La Eighty’s et Toute ses Spendeurs

À la sortie des années 70, il y a les années 80, une décennie légendaire dans beaucoup de domaines !

Pourquoi le passé serait-il mieux que le présent ? Il s’agit en effet d’une question difficile pour des gens qui n’ont pas vécu ce fameux « passé » de la funk et de la coupe mulet, de la Delorean et celle de Rocky.

Sous le biais de la richesse musicale et des photos colorées alléchantes de cette époque, il aurait été amusant de vivre les bons moments du passé auprès de la jeunesse de nos ancêtres les plus proches : nos parents.

Le Cinéma :

MIAMI VICE - Petite lucarne & Grand Ecran
Les Détectives Sonny Crockett et Ricardo Tubbs de l’incroyable série Miami Vice de 1984

Aujourd’hui, nous sommes plutôt cinématographiquement sur la perfection, plus le droit au moindre défaut et ceci avec des thèmes violents et horrifiques. Malheureusement, ceci est un régal visuel pour les amateurs des salles aux grands écrans, mais, n’est ce pas une véritable souffrance de produire de telles œuvres qui refoulent l’imperfection du monde ? Cette concurrence acharnée entre chaque entreprise ne soutiendrait-elle pas inhumanité, la pression, la dépression et la surconsommation ? La beauté est, pour beaucoup de cas un cache misère, surtout pour  les réalisations destinées aux petits Bout’choux si on peut citer Disney. 

La Zik :

Du côté musical, l’évolution des modes de loisirs a bien fait changer les choses. Le Smartphone, en 1980 ?! Smart quoi ?! Ça n’existait pas, donc il fallait s’occuper autrement en sortant les instruments de musique avec les amis par exemple. Et leur loisir là, quand on écoute du Rock des années 80, on se rend bien compte qu’il a porté ses fruits  ces fameux musiciens, si on peut citer Bon Jovi, Toto,…, qui avait un niveau et une inspiration hors norme, surtout avec l’aménagement des sons synthétiques liés au tout début de l’ère de la haute technologie.

En Tournée Avec de Bon Jovi Dans Les années 1980 ⋆ Photos historiques rares - Et l'histoire derrière eux ...
Le groupe de Rock Bon Jovi dans les années 80

Maintenant, et bien ça n’a plus l’air d’être une vrai passion pour les artiste de rap. On produit tant qu’il y a du « fric » à se faire dans les poches. De toute façon, les artistes de rap nous l’ont tellement raconté à travers leurs écrits mélodiques que c’est un argument qui n’a même plus besoin d’être souligné pour comparer cela avec les génies d’il y a quarante ans. Plus besoin de se « casser le cul » pour percer, grâce à cette recette de cuisine qui se nomme l’influence, qui sent très très fort dans la jeune société.

Julien K. – DNMADe1 Ho – Avril 2022

Faut-il distinguer l’homme de l’artiste ?

Certains diront que la séparation homme/artiste est indispensable. Prenons exemple sur l’art musical qui est un milieu parsemé d’artistes pouvant être aussi talentueux que détestables. Quant au public, il n’est pas clair quant à l’écoute de ceux-ci et usent d’arguments bancales pour se justifier.

Kodak Black, xxxtentacion, 6ix9ine, R.Kelly, Nas, et tant d’autres. Tous au cœur d’affaires parfois criminelles, mais tous de talentueux artistes malgré tout, des célébrités notoires ou des piliers culturels.

Alors que faire en tant qu’auditeur ? Il est simple de dire qu’il faut séparer l’homme de l’artiste. Mais ne serait-ce pas cautionner de manière indirecte leur mode de vie, leurs actes ? Doit-on dissocier l’artiste de sa création ou bien prendre l’individu dans sa globalité ?

Pourquoi séparer l’oeuvre de l’artiste ?

Si l’on part de ce principe qu’il faut dissocier le créateur de la création, reste à savoir pourquoi faudrait-il faire une séparation, alors même que l’on ne le fait pas lorsqu’il s’agit d’un simple individu (citoyen lambda). On ne le fait pas car le concept « d’art » se répand dans l’inconscient collectif et octroie une place d’honneur à l’individu devenu un artiste.

Faire de l’art ne serait donc plus considéré comme un « métier », mais plutôt comme un « honneur, quelque chose de sacré ». De ce fait, on pardonnera toujours plus facilement les faux pas d’une star mondiale que les dérives d’un individu lambda puisque l’on se forcera à marquer une séparation nette entre l’artiste et son œuvre.

L’humoriste Blanche Gardin se moquait d’ailleurs de la clémence du jugement réservé aux artistes à l’occasion de son passage aux Molières : « Parce qu’il faut savoir distinguer l’homme de l’artiste… Et c’est bizarre, d’ailleurs, que cette indulgence s’applique seulement aux artistes… Parce qu’on ne dit pas, par exemple, d’un boulanger : ‘Oui, d’accord, c’est vrai, il viole un peu des gosses dans le fournil, mais bon, il fait une baguette extraordinaire.’ ». Cette phrase montre avec force cette immunité dont les artistes bénéficient.

A force de répandre l’idée selon laquelle l’œuvre d’art est neutre, sans valeurs morales ou immorales, les artistes pensent pouvoir dire ou faire ce que bon leur semble. Du moment qu’ils sont des artistes, ou encore des influenceurs, ils seront préservés des lois morales. A l’ère du numérique et de l’omniprésence des réseaux sociaux, devenus les principaux vecteurs de l’indignation populaire, tout va très vite, on apprend une information, on se choque, et sans réfléchir en amont, on réagit aussitôt. En ce qui concerne les artistes, tout s’arrange avec le temps, comme si leur statut d’artiste leur permettait de subir qu’une simple colère éphémère plutôt qu’un déferlement de haine et de révolte. Il faudrait pourtant pouvoir confronter sa passion (donc ici l’écoute de la musique) à la raison commune (jugement de la moralité de l’artiste).

Et si on commençait à assumer au lieu de se chercher des excuses ?

Lorsque l’on veut séparer le créateur de sa création, cela passe par une phase d’acceptation du mode de vie de l’artiste en question. Parler d’écoute ou de « vues », revient à parler de consommation et donc de revenus. Êtes-vous en accord avec le fait de donner de l’argent à un criminel, que ses actes soient présumés ou avérés ? Le fait que l’individu soit un artiste doit-il être pris en considération dans votre jugement ?

Si la réponse est oui, alors assumez le pleinement. Assumez de cautionner indirectement les violences, et de négliger l’intégrité mentale des victimes. Vous assumerez de ne pas prendre en compte ses actes tant qu’il fait de la bonne musique.

Faire la séparation entre l’artiste et l’œuvre est notre droit le plus légitime, mais que l’on tergiverse pour affirmer notre avis en disant des phrases du genre : « Il n’a pas été jugé », « On n’est pas certain », « La victime aurait retiré sa plainte », est absolument inconcevable moralement. Il ne faut pas chercher à s’auto convaincre que notre décision est intelligente et raisonnée mais plutôt affirmer, assumer nos choix. Il est par contre important de marquer une différence entre un condamné ayant purgé sa peine et un artiste en cours de jugement. Le premier a payé pour ses crimes tandis que le second n’est pas encore sûr de d’être condamné. Pour autant, les crimes sont intemporels tout comme la condamnation morale. Un individu ayant purgé sa peine peut reprendre ses activités, voyager, monter sur scène et faire des apparitions médiatiques; l’individu reprend possession de ses droits et cela lui permet de reprendre sa vie là où il l’avait laissée.  Le public est confronté à un choix : continuer à condamner l’artiste moralement ou le pardonner et le laisser reprendre sa vie.

Si l’on condamne l’acte en question comme immoral, l’artiste a tout de même le droit de vivre sa vie sans être constamment pris à partie pour son passé et subir un déferlement de colère à chaque apparition médiatique. Néanmoins, les auditeurs ont aussi le droit de continuer à voir en lui une ordure. La justice se doit d’être impartiale mais le public est quant à lui libre de ses choix.

Si l’on décide de se foutre royalement des crimes commis et donc de contribuer aux finances de l’artiste, indirectement, il faut l’assumer et ne pas se cacher derrière un déni ou une mauvaise foi. Il ne faut pas oublier les crimes d’un individu dès lors que c’est un artiste génial, et ouvrir les yeux quand il s’agit d’un créateur quelconque. Seule une loi morale stricte pourra démanteler ce statut intouchable d’ « artiste ».

Je vous laisse le soin de consulter mon précédent article et de vous demander, dans le cas de Polanski, si on doit ou si on peut faire la distinction entre l’individu et son art.

 https://lewebpedagogique.com/mortofilo/2021/12/23/une-peine-derisoire-de-42-jours/ 

BRIDAY Lisa DNMADEJO1 Février 2022

Le Gangsta Blog

Passionné depuis mes 9 ans par les plus grandes pointures du Gangsta-Rap, j’ai décidé d’orienter le sujet de cet article sur des histoires qui ont traversé mon  enfance.

Le Rap est un style de musique très généralement abordé pour des textes provoquants, abordant des thèmes tels que la violence, la drogue, la criminalité, la prostitution, les armes, le racisme, …, et j’en passe !

YG, Schoolboy Q Postpone Music After Nipsey Hussle's Death
Nipsey Hussle, Rappeur de Los Angeles décédé par balle le 31 Mars 2019 devant sa fille par une de ses connaissance affiliée également aux gang des Crips

Los Angeles, très réputée dans le monde pour son industrie cinématographique, connait depuis un demi-siècle un taux de criminalité élevé, de la vermine, des hors-la-loi entièrement déterminés à casser les codes imposés par la société Américaine.

Pourquoi ceci, à cet endroit pourtant si légendaire ?

Les Gangs (En particulier les Crips) :

Les Etats-Unis, historiquement liés à l’esclavage de la population africaine, se sont servi de cette main d’œuvre pour fonder la richesse du pays tel qu’on le voit aujourd’hui. Mais cette puissante richesse est synonyme de colonisation et de maltraitance.

https://i.la-croix.com/x/smart/2020/10/20/1201120375/nombreuses-images-darchives-documentaire-retrace-naissance-mouvement-plonge-lAmerique-annees-1960_0.jpgDans les années 1960 En Californie, de fortes tensions entre blancs et noirs se font remarquer. La rébellion débute et on retiendra la fondation de la Black Panthers Party* en 1966, qui est un moment clé lié à l’histoire des gangs.

* : Mouvement révolutionnaire créé par les Black Panthers, un rassemblement d’Afro-Américains qui se sont battu pour l’égalité des « races » et pour lutter contre la violence des forces de l’ordre envers les personnes de peau noire.

En 1969, Tookie Williams et Raymond Washington associent leur groupe pour fonder le gang des Crips qui, à la base, servait à protéger les gens du quartier des menaces extérieures tels que la police et les bandes délinquantes des autres quartiers. Leur haine pour la société les a menés à monter en puissance via l’illégalité avec le Racket, l’obtention et le trafic d’arme à feux, le crime,…

Raymond Washington, l’un des deux co-fondateur n’aurait jamais voulu que la violence de son propre gang dépasse le stade du combat à main nue et se fasse avec des pistolets et des fusils. Des gens pensent d’ailleurs qu’il aurait été assassiné par une de ses connaissances appartenant au gang, refusant le bridage que Washington voulait imposer à son union.

Il faut croire que l’arrivée des combats armés viendrait des Pirus (première grande famille des Bloods), qui s’en sont servi lors d’un combat contre les Crips afin de compenser le défaut du nombre de membres affiliés.

Bloods & Crips | Spotify
On peut voir ici une intéressante distinction entre les Crips et les Bloods. Le Bleu et le Rouge. A l’époque où la rivalité était a son apogée, si un Crip se vêtait d’une affaire avec un petit détail de la mauvaise couleur, il mettait fortement sa propre vie en danger, au risque de se faire tuer par ses propres frères.

Pablo Escobar a démocratisé l’exportation de la cocaïne sur le marché noir des Etats-Unis et les gangs ont profité de cette opportunité en entrant dans le business. Les Gangster ne sont ni cuisiniers, ni pâtissiers mais connaissent une recette qui va leur permettre de se faire encore plus de monnaie qu’ils nomment « Crack« *.

*: Cocaïne mélangée au Bicarbonate. Les deux ingrédients sont insérés dans de l’eau bouillante. Dès que l’eau est évaporée, le résultat se trouve au fond de la marmite. Cette nouvelle drogue est plus abordable financièrement pour les consommateurs.

Le Rap :

Après le Blues et la Funk, Le Rap vient à nous, Européens,  comme une puissante vague depuis la fin des années 80. Ce style, normalement originaire de la East Coast (New York), traverse le continent Nord-Américain d’Est en Ouest direction Los Angeles. Les Crips, Les Bloods, à ce moment très puissants et fortunés expriment leur vie dans le « Mic » (Micro) et il faut croire que ça a marché. 

Le monde entier connait alors aujourd’hui l’épopée de ces gangs grâce à la musique. C’est cette musique qui m’a permis de me faire prendre connaissance de ces histoires aussi passionnantes que malsaines.

Julien KOLLY, DNMADE1HO – Fév 22

 

 

 

 

Les Red Hot sont de retour !

Mais si ! Vous savez ! Le groupe de rock emblématique des années 80, effrontés, adeptes de concerts psychédéliques. Eux qui ont révolutionné le rock en y ajoutant une touche funk, électronique. De folles balades d’amour et des univers renversants de jeux vidéos.

Après 6 ans d’absence le groupe est de nouveau ensemble et surprise ! Ils nous préparent un nouvel album pour avril 2022. Intitulé Unlimited Love il comporte 17 titres, et s’annonce prometteur grâce au retour de John Frusciante le guitariste qui a largement participé aux succès du groupe (By the way, Blood Sugar Sex Magik).

On espère y retrouver l’esprit Red Hot des grandes heures, mélange de rock funk, rock psychédélique et leur touche de musique électronique reconnaissable entre toutes.

Pour vous donnez un avant-goût voici le premier single de l’album : https://youtu.be/OS8taasZl8k

M. Nicol – DNMADe 1HO – Fév 2022

Cosmo, la guitare qui joue juste

Avec son design minimaliste, l’entreprise allemande Verso à complètement réinterprété l’instrument.

Le principe ? Une feuille de métal courbé en guise de corps, un manche faisant office de poutre pour la rigidité et des micros aimantés. Mais la réflexion est bien plus pertinente. Pour commencer, la forme général du corps est inspiré des guitares classiques, forme qui a prouvé son confort puisqu’elle est inchangé depuis près de 200 ans. Ce corps est découpé et plié pour faire office de cordier (pièce traditionnellement rapporté) et accueillir les agréments standard d’une guitare électrique. Le métal est couvert d’un traitement à base de poudre, pour un rendu comparable à la peinture mais qui sera bien plus résistant au choc, qui ne s’écaillera pas et qui se patinera au cours de son utilisation. Pour continuer sur les standards qui ont fait leur preuve les 7 couleurs disponibles font partie du nuancier RAL. Le résultat de l’utilisation de cette feuille de métal c’est également un poids de 2,5 kg soit 2 kg de moins qu’une Fender Stratocaster (guitare électrique la plus vendue au monde). Le manche est en une seule pièce, entièrement usiné en machine à commande numérique, avec un choix entre 4 essences de bois, 3 types de frets, 2 types de mécaniques Schaller (marque référence) et 3 formes et 2 courbures de manches. L’ensemble ne tient que par une seule vis, le corps se glisse dans le manche et la vis ne fait que verrouiller le tout. Ce tout est sonorisé par des micros maisons, aimantés, interchangeables et mobiles. 6 micros nous sont proposés, en 4 finitions chacun, ils se connectent à l’instrument grâce à un câble, ce qui permet de positionner le micro de son choix à l’emplacement désiré.

Et le son ? De prime abord, on  s’attend à un son très métallique avec des aigus qui piquent mais en réalité c’est un son très chaud et dynamique qui en sort. Le réel génie de ces instruments c’est la liberté de pouvoir changer de son en quelques secondes, de passer d’un son rond à un son claquant sans changer de guitare. C’est en somme le choix de ne renoncer à rien.

Ancien étudiant de design de produit, Robin Stummvoll nous offre une version on ne peut plus actuel de la guitare. Une conception très logique et rationelle pour une utilisation irréprochable. Sa formation de designer a directement impacté ses produits mais aussi son site et ses packagings avec une esthétique travaillée dans la même philosophie que ses instruments. Des instruments avec une grande qualité de finition grâce à un fonctionnement artisanal en Allemagne. C’est un régal pour les yeux et les oreilles et d’une philosophie qui ne peut que donner envie d’en faire l’expérience.

Antonin GUERRET – DNMADE 1 Ho – Janvier 2022

Dub it !

Apparu dans les année 1950, en plus d’être un style musical dérivé du reggae le dub est une culture à part entière avec une histoire qui a traversé bien des frontières.

Découvert par erreur suite à un problème de gravure sur un vinyle où la piste vocal avait disparu, le public a adoré et le concept à commencer à se repandre à travers toute la Jamaïque principalement grâce à trois personnes : Lee Scratch Perry, King Tubbys et Duke Reid

Suite au succès de cette « dubplate » on va à partir de 1971 retrouver sur toutes les faces B des vinyles de reggae une version dub du morceau, c’est à dire sans voix et où la basse est augmentée directement dans la gravure du vinyle, d’autres effets sont inventés et popularisés à la même époque par ces mêmes personnes comme le phaser, l’écho, la coupe de piste ou la réverbération qui reste encore aujourd’hui ce qui définit le dub.

Cette découverte amène les premiers sound system afin de pouvoir vraiment ressentir la « bass line » qui est l’élément principal de toute composition dub. Le but est vraiment de ressentir dans son corps la vibration de la musique qui reste une sensation indescriptible si on n’en n’a pas fait l’expérience.

C’est vers les années 1980 que le dub débarque sur le sol britannique grâce aux connections entre les label jamaïcains et les disquaire anglais, c’est la fin du style dub jamaïcain et le début du « dub steppers ». Un style venu tout droit de la rencontre entre les studio de dub anglais et la culture punk émergente en Angleterre. On retient des grands nom du dub UK comme Mad professor qui lance un label encore mythique aujourd’hui « Ariwa » où il va développer ce style fusionné à des techniques de production moderne mais toujours gravé sur des vinyles.

Le dub est en perpétuelle évolution, on trouve aujourd’hui un dub français très electro et plus du tout chaleureux comme on peut retrouver sur de vieux vinyls, l’Angleterre garde un rôle majeur dans le dub comme on l’entend aujourd’hui.

Enfin le dub c’est vraiment une culture à part entière sans réel équivalent dans le monde musical, son style est vraiment particulier et chaque groupe va avoir son propre sound system souvent fabriqué à la main avec leur propre tonalité, leur propre sélection de vinyle et c’est cette originalité qui rend le dub si unique et indescriptible.

Channel One Sound System (groupe légendaire anglais )

L’allégorie des sentiments…

J’aimerais aujourd’hui vous parler d’un artiste particulièrement touchant, qui se fait appeler Udeyfa. Afin de transmettre ses émotions et son ressenti, il combine deux styles de musique plutôt proches l’un de l’autre. Le slam ainsi que le rap. Pour cette fois, j’ai choisi de m’intéresser à son single intitulé « poésie de rue 2 ». Il transmet un message puissant, et ne me laisse pas indifférent face à toutes ces réalités si bien illustrées à travers ses paroles. Alors si vous ne l’avez jamais écouté, je vous invite à le faire avant de poursuivre cet article.

https://www.youtube.com/watch?v=CiJS9t4hfRg

Vous l’aurez surement remarqué dès la première écoute, mais il utilise énormément les figures de style afin de retranscrire ses idées. Sa façon de prononcer les paroles permet également de porter une certaine attention sur l’importance de celles-ci. Mais pour qu’un message soit fort il doit obligatoirement être compris. Logique ! Cependant il est très compliqué de poser des mots sur des sentiments ou des ressentis, car c’est quelque chose d’abstrait et de personnel. Un exemple très concret qui parlera à tout le monde. Quand une personne vous demande ce qui vous rend si triste, vous le savez au fond de vous- même, mais mettre des mots sur cette cause est parfois plus compliqué que l’on pourrait le croire. De plus, faire comprendre votre ressenti est encore plus difficile !

Udeyfa utilise une technique particulièrement efficace pour faire comprendre et entendre ce qui l’habite au plus profond de lui-même. Celle-ci est souvent utilisée dans les poésies. Je parle bien évidemment des métaphores et des allégories. On peut dès lors comprendre son inspiration à travers son titre.

J’aimerais porter l’attention sur l’une des phrases qui m’a le plus touché par sa justesse et sa tristesse :

 » tu kiffes plus les footeux qu’ton père, je comprends pas la logique, dis-moi où est placé Messi dans ton arbre généalogique. « 

A travers ses dires, il touche un sujet très actuel et rependu à travers le monde, le football. Ayant un petit frère de dix ans, passionné de foot, et particulièrement admiratif de Messi, ces paroles m’ont fait monter les larmes aux yeux. Les relations entre mon père ainsi que mon frère sont très compliquées depuis quelque temps… Alors pas la peine de vous faire un dessin, mais ces mots reflètent parfaitement la situation qui persiste d’exister.

Je pourrais parler des heures en reprenant chacune de ses strophes, tout en sachant que tous ses autres titres sont tous aussi touchants les uns que les autres. Alors si jamais vous ne savez pas quoi faire, je ne peux que vous les conseiller !

N’hésitez pas à partager les mots qui vous ont le plus bouleversé dans les commentaires.

Pour conclure, à travers le slam et le rap, Udeyfa a su allier la poésie à ses ressentis, afin d’exprimer et transmettre des émotions très fortes.

Je terminerais avec cette splendide citation d’Emmanuel Kant :  » la musique est le langage des émotions. « 

Olivier CAILLER, DNMADE 23HO Le 23/12/2021

Politiser le rap ?

Aujourd’hui j’ai décidé de vous présenter le dernier album du rappeur Orelsan, son album « Civilisation » est sorti le 19 novembre 2021 sous le label Wagram Music. Après la sortie de 3 albums qui illustrent chacun un passage de sa vie, on en attend beaucoup car depuis la sortie de son dernier album « La fête est finie » beaucoup de choses se sont passées (gilets jaunes, crise covid, tic-toc, campagne présidentielle 2022, sa femme…). Grâce à cet album Orelsan est devenu un des rappeurs les plus influent et puissant en France, depuis La fête est finie le rappeur a réussi à sortir de la polémique qui l’entourait et le voilà reparti pour un nouvel arc sur sa vie et sur la société.https://intrld.com/wp-content/uploads/2021/11/orelsan-albums-1000x600.png

Le constat d’une société qui s’enflamme

Orelsan fait ressentir dans l’album son sentiment que la société française ne va pas bien, il trouve que le monde s’enflamme et fait ressentir un sentiment de basculement de la société.

Le premier morceau et le dernier nuance l’album pour préciser (je pense) que tout ça reste un point de vue, il se contredit d’ailleurs dans ses textes en précisant que lui-même ne sait pas « même si je savais comment sauver le monde, je ne suis pas sûr que le ferais ». Il souligne aussi dans ces deux titres les termes « ombre et lumière » et met bien en image que tout n’est pas noir ou blanc, qu’on a tous un esprit de comparaison pour faire preuve de nuance « Plus personne change d’avis, que des débats stériles ».

On sent que toute cette réflexion est née des médias et des réseaux, les médias tels que BFM ou Facebook qui sont des flux tendus d’informations rendent les gens haineux et défaitistes « pas d ‘solutions, que des critiques », dans le morceau l’odeur de l’essence toutes ces dénonciations sont balancées les unes sur les autres dans une atmosphère qui devient de plus en plus irrespirable au fil du morceau. « L’odeur de l’essence » n’est pas un titre choisi au hasard pour parler de politique et de haine, comme une chose qui attire naturellement les gens mais qui les détruise ou encore pire qui détruise les autres.

Dans le morceau manifeste il récite pendant 7 minutes une manifestation de gilets jaunes, c’est un morceau fictif mais il a pris soin de caricaturer chaque personnage pour illustrer les frustrations que la société crée. Dans ce morceau Orelsan n’essaye pas de juste dénoncer un patriarcat qui a poussé à bout les citoyens, mais aussi de dénoncer d’autres problèmes comme l’alcool et le manque d’éducation qui sont directement un miroir de sa propre vie.

Orelsan n’est pas un rappeur mégalo, il souligne lui-même ses erreurs ou ses problèmes, notamment l’alcool. C’est quasiment le fil conducteur de l’album il fait les différents liens entre la société et sa femme qui sont de loin les deux thèmes dominants de l’album.

Orelsan a grandi après une adolescence et une vie de jeune adulte plantés dans la défonce, l’alcool et la glande, il s’aperçoit des dégâts qu’engendrent ces vices. Il consacre un morceau complet sur l’alcoolisme fictif ou pas de sa femme («Bébéoa») pendant toute la durée du morceau il vous emmène dans son ménage souillé par l’alcoolisme et la tristesse que cela procure à Aurélien « ma chérie préfère l’alcool que moi ». La potion est pendant tout l’album soit un problème soit un élément déclencheur de problème dans « manifeste » ou dans « un dernier verre ».

Il ne peut pas sauver le France… Mais il l’accompagne

Du rap conscient mais pas moralisateur, le but d’Orelsan par ses punchlines ce n’est pas juste d’enflammer de plus le brasier mais il veut créer une «civilisation» pour faire avancer tout le monde vers la paix et la tolérance.  « Avant, je rêvais d’quitter la France, je vais rester, je préfère qu’on la change ».

Il crée même le drapeau de « sa civilisation » qui domine la pochette, les couleurs rouge et bleu symbolisent la fidélité et la solidarité, ce sont celles du maillot de foot de Caen (sa ville), la couleur verte symbolise l’écologie donc faire le bien, le logo central est inspiré des mangas pour l’aspect combatif jusqu’à la fin et la partie Png qui signifie le vide que nous devons remplir ensemble.

Il essaie aussi de transmettre à ses proches ses leçons des fois sans succès comme par exemple dans le titre « jour meilleur » où il parle de son meilleur ami Gringe qui fait une dépression. Dans ce morceau il décrit son inutilité et que la seule chose qu’il puisse faire c’est être à ses côtés pour avancer.

Au final c’est un album d’un Orelsan différent, moins tranchant, moins vulgaire et plus social, aux portes de la quarantaine le rappeur normand a décidé d’évoluer et non pas de prendre son envol seul mais d’essayer d’élever les autres pour faire grandir la France. Il évoque dans l’album l’ambition de devenir père et je pense qu’il ne veut pas faire grandir son enfant dans un monde de haine et d’individualisme.

Je trouve que l’ambiance globale de l’album est cohérente et appréciable, j’ai aussi beaucoup apprécié les morceaux qui donnaient un peu d’air à l’album comme « casseurs flowteurs ininity » ou « dernier verre » avec les Neptunes.

En revanche je trouve que l’esprit instruction et moralisation de la société sur le point social et politique comme dans le morceau « l’odeur de l’essence », aurait pu être encore plus accentué et plus fort de sens que juste une moralisation façon bisounours.

Je vous invite si ce n’est pas déjà fait à écouter cet album, sans être un immense album il reste très intéressant et les thèmes abordés sont, à mon avis, réellement d’actualité.

AUBERT Thomas – DNMADE 23Ho -Décembre21

Les hologramme, un futur proche ?

Avec la crise sanitaire, l’interdiction des concerts, et des soirées certains ont eu la merveilleuse idée de nous plonger dans une fête digne de la science- fiction afin de nous faire rêver, danser sans bouger de chez nous ! Le 31 décembre 2020 , Tomorrowland le plus grand festival de musique électronique au monde ainsi que Jean Michel Jarre, auteur, compositeur et interprète, organisaient des concerts futuristes dans un décor uniquement holographique !

Un peu d’histoire !Credit: Bettmann Archive/Bettmann

Une image contenant des informations tridimensionnelles appelée hologramme est une projection obtenue via l’holographie, technique qui enregistre le volume 3D d’un objet grâce aux propriétés ondulatoires de la lumière. Cette idée d’hologramme est née en 1947 grâce à Dennis GABOR, ingénieur et physicien hongrois, avec l’avènement du laser le procédé se développe dans les années 60.

Fin des années 70, la science-fiction s’empare des hologrammes pour inventer des applications ou des moyens de communication futuristes, l’hologramme apparaît avec une force fascinante qui incarne le futur dans de grands classiques du cinéma hollywoodien. L’hologramme « le plus célèbre de l’histoire » est dans le premier épisode de la Saga Star Wars sortie en 1977, pour vous rafraîchir la mémoire c’est le message de détresse de la princesse Leila envoyé à Obi-Wan Kenobi et diffusé par R2D2 qui incite Luke Skywalter à se lancer dans l’aventure, et on en retrouve tout au long de la saga mais aussi dans de nombreux films tels que Retour vers le futur (1989), Minority report (2002), Avatar (2009), Iron Man et la saga des Avengers ou encore Jurassic World (2015)…

Et la musique dans tout ça ?

En 2017, Eric Prydz, Disc-Jockey et producteur Suédois, a marqué la foule avec son  concert EPIC 5.0 qu’il surnomme aussi «  Les plus grands hologrammes du monde », en offrant aux spectateurs une taille d’images holographique absolument hallucinante, avec un rendu final qui donnerait presque des frissons. Un petit frisson pour l’homme mais une grande prouesse pour l’humanité !

L’année dernière en décembre 2020, pour donner de la joie, espoir et magie à tout le monde deux grandes figures ont expérimenté l’hologramme

Jean Michel Jarre, auteur, compositeur et interprète Français connu pour son travail dans la musique électronique a créé un concert virtuel dans le décor holographique entièrement reconstitué de la cathédrale de Notre-Dame de Paris.

Tomorrowland le festival de musique électronique situé sur la commune de boom en Belgique quand à lui a réalisé son décor féérique autour de ces Dj qui jouaient sur fond vert.

Le futur est proche peut-être que dans quelques années les hologrammes seront présents dans notre quotidien…

BARRAL Mathilde – DNMADE1JO – Décembre 2021

Last Train on the road

Depuis le 11 novembre 2021 le groupe de rock Last Train est en tournée en Europe.

Le groupe originaire d’Altkirch, en Alsace se forme en 2007 quand Jean-Noël, Julien, Thimothé et Antoine se rencontrent au collège. Rapidement, ils composent leurs propres morceaux et se produisent dans les bars alsaciens. C’est entre 2015 et 2017 que leur carrière commence en assurant plus de 250 concerts en Europe mais aussi en Asie et aux États-Unis. Tournée ponctuée par la sortie de deux EP, The Holy Family (2015) et Fragile (2016), plusieurs prix comme les Inouïs du Printemps de Bourges et la sortie de leur 1er album Weathering, le 7 avril 2017.

Le quatuor aillant dès le départ une démarche d’indépendance, il dirige aujourd’hui son agence de production et de diffusion de concerts, Cold Fame, ainsi que son propre festival, La Messe de Minuit.

The Big Picture

Inspiré depuis toujours par des grands noms du rock comme Led Zeppelin, Last Train est également en perpétuel recherche d’élégance. Très inspiré par les musiques de films (Howard Shore) et de style néoclassique (Ólafur Arnalds), c’est en 2019 que sort leur 2nd album The Big Picture, très ancré dans cette recherche d’élégance et se rapprochant du rock alternatif. Avec par exemple l’intervention de

Lien du Documentaire

l’Orchestre symphonique de Mulhouse. L’élaboration de cet album à fait l’objet d’un documentaire entièrement réalisé par Julien Peultier, le guitariste.

Le 12 novembre 2021 j’ai eu la chance d’assister au 2nd concert de leur tournée à La Rodia de Besançon. Un show intense, mêlant calme et euphorie, avec comme nouveauté la présence d’un piano sur la scène avec lequel Jean-Noël Scherrer, le chanteur, nous offre des moments de grande mélancolie. La grande nouveauté de cette tournée c’est l’interprétation d’un morceau exclusif d’une vingtaine de minutes, How Did We Get There ?, qui s’inscrit complètement dans le rock alternatif. Avant de commencer le morceau M. Scherrer nous a confié

Live How Did We Get There ?

que leur ancien label avait empêché la diffusion de ce titre, du clip et des disques qui était prévu avant le début de la tournée. Une situation qui n’a heureusement pas compromis leur tournée et qui ne devrait pas s’éterniser. Le morceau a tout de même été filmé en live à plusieurs reprises.

Antonin GUERRET – DNMADE 1 Ho – Novembre 2021

Quand la musique s’engage pour autrui

C’est bien connu on a tendance à suivre les conseils et les recommandations de nos idoles, ce phénomène est d’autant plus visible aujourd’hui avec les influenceurs. Mais là n’est pas le sujet, ce qui m’intéresse c’est quand les artistes utilisent leur célébrité pour récolter des fonds pour aider la population notamment lors de concert de charité.

Nous allons remonter le temps de 50 ans nous sommes le 1 août 1971, environ 40 000 spectateurs assistent au premier grand concert caritatif. Après que le cyclone de Bhola a dévasté le Bangladesh en novembre 1970 et fait environ 500 000 morts, soit le cyclone le plus meurtrier de l’histoire, une guerre civile éclate le 26 mars 1971 qui durera jusqu’au 16 décembre 1971.

Mis au courant de la situation de ce pays par son ami Ravi Shankar, l’ex Beatles George Harrison décide d’utiliser sa célébrité pour pouvoir les aider d’abord en écrivant la chanson Bangla Desh puis en créant un concert qui réunira les deux musiciens cités ainsi que Ringo Starr, Eric Clapton et Bob Dylan entre autres. Grâce à ce double concert, qui engendrera un film et un triple album qui se hissera à la première place aux États Unis ils réussiront à récolter entre 8 et 10 millions de dollars. Pour la première fois à cette échelle des artistes se réunissaient non pas dans leurs propres intérêt mais pour ceux qui en avaient vraiment besoin, en sensibilisant le public à des problèmes politiques et en leur donnant le pouvoir de changer les choses.

Mais je doute qu’en vous parlant de concert caritatif le nom du concert for Bangladesh vous soit venu à l’esprit en premier, par contre si je vous dit Live Aid cela devrait déjà davantage vous parler.

Le 13 juillet 1985 Bob Geldof organise lui aussi un double concert mais dans deux pays différents à Londres en Angleterre et à Philadelphie aux États Unis. Les concerts seront retransmis en direct à la télévision dans le monde entier dans 150 pays et regardés par environ 2 milliards de personnes, sur place. 72 000 sont à Londres et 89 484 sont présents à Philadelphie. Cette fois 70 artistes répondent présents pour vaincre la famine en Éthiopie dont Elton John, U2, Paul McCartney, Madonna, Dire Straits, David Bowie, Led Zeppelin dont les membres restants se sont réunis pour l’occasion, sans oublier la célèbre performance de Queen, on retrouve aussi Bob Dylan et Eric Clapton. Ils réussiront à récolter 127 millions de dollars. Comme ce fût le cas pour Bangla Desh, certains artistes ont écrit une chanson pour aider à récolter des fonds quelques mois auparavant. En Angleterre ils chanteront « Do they know it’s Christmas ? » tandis qu’aux US ils enregistreront le très célèbre « We are the World ». Toutes ces chansons sont les premières d’une longue lignée qui permettront d’aider certaines causes mais elles ne mènent pas toutes à des concerts de cette ampleur.

Ils y en a eu d’autres entretemps mais ils ne connaîtront pas le même impact médiatique, jusqu’au 25 septembre dernier et vous en avez forcément entendu parler. Le Global Citizen Live, 50 ans après le concert for Bangladesh, 8 concerts ont été organisés dans 8 pays différents : Paris en France, New York et Los Angeles aux États Unis, Lagos au Nigeria, Rio de Janeiro au Brésil, Londres en Angleterre, Sydney en Australie et Bombay en Inde, d’autres spectacles ont été organisés dans d’autres pays encore. Le tout est diffusé dans le monde entier, à la télévision et sur internet durant 24 heures, cette fois la liste des artistes est vraiment longue. Ces concerts ont pour but de vaincre la pauvreté, défendre la planète et exiger l’équité notamment par rapport à la lutte contre la Covid 19.

Ces artistes mettent à profit leur notoriété dans un but désintéressé laissant leur égo de côté pour la bonne cause. Grâce à ces actions, des problèmes humanitaires, dont on ne parlait pas vraiment dans les médias, ont été mis en lumière. A travers eux les « simples gens » peuvent aider à faire changer les choses, sinon nous n’aurions pas eu le même impact auprès des dirigeants de ce monde. Ces événements prouvent qu’après une crise sanitaire qui commence à refluer, dans notre monde à la dérive menacé par le réchauffement climatique, toujours touché par la famine dans les pays pauvres, les artistes sont toujours là pour aider à nous ouvrir les yeux, à faire pression sur les gouvernements, ainsi qu’à nous pousser à changer pour créer un avenir plus juste pour tous et vivre dans un monde meilleur.

Marine Chardigny DNMADE 2 Bij Octobre 2021

Orelsan, un rappeur vraiment perdu d’avance ?

En ce mois d’octobre 2021, Amazon prime nous a fait une petite surprise. Et quoi de meilleur pour ces vacances d’octobre qu’un reportage exclusif sur l’histoire d’un des rappeurs français le plus populaire mais aussi le plus haï, Orelsan ?

En effet, comme la plupart d’entre vous le savent déjà, Orelsan ou plutôt Aurelien Cotentin de son vrai nom, était un gars comme les autres qui vivait non loin de Caen en Normandie. Cependant, deux choses le passionnent, s’éclater avec ses potes et rapper. C’est comme ça qu’il va s’entourer de potes qui partagent la même passion que lui : Gringe, Ablaye et Skread. Ensemble, ils vont construire un empire, mais à ce moment là, c’est presque « perdu d’avance ».

Dans ce fabuleux documentaire, filmé par Clément Contentin, le frère d’Orelsan, ce dernier va nous emmener dans les coulisses de la vie de son frère. De son appart en bordel aux plus grands zéniths, en passant par son boulot de gardien d’hôtel, vous pourrez tout savoir sur son état d’esprit, ses motivations mais aussi ses difficultés personnelles, car le chemin pour devenir un des rappeurs français les plus populaires n’a pas été une ligne droite.

Dans ce reportage autobiographique, vous en apprendrez plus sur Skread, son beat maker et ami, sans qui rien de tout cela n’aurait été possible. Mais aussi vous pourrez voir des exclus de tournages de clips, des infos inédites sur ce que pensaient les maisons de disques, les labels, et les radios, et d’autres chanteurs sans oublier des éléments de la vie d’Orelsan dont j’ignorais l’existence.

Au cours de l’histoire, Clément y apparait comme narrateur. Toujours planqué derrière sa caméra, il filme à toutes les occasions son frère et ses potes dont il est le plus grand fan. A ses débuts, Aurélien n’est pas très à l’aise avec ses sons. Il aime enregistrer mais déteste s’écouter, surtout en dehors de son appartement. Il serait même capable de buter son CD.

Après la déception de son premier album, gâché par une haine nationale à l’encontre de l’un de ses titres « sale pute », Orelsan a failli tout arrêter et retourner dans l’hôtellerie plier des serviettes. Mais heureusement pour nous, comme ils le disent encore aujourd’hui : « ce n’est que le début » et ils avaient raison !

Il gardera cet état d’esprit pendant longtemps avant de se révéler comme un nouvel homme plus sûr de lui et plus charismatique lors de la sortie de son 2ème album « le chant des Sirènes », c’est à cet instant que tout bascule et que l’époque où il était perdu d’avance est révolue.

Depuis cet instant Orel n’a pas cessé de travailler : une mini-serie « bloqué » avec son pote Gringe, deux albums en duo avec lui, un film avec ses potes et sa grand mère, une marque de vêtements, les tournées mais aussi le doublage de la version française de « One Punch Man » ainsi qu’un autre album suivi de son épilogue et de nombreuses collaborations, découvrez comment ce travailleur acharné s’est révélé à lui-même tout en gardant ce même célèbre coup de barre depuis ses quatorze ans. Et il ne compte certainement pas s’arrêter là.

Si vous êtes un fan, ou si vous appréciez l’univers d’Orelsan, je vous invite à voir ce documentaire rempli d’humour, d’émotions et de vérités qui vous intéressera forcément. Et, au contraire,  si vous êtes toujours réfractaire à sa musique, je vous conseille d’aller jeter un coup d’œil à son histoire et son parcours pour, je l’espère, découvrir les différentes facettes de ce rappeur méritant mais aussi touchant. Je vous laisse également le plaisir de vous intéresser à ses différents albums et titres pour, peut-être, retrouver les quelques phrases déposées au cours de l’article.

Gaudin Killian – DNMADE 2 Horlo – 26.10.21

 

« Le classico organisé » un nouveau succès ?

Dans son album « 13 organisé » sorti le 15 août 2020, Jul (julien Mari) avait réussi à rassembler 50 rappeurs Marseillais sur un seul et même disque.

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Avec le succès de son premier album du genre, Jul a décidé de regrouper une nouvelle fois des rappeurs pour réaliser quelque chose d’inédit :  un triple album « Classico » regroupant des rappeurs de Marseille et de Paris. Il a présenté cet album et les artistes qui y ont participé lors du match de football entre les deux clubs rivaux l’Olympique de Marseille et le Paris-Saint-Germain, « classico » du football français. C’est une première pour un artiste français de dévoiler les informations sur un album tant attendu dans un stade de football, encore plus dans celui de Marseille connu pour son ambiance tendue.

Ce nouvel Opus est une nouveauté artistique qui contient 30 chansons et plus de 150 artistes Marseillais et Parisiens. Jul a réussi le pari de réunir des rappeurs originaires des deux villes les plus rivales de France. Il démontre avec cet album et ce concept que tout le monde peut se regrouper en dépit des rivalités et qu’au final, la musique rassemble quelle que soit son origine. Ils sont unis pour créer sans doute l’album de l’année de rap Français.

 ImageL’album sort le 5 Novembre et est déjà énormément attendu par les fans.

Jul va-t’il réussir à faire mieux que l’album « 13 organisé » qui est certifié de platine avec 20 070 ventes en une demi-semaine?

Jules C. – DNMADe1 – Oct. 2021

Pour ne pas seulement parler des femmes mais aussi les entendre

Les femmes sont à l’honneur dans “Mesdames” de Grand Corps Malade

« Pour ne pas seulement parler des femmes mais aussi les entendre ! ».

Dans son nouvel album Mesdames, Grand Corps Malade rend hommage aux femmes (Véronique Sanson, Laura Smet, Louane, Camille Lellouche… ), il nous offre neuf duos avec des chanteuses francophones pour dénoncer harcèlement sexuel et inégalités.  

La voix des femmes portée par la voix d’un homme, celle reconnaissable entre toutes, la voix grave et ponctuée de Grand Corps Malade. Le « slameur » français, que l’on connait pour ses textes engagés, met son flow au service de l’égalité femme-homme. Et pour se faire, il a choisi de s’entourer de chanteuses ou plutôt de les accompagner, pour leur laisser la place.

Dans le titre « Pendant 24h« , élaboré avec Suzane, un homme et une femme échangent leur vie. Le tempo atypique et les thèmes abordés font qu’on se croirait dans l’univers de la chanteuse, qui dénonçait le harcèlement de rue dans son morceau « SLT ». Des propos parfois choquants, mais qui font malheureusement partie de notre quotidien.

« Je sortirai en jupe quelques instants dans les transports  

Pour comprendre l’essence même du hashtag balance ton porc »

Pour ce titre « Mesdames » l’unique titre en solo de l’album, on repart un registre déclaratif de la part de Grand Corps Malade qui exprime son admiration pour les femmes et leur combat jour après jour.

« La femme est l’avenir de l’homme, écrivait le poète. Eh ben, l’avenir s’est installé et depuis belle lurette »

Citant Rosa Parks, Simone Veil, Angela Davis ou Marie Curie, l’artiste remercie les mères, les caissières ou les docteurs, et applaudit la « force, courage et détermination » des femmes. Impliqué dans la cause des femmes, Grand Corps Malade apporte également son soutien à la libération de la parole :

« Et si j’apprécie des deux yeux quand tu balances ton corps, j’applaudis aussi des deux mains quand tu balances ton porc « .

 

CRETENET Amandine – DNMAD1 – Horlogerie

 

Un évènement à l’horizon

Cette nouvelle année 2021 ne s’annonce pas comme l’année du bonheur, le réchauffement climatique qui ne s’arrête pas, la crise du Covid-19 qui persiste, les camps de détention des Ouïghours ou encore les violences policières fréquentes aux États-Unis sont des exemples qui témoignent la difficulté avec laquelle nous allons devoir traverser ces 365 prochains jours. Et pourtant, cette année va être embellie par l’arrivée d’un nouvel événement, un nouvel album ! Cet album ne redonnera probablement pas le sourire, à cause de la tristesse qu’il devrait dégager, mais il sera (selon moi) un tournant dans le slam français. Dans la liste complétement subjective que je me suis faite, il rejoindra le top des albums de slam français qui est pour l’instant mené par Grand Corps Malade et son album « Enfant de la ville » sortie en 2008. Si je me permets de défendre autant un projet qui n’est pas encore sorti, c’est que je dois avoir de bons arguments, ne vous en faite pas, j’en ai assez pour que je ne sois pas le seul à attendre cet album avec impatience. 

L’album « L’horizon des évènements » à été annoncé en même temps que la sortie d’un premier extrait sur YouTube (ainsi que sur toutes les plateformes de streaming) avec un titre qui porte le même nom que l’album. Son auteur ? Un  humoriste, acteur, scénariste et réalisateur français, autrement dit, c’est Kyan Khojandi ! Après la série a succès Bref, le spectacle Pulsion, la réalisation de la série Bloqué (jouée par les rappeurs Orelsan et Gringe) qui a donné naissance à la série Serge le Mytho (avec comme comédien principal Jonathan Cohen) et une série de podcasts nommées Un bon moment, Kyan annonce un premier album en total indépendance. Je doute qu’il y ait beaucoup d’autres personnes aussi polyvalentes en France, car en plus de cette polyvalence, chaque projet à rencontré en franc succès autant au niveau de la critique que du public. 

Le point commun entre tous ses projets, c’est qu’ils s’inscrivent dans un registre humoristique, même si parfois, ils traitent des sujets sociologiques (notamment dans la série Bref). Cette fois-ci Kyan sort de sa zone de confort et décide de passer du rire au larme, de la joie à la mélancolie. C’est pour ça qu’il a décidé de changer de nom d’artiste pour ce projet en se nommant « L‘autre Kyan ». Le titre de l’album en dit long d’ailleurs, en physique l’horizon des événements désigne la limite d’un trou noir, point de non-retour au-delà duquel rien ne peut sortir. Le lien entre l’aspect physique et l’aspect psychologique est vite trouvé, on s’imagine bien cette limite mentale, qui, une fois franchis, nous rend impossible de retrouver notre vie d’avant et notre épanouissement (on peut assimiler ça à une dépression sans fin). C’est dans cette première analyse de texte que je vais vous démontrer comment un homme qui arrive à faire rire des milliers de personnes, peut aussi broyer du noir et nous émouvoir. 

Le texte se compose en deux parties, une courte intro et un couplet unique, le tout sur une instrumentale de musique classique composé par Clément Libes et Yoann . Les premières paroles de l’introduction donnent tout de suite l’ambiance pour la suite du morceau :

« J’veux pas en rester là j‘veux…
J’veux rebondir, comme une envie de guérir, comme une envie de pas mourir
J’ai passé une année entière dans un trou noir
Et si j’fais rien ben…
Y aura toujours cette trappe sous moi
Ok…« 

L’ensemble du couplet sera une introspection de Kyan où il parle de son enfance : « L’impression d’être retourné à ma rentrée de sixième, tu prends tous tes livres, des coups de pression dès le matin tôt », de ce qu’il a vécu : « J’ai critiqué les beaufs, les gars avec leurs cigarettes jaunies. Alors que j’ai réussi à re-pleurer grâce à la mort de Johnny » mais aussi des choses qu’il pourrait faire alors c’est stupide comme : « J’suis ce genre de gars qui cherche son téléphone portable, alors qu’il est dans sa propre main. Limite, j’vais aller sur Google et je vais taper « Où est mon téléphone portable ? » Je sais.. C’est comme ça…« . C’est intéressant de voir qu’il ne dit pas qu’il est idiot mais que « c’est comme ça », pour faire un bilan de sa vie mais le plus objectivement possible, comme si ce n’était pas vraiment de sa faute, que le monde l’avait amené à avoir ce genre de réflexion. Kyan parle également des fréquentations qu’il a eues, qu’elles soient bénéfiques ou mauvaises, en parlant de ces gens « qui ont transformé nos acolytes en alcooliques » ou des ses amis les plus chers  » Gautier, Navo, Patrick, merci d’avoir été là ». Il finit ce couplet par une phrase très marquante où il dit « J’revois la lumière, j’revois là où reprend le cours du temps. J’suis à la limite, à l’horizon des événements », où il exprime explicitement qu’il est à un stade important de sa vie où il va soit réussir à s’éloigner du trou noir et continuer sa vie en homme heureux où il va s’engouffrer dans ce même trou noir et donc potentiellement dans une dépression infinie.

Cette chanson me touche beaucoup, car les exemples donnés sont à la fois très personnels, mais également universels, on s’identifie à ce qu’il dit et on comprend (par ce que l’on connaît) la situation dans laquelle il se trouve. Les paroles sont bien écrites, le rythme nous laisse penser qu’il parle en même temps qu’il pense (même si les paroles ont bien été écrites avant) et la vidéo qui accompagne la musique est une session live (ce qui accentue le côté authentique). La phrase « J’aime être seul, j’aime m’ennuyer, j’aime l‘ennuie » témoigne de cette spontanéité. 

Je vous invite grandement à écouter ce morceau pour que vous puissiez vous faire votre propre avis et si vous l’aimez autant que moi, même s’il n’y a pas encore de date fixe, l’album ne devrait plus tarder à sortir ! Et la vidéo qui accompagne la musique est une session live (ce qui accentue le côté authentique). La phrase « J’aime être seul, j’aime m’ennuyer, j’aime l‘ennui » témoigne de cette spontanéité. 

Titouan Lamaison – 1DNMADe Ho – 2021