Des sculptures entre deux réalités

Snorkeling (2017)

Han Hsu-Tung est un sculpteur sur bois Taïwanais.       

Diplômé à 23 ans en Anthropologie de l’Université Nationale de Taïwan, c’est semble t-il 6 ans plus tard qu’il exposa ses œuvres pour la première fois à Taipei dans l’East Gallery. On peut d’ailleurs voir certaines de ses œuvres sur le site de cette galerie si vous êtes curieux. A juste titre, l’artiste surnomme ses réalisations faites de bois des « sculptures pixelisées ».

C’est ainsi qu’à travers une figuration majoritairement humaine Han s’exprime dans un dédale de pixels où le bois s’assemble bloc par bloc. On observe alors une dynamique particulière où les personnages semblent figés comme mis sur pause au milieu d’un mouvement ou d’une transformation dans un processus numérique.

Where is the « Like » ? (2020)

Portées symboliques

La technique pixelisée de Han est apparue vers la fin des années 2000 où justement les nouvelles technologies telles que les smartphones prirent leur essor. Faisant par ailleurs écho à sa formation d’anthropologue, son travail invite à une introspection sociale vis à vis des changements de notre société face à la découverte d’un monde aux possibilités à ce point multiples qu’on pourrait s’y perdre.

L’arrivée de la numérisation fit drastiquement évoluer notre ère impliquant de nouveaux moyens et visions. Riche de nouveaux outils , l’art connait alors davantage de formes sous lesquelles s’exprimer et tout autant de sujets sociétaux à aborder. L’un des plus emblématiques tourne autour de l’intelligence artificielle et c’est un axe que l’on peut retrouver dans l’ esprit des œuvres de Han. En effet, on pourrait poser l’analogie entre l’intelligence artificielle faite de l’accumulation de données et les pixels dispersés qui tels des atomes s’intègrent et forment le corps d’un être semblant animé d’une âme.

On pourrait tout aussi y observer un phénomène de dispersion et de rassemblement à l’image des échanges sociaux contemporains de plus en plus concentrés sur des réseaux.

Afin d’illustrer le développement humain où la réalité entrelace de plus en plus la virtualité, Hsu-Tung met en parallèle la sculpture de bois avec le monde virtuel où il arrive parfois qu’on observe cet effet de glitch sur un écran alors brouillé de pixels. S’en inspirant, l’artiste donne l’impression que la sculpture subit le même effet qu’une image digitale remettant en cause sa matérialité comme si elle disparaissait tout en questionnant sa réalité même.

Procédés de réalisation

Sunset Clouds (2022) lors de la réalisation

Dans un premier temps, il semble intéressant de connaître le point de vue de Han Hsu-Tung sur l’origine de la créativité. Il est en désaccord avec l’idée que les artistes sont sujets aux caprices de l’inspiration car le processus de création ne fonctionnerait pas ainsi. Selon lui, contrairement à l’inspiration telle que l’on se la représente, créer n’a rien d’instantané. C’est quelque chose auquel les artistes réfléchissent constamment jour et nuit, quand ils travaillent, marchent, conduisent et même lorsqu’ils dorment jusque dans leurs rêves.

C’est ainsi qu’avec une idée de projet qui a pris le temps d’évoluer dans sa tête, l’auteur entreprend une nouvelle sculpture suivant différentes étapes bien précises.

Pour les illustrer, voici une vidéo filmant la réalisation de «Sound of the Wind».                

En résumé ; Il commence par dessiner des croquis à partir de photos puis réalise un modèle en argile. Il en prend des clichés sous différents angles, les imprime puis les découpe en bandelettes et petits carrés qu’il recolle ensuite et dispose à la manière d’un puzzle auquel il manquerait des pièces. Il adapte ensuite son modèle d’argile à l’image obtenue, le quadrillant et retirant des cubes de matière ci et là.

La préparation faite, Han sélectionne ensuite le bois, principalement du noyer, le découpe en des pavés droits et les trie selon différentes longueurs. Il les assemble alors par collage compressé en des plaques qui sont ensuite rabotées. Chacune des plaques formera ainsi une strate de la sculpture.

Par la suite, vissant les strates les unes aux autres, il obtient un bloc de bois à sculpter. Il reproduit dessus son dessin au crayon puis dégrossit le volume à la tronçonneuse. Il affine les formes à l’aide de ciseaux à bois, d’un maillet et de ponceuses.

En dernière étape, il dévisse le tout puis décale les strates les unes aux autres déstructurant volontairement la composition. Il perce et visse de nouveau les strates selon cette nouvelle disposition avant de définitivement les coller entre elles. Enfin, il ajoute des cubes de bois à la sculpture de sorte à donner une dimension de profondeur supplémentaire dans ce qui ressemble à une nuée de pixels.

Si jamais cela vous intéresse, vous trouverez ici le blog du sculpteur où l’on retrouve ses œuvres et commentaires autour de leur fabrication ou ce qu’il voulait y exprimer.

Solveig DUBOIS – DNMADe1HO – Avril 2022

C’est pratique mais est-ce vraiment utile ?

Aujourd’hui, l’automobile en général est avant tout un moyen de transport qui fait tout pour être aseptisé et confortable.
 Il y a un demi-siècle encore, l’objectif des constructeurs ou des mécaniciens amateurs étaient de faire rugir des moteurs thermiques à tout-va, avec comme seule préoccupation d’avoir une sonorité agréable à l’oreille.

Aujourd’hui, la préoccupation a bien changé puisque la tendance est plutôt de rechercher de nouvelles énergies motrices ayant un impact le plus minime sur l’environnement. L’âme de l’automobile est en train de laisser sa place à la modernité, quitte à ce que nos dirigeants utilisent des termes ou des moyens importants pour convertir les populations.
Ce monde de l’automobile n’a jamais autant été démocratisé qu’aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux et Internet.
Nombreuses sont les personnes qui s’engagent sur ces nouvelles plateformes et notamment les artistes qui eux s’en servent en plus des galeries d’art et des expositions pour impacter notamment les nouvelles générations. Je pourrais citer Erwin Würm qui avec ses «fat car» rend l’automobile moche et inutilisable, ce qui supprime tout intérêt d’en posséder une, ou encore Humberto Diaz qui montre que l’automobile est source de sa propre destruction avec certaines de ses œuvres.

