« Divagation sentimentale » une exposition pour bouger

« Divagation sentimentale » est une exposition née de la réunion d’un artiste et d’un agriculteur, c’est au cœur de la Puisaye, dans la ferme familiale des Metz que vous pourrez effectuer cette balade forestière et culturelle. Vous vous promènerez sur un chemin en forêt le long duquel vous pourrez voir les œuvres de Pierre Marty et de la nature elle-même. En effet vous pourrez notamment y voir un chêne centenaire ayant résisté à la foudre, ou encore une allée de trognes (arbre taillé périodiquement à la même hauteur pour produire durablement du bois, voir photos).

Pour commencer, voici une présentation de Pierre Marty et le Hugues Barrey (agriculteur).

Pierre Marty est un artiste travaillant le bois brulé depuis l’incendie de sa maison ne 2017, il a d’abord commencé par donner une seconde vie à la charpente calcinée de sa maison.

Hugues Barrey est un paysan, éleveur, travaillant dans la ferme des Metz (Yonne), propriété familiale depuis plus de 2 siècles.

C’est une promenade dans le bocage poyaudin rythmée d’œuvres et d’arbres remarquables que vous propose cette exposition, que nous allons vous détailler.

Dès votre arrivée dans le cour des Metz vous serez accueilli par cette trogne avec ses cheveux qui dansent avec le vent.

En vous retournant vous verrez sur la façade de la grange l’immense soleil noir.

A partir de la commence le voyage en forêt débutant par une grande « allée » où se dresse à intervalles réguliers des piliers surmontés d’une branche noire et or.

A mi-chemin du parcours se trouve un étang qui il y a peu était sec, des arbres poussaient au fond, désormais trône au milieu de l’eau un grand buché.

Devant cet étang vous pourrez voir le chêne foudroyé toujours debout malgré l’immense cicatrice partant de son sommet jusqu’à son pied, témoin de ce qui lui est arrivé. Cicatrice que Pierre Marty et Hugues Barrey ont décidé de peindre en noir et or.

Pour le retour vous passerez dans un chemin creux, bordé de trognes ou vous pourrez entendre à chaque passage un poème s’élevant de ces arbres remarquables.

Pour finir vous vous rendrez dans l’ancien manège ou vous pourrez voir une forêt de branches calcinées, et pourrez par la même occasion discuter avec l’artiste.

Nathanael C. – DNMADe1 Ho – Octobre 2022

 « Helianthus annuus »

Ou les tournesols…

Si vous avez entendu parler de soupe à la tomate sur des tournesols c’est que les activistes de « Just stop oil » ont réussi leur mission. Et oui ! Pour rappel, ce 14 octobre dernier, deux jeunes femme se sont introduites dans la National Gallery de Londres et ont aspergé de soupe à la tomate une œuvre de Van Gogh :

Vase avec quatorze tournesols

Vase avec quatorze tournesols, Van Gogh, National Gallery, Londre

Petit récap’ de l’œuvre d’ont il est question aujourd’hui. Van Gogh peint cette toile avec 5 autres qu’il présente comme une série. L’amour que l’artiste porte aux tournesols lui vient de ses études du baroque flamand à Anvers. De ses Tournesols ressort une impression de vivant : certains ont cru reconnaître des yeux, une bouche, une barbe. De plus, les fleurs sont peintes à différents stades de leurs évolutions : bourgeon, ouvert, fané. On remarque aussi l’exploitation des couleurs orangées qui rappellent le soleil. L’artiste a même affirmé que cela permettait d’habiller de lumière l’hiver. Ainsi, au sein de ses tableaux, il représente la vie, la nature ainsi que le soleil.

Mais alors… Pourquoi s’attaquer à d’innocentes toiles ?!

« Qu’est-ce qui a le plus de valeur, l’art ou la vie ? »

Cette phrase résume parfaitement ce geste. Et oui ! Si tout le monde est mort à quoi ça sert d’avoir des œuvres à plusieurs milliers d’euros ? C’est suite à la déclaration de la première ministre britannique, Liz Truss, qui a laissé entendre que l’extraction de gaz par fracturation hydraulique pourrait être autorisée que le groupe just stop oil a décider d’intervenir. Just Stop Oil c’est un groupe militant pour le climat au Royaume-Uni qui utilise la désobéissance civile dans le but de s’assurer que le gouvernement britannique s’engage à arrêter les nouvelles licences et la production d’énergie fossile. Viser le tableau de Van Gogh qui représente la nature et donc la vie n’est pas un hasard !

Logo du mouvement JUST STOP OIL

Le groupe est créé en février 2022 et l’attaque dees tournesols de Van Gogh n’est pas la première action de cette coalition militante ! Beaucoup d’autres ont eu lieu ce mois d’octobre mais n’ont pas fait de bruit. Par exemple deux d’entres eux ont escaladé un pont autoroutier au-dessus de la Tamise, près de Londres, provoquant d’importants embouteillages ! D’autres actions on été menées et pourtant… En avez vous entendu parler ?! Le monde a retenu son souffle pour de la peinture craquelée, protégée par une vitre en verre ( les militants étaient au courant). Pourtant personne ne se souvient de cet individu défendant la même cause et qui s’est attaché à un poteau durant un match de foot en février dernier ! Comment se fait il qu’on lève plus de fonds pour la reconstruction de Notre Dame que pour la lutte contre le cancer ? Peut être que l’art a un prix potentiellement plus élevé que la vie ? A méditer…

En cette saison automnale, les actions se multiplient. Le 23 octobre c’est la statue du Roi d’Angleterre qui a été « attaquée » par une tarte à la crème. Le choix d’utiliser de la nourriture fait réagir mais surtout la manière de communiquer de Just Stop Oil (bien que cela semble être la seule qui fait du mouvement.) Malheureusement, la plupart du temps on retiendra uniquement deux personnes en colère, hors de contrôle, ont hurlé et saccagé le patrimoine culturel.

Pourtant ce n’est pas si simple! On peut avoir le plus beau des messages à faire passer, si le messager est mauvais jamais celui-ci ne passera . Les activistes semblent avoir trouvé une méthode qui fait « parler » . La société n’est elle pas encore prête pour ouvrir les yeux ? La colère est plus ou moins puissante que la diplomatie ?

Que pensez-vous de ces actions… L’espace commentaire est là pour ça 🙂

Eve.B DNMADE 2 horlo – Octobre 22

Shocking ! ou comment transcender la Haute Couture

Retour sur l’exposition au MAD qui fait honneur à une des créatrices de génie du XXème dont on ne fait pas assez l’éloge aujourd’hui.

Les croquis de la créatrice issus de la donation de l’UFAC.


  Pour beaucoup, la créatrice de renom du XXème siècle est sans hésitation Coco Chanel, celle-ci a révolutionné et allégé la garde-robe féminine et elle marque les mémoires encore aujourd’hui. Pourtant, il convient de rendre hommage à sa grande rivale, Elsa Schiaparelli. Née le 10 septembre 1890 et décédée le 13 novembre 1973, cette créatrice de mode au style provocant fonde la maison Schiaparelli en 1927.

Très vite elle se démarque des autres créateurs et s’attire les bonnes critiques de ses contemporains grâce à son regard novateur. Sa première collection “Présentation “ regroupe des chandails ou des sweaters tricotés à la main en trompe l’œil pour imiter des vêtements marins. Elle insère dans cette collection des références à l’Art Déco à l’aide des motifs géométriques inhérents à ce mouvement. Elle présente également des maillots de bains pour femmes une pièce. C’est une des toutes premières créatrices à oser recycler le vestiaire masculin et marin pour élaborer des vêtements de sports pour les femmes, pratiques et esthétiques. Cette entrée dans le cercle très fermé de la Haute Couture ne marque que le début de ses extravagances.

