Une laine qui a du chien !

Vraiment ? Une laine faite à partir de poils de chiens ?! Hé oui, étonnant mais bien réel ! On parle bien de ces même poils qui nous chatouillent le nez !

Il s’agit des deux designers allemandes Ann Cathrin Schonrock et Franziska Uhl qui ont souhaité trouver une alternative face à la maltraitance animalière tout en recyclant une matière. L’objectif de cette marque est de sensibiliser le grand public à la protection des animaux et de l’environnement.

L’idée est simple : récupérer la laine peignée et tondue des animaux de compagnie par le biais d’un réseau de propriétaires d’animaux privés, de salons de toilettage, d’associations, d’écoles canines, de vétérinaires, pour en faire de la laine tout aussi efficace que celle du mouton.

chaussettes en laine de chien

L’entreprise appelée Modus Intarsia propose ce textile affin de remédier à la maltraitance de l’élevage d’animaux et d’upcycler cette matière, jusque là peut intéressante. Amusant et innovant vous ne trouvez pas ?

pelote de laine de chien

De cette manière, le projet contribue à économiser les ressources. Cette laine peut être mise à la disposition de l’industrie textiles en tant qu’alternative durable et ainsi réduire les importations de matériaux nuisibles au climat.

Les poils de chien de toutes les couleurs sont lavés, traités et teintés pour fabriquer des vêtement jusqu’à « 80% plus chaud que la laine de mouton »

Le saviez-vous ?

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Parlons peu, parlons art, parlons écologie!


« Et c’est à ce moment-là, en le ramassant et en le retournant dans vos mains, que vous avez réalisé que vous aviez là quelque chose de vraiment mortel. Mais c’était quelque chose que vous pouviez démonter, que vous pouviez déconstruire. C’était un matériau que vous pouviez utiliser pour le façonner et en faire une déclaration. »

groupe Ghost Net

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JGM Gallery en Australie « incoming tide »

Plongez au fin fond des océans au travers de merveilles de la nature, d’animaux, de coraux et de plastique!

Ce n’est pas la fin que vous attendiez ? et bien c’est exactement le but recherché au travers des œuvres du groupe d’artistes que je vous propose de découvrir aujourd’hui.

Alors, on parle écologie?



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RAIE AIGLE ORNÉE, 2022
Filet fantôme, corde de plage et cadre métallique
77cm x 87cm x 13cm



Le groupe « Ghost Net » est un collectif qui rassemble des artistes australiens, autochtones dans un travail autour de la faune marine dans une nouvelle exposition : incoming tide (qui signifie marée montante), avec une nouvelle manière d’alerter sur les problèmes écologiques en nous transportant au fin fond des océans à travers l’art et de somptueuses sculptures imposantes, extravagantes et plastifiées !

Leur but ? dénoncer l’un des plus gros problèmes écologiques : LE PLASTIQUE dans les mers et océans, et plus précisément les filets fantômes.

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Les œuvres d’art sont faites à partir de filets de pêche appelés aussi « filets fantômes » qui sont des objets dangereux mais surtout qui sont invisibles au travers des profondeurs océaniques , causant la mort de tellement d’espèces aussi petites que gigantesques.

Cette gamme de déchets dits « fantômes » représenteraient 46% du continent de plastique du Pacifique Nord. Des filets que les pécheurs perdent ou qui, lors d’une pêche illégale, vont être abandonnés volontairement dans les abysses des mer et océans, et qui viennent s’échouer avec les marées montantes sur les plages (d’où le nom de l’exposition).

Les engins fantômes représenteraient 10% de la pollution marine. Ce qui est énorme ! (Greenpeace)

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FRAGMENT DE RIDEAU 1, 2021/2022
Filet fantôme et corde de plage
155cm x 110cm

Des oeuvres qui dénoncent et que je trouve très intéressantes personnellement, par le fait qu’elles représentent plastiquement l’être tué avec l’objet tueur. Cette oeuvre montre bien cette idée que le filet est dangereux pour toutes les espèces, les oiseaux, les coraux, les poissons. Les prédateurs deviennent des proies à cause de l’homme. C’est une oeuvre qui fait réfléchir sur l’impact de l’homme sur la faune marine. Mais à une échelle plus réduite si l’on réfléchit à nos propres actions, on se dit alors que l’on peut faire des choses, l’oeuvre marche, on peut recycler, réutiliser, avant même de devoir les ramasser sur les plages.. !!! . On peut à notre petite échelle, et si l’on se relie tous, faire beaucoup.

Plusieurs associations ont été créées pour justement recycler ces objets fantômes. Le groupe d’artistes récupère ces tonnes de filets recyclés pour les tisser autour de tiges métalliques et recréer ces animaux des mers et océans.



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Jimmy K. Thaiday, ‘Kenny’, 2022, 152cm x 48cm x 54cm

Ce sont des sculptures colorées, entremêlées, représentant des animaux marins. L’objet se forme par un tissage, comme le filet qui s’enroule autour du corps de l’animal, poissons, requins, raie Manta..  Des sculptures imposantes et colorées qui attirent et percutent l’œil, qui alertent, voguant, toutes espèces confondues, dans la même direction : la mort. C’est alors une métaphore. L’objet tueur, prédateur se transforme alors par le prisme de l’art et de la sculpture en proie océanique.

Plus qu’une œuvre qui dénonce, une œuvre qui agit.

Cette exposition a été installée à la JGM Gallery en Australie de septembre à octobre 2022.

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Cette exposition ne réprésente qu’une partie de l’art du ghostnet, soyez curieux, n’hésitez pas à vous renseigner, et à aller voir ces somptueuses sculptures tissées.

Pour en savoir plus sur les filets fantômes.https://blog.sinplastico.com/fr/toute-la-verite-sur-les-filets-fantomes-les-dechets-plastiques-marinsles-plus-dangereux-puor-les-animaux/

Et sur le travail du ghost net : https://www.museum-lehavre.fr/fr/expositions/lart-des-ghostnetshttp://www.artsdaustralie.com/ghostnet.html



Noelie. C – DNMADE2 – Octobre 2022

DAVID HOCKNEY, de l’œuvre classique à l’œuvre digitale 

L’artiste, David Hockney, casse les codes de l’art.

