The Poison Squad ou La brigade des empoisonnés volontaires …

          Ces derniers jours, nos médias nous alertaient sur les nombreux scandales alimentaires liés aux industriels du secteur qui ne respectent pas si bien les normes d’hygiène établies pour la sécurité des consommateurs, mais ces scandales sont-ils le reflet de notre époque ou ont-ils toujours existé ?…

          C’est alors que je me suis rappelé le visionnage d’un très bon documentaire Arte il y a quelques années sur une mystérieuse brigade menée par Harvey Willey, chimiste américain (1844-1930). Nous sommes alors à la fin du XIXème siècle, certains pays comme la France, l’Allemagne ou la Grande Bretagne possèdent déjà quelques législations alimentaires permettant de contrôler l’origine et la qualité d’un produit industrialisé. Harvey se trouve justement en France et celui-ci est frappé par le contrôle exercé, il est vrai qu’aux États-Unis l’état ne s’intéresse pas aux pratiques des industriels, par désintérêt mais aussi par intérêt et pourtant la vérité n’est pas si flatteuse …

Harvey Washington Wiley 

        De retour dans son pays, Harvey n’a plus qu’une obsession, découvrir cette vérité. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne sera pas déçu, et bien qu’il fasse découverte sur découverte l’état américain rejette ces demandes et craint le scandale. C’est alors qu’Harvey émet l’idée brillante d’associer les journalistes du Washington Post à son combat, avec eux pas moyen que les américains continuent de manger en ignorant ce qu’ils ont dans l’assiette.

        1902, Harvey Wiley passe une annonce bien particulière dans les journaux, il cherche 12 volontaires pour expérimentations alimentaires en échange de repas gratuit (après la guerre de Sécession bon nombre d’américains n’ont plus les moyens de s’alimenter il y aura plusieurs centaines de candidats). Les 12 volontaires sont vite trouvés, le chimiste les choisit de bonne condition physique, robuste et jeune pour ne pas influencer les résultats. Le groupe est divisé en deux, ceux qui recevront de la nourriture empoisonnée et ceux qui recevront une nourriture saine, aucun des hommes ne sachant dans quel groupe il se trouve. Les résultats apparaissent très vite : douleurs digestives, nausées, troubles neurologiques,…

        Journalistes et lecteurs se passionnent pour le Poison Squad et bientôt l’opinion publique manifeste pour que des mesures soient prises. Ils seront rejoints par les groupes hygiénistes féminins et les femmes activistes comme sa femme, Anne Kelton Wiley (1877-1964) qui distribueront prospectus, feront des campagnes de sensibilisation dans les milieux sociaux défavorisés. Nous sommes maintenant en 1906, le congrès adopte le Pure Food and Drug Act après le soutien du président Roosevelt. Grâce aux efforts et à l’acharnement d’Harvey Washington Wiley, les industriels sont désormais contraint à la transparence auprès du grand public. 

The Poison Squad presque au complet entouré par Harvey W. Wiley

           Alors maintenant je peux vous révéler quelques découvertes d’Harvey mais je vous préviens, ayez l’estomac bien accroché ! Vous aimez les petits-pois ? Ceux-ci étaient bien verts grâce au sulfate de cuivre (qui sert désormais à nettoyer nos piscines). Le miel et le sirop d’érable du Vermont ?.. du sirop de maïs. La plupart des alcools étaient coupés au bitume, le lait était blanc comme neige à l’aide de craie et de conservateurs servant à l’embaumement des corps… et l’une des affaires les plus tragiques concerne un produit très apprécié des enfants depuis son invention : le bonbon.

        Au XIXe siècle la mode est aux bonbons colorés qui attirent l’œil des enfants sur le comptoir des épiceries. Pour obtenir un vert bien éclatant les industriels utilisaient un pigment vert inventé par un chimiste, Wihelm Scheele composé de potassium, arsenic blanc et cuivre. Vous voyez déjà l’absurdité ? Bientôt des enfants ressentiront de violentes nausées et certains ne survivront pas. Une ordonnance parisienne en 1830 interdit l’usage de ses substances, les stocks sont nombreux et les industriels envoient les bonbons en province (les contrôles ayant rarement lieu en Province) où ils feront encore des victimes. 

Les scandales alimentaires lié aux industriels sont donc nés avec ceux-ci qui encore aujourd’hui doivent répondre de leurs agissements souvent à déplorer. Pourrons-nous un jour faire totalement confiance à l’agro-alimentaire ou à nos services de sécurité sanitaire ? L’état est-il vraiment transparent avec nous ? Des questions auxquelles je compte mener une enquête… à suivre !

Pour poursuivre le débat :

– France Culture, Le Journal de l’Histoire : « Poison Squad ou l’avènement d’une conscience face à l’industrie agro-alimentaire »

– Arte, « La brigade des empoisonnés volontaires », John Maggio, 2019

Je vous conseille aussi le blog d’Amusidora et son article « Histoire macabre de la couleur verte » pour comprendre l’ampleur de l’usage d’un vert arsenic dès le début du XIXe siècle.

Diane C. – DNMADe1 JO – Avril 2022

FAUNA ou une histoire incroyable…

Le professeur émérite Peter Ameisenhaufen

1979. Cap Wrath au nord de l’Ecosse, deux amis, Joan Fontcuberta et Père Formiguera sont en vacances dans un cottage isolé en pleine nature. Le climat écossais est au rendez-vous, il fait froid et une tempête les empêche de faire leur randonnée hebdomadaire. Les deux compères s’occupent comme ils peuvent et bientôt toutes les activités d’intérieur étant faites, l’idée de se rendre dans la cave condamnée attise leur grande curiosité. Qu’elle fût leur surprise de se retrouver nez à nez avec une multitudes d’étagères où étaient disposés carnets, photographies, flacons de formol, instruments et animaux empaillés. Bien que l’orage s’arrête, les deux amis piqués d’interrogations continuent à explorer et déchiffrer le mystère. Tous les documents sont signés d’un certain Peter Ameisenhaufen. Après quelques recherches, il s’avère qu’Ameisenhaufen (1895-1965) est un zoologiste allemand, savant naturaliste de l’école néodarwiniste. Fontcuberta et Formiguera découvrent au fil des carnets que le zoologiste étudiait l’existence d’animaux que l’on pensait disparus, dont on ne connaissait pas l’évolution et de phénomènes tel que le monstre du Loch Ness. En repartant d’Écosse, les deux compères décident de ramener toutes les archives avec eux à des fins scientifiques. Les preuves sont multiples, les travaux sont réalisés avec la plus grande attention et bientôt de nombreux scientifiques s’accorderont sur la crédibilité des recherches, squelettes et animaux empaillés prouvant ainsi l’existence méconnue de nombreuses espèces. Je pourrais ainsi vous parler du Felix Penatus (découvert dans le Grand Atlas au Maroc) dont le squelette prouve que ce félin était pourvue d’ailes ou bien encore du Solenoglypha Polipodida, serpent possédant des pattes.