  En effet, Elsa a parfaitement compris comment assurer le succès de sa maison et s’assure d’être toujours bien entourée. C’est la coqueluche des artistes, tous veulent échanger, collaborer avec elle que ce soit pour des portraits et des croquis ou des créations couturières toutes plus osées et extravagantes les unes que les autres. “Travailler avec des artistes a quelque chose d’exaltant” explique celle qui fut une grande amie de Jean Cocteau ou de Salvador Dalì. Dans son réseau figurent également d’autres grands noms tels qu’Alberto Giacometti, Andy Warhol, René Magritte ou encore Pablo Picasso. Sa facétie et son envie de toujours repousser ses limites dans ses créations s’accorde à merveille avec l’esprit touche-à-tout et l’excentricité de ces personnages illustres. Ce mélange fertile entre art et mode lui a valu d’être qualifiée par sa concurrente Coco Chanel d”artiste qui fait des vêtements”.

  Petit à petit, la créatrice chevronnée développe une certaine identité autour de sa marque. Elle mélange des longues coupes noires avec l’aspect pétillant de son célèbre rose Shocking. Elle s’essaie aussi aux parfums. Superstitieuse, les premiers commencent tous par la première lettre de son nom, S, Sans Soucis, Schiap, et bien sûr Shocking. Pour ce dernier, elle collabore avec les ateliers Lesage qui confectionnent des petits bouquets de fleurs, destinés à orner le haut du parfum et c’est le peintre Leonor Fini qui dessine les contours du flacon d’après le buste de l’actrice sulfureuse Mea West. On parle également de la “silhouette Schiaparelli”, reflet de ce que la créatrice considère être la parfaite façon de se vêtir pour une femme. Elle inclue un vêtement sublimé par de nombreux accessoires tels qu’un chapeau, des gants et bien sûr des bijoux . Car ce qui fait véritablement le style de la maison, ce sont ses nombreux petits bijoux et éléments décoratifs dorés qui viennent s’insérer dans ses vêtements. Le parurier derrière la plupart de ces petites créations se nomme Jean Schlumberger. Il fait partie de ces nombreux paruriers qui comme lui travaillent dans l’ombre, éclipsés par la solaire créatrice. 

  L’imagination d’Elsa Schiaparelli est sans bornes. Elle s’inspire et revisite tout, du Printemps de Botticelli, aux inspirations gréco-romaines, en passant par les papillons ou encore le cirque. Elle a l’audace de mélanger pour une collections les figures profanes de l’Antiquité avec des personnages de la Renaissance. Elle s’éloigne des standards de l’époque et innove avec des vêtements en volume, avec lequel on peut dissimuler des objets ou jouer de la musique. En 1939, elle fait sensation malgré le climat politique de l’époque en dissimulant des boîtes à musiques dans ses accessoires, ses broderies évoquant des portées ou ses petites clochettes et tambourins cousus à ses vêtements qui entraînent un doux tintement lorsqu’ils sont mis en mouvement. Avec Dalì elle conçoit une robe homard ou des manteaux et tailleurs avec des poches tiroirs, repoussant ainsi les limites de l’absurde. Pour une de ses collections de 1935, les motifs reprennent un patchwork d’articles lui rendant hommage tandis qu’une de ses dernières collections explorent l’astrologie. Elle n’a pas peur de provoquer et dénoncer, sous son air joyeux, sa collection Comedia Dell’Arte fait sarcastiquement écho à la comédie trompeuse et inquiétante de l’actualité européenne, à la suite des accords de Munich de septembre 1939. 

Un des vestes tiroirs issues de l’imagination d’Elsa Schiaparelli avec la complicité de Salvador Dalì.

  Malheureusement, la maison connaît un déclin à partir de l’après guerre puisqu’a cette période la rigueur vestimentaire devient la norme et elle doit fermer ses portes en 1954. Elle restera pendant des années un mythe jusqu’à ce qu’en 2006, elle soit rachetée par Diego Della Valle, le président de Tod’s. Pour recentrer l’attention sur cette maison déchue, il organise en 2012 l’exposition Schiaparelli-Prada, impossibles conversations au Métropolitain de New York. Petit à petit, la marque reprend des couleurs avec de nouveaux directeurs artistiques qui tentent de la mettre en avant. Mais c’est véritablement en 2019, lorsque Daniel Roseberry devient le directeur artistique de la marque, qu’elle prend son évolution. Il mise sur des collections références au style et aux préférences d’Elsa Schiaparelli pour le plus grand plaisir du public. Les plus grandes célébrités font sensation en portant des vêtements de la marque à l’image de Lady Gaga qui a arboré fièrement une tenue de la maison pour l’investiture de Joe Biden. Aujourd’hui la marque a su renaître de ses cendres pour redevenir une des maisons les plus iconiques et retrouver son label de Haute couture perdu en 1954.

L’iconique robe de la maison Schiaparelli portée par Bella Hadid lors du festival de Cannes 2021.

  Ce que j’ai particulièrement bien aimé dans cette exposition, c’est le début puisque des dessins des ses collections issus de 55 de ses albums et prêtés par l’UFAC viennent tapisser tous les espaces de la salle, et former un tourbillon de formes, styles et couleurs comme pour annoncer la donne dés le début : cette exposition est destinée à satisfaire les yeux de son public et de les faire rêver. Ce qui m’impressionne chez cette créatrice, c’est cette énergie à créer sans cesse et à combiner des vêtements confortables et avant-gardistes pour les femmes avec une fantaisie et une imagination sans borne. Si aujourd’hui cela parait naturel de voir des collaborations entre art et mode, c’était totalement précurseur à l’époque. Voir à nouveau ce style indémodable refaire surface au sein de la Haute couture est une vraie chance et un régal pour les yeux.

 Shocking ! Les mondes surréalistes d’Elsa Schiaparelli jusqu’au 22 janvier 2023 au MAD.

                               

  Anna E. DNMADe2024Jo-octobre 2022

Illusions ou réalités ?

Une exposition itinérante pour (re)découvrir l’hyperréalisme 

Lorsque l’on pense à l’hyperréalisme, notre vision se limite principalement aux Tourists II (1988) et à la Supermarket Lady (1970) de Duane Hanson, des sculptures plus vraies que nature et critiques de la société de consommation de l’époque. Selon sa définition classique, l’hyperréalisme est un courant artistique apparu aux États-Unis à la fin des années 1960, et caractérisé par une interprétation quasi photographique du visible. Il s’est développé en opposition à l’esthétique dominante de l’art abstrait, c’est également de cette façon que ce sont développés le pop art et le photoréalisme. Mais ce serait une erreur de penser que l’hyperréalisme ne se limite qu’à ce concept ou que c’est un mouvement passé d’époque. Bien au contraire, ce mouvement dépasse largement les frontières de la vraisemblance et de la réalité et s’adapte à la société et ses bouleversements.

C’est justement ces possibilités plus vastes qu’on ne le croit que l’exposition « Hyper Réalisme, ceci n’est pas un corps » nous propose d’explorer. Cette exposition itinérante, qui a déjà connu un certain succès à Bilbao, Rotterdam, Liège, Bruxelles et même Cambera a posé récemment ses valises dans le deuxième arrondissement de Lyon et ce pour environ une demi-douzaine de mois. Elle rassemble le travail d’une quarantaine d’artistes hyperréalistes parmi lesquels on retrouve des pionniers et des figures mythiques de ce mouvement tels que George Segal, Berlinde De Bruyckere, Carole A. Feuerman, Maurizio Cattelan, Ron Mueck, Duane Hanson ou encore John DeAndrea mais également des artistes plus récents.