Mais l’artiste auquel je vais m’intéresser, c’est Ichwan Noor. Cet artiste indonésien s’est tout simplement attaqué à un monument de la culture automobile, la Volkswagen Beetle, et il l’a en 2013, transformée en une sculpture de forme sphérique de 1m80 de diamètre. La folie de cette œuvre, c’est qu’il a su garder tous les éléments qui rendent la Beetle identifiable au premier regard, et les a dénaturés pour que l’ensemble ne ressemble plus du tout à une voiture.

Outre la modernisation de la sculpture, il a détaché la fonction de base de l’objet pour lui retirer toute autre utilité autre que le visuel et a donc rendu cet objet «inutile». C’est une manière originale de dénoncer le fait que l’on utilise un gros objet, difficile à fabriquer, coûteux à entretenir et à faire fonctionner, polluant pour qu’au final ça n’ait qu’une seule utilité (certes bien pratique) mais unique. Ne serait-ce pas égoïste de mettre tous ces moyens en œuvre et d’avoir tellement de répercussions juste pour se faciliter la vie ? C’est une des premières idées qu’il évoque par son travail. Un second point est le fait qu’une fois sa fonction première retirée, on se retrouve avec un objet, sans vraie utilité, qui est lui aussi coûteux en énergie et impactant pour l’environnement si l’on veut le recycler ou le remettre en fonction.  Est-ce que le bénéfice est-il vraiment existant?
Ichwan Noor n’a ni été le premier à dénoncer l’automobile, et ne sera pas non plus le dernier, alors qu’aujourd’hui, on nous présente de nouveaux moyens énergétiques ayant eux aussi leurs failles et leurs avantages.

Merci de votre lecture, qui je l’espère, vous aura intéressé.

Marc G. – DNMADe1 HO – Avril 2022

The Wild Kong, la vision animale d’Orlinski

Nous connaissons tous des sculptures innovées par certains artistes notamment Michel-Ange, Donatello ou encore Pablo Picasso. Je m’adresse à tous les passionnés de sculptures modernes, vous avez sûrement déjà entendu parler d’un certain artiste, sculpteur et à la fois musicien nommé Richard OrlinskiUn artiste contemporain né le 19 Janvier 1966 dans la célèbre capitale Française. Cet artiste vit de sa passion pour l’art et décide de mener sa carrière d’artiste. Il exerça dans plusieurs domaines et se lance dans la sculpture en 2004.

Vous avez sûrement déjà vu l’œuvre célèbre de “ Wild Kong “, celle ci est exposée aux quatre coins du monde tout comme d’autres réalisations. C’est en traversant le Dubaï Mall que j’ai pu admirer le “Wild Kong” exposé devant l’Apple store. Une statue à la fois très impressionnante par sa hauteur et le regard féroce qui anime l’animal. J’aperçus dans la profondeur de son regard menaçant beaucoup de colère. L’animal est debout sur ses deux pattes cognant sur son torse avec les poings serré et la gueule ouverte montrant d’effroyables crocs tranchants. Le Wild Kong est une œuvre emblématique de l’artiste, il le désigne comme étant invincible et fut fortement inspiré par le film King Kong.

D’autres animaux ont inspiré Orlinski qui a aussi sculpté la panthère noire, le lion, l’ours, le cerf ou encore d’autres petites statues tel que PacMan x. A savoir que les sculptures tigre sont rares et très prisées sur le marché. Vous pouvez les trouver sous deux formats, l’un mesure 150 cm de hauteur et l’autre mesure 450cm, de quoi impressionner les visiteurs.

Panthère noire, Orlinski    Ours, Orlinski                     Cerf, Orlinski

Ces œuvres sont le reflet de l’art Contemporain, la sculpture est taillée en origami, on retrouve principalement les couleurs primaires, le bleu, le rouge et le jaune mais il existe d’autres couleurs plus vives tel que le rose fuchsia. Les matériaux travaillés rappellent la modernité de l’œuvre. Orlinski travaille finalement sur les peurs archaïques qui concernent notre animalité.

Rédigée par JACQUET Charline, le 23 Avril 2022.

Et si Newton avait tout faux…

Eh oui, aujourd’hui on va s’attaquer à du lourd. A du très très lourd même. On va parler de pierres qui défient la gravité et de personnes qui en font des œuvres d’arts hors du temps…

Empiler des cailloux, c’est pour ainsi dire, le péché mignon de l’Homme depuis tout temps. Cela a commencé avec la construction de dolmens, tel Stonehenge, et continue de perdurer avec la construction de cairns par quelques randonneurs audacieux aux bords des sentiers de montagne.

Ci-dessus, deux œuvres de l’artiste Michael Grab.

Cependant, certains en ont fait une passion;
à tel point qu’ils ont poussé le niveau à l’extrême, jusqu’à allant défier la gravité. C’est ce que l’on appelle plus communément le « stone balancing » ou le « rock balance », en bref : l’équilibre des pierres.

 

Ci-dessus, une œuvre de l’artiste Adrian Gray à Singapour en 2012.

C’est une pratique encore assez méconnue mais qui commence lentement à se démocratiser à travers les paysages montagneux et aquatiques des quatre coins du monde. Une des premières personnes à avoir pratiqué cette discipline est Adrian Gray, un artiste américain, se qualifiant lui-même de « pionnier de l’art du stone balancing« . L’artiste a en effet commencé sa carrière en créant des œuvres éphémères aux alentours de l’année 2002.