Cette figure majeure du mouvement Pop Art des années 1960 et de l’hyperréalisme est un des peintres les plus influents du XXe siècle. Ses œuvres colorées de portraits et de paysages mélangent la peinture et la photographie. Étant sensible à son environnement (East Yorshire, UK), au travers de ses œuvres nous pouvons voir la métamorphose de la nature.

Voici quelques unes de ses œuvres emblématiques : 

A Bigger Splash 1967 David Hockney born 1937 Purchased 1981

C’est la troisième toile d’une série sur le thème des piscines. Son œuvre étant la plus connue est tout en géométrie avec seulement le « splash » de l’eau qui vient troubler cette vision représentatif du style californien. Le tableau est bordé d’un cadre clair à la manière d’un Polaroïd que l’artiste commence à utiliser. Il photographie souvent ses idées pour après les retranscrire en peinture : cela l’aide à la vision de sa toile et aux perspectives.

Portrait d’un artiste ( Piscines avec deux personnages ) 1972

L’œuvre est née de deux photographies prises par l’artiste lui-même. Un personnage fixant le sol, la piscine avec un nageur, deux personnes pouvant s’apparenter à un couple. Cela donne une œuvre énigmatique dans ce paysage montagneux.

Après avoir utilisé de l’huile, de l’acrylique et de l’aquarelle comme médium, David Hockney suit l’air du temps et découvre le numérique. Il s’approprie progressivement les techniques de peinture via l’iPhone et l’iPad. La pandémie et les confinements successifs l’ont conduit à un auto-apprentissage intensif de l’Ipad. Ce moyen offre davantage de fonctionnalité et de finesse. Il publie alors une multitude de séries d’œuvres faites à l’iPad (Yosemite suite, Arrival of spring in woldgate). David Hokney apprécie la rapidité de l’œuvre digitale comparée à l’aquarelle et la retranscription de qualité de la lumière. Son application favorite est Brushes car il affectionne particulièrement comment elle retranscrit l’aspect de la trace du médium choisi : les effets de brosse et de lumière sont conservées. Ainsi cet outil de dématérialisation lui permet de saisir l’instant fugace d’un levée de soleil, d’une allée en fleurs….. En conservant la naturalité de son trait, puisqu’il joue avec les nombreuses fonctions de l’application qui retranscrivent sa vision.

David Hockney, Yosemite, 2011

David Hockney est un artiste qui vit avec son temps. Lui-même exprime cette idée : « L’art ne progresse pas mais c’est l’artiste qui évolue ». Aujourd’hui la question n’est pas de savoir si c’est un artiste mais si son œuvre digitale peut-être considérée comme une œuvre d’art ? Les fichiers numériques ont-ils une valeur artistique ?

Mathilde Petit – DN MADE 2 JO – DEC 2022

Un nouveau regard pour la création

Très souvent perçu comme une charge en plus pour les personnes atteintes et leur entourage, le handicap est malheureusement encore aujourd’hui associé à quelque chose de négatif. Malgré une volonté d’inclusion des personnes en situation de handicap, celles-ci restent considérées comme moins capables que les personnes valides. Si le handicap nécessite bien souvent la mise en place d’aménagements spécifiques, c’est aussi parce que le fonctionnement de la société est construit autour d’un certain validisme.

La principale différence avec les personnes dites valides, réside dans la répartition des compétences. Chez une personne atteinte de handicap, que ce soit un spectre autistique ou encore une paralysie des membres inférieurs, nous ne retrouverons pas l’équilibre présent chez une personne valide.

Si un individu porteur de spectre autistique aura des difficultés de communication et d’interaction sociale, celui-ci, par ailleurs, excellera lorsqu’il s’agira de se concentrer sur une tâche avec rigueur et assiduité. Chez un individu valide les deux capacités seront équivalentes.

On comprend qu’il existe au travers du handicap une source de capacités hors normes. Plusieurs personnalités tel que Bill Gates ou Mark Zuckerberg nous ont prouvé tout au long de l’histoire, le génie que pouvait amener le handicap.

Le monde de l’art n’a lui aussi pas échappé, à ces hommes et femmes aux regards nouveaux. Frida Kahlo, Henri de Toulouse-Lautrec où encore Van Gogh ont marqué l’histoire de l’art par leur vision de la réalité.

La garde-robe de Frida Kahlo reste cachée pendant 50 ansHenri de Toulouse-Lautrec — Wikipédiahttps://media.vogue.fr/photos/5c8a55363d44a0083ccbef54/2:3/w_2560%2Cc_limit/GettyImages-625257378.jpg

Stephen Wiltshire est un artiste né en 1974 à Londres et est atteint d’autisme doté d’une mémoire eidétique (syndrome du savant). Cette particularité, dès son plus jeune âge, lui a permis de réaliser des représentations graphiques précises de ce qu’il voyait. Étant muet et n’ayant aucun lien avec les autres, Stephen Wiltshire trouva par le dessin, un outil de communication au monde extérieur. Se pencher sur son travail, c’est comprendre la réalisation de panneaux monumentaux réalisés de mémoire après seulement quelques minutes d’observation d’un paysage.

2018-07 Stephen Wiltshire, artiste britannique dessine l'horizon de New-York de mémoire | la-passerelle-des-arts-chaville

En 2001, l’artiste illustrait en trois heures et en détail une zone de quatre mille mètres carrés de Londres après un vol en hélicoptère.

Prints of London City Skyline Drawing - Sketches of London

Enfin en 2005, Stephen Wiltshire entamait le plus grand projet de sa carrière, un dessin panoramique de Tokyo.

Tokyo Panorama drawing - Stephen Wiltshire

« pour être brillant en science ou en art, une touche d’autisme est essentielle ».       Hans Asperger

Le handicap ne rend pas un individu moins compétent, au contraire il peut parfois lui permettre d’accroitre certaines aptitudes jusqu’à même remettre en cause les limites des capacités humaines.