L’exposition débute en confrontant le spectateur avec une femme plus vraie que nature, de dos, la tête appuyée contre le mur et le visage dissimulé par son pull, comme si elle voulait se protéger de la lumière du jour. Est-elle une autre spectatrice en train d’observer une vitrine miniature encastrée dans le mur, est-elle en train de manipuler une installation de l’exposition interactive ? Pas du tout, il s’agit de Caroline (2014), une création de Daniel Firman qui instaure le cadre de l’exposition. En effet tout au long de l’exposition, la disposition spatiale est conçue afin de surprendre au détour d’un angle ou d’un couloir le spectateur avec une œuvre saisissante de réalité de sorte que, l’espace d’un instant, il se croit confronté à une personne réelle, en chair et en os. Le tout ponctué de citations et d’interviews d’artistes qui donnent plus de sens aux œuvres et aux démarches entreprises par les artistes.

L’exposition se divise en six concepts. Si la première partie s’attarde sur les répliques humaines, la deuxième se concentre sur les représentations monochromes, afin de démontrer que l’absence de de couleurs peut renforcer les qualités esthétiques liées à la forme, bien loin d’atténuer l’effet réaliste et permet de donner un certain anonymat et une dimension collective aux sculptures. On découvre ensuite l’intérêt pour les artistes de se focaliser exclusivement sur des parties spécifiques du corps pour gagner en réalisme et véhiculer un message.

Les nageuses de Carole A. Feuerman sont plus vraies que nature, aves les goutelettes d'eaux sculptées à leur surface on a l'impression de voir des épidermes humides.
CAROLE-A.-FEUERMAN-Catalina,1981 et General’s Twin,2009.

 

Les nageuses de Carole A. Feuerman sont plus vraies que nature, aves les goutelettes d’eaux sculptées à leur surface on a l’impression de voir des épidermes humides.

 

« Les détails font la perfection et la perfection n’est pas un détail » LEONARD DE VINCI

   Viennent ensuite des sculptures aux dimensions exagérées : leur format n’est pas anodin, il vient placer l’accent sur des thèmes existentiels et des moments clés de la vie. 

Woman and child de Sam Jinks, 2010.

 

Cette sculpture de taille réduite d’une grande tendresse parvient à capturer la fragilité de la vie grâce au vieillissement du corps de cette grand-mère finement travaillé et la quasi transparence laiteuse de sa peau.

 

 

 

Ensuite l’exposition connait un certain basculement puisque le concept suivant concerne les réalités difformes. Dans cette partie plus contemporaine, les artistes dépassent à l’aide de l’hyperréalisme les frontières du réel. Ils déforment, contorsionnent, décomposent les corps, afin de soulever des questionnements essentiels sur les progrès scientifiques, les possibilités offertes par les outils numériques et les questions éthiques entrainées par ces avancées, dénonçant ainsi la finitude de notre existence souvent niée aujourd’hui.

Evan Penny,Self Stretch, 2012

 

Evan Penny adapte l’hyperréalisme au monde d’aujourd’hui : ses sculptures semblent avoir des proportions exactes seulement pour un angle de vue. Ainsi de face, cette sculpture semble sorties tout droit d’une photo tandis que lorsque le spectateur se déplace, il réalise que le reste de la sculpture est comme écrasé, aplatit, réduisant donc cet « être humain » à un format en 2D.

 

 

« C’est le regardeur qui fait l’œuvre  » MARCEL DUCHAMP

La dernière partie intitulée « Frontières mouvantes » est l’occasion de s’interroger sur la possibilité de se libérer du cadre tridimensionnel et de la sculpture inanimée et figée pour faire perdurer l’hyperréalisme.

J’ai beaucoup apprécié les concepts présentés dans cette exposition et plus particulièrement les derniers qui ont le mérite de dépoussiérer ce mouvement artistique. Les techniques et les matériaux utilisés questionnent tantôt le rythme consumériste de notre société ainsi que la volonté d’améliorer toujours plus l’apparence humaine. Et puis surtout, les illusions créées par ces œuvres occasionnent des impressions et des émotions qui ne sont pas transmissibles par des photographies c’est pourquoi je vous recommande cette exposition qui est un vrai régal pour les yeux.

« Hyper Réalisme, ceci n’est pas un corps », à la Sucrière à Lyon jusqu’au 6 juin 2022.

ETOLINT Anna DNMADeJO1- Février 2022

Et si Newton avait tout faux…

Eh oui, aujourd’hui on va s’attaquer à du lourd. A du très très lourd même. On va parler de pierres qui défient la gravité et de personnes qui en font des œuvres d’arts hors du temps…

Empiler des cailloux, c’est pour ainsi dire, le péché mignon de l’Homme depuis tout temps. Cela a commencé avec la construction de dolmens, tel Stonehenge, et continue de perdurer avec la construction de cairns par quelques randonneurs audacieux aux bords des sentiers de montagne.

Ci-dessus, deux œuvres de l’artiste Michael Grab.

Cependant, certains en ont fait une passion;
à tel point qu’ils ont poussé le niveau à l’extrême, jusqu’à allant défier la gravité. C’est ce que l’on appelle plus communément le « stone balancing » ou le « rock balance », en bref : l’équilibre des pierres.

 

Ci-dessus, une œuvre de l’artiste Adrian Gray à Singapour en 2012.

C’est une pratique encore assez méconnue mais qui commence lentement à se démocratiser à travers les paysages montagneux et aquatiques des quatre coins du monde. Une des premières personnes à avoir pratiqué cette discipline est Adrian Gray, un artiste américain, se qualifiant lui-même de « pionnier de l’art du stone balancing« . L’artiste a en effet commencé sa carrière en créant des œuvres éphémères aux alentours de l’année 2002.

De plus en plus d’adeptes veulent s’y essayer et pour cela rien de plus simple : un beau paysage, des pierres astucieusement choisies et une infinie patience. Beaucoup y voit un aspect philosophique et spirituel. Le fait d’empiler des éléments aussi simplistes que des pierres en luttant contre la gravité pour ne pas que tout s’effondre peut aider au bien-être de certaines personnes appréciant cela.

Ci-contre, une photo de l’US National Park Service alertant sur les dangers de cette pratique.

Mais cette pratique, se rependant de plus en plus dans le domaine de l’amateurisme, a un côté double-tranchant. En-effet, certaines personnes mal intentionnées effectuent cette pratique de manière répétée, ce qui a pour conséquences la destruction d’abris d’animaux sauvages et la déformation du paysage naturel.

Ci-dessus, une œuvre de l’artiste Sp Ranza.

Il existe néanmoins un championnat mondial  au Texas réservé aux professionnels qui impose aux participants d’ériger leurs œuvres dans un endroit naturel n’interférant pas ou très peu sur la faune et la flore locale. L’usage de colles ou de matériaux adhésifs est totalement proscrit, seule la « gravity glue » (la gravité dite collante) est autorisée. Le champion d’Europe de ce concours n’est autre qu’un artiste français se présentant sous le pseudonyme de Sp Ranza.

Et vous? Ne vous laisseriez-vous pas tenté par le stone balancing dans un environnement calme, propice à cette activité en luttant avec ferveurs contre la gravité que nous a démontré Newton…?

Mes sources:
https://parismatch.be/actualites/environnement/164408/pourquoi-le-stone-stacking-est-mauvais-pour-lenvironnement
https://www.stonebalancing.com/about-my-art/
– https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/restauration-hotellerie-sports-loisirs/le-stone-balancing-ou-l-art-de-faire-tenir-des-pierres-en-equilibre_3620819.html
– https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quilibre_de_pierres
– https://thereaderwiki.com/en/Adrian_Gray_(artist)

Arthur WEGBECHER – DNMADE 14 – Janvier 2022

Les oiseaux, grands critiques d’art !

Aujourd’hui tout le monde apprécie les oiseaux. Et surtout, tout le monde apprécie l’art. Et si on mettait les deux ensemble ?

C’est en partant de ce principe un peu farfelu que l’idée de peindre des fresques géantes pouvant être vues du ciel est venue à l’artiste français Saype.
Mais ce qui fait que cet artiste est unique en son genre, c’est sa capacité à peindre des personnages sur l’herbe tout en défendant des causes bien concrètes.


Ce pionnier d’un nouveau type d’art, mélange entre du street art et du land art, peint sur l’herbe grâce à une peinture totalement biodégradable. Il se considère d’ailleurs lui-même comme « pionnier d’un nouveau mouvement qui est la peinture biodégradable sur herbe« .

Le nom de Saype vient de la contraction des mots Say Peace, nom avec lequel il signait ses divers graffitis et tags dans les villes au début de sa carrière.
En 2013, il commence à s’intéresser à faire une peinture biodégradable. Il passe un an à concevoir sa propre peinture totalement naturelle et c’est à partir de là qu’il réalisera à l’aide de quelques amis deux ans plus tard une gigantesque fresque sur herbe nommée l’Amour de 1400m².

L’Amour, fresque de 1400m², est un véritable défi tant physique que technique pour Saype. Il exprime « l’humilité » de l’Homme face à Dame Nature. Peinture éphémère faite au Col des Aravis, Haute-Savoie, 2015.

 

L’artiste aime travailler dans la nature, mais aussi la défendre.
Chacune de ses œuvres milite pour une cause liée à l’environnement dans lequel elle se situe. Saype a pour règle d’or « d‘impacter les mentalités sans impacter la nature« .

Il est animé par le fait de s’affranchir du monde clos des galeries et de pouvoir travailler en plein air. « Cela me donne une infinité de possibilités, déclare-t-il, c’est ça qui m’éclate dans mon travail« .

Ses œuvres ont une durée de vie d’environ un mois. Sa peinture ne craint pas vraiment la pluie mais évolue au fil des intempéries, de la repousse de l’herbe et du passage des visiteurs.

Toutes ses œuvres relèvent des questions existentielles et philosophiques, explorant le plus souvent des problématiques autour de l’être humain. L’artiste partage sa vision du monde à travers son travail et nous invite à nous interroger sur notre nature profonde, notre place sur Terre et dans la société.

Qu’est ce qu’un grand homme? est la plus grande fresque biodégradable sur herbe du monde, s’étendant sur 10 000m² et faite dans les Alpes suisses à Leysin en 2016.

 

L’artiste s’engage socialement en 2018 en créant Message from future, une « petite » fille de 5 000m² en plein cœur de Genève en soutient à l’association SOS Méditerranée.


Depuis, Saype a développé un projet appelé Beyond Walls à but pacifique en créant plusieurs œuvres à travers le monde.  Le 1 décembre 2021, il crée All of us de 2 800m² sur la plage de Miami Beach, pour lutter contre le sida.
« En cette journée mondiale de lutte contre le sida, c’est le bon moment pour partager des messages d’espoir optimistes et aider l’association caritative (RED) luttant contre le sida. »

Saype est donc un artiste international engagé qui, grâce à ses œuvres, veut entretenir l’environnement à sa juste valeur et la paix à travers le monde.
On peut donc se demander si une œuvre éphémère dans la nature bouscule plus les mentalités qu’une œuvre permanente dans une grande galerie d’art ?

Mes sources:
https://www.saype-artiste.com/
https://www.bfmtv.com/replay-emissions/les-chroniques-de-l-ete/moi-je-saype-land-artiste-31-07_VN-202007310133.html

Arthur WEGBECHER – DNMADE 14 – Décembre 2021

Le Monument Invisible

La curiosité vous attire ! Comment un monument peut-il être invisible ? Je vais vous le faire découvrir dans cet article conteur d’histoire et de souvenirs alors installez-vous près de la cheminée et laissez-vous porter par votre imagination.

Petit et encore aujourd’hui la période de Noël enchante nos esprits de sa magie créée par la neige, le sapin lumineux et les cadeaux, mais surtout et avant tout par ce gros bonhomme en rouge et blanc poussé par des rennes sur son traîneau, le Père Noël. Une histoire qui nous faisait attendre le mois de décembre avec impatience, mais qui cependant instaure le mystère avec ce personnage qui par sa discrétion n’a jamais été visible.

Alors comment et pourquoi croyons nous au Père Noël ? Demandez à vos parents, aux livres, aux films…

En effet nous ne pouvons croire en lui que par les histoires qu’on nous raconte, alors croirez vous en moi si je vous dis que se trouve dans le quartier de Schlossplatz à Sarrebrück un monument que l’on ne voit pas.

À la manière du père Noël qui rentrait clandestinement dans les maisons pour déposer des cadeaux au pied du sapin, Jochen Gerz a clandestinement scellé progressivement les pavés de la place pour rendre hommage aux disparus juifs victime de la Shoah…

Qui est Jochen Gerz ?

Jochen Gerz est un artiste conceptuel d’origine allemande, né à Berlin en 1940. Il mène l’essentiel de sa carrière artistique à Paris avant de s’installer en 2008 en Irlande. Ses travaux ne relèvent jamais d’une seule discipline artistique. Ils doivent d’abord être compris comme des œuvres in-situ où sont utilisés différents médias : Écriture, photographie, vidéo, installation, mais également performance. Ses anti-monuments et son œuvre sur la mémoire l’ont fait connaître au-delà du milieu de l’art.

« Quand je pense à l’art, je ne pense pas à l’idée de faire quelque chose. Tôt ou tard, je pense à être. Pour moi, l’art reste lié à son origine, être. C’est aussi la manifestation la plus radicale du non-dit que l’on puisse produire « .

Un Monument Pas Aussi Invisible qu’on ne le Pense

Le monument invisible, aussi appelé 2 146 Pierres, un monument contre le racisme, est une intervention faisant appel à la sculpture de Jochen Gerz.

1 an après la chute du mur de Berlin. Le pays est réunifié et la chute du mur entraîne une prise de conscience plus intense des événements passés. En avril 1990, l’ensemble des 66 communautés juives d’Allemagne (et de la RDA de l’époque) ont été invitées à mettre à disposition les noms de leurs cimetières. Jochen Gerz entreprend clandestinement, avec l’aide de ses étudiants de l’École des Beaux-Arts, de desceller progressivement les pavés de la place devant le château de Sarrebrück, ancien quartier général de la Gestapo. Sur chaque pavé, il inscrit le nom d’un cimetière juif d’Allemagne et la date de cette inscription pour le remettre en place, face gravée tournée vers le sol. Le nombre des cimetières donnés par les communautés juives s’élevait à l’automne 1992 à 2146. Cela a donné le nom au mémorial 2146 pavés.

L’œuvre a été inaugurée à Sarrebrück en mars 1993 par une exposition photographique retraçant les étapes de la réalisation du projet. Le 23 mai 1993, la place du château est officiellement baptisée Place du Monument Invisible. Ce sera le seul indice visible d’un lieu qu’on arpente sans repère.