De plus en plus d’adeptes veulent s’y essayer et pour cela rien de plus simple : un beau paysage, des pierres astucieusement choisies et une infinie patience. Beaucoup y voit un aspect philosophique et spirituel. Le fait d’empiler des éléments aussi simplistes que des pierres en luttant contre la gravité pour ne pas que tout s’effondre peut aider au bien-être de certaines personnes appréciant cela.

Ci-contre, une photo de l’US National Park Service alertant sur les dangers de cette pratique.

Mais cette pratique, se rependant de plus en plus dans le domaine de l’amateurisme, a un côté double-tranchant. En-effet, certaines personnes mal intentionnées effectuent cette pratique de manière répétée, ce qui a pour conséquences la destruction d’abris d’animaux sauvages et la déformation du paysage naturel.

Ci-dessus, une œuvre de l’artiste Sp Ranza.

Il existe néanmoins un championnat mondial  au Texas réservé aux professionnels qui impose aux participants d’ériger leurs œuvres dans un endroit naturel n’interférant pas ou très peu sur la faune et la flore locale. L’usage de colles ou de matériaux adhésifs est totalement proscrit, seule la « gravity glue » (la gravité dite collante) est autorisée. Le champion d’Europe de ce concours n’est autre qu’un artiste français se présentant sous le pseudonyme de Sp Ranza.

Et vous? Ne vous laisseriez-vous pas tenté par le stone balancing dans un environnement calme, propice à cette activité en luttant avec ferveurs contre la gravité que nous a démontré Newton…?

Mes sources:
https://parismatch.be/actualites/environnement/164408/pourquoi-le-stone-stacking-est-mauvais-pour-lenvironnement
https://www.stonebalancing.com/about-my-art/
– https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/restauration-hotellerie-sports-loisirs/le-stone-balancing-ou-l-art-de-faire-tenir-des-pierres-en-equilibre_3620819.html
– https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quilibre_de_pierres
– https://thereaderwiki.com/en/Adrian_Gray_(artist)

Arthur WEGBECHER – DNMADE 14 – Janvier 2022

Récupération animiste

L’art sculptural est fascinant par sa capacité d’évocation à travers le modelage de la matière et c’est d’autant plus vrai avec le travail de la sculptrice japonaise Sayaka Ganz.

Née à Yokohama, l’artiste a grandi au Japon mais aussi au Brésil ainsi qu’à Hong Kong. Détentrice d’une maîtrise en études 3D orientées sur la sculpture ainsi que d’un baccalauréat en gravure, elle étudia également le théâtre et l’art dramatique expliquant sa polyvalence ayant à son actif en plus des sculptures, des gravures ainsi que des chants.

Emergence II – 2013 (183cm x 213cm x 213cm) Objets plastiques de récupération, aluminium peint et armature en acier, fil, serre-câbles

Les travaux de la sculptrice ont cette particularité de représenter des animaux en mouvement par l’assemblage d’objets plastiques vivement colorés ou de pièces métalliques récupérées.

L’artiste adore traiter d’un nouveau sujet et s’amuse à créer, qualifiant l’activité à la fois de magnifique et d’excitant. D’abord, elle trie les objets, par couleurs ou encore par matières. Le plastique apparaît alors comme sa matière de prédilection en raison de la variété des formes curvilignes et des couleurs disponibles. Une fois son sujet animalier choisi, elle cherche à réunir autant de sources d’inspirations possible comme la photo, internet et les livres. Elle précise s’appuyer davantage sur des représentations que des descriptions précises. Elle recherche ainsi moins la reproduction conforme de l’animal que ce qu’il évoque dans ses traits caractéristiques. Elle s’intéresse notamment à son squelette afin de le représenter le plus fidèlement possible dans la structure/armature de l’œuvre. Vient ensuite l’étape préféré de Sayaka Ganz où elle donne matière à sa sculpture ;

 « Ce processus est comme un puzzle pour moi. Je m’assure que tous les objets sont correctement alignés pour maximiser l’effet du mouvement, et j’ajoute, recule, ajoute un autre, recule, enlève un morceau, et je continue jusqu’à ce que le morceau semble complètement formé mais pas trop dense. » Sayaka Ganz

Ainsi, Ganz assimile chaque objet à un coup de pinceau, car à l’instar de ceux appartenant à un tableau impressionniste, il semble apparaître une unité dans l’œuvre qui se diffracte à mesure que l’on s’en rapproche. Elle décrit ainsi son style comme « l’impressionnisme 3D », créant une illusion de forme en utilisant des objets comme des coups de pinceau qui deviennent visibles lorsqu’ils sont observés de près.

Nanami – 2017 (152cm x 488cm x 183cm) Objets en plastique de récupération, armature en aluminium peint, fil, serre-câbles

Il se dégage de ses œuvres animalières, une impression de mouvement, comme si des esprits habitaient les sculptures et s’y seraient trouvés figés, pris sur le vif. Il s’agit d’ailleurs de l’effet voulu car représentatif de la vision de l’artiste qui a grandi avec la croyance animiste shintoïste selon laquelle toutes les choses dans le monde ont un esprit.

C’est ainsi que, peinée à la vue des objets délaissés dans la rue, au rebut ou dans les centres de récupérations, elle entreprit de leur donner une nouvelle vie à travers ses créations.

Se faisant, Ganz a pour objectif de transmettre son aspiration au public qui consiste à réintroduire l’importance du monde naturel dans la vie des gens et ce particulièrement dans les zones urbaines. Elle cherche à déclencher par ses œuvres des réactions similaires que l’on pourrait éprouver en contemplant la nature. Montrant la beauté que peuvent prendre les objets banals considérés comme des déchets, elle espère alors provoquer un réexamen de notre rapport au monde car souvent, lorsqu’on on trouve de la beauté dans un objet, on l’apprécie et veille d’avantage à son entretien pour le faire durer. En dernier recours, on cherchera à correctement le faire récupérer ou recycler. De cette manière Ganz, défend la nécessité de changer la valeur que l’on accorde à ce qui nous entoure pour sauvegarder un environnement bien trop souvent malmené par la surconsommation conduisant à la pollution et donc à sa dégradation.