Lily-Rose H. – DNMADE1Jo – Février 2022

Quand les femmes parlent du fond de leur cœur, en chœur.

La bande dessinée dont je vais vous parler aujourd’hui, elle me fait de l’œil depuis un moment pourtant j’ai tardé à sauter le pas. Peut-être étais-je intimidée par cette œuvre que j’admirais avant même d’avoir pu dévorer son histoire au travers de ses cases gracieusement illustrées par Aude Mermilliod. Cette histoire, ces histoires de femmes c’est Le Chœur des femmes et c’est ce livre qu’on va découvrir ensemble et je l’espère que vous aussi l’apprécierez.

« Le Choeur des femmes » est l’adaptation du roman éponyme de Martin Winckler, illustré par Aude Mermilliod et paru en avril 2021.

 

Le choeur des femmes c’est l’histoire de Jean, major de promo, elle se retrouve à faire 6 mois en médecine pour son internat. Jean, écouter « des bonnes femmes se plaindre à propos de leur pilule, de leurs seins douloureux ou je ne sais quelle connerie » ca ne l’intéresse pas, mais alors pas du tout, non Jean son truc à elle c’est les scalpels, les ciseaux, du fil et les aiguilles. C’est aussi l’histoire du docteur Karma, lui c’est un soignant il ne « joue pas au docteur« , précurseur il va montrer une face de la gynécologie à Jean auquel elle ne s’attendait pas.

Mais avant tout le Choeur des femmes c’est l’histoire de toutes ses femmes entre contraception, maternité, violences conjugales, avortements, violences gynécologiques… C’est l’histoire de Sabrine, de Catherine, de Madame A, de Geneviève, de Cécile, de Marie… De toutes ces femmes, de tant de femmes, de nous toutes.

J’ai énormément apprécié les personnages notamment Franz Karma, soignant dans l’âme, il apporte une autre vision de la gynécologie, domaine ou des pratiques persistent en dépit du bien-être des femmes. La position gynécologique par exemple, couchées sur le dos, cuisses grandes ouvertes, avec des patientes à qui on demande souvent de se mettre à nue plus que nécessaire ou des examens trop vite demandés sans parler assez à la patiente, bref tant de choses qui pourraient être changées pour le meilleur confort de la patiente sans pour autant gêner le praticien. L’humanité, la douceur et la compréhension du Docteur Karma m’ont touché tout au long de la bande dessinée, ce personnage est la pour nous montrer que d’autres pratiques sont possible, qu’on peut examiner différemment, qu’on peut soigner différemment.

Une autre chose très appréciable est ces histoires de femmes narrées tout au long de l’histoire qui permettent de balayer beaucoup de domaines de la gynécologie, c’est elles qui font que cette œuvre est un chœur, ce sont ces histoires qui nous lient au livre, ces histoires si variées font peut etre écho à des choses qu’on à nous meme subies, on apprend avec elles qu’on peut envisager la gynécologie autrement, avec plus de douceur et d’écoute.

Le livre au delà de son coté éducatif suit un fil rouge qui le relie aussi à la fiction ce qui le rend plaisant à lire, on lit la vie des personnages pas un livre de médecine et pour moi cela renforce l’humanité de cet ouvrage.

Je vous encourage donc vivement à vous procurer « Le Choeur des femmes » que ca soit le roman ou son adaptation en bande dessinée, et si ces sujets vous plaisent je vous conseille « Ecumes » de Ingrid Chabbert et Carole Maurel, récit de deux femmes qui traversent la joie de la grossesse et ses malheureuses complications. Et dans le domaine du soin, l’Homme étoilé, lui aussi soignant malgré tout, qui couche sur le papier sa vie de soignant en soins palliatifs avec humour et beaucoup de délicatesse. Bonne lecture à vous en espérant que vous aussi tomberez amoureux comme moi de ces livres.

Solène L. DNMADe1 JO – Avril 2022

Manipulation ou information ?

Vous connaissez cette chose qui nous suit partout où on va ? Mais si vous savez… ce truc qui nous énerve tellement avant de regarder une vidéo sur YouTube. C’est bon vous l’avez ? LA PUBLICITÉ !!!!! Absolument où que l’on aille elle est là, sur le bord d’une route, dans une boîte aux lettres, et même dans le magazine que vous lisez sur vos toilettes. 

On la trouve à la radio, à la télévision, sur les sites web (internet), dans le journal, sur les panneaux/affiches publicitaires, sur la vitrine chez le boulanger, sur les voitures, dans les airs… 

Il faut savoir qu’en moyenne, une personne voit environ 5000 PUB par jour. Ce n’est pas un chiffre adapté pour tout le monde évidemment, mais ça fait tout de même réfléchir!

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Lolita de Vladimir Nabokov, l’histoire d’un contresens

Dans l’imaginaire collectif une Lolita c’est une icône érotique, c’est une jeune femme séductrice, aguicheuse, blonde et jolie. Mais savez vous d’où vient ce fantasme ? Son origine ne serait-elle pas due à une série de contresens et d’incompréhensions ?

Couverture du livre Lolita de Vladimr Nabokov.

D’une écriture à la première personne Nabokov plonge le lecteur dans un jeu de piste où il se perd parfois. Il raconte l’obsession d’Humbert Humbert pour la fille de sa femme qu’il appelle Lolita. A sa mort il devient son tuteur et l’entraine dans un road trip à travers les Etats-Unis. Son désir obsessionnel le dépasse et il commet l’inceste, parfaitement conscient du mal qu’il fait à Lolita il raconte. Comment l’histoire de cette fillette a-t-elle été déformée jusqu’à en devenir un contresens ? Et faire de cette victime d’inceste une icône érotique ?

Quelques pistes….

Ce roman a été écrit par Vladimr Nabokov dans les années 1920, et publié en 1950. Refusé aux Etats Unis à cause de la censure, il a été publié en France par une maison d’édition… de livres érotiques. Premier contresens.
Bien que Nabokov ait pris soin d’insister dans la préface le fait que ce livre condamne la pédocriminalité, la subtilité de son écriture a vite fait de perdre le lecteur et de l’enfermer dans la façon dont Humbert Humbert voit cet enfant comme un objet de désir. Le narrateur raconte sa propre vision tout en niant la souffrance de sa victime, ce qui peut donner l’illusion d’une apologie de la pédocriminalité alors que c’est exactement l’inverse.

Cette vision biaisée du message de l’œuvre est aussi renforcée par les couvertures du livre ou figurent l’image d’une jeune et jolie fillette blonde au regard aguicheur. Bien que Nabokov se soit toujours opposé à ce qu’il y ait un visage sur les couverture, il n’a pu l’empêcher après sa mort.

Le film de Stanley Kubrick en 1962, intitulé Lolita a largement contribué à diffuser l’image de l’enfant séductrice et aguicheuse. En réalité il ne retrace pas fidèlement l’histoire du livre de Nabokov mais celle d’un amour impossible par une différence d’âge. Il déplace change les termes du débat tout en donnant à voir une image hyper sexualisée de cette femme aux allures d’enfant.

Affiche du Film de Stanley Kubrick en 1962.

D’une écriture envoûtante et poétique suivez les personnages de Lolita et Humbert tout au long de leur périple à travers les Etats Unis mais surtout au bout d’eux-mêmes et de l’insoutenable. Ce roman bien que magnifiquement bien écrit n’est pas à mettre en toutes les mains. Même si c’est un chef d’œuvre de littérature assurez vous d’être en capacité de recevoir cette histoire insoutenable.

Couverture espagnole de Lolita, Nabokov.

 

 

Maëlenn DNMADe HO- 2022

Je suis Joachim Roncin

Né le 27 janvier 1976 à Paris, Joachim Roncin est un directeur artistique au parcours émérite. Il a travaillé pour plusieurs grands magazines (Stylist, Studio Magasine, Gaza..), agences (Agence Punk, We love Art..) et comme le Club des Directeurs Artistiques ou dernièrement le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Mais c’est pour une autre raison que le DA est à l’honneur ici. Le 11 janvier 2015 à 12h52 Joachim tweet une photo sur au fond noir, sur laquelle est écrit « JE SUIS CHARLIE ». Une demi heure après les attentats de Charlie Hebdo était publié le slogan aujourd’hui considéré comme une des plus grandes mythologies de la dernière décennie.

Véritable symbole de la liberté d’expression monsieur Roncin n’avait absolument pas anticiper l’ampleur que pourrait prendre son message. Ne souhaitant pour revendiquer ses droits d’auteur l’image reste libre de toutes utilisations. Aussi dans les jours suivants des utilisations mercantiles font leur apparition, même certains sites comme Amazon ou EBay assure que les commissions seront reversées à Charlie Hebdo.

Aujourd’hui, c’est en soutien à l’Ukraine que le DA crée. Geste tout aussi sincère mais cette fois plus réfléchi, toute une collection de produits portant le logo de Joachim est disponible depuis le 11 mars sur Legend Icon. Le slogan ? Slava Ukraini accompagné d’une fleur bleue et jaune. La totalité des bénéfices sera reversée à la croix rouge en soutien aux populations Ukrainiennes.

Antonin GUERRET – DNMADE 1 Ho – Mars 2022

Art savant ou art populaire ?

Le pop art

Histoire Design : Le Pop Art - Atelier Germain

Mouvement de création plastique essentiellement anglo-américain, le pop art présente des compositions artistiques faites à partir d’objets du quotidien. En effet « pop » est tout simplement l’abréviation du terme « popular » qui désigne donc le terme « populaire ».  

Eduardo Paolozzi,1947, I was a Rich Man’s Plaything

Contrairement à ce qu’on pourrait croire ce n’est pas aux Etats Unis que naît le pop art mais en grande Bretagne. Le Groupe Indépendant (IG) apparait à Londres en 1952, il est considéré comme le précurseur du Pop Art. Ce groupe était composé des peintres Paolozzi et Hamilton, ainsi que du couple d’architectes Smithson et du critique d’art Lawrence Alloway.  Eduardo Paolozzi a initié ce courant en présentant lors de la première réunion de l’IG une série de collages composés d’objets trouvés et intitulés « superposés ». Il s’agissait de publicités, de personnages de bandes dessinées et de couvertures de magazines. La première œuvre d’art à inclure le mot « Pop » est d’ailleurs un collage d’Eduardo Paolozzi de 1947 : « I was a Rich Man’s Plaything » [J’étais le jouet d’un homme riche]. Dans cette œuvre, un nuage de fumée sur lequel le mot « Pop» a été écrit sort d’un revolver. Le titre est très provocateur car ce sont essentiellement des collectionneurs riches qui achètent ce genre d’affiches. Le groupe poursuit ses provocations en sortant une série de collages ou le mot « bunk » est retrouvé. Bunk, signifie en anglais « foutaise », le message est clair :l’histoire c’est de la foutaise, il faut vivre le moment présent, et à partir de là, le pop-art était lancé.

Bunk collages, Edouardo Paolozzi

 Ce mouvement est étroitement lié avec la croissance économique du monde occidental après la seconde guerre mondiale. En effet, dans cette période les privations et les traumatismes de la guerre laissent place à une vraie frénésie commerciale et donc à une production d’images de communication de masse. Le pop-art se singularise alors sous trois aspects : c’est un art urbain, d’inspiration industrielle et voué au culte du présent. Urbain parce qu’ils visent les grandes métropoles en proie au développement constant et d’inspiration industrielle parce que ses inspirations proviennent des marchandises produites en masse et des médias (la presse à grand tirage, la radio la télévision…). Ses « sources » ont toutes en commun cette dépendance à la publicité. On retrouve donc dans ce mouvement des couleurs vives issues de ces médias. Enfin, le pop-art est voué au « culte du présent » parce qu’il est indifférent au passé et à l’histoire récente. Il est de plus profondément laïque ce qui le distingue des arts et des traditions populaires ou même du folklore souvent lié à la religion ! C’est donc un art sans regard en arrière, qui n’est pas mélancolique d’une période révolue ou à venir sur la terre comme au ciel. 

 Mais alors comment sommes-nous passé du tableau néoclassique représentant les aventures des héros romains à un tableau aux couleurs vives, repris dans des publicités ?

Crying girl de Roy Lichtenstein. Cet artiste est réputé pour son style cartoon à « pois »

 L’art entretient depuis longtemps des liens avec la culture populaire, notamment avec des représentations de la vie courante (les tableaux de Gustave Courbet en témoignent). C’est aux alentours des années 1870 que l’art s’intéresse aux conditions de vie moderne notamment celles des classes les plus modestes. Dès le début du 20 siècle siècle, le mouvement cubiste rentre en jeu et c’est à cet instant qu’on retrouve des morceaux de journaux dans des œuvres. Vient ensuite le dadaïsme et le surréalisme qui amplifient cette idée de s’intéresser aux objets du quotidien.

Le pop-art c’est aussi le superficiel, le rêve américain car pop c’est le bruit d’un bouchon de champagne.  C’est aussi le bruit d’un pistolet silencieux qui essaie peut-être de nous dire que cette production en série nous tue silencieusement ?

Eve B. – DNMADe1Ho – Février 2022

Le luxe, une arnaque ?

Depuis toute jeune, l’attirance pour le détail et la qualité a toujours pris une place très importante. Le luxe s’apparente au détail, c’est un révélateur. Ainsi nous pouvons nous poser la question « en quoi le détail permet-il de sublimer l’objet de luxe? ».

Pierre Cardin définit « le luxe c’est la rareté, la créativité, l’élégance ». La rareté représente l’exceptionnel, le caractère non-commun et la production en petite quantité. La créativité du luxe est liée aux savoirs-faire et aux techniques utilisées : le luxe crée les tendances et les alimente au fur et à mesure. Enfin l’élégance est subjective, elle est propre à chacun. L’élégance est un jugement de valeur lié à la sensibilité de chacun. Ces trois qualités sont étroitement reliées au détail. De fait le luxe répond à un besoin ostentatoire incarné par un mélange de richesse et d’esthétisme.

Dans un premier temps, nous traiterons les questions suivantes : « qu’est ce qui rend un objet luxueux en se concentrant plus particulièrement sur les termes de détail et de beau, et comment le luxe devient un générateur ? ».

Le luxe s’exprime particulièrement par le détail : petit élément constitutif d’un ensemble, jugé comme secondaire. Le détail définit un objet de luxe, chaque élément, aussi infime soit-il, rend la pièce davantage précieuse. L’ensemble des détails crée un tout raffiné. D’apparence générale, la différence entre un objet de luxe et sa copie se fait par l’observation des détails. Le luxe est un garant du savoir-faire qu’il perpétue depuis des années en conservant les savoirs-faire ancestraux. C’est ce qui fait la différence, la valeur ajoutée au produit.

Les détails sont réalisés grâce aux nombreux savoirs-faire : chaque discipline a ses propres spécialités. La marqueterie demande  une connaissance exceptionnelle de la matière bois pour parvenir à traduire toutes  les nuances et les effets voulus. Par exemple, le lit Aube et Crépuscule de Emile Gallé est un mélange d’ébène et de palissandre avec des incrustations de nacre et de verre. En joaillerie, le sertissage de gemmes demande beaucoup de précision et de minutie alors que le gemmologue use de la finesse  de son oeil et apporte son expertise au joailler.  On peut aussi citer  le soufflage de verre, ce savoir faire qui créé une pièce unique à chaque réalisation dont BACCARAT, célèbre maison, en est la référence ultime : elle  forme, transmet et perpétue  la technique de la taille du cristal depuis des années avec une utilisation de matériaux nobles.

Ces institutions s’ouvrent également aux nouvelles technologies : elles augmentent la définition du détail et, de fait, enrichissent les savoirs-faire. Par exemple, Louis Vuitton a lancé sa montre connectée « tambour horizon » en 2017. L’assemblage est effectué en Californie en raison de la conception de machines innovantes présentes uniquement à cet endroit contrairement aux autres montres de la griffes conçues en Suisse réalisées avec les savoirs-faire ancestraux de l’horlogerie.

L’objet peut être personnalisé grâce au sur-mesure ce qui rend la conception du produit luxueuse, notamment pour la mode en adaptant ses modèles aux différents clients. Dans ces cas précis, le détail y est alors abordé de manière singulière. C’est pourquoi, il est impossible à l’industrie de consommation de produire ces objets. En effet, la production industrielle est une production de masse basée sur des codes pré-établis de taille, de confection avec des machines programmées. Le luxe s’appuie donc sur la rareté : elle rend le produit plus précieux, beau. Le beau est défini comme une caractéristique d’une chose procurant une sensation de plaisir ou un sentiment de satisfaction. L’acquéreur recherche le beau. Il réside pour chacun dans la définition du détail en accord avec ses goûts et ses préférences de couleurs, de matériaux… La rareté augmente la préciosité et ainsi augmente le désir de possession. De grandes enseignes ont compris ce mécanisme et l’utilisent. Ils reproduisent des objets luxueux en les simplifiants. C’est ainsi que le luxe est générateur d’inspiration et de chiffre d’affaire. Le beau est conçu par les détails qui sont subjectif :  les goûts et les couleurs de chacun oriente ses achats. La rareté augmente la convoitise des clients. Beaucoup de grandes enseignes connues comme Zara, H&M ou encore Mango créent des répliques  d’objets luxueux tendances (à quelques détails près !) en grandes quantités car  le luxe est un générateur d’inspirations. Le prêt-à-porter s’intéresse à la silhouette, à une esthétique en général, mais ne fait pas dans le détail. Par exemple Zara a réalisé une copie des célébres mules de Jimmy Choo  en modifiant le nom de la marque, la couleur à une nuance près et la hauteur du talon, des détails presque imperceptibles. Ces 7 détails font toute la différence car l’imitation est légal contrairement aux contrefaçons. Ces savoirs-faire influencent le prêt-à-porter.

Pour conclure, le luxe se traduit par les caractéristiques suivantes : l’achat d’un produit de luxe devient exceptionnel car il intègre l’achat de la préciosité, de la rareté. Chaque produit de luxe intègre les matériaux précieux, la mise en œuvre de savoirs faire ancestraux combinés à la nouveauté et la singularité du produit. Mais aujourd’hui de nombreuse personne achète du luxe juste pour le logo, la marque sans se soucier du détail et de la qualité, les maisons de luxe en jouent bien évidemment et diminue la qualité sur certains de leurs produits dédié à ce type d’acheteur. Le détail du luxe a-t-il un avenir ?

Mathilde Petit – DNMADE14JO – Déc. 21

Sesame Creep

 

 

Don’t Hug Me I’m Scared est une micro série d’animation créée par Beck Sloan et Joseph Pelling, comptant six épisodes sortis entre 2011 et 2016.

D’abord publiée sur le site des réalisateurs, la série sera ensuite postée sur YouTube et Vimeo où elle se fera réellement connaître, bien que difficilement à ses débuts. En effet, les épisodes ne sortiront qu’avec de très grands écarts entre eux (jusqu’à trois ans entre le premier et le deuxième épisode), ce qui ne facilitera pas la création d’un public régulier. Cependant, et malgré une attente interminable entre les épisodes et une saison deux annoncée depuis plus de trois ans, le show continue d’être visité et d’accroître sa popularité. 

 

<< This is like someone wanted to make a children show, but had no clue what a child was. >>

 

Dans la même veine que Sesame Street ou les Muppets, DHMIS se présente comme un show pour enfants. Couleurs vives, musiques joyeuses, accessoires en feutrine… tout laisse à croire que le show est à destination d’un jeune public. Le thème des vidéos porte aussi à confusion sur ce point et scénarise chaque épisode sur les notions de créativité, du temps, de l’amour, de la curiosité ou de la nourriture. 

Si le premier épisode est le plus simple en termes de scénario, et se constitue seulement d’une musique, c’est aussi le plus représentatif de la série, et de ce qu’on peut s’attendre à y voir. Il commence par un rapide plan de la pièce principale de la maison que partagent Red Guy, Duck et Yellow Guy, dans un silence seulement coupé par le tic tac d’une horloge. Les trois personnages sont assis à table sans bouger ni parler, quand soudain un bloc note présent sur la table commence à chanter. Si la chanson commence gaiement et semble parler à un jeune public, on se rend vite compte que quelque chose cloche. Premièrement, Yellow Guy se fait persécuter par le bloc note, et n’arrive jamais à faire quelque chose de bien (sa couleur préférée n’est pas créative, il n’a pas le droit de peindre…), ensuite, la musique prend un tout autre ton, et sombre assez rapidement dans un chaos où les personnages changent en des version d’eux même beaucoup plus dérangeante, les plans deviennent plus rapide et l’ambiance générale tourne presque au cauchemar.

L’épisode prend fin par l’arrêt brutal de la musique et par le bloc note que chante une dernière fois : Now let’s all agree to never be creative again, et par sa fermeture avant que la vidéo ne se termine.

 

<< This video absolutely scarred me as a kid. >>

 

Jusqu’à l’épisode 4, tous les épisodes suivent à peu près la même construction. Les protagonistes s’ennuient ou se posent une question, et quelque chose, objet ou animal, interviendra avec une musique “éducative” qui finira forcément par dégénérer pour au moins un des personnages (en particulier pour Yellow Guy qui sera toujours une victime de ces musiques). Les épisodes cinq et six marqueront une sorte de rupture avec les précédents, et seront les plus intéressants pour comprendre l’histoire de DHMIS. Histoire encore assez mal comprise, et qui sera surtout décryptée à travers des théories s’appuyant non seulement sur la série, mais aussi sur les informations disponibles sur le site qui lui est dédié, et sur les autres vidéos de la chaîne YouTube sur laquelle les épisodes ont été postés, Help et Help #2.

 

J’ai du découvrir cette série au lycée, alors que la première saison n’était pas encore achevée, et c’est sans doute la série de vidéos disponible sur YouTube dont j’attends la suite avec le plus d’impatience. La qualité des vidéos est impressionnante, les accessoires et personnages sont particulièrement réussis, et les musiques sont mine de rien très prenantes. C’est une série que je conseille fortement aux amateurs du genre, et même s’il faut parfois avoir le cœur bien accroché (en particulier pour l’épisode 2 et 5), c’est une expérience de ce qu’il se fait de mieux -à mon goût- pour une micro-série amateur, bien que vu la qualité de la production, ça n’ait rien d’amateur. 

Le plus intéressant derrière DHMIS, ce n’est pas vraiment ce qu’il y a en surface, mais c’est toutes les informations cachées pour comprendre le show et ce qu’il raconte vraiment. Si ça vous intéresse, il y a quelques vidéos très bien faites qui essaient de regrouper le maximum d’informations et d’interpréter la série au mieux sur la chaîne de The Film Theorist sur YouTube (c’est en anglais par contre).

 

<< We should make an aesthetic out of this “kidcore goth” or “crafty gore” it would be called something like that. >>

 

 

Girard Joséphine, DNMADe 2 bij

Ce qui se cache derrière le Cigare Cubain !

Composé à 100% de tabac, le cigare ne contient ni filtre, ni papier. Pourtant, Il n’a RIEN à envier à sa petite soeur la cigarette, dont la consommation et le désir sont d’une différence étrangement lointaine. Passionné depuis un petit moment pour ce domaine, j’ai décidé de construire mon article sur ce sujet.

Cigares cubains en Suisse

Histoire :

La consommation du tabac vient des Amérindiens qui considéraient la plante comme « précieuse« , car elle servait soi-disant à purifier et avoir le pouvoir d’entrer en lien avec leur Dieu.

En 1493, Christophe Collomb repart de nouveau dans cette partie du monde inconnue des Européens pour convertir la population américaine au christianisme. Il décide d’embarquer du tabac dans les caravelles pour présenter ces fameuses feuilles en Europe.

Par la suite, cette plante a un grand succès auprès de Charles Quint. L’Espagne s’engage donc à utiliser les terres de L’ile de Cuba pour la fabrication du tabac. Pourquoi ?  Pour son climat chaud, humide et surtout pour les propriétés volcanique de la terre qui la rend riche en minéraux.

Cuba est aujourd’hui pionnière dans l’industrie du tabac. Beaucoup de riches européens ont investi une partie de leur fortune pour installer leur propre fabrique de cigare. On peut citer par exemple Herman Upmann, banquier allemand qui se lance dans ce commerce en 1844 sous la marque H.Upmann.

La Fabrication :

Chaque fabricant a ses secrets de fabrication surtout au niveau de la plantation, car le choix de l’engrais serait d’une importance capitale pour le goût final. 

https://static.lexpress.fr/medias_12095/w_605,h_350,c_fill,g_north/v1561437871/un-ouvrier-agricole-transporte-une-caisse-de-feuilles-de-tabac-dans-une-plantation-a-esteli-au-nicaragua-le-17-mai-2019_6193098.jpg

 

 

 

 

 

 

On attend évidemment la maturité de la plante pour récupérer ses feuilles. Elles sont grossièrement classées par taille, couleur et reposent un instant dans les entrepôts.

Composition d'un cigare

Le Torcedor (l’Ouvrier qui roule le cigare), ajoute sur son établi la Tripe, un tas de petites feuilles très aromatisées dont le choix du mélange apporte beaucoup à la dégustation, puis il enroule autour la Sous-Cape et la colle avec du Miel pour maintenir le tout. Cette étape est de nouveau répétée avec la Cape, une feuille de la même taille, mais celle-ci est plus lustrée, plus raffinée et plus élégante que la précédente. Elle enrobe l’intégralité, c’est donc LA pièce maitresse du cigare puisque c’est uniquement elle qui embellit et esthétise l’objet.

Ensuite vient la réalisation de la Tête (le bout arrondi), qui permet la conservation des saveurs jusqu’à ce que le consommateur la « décapite » avec son coupe-cigare. L’autre coté est découpé à la taille requise en fonction du modèle que conçoit le Torcedor.

Pour que les feuilles du cigare perdent de leur teneur en Ammoniac, elles sont entreposées dans un endroit adapté au vieillissement. Ce procédé déshydrate, donc évapore lentement le liquide.

Avant que le cigare soit exporté dans le monde entier, la marque dépose sa propre Bague signée sur le produit afin que l’acheteur puisse être informé du nom de la manufacture de l’exemplaire qu’il décide d’acquérir.

La Classification :

Voici d’ailleurs la fameuse pyramide qui classe le prestige  des marques faisant partie du groupe Habanos :

Quels sont les arômes des cigares cubains ?(Pour info, Habanos S.A. est une entreprise qui contrôle la fabrication, garantit l’authenticité et se charge d’exporter les produits des marques qu’elle certifie. Il s’agit d’un partenariat commercial entre le producteur (chaque marque) et le distributeur Habanos S.A.)

Cohiba était auparavant la marque privée du très célèbre dirigeant cubain Fidel Castro ! La fabrique est dorénavant au sommet de la classification pyramidale Habanos.

Je laisse ci-joint des modèles de formes plus ou moins courantes :

Comment fumer un cigare: 15 étapes (avec images)

 

Julien KOLLY, DNMADE14Ho – Déc. 21

 

 

 

Vous arrivez juste à temps pour cet article !

Je vais vous présenter le film Time out qui est un film de science-fiction dystopique américain écrit et réalisé par Andrew Niccol, sorti en 2011, où nous allons suivre l’histoire de Will Salas et de sa mère en 2169 qui vivent au jour de jour pour gagner du temps au sens propre.

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Le temps est la nouvelle unité monétaire mondiale dans ce film. Après l’âge de 25 ans, un compteur intégré à l’avant-bras de chacun, crédité d’une année, se met en marche : s’il tombe à zéro, l’individu meurt. Ce compteur est rechargeable au moyen d’appareils se plaquant sur le bras ou par apposition d’un bras sur le bras d’un autre, permettant un transfert. On gagne du temps sur ce compteur de bien des manières : par son travail, par la solidarité entre amis ou au sein de la famille, en volant dans le compteur d’un autre, par le jeu, par la charité, etc. L’idée du temps qui s’achète et se vend se trouve déjà notamment dans la nouvelle fantastique de Marcel Aimé La carte, dans le recueil Le Passe-muraille. On ne peut pas regarder ce film sans penser à la populaire expression de Benjamin Franklin qui nous dit ‘’time is money  » soit « le temps c’est de l’argent ». Tout au long du film, les acteurs arrivent à nous transmettre leur pression quotidienne d’avoir leurs temps restant au poignet. situation très difficile à supporter pour les plus pauvres qui vivent au jour le jour avec 1/2 jour maximum à leurs compteurs. Dans plusieurs scènes nous voyons des gens qui se battent pour voler le temps des autres que ce soit par bras de fer ou par diverses méthodes moins éthiques comme des braquages par exemple. Ce qui m’a fait penser à une citation : « L’argent est le révélateur du pire qui est en nous ». On peut alors remplacer l’argent par le temps dans cette citation car dans Time Out le terme argent et temps sont synonymes.

Andrew Niccol a-t-il plagié le scénario de son film Time out?
Cela m’a amené à me poser quelques questions telles que : dans un monde comme celui-ci, est-il vraiment agréable d’être une personne riche étant donné que nous deviendrions immortelles ? Mais aussi durant une scène ou l’acteur principal venant d’un milieu pauvre et est devenu extrêmement riche va alors voler des banques mener par une ‘’élite  » pour redistribuer du temps au plus pauvres. Cela nous retranscrit l’image actuelle du monde étant donné que 86% de la richesse mondiale appartiennent à 10% des plus fortunés et que 1% de la fortune appartiennent aux 50% les plus pauvres.

Je finirais cet article  sur cette citation qui m’a fait beaucoup réfléchir et qui représente aussi bien le film que le monde actuel.

« Le temps te prend ton argent, mais l’argent ne peut acheter ton temps. » James Taylor

BARRET Marlon – Dnmade 2 Horlo – Avril 2020

Les possédés d’Illfurth, étrange maladie ou possession démoniaque ?

Comme promis, je vous expose aujourd’hui une histoire des plus originales : les deux enfants Burner qui furent pris d’un mal étrange, qui ne manquera pas d’attirer les simples curieux et les athées les plus convaincus.

L’histoire débute en 1864 dans la toute petite ville Alsacienne d’Illfurth (prononcez « il-furte ») au sein d’une famille pauvre. Deux des cinq enfants, Théobald et Joseph âgés respectivement de 9 et 7 ans, présentent d’étranges comportements et symptômes : maigreurs squelettiques, contorsions des membres inférieurs, convulsions, violentes attaques de nerfs, état comateux tels qu’on les croit  morts ! La famille fait appel à des médecins, qui se révélèrent incapables de formuler un quelconque diagnostic. Les traitements donnés sont sans effet. Le temps passe et les deux jeunes sont pris de phénomènes inexplicables : leurs voix se changent pour devenir extrêmement graves, criant hurlant en gardant la bouche fermée. Rapidement la question d’une activité maléfique est soupçonnée.

On essaye alors d’approcher d’eux divers éléments religieux bénis, de les faire se rendre à l’église mais rien ni fait, les enfants entrent dans des colères épouvantables, en parlant dans des langues qui leur sont pourtant inconnues. Charles Brey prêtre du village prend l’affaire au sérieux et en fait part à son supérieur l’évêque: « L’aîné aurait prédit la mort de deux personnes qu’il ne savait point malades, mort qui est en effet survenue depuis. Voilà ce qu’on dit, quant à moi, je n’ai encore rien vu, sinon quelques accès de contorsions… « 

Des Sœurs furent dépêchées sur place pour veiller sur les enfants, rapidement il fut décidé de tenter l’exorcisme, l’un des enfants était devenu mystérieusement sourd, ne réagissant même pas à un coup de pistolet tiré proche de son oreille, de plus la peur s’empare des habitants alentour, les deux jeunes délivrant les pires secrets des familles du bourg ! L’évêque autorise l’exorcisme, Théobald fut le premier à être délivré, non sans mal, il ne fallut pas moins de six religieux, l’enfant est conduit dans la chapelle de la Burnkirch, situé en lisière de forêt à l’écart du village. Je vous passe les étapes de la procédure, à son réveil il ne se souvient de rien, mais il put à nouveau entendre. Bientôt son frère reçut la même chance. La vie reprit son cours mais l’aîné décéda deux ans plus tard et son frère Joseph, mourut à l’age de 27 ans.

Au milieu du village fut dressé un monument dédié à la Ste Vierge en remerciement de la délivrance des enfants.

Cette histoire est très intéressante puisque ayant attiré à l’époque nombre de curieux et septiques, elle dispose de témoignages de plusieurs opinons apportant un certain crédit à la pratique de l’exorcisme, toujours controversé. Notons par exemple le cas d’Anneliese Michel décédée peu après un exorcisme et dont les parents et les deux prêtres furent condamnés à 6 mois de prison avec sursis.

RIETSCH Samuel – DNMADe2 Horlo, le 20/04/2020

Légendes : un voyage dans le temps, l’histoire et l’imaginaire

Qui ne s’est jamais demandé quels secrets renferment des ruines abandonnées ? Profitant de l’occasion de cet article à rédiger, je décide de chercher l’histoire qui se cache derrière les murs du château de Levice, ville au sud de la Slovaquie, d’où est originaire ma famille.

Regardez ces ruines, imprégnez-vous de leur ambiance. Quel peut bien être le lien entre l’oie blanche, un des symboles de la ville et ce château ?

La légende autour de ce château débute vers la fin du XVIème siècle, pendant l’invasion turque dirigée par Mehmet Pacha. Les turcs, ayant pris possession du château, demandèrent aux habitants cinquante oies bien nourries, amenées par cinquante belles jeunes filles. Chacune de ces femmes s’arma alors d’un poignard dissimulé sous des chiffons. Quand les turcs voulurent s’emparer des oies, celles-ci furent relâchées et s’envolèrent. C’était le signal pour les hommes cachés non loin d’attaquer. Tout le monde se jeta sur les intrus et ainsi fut reconquis le château de Levice…

Pourtant cela n’a pas pu se passer de cette manière me direz-vous. Pourquoi ? D’abord parce que des oies bien gavées ne peuvent pas s’envoler. Et bien ? La vérité est qu’à l’époque turque, les jeunes oies étaient très maigres. Elles pouvaient bien s’envoler plus haut qu’un clocher d’église. Et donc ces oies (pas très bien nourries) apportèrent la liberté aux habitants de Levice. La rumeur serait parvenue jusque dans la ville d’Istanbul où les vieux guerriers chuchotaient à ce sujet. Mehmet Pacha, grand vizir de l’empire ottoman, disait lui-même que l’oie est le meilleur de tous les oiseaux.

Bien sûr, il existe plusieurs versions de cette histoire, l’une d’entre elle raconte que les oies devaient être rôties mais qu’elles ont été apportées vivantes. La cohue générée par les cinquante filles et les cinquante oies aurait permis une attaque surprise réussie. Cette version là est peut être la plus vraisemblable.

Les légendes sont des récits populaires traditionnels, plus ou moins fabuleux. La représentation des faits et des personnages réels est déformée ou amplifiée. Elles sont un témoignage du passé, transmises de génération en génération. Les grands-parents en parlent toujours avec une lueur d’amusement dans les yeux, autour d’un bon repas traditionnel, devant leurs petits-enfants émerveillés.

En tout cas, réalité ou pas, l’oie blanche de cette région de Slovaquie est bien la plus réputée de tout le pays. Issue d’un croisement entre deux races locales, elle est appréciée pour son élevage extrêmement facile. Aujourd’hui, cette race est devenue très rare et est considérée comme une espèce menacée en raison du faible nombre d’animaux reproducteurs. Mais de nos jours, qui se donnerait encore la peine d’élever des oies ?

Sylva EHRLACHER – DNMADE 1 HO – 04/2020