Une Œuvre Conceptuelle

Il ne s’agit pas d’une œuvre comme les autres. D’une part, c’est une œuvre invisible, on ne la connaît que si on nous l’a raconté, car elle est cachée. C’est une œuvre conceptuelle. Le spectateur déambule donc sur l’œuvre elle-même et s’interroge sur ce qui se cache sous ses pieds. D’autre part, c’est une œuvre qui est une installation In Situ, c’est-à-dire installée non pas dans un musée, mais dans un lieu extérieur et choisi volontairement par l’artiste dans le but de créer du sens.

L’artiste détourne ici l’intention commémorative initiale et le caractère habituellement démonstratif du monument. Il crée ainsi une œuvre forte et discrète à la fois, dont le sens et la forme évoquent le silence de la population locale face aux déportations. L’artiste mobilise donc une nouvelle forme de commémoration qu’il développe sous la forme d’anti-monuments qui symbolisent l’enfouissement de souvenir de ces événements tragiques dans nos mémoires.

Si un jour vous avez l’occasion d’aller ou de retourner sur cette incroyable place, imaginez-vous arpenter une longue vallée de centaines de petits monuments pour vous laisser porter au cœur de l’espace, du calme, de la compassion et des souvenirs qu’offre Jochen Gerz à travers son œuvre.

Je vous remercie de l’attention portée à cet article, n’oubliez pas de laisser un commentaire.

Amélie T. – DNMADe23Jo – Décembre 2021

Un artiste qui ne manque pas d’air !

Salvatore Garau secoue le monde de l’art avec des œuvres… invisibles !

 

C’est en 2020, à la Piazza Scala de Milan, que sont exposées pour la première fois les Invisibles Sculptures de l’artiste italien Salvatore Garau. Ces sculptures sont d’autant plus étonnantes qu’elles ont été créées à partir de… rien et de vide ! Le monde de l’art s’émoustille alors pour ces œuvres façonnées dans le néant, à tel point qu’à Milan en Mai 2021, un chanceux collectionneur privé réussit à obtenir une de ces raretés intitulées « Io sono » (traduction : Je suis) pour la modique somme de 15 000 $. Bien qu’impalpable, la pièce unique se voit livrée, accompagnée d’un certificat d’authenticité en bonne et due forme sur lequel sont apposés les schémas détaillés et des instructions très précises pour la bonne présentation de l’objet. Des éléments qui, sans le moindre doute, rassureront l’acquéreur lors de sa future exposition.

Mais la question que l’on se pose est « que représente-elle ? ». L’artiste répond : « Io sono est le portrait de quiconque prononce ou pense au titre devant l’espace vide. La liberté d’interprétation est totale. Qu’elle serve à se penser autrement, en s’abstrayant de tout et surtout des images ». Néanmoins il affirme : « Ne rien voir rend fou. S’il est mal interprété, le vide crée des angoisses ».

Si le vide crée des angoisses, alors les presque 6 mois de travaux, durée qu’a mis l’imaginaire de Salvatore Garau à être sculpté, sont justifiés ! Mais l’artiste rassure, son œuvre est chargée d’intentions car elle cherche à faire ressentir aux gens « la proximité des amours et l’énergie sentimentale qui peut exister dans les pensées, dans les moments de distanciation sociale, dans le monde à cause du Covid19 ». Le travail de Garau vise également à être un défi à l’œuvre numérique NFT qui, selon lui, « provoque une forte pollution, une surconsommation d’énergie et fait, paradoxalement, allusion au culte des restes qui les considère comme sacrés quelle que soit leur nature réelle ».

Quand l’invisibilité bouleverse les droits d’auteur 

Formé à l’Académie des beaux-arts de Florence et récemment connu pour ses œuvres dépassant l’entendement, Salvatore devra tout de même faire face à une rivalité bien visible. Depuis quelques semaines, l’originalité de la performance de l’artiste est remise en question, l’italien se voit pris dans un tourbillon médiatique mais cette fois, pas fait que de vent : Un sculpteur américain, Tom Miller l’accuse de plagiat pour son oeuvre « Io sono » estimant que cette oeuvre est belle et bien une contrefaçon de sa sculpture invisible « Nothing » exposée en 2016 à Gainesville aux États Unis. L’élaboration de l’œuvre de Tom Miller avait fait l’objet d’un court documentaire fictif représentant la construction de la sculpture invisible par des constructeurs mimant l’installation de bloc d’air… Cette actualité soulève alors la très grande question pas moins intéressante de la protection des performances d’art contemporain et a fortiori celles invisibles ! 

Plagiat ou pas, ce qui est sûr c’est que ces œuvres ne risquent pas d’être volées, pas pour leur côté « air de rien », mais on imagine bien qu’un nouveau « titre devant l’espace vide » pourrait les faire changer de place comme par enchantement. Alors, bonne chance les !

Emma Y.V. – DNMADe23JO – Déc 21

Saisir l’Instant

Pour ce dernier article de l’année, j’aimerai vous présenter un photographe que j’affectionne tout particulièrement. Steve McCurry né en 1950 dans l’état de Pennsylvanie aux Etats Unis, passionné par la photographie et tout particulièrement les portraits, il commença sa carrière de photographe indépendant à l’âge de 28 ans lors d’une expédition en Inde. Ses clichés dynamiques et amplis de couleurs, contrastent particulièrement avec la dureté des conditions en zone de guerre où il a pris ses clichés les plus connus.

Les différents portraits qu’il a capturés autour du monde documentent sur les luttes humaines et sont assez spectaculaires. A travers un simple cliché, il arrive à faire ressortir le caractère et le vécu de ses modèles, parfois teinté d’une lourde histoire. Un de ses clichés le plus connu est « l’Afghane aux yeux verts », immortalisé en 1984 en période de guerre dans le camps de réfugiés de Nasir Bagh, situé au nord du Pakistan. Cependant même si cette photographie mériterait plus d’un article, je souhaiterai vous en présenter deux autres.    

Ce portait nommé « Smoking Coal Miner » a été immortalisé à Pol-e Khomri en Afghanistan en 2002, dessus, on y voit un mineur de charbon fumant une cigarette. Quelque chose de très fort se dégage de ce cliché. La façon dont a été pris la photo montre les conditions précaires de ces mineurs et les répercutions sur le corps humain, ce qui marque le plus sur ce portait se trouve dans le regard que porte le sujet, le contraste entre les conditions difficiles qui mettent son corps et son esprit à l’épreuve, ce regard rempli de fierté et d’assurance, donne un sentiment si particulier à ce portrait.

 

Cette deuxième photographie nommée « Man with sewing machine in monsoon  » a été prise lors d’une inondation en Inde en 1984, sur cette photo montrant un vieil homme, l’eau jusqu’au cou, portant sur sont épaule une machine à coudre endommagée par une inondation, sa machine à coudre, peut-être son bien le plus précieux, sans laquelle il n’a sûrement plus de revenu, pourtant, il arbore sur son visage un grand sourire, cet homme malgré sa situation, à l’air tout à fait heureux.

Je n’ai pu malheureusement vous présenter qu’une infime partie du travail de cet artiste, je vous invite donc si ces photographies vous ont plu, à vous renseigner sur ses autres œuvres, et pour ce qui on la chance d’être en ce moment en région parisienne, il y a une exposition temporaire nommée « Le Monde de Steve McCurry » jusqu’au 29 mai 2022 au musée Maillol à Paris.

Mathieu M. – DNMADe23Ho – Déc. 21

À table !

« Le changement, ce n’est pas se débarrasser de quelques individus comme Weinstein, mais changer le système. »

L’artiste américaine Judy Chicago, de son vrai nom Judy Cohen, naît le 20 juillet 1939 à Chicago.

Tout au long de sa carrière, Judy Chicago s’implique dans des expositions à thème, qui se révèlent la plupart du temps résolument féministes. Elle est déterminée à mettre la thématique et l’iconographie de l’univers féminin au sein du monde de l’art, un monde qui a toujours été dominé par des hommes, qu’ils soient artistes ou historiens de l’art.

