« La Favorite » de l’Orfèvrerie

Je vous invite dans cet article, à prendre part à l’émerveillement et à l’innovation dans un voyage temporel du siècle des lumières au monde contemporain.

Délicatesse, noblesse, détail et beauté enivrent le travail d’orfèvre de cet artiste qui transpose les plus beaux jardins du classicisme en ornementation de chevelure.

Le styliste barcelonais Alexis Ferrer a développé une méthode d’impression sur cheveux mettant à l’honneur certains tissus de la bourgeoisie française du XVIIIe siècle.

La série photographique baptisée « La favorite » est l’oeuvre du photographe Rafael Andreu, avec les modèles Emma Fuhrmann, Camila Ferreyro et Patrizia Lombardo.

ALEXIS FERRER

« Enfant, je passais la plupart de mon temps dans le salon de ma mère à grandir entre les coiffeurs. Je suis né à Barcelone, l’une des scènes de mode les plus avant-gardistes, ce qui m’a inspiré à repousser les limites du design dans mon imagination. Grandir au milieu de différentes disciplines artistiques telles que le surréalisme de Dalí, le modernisme de Gaudi ou la gastronomie moléculaire de Ferran Adrià, m’a beaucoup influencé, et tout mon travail est toujours lié à la nature. »

Au cours des 20 dernières années, Alexis Ferrer a travaillé sur plus de 1 200 défilés à travers le monde à Barcelone, Paris, Milan et Londres. il a participé à plusieurs événements mode pour Wella, haute-couture à Paris, cinéma et théâtre et à étudié avec Vidal Sassoon à Londres et à Los Angeles. Faisant partie depuis 2012 de la Wella Global Creative Team dirigée par Eugene Souleiman, il à également sa propre entreprise, gérant quatre salons et gérant une équipe de 54 employés. 

LA FAVORITE

En 2012, Alexis Ferrer a été invité à interpréter une collection pour les Wella Trend Vision Awards, pour lesquels il a d’abord commencé à explorer les cheveux comme toile d’impression. « Le but du salon était d’innover avec une technique peu utilisée en coiffure, et l’impression photographique sur cheveux semblait le moyen idéal pour représenter une histoire de manière graphique et impressionnante« . Les images utilisées pour la collection Echo sont tirées des films The Shining et Psycho, tous deux en noir et blanc. Pour la Barcelona Fashion Week 2017, Alexis Ferrer a collaboré avec le designer Txell Miras dont la collection s’est inspirée des conteneurs maritimes et des pêcheurs. Des mannequins ont défilé avec des visages déguisés et des portraits de pêcheurs imprimés sur leurs extensions de cheveux également en noir et blanc.

Je dois admettre que les premières impressions sur les cheveux ont été un véritable défi. Il a fallu deux mois pour obtenir de bons résultats en haute définition, le mélange de la technologie et de nos connaissances dans la coiffure nous ont permis de recréer ces merveilleux motifs sur les cheveux.”

En 2020, après avoir revisité et perfectionné les techniques, travaillé sur l’intensité des couleurs et amélioré la définition, Ferrer a mis à jour son processus d’utilisation d’encres photographiques à des encres générées numériquement, lui permettant d’utiliser la couleur et le design à une nouvelle échelle ; une méthode qui avait été mise au point par le groupe espagnol « head hacker »X-Presion en 2011, et leur a valu un prix à l’Alternative Hair Show l’année suivante. Avec cette méthode, l’ombrage noir et blanc limité des impressions précédentes de Ferrer a été remplacé par des dégradés de couleurs et des motifs complexes numerisés sur des extensions ensuite posés sur les cheveux blonds des modèles Emma Fuhrmann, Camila Ferreyro et Patrizia Lombardo…

 » Nous nous sommes inspirés des jardins du palais du XVIIIe siècle en France », à cette époque, les fleurs et les animaux inspiraient les couturiers pour créer les meilleurs tissus pour la bourgeoisie française. »

INSPIRATION

La collection Echo lors du Wella International TrendVision Award était basée sur la beauté sombre, un voyage vers la partie intérieure de vous-même où se trouvent les sentiments les plus protégés, comme l’angoisse, la peur et la solitude. Intéressés à utiliser les cheveux comme canal pour exprimer ces sentiments intérieurs, Alexis Ferrer à imprimé des images sur les cheveux et ainsi créé l’impact recherché. « J’ai aimé l’idée que les cheveux soient une extension du patron des vêtements« , comme les tissus français qui l’ont inspiré.

L’objectif principal d’Alexis Ferrer est de travailler sur le côté expérimental de la mode est d’apporter de nouvelles idées à l’industrie capillaire. A l’aide de son carnet de croquis, il commence à chercher l’inspiration dans différents domaines artistiques et dans des collection de cheveux déjà existantes. Il se renseigne sur l’histoire, le concept et les techniques créés qui ont inspiré ces coiffeurs et créatifs.

Des oiseaux, des fleurs et des papillons aux tons chauds, des formes inspirées des estampes françaises qui au XVIIIe siècle décoraient les chambres de la bourgeoisie sont celles qui brillent désormais dans ces crinières aux coupes géométriques. Des dessins travaillés numériquement et imprimés sur les cheveux, un travail artistique éphémère et innovant.

« L’un des éléments les plus excitants lorsque vous créez une collection est de créer une nouvelle technique et de la partager. » 

La Favorite a eu un impact sur l’industrie capillaire, la collection a été créée grâce à une combinaison de styles artisanaux mélangés à la technologie. Un mélange parfait pour la nouvelle génération qui recherche de nouvelles frontières de la mode. Cela montre une fois de plus que tout dans la mode reste à inventer et à innover. 

Je vous remercie de l’attention portée à cet article, n’oubliez pas de laisser un commentaire.

Amélie T. – DNMADE2 Jo – Octobre 2022

La maison Coperni aurait-elle trouvé la recette miracle pour une mode durable et écologique ?

A l’occasion de la Fashion Week de Paris, la maison Coperni a dévoillé comme pièce maîtresse de sa collection Printemps-Ete 2023 une robe épousant parfaitement le corps de la célèbre top modèle Bella Hadid. 

Lors de la Fashion Week de Paris, la maison Coperni a fait l’unanimité en cloturant le défilé de sa collection Printemps-Eté 2023 par un spectacle pour le moins impressionnant. Pour présenter leur dernière création, la top modèle Bella Hadid a pris place au centre de la salle des textiles du Musée des Arts et Métiers, presque entièrement nue. Pendant une dizaine de minutes, un spray a pulvérisé sur la mannequin une étrange matière filandreuse, recouvrant petit à petit son corps. En l’espace de quelques instants, une robe blanche épousant parfaitement Bella Hadid a été créée sur-mesure, à même son corps. Le secret ? La technologie intitulée Fabrican, développée par le designer et docteur Manuel Torres. La matière projetée par le spray est constituée de fibres naturelles ou synthétiques assemblées par différents polymères. Des solvants liquides sont ensuite mélangés avec les fibres et vont s’évaporer au contact du corps, lors de l’utilisation du produit. Ainsi des vêtements sur-mesure, plus inclusifs et adaptés à la morphologie et au goût de chacun peuvent être fabriqués en un instant. N’oublions pas de mentionner la touche de magie verte pour notre notre planète : une fois fabriquée, la matière peut être dissoute et ré-utilisée pour refabriquer à nouveau un vêtement.

Cette technologie est comme une bouffée d’air frais au milieu de l’industrie de la mode, connue pour être la deuxième industrie la plus polluante. Cette innovation serait-elle capable de révolutionner ce milieu peu scrupuleux de l’environnement en le rendant plus écologique ?

En effet, responsable de l’émission d’environ 1,2 milliards de tonnes de CO2 par an, notre situation écologique actuelle demande du changement vers une mode plus verte. La technologie Fabrican semble donc être à la hauteur de ce défi.

Fabrican dress 2007 © photographer Gene Kiegel

Schéma de la chaîne de production et d’utilisation de Fabrican

Mettant un poing d’honneur à s’engager pour notre environnement, l’entreprise propose des fibres pouvant être biodégradables, réduit sa chaîne de production et cherche à limiter son nombre de fournisseurs étrangers, réduisant ainsi les émissions de CO2 liées au transport des matériaux. L’optique de Fabrican est de proposer au grand public un produit permettant de réparer nos affaires, allonger leur durée de vie pour lutter contre la sur-consommation et nous permettre de créer des vêtements recyclables et réutilisables. Ce pourrait donc être la solution pour combler les demandes toujours plus exigeantes des fashionistas à l’affut des tendances toujours changeantes.

Schéma de la chaîne de production et d’utilisation de Fabrican

Cependant, même si la majorité salue cette prestation comme une avancée de la mode dans le développement durable, certains restent dubitatifs. L’intention est bonne mais le procédé peut être critiquable. En effet, les cannettes qui serviraient à rendre cette technologie accessible au grand public ne sont généralement pas recyclables dans les centres de tri traditionnels. Elles doivent, soit être mises en déchetterie, soit être recyclées par des professionnels, amenant dans l’industrie de la mode des déchets compliqués à traiter. De plus, la méthode de projection des fibres requiert l’utilisation de produits chimiques, pas forcément écologiques et, comme l’on peut le voir lors du défilé de Coperni, cela crée beaucoup de particules et de déchets. Enfin, l’utilisation du produit pose question sur son ergonomie. Il ne semble pas envisageable de s’appliquer seul le spray dans le dos par exemple. 

Le défilé Coperni a donc permis de mettre en avant une technologie innovante qui questionne l’industrie de la mode quant à son empreinte carbone et son implication dans une transition écologique durable. Néanmoins, la technologie Fabrican a plutôt servi à faire sensation auprès du public plutôt qu’à présenter un nouveau matériel fiable, durable et écologique dont les créateurs pourraient se saisir. Comme l’explique le co-fondateur et directeur artistique de la maison Coperni, Sebastien Meyer :

« C’est notre devoir en tant que designers d’essayer de nouvelles choses et de montrer un futur possible. Nous n’allons pas gagner de l’argent avec cela, mais c’est un moment magnifique — une expérience qui crée de l’émotion ».

Si, petit à petit, l’industrie de la mode tente de se tourner vers des matériaux plus écologiques et durables, cela reste malgré tout au détriment de l’attraît du spectacle et du buzz.

Harmonie TAKACS – DNMADe1Jo – Octobre 2022

La détection émotionnelle au-delà de tout autre moyen de communication ?

Et si parler n’était plus nécessaire ?

L’être humain est constamment en recherche de nouveauté, jusqu’à inventer l’impensable. C’est le cas pour la société Philips, qui a élaboré le projet « Design Probe », un projet interne qui explore les possibilités du quotidien de 2020. En parallèle ils concoctent un autre projet « Skin Probe » qui s’appuie sur les innovations numériques afin de se demander si elles améliorent réellement notre qualité de vie, en mettant l’accent sur les sens plutôt que sur la pensée intelligente.

De ce fait ils inventent des vêtements futuristes, servant de passerelle pour communiquer avec ceux qui nous entourent. Ces prototypes permettent à leurs porteurs d’exprimer leurs émotions, sensations, et leur personnalité sans paroles ni gestes, juste via leurs vêtements.

C’est le cas pour leur prototype intitulé « Bubelle » (2006). Il s’agit d’une robe composée de deux couches de vêtements dont la couche interne est équipée de capteurs qui répondent aux changements des émotions du porteur et les projettent sur le textile externe.

Ainsi cette robe se divise en deux. D’une part la robe et de l’autre la « bulle » d’où le nom « Bubelle ». La forme du vêtement final évoque un aspect féerique, plus ludique, futuriste.

La couche interne de la bulle fait d’un tissu dit électronique du domaine « Skin », possède donc des capteurs émotionnels.

Des capteurs qui au contact de la peau identifient ces émotions, et les retranscrivent par les d’iodes électroluminescentes (LED). C’est-à-dire des LED qui vont émettre une ou plusieurs couleurs en fonction de l’état émotif du porteur. Chaque couleur correspond donc à une émotion.

Ainsi en émettant ces couleurs cela va permettre de divulguer, de communiquer ces sentiments aux autres. La structure simplifie au moyen de couleurs les émotions de chacun, ces émotions qui seraient plus difficiles à exprimer par des paroles. Dans ce projet il n’y a pas que la forme du vêtement qui change mais aussi sa fonction première. Le but de la robe n’est plus d’être simplement portée mais aussi d’émettre des choses, de faire passer des messages.

La détection émotionnelle est une innovation technologique qui remplace le langage verbal et corporel à des fins de compréhension plus simples entre les individus.

Alors, la détection émotionnelle une réelle innovation ou une atteinte à la vie privée ?


SOURCES :

Projet, croquis de STD2A 2021-2022

Emma S. – DNMADe1 JO – Octobre 2022

Shocking ! ou comment transcender la Haute Couture

Retour sur l’exposition au MAD qui fait honneur à une des créatrices de génie du XXème dont on ne fait pas assez l’éloge aujourd’hui.

Les croquis de la créatrice issus de la donation de l’UFAC.


  Pour beaucoup, la créatrice de renom du XXème siècle est sans hésitation Coco Chanel, celle-ci a révolutionné et allégé la garde-robe féminine et elle marque les mémoires encore aujourd’hui. Pourtant, il convient de rendre hommage à sa grande rivale, Elsa Schiaparelli. Née le 10 septembre 1890 et décédée le 13 novembre 1973, cette créatrice de mode au style provocant fonde la maison Schiaparelli en 1927.

Très vite elle se démarque des autres créateurs et s’attire les bonnes critiques de ses contemporains grâce à son regard novateur. Sa première collection “Présentation “ regroupe des chandails ou des sweaters tricotés à la main en trompe l’œil pour imiter des vêtements marins. Elle insère dans cette collection des références à l’Art Déco à l’aide des motifs géométriques inhérents à ce mouvement. Elle présente également des maillots de bains pour femmes une pièce. C’est une des toutes premières créatrices à oser recycler le vestiaire masculin et marin pour élaborer des vêtements de sports pour les femmes, pratiques et esthétiques. Cette entrée dans le cercle très fermé de la Haute Couture ne marque que le début de ses extravagances.

  En effet, Elsa a parfaitement compris comment assurer le succès de sa maison et s’assure d’être toujours bien entourée. C’est la coqueluche des artistes, tous veulent échanger, collaborer avec elle que ce soit pour des portraits et des croquis ou des créations couturières toutes plus osées et extravagantes les unes que les autres. “Travailler avec des artistes a quelque chose d’exaltant” explique celle qui fut une grande amie de Jean Cocteau ou de Salvador Dalì. Dans son réseau figurent également d’autres grands noms tels qu’Alberto Giacometti, Andy Warhol, René Magritte ou encore Pablo Picasso. Sa facétie et son envie de toujours repousser ses limites dans ses créations s’accorde à merveille avec l’esprit touche-à-tout et l’excentricité de ces personnages illustres. Ce mélange fertile entre art et mode lui a valu d’être qualifiée par sa concurrente Coco Chanel d”artiste qui fait des vêtements”.

  Petit à petit, la créatrice chevronnée développe une certaine identité autour de sa marque. Elle mélange des longues coupes noires avec l’aspect pétillant de son célèbre rose Shocking. Elle s’essaie aussi aux parfums. Superstitieuse, les premiers commencent tous par la première lettre de son nom, S, Sans Soucis, Schiap, et bien sûr Shocking. Pour ce dernier, elle collabore avec les ateliers Lesage qui confectionnent des petits bouquets de fleurs, destinés à orner le haut du parfum et c’est le peintre Leonor Fini qui dessine les contours du flacon d’après le buste de l’actrice sulfureuse Mea West. On parle également de la “silhouette Schiaparelli”, reflet de ce que la créatrice considère être la parfaite façon de se vêtir pour une femme. Elle inclue un vêtement sublimé par de nombreux accessoires tels qu’un chapeau, des gants et bien sûr des bijoux . Car ce qui fait véritablement le style de la maison, ce sont ses nombreux petits bijoux et éléments décoratifs dorés qui viennent s’insérer dans ses vêtements. Le parurier derrière la plupart de ces petites créations se nomme Jean Schlumberger. Il fait partie de ces nombreux paruriers qui comme lui travaillent dans l’ombre, éclipsés par la solaire créatrice. 

  L’imagination d’Elsa Schiaparelli est sans bornes. Elle s’inspire et revisite tout, du Printemps de Botticelli, aux inspirations gréco-romaines, en passant par les papillons ou encore le cirque. Elle a l’audace de mélanger pour une collections les figures profanes de l’Antiquité avec des personnages de la Renaissance. Elle s’éloigne des standards de l’époque et innove avec des vêtements en volume, avec lequel on peut dissimuler des objets ou jouer de la musique. En 1939, elle fait sensation malgré le climat politique de l’époque en dissimulant des boîtes à musiques dans ses accessoires, ses broderies évoquant des portées ou ses petites clochettes et tambourins cousus à ses vêtements qui entraînent un doux tintement lorsqu’ils sont mis en mouvement. Avec Dalì elle conçoit une robe homard ou des manteaux et tailleurs avec des poches tiroirs, repoussant ainsi les limites de l’absurde. Pour une de ses collections de 1935, les motifs reprennent un patchwork d’articles lui rendant hommage tandis qu’une de ses dernières collections explorent l’astrologie. Elle n’a pas peur de provoquer et dénoncer, sous son air joyeux, sa collection Comedia Dell’Arte fait sarcastiquement écho à la comédie trompeuse et inquiétante de l’actualité européenne, à la suite des accords de Munich de septembre 1939. 

Un des vestes tiroirs issues de l’imagination d’Elsa Schiaparelli avec la complicité de Salvador Dalì.

  Malheureusement, la maison connaît un déclin à partir de l’après guerre puisqu’a cette période la rigueur vestimentaire devient la norme et elle doit fermer ses portes en 1954. Elle restera pendant des années un mythe jusqu’à ce qu’en 2006, elle soit rachetée par Diego Della Valle, le président de Tod’s. Pour recentrer l’attention sur cette maison déchue, il organise en 2012 l’exposition Schiaparelli-Prada, impossibles conversations au Métropolitain de New York. Petit à petit, la marque reprend des couleurs avec de nouveaux directeurs artistiques qui tentent de la mettre en avant. Mais c’est véritablement en 2019, lorsque Daniel Roseberry devient le directeur artistique de la marque, qu’elle prend son évolution. Il mise sur des collections références au style et aux préférences d’Elsa Schiaparelli pour le plus grand plaisir du public. Les plus grandes célébrités font sensation en portant des vêtements de la marque à l’image de Lady Gaga qui a arboré fièrement une tenue de la maison pour l’investiture de Joe Biden. Aujourd’hui la marque a su renaître de ses cendres pour redevenir une des maisons les plus iconiques et retrouver son label de Haute couture perdu en 1954.

L’iconique robe de la maison Schiaparelli portée par Bella Hadid lors du festival de Cannes 2021.

  Ce que j’ai particulièrement bien aimé dans cette exposition, c’est le début puisque des dessins des ses collections issus de 55 de ses albums et prêtés par l’UFAC viennent tapisser tous les espaces de la salle, et former un tourbillon de formes, styles et couleurs comme pour annoncer la donne dés le début : cette exposition est destinée à satisfaire les yeux de son public et de les faire rêver. Ce qui m’impressionne chez cette créatrice, c’est cette énergie à créer sans cesse et à combiner des vêtements confortables et avant-gardistes pour les femmes avec une fantaisie et une imagination sans borne. Si aujourd’hui cela parait naturel de voir des collaborations entre art et mode, c’était totalement précurseur à l’époque. Voir à nouveau ce style indémodable refaire surface au sein de la Haute couture est une vraie chance et un régal pour les yeux.

 Shocking ! Les mondes surréalistes d’Elsa Schiaparelli jusqu’au 22 janvier 2023 au MAD.

                               

  Anna E. DNMADe2024Jo-octobre 2022

Un soupçon de couleurs

– Si j’étais un fruit, je serais une pêche, parce que comme elle, je déborde d’énergie.      – Si j’étais un animal, je serais un lion, parce que comme lui, je suis fort en caractère.   – Si j’étais une plante, je serais l’indigotier, parce que comme lui, je rappelle la valeur culturelle et historique des pays d’Afrique de l’Ouest.                                                               –Si j’étais une matière, je serais du coton, parce que comme lui, je protège la peau par ma douceur.                                                                                                                                       –Si j’étais un jeu, je serais de la pâte à modeler, parce que comme elle, je suis le résultat d’une certaine créativité

Qui suis-je ???

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Le Gangsta Blog

Passionné depuis mes 9 ans par les plus grandes pointures du Gangsta-Rap, j’ai décidé d’orienter le sujet de cet article sur des histoires qui ont traversé mon  enfance.

Le Rap est un style de musique très généralement abordé pour des textes provoquants, abordant des thèmes tels que la violence, la drogue, la criminalité, la prostitution, les armes, le racisme, …, et j’en passe !

YG, Schoolboy Q Postpone Music After Nipsey Hussle's Death
Nipsey Hussle, Rappeur de Los Angeles décédé par balle le 31 Mars 2019 devant sa fille par une de ses connaissance affiliée également aux gang des Crips

Los Angeles, très réputée dans le monde pour son industrie cinématographique, connait depuis un demi-siècle un taux de criminalité élevé, de la vermine, des hors-la-loi entièrement déterminés à casser les codes imposés par la société Américaine.

Pourquoi ceci, à cet endroit pourtant si légendaire ?

Les Gangs (En particulier les Crips) :

Les Etats-Unis, historiquement liés à l’esclavage de la population africaine, se sont servi de cette main d’œuvre pour fonder la richesse du pays tel qu’on le voit aujourd’hui. Mais cette puissante richesse est synonyme de colonisation et de maltraitance.

https://i.la-croix.com/x/smart/2020/10/20/1201120375/nombreuses-images-darchives-documentaire-retrace-naissance-mouvement-plonge-lAmerique-annees-1960_0.jpgDans les années 1960 En Californie, de fortes tensions entre blancs et noirs se font remarquer. La rébellion débute et on retiendra la fondation de la Black Panthers Party* en 1966, qui est un moment clé lié à l’histoire des gangs.

* : Mouvement révolutionnaire créé par les Black Panthers, un rassemblement d’Afro-Américains qui se sont battu pour l’égalité des « races » et pour lutter contre la violence des forces de l’ordre envers les personnes de peau noire.

En 1969, Tookie Williams et Raymond Washington associent leur groupe pour fonder le gang des Crips qui, à la base, servait à protéger les gens du quartier des menaces extérieures tels que la police et les bandes délinquantes des autres quartiers. Leur haine pour la société les a menés à monter en puissance via l’illégalité avec le Racket, l’obtention et le trafic d’arme à feux, le crime,…

Raymond Washington, l’un des deux co-fondateur n’aurait jamais voulu que la violence de son propre gang dépasse le stade du combat à main nue et se fasse avec des pistolets et des fusils. Des gens pensent d’ailleurs qu’il aurait été assassiné par une de ses connaissances appartenant au gang, refusant le bridage que Washington voulait imposer à son union.

Il faut croire que l’arrivée des combats armés viendrait des Pirus (première grande famille des Bloods), qui s’en sont servi lors d’un combat contre les Crips afin de compenser le défaut du nombre de membres affiliés.

Bloods & Crips | Spotify
On peut voir ici une intéressante distinction entre les Crips et les Bloods. Le Bleu et le Rouge. A l’époque où la rivalité était a son apogée, si un Crip se vêtait d’une affaire avec un petit détail de la mauvaise couleur, il mettait fortement sa propre vie en danger, au risque de se faire tuer par ses propres frères.

Pablo Escobar a démocratisé l’exportation de la cocaïne sur le marché noir des Etats-Unis et les gangs ont profité de cette opportunité en entrant dans le business. Les Gangster ne sont ni cuisiniers, ni pâtissiers mais connaissent une recette qui va leur permettre de se faire encore plus de monnaie qu’ils nomment « Crack« *.

*: Cocaïne mélangée au Bicarbonate. Les deux ingrédients sont insérés dans de l’eau bouillante. Dès que l’eau est évaporée, le résultat se trouve au fond de la marmite. Cette nouvelle drogue est plus abordable financièrement pour les consommateurs.

Le Rap :

Après le Blues et la Funk, Le Rap vient à nous, Européens,  comme une puissante vague depuis la fin des années 80. Ce style, normalement originaire de la East Coast (New York), traverse le continent Nord-Américain d’Est en Ouest direction Los Angeles. Les Crips, Les Bloods, à ce moment très puissants et fortunés expriment leur vie dans le « Mic » (Micro) et il faut croire que ça a marché. 

Le monde entier connait alors aujourd’hui l’épopée de ces gangs grâce à la musique. C’est cette musique qui m’a permis de me faire prendre connaissance de ces histoires aussi passionnantes que malsaines.

Julien KOLLY, DNMADE1HO – Fév 22

 

 

 

 

Un textile caméléon, solution d’une industrie destructrice

La mode, sûrement l’une des industries les plus polluantes du monde moderne, doit évoluer.

Aujourd’hui, l’industrie de la mode repose sur la fast-fashion, c’est à dire le renouvellement ultra-rapide des collections. Elle entraîne l’exploitation de milliers d’ouvrier.e.s payés une misère voire réduits en esclavage (ouïghours) dans des pays pauvres tels que le Bangladesh ou encore la Chine. Au-delà de ses conséquences sociales dramatiques, la fast-fashion représente aussi un impact environnemental phénoménal. Que ce soit au niveau des tonnes de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère, de la pollution des sols, des eaux ou encore de la consommation d’eau et d’énergie, l’industrie de la mode est aujourd’hui l’une des plus destructrices.

Pour remédier à cette industrialisation abusive, de nouvelles solutions sont aujourd’hui approchées. L’upcycling et la seconde main, par leur accessibilité financière, représentent aujourd’hui les solutions les plus attractives. La slow-fashion a aussi vue le jour ces dernières années, c’est une mode visant à contrer un modèle de production de masse et standardisé, mettant en avant la qualité des produits, la transparence de la chaîne de valeur ainsi que la diversité et la responsabilité de ses acteurs. La slow-fashion va amener à un renouvellement et une réinvention des textiles.

De nouveaux tissus comme « Chromorphous », sont aujourd’hui développés, dans l’objectif de permettre une mode s’adaptant aux goûts changeants des utilisateurs. À l’image d’un caméléon ce tissu permet à un seul vêtement ou accessoire d’apparaître sous plusieurs aspects. Développé par une équipe de chercheurs du collège d’optique et photonique à l’université Centrale de Floride, cette nouvelle technologie est une révolution. Plus besoin d’acheter la même pièce dans tous ses coloris, un seul modèle les permet tous. Les fils tissés à l’aide de machines à tisser industrielles, abritent des micro-fils métalliques permettant au courant de circuler et de venir chauffer plus ou moins des pigments thermochromiques. Ces pigments varient d’une couleur à une autre en fonction de la température qui leur est transmise. Le tissu est alimenté par une batterie rechargeable cachée à l’intérieur du vêtement ou de l’accessoire. La texture du tissu est semblable à celle du denim, et il peut être lavé et repassé. Les fils modifient la température du tissu de manière rapide et uniforme. Le changement de température est à peine perceptible au toucher. Une application mobile permet à distance, de les commander et de créer alors une multitude de combinaisons de couleurs et motifs. Le tissu reste légèrement plus grossier qu’un tissu classique en coton ou polyester, mais le CREOL travaille à produire des fibres plus minces afin que le matériau soit plus lisse, plus flexible et semblable aux tissus actuellement sur le marché. Le Dr Ayman Abouraddy, professeur d’optique et de photonique au College of Optics & Photonics de l’Université de Floride centrale (CREOL), déclarait :

« Notre objectif est de mettre cette technologie sur le marché pour avoir un impact sur l’industrie textile »

Cette technologie pourrait un jour aller jusqu’à proposer à l’utilisateur de devenir lui même créateur, designer de ces objets, notamment par le biais de l’application mobile, en proposant un espace de libre création, comme une page vierge sur laquelle il serait possible d’inscrire des motifs, couleurs, mots. Cette potentielle évolution de l’application mobile permettrait une réelle collaboration et cocréation entre créateurs de ces vêtements/accessoires connectés et acheteurs. L’accessoire ou le vêtement Chromorphous évolue avec l’utilisateur. il est par conséquent, un objet pour lequel l’acheteur va porter plus d’attachement. Celui-ci s’en séparera donc moins facilement. On retrouve alors bien cet objectif de mode plus durable que vise la slow-fashion.

Lily-Rose H. – DNMADe1JO – Déc. 21

Extravagancia

«Pour réaliser de grandes choses, il faut d’abord rêver.»

Coco Chanel

Empli de rêves et de magie, de complots et de trahisons, le monde de la Haute Couture subjugue et ensorcèle depuis toujours. Faits de grands créateurs, destinés à une clientèle fortunée, ces vêtements défient leur fonction première, qui est de vêtir un corps, en affirmant une personnalité, une idée, une époque ou un savoir-faire. Créateurs classiques, créateurs extravagants ou créateurs culottés, les stylistes du monde de la Haute Couture sont avant tout des artistes qui jouent avec les matières, les motifs et les couleurs pour créer un nouveau monde visuel fait de formes fantasmagoriques ou improbables.

https://pin.it/4gqb8ib

Certains trouveront dans ces œuvres vestimentaires une immense perte de temps ou d’argent, certains diront même que ces tenues, importables par le commun des mortels, n’ont aucun intérêt d’existence sinon le fait d’être « jolies ». Et je répondrai d’accord. D’accord car la Haute Couture n’est pas destinée à être portée, elle est destinée à être observée et encensée, elle est destinée à sublimer un corps, à raconter une histoire, à faire voyager et à créer un univers visuel unique et merveilleux. Elle est destinée au rêve et à la fantaisie.

Dans cet article, je ne ferai pas plus longtemps l’éloge de la Haute Couture. J’aimerais seulement mettre en avant quelques créateurs, connus ou non, ainsi que leur travail, à la fois inspirants, choquants et uniques…

Ces créateurs ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d’autres artistes. Moschino et Schiapparelli (que l’on redécouvre à nouveau, proches du surréalisme), Jean-Paul Gaultier (trublion de la mode) ou Alexander McQueen (dans son univers animal).

Le monde de la mode et de la Haute Couture est de l’art et, à ce titre, il peut être ornemental, engagé ou politique. Certains créateurs, obligés de s’expatrier pour faire accepter leur art, ont été décriés par le public ou la critique à cause de leur travail trop engagé, trop irrévérencieux, trop dérangeant, trop politisé…

https://pin.it/3hzci4f

Malgré tous les problèmes que soulève le monde de la mode comme la grossophobie, la haine de l’imparfait, les débats sociaux ou environnementaux, l’utilisation de peaux ou fourrures d’animaux rares, l’exploitation d’êtres humains et de tous ces autres scandales, il règne dans cet univers un voeu unique de poésie et de beauté, de dénonciation et de rêve. Surfant sur la vague féministe et libérée, consciente des problèmes de société et de climat de ces dernières années, un nouveau monde de la mode et la Haute Couture se dessine, plus ouvert aux différences, plus inclusif, plus libre…

“Le mauvais goût, c’est de confondre la mode, qui ne vit que de changements, avec le beau durable.”

Stendhal

Justine Carrière – DNMADE 23Jo – Décembre 2021

Un carré d’expression pour une fenêtre sur l’art

Maison parisienne, ouverte en 1837, Hermès fait partie de ces enseignes qui mettent un point d’honneur à la créativité et à garder la majorité de leur fabrication sur le territoire français. Il s’agit également d’une entreprise familiale depuis 6 générations. Actuellement implantée dans 45 pays à travers leurs 306 magasins, la maison propose un panel de 16 métiers artisanaux. Parmi ceux-ci on trouve la maroquinerie, le prêt-à-porter femme et homme, les chaussures, les chapeaux, les gants, la bijouterie, l’horlogerie, les parfums et bien d’autres. On trouve également la soie masculine dirigée par le directeur artistique Christophe Goineau et la soie féminine dirigée par la directrice artistique Cécile Pesce.

Ce sont ces deux ateliers qui nous intéresseront pour cet article, la soie féminine et masculine, et plus particulièrement les carrés de soie. Afin de réaliser le design des carrés de soie, la maison met en avant les partenariats avec des artistes externes. Certains de ces carrés de soie restent dans les codes traditionnels de la maison tandis que d’autres tendent à les casser pour aller vers un design plus contemporain.

Carré dit « classique » : Carré 90 dessiné par Henri d’Origny et carré 90 dessiné par Virginie Jamin.

 

 

 

 

 

 

Autres types de carrés : Carré 90 Danse Pacifique dessiné par Laurence Bourthoumieux, Carré 90  Grand Théâtre Soie dessiné par Gianpaolo Pagni ou bien encore le Carré 140 Chic, Le Sport ! dessiné par Dongjoo Seo hermes.

Certains, sont brodés comme le Maxi pointe quadrige perlé dessiné par Pierre Péron ou bien encore le Carré 90 brodé Jungle Love Rainbow dessiné par Robert Dallet.

 

 

D’autres ont une courbe plus graphique comme le Carré 90 Variations autour de La Longue Marche dessiné par Julio Le Par.

 

 

Pour finir, certains tendent vers un design plus simple et plus unis comme le Carré 90 Encadré d’Eperon d’Or dessiné par Henri d’Origny.

A travers cet article, je souhaitais présenter un travail collaboratif entre une maison de haute couture / joaillerie et des artistes externes. La preuve est faite, la maison Hermès le fait à merveille à travers plusieurs métiers artisanaux. Personnellement, je trouve que ce sont des partenariats intéressants, ils permettent de mettre en avant des artistes de différents horizons et de différentes cultures. J’apprécie l’idée d’avoir comme contrainte de travailler sur un carré car cela laisse bien plus de possibilité pour le dessin que ce que l’on pourrait imaginer au premier abord. La possibilité de diversifier autant le graphisme et les techniques pour la réalisation des carrés est également quelque chose que j’affectionne. Je trouve également la démarche de garder la majorité de la fabrication en France en promouvant un travail artisanal et écoresponsable, importante. En ce qui me concerne, même il s’agit d’un travail que je respecte et même si je trouve la démarche très intéressante, je ne me verrais cependant pas porter un Carré Hermès.

Sitographie : Boutique en ligne officielle d’Hermès | Hermès France (hermes.com)

Renaudat Maëlle – DNMADE23JO – Décembre 2021

L’art comme vitrine de l’inclusivité ?

Depuis la création des premières civilisations, l’homme est en quête de sociétés meilleures et œuvrant pour le bien de tous.

De nos jours, exprimer notre vision de la société du futur devient de plus en plus possible, notamment grâce aux réseaux sociaux et à l’Art qui offrent à chacun une plus grande liberté d’expression.

On remarque au travers des différents domaines artistiques, qu’une volonté de changement domine les autres sujets. On vient chercher dans l’art un moyen de mettre en lumière des problèmes sociétaux. Celui-ci va notamment, ces dernières années, avec les formes d’art contemporaines, permettre d’amener un bouleversement des codes, des idéaux et canons de beauté. On va donner de la visibilité à ce qui auparavant n’en avait pas, comme par exemple à des handicaps, des maladies et types de peaux, des morphologies… Une inclusivité nouvelle va ainsi voir le jour, on va venir promouvoir, favoriser et défendre l’intégration de minorités.

L’inclusivité amènera aussi à la création du mouvement Body Positive. Que ce soit dans l’univers de la musique, dans l’écriture, dans les arts plastiques ou encore dans les arts appliqués, le Body positivisme s’inscrit aujourd’hui dans un but de sensibilisation du public.

L’artiste-peintre Harmonia Rosales, fait partie des artistes contemporains luttant pour une meilleure représentation des personnes de couleur. Elle remplace les hommes blancs par des femmes noires dans des œuvres telles que la célèbre fresque de Michel-Ange intitulée “La Création d’Adam” qui orne la partie centrale de la voûte du plafond de la Chapelle Sixtine. Elle vient ainsi rétablir une visibilité aux femmes noires dans l’art.

Dans le milieu de la mode, de plus en plus de magazines célèbres mettent aussi en lumières des corps et des particularités physiques, qui, par le passé, ont été mis à l’écart. La mode remet désormais en question les normes validistes et prône le mouvement « body positive ».  C’est le cas pour Vogue, qui commençait l’année 2021 en publiant une couverture dans laquelle Paloma Elsesser, mannequin américaine de « grande taille » posait sexy et assumée.

Sur les podiums aussi, nous pouvons retrouver davantage de morphologies et peaux différentes. Ainsi des mannequins comme Jillian Mercado, Aimee Mullins, Del Keens, Andreja Pejic, Tess Munster ou encore Winnie Harlow, atteinte de vitiligo sont de plus en plus demandées sur les défilés de haute couture.

Contrairement à avant, où le handicap n’était montré que dans des magazines ou documentaires à but informatif, il est maintenant projeté sur les podiums et défilés. Le mannequin transgenre Aaron Philip, quadraplégique depuis sa naissance ainsi que Viktoria Modesta , amputée d’une jambe, font partie des figures emblématiques de ce tournant.

 

Dans l’univers du cinéma, les producteurs cherchent eux aussi à apporter une visibilité aux minorités. C’est le cas de Nicolas Duval-Adassovsky, Yann Zenou et Laurent Zeitoun qui en 2011, avaient présenté sur le grand écran le film « intouchables ». On y retrouvait l’acteur François Cluzet jouant le rôle d’une personne tétraplégique aux côtés d’Omar Sy. Le handicap n’est pas le seul sujet abordé on y suit également une amitié forte entre deux personnes que tout oppose. Cette amitié va amener le public à comprendre que le handicap n’est pas une fatalité et ainsi le normaliser au sein de notre société.

L’inclusivité est comme on peut le voir une préoccupation très actuelle de notre société, et prenant de plus en plus d’ampleur dans le milieu artistique.

Lily-Rose H. – DNMADe1JO – Oct. 21

Lâchons le python : place au poisson !

cuir de saumon d’Islande

 LE CUIR DE POISSON, OU L’UPCYCLING DU DEFUNT POISSON

  Le tannage de la peau de poisson est une technique ancestrale apparue en Islande. Cependant, voilà seulement une trentaine d’années que le poisson et sa peau se frayent lentement un chemin sur les devants de la scène. En effet, le cuir est plutôt connu comme étant de la peau de vache. 

Mais après tout, cette pauvre vache n’a rien demandé. Ici, le poisson offre de multiples possibilité de cuir. Mais il est inutile d’aller chez le poissonnier et d’hurler comme un forcené « Je veux des chaussures en peau de merlot! ». Le tannage est un processus long et minutieux effectué par des professionnels depuis des décennies. Je ne saurais mieux vous expliquer le processus que cette charmante dame au cours de cette vidéo. Il est nécessaire de constater toute l’étendue des possibilités s’offrant aux domaines liés aux designs quant à l’utilisation de cette matière noble et variée qu’est le cuir marin. Montres, bijoux, vêtements ou encore mobilier voici différents costumes que le poisson revêt.

Bracelet en cuir de veau et cuir de tilapia(cuir de poisson montrant la beauté de l’écaille)

Confucius a dit « Quant un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui donner un poisson ». Quand certains mangent le poisson, d’autres en récupèrent les détritus pour les transformer en merveilles. Le cuir de poisson est une matière éco-responsable et une représentation de l’économie tournante. Il est la mode d’aujourd’hui et le bienfaiteur de demain. Bien trop d’animaux sont injustement exécutés pour leurs peaux et leurs pelages. Pour certains, il suffit d’aller chez le poissonnier réclamer les déchets et en quelque jours le tour est joué. Voici un cuir inscrit dans le développement durable et acteur de l’économie. Parce que oui, on récupère la peau d’un poisson consommé, on la traite et la revend des centaines d’euros pour les plus belles peaux!

De quoi innover et faire plaisir aux fortunés!   

NOUVIER Léa DNMADEjo1 année 2021

Montre avec bracelet en cuir de galuchat (cuir résistant et à l’allure perlée) 

L’hypocrisie du prêt-à-porter

La mode est un art, certes, mais à quel prix devrions-nous le tolérer dans un monde qui prône le fast fashion ? 

Ici, je ne pointe pas du doigt la haute couture (même si celle-ci n’est pas complètement en accord avec les droits de l’Homme et de la planète), mais plus précisément le prêt-à-porter

“N’achetez pas juste pour le plaisir de le faire. Je pense que les gens ne devraient pas investir dans la mode, mais investir dans le monde.” 

Contre toute attente, c’est une des actrices les plus importantes de la mode contemporaine, la créatrice britannique Vivienne Westwood, qui est à l’origine de ce paradoxe.

L’art de consommer, c’est un grand sujet de discorde : Le Fast-Fashion, la surconsommation de vêtements et accessoires en tous genres. Je ne pense pas vous l’apprendre, mais l’industrie du vêtement est la deuxième la plus polluante au monde, après celle du pétrole. L’exploitation humaine dans ce milieu est aussi un des points pour lesquels il faut boycotter la surconsommation. (La répression des ouïgours vous en avez entendu parler ?)

Et si vous l’apprenez, je sais, difficile de croire que le contenu de notre placard peut avoir autant d’impact sur la planète. Mais malheureusement, il est temps pour tous de prendre conscience de ce fléau, bel et bien présent depuis le début des années 90 avec l’arrivée d’enseignes tels que Zara dans les épicentres de la mode.

Alors nous ne sommes pas tous parfaits, je le sais, on consomme tous, peut-être inconsciemment et de manière non réfléchie, mais peut-être qu’après cet article, nous porterons tous ensemble, un regard différent sur notre manière de consommer ? MAIS il y a quand même avant tout commencement une différence entre faire du shopping toutes les semaines sans réfléchir, et tous les quelques mois sans en abuser.

Je sais, vous n’avez rien à vous mettre, vous avez toujours l’impression de ne pas avoir un style qui en jette. Mais au final, ses dépenses ne vous desserviraient-elles pas ?

Les origines d’abord, viennent de la société actuelle, comme nous travaillons dur, on mérite des récompenses, de se faire plaisir, et c’est là que les achats interviennent. On propose presque ses achats en tant que solutions radicales pour atteindre le bonheur.

Une publicité Dior qui en dit long… Alors d’accord un achat provoquera quelques heures de bonheur, mais ce ne sera pas durable. La consommation agit comme un pansement sur une plaie ouverte.

C’est aussi et peut être la provenance d’un mal-être non résolu. une consommation EXCESSIVE liée à un manque, comblée par ses achats.

« La surconsommation est souvent liée à des carences affectives. »

Notons que si votre vie est normalement constituée, et équilibrée, pas besoin de céder aux sirènes des boutiques, si elle est suffisamment remplie d’activités ou d’un métier ayant pour vous, du sens, il n’y aura pas cette sensation ou moins le besoin  de « posséder ».

Nous sommes tous poussés à consommer, via les réseaux sociaux, les youtubeuses, instagrameuses et j’en passe qui conduisent aussi à vouloir toujours acheter plus, à mourir d’envie d’acquérir ce maillot de bain SHEIN, ou ce petit sac Zara. Et comparer sa penderie, à celle d’une influence qui change de tenue tous les jours (dont la plupart des articles leur sont offerts par les marques), un sentiment d’avoir une penderie dépassée car on en voit toujours plus et toujours de nouvelles choses sur tous ses réseaux qui occupent notre esprit.

Sans parler du désastre bancaire que peut avoir cette obsession à la mode et ce qu’il s’y passe, c’est aussi l’état de la penderie qui doit être inquiétante. Si quand on ouvre ce placard et qu’elle est au bord de l’explosion, il y a des questions à se poser.

« Si vous passez plus de 5 minutes à trouver votre tenue du jour, c’est soit parce que votre penderie n’est pas bien rangée, soit parce que vous avez des vêtements en surnombre et que vous vous y perdez et/ ou que vous n’avez pas les bonnes pièces. « 

Je me suis donc renseigné sur les solutions contre la surconsommation, et le meilleur moyen de lutter.

  • Il faut se poser les bonnes questions. Là en ce moment, quelles sont les choses que je n’ai jamais le temps de faire ? Quels sont mes rêves enfouis ? Qu’est-ce qui me procure de la joie ? Il est en fait important de se questionner sur nos envies.
  • Aujourd’hui, et en ce moment il faut savoir que nous sommes aidés, la mode éthique nous mène à consommer via les friperies, vide dressing, les vêtements de seconde main, Vinted, United Wardrobe et plein d’autres qui sont en plein essor ! Une super alternative aux fast-fashion, qui réjouit tout le monde.
  • Bien évidemment, réduire notre consommation, ne pas jeter ses vêtements mais les vendre où les donner !
  • Et si vous n’êtes toujours pas décidé à consommer mieux et plus intelligemment, veillez au moins à opter pour  les meilleures matières, les meilleurs lieux de fabrication et les labels et les marques de confiance. Pour continuer à acheter, sans trop culpabiliser.

Pour finir, je vous laisse sur un documentaire « The true Cost » qui montre le vrai prix à payer pour nos vêtements achetés dans le prêt-à-porter. Un documentaire qui devrait nettement changer votre point de vue sur ce fléau.

http://www.la-carotte-masquee.com/true-cost-fast-fashion/

« Les riches entreprises voient les pauvres comme une opportunité de s’enrichir. »

Il est important de garder à l’esprit ce que nos actes à tous, provoquent à l’autre bout de la planète et ne pas oublier que tout ça c’est réel et cruel. Même si s’acheter un pyjama chez Primark, c’est humain, et c’est ok. Mais tout cela en bonne conscience et sans excès c’est mieux, même si, comme je le disais : Nous sommes tous humains, imparfaits et un peu égoïstes. On essaye tous de faire de notre mieux 🙂

Journot Lola – DnMade 1 joaillerie – Avril 21

Une mode qui ne se porte pas vraiment.

Oui oui, vous avez bien lu. Des vêtements que l’on ne peut ni porter directement, ni toucher. La raison ? Ils sont numériques.

Aussi saugrenue que puisse vous sembler cette idée, c’est un phénomène grandissant dans le milieu de la mode. C’est en tout cas ce que propose « The fabricant ».

 

 

 

 

« The fabricant » est une maison de mode numérique basée à Amsterdam aux Pays-Bas. Créée par Kerry Murphy avec Amber Slooten elle est spécialisée en design de mode 3D et en animation. L’idée est de réaliser une mode numérique en se basant sur des expériences numériques sans jamais toucher aux matériaux physiques. Elle compte une bonne vingtaine d’employés à travers le monde et fait plusieurs collabe avec différentes marques comme Buffalo London, Soorty et Puma.

Buffalo London                        Soorty                                                  Puma

Il est possible d’acheter un vêtement digital et de demander à l’insérer sur une photo avec une personne. Comme, par exemple, avec le projet « Iridescence ». Cette robe est la première en son genre et il s’agit de la première transaction blockchain. Cette œuvre d’art unique est traçable, échangeable et à collectionner. La propriétaire actuelle de la robe a la possibilité de faire insérer la robe virtuelle sur une photo où elle apparaît. Cela donne l’impression qu’elle porte la robe.

Plusieurs maisons de haute couture ont déjà fait appel aux mondes virtuels et aux vêtements digitaux pour promouvoir leurs collections. Gucci a présenté sa collection avec les Sims, la maison Margiela a utilisé Animal Crossing et Louis Vuitton, League of Legend.

Pour Amber Slooten, l’idéal serait d’arrêter de produire toujours plus de vêtements et de rentrer dans un monde nouveau où la création serait numérique. Elle est arrivée à cette conclusion en cherchant un moyen de ne plus utiliser de vrais matériaux afin de préserver l’environnement. C’est également un moyen de tendre vers un nouveau regard sur la manière d’aborder la mode et de la créer.

Je ne sais pas pour vous mais pour ma part je suis à la fois émerveillée et en même temps très sceptique sur cette idée de mode digitale. J’apprécie cette idée de pouvoir créer « à l’infini » sans que cela ait un impact important sur l’environnement. Je vois également ce mode de création comme une porte ouverte pour l’imaginaire, car il n’y aurait plus besoin de prendre en considération les contraintes des matériaux. Ce qui fait que l’on peut
inventer, par exemple, un vêtement brodé de pierres précieuses sans avoir à gérer les questions de réalisation ou de coût. Cela permet également de voir le rendu d’un vêtement avant une éventuelle création. J’aime également cette manière de réinventer la mode et de lui donner un goût de nouveauté et également d’illimité.

D’un autre côté l’idée d’avoir des vêtements qui soient uniquement digitaux laisse un questionnement sur le paraître. On voit aujourd’hui que l’apparence est quelque chose d’extrêmement important, presque une idéologie pour certaines personnes. Le fait d’avoir accès à ce type de vêtements pourrait amplifier cette idée de paraître.

Et vous, ça vous tenterait un vêtement virtuel ?

Quelques effets de matières informatiques :

Lien pour voir différentes créations :

Dropbox – 02_PRESS_KIT – Simplifiez-vous la vie !

Lien du site internet :
The Fabricant | A Digital Fashion House

Maëlle Renaudat – DNMADE 1 Bij – Février 2021

 

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