« Mon travail consiste à percevoir l’harmonie, même dans des situations qui semblent chaotiques de l’intérieur. En observant mes sculptures de près, on peut voir des lacunes, des trous et des objets retenus uniquement par de petits points ; éloignez-vous, cependant, et les sculptures révèlent l’harmonie créée lorsque les objets sont alignés dans la même direction générale. De même, il est important de prendre du recul en prenant du recul par rapport aux problèmes actuels et d’avoir une vue d’ensemble. On peut alors percevoir la beauté et les motifs qui existent. » Sayaka Ganz

Stream – 2015 (36 cm x 46 cm) – collagraphe

Un message que je trouve touchant et qui ne manque pas de beauté autant dans le fond que dans la forme à travers ses œuvres. C’est pourquoi, je vous invite à visiter son site où vous aurez l’occasion d’effectuer une visite virtuelle de son exposition : «Reclaimed Creations». Elle regroupe bon nombre de ses sculptures et collagraphes, des gravures basées sur le collage.  

Solveig DUBOIS – DNMADe1HO – Février 2022

Des propriétés de l’or

Comment l’or, matériau, qui depuis des générations attise les convoitises, fait rêver pour sa brillance et ses propriétés, est-il toujours d’actualité dans le monde l’art ?

Ces principales propriétés sont la beauté, le pouvoir et la richesse. Ce métal a l’avantage d’être malléable, résistant et quasi inaltérable. Malgré sa rareté, les artisans l’utilisent depuis toujours.

Un objet ou matériaux précieux se définit par sa valeur monétaire en ce qui concerne notre sujet le coût de l’or sur le marché des échanges. Aujourd’hui, le cours de l’or au kilo est a 52,690 euros : celui-ci varie constamment, il est en perpétuelle évolution. Il se définit également par sa valeur sentimentale au travers de bijoux de famille qui seraient transmis de génération en génération.  Enfin sa valeur morale, c’est-à-dire un objet précieux qui peut être une référence symbolique, religieuse ou autres, avec des qualités prédéfinies.

L’or jalonne notre histoire depuis des millénaires. La meilleure illustration est l’utilisation de l’or pour représenter le divin. Il donne de l’éclat à la peinture religieuse, tels que les icônes, un très bel exemple le tableau : « la vierge allaitant entourée des saints » de Maître Santa Barbara. L’utilisation de l’or dans ces œuvres divinise les personnages.

La vierge allaitant entourée de plusieurs saints – Maître de Santa Barbara a Matera

L’or fait également rêver l’humanité, notamment avec la ruée ver l’or dans les années 1800. Ces 8 années d’engouement ont beaucoup inspiré la culture particulièrement en littérature avec Mark Twain ou au cinéma dans des westerns tel que « La piste des géants » (1930) de Raoul Walsh.

Par les différentes monnaies d’échanges ayant existé, le matériau précieux a aussi parcouru notre histoire. Les premières pièces d’or ont été frappées sous l’ordre Crésus de Lydie en l’an 560 avant Jésus Christ. Encore aujourd’hui nous utilisons l’or comme monnaie d’échange à moindre échelle car c’est une ressource épuisable et très convoitée dans d’autres domaines.

Aujourd’hui il est vrai que l’or est majoritairement exploité par les orfèvres et les artisans joailliers ayant des savoirs faire ancestraux. Dans la joaillerie l’or est utilisé pour sa durabilité. Il est inoxydable, brillant, malléable : c’est le métal favori des bijoutiers depuis des millénaires. Grâce à la malléabilité, l’or peut être mis en forme de deux façons : à chaud en le faisant fondre et coulé dans un moule à la cire perdue ou à froid, avec la technique du martelage ou du repoussage. Un exemple de Van Clef and Arpels, la célèbre maison de haute joaillerie, le duo de clips Roméo et Juliette, deux figurines réalisées avec la technique de la cire perdue et par la suite sertie de pierres.

Le duo de clips Roméo et Juliette – Van Cleef and Arpels

Il faut savoir que plus de la moitié de l’or extrait est utilisé par la bijouterie.

L’or est rarement utilisé brut il est souvent mêlé à des métaux comme le cuivre, l’argent ou le platine. Ces alliages permettent d’accroître sa solidité et donc sa durabilité. Grâce à sa principale qualité, la malléabilité, il est aussi particulièrement exploité par les doreurs. En effet, l’or peut s’étaler pour créer une feuille d’un micron d’épaisseur. A petite échelle, les ébénistes ainsi que les restaurateurs d’œuvres d’art utilisent cette technique. Par exemple l’ébéniste du roi soleil, André Charle Boulle réalisa de nombreuses pièces dorées comme la commode pour le Grand Trianon de Versailles.

Commode – Grand Trianon de Versailles – André Charles Boulle

A plus grande échelle, la feuille est aussi utilisée pour recouvrir certaines surfaces de bâtiment car l’or à une propriété anticorrosive. A Paris, la Cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité a été récemment construite avec cinq dômes recouvert d’or mat, obtenu grâce à un alliage d’or et de palladium.

Cathédrale orthodoxe de la Sainte Trinité – Paris

La technique du kinsugi, une méthode japonaise apparue à la fin du 15 siècle inclus également l’or. Elle a pour but de valoriser la restauration de porcelaines ou de céramique fissurées ou cassées avec de la poudre d’or. L’or vient recouvrir la colle et ainsi revaloriser l’objet cassé. Cette technique le rend unique et précieux.

N’importe quel objet devient précieux lorsqu’il est doré ou associé avec de l’or. Prenons l’exemple du pot doré de jean pierre Raynaud à Beaubourg, ce simple contenant a été érigé en œuvre d’art parce qu’il a était doré et mis en scène pour une grande maison de luxe, Cartier.