 

 À la différence de beaucoup de créatrices, elle n’est pas dans le récit autobiographique, pas plus que dans la performance ou le body art. Elle agit plutôt en chercheuse, traquant les angles morts de l’Histoire. Judy consacre cinq ans à son projet le plus célèbre, The Dinner Party, exposé en 1979 au Brooklyn Museum à New York.

« J’ai tout perdu dans cette histoire, soupire-t- elle, mon atelier, mon équipe, mon mariage… »

 

« The Dinner Party » (1974-1979) est une œuvre d’art monumentale à laquelle ont contribué des centaines de femmes et qui emploie de nombreuses techniques, y compris la céramique, la peinture en porcelaine, et un éventail de techniques d’aiguille et de fibre, pour honorer l’histoire des femmes dans la civilisation occidentale. Le résultat est une grande table triangulaire qui réunit 39 femmes célèbres autour d’un dîner imaginaire.

Lorsque Judy Chicago a commencé à penser à The Dinner Party à la fin des années 1960, il n’y avait pas de programmes d’études pour les femmes, pas de cours d’histoire pour les femmes, pas de séminaires pour enseigner le principe féminin dans la religion, et presque aucune femme à la tête des églises. Il n’y avait pas d’expositions, de livres ou de cours sur les femmes dans l’art. Pas une seule femme n’est apparue dans le manuel d’histoire de l’art standard de H.W. Janson. Il n’y avait pas de biographie en anglais de Frida Kahlo ; la musique de Hildegarde de Bingen n’avait pas été entendue depuis des siècles.

C’était plus que de l’information, c’était un défi majeur pour la tradition académique et artistique que le sujet des réalisations des femmes était adéquat pour une œuvre d’art monumentale. Développer ce sujet, l’exprimer traditionnellement, c’est-à-dire sur une échelle héroïque, dans des médias considérés comme inférieurs à la norme des beaux-arts, en travaillant ouvertement avec des dizaines de participants aux ateliers et en reconnaissant leur rôle dans la production artistique, de toutes ces façons, Judy Chicago a défié la tradition et les frontières habituelles du monde de l’art contemporain.

Mise en scène :

L’installation prend la forme d’une structure triangulaire surélevée, dont chaque arête (ou table) mesure 14,63 mètres de long. Chaque table comporte 13 plaques, soit un total de 39 couverts. Les trois sections symbolisent trois périodes différentes de l’histoire et affiche les noms de figures connues. Dans l’ordre chronologique, on retrouve des invitées telles que Hatchepsout, Hildegard of Bingen, Artemisia Gentileschi, Georgia O’Keeffe, Mary Wollstonecraft et Virginia Woolf. Le premier segment rend hommage aux femmes depuis l’ère préhistorique à l’Empire romain, le second aux femmes du début du christianisme à la Réforme, et le troisième aux femmes de la Révolution américaine à l’impact du féminisme.

Chaque invitée a un set brodé avec son nom, ou un symbole en lien avec ses accomplissements. Pour les assiettes, Chicago s’est inspirée de motifs de papillons et de fleurs, pour créer des motifs rappelant l’organe génital féminin. Chaque assiette a été créée dans un style différent, en fonction de la personne qui lui était associée.

 

La forme triangulaire tient une importance capitale dans l’œuvre car elle a longtemps été un symbole pour la femme. Le nombre 13 fait référence au nombre de personnes assistant à la communion, une comparaison primordiale pour Chicago, car les invités n’étaient que des hommes.

Comme toute œuvre d’art engagée, le dîner a suscité des réactions mitigées. Quand certains ont été captivés, d’autres l’ont vivement critiqué, utilisant les termes « kitsch », « vulgaire » et « exclusif ». La critique d’art Roberta Smith a souligné que « sa signification historique et sociale était supérieure à sa valeur esthétique ».

 

En réponse, Chicago a souligné que beaucoup de femmes d’origines différentes étaient représentées sur le sol en céramique et que le fait de se concentrer uniquement sur la table revenait à « simplifier l’œuvre à l’extrême et ignorer les standards que mon équipe et moi avons établis, ainsi que les limites auxquelles nous avons fait face ».

 

L’œuvre est encore un sujet de discussion aujourd’hui, mais malgré des lacunes évidentes, elle est décrite par le Brooklyn Museum comme une œuvre importante et emblématique qui a amorcé l’art féministe des années 1970 et du futur. 

Emma Y.V. – DNMADe2JO – Oct. 21

Cueille-moi et je te sauverais…

La pandémie de la Covid-19 a entraîné quelques confinements qui ont fait plus de victimes qu’on ne le pense. On a pu constater que durant cette période les violences intrafamiliales et plus particulièrement les violences conjugales ont augmenté de 30 %.

C’est pour cela que je décide de vous faire part d’une campagne de sensibilisation poignante distribuée par Union, une agence de publicité, abordant un sujet sensible aux yeux de tous. Une exposition a été créée par deux épiceries de Toronto, s’associant à Interval House, le centre le plus ancien du Canada engagé auprès des femmes et enfants victimes de violence. Il s’agit d’une campagne innovante nommée « Bruised Fruit » soit « Fruit Meurtri », qui sensibilise à la sécurité.

La campagne a mis en place des expositions au Big Carrot et au Unboxed Market, celles-ci sont constituées de pommes meurtries, voire dans un état de décomposition avancé. Vous allez tous vous poser la même question : « Pourquoi des pommes ? ». Cependant, après avoir regardé de plus près, vous verrez que chaque morceau de fruit est muni d’un autocollant révélant un fait relatif à la violence domestique et les coordonnées de la ligne d’assistance téléphonique de crise d’Interval House disponible 24h/24h et 7j/7j.

À première vue, l’affichage du marché ne semble être rien de plus qu’un étalage de pommes mûries, mais chaque fruit meurtri confronte les gens à la vérité « pourrie » de l’abus avec des messages importants tels que « pendant la pandémie, les relations violentes deviennent plus violentes physiquement » ou « l’isolement crée les conditions parfaites pour que les agresseurs exercent un contrôle« .

L’emplacement et le message de ce projet ont été pensés stratégiquement. Durant, des semaines voire des mois, des familles ont été dans l’obligation de vivre constamment ensemble sans se quitter. Pour de nombreuses femmes, le fait d’aller simplement chercher leurs enfants ou se rendre dans une épicerie de proximité était, pour elles, le seul échappatoire aux violences qu’elles ont subi ou subissent encore.

Ces pommes sont loin d’être de simples fruits, elles représentent les femmes victimes de violences conjugales. Un message subtil pour une forte sensibilisation.

« Les femmes sont plus vulnérables que jamais à la violence de leurs partenaires intime ». Paula Del Cid

                   Projet « Bruised Fruit »

Un concept tout en métaphores : ces fruits en heurtant sur le sol, se couvrent d’ « hématomes » et représentent ces nombreuses femmes, mourant à petits feux sous les coups de leurs conjoints. Interval House a porté son choix sur la subtilité, pour faire passer un message urgent. Le hashtag « SignalForHelp » lancé sur les réseaux sociaux en 2020, permettait (et le permet encore) aux femmes de dénoncer leurs bourreaux en vidéo live par un signe discret.

Leurs efforts créatifs ont davantage mis en lumière l’importance de la question de la violence entre partenaires intimes et la façon dont nous devons tous  y prêter attention. Car les femmes en présence de leurs agresseurs constamment au-dessus de leurs épaules  sont incapables de rechercher librement des informations ou obtenir de l’aide. C’est donc pour cela que ce concept a été créé, ces pommes meurtries sont alors un moyen de leur fournir les informations dont elles ont besoin, secrètement et en toute sécurité.

En 2021, une femme sur 10 est toujours victime de violences au sein du couple et une femme décède tous les 3 jours tuée par son conjoint ou ex-conjoint.                     

Face aux violences, libérons la parole et agissons.

Je vous invite donc à découvrir une vidéo à propos de cette campagne ci-dessous :

Et vous alors, qu’en pensez-vous ? 
Faites le moi savoir en commentaire !

Merci pour votre lecture !

Cora Cesar – DNMADE2Jo – Octobre 2021

L’art, une quête de l’autre

La création est un constant renouvellement. Créer, ça n’est jamais partir de rien mais toujours puiser dans l’autre existant pour construire l’inédit. Cet autre, c’est parfois l’ancien, parfois l’ailleurs, et parfois les deux… Le Musée des Arts décoratifs de Paris (MAD) nous en offre cette année un exemple : la haute joaillerie française du début du XXe siècle, désireuse de bousculer l’esthétique vieillissante du XIXe siècle, se tourne vers les harmonies fortes des arts musulmans, toutes de rondeurs, de couleurs vives et de courbes élégantes, pour faire éclore des éléments nouveaux.

L’objectif de l’exposition Cartier et les arts de l’Islam, aux sources de la modernité, actuellement présentée au Musée des arts décoratifs de Paris, est de mettre en lumière les inspirations que la maison Cartier a pu emprunter aux arts de l’Islam. On entend par arts de l’Islam les « productions artistiques produites du milieu du VIIe siècle jusqu’au XIXe siècle dans un territoire où la religion musulmane s’est imposée progressivement comme la religion dominante ou comme celle des élites au pouvoir », comme l’indique un panneau explicatif à l’entrée de l’exposition. L’Islam s’est diffusé au rythme de l’histoire et des conquêtes depuis sa naissance en Arabie au VIIe siècle, et les inspirations exposées proviennent donc d’œuvres issues d’une zone géographique très étendue : de l’Espagne à la Perse et de la Sicile à l’Afrique subsaharienne, jusqu’à l’Asie du Sud-Est.

On suppose dans l’ensemble de ces œuvres des arts de l’Islam une certaine cohérence esthétique, que l’on décèle dans les motifs, les techniques utilisées, les couleurs. C’est de cet art de l’Islam que le début du XXe siècle en Occident, avide de nouveautés, s’est nourri artistiquement pour se réinventer.

A gauche : Nécessaire, Cartier, 1924 / à droite : Coffret, Iran, XIXe siècle

L’exposition explore l’influence directe des motifs islamiques dans l’art décoratif des années 1900-1910, en confrontant explicitement pièces joaillières et éléments décoratifs des arts de l’Islam. En effet, plusieurs expositions conséquentes en Europe, notamment celle de 1903 au même Musée des arts décoratifs de Paris, présentent alors des objets rapportés d’Inde, d’Iran, ou encore d’Égypte ; les collectionneurs se multiplient. Un grand nombre d’objets utilisés comme sources par les créateurs travaillant pour Cartier à l’époque, au premier chef Charles Jacqueau, sont d’ailleurs issus de la collection d’art islamique et de la bibliothèque personnelle de Louis Cartier. Jacques Cartier, quant à lui, organise un voyage en Inde puis à Barheïn afin de rapporter des éléments d’inspiration.

L’exposition propose ainsi trois types d’objets : d’abord, des objets de l’art décoratif islamique provenant des pays cités plus haut : étoffes, bijoux, objets du quotidien, éléments architecturaux, meubles ; d’autre part, un grand nombre de croquis et peintures, réalisés par les dessinateurs Cartier du XXe siècle, destinés à étudier dans le détail les courbes et les formes des objets décoratifs ; enfin, les bijoux et maquettes issus de ces études.

Étude de motifs décoratifs, vers 1910

Les bijoux et objets décoratifs des différentes époques sont mis en valeur par des jeux de clair-obscur et d’ombres, mais aussi par la projection du processus de fabrication des pièces Cartier sur des écrans géants, permettant d’en saisir la structure et les différents détails. Une part spécifique de l’exposition est dédiée aux motifs caractéristiques de l’art islamique ; on découvre et repère des techniques spécifiques (ikat, apprêts, technique de sertissage kundan), et des motifs (fleuron, collier de nuages, tigrures, ocelles, cyprès, feuilles saz, boteh, arabesques) qui, à y bien regarder, sont des formes que l’on retrouve tout au long du XXe siècle et encore aujourd’hui dans les arts décoratifs.

Cartier et les arts de l’Islam est une exposition qui émerveillera les amateurs de haute joaillerie comme les passionnés d’histoire de l’art, mais aussi n’importe quel public sensible à la beauté des décors colorés et à l’éclat des bijoux travaillés avec le plus grand soin. Une exposition qui semble vouloir attiser l’inspiration des créateurs d’aujourd’hui ; et, dans un siècle, on présentera peut-être ce qui deviendra à sa suite une nouvelle vague d’intérêt pour ces bijoux Cartier des années 1910… Et l’histoire de l’art se poursuit.

https://madparis.fr/cartier-et-les-arts-de-l-islam-aux-sources-de-la-modernite-2028

Lucille Gilbert – DNMADe 1 – Octobre 21

Faut-il brûler le Louvre ? La Joconde nous répond !

Faut il brûler le Louvre… C’est la question posée aux artistes en 1919 par la revue d’avant-garde « L’esprit nouveau ». Derrière son masque de provocation elle interroge les artistes sur le passé et les traditions.

Et oui ! Faut il se détacher du passé encombrant et asphyxiant ou le considérer comme inspirant ?  De nombreux illustres artistes comme Courbet, Pissarro, Cézanne, Marinetti ont exprimé leur envie de brûler le Louvre. Une longue liste, à tel point que l’on peut se demander s’il ne s’agit pas d’un mythe destructif, un passage obligé de l’avant-garde, de la même manière que les compositeurs brûlent une de leur partition durant leur jeunesse.

Pour avoir un autre son de cloche, il était tentant de poser cette même question cent ans plus tard aux Streets artistes qui parcourent les rues à coup de bombes de pochoirs et autres outils d’expressions. Ont-ils réussi à rebondir sur les « œuvres anciennes » pour en créer des nouvelles? La réponse est oui. En effet, le street art puise dans un  large répertoire d’image allant de la culture pop à la peinture la plus classique , dont un grand nombre est conservé au Louvre. Notamment la Joconde. Cette peinture d’une femme au regard presque effronté nous en fait voir de toutes les couleurs ! Voici donc une petite compilation des détournements les plus connus de cette œuvre emblématique. Est-ce encore une occasion pour la Joconde de faire parler d’elle ? Evidemment. Suis je jalouse ? Absolument !

Trêve de plaisanterie, attaquons les choses sérieuses. Ci-dessous vous découvrirez l’œuvre de Jo Di Bona. Très coloré et bourrée de clin d’œil à la culture pop, c’est l’exemple parfait pour nous montrer qu’on peut créer quelque chose de très décalé avec un élément classique.

« Chaque artiste a envie de prendre une œuvre capitale comme la Joconde pour en faire sa propre histoire »

Cette phrase de Jo di Bona, street artiste, nous montre qu’il est intéressant de s’inspirer du « vieux » pour créer du « neuf ». 