Reconstitution du squelette d’un Felix Penatus par le professeur Ameisenhaufen.

   Peter Ameisenhaufen est alors réhabilité en tant que grand scientifique ayant permis de résoudre l’évolution d’une trentaine d’espèces. Bientôt les musées et scientifiques interviendront auprès du public, le Musée Zoologiste de Barcelone est même le premier à exposer les découvertes qui seront suivies d’une multitude de conférences. On peut ainsi dire que Joan Fontcuberta et Père Formiguera réussiront à rétablir la mémoire d’Ameisenhaufen… 

Solenoglypha Polipodida

 

Exemple d’une page d’un carnet

… et vous vous dîtes que mon histoire s’arrête ici ?

Oui mais voilà, il s’agit d’une supercherie créée de toutes pièces par ces deux hommes qui s’avèrent être deux artistes; Joan Fontcuberta, artiste plasticien, photographe et Père Formiguera, artiste peintre et photographe. Pendant 4 ans, à l’abri des regards et avec la complicité d’un taxidermiste, ils vont créer tous les éléments nécessaires pour duper avec subtilité le monde scientifique. C’est un travail titanesque qui demande tout leur temps, ils se doivent d’être méticuleux, dans le détail pour que rien ne fasse défaut. Ils vont jusqu’à créer pour chaque espèce un mode de vie, un habitat, un comportement détaillé dans chaque carnet.

Ils sont conscients que ce qui crée la crédibilité est l’aspect scientifique. Il faut user des techniques et codes habituels (un langage scientifique soutenu, des recherches en quantité, des preuves visuelles…). Et cela fonctionne au-delà de leurs attentes ! À travers ce coup de génie se cache plusieurs réflexions concrètes ; en particulier notre rapport au monde et aux images. On accorde depuis son invention une certaine vérité incontestable à la photographie (dans les années 70-80 les montages photos sont encore rares). Fontcuberta joue du pouvoir des images et laisse la confusion nous gagner. Il vise aussi à prouver que les musées et institutions scientifiques ne sont pas toujours dans la certitude et qu’il est finalement facile de duper une autorité publique ou scientifique. Les deux artistes démontrent combien les apparences sont trompeuses si l’on baisse la garde et que nous devons nous méfier de ce que l’on veut bien nous montrer. Faut-il donc se fier à ce que l’on voit ? Nous pouvons nous poser cette question, nous qui sommes dans un monde d’images, un monde de plus en plus rapide où l’information règne. Il est normal d’appréhender ce que l’on voit si l’on se fie aux nombreux trucages et technologies employés. Nous ne pouvons donc pas nous limiter seulement à notre perception mais nous avons besoin également de croire au-delà de ce que nous voyons, sans jamais oublier de devoir douter.

      En tout cas le musée Zoologique de Barcelone a promis que l’on ne l’y reprendra plus !

Pour approfondir le sujet : 

Joan Fontcuberta est devenu depuis les années 1980 un spécialiste dans l’illusion et l’art de réaliser de faux contenus.

Autre oeuvres de Joan Fontcuberta :

Herbarium (1984) : Série de plantes imaginaires réalisées à partir de déchets.

Hydropithèque (2002-2012) : Installation de faux squelettes de Sirènes (toujours présents pour les curieux en Haute-Provence en France).

Fauna (livre lié à la supercherie), Joan Fontcuberta et Père Formiguera (1989).

Méditations métaphysiques, René Descartes (1641) pour apprendre à douter de tout.

Diane Cerda – DNMADeJo14 -Décembre 21

Le vampirisme… mythe ou légende ? Méfiez-vous de la littérature !

Aujourd’hui nous n’allons pas passer par quatre chemins : Le vampirisme est bel et bien une légende.

Pourquoi ? Parce qu’avant d’être un roman de Bram Stocker, avant de devenir une histoire qu’on raconte au coin du feu et avant d’être un film à l’eau de rose que Clara, 12 ans, regarde avec adoration, le vampirisme est une maladie appelée la protoporphyrie érythropoïétique.

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Dracula par Bram Stoker

Les porphyries constituent un groupe de huit maladies héréditaires du sang qui se présentent sous des formes différentes. Ce sympathique groupe au nom barbare qualifie les pathologies présentant un défaut de l’heme. L’heme permet de fixer le fer dans l’hémoglobine (hémo: le sang). L’hémoglobine est une protéine qui transporte l’oxygène dans le sang. C’est la liaison entre l’heme et le fer qui donne au sang sa couleur écarlate.

La couleur du sang

C’est bien beau tout ça mais quel rapport avec ces êtres au teint pâle, craignant la lumière ?

TOUT !  Les personnes porteuses de la protoporphyrie érythropoïétique sont anémiées. Elles ont donc le teint très pâle et  une peau extrêmement sensible à la lumière. Et oui ! Si l’heme ne parvient pas à fixer le fer, le sang n’a pas sa caractéristique rouge vif ! Dans le cas de nos vampires du dimanche, leur protoporphyrine IX s’accumule dans les globules rouges. Si on expose  la protoporphyrine IX à la lumière, elle produit des molécules qui endommagent les cellules autour. Les malades se retrouvent littéralement brûlés, présentent des gonflements, des cloques… En résumé, pour eux l’enfer est bien sur terre. Ces  réactions sont très violentes bien que cela soit loin de notre traditionnel tas de cendre romanesque.

Même un jour nuageux, il y a suffisamment d’UV pour provoquer chez les malades des cloques et une défiguration des parties exposées.»                         Affirme le Dr Barry Paw, de la division hématologie/oncologie du Boston Children’s Hospital

Mais alors que faire pour traiter cette maladie ? Des transfusions sanguines !

Les patients voient leurs états s’améliorer lorsque ceux-ci reçoivent du sang riche en heme et en fer…Ce moyen de guérison a dû activement participer à l’élaboration de notre légende. En effet, les malades devaient probablement se procurer par un moyen ou un autre du sang afin d’avoir une vie un peu moins pénible (ou juste pour rester en vie haha). De plus, à cause des rayons UV ceux-ci ne pouvaient vivre que la nuit ! Le reste vous vous en doutez bien… L’humain s’en est chargé ! «  Ce sont des monstres qui dorment dans des cercueils et qui se transforment en chauve-souris ». Aujourd’hui (enfin j’espère), on trouve ces histoires bien farfelues et pourtant on oublie souvent que par définition, une légende est basée sur des faits réels !  

Et maintenant, si je vous dis loup garou?

L’exemple des vampires ne vous a pas convaincu ? Pas de problème. Pour finir ce petit article , je vous ai déterré une  maladie derrière les lycanthropes. C’est tout simplement l’hypertrichose ! Souvent confondu avec l’hirsutisme, cette maladie provoque une pilosité extrême recouvrant tout le corps de l’individu. Les pauvres gens étaient obligés de se cacher et vivaient la plupart du temps rejetés par la société tant ils étaient craints par l’ignorante plèbe. C’est pourquoi,  une fois encore une légende a pu faire son apparition. Vous connaissez la recette on rajoute un peu de pleine lune, un peu de surnaturel et on a une bonne raison de rejeter l’inconnu. De plus, ces croyances ont été renforcées à l’apparition des « zoo humains » étant donné que de nombreuses personnes atteintes de l’hypertrichose y ont été exposées.

**Petit rappel, les zoo humains ont fait fureur au 19 siècle  !!! Plutôt récent non?:'(

Pour conclure, je vous invite à faire la parallèle entre la littérature et la science. Bien souvent on pense faire face à une histoire des plus insensée et finalement on se retrouve face à une explication des plus fondée… 

Eve B. – DNMADe14HO – Déc. 21

Les hologramme, un futur proche ?

Avec la crise sanitaire, l’interdiction des concerts, et des soirées certains ont eu la merveilleuse idée de nous plonger dans une fête digne de la science- fiction afin de nous faire rêver, danser sans bouger de chez nous ! Le 31 décembre 2020 , Tomorrowland le plus grand festival de musique électronique au monde ainsi que Jean Michel Jarre, auteur, compositeur et interprète, organisaient des concerts futuristes dans un décor uniquement holographique !

Un peu d’histoire !Credit: Bettmann Archive/Bettmann

Une image contenant des informations tridimensionnelles appelée hologramme est une projection obtenue via l’holographie, technique qui enregistre le volume 3D d’un objet grâce aux propriétés ondulatoires de la lumière. Cette idée d’hologramme est née en 1947 grâce à Dennis GABOR, ingénieur et physicien hongrois, avec l’avènement du laser le procédé se développe dans les années 60.

Fin des années 70, la science-fiction s’empare des hologrammes pour inventer des applications ou des moyens de communication futuristes, l’hologramme apparaît avec une force fascinante qui incarne le futur dans de grands classiques du cinéma hollywoodien. L’hologramme « le plus célèbre de l’histoire » est dans le premier épisode de la Saga Star Wars sortie en 1977, pour vous rafraîchir la mémoire c’est le message de détresse de la princesse Leila envoyé à Obi-Wan Kenobi et diffusé par R2D2 qui incite Luke Skywalter à se lancer dans l’aventure, et on en retrouve tout au long de la saga mais aussi dans de nombreux films tels que Retour vers le futur (1989), Minority report (2002), Avatar (2009), Iron Man et la saga des Avengers ou encore Jurassic World (2015)…

Et la musique dans tout ça ?

En 2017, Eric Prydz, Disc-Jockey et producteur Suédois, a marqué la foule avec son  concert EPIC 5.0 qu’il surnomme aussi «  Les plus grands hologrammes du monde », en offrant aux spectateurs une taille d’images holographique absolument hallucinante, avec un rendu final qui donnerait presque des frissons. Un petit frisson pour l’homme mais une grande prouesse pour l’humanité !

L’année dernière en décembre 2020, pour donner de la joie, espoir et magie à tout le monde deux grandes figures ont expérimenté l’hologramme

Jean Michel Jarre, auteur, compositeur et interprète Français connu pour son travail dans la musique électronique a créé un concert virtuel dans le décor holographique entièrement reconstitué de la cathédrale de Notre-Dame de Paris.

Tomorrowland le festival de musique électronique situé sur la commune de boom en Belgique quand à lui a réalisé son décor féérique autour de ces Dj qui jouaient sur fond vert.

Le futur est proche peut-être que dans quelques années les hologrammes seront présents dans notre quotidien…

BARRAL Mathilde – DNMADE1JO – Décembre 2021

Un génie sans cerveau ?

Présent sur Terre depuis près d’un milliard d’années…
Ni animal, ni plante, ni champignon…
Un
 des êtres vivants les plus primitifs et des plus simples avec son unique cellule…
Vous l’avez ?

LE PHYSARUM POLYCEPHALUM.

Quoi, vous ne le connaissez pas ? C’est peut-être parce qu’on l’appelle plus communément le « blob ». Cet organisme passionne les chercheurs. Thomas Pesquet, célèbre spationaute français, en a même glissé dans ses bagages pour l’ISS afin d’étudier son comportement dans l’espace.

Sa première apparition dans les médias se déroule dans les années 70 au Texas. Une dame trouve dans son jardin un drôle de mélange entre une omelette et ce que l’on pourrait qualifier de cookie jaune… En essayant à plusieurs reprises de le retirer de son jardin, les résultats n’en sont que peu concluants : il double de volume à chaque tentative, jusqu’au jour où il disparaît mystérieusement. Dans les journaux, on en vient jusqu’à parler d’extraterrestre… Intriguant non ? Pas tellement quand on voit l’image qui en est faite par la suite. En 1988, dans « The Blob » de Chuck Russel, un monstre gluant venu tout droit de l’espace s’incrustant par les interstices de votre cinéma, inspire à un film d’horreur et de science-fiction. Pourtant, ce n’est pas exactement l’idée qu’en a Audrey Dussutour…

Cette scientifique française est chercheuse au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) à Toulouse, spécialiste des fourmis et des organismes unicellulaires, coéditrice de revues scientifiques et aussi l’heureuse auteure du livre « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Blob sans jamais oser le demander ». C’est une grande passionnée du blob !

Mais c’est quoi exactement le blob au fait ?

Pour être plus précis, il faut faire un tout petit peu de biologie, rien de bien méchant ne vous inquiétez pas ! Voici la carte d’Audrey Dussutour des « eucaryotes ».
Ce sont des organismes dotés d’un noyau qui renferme l’information génétique. Tout comme nous faisons partie du règne des Animaux, de la classe des Mammifères, et de l’espèce Homo Sapiens Sapiens, le Blob fait parti du règne des Amibozoaires, de la classe des Myxomycètes et de l’espèce Physarum Polycephalum (là, vous l’avez !). Il est apparu il y a environ 1 milliard d’années, bien avant le champignon, datant d’il y a 800 millions d’années, et les premiers animaux ressemblant à des hominidés, il y a 6 millions d’années. Il peut être de plusieurs couleurs et déteste la lumière. Il vit dans la nature souvent sur les écorces d’arbre humides, se nourrit de bactéries et de champignons (des flocons d’avoine en laboratoire) et peut atteindre 10m² !

Aussi, le Blob possède 1 seule cellule pour respirer, manger et se reproduire contre 100 000 000 000 000 de cellules pour l’être humain… Ce qui lui permet d’atteindre cette taille impressionnante ? La multitude de noyau que possède la cellule. En effet, le Blob se déplace en créant un réseau veineux et tout comme le font nos muscles, il contracte ses veines ou pseudopodes (les « bras » du blob) et fait aller et venir le cytoplasme qui le compose, ce qui lui permet de se déplacer jusqu’à… 1 cm à l’heure, voir 4 cm à l’heure lorsqu’il est trèèèès affamé ! Ainsi, le Blob avance grâce à de petites contractions et par ses flux de liquide ; il est animé au rythme de pulsations qui le font doubler de taille tous les jours.

Et puis pourquoi parle-t-on du Blob d’abord ?

Depuis le 12 octobre, ma mère – qui est institutrice – et sa classe participent à l’expérience éducative « Élève ton blob » lancée par le CNRS et le CNES consistant à envoyer un Blob à bord de l’ISS, et à inviter des classes à mener la même expérience que celle qui est menée en micropesanteur. Menée par Thomas Pesquet dans l’espace, elle est également réalisée sur la Terre par Audrey Dussutour et 4 500 établissements scolaires français.
Devant ce projet blobesque, ma curiosité et ma passion pour la nature m’ont tout de suite embarquée à suivre leurs expériences…

Physarum démontre une capacité fascinante à sortir d’un labyrinthe élaboré et complexe pour trouver de la nourriture en trouvant même le chemin le plus court pour optimiser le transfert de nutriments au sein de son organisme. Le blob part à la recherche de nourriture, et développe son réseau de pseudopodes jusqu’à trouver les flocons d’avoine. S’il a pris la mauvaise direction, il laisse sur son chemin un mucus répulsif qui lui sert de mémoire externe pour marquer les territoires déjà explorés. Cela lui évite ainsi de retourner là où les chemins sont vains. De quoi étonner, venant d’une cellule sans cerveau, ni neurones…

Sur cette photo prise par l’école, on voit le Blob commencer à résoudre le labyrinthe puis… le contourner vers le bas pour emprunter le chemin le plus pratique et efficace.
Le Blob nous a pris à notre propre jeu…

Mon expérience préférée est celle du biologiste Nakagaki. Celui-ci a souhaité comparer les réseaux créés par le Blob au réseau ferroviaire japonais, reconnu comme l’un des plus performants au monde. Sur une carte du Japon, le Blob a été placé sur Tokyo et les flocons d’avoine ont été placés sur les villes principales autour de la capitale.

Cette expérience nous montre l’extraordinaire capacité du blob à réaliser des réseaux extrêmement performants et optimaux qui rivalisent avec les meilleures ingénieurs (rien que ça) ! Audrey Dussutour a même essayé avec le réseau français et le Blob nous propose un Paris – Toulouse sans passer par Bordeaux, bonne nouvelle pour les Toulousains ! D’autres expériences ont été faites, telles que reprendre le comportement du Blob pour le coder sur un robot, l’adapter en musique ou encore en expression faciale…
La science nous mène à l’art.

Il y a quelques années, Heather Barnett met en ligne un site internet « The Slime Mould Collective » qui regroupe des scientifiques, des informaticiens, des chercheurs mais aussi des artistes, comme elle, des architectes, des designers, des écrivains, des activistes… Pour n’en citer que quelques uns. Voici quelques exemples. L’artiste Sarah Roberts peint avec des Physarum fluorescents -si si c’est possible -, dans « Fluorescent particle painting ». Le blob porte une poudre fluorescente et part à la recherche de flocon d’avoine ce qui crée différents motifs, créés par les chemins qu’il prend en réponse aux différentes conditions d’humidité, de nutrition disponible, de lumière, etc… Son comportement de recherche de nourriture peut être interprété comme un calcul et est représenté sur une carte où un cerveau est dessiné, montrant ainsi un parallèle.

Une équipe combine des modèles biologiques, électroniques et des impressions 3D dans un atelier ; c’est le cas de BioLogic, qui fait intéréagir le Physarum avec des motifs imprimés en 3D à base de gélose contenant de l’avoine. Les modèles sont issus d’algorithmes informatiques et s’inspirent du comportement des systèmes naturels. Voilà ce qu’ils ont pu obtenir du mélange entre biologie et modèles informatiques :

Des recherches fondamentales sont menées autour du Blob notamment pour comprendre et traiter certaines maladies. Par exemple, le déplacement du Blob a des similarités avec celui des cellules cancéreuses, et ses rejets de calcium laissent aussi entrevoir de potentielles études sur les maladies liées aux os.
La prochaine expérience du projet « Élève ton blob » consistera à tester les capacités d’adaptation du Physarum sous les conditions du changement climatique, sujet actuel et préoccupant qui amène donc à cette expérience. Résultats à suivre !

Ce qui est impressionnant, c’est de se dire qu’à partir d’une simple cellule, la nature arrive à créer un organisme fascinant et doté d’intelligence. En effet, le Physarum Polycephalum décentralise complètement la vision répandue de l’intelligence, fortement basée sur l’humain et le cerveau.

Pourtant le Blob est un parfait contre-exemple de cette croyance : sans cerveau il est capable d’apprendre et de mémoriser des informations, il possède une capacité redoutable d’adaptation et d’anticipation, il est capable de sentir la nourriture de loin sans même avoir l’odorat, de goûter et d’apprécier différents types d’alimentation sans pour autant avoir le goût non plus. En plus de se démultiplier à partir d’une seule cellule, il a également l’intelligence d’optimiser ses chemins pour trouver de la nourriture et pour survivre, de faire mourir une partie de lui et de laisser une trace du chemin déjà parcouru pour éviter de revenir sur ses pas. Il va préférer la nourriture qui lui est la plus nourrissante et la plus bénéfique à sa survie.

Il n’y a non pas une mais DES intelligences, ailleurs et sous d’autres formes. Cela élargit enfin ainsi, l’intelligence à tous les êtres vivants.

Louison JACQUOT – DN MADe 2 Bij – Octobre 2021

Un algorithme permettant de recréer la base de la vie… !

Chères lectrices, chers lecteurs, je me permettrais aujourd’hui de vous présenter l’une des plus grandes découvertes mathématiques de ces cinquante dernières années.

Largement méconnu, le sujet dont je vais vous parler est encore utilisé de nos jours lors de phases de tests en laboratoire par des microbiologistes et mathématiciens ou encore par des nerds qui essaient malgré tout de comprendre comment cela fonctionne…

Arrêtons de tourner autour du pot : aujourd’hui, on va parler du Jeu de la Vie.

Le Jeu de la Vie (ou The Game of Life pour les anglophones de haut niveau) est une simulation informatique créée en 1970 par John Conway. Ce mathématicien avait pour idée d’inventer un jeu (un automate cellulaire dans ce cas précis) qui permettrait au joueur de s’amuser seul à partir de règles mathématiques faciles.

Le but du Jeu de la Vie est de faire évoluer un nombre quelconque de cellules dans un tableau de cases carrées et d’en constater la progression. Ledit tableau peut être pris aussi grand qu’on le désire et la disposition des cellules au commencement est laissée libre au joueur. A partir de cela, on imagine que chacune des cases du tableau peut héberger une cellule, comme une cellule vivante. Si la case du tableau en contient une, on la colorie en noir ; et si elle est vide on la laisse en blanc. La simulation se déroule au tour par tour et le joueur peut réguler à sa convenance la rapidité du jeu.

A présent, il suffit juste au joueur de suivre les deux seules règles qui régissent le jeu :

Règle numéro 1 : une cellule ne survivra au tour suivant que si elle est entourée par deux ou trois voisines. On imagine qu’en-dessous de deux voisines la cellule meurt d’isolement et au-dessus de trois, elle meurt de surpopulation.

Règle numéro 2 :  si une case vide est entourée par exactement trois  voisines, elle devient vivante au tour suivant. Une cellule naît à cet endroit-là.

 

Désormais, le joueur peut placer les cellules comme il le souhaite dans le tableau et lancer la simulation à la vitesse qu’il désire. Ce qui est intéressant dans ce type de simulation, c’est que l’on peut partir d’une configuration faite par le joueur ou bien faite par l’ordinateur de manière totalement aléatoire. Et on remarque assez rapidement que l’aléatoire peut engendrer un gros « bordel cellulaire ».

Mais ce qui rend ce jeu si fascinant pour beaucoup de chercheurs n’est pas la taille du « bordel » engendré, mais la progression étonnante qui peut être effectuée à partir de quelques cellules seulement lors de l’étape originelle.

De plus, que serait la Vie sans mouvement, sans interaction entre les différents atomes ? Il existe dans ce jeu des millions de possibilités de départ différentes mais seulement quelques configurations permettent des déplacements en translation ou en diagonale. Certains résultats cellulaires arrivent à être stables, c’est à dire à ne plus pouvoir changer de formes après un certain nombre d’étapes. Les résultats stables les plus communs sont montrés plus haut (dans des déplacements en translation ou en diagonale (« still lifes » représentant les formes stables ). Il existe aussi beaucoup de formes d’oscillateurs dont les plus communs sont aussi affichés plus haut. Ce sont des formes qui se répètent suivant un schéma donné au bout d’un certain nombre d’étapes. Et enfin, ceux dont je mentionnais déjà l’existence précédemment, les groupes de cellules qui se déplacent de quelques cases à chaque étape suivant un schéma précis. Bien sûr, il en existe bien d’autres mais ce sont encore une fois les formes les plus communes montrées ici.

Ci-dessus, la décomposition par étapes de l’oie du Canada, une forme peu commune se déplaçant en diagonale

Depuis presque cinquante ans, ce jeu fascine les mathématiciens et les informaticiens ; mais aussi les biologistes et les philosophes parce qu’il nous montre comment un système évoluant selon des règles simplistes peut engendrer des résultats incroyablement riches.

Et d’une certaine manière, il nous aide à mieux comprendre comment un gros tas d’atomes en interactions peut se retrouver à former les êtres complexes et pensants que nous sommes.


Ci-contre, la représent
ation chromatique faite du Jeu de la Vie par un youtubeur américain. Comme quoi, juste avec quelques carrés et de la couleur, on peut faire de belles choses

Le Jeu de la Vie est un jeu en constante évolution dont le mouvement en est l’essence même. Naturellement, il s’avère un « tantinet » compliqué pour moi d’expliquer en quelques images les différentes étapes de progression des milliers de cellules apparaissant à l’écran. Mon devoir s’achève ici, visuellement je ne peux en dire davantage. Tout ceci n’était qu’un bref aperçu de l’immense potentiel de ce jeu.

C’est pourquoi si vous souhaitez comprendre le sujet de manière plus concrète, je vous recommande la vidéo Youtube de Science Etonnante. Je m’en suis inspiré et elle est très bien fichue.
Vous pouvez aussi regarder des simulations épiques hypnotisantes faites à partir du jeu, juste pour voir ce qui se fait lorsque l’on pousse les choses à l’extrême. Par exemple vous y verrez une simulation du Jeu de la Vie qui joue au Jeu de la Vie
Enfin si vous souhaitez juste découvrir le jeu et l’essayer par vous-même, pleins de sites français vous le permettront mais je vous recommande celui-ci (voir aussi le site officiel).

En y pensant, ne sommes-nous pas tous acteurs d’un seul et immense jeu régis par des lois mathématiques telles que la suite de Fibonacci ou bien d’autres…?
Ça laisse matière à méditer… ou à jouer!

Arthur WEGBECHER – DNMADE 1 – Octobre 2021

Plongez dans l’infiniment petit

Sous l’objectif du microscope, les choses les plus banales se transforment en un univers totalement inconnu et chatoyant. Voyagez dans l’infiniment petit, grâce au concours photos organisé par Nikon.

Cela fait 46 ans que le Concours Nikon Small World récompense les plus belles oeuvres photographiées à l’aide d’un microscope (les microphotographies). Celles-ci permettent de distinguer des détails invisibles à l’œil nu dévoilant ainsi des photos colorées par fluorescence qui apportent d’incroyables détails d’inflorescences, de solutions chimiques, d’ailes d’insectes ou de cellules neuronales. Les clichés sont jugés sur leur aspect artistique, leur intérêt scientifique et la technique de photographie en microscopie. Voici les gagnants et les meilleures photos.

                    

  • 5th Place – 2016 Photomicrography Competition, Front foot (tarsus) of a male diving beetle, Dr. Igor Siwanowicz
  • 1st Place – 2019 Photomicrography Competition,Fluorescent turtle embryo, Teresa Zgoda

                           

  •  2nd Place – 2019 Photomicrography Competition, Depth-color coded projections of three stentors (single-cell freshwater protozoans), Dr. Igor Siwanowicz
  • 1st Place – 2017 Photomicrography Competition, Immortalized human skin cells (HaCaT keratinocytes) expressing fluorescently tagged keratin, Dr. Bram van den Broek

            

  • 4th Place – 2011 PhotomicrographyCompetition, Intrinsic fluorescence in Lepidozia reptans (liverwort), Dr. Robin Young
  • 5th Place – 2011 PhotomicrographyCompetition, Microchip surface, 3D reconstruction, Alfred Pasieka

Derrière le concours Nikon Small World, il y a un objectif clairement affiché par les organisateurs : montrer au monde à quel point art et science peuvent être proches. Et avec l’évolution des techniques d’imagerie et de microscopie, les clichés proposés sont de plus en plus créatifs.

Emma Y. V. – DNMADe1 Jo – Février 2021

Nazca, civilisation reconnaissante ou vie extraterrestre ?

Imaginez que vous regardiez par le hublot d’un avion, et que vous aperceviez un colibri de 360 mètres de long gravé sur le sol. Imaginez maintenant que ce dessin ait été réalisé entre le 1er et le 8ème siècle. C’est comme ça que l’occident a découvert les géoglyphes de Nazca.

Le désert de Nazca ou désert de Sechura est situé au sud de la région de Piura au Pérou, le long de l’Océan Pacifique et jusqu’aux contreforts des Andes. Dans ce désert, on peut observer de grands dessins aux grands motifs, à même le sol, appelés géoglyphes. Étymologiquement géoglyphe signifie gravure ou ciselure de la terre. Les géoglyphes de Nazca sont les plus célèbres. Ils sont réalisés en négatif, c’est-à-dire par enlèvement de terre, contrairement à d’autres, réalisés en positif par entassement de pierres, de terre ou de gravier comme par exemple ci-dessous : le spiral jetty au bord du grand lac Salé à Salt Lake Utah. Si ces géoglyphes de Nazca attirent l’attention et ont suscité ma curiosité, c’est en raison de leur grand âge et surtout du mystère qui les entoure…

D’abord je vous propose de faire un petit bon dans le temps : La civilisation Nazca est une culture précolombienne du Sud du Pérou qui se développa entre 200 av-JC et 600 après-JC. Ils vivent de l’agriculture intensive qu’ils pratiquent en construisant des puits profonds reliés par un réseau d’aqueducs souterrains encore utilisés de nos jours ! Cette civilisation décline à partir de 350 ap-JC avec les inondations et les séismes.

C’est en 1927 que les premiers géoglyphes de Nazca sont découverts par hasard, lors d’une visite aérienne de la « rivière Nazca » par l’archéologue Toribio Mejia Xesspe. Dispersés sur environ 3900 km² de désert, ils ont été tracés par les Nazcas sur un            millénaire entre -200 et 600.

La première question que l’on peut se poser est comment, à une époque aussi lointaine, les Nazcas ont-ils réussi d’aussi grandes figures et avec une aussi grande précision ?

Des animaux, des personnages et parfois même de simples lignes représentent les géoglyphes de Nazca avec des dimensions qui font qu’ils ne s’apprécient que vu du ciel ! Étrange …                                                                                                                              Selon la théorie la plus probable, les Nazcas auraient utilisé une technique de topographie basique : la méthode du Carillon sans aucune certitude. Mais ce n’est pas sur le comment que les théories sont les plus fumeuses, c’est le pourquoi qui anime le débat et m’interpelle aussi, d’autant plus que les Nazcas n’ont jamais pu pleinement profiter de leurs œuvres, on est encore loin des satellites ou des avions !

Pourquoi tracer d’aussi grandes figures au sol ? A quoi servent ces immenses figures géométriques ?

Plusieurs théories se bousculent, de la plus crédible à la plus loufoque…                      Ils nous arrivent tous au détour d’une promenade ou de vacances, de laisser une trace de notre passage en gravant une marque sur un tronc d’arbre, en traçant un motif sur le sable ou en empilant des cailloux au bord d’une rivière. Est-ce pour cette même raison que les Nazcas ont réalisé ces lignes ? Mais cette version XXL interroge. Peuvent-ils être qu’une trace toute simple de leur passage ?  Plusieurs théories expliquent avec plus ou moins de logique, les raisons qui auraient pu susciter les Nazcas à les tracer mais elles ont toutes été contredites à un moment ou à un autre.

Des géoglyphes pour confectionner un tissu mortuaire ?

C’est une théorie qui s’explique par le fait qu’il faut des kilomètres de fils d’un seul tenant pour fabriquer un tissu mortuaire et que les figures de Nazca sont tracées en une seule ligne qui ne se croise jamais. L’hypothèse se tient mais de là à être véridique…D’après mes renseignements, les Nazcas avaient des rituels particuliers. On a retrouvé des têtes au front percé, des déformations crâniennes ou des momifications. Les morts avaient donc une place particulière…

Des lignes pour observer l’activité sismique ?

Pourquoi pas ! Il y a bien une plaque tectonique au large des côtes du Pérou. Nazca est une région sismique. Les Nazcas subissaient les tremblements de terre alors peut-être voulaient-ils observer les séismes mais la question est de savoir comment pouvaient- ils analyser l’activité sismique avec des dessins au sol… en tout cas, cela a été une des causes de leur disparition donc devait avoir un intérêt certain…

Théorie astronomique ?

D’après l’archéologue Maria Reiche, les dessins représenteraient des constellations. Ils feraient office d’observatoire astronomique. En effet les civilisations précolombiennes semblaient avoir d’incroyables connaissances en astronomie. Ils pourraient même, d’après certains scientifiques, représenter un calendrier astronomique version XXL.  Il existe bien les constellations dans la voie lactée, pourquoi pas une représentation terrestre ?!  Avec les différentes lignes et les animaux représentés, ça pourrait se tenir !

La Théorie du « chemin de l’eau » ?

C’est l‘archéologue Johan Reinhard qui avance cette théorie en s’appuyant sur les cultes Nazcas pour les Dieux de l’eau. En effet, les géoglyphes auraient joué un rôle capital dans les rituels pour que la pluie tombe sur les Andes et irrigue les champs dans cette région devenant de plus en plus désertique, afin que les Nazcas continuent leur agriculture intensive. Cette théorie suggère donc qu’ils auraient pu servir de parcours rituel pour la prière en marchant le long des lignes. Une autre version prétend qu’ils permettaient de se repérer pour retrouver les innombrables puits d’eau.

Elle fait partie des plus vraisemblables et de celles retenues à ce jour dans les explications fournies aux touristes.  Des théories ethnologiques et théologiques : Les lignes auraient été dessinées à l’attention de divinités qui pouvaient les voir depuis les cieux et pour les chamans qui, grâce à des substances hallucinogènes, pouvaient se projeter au-dessus de la Terre. La proximité avec des sites rupestres où se déroulaient des sacrifices humains, seraient un élément révélateur de la probabilité de ces théories ainsi que la présence des puits d’eau appelés « puquios ». L’eau était le seul moyen de survivre dans le désert. Pas étonnant que cette civilisation se démenait pour en avoir et remerciait les Dieux de leur en donner. Je peux comprendre que l’on soit prêt à toutes ces folies. « Si vous regardez ces dessins uniquement comme des dessins faits pour être vus du dessus, vous vous demandez forcément comment c’est possible, explique Dylan Thuras, le co-fondateur d’Atlas Obsura, un site consacré aux merveilles cachées de notre planète. Mais si vous comprenez qu’en fait, c’est lié à des sources d’eau, alors ça n’a plus grand-chose d’impossible ».

On découvre encore aujourd’hui des géoglyphes ! Le dernier en date, vieux de plus de 2000 ans, représente un félin et les scientifiques pensent mieux comprendre, grâce aux images satellites, les raisons de ces dessins. Au fur et à mesure des découvertes de nouveaux géoglyphes, les chercheurs s’aperçoivent qu’ils suivent une droite appelée « ligne de Nazca » qui rejoint la province de Palpa située à 50km de Nazca.

Dans tous les cas ces représentations devaient être visibles depuis les airs et c’est sans problème quand les plus importantes font 400 m de long soit plus de 3 terrains de foot !!   

Pour ma part, même si cela me parait dingue de tracer de telles œuvres pour vénérer des Dieux et montrer le chemin de l’eau, c’est la théorie qui me semble la plus plausible. C’est sûr qu’on est très loin de ces considérations quand on a juste à ouvrir le robinet pour avoir de l’eau mais l’eau n’est-elle pas « l’or blanc » de notre existence et l’on devrait certainement être plus reconnaissant d’en avoir aussi à l’heure du réchauffement climatique ! Une belle leçon de remerciements ! Toutefois je m’interroge sur l’efficacité de ce dur labeur, vue que cette civilisation a finalement disparu. Peut- être serez-vous attiré par une version dite plus loufoque, comme la théorie des messages laissés aux extraterrestres mais en ces temps où l’on recherche l’existence d’une vie sur Mars, peut-être que les Nazcas avaient déjà des connaissances à ce sujet… Je vous laisse, à votre tour, trouver votre propre théorie, le mystère restant entier, laissant encore libre court à nos suppositions, laissant encore le champ libre à notre imagination et à celles des scientifiques…

BOULET Valentin, DN MADE 1 Horlogerie, février 2021

Vous avez dit « pilule du bonheur » ?

Tout d’abord laisser-moi vous présenter cette Happy pills hors norme et son effet placebo.

Apparu à la fin des années 1980, les antidépresseurs ou « pilules du bonheur » ont su attirer bon nombre de personnes.

Prometteuse d’une vie facile et délicieuse sans prise de tête, elle fera pendant longtemps office d’objet de consolation pour les plus démunis psychologiquement (à ne pas confondre avec le Viagra).

Créé au départ pour des personnes atteintes de dépression, l’antidépresseur est rapidement tombé dans le monde des drogues, ce qui lui vaudra le nom de pilule du bonheur. Un coup de blues et hop !   Il vous suffit simplement de l’avaler pour en ressentir les effets.

Il est d’autant plus facile de s’en procurer puisqu’à ce jour il n’y a même plus besoin d’une ordonnance médicale pour s’en dénicher. Internet s’en charge pour vous !

Guéri l’esprit, détoxique votre mental et vous procure un sentiment d’allégresse, avec cette pilule magique à vous le bonheur immédiat, il suffit juste de la porter.

Et oui vous ne rêvez pas !   Vous vous doutiez bien que je n’allais pas vous inciter à la consommation de stupéfiant, bien qu’une petite pilule en ces temps qui court ne nous ferait pas de mal… Ça ne vous branche pas de voir des lapins fluos partout ?

Non, plus sérieusement. Fini le prozac, je vous propose aujourd’hui le bijou pilule. La pilule du bonheur est connue pour ces effets de « bien-être » lors d’une phase dépressive.  Comment résister ? Une pilule magique capable de vous rendre heureux, que demander de mieux ?

Si vous cherchiez de nouvelle sensation c’est bien ici que cela se passe même si je ne vous propose pas des heures exaltantes et euphoriques. Je vous propose plutôt un bijou amusant qui reprend les codes de la pilule du bonheur mais sous forme de bijou et beaucoup moins nocif pour votre santé.                                                                                     On est bien d’accord ces pilules-là ne se consomment pas !

Elles embelliront certes vos looks et peut être même votre vie, mais ne vous apporteront rien si vous cherchez à voir la vie en rose.

Les pilules du luxe (si je puis les nommer ainsi) sont l’œuvre de Damien Hirst, cet artiste a puisé son inspiration à travers ce monde médicamenteux capable éphémèrement de nous redonner goût à la vie.

Damien Hirst 

Dans ses bijoux on retrouve aussi cette idée de surconsommation accidentelle qui peut nous être fatal suite à une ingestion d’une trop forte dose de médicaments.                  Alors au lieu de mourir d’une surconsommation de bonheur toxique, Hisrt nous propose une collection de bijoux en or 18 carat serti de rubis et de diamant.   Une dose d’humour suivis d’un soupçon de joaillerie et de quelques grammes de bonheur.  Juste ce qu’il faut pour réaliser le mélange parfait pour une pilule du bonheur qui ne vous infligera aucun malheur.

Et vous, c’est quoi votre pilule du bonheur ?

Justine Lehning DNMADE2 BIJ – Février 2021

Croire au bonheur de demain ?

Qu’est ce qui nous bloque aujourd’hui pour être heureux ?

La peur du lendemain, de l’inconnu, du changement. Profiter de l’instant présent serait une solution pour calmer nos angoisses futures, mais ne pouvons-nous pas tout simplement être émerveillé devant notre monde qui se transforme au lieu d’être apeuré ? Évidemment beaucoup plus simple à dire qu’à faire puisque nous sommes agglomérés comme des moutons xénophobes de notre propre futur !

Je vous laisse y réfléchir en vous présentant le travail de l’artiste Patricia Piccinini, en effet elle a su bouleverser nos codes et modifier nos idéaux à travers ses œuvres surréalistes et hybrides. L’artiste réussit à donner vie à ses œuvres et créer une relation entre l’œuvre et le spectateur. Ses objets semblent réels et vivants grâce à leurs cotés hyperréalistes composés de silicone, de matériaux plastiques ou organiques (poils d’humains ou d’animaux) mais c’est également grâce à leur mise en scène que ses créatures prennent vie. Ce monde alternatif dans lequel elle nous immisce est au-delà du monde réel dans lequel nous vivons. Créatures étranges mais familières à la fois, elles sont un moyen d’appréhender le futur de manière exagérée et humoristique.

L’artiste aime l’humour, l’émotion et l’étrangeté c’est pourquoi elle nous partage ce monde nouveau dans lequel l’animal, la plante, la machine et l’homme s’unissent, se mélangent et s’entremêlent, où rien ne reste à sa place. La nature et la technologie ne font alors plus qu’un. Ses sculptures nous permettent d’observer des êtres différents, humanoïdes, qui nous interrogent sur la frontière entre l’homme et l’animal. Nous devons alors nous demander si nous pouvons vraiment continuer à croire aux obstacles qui nous séparent de ce monde-là.

Créatures imaginées à la limite du possible, elles ne rentrent pas dans nos codes de beauté, mais l’artiste les a toutes rendues bienveillantes. Le but de l’artiste est que chaque créature doit être vue par le spectateur au-delà de son aspect physique afin de passer cette barrière. Permettant ainsi au spectateur de changer, de passer outre le coté rebutant et de s’adapter à leur étrangeté, et donc tolérer plus que la norme sociétale. Les créatures font littéralement appel à l’empathie du public. L’artiste nous pousse à nous interroger sur notre rapport à l’altérité et notre difficulté à accepter l’étrangeté. La recherche nous démontre alors que les émotions s’apprennent et que les choses qui sont hors normes ne sont pas forcément mauvaises.

J’ai sélectionné pour vous quelques-unes de ces œuvres, on retrouve « nouveau-né » de 2010 qui représente l’être humanoïde réinventé, composé de fibres de verre, de cheveux humains, et de peau d’opossum sauvage de Nouvelle-Zélande. L’artiste à travers cette œuvre nous interroge sur le concept de « normalité » de la médecine et son éthique. Puisque ce nouveau-né est génétiquement modifié.

« The long awaited » de 2008 représente un enfant et une créature hybride faite de silicone, de fibres de
verre, et de cheveux humains. Sur un banc les deux êtres sont enlacés, message très fort de l’artiste qui mise sur le côté vulnérable de l’enfant pour amadouer le spectateur.

Inspirée de contes, de surréalisme et de la science, l’artiste arrive à nous perturber profondément et nous met mal à l’aise sur notre manière d’entrevoir les choses en nous imposant une nouvelle vision d’un futur pas si improbable que ça. Elle nous montre comment il pourrait être, que ce soit de la façon dont nous voulons que le monde soit, ou comment nous craignons qu’il ne finisse, en mélangeant le beau et le bon. C’est une sorte d’avenir dans lequel des mutations vivent en paix avec les humains. On ne sait pas si face à leur regard, il faut se jeter dans un élan de tendresse ou une crise d’effroi.

Elle nous apprend à évoluer avec notre temps sans crainte à travers ses œuvres remplies d’humour et de bienveillance. Alors si vous êtes plutôt optimiste, en quête d’humour et de nature plutôt curieux, je vous invite vivement à aller voir son site voici le lien « PATRICIA PICCININI » (je vous assure que certaines vous feront rire).

Car rire de tout, est pour moi, l’une des meilleures manières d’être heureux. Alors arrêtons de croire que l’homme n’a pas d’avenir, que l’homme n’évoluera pas positivement. La clé du bonheur c’est d’être heureux d’être à demain, c’est d’être heureux que le temps passe sans avoir peur de ce qui va arriver, c’est exister aujourd’hui et demain de la même manière. Soyons optimiste envers le futur. Si celui-ci vous fait peur, rien de mieux de prendre les choses de manière ironique cela vous permettra de vivre pleinement votre vie.

Juliette Girardot – DNMADe2 Jo – Février 2021

Miaou… Miaou !

Avant toute chose et je tiens à le préciser pour éviter d’avoir toute la communauté de la protection animale sur le dos, qu’aucun être vivant de toute espèce confondue n’a été maltraité durant cette expérience, et que le rendu résulte uniquement d’une réflexion mentale réalisée par un physicien, dans laquelle il utilise comme cobaye son propre chat. Et pour les amoureux des félins qui ne conçoivent pas qu’on puisse imaginer faire du mal à un chat pour la science, je vous invite à changer d’article. Pour ce qui reste, je vais vous présenter l’expérience du … « Chat de Schrödinger ».

En voyant cette photo vous vous dites sûrement que ce Schrödinger est un savant fou, et qu’il a enfin trouvé la formule pour créer le chat de Frankenstein, mais malheureusement non. Erwin Schrödinger est un physicien philosophe Autrichien née en 1887. Durant ses études il va s’intéresser à une branche très particulière et abstraite de la physique théorique, la physique quantique.

La physique quantique est l’établissement d’une théorie qui permet de faire des prédictions sur le comportement de la matière dans l’infiniment petit (atomique, subatomique). Pour donner un exemple plus imagé de cette théorie, prenons l’exemple de l’atome, pour faire simple un atome est constitué d’un noyau chargé positivement autour duquel gravite des électrons chargés négativement, ces électrons sont mathématiquement à plusieurs endroits à la fois (cela peut être calculé grâce à des probabilités) on appelle cela une superposition d’état quantique.
Mais alors, vous allez me dire, mais à quoi sert le chat, est bien en 1935 Erwin Schrödinger imagine une expérience mettant la vie de son chat en danger pour montrer qu’il est compliqué d’associer la physique classique (ex : physique newtonienne) et la physique quantique. Pour cela, il place son chat dans une boite opaque dans laquelle se trouve un mécanisme constitué d’un atome nucléaire qui a une chance sur deux de se désintégrer à un temps donné, actionnant un marteau qui viendra casser une fiole de poison tuant le chat, donc une fois le temps dépassé, si on suit la logique de la physique quantique et qu’on a pas encore ouvert la boite, le chat est dans une superposition d’état quantique, ce qui signifie qu’il est à la fois mort et vivant, seule l’ouverture de la boite permettra de fixer l’état du chat.

Cette expérience mentale nous montre bien qu’on ne peut associer la physique classique à la physique quantique, car le chat ne peut être mort et vivant et à la fois, il ne peut que être dans un état. Grâce à ses recherches, Erwin Schrödinger durant sa vie a obtenu un prix Nobel de physique en 1933 et une médaille Max-Planck en 1937 récompensant de grands travaux dans le domaine de la physique théorique.
Si vous n’avez pas bien compris ce n’est pas grave, car comme disait le physicien Richard Feynman, « Si vous croyez comprendre la mécanique quantique, c’est que vous ne la comprenez pas ».

Mathieu Maillard – Dnmade 1horlo – Décembre 2020