Pot doré  – JR Raynaud

Yves Klein symbolise également l’or avec sa valeur monétaire grâce a sa série de tableaux les Monogolds et plus particulièrement « Le silence est d’or » en 1960. Il dévoile la préciosité de l’or par 2 façons, d’une part par sa brillance comme un soleil pétrifié et d’autre part du fait qu’il est éternel car Yves

Klein a dit « il imprègne le tableau et lui donne vie éternelle » l’or est également éternel en tant que monnaie d’échanges. Un tableau recouvert de feuilles d’or plaquées sur un bois lisse  et d’autre positionnées en relief par-dessus représentant de la monnaie.

le silence est d’or  – 1960 – Yves Klein

Pour conclure, l’or est précieux grâce à sa valeur marchande, à ses propriétés physiques uniques comme sa malléabilité et son côté anti corrosif, son esthétique séduisante, sa préciosité et son universalité. En revanche, l’or est une ressource épuisable et nous avons déjà utilisé plus de la moitié des ressources terrestres. C’est pourquoi aujourd’hui nous nous demandons, si nous pouvons nous contenter de l’or déjà extrait ou s’il faut penser à une nouvelle façon d’utiliser l’or ou créer un or de substitution ?

Mathilde P. – DNMADE1JO – Février 2022

Un florilège étonnant !

Vous allez voir la botanique dans des états que vous ne lui soupçonneriez pas !
Et on a de quoi envier les voyages de Shiki, je vous le dis.

De quoi je parle ? Des incroyables œuvres expérimentales de Makoto Azuma.

Il explore le cycle de vie des fleurs, de la plantation à la décomposition. Il les déracine et les place dans des univers qui leur sont normalement inconnus, et c’est justement ce qui va donner lieu à des mélanges improbables.
Ses sculptures invitent le spectateur à prendre conscience de l’impermanence de tout ce qui nous entoure, ainsi que de prendre plaisir à profiter de ce que la nature peut nous offrir durant l’instant présent.

Ses créations expérimentales prennent des formes étonnantes : des compositions florales (appelé l’art de l’ikebana en japonais) prises dans la glace, dérivant sur l’océan, plongées à 2000 mètres sous l’eau ou encore envoyées dans l’espace. (pour ça il a de quoi se jeter des fleurs, l’artiste).

Vous comprendrez donc qu’à l’heure actuelle on ne trouve que des traces photographiques de ces œuvres pour cause de non pérennité. Si vous souhaitez les voir (ou du moins ce qu’il en reste) elles n’y seront disponibles que sur la terre ferme, pendant des expositions, dans des musées ou bien des galeries d’art.

Photographies par Shiinoki Shunsuke :

« Block Flowers », une série d’herbiers contemporains.

Cette œuvre regroupe des fleurs lyophilisées puis encapsulées dans des blocs de résine acrylique. L’artiste crée alors un recueil documentaire plus vrai que nature.

Les plantes utilisées sont choisies à leur stade de croissance où elles sont au maximum de leur magnificence. Makoto choisit ses végétaux de manière intuitive, qu’il cueille lui-même ou se fournit chez des marchands japonais traditionnels.

Privés d’air, les végétaux resteront intacts et garderont toutes leurs caractéristiques d’état vivant.

L’artiste parvient ainsi à braver l’inéluctable, à prolonger l’éphémère et par ce fait, à figer la beauté d’une fleur. En fin de compte ce n’est pas ce dont on rêverait, d’avoir un bouquet de fleurs impérissable à porteée de main ?

 

« Iced Flowers »

Ici l’artiste a immergé les plantes dans des blocs de glace. Il associe alors la beauté de la flore à la rigidité et la froideur d’un bloc de glace.

Les parois cristallines qui entourent le végétal mettent en avant ses couleurs et ses formes, lui redonnant une seconde vie. Makoto s’amuse désormais à capturer la vie, le temps, en nous permettant de contempler l’immobilité de ces compositions végétales devenues véritables oeuvres d’art.

La composition mi-glacée mi-végétale donne à voir une sculpture délicate et sensible, sublimant la nature.

« Exobiotanica » ou l’ikebana qui atteint des sommets, et prenez-le au mot.

Ce projet-ci illustre le voyage d’un bonsaï du nom de « Shiki » qui fait le tour de la Terre (et bien plus) pendant presque 10 ans, retranscrit sous une centaine d’images insolites.

Tout en liant art et technologie, l’artiste pousse la tradition ikebana au-delà de ses limites habituelles, en faisant voyager des plantes dans des environnements extrêmes qu’elles n’habiteraient pas naturellement. Ici sur cette photo, il fait flotter Shiki dans la stratosphère.

« Dans le cadre carré, qui est une restriction mise en place par l’homme (une limite), l’infinité de la nature (illimitée) est contenue – il y a une certaine « friction » qui se produit ici »,  a dit Makoto.

En tout cas, personnellement, ça me donne envie de voir l’évolution de ses oeuvres expérimentales, car ça ne manque pas d’originalité !

Aloès CHARLES-MOREAU – DNMADe23JO – Décembre 2021

TIMALLE

François Piquet, est né à Paris. Actuellement, il vit et travaille en Guadeloupe. Il est ingénieur et designer multimédia, ayant débuté sa pratique dans cette île. Depuis, il fait le serment d’expérimenter la «créolisation», d’Edouard Glissant dans une création contemporaine protéiforme.

« Timalle »: jeu d’écriture sur la locution créole » Timal « (litt. Petit mâle), qui signifie «garçon», et est une manière très souvent affectueuse d’interpeller un homme ou un jeune homme.
Timalle (litt.  » petite malle « ) est un rappel du statut de «biens mobiliers» défini pour les esclaves par le «Code noir».                       