Jo Di Bona, Peanuts Mona

Mais comment parler de détournement de la Joconde sans parler de celui de Marcel Duchamp ? Le célèbre père du mouvement dada avait pour but de bouleverser les foules, tout le monde connait son urinoir…  Mais l’œuvre qui va nous intéresser vous vous en doutez… C’est celle ci dessous. Je vous conseille de bien lire les lettres en bas du tableau. Très provocateur Marcel Duchamp attire notre attention sur la question du  » genre ». Un fait d’actualité. Comme quoi, parfois, l’ancien influence le nouveau et lui donne des ailes.

L.H.O.O.Q.", une "Joconde" de Marcel Duchamp vendue 631.500 euros chez Sotheby's
LHOOQ, par Marcel Duchamp

Pour continuer dans cette ambiance d’humour potache, passons du constat à la démonstration avec la « Moona Lisa » de Nick Walker.  Son œuvre mi trivial mi érotique fait référence à la Vénus Callipyge , cette célèbre statue antique qui soulève son « péplos » laissant échapper… Sa lune !

Nick Walker | Mona Lisa (2006) | Artsy
Nick Walker, MOOna Lisa

« J’essaie  d’injecter un peu d’humour ou d’ironie dans certaines  peintures, histoire de dérider les murs »

On découvre que Nick Walker se sert de la notoriété d’œuvre antique pour véhiculer ses messages enveloppés dans un humour décalé. 

Toujours dans l’esprit du dadaïsme, nous allons cette fois nous tourner vers la « Pixeleted Mona Lisa with Deconstructured Donald Duck » d’Ozmo. Usant de bombes aérosols et de peinture acrylique, Ozmo nous donne l’impression que la Joconde est en cours d’achèvement d’un point de vu numérique en totale négation avec le travail manuel de l’artiste. Ainsi il remet en question la tradition de la peinture classique. Il interroge les différentes techniques artistiques mais aussi iconographiques en citant deux célèbres icônes diamétralement opposées de notre culture occidentale.

Léonard de Vinci version Art urbain s'expose sur la péniche Fluctuart
Pixeleted Mona Lisa with Deconstructed Donald Duck

 

Pour finir ce petit récit spécial Joconde intéressons-nous à une œuvre du célèbre Banksy.  Celui-ci a pris au pied de la lettre ce qui fait la notoriété de la Joconde, à savoir son sourire. Il « se contente » donc de remplacer le visage de notre star  par un smiley en respectant la technique « sfumato » empruntée à la renaissance italienne.  Ce qui fait l’œuvre ici c’est la performance de Banksy  qui consistait à aller l’accrocher furtivement au Louvre, en 2004. Le concept d’œuvre  d’art urbain se manifeste ici par la provocation, l’humour et la contextualisation de l’œuvre dans ce qui est le temple de l’art.

« il faut investir le Louvre et non pas le brûler! « 

Banksy

Banksy-louvre-monalisa-octobre-2004 - Artistikrezo
Mona Lisa smiley, Banksy

Et vous ? Seriez vous capable de brûler le Louvre  🙂 ?

Eve Biehler – DNMADE1 Jo – Oct 21

Tsang ne fait pas bonne figure !

Parmi toutes ces fois où vous vous êtes perdus sur les réseaux sociaux, vous avez sûrement déjà croisé ce fameux vase ligoté par un dragon. On a l’impression que se vase est totalement mou. Réalisées en argile cuite et pourtant bien rigide, les oeuvres du célèbre Hongkongai Johnson TSANG se démarquent par leur qualité d’exécution, leur minutie, et l’époustouflante représentation dynamique d’une matière souple, liquide ou fragile.

 

              

            A painful pot / Dragon teapot

 

Pour Tsang, qui est né en 1960 à Hong Kong et qui y vit toujours, la sculpture est le langage par lequel il peut communiquer ses observations du monde. Ses sculptures en porcelaine traitent des relations : celles entre les humains et entre les choses qui les entourent. En fin de compte, ses oeuvres parlent d’amour, même si, à première vue, l’objet ne semble pas évoquer ce sujets. Pour Tsang, l’amour est à la base même des émotions également celles qui sont négatives, telle que la peur.

          

Lucid dream II

 

De nombreuses pièces de l’artiste sont d’élégantes représentations surréalistes de la lutte – la tension d’un bol qui se « liquéfie », ses bords éclaboussants, une personne qui retire son visage comme s’il s’agissait d’une chemise, des bébés en uniforme – des pièces qui posent des questions plutôt que d’apporter des réponses. Et pourtant, il y a de la sérénité, aussi, dans les courbes lisses d’un visage, dans la peinture délicate. Tsang accorde une attention particulière à la qualité de son travail, afin de s’assurer qu’une pièce reflète la vision qu’il avait avant de la créer.

 

     

Réalisation « big fish »

 

 

La première exposition solo australienne de Johnson Tsang, Little World, a eu lieu à la galerie Beinart en mai 2019. Cette exposition, inspirée par l’enfant intérieur qui renseigne une grande partie du travail du sculpteur, a poursuivi l’utilisation de l’expression du visage de bébé dans ses nombreuses œuvres antérieures.

         “bReAK tHE ruLeS »

 

    

 

L’artiste hongkongais Johnson Tsang, qui se fait connaître sur les réseaux sociaux, a déjà remporté de nombreux prix pour son travail, notamment le Grand Prix de la Biennale de céramique de Taïwan de 2012, un Prix spécial du concours international de la Biennale internationale de céramique de Gyeonggi en Corée de 2011, et un Prix pour l’excellence de son travail au concours Tea Ware by Hong Kong Potters de 2007, entre autres. Il a également reçu la mention du secrétaire aux affaires intérieures du gouvernement de la région administrative spéciale de Hong Kong en 2009 pour ses réalisations exceptionnelles lors d’événements artistiques internationaux.

Emma YV – DNMADe1 JO – Avril 21

Plongez dans l’infiniment petit

Sous l’objectif du microscope, les choses les plus banales se transforment en un univers totalement inconnu et chatoyant. Voyagez dans l’infiniment petit, grâce au concours photos organisé par Nikon.

Cela fait 46 ans que le Concours Nikon Small World récompense les plus belles oeuvres photographiées à l’aide d’un microscope (les microphotographies). Celles-ci permettent de distinguer des détails invisibles à l’œil nu dévoilant ainsi des photos colorées par fluorescence qui apportent d’incroyables détails d’inflorescences, de solutions chimiques, d’ailes d’insectes ou de cellules neuronales. Les clichés sont jugés sur leur aspect artistique, leur intérêt scientifique et la technique de photographie en microscopie. Voici les gagnants et les meilleures photos.

                    

  • 5th Place – 2016 Photomicrography Competition, Front foot (tarsus) of a male diving beetle, Dr. Igor Siwanowicz
  • 1st Place – 2019 Photomicrography Competition,Fluorescent turtle embryo, Teresa Zgoda

                           

  •  2nd Place – 2019 Photomicrography Competition, Depth-color coded projections of three stentors (single-cell freshwater protozoans), Dr. Igor Siwanowicz
  • 1st Place – 2017 Photomicrography Competition, Immortalized human skin cells (HaCaT keratinocytes) expressing fluorescently tagged keratin, Dr. Bram van den Broek

            

  • 4th Place – 2011 PhotomicrographyCompetition, Intrinsic fluorescence in Lepidozia reptans (liverwort), Dr. Robin Young
  • 5th Place – 2011 PhotomicrographyCompetition, Microchip surface, 3D reconstruction, Alfred Pasieka

Derrière le concours Nikon Small World, il y a un objectif clairement affiché par les organisateurs : montrer au monde à quel point art et science peuvent être proches. Et avec l’évolution des techniques d’imagerie et de microscopie, les clichés proposés sont de plus en plus créatifs.

Emma Y. V. – DNMADe1 Jo – Février 2021

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