humains ont fait fureur au 19 siècle  !!! Plutôt récent non?:'(

Pour conclure, je vous invite à faire la parallèle entre la littérature et la science. Bien souvent on pense faire face à une histoire des plus insensée et finalement on se retrouve face à une explication des plus fondée… 

Eve B. – DNMADe14HO – Déc. 21

Un tueur en série, un fou ? Et si c’était un criminel artistique et écologiste ?

La mort est un sujet tabou comme l’argent et parfois plus que la sexualité. Inévitable, je vous propose d’aborder un aspect de ce thème.


Edward Theodore Gein Bolivar, surnommé « le boucher de Plainfield » (1906-1984), est accusé d’avoir assassiné deux femmes, et mutilé plusieurs cadavres qu’il a déterrés.


Qu’en a-t-il fait ?

Les policiers ont découvert dans sa ferme, des abat-jours, rideaux, gants, draps, etc., en peau humaine, ainsi que des cadavres et certains morceaux humains, dans des bocaux. Aussi, le corps de Bernice Worden, a été retrouvé pendu par les pieds à une poutre de son hangar, décapité, éventré et vidé de ses entrailles. Ensuite, ils ont retrouvé la tête de Mary Hogan dans un sac en papier. Les visages et ossements provenaient de quinze corps attribués aux violations de sépultures dont il avoue s’être rendu coupable. Même s’il est dit tueur en série nécrophile, il n’a officiellement tué « que » deux femmes, comme il l’a avoué, prétendant pour les treize autres femmes que leurs restes proviennent de vol de cadavres.

Qu’est-ce que la nécrophilie ?

C’est une attirance sexuelle pour les cadavres. Elle est classifiée en tant que troubles mentaux. Cette pratique existe depuis l’époque de l’Egypte antique. Hérodote écrit dans ses Histoires que, pour décourager toute pratique sur un cadavre, les Egyptiens, à l’époque des pharaons, embaumaient les belles femmes trois à quatre jours après leur mort.

La nécrophilie est la motivation de quelques tueurs en série comme Ed Gein ou Jeffrey Dahmer qui ont mangé leurs victimes après les avoir tuées (anthropophagie/cannibalisme). Certains meurtriers ont déclaré avoir ressenti une excitation sexuelle pendant qu’ils tuaient, comme Karla Faye Tucker, qui a prétendu avoir eu un orgasme en tuant Jerry Lynn Dean à la hache.

Maintenant, je nous propose de nous questionner :

Est-ce que la pratique d’Edward Theodore Gein Bolivar peut être qualifiée d’artistique ? Est-ce de la diffamation à l’insu d’une personne inconsciente ou est-ce une valorisation de l’être au-delà du vivant ?

Assassin ou rénovateur/embellisseur ? Victime ou favorisé/chanceux ?

Quelle est la place du libre arbitre et du déterminisme ? Pour qui ? Est-ce un procédé bénéfique pour l’environnement ? Est-ce une modernisation du recyclage ? Une évolution ? Et si c’est une manière différente d’aimer et de désirer, est-ce naturel d’interdire d’aimer ? Est-ce égoïste ou altruiste ? Est-ce mauvais d’avoir la curiosité de découvrir le corps humain ? Pourquoi la réaction générale est le mécontentement et la sensation d’offensivité ?  Est-ce la peur qui les fait réagir ainsi ?

Illustration par Martin van Maele, av. 1925.La morale :

La perception morale diffère selon les cultures, l’éducation et les générations. Socialement, au XXIème siècle, un acte sexuel avec un cadavre est généralement considéré comme inacceptable. Le fait que la victime n’aurait pas consenti à l’acte de son vivant l’apparente au viol d’un individu décédé. Presque toutes les sociétés humaines condamnent l’abus des morts comme une forme d’irrespect symbolique.

Illustration par Martin van Maele, av. 1925.

Le consentement :

La notion de consentement est présente au sein de cette pratique. Par exemple, dans le cas d’Armin Meiwes en 2001, la victime, Bernd Jürgen Armando Brandes, avait donné son consentement à la mutilation et à la mort qui lui furent infligées. Un film, basé sur cette histoire, intitulé Butterfly : A Grimm love Story, a été diffusé le 9 Mars 2006.

Vision d’horreur ou émerveillement artistique ?

La perception de ce que l’on voit ou entends nous amène à un jugement personnel, établi par notre morale qui peut évoluer. Dans l’affaire d’Edward Theodore Gein, les policiers présents sur les lieux ont décrit la scène comme une « vision d’horreur ». Pourtant, ne seraient-ils pas choqués s’ils entraient dans un abattoir ? Certains corps d’êtres décédés et étendus sont plus acceptables que d’autres ? Tout dépend de l’espèce ? Pourquoi le corps de Bernice Worden, pendu par les pieds, décapité, éventré et vidé de ses entrailles serait plus choquant qu’un bovin dans le même état ? De plus, pourquoi la peau d’humain serait considérée majoritairement comme révoltante et scandaleuse si elle était transformée en cuir alors qu’en France, au XXIème siècle, ce matériau est préparé à partir de la peau d’un animal (bœuf, porc) ? Traitée industriellement par les tanneries et les mégisseries, il est commercialisé légalement. Alors pourquoi cette différence de vision et de valeur ? Imaginez; rentrez dans un musée, ne serrions nous pas plus évidemment émerveillés ou interpelés face à des abat-jours fabriqués manuellement en peau humaine ? Pourrions-nous considérer ces créations comme des travaux artisanaux ? Des œuvres contemporaines ?

Les relations entre l’amour et la mort comme expressions artistiques

  • Par exemple, la tragédie romantique Roméo et Juliette de Shakespeare se termine avec les deux jeunes amants unis dans la mort.
  • Edgar Allan Poe a décrit la mort d’une jolie jeune femme comme l’une des plus belles images qui soit : « il n’approuvait pas la mort de cette jeune femme, mais pour lui, la mélancolie et la souffrance étaient des sources de beauté ».
  • Aussi, il existe des exemples plus récents comme la chanson Jimmy Punchline où le rappeur français Orelsan fait allusion à la nécrophilie : « J’la baise complètement dead comme si j’étais nécrophile ».

Pour conclure, il existe différents rites funéraire incompris par certaines morales. Quelques pratiques ne sont pas tolérables pour la justice Française. Il existe donc des sanctions. Lors de son troisième procès, Edward Theodore Gein Bolivar est déclaré non coupable car, diagnostiqué schizophrène, il est mentalement irresponsable. Il a ensuite été interné dans un hôpital psychiatrique pour les psychotiques criminels. Et s’il n’avait pas été découvert ? Les familles des défunts auraient elles préféré rester dans le déni ? Aurait-ce été plus acceptable ? Est-ce que, comme dit Pierre Charras, « Un bref mensonge vaut souvent mieux qu’une laborieuse vérité. » ?

Et vous ? Préféreriez-vous être un cadavre dans un cercueil, ou que votre véhicule de vie soit exploité à des fins artistique ? Ne serait-ce pas plus agréable de provoquer du désir et non de la tristesse éternellement ?

Je vous suggère d’être en accord avec votre être en évitant les contraintes néfastes à la vie d’autrui. Etre responsable de ses actes et de ses paroles c’est être conscient des conséquences qui en découlent et les assumer.

Plus facile à dire qu’à faire, je vous l’accorde…

JELODIE-DNMADE23Jo-Déc2021

Le Petit Lion du Mali

Photographie du bord du fleuve Niger, Mali, novembre 2009, par Gwenola

Dans cet article, je vais vous confier le récit d’un ami, qui un jour a décidé de changer son destin pour une vie meilleure. Un témoignage touchant parmi tant d’autres, qui nous invite à prendre du recul sur notre propre vie, et de comprendre les enjeux sociaux-politiques qui s’en dégagent.                                 Il s’appelle Daby, il a 16 ans, et se résout à  prendre sa vie en main dans l’espoir d’avoir le choix d’un avenir encourageant.

C’était un jeune Malien que l’on surnommait le Petit Lion.                                                                    Dès son enfance, il a vécu des moments difficiles. Son père l’avait abandonné, et dans la famille, personne ne s’occupait de lui, hormis sa mère. Le Petit Lion n’avait pas eu la chance d’aller à l’école comme les autres enfants de la famille. Chaque matin, il se levait pour aider son oncle au marché. C’était la seule personne qui prenait soin de lui. Il lui achetait des vêtements et, s’il tombait malade, son oncle le soignait. C’est pour cela qu’il l’aimait comme un père, car sans lui sa mère n’aurait pas pu s’occuper de son petit lionceau.
        Un jour pourtant, le Petit Lion se demandait comment il pourrait échapper à un destin au travail ardu, pour finalement gagner trois sous ?  Le matin venu, le Petit Lion partait au marché avec son oncle, et profitait de cet instant pour partager son projet. Quitter le Mali pour avoir le choix de mener une meilleure vie en France, voilà quel était le rêve du Petit Lion. Son oncle acceptait alors de lui financer son parcours, pour lui offrir la chance de choisir la vie qu’il souhaitait mener.

Confié à un homme, son voyage commençait. 

Trajet parcouru entre le Mali et la France

      Il débutait ce long périple par traverser le Mali pour rejoindre le nord du pays. Arrivé à la frontière du territoire, il rejoignait un groupe où des passeurs les attendaient. La prochaine étape était de traverser le désert du Sahara pour rejoindre le Nord de l’Algérie. Sur leur chemin, des bandits armés ont attaqué le groupe du Petit Lion pour les obliger à donner leur argent sous peine d’être torturés et abandonnés dans le désert pour y mourir.

       Puis, le jour où le Petit Lion est arrivé en Algérie  les vrais problèmes ont commencé. Il comprit ce jour-là que le racisme existait. Là où il passait, les gens se pinçaient le nez comme s’il sentait mauvais. Certaines personnes attaquaient les clandestins en pleine journée, et personne n’intervenait, comme si cela était normal. Epuisées, les femmes en route pour l’Europe, subissaient des viols, sans pouvoir se défendre. Malgré toutes ces difficultés, le Petit Lion et son groupe ont continué leur chemin jusqu’à la frontière entre l’Algérie et le Maroc.                                  Au Maroc ce fut une autre histoire, les clandestins vivaient dans la forêt. Et le Petit Lion rencontrait beaucoup d’ethnies africaines. Durant son premier jour dans cette forêt, il était parti chez un passeur pour payer sa place au ghetto. Il pouvait ainsi avoir une couverture et un endroit où dormir pour la nuit, sous une tente en plastique. Souvent, il se levait tôt pour plier ses affaires et monter jusqu’en haut de la colline, car les policiers et les gendarmes venaient chasser les clandestins, détruire leurs tentes et tout brûler avant de les rapatrier vers les frontières. Des personnes ont vécu dans ces conditions pendant deux à trois ans. La vie en forêt était pire que l’enfer…                                                                                                                                                     Un soir, le passeur l’avait prévenu de préparer ses affaires. Le Petit Lion était content car était arrivé le moment de la grande traversée. Cependant, il avait très peur, car il n’y avait que deux issues : la réussite ou la mort. À la nuit tombée, un camion était alors venu les chercher pour emmener le groupe au bord de la mer. Embarqués sur un zodiac, il y avait un capitaine et un homme qui tenait la boussole. Tout le monde était effrayé et l’odeur de l’essence en faisait vomir quelques-uns. Ils passèrent 14 heures sans manger, ni boire. La mort était sous leurs yeux. Le Petit Lion était désespéré. Il pensait à sa mère et son oncle. Soudain, un avion survola leur flotte. Le Petit Lion et ses compagnons crièrent à l’aide, et quelques temps plus tard un bateau Espagnol apparut. Le Petit Lion était tellement heureux. L’espoir revenait en lui. Une fois monté à bords, le Petit Lion sut que sa vie allait changer.   

         L’homme avec qui il fit le parcours, l’emmena dans sa famille où il resta quelques jours, avant de reprendre le chemin vers ses rêves. Ses premiers jours en France le réjouissaient. Il remarquait beaucoup de choses, il voyait partout de belles maisons. Sa tête était toujours levée, c’était la première fois pour lui qu’il voyait des buildings. Les métros, les TGV et les rues étaient bondées et il y avait de beaux jardins. Le Petit Lion était dans un autre monde, si différent de chez lui.                                                                                                                                                       Il n’avait pas de famille en France. Il partait donc se présenter, dans une association qui aide les Petits Lions comme lui. Dès son arrivée sur ce nouveau continent, il a reçu beaucoup d’aides. Aussi, le Petit Lion fit beaucoup de progrès. Il savait maintenant lire et écrire en français. Lorsqu’il est arrivé en France, il a compris que c’était un pays différent du sien. Un pays de droits et d’égalité. Malgré tout, la réalité est souvent bien différente de ce que l’on peut imaginer. Le petit lion pensait qu’arriver en France tout serait facile, ce qui était loin d’être le cas. En effet, les Petits Lions ne peuvent pas rester sur le territoire sans titre de séjour. Il comprenait également que la France est un pays où l’on respecte les lois. Personne n’est au-dessus d’elles. Depuis son arrivée, il n’avait pas non plus subi le racisme comme dans les pays qu’il a pu traverser. D’ailleurs il avait appris que dans son nouveau pays, le racisme était puni. 

     Une nuit, alors qu’il regardait les étoiles, le Petit Lion songeait à tous ceux qui n’avaient pas réussi leur voyage. Il réalisa qu’il avait beaucoup de chance. Nombreux ayant emprunté le même chemin n’avaient pas atteint leur rêve. Il comprenait alors que pour résoudre ses problèmes, il avait risqué sa vie. Mais maintenant qu’il était dans son pays adoptif, le Petit Lion était déterminé à se batir une nouvelle vie.

« Tout être humain doit faire preuve de courage. Que ce soit au Mali, en France ou dans un autre pays, le courage et le travail payent toujours. »

-Daby

Sarah Barrier – DNMADE14Jo – Déc. 2021