C’est une sculpture dont la chair est composée des formulaires de demande de réparation froissés. Ce corps en papier est résiné, teint en rouge comme un écorché vif. Mettant en scène ce petit personnage subissant une véritable métamorphose à l’issue de tortures jusqu’au point de mettre sa chair sanguinolente à nue. Les personnages sont assis dans une position de mal-être, mains au sol dans le dos , jambes repliées et tête levée. Les sculptures sont cerclées de lames de fer rouillés, enserrés, compressés, servant autrefois aux cerclages de tonneaux de rhum récupérés sur l’ancienne usine de Darboussier. Timalle est réduit à l’immobilité, seul son regard et sa bouche grande ouverte, peuvent exprimer sa souffrance atroce.

Cette œuvre représente un cheminement du processus esclavagiste. Faisant écho avec le passé et le présent vis-à-vis des déportations des/vers Caraïbes.

En somme, Timalle est une sculpture plus qu’une œuvre pour son créateur. Lui permettant de comprendre, de ressentir les atrocités qu’ont pu vivre et subir les esclaves. En partageant leurs émotions, leurs sueur et le sang coulé.

                                                               XAVIR Raphaëlito DNMADE 2 – Oct21

Le Chat de Geluck en exposition sur les Champs-Elysées

Une avenue complète à Paris remplie de 20 chats géants, vous y croyez ?

Sur « la plus belle avenue du monde », l’installation de Philippe Geluck intitulée « Le Chat déambule » a été inaugurée ce 26 mars après avoir été reportée lors du premier confinement. Elle met en scène le personnage caractéristique de l’artiste par des sculptures en bronze de 2m de haut alignées tous les 20 mètres, entre la Place de la Concorde et le Théâtre Marigny. De quoi mener tranquillement une promenade bien sympathique ou bien, une façon tacite et ludique de faire respecter la distanciation…

 

Réputé pour aborder les sujets les plus grinçants avec beaucoup de singularité, l’artiste reste fidèle à son humour, en affichant des sculptures humoristiques, engagées et poétiques, comme dans ses albums.

 

Sérigraphie Le Chat par Geluck – Perdre quelque chose – Brüsel

Les musées étant fermés, les salles de spectacles, les cinémas, cette exposition en plein air ravit le public. Un art qui donne espoir à relancer la culture, à concevoir l’art et la manière de le rencontrer, d’une manière différente, et une accessibilité moins ciblée… Une initiative de l’artiste belge fortement appréciée des passants qui y retrouvent là une « bouffée d’oxygène ».

  

Le Chat de Philippe Geluck à l'assaut des Champs-Élysées à Paris

Après Paris, les 20 sculptures seront exposées à Bordeaux, Caen, puis dans une dizaine de villes françaises et européennes. Les chats rentreront finalement à Bruxelles, pour l’inauguration du Musée du Chat et du dessin d’humour, prévu pour 2024.

En espérant retrouver de plus en plus d’initiatives artistiques envahir et décorer nos espaces…

JACQUOT Louison – DN MADE 1 – Avril 2021

Une Diva pas comme les autres

                             Juliana Notari

Le 31 décembre 2020, l’artiste plasticienne brésilienne Juliana Notari publie sur une page internet des images de son dernier chef œuvre de Land Art qui s’intitule Diva qui suscite la colère de l’extrême droite du pays. Son arrivée est intervenue juste un jour après que le président du pays, Jair Bolsonaro, ait déclaré qu’il ne légaliserait jamais l’avortement au Brésil.

                                    Diva

L’œuvre nommée « Diva » représente une sculpture de 33 mètres de long représentant, dans divers tons de rouge tels des coulures sanguines, une vulve XXL qui a été installée sur une montagne du Brésil. L’œuvre est aussi forte qu’ambiguë : si l’œuvre représente une coupure à vif dans la peau aux contours ensanglantés, difficile de ne pas y reconnaître l’anatomie de la femme. L’artiste cherche alors à promouvoir le débat sur les questions de genre dans le pays sud-américain. Et plus précisément « questionner la relation entre nature et  culture dans notre société occidentale phallocentrique et anthropocentrique » comme le dit l’artiste. Et donc aborder les problématiques liées au genre en adoptant une perspective féminine et féministe.

                    Construction

Pour vous mettre dans le contexte de réalisation, cette réalisation est composée d’une excavation de 6 mètres de profondeur recouverte de béton et de résine, 16 mètres de largeur, celle-ci a nécessité le travail de plus de vingt personnes pendant près de 11 mois et une résidence artistique en collaboration avec le musée d’art moderne Aloisio Magalhães et l’Usina de Arte de Recife. Un projet ayant aussi pour but la réhabilitation d’une ancienne usine à sucre à des fins artistiques.

 

Diva a pour objectif de réaffirmer la place et la puissance féministe dans un pays où les droits de la communauté LGBTQI+ (LGBT est un sigle utilisé pour désigner l’ensemble des personnes non strictement hétérosexuelles et cisgenre, en regroupant les lesbiennes (d’où le L), les gays (G), les bisexuel·les (B) et les trans (T), les personnes se définissant comme queer (Q) et celles qui sont intersexuées (I), des femmes et des personnes s’identifiant comme femme sont souvent menacés. Placer une vulve sur la terre est aussi une façon, pour elle de créer un lien entre « la naissance, d’où vient la vie » et là où nous retournerons « après la mort, à la nature ».

« L’art n’est pas isolé de la société, l’art reflète la société »

Certaines personnes comme Shaista Aziz, responsable des médias et de la communication chez Solace Women’s Aid, déclare :  « J’aime tout dans la sculpture de Juliana Notari, « Diva », et cette histoire. Cela témoigne de la misogynie et de la fragilité absolue de l’extrême droite mondiale et de tous les extrémistes obsédés par la restriction des droits humains, politiques, sexuels et économiques des femmes ». 

C’est donc pour cela que Juliana Notari, a voulu percer les tabous sexuels, qui ne devraient pas en être. Cette œuvre a donc pour but de créer un symbole d’espoir pour l’avenir, un avenir où tout sera meilleur donc rendre hommage à la fois à la Terre Mère, mais aussi faire de son œuvre un symbole féministe et un geste politique. 

Je vous invite à découvrir d’autres œuvres de cette artiste, qui sont également très intéressantes sur son site internet dont l’adresse se trouve ci-dessous :

https://www.juliananotari.com/en/dra-diva-2/ 

Et vous qu’en pensez vous de cette sculpture géante ?                                                      Faites le moi savoir en commentaire !

Merci pour votre lecture !

       Cora Cesar – DNMADE1Jo – Février 2021

L’œuvre d’une vie

« Que faire en marchant perpétuellement dans le même décor, à moins que l’on ne songe. Pour distraire mes pensées, je construisais en rêve, un palais féerique… »

     33 ans d’épreuves, 10 000 journées, 93 000 heures de travail 

Ferdinand Cheval, facteur rural de Hauterives dans la Drôme, commence son œuvre en avril 1879, à l’âge de 43 ans.

Lors de sa tournée quotidienne, il butte sur une pierre si bizarre qu’elle réveille, en lui, un rêve. Il se fait la réflexion que si la nature peut « faire de la sculpture », il pourrait lui-même devenir architecte.

Véritable autodidacte, il consacre 33 ans de sa vie à bâtir seul un Palais de rêve dans son potager. Il s’inspire de la nature, des cartes postales et des premiers magazines illustrés qu’il distribue.

Chaque jour, en pleine campagne, il parcoure une trentaine de kilomètres durant lesquels il ramasse des pierres avec sa brouette. De retour à son domicile, il travaille de nuit à la lueur d’une lampe à pétrole. En solitaire, incompris et considéré comme excentrique et fou, il inscrit sur son monument « Travail d’un seul homme ». Son palais de rêve est achevé en 1912.  

Au cœur d’un jardin luxuriant, le monument mesure 12 mètres de haut et 26 de long. Les pièces ont été construites avec les pierres ramassées sur son chemin, des armatures en métal, de la chaux, du mortier et du ciment.

Le Facteur cheval a imaginé un palais inhabitable, peuplé d’un incroyable bestiaire : pieuvre, biche, caïman, éléphant, pélican, ours, oiseaux… Mais aussi des géants, des fées, des personnages mythologiques, des cascades, des architectures de tous les continents… Un monde fantastique bâti grâce à l’imagination d’un seul homme.

Unique au monde, le Palais idéal a inspiré les artistes durant plus d’un siècle. Construit sans aucune règle d’architecture, il a fait l’admiration des surréalistes. Il a été classé en 1969, Monument Historique par André Malraux, alors Ministre de la Culture, au titre de l’art naïf.

« J’ai bâti ce palais des milles et une nuit, où j’ai gravé mon souvenir »

 

Le palais comporte quatre façades :

La façade Est, où il a passé 20 ans de sa vie, se nomme « le temple de la nature ».

« La grotte où il y a trois géants c’est un peu de l’égyptien, en dessous on voit deux momies que j’ai façonnées et sculptées. Ces trois géants supportent la Tour de Barbarie où dans un oasis croissent les figuiers, les cactus, des palmiers, des aloès, des oliviers gardés par la loutre et le guépard. À la source de la vie j’ai puisé mon génie »

Les formes de la façade ouest sont moins organiques. On y trouve une mosquée, un temple hindou, un chalet suisse, la maison carrée d’Alger et un château du Moyen Age. On accède à une galerie de 20 mètres et une terrasse de 23 mètres de long grâce à des escaliers.

 

La façade nord est composée de toutes sortes d’animaux. Tandis que la façade sud est très dégagée et ouverte grâce à son balcon et sa terrasse, qui était destiné à stocker les pierres ramassées.

 

 

Le Facteur Cheval a inscrit plus de 150 textes poétiques sur l’ensemble du palais :

« En cherchant j’ai trouvé, 40 ans j’ai pioché, pour faire jaillir de terre ce palais de fées. Pour mon idée mon corps a tout bravé, le temps, la critique, les années. »

La Vila Alicius, a également été bâtie par le facteur Cheval, en l’hommage à sa fille Alicia décédée en 1894. Elle se situe à côté du palais, ce qui lui a permis de travailler tout en étant proche de sa famille.

 

 

 

N’ayant pas l’autorisation d’être inhumé dans son palais, il met 8 ans supplémentaires à construire de la même manière sa tombe, nommé « le tombeau du silence et du repos sans fin », au cimetière de Hauterives.

Son travail remarquable m’a impressionné lorsque j’ai visité le palais. Le nombre de détails est inimaginable et le fait de pouvoir circuler à l’intérieur est d’autant plus surréaliste. 33 ans dans une vie, ce n’est pas rien ! C’est incroyable de se dire qu’il est la création d’un seul homme. On ne peut que s’incliner devant l’immensité de ce monument. C’est un véritable chef d’œuvre !

« C’est de l’Art, c’est du rêve, c’est de l’énergie »

Si cet article vous a intéressé, je vous conseille le film biographique de Nils Tavernier, réalisé en 2018. Vous y découvrirez le travail acharné d’un personnage touchant qui a dédié sa vie à son œuvre et à sa famille.

 

Alizée Couton-Badina, Dnmade 1 Bij, février 2021

Croire au bonheur de demain ?

Qu’est ce qui nous bloque aujourd’hui pour être heureux ?

La peur du lendemain, de l’inconnu, du changement. Profiter de l’instant présent serait une solution pour calmer nos angoisses futures, mais ne pouvons-nous pas tout simplement être émerveillé devant notre monde qui se transforme au lieu d’être apeuré ? Évidemment beaucoup plus simple à dire qu’à faire puisque nous sommes agglomérés comme des moutons xénophobes de notre propre futur !

Je vous laisse y réfléchir en vous présentant le travail de l’artiste Patricia Piccinini, en effet elle a su bouleverser nos codes et modifier nos idéaux à travers ses œuvres surréalistes et hybrides. L’artiste réussit à donner vie à ses œuvres et créer une relation entre l’œuvre et le spectateur. Ses objets semblent réels et vivants grâce à leurs cotés hyperréalistes composés de silicone, de matériaux plastiques ou organiques (poils d’humains ou d’animaux) mais c’est également grâce à leur mise en scène que ses créatures prennent vie. Ce monde alternatif dans lequel elle nous immisce est au-delà du monde réel dans lequel nous vivons. Créatures étranges mais familières à la fois, elles sont un moyen d’appréhender le futur de manière exagérée et humoristique.

L’artiste aime l’humour, l’émotion et l’étrangeté c’est pourquoi elle nous partage ce monde nouveau dans lequel l’animal, la plante, la machine et l’homme s’unissent, se mélangent et s’entremêlent, où rien ne reste à sa place. La nature et la technologie ne font alors plus qu’un. Ses sculptures nous permettent d’observer des êtres différents, humanoïdes, qui nous interrogent sur la frontière entre l’homme et l’animal. Nous devons alors nous demander si nous pouvons vraiment continuer à croire aux obstacles qui nous séparent de ce monde-là.

Créatures imaginées à la limite du possible, elles ne rentrent pas dans nos codes de beauté, mais l’artiste les a toutes rendues bienveillantes. Le but de l’artiste est que chaque créature doit être vue par le spectateur au-delà de son aspect physique afin de passer cette barrière. Permettant ainsi au spectateur de changer, de passer outre le coté rebutant et de s’adapter à leur étrangeté, et donc tolérer plus que la norme sociétale. Les créatures font littéralement appel à l’empathie du public. L’artiste nous pousse à nous interroger sur notre rapport à l’altérité et notre difficulté à accepter l’étrangeté. La recherche nous démontre alors que les émotions s’apprennent et que les choses qui sont hors normes ne sont pas forcément mauvaises.

J’ai sélectionné pour vous quelques-unes de ces œuvres, on retrouve « nouveau-né » de 2010 qui représente l’être humanoïde réinventé, composé de fibres de verre, de cheveux humains, et de peau d’opossum sauvage de Nouvelle-Zélande. L’artiste à travers cette œuvre nous interroge sur le concept de « normalité » de la médecine et son éthique. Puisque ce nouveau-né est génétiquement modifié.

« The long awaited » de 2008 représente un enfant et une créature hybride faite de silicone, de fibres de
verre, et de cheveux humains. Sur un banc les deux êtres sont enlacés, message très fort de l’artiste qui mise sur le côté vulnérable de l’enfant pour amadouer le spectateur.

Inspirée de contes, de surréalisme et de la science, l’artiste arrive à nous perturber profondément et nous met mal à l’aise sur notre manière d’entrevoir les choses en nous imposant une nouvelle vision d’un futur pas si improbable que ça. Elle nous montre comment il pourrait être, que ce soit de la façon dont nous voulons que le monde soit, ou comment nous craignons qu’il ne finisse, en mélangeant le beau et le bon. C’est une sorte d’avenir dans lequel des mutations vivent en paix avec les humains. On ne sait pas si face à leur regard, il faut se jeter dans un élan de tendresse ou une crise d’effroi.

Elle nous apprend à évoluer avec notre temps sans crainte à travers ses œuvres remplies d’humour et de bienveillance. Alors si vous êtes plutôt optimiste, en quête d’humour et de nature plutôt curieux, je vous invite vivement à aller voir son site voici le lien « PATRICIA PICCININI » (je vous assure que certaines vous feront rire).

Car rire de tout, est pour moi, l’une des meilleures manières d’être heureux. Alors arrêtons de croire que l’homme n’a pas d’avenir, que l’homme n’évoluera pas positivement. La clé du bonheur c’est d’être heureux d’être à demain, c’est d’être heureux que le temps passe sans avoir peur de ce qui va arriver, c’est exister aujourd’hui et demain de la même manière. Soyons optimiste envers le futur. Si celui-ci vous fait peur, rien de mieux de prendre les choses de manière ironique cela vous permettra de vivre pleinement votre vie.

Juliette Girardot – DNMADe2 Jo – Février 2021

Un maître de l’illusion architecturale

Alex Chinneck, né en 1984, est un sculpteur britannique connu pour la création d’œuvres d’art publiques temporaires (la plupart sont présentes dans le Grand Londres), il s’est notamment spécialisé dans des installations revisitant des bâtiments urbains.

A 16 ans il commence à s’intéresser à l’art et décide d’étudier au Chelsea College of Arts, ou il obtient un baccalauréat d’arts. Peu de temps après l’université, il a reçu un prix Gilbert Bayes de la Royal Society of Sculptors pour l’aider dans sa transition vers la pratique professionnelle.

L’une de ces premières œuvres est « From the Knees of my Nose to the Belly of my Toes » (2013) à Margate. Chinneck donne l’illusion que toute la façade d’une maison avait glissée dans le jardin.

« Take my Lightning but Don’t Steal my Thunder » (2014), un bâtiment situé à Covent Garden conçu pour donner l’impression qu’il flottait dans les airs.

https://www.youtube.com/watch?v=jKD9t3AQ1ik

Une autre œuvre assez bluffante « Pick Yourself Up et Pull Yourself Together » (2015), réalisé dans le parking de Southbank Center. Il met en scène une route qui se replie sur elle-même et où une Vauxhall Corsa roule la tête à l’envers.

« Growing up gets me down » (2018), l’artiste met en forme un cabinet de pendule en bois en réalisant un nœud. De ces dires « Le processus technique était assez complexe du fait que le bois ne devrait tout simplement pas se plier de cette façon ». L’échelle est différente de ces autres œuvres majeures, mais le résultat est tout aussi surréaliste.

A travers son travail, Alex Chinneck a pour ambition de transformer des immeubles et structures du quotidien en œuvre d’art. Il a déclaré : “Je conçois des œuvres d’art ludiques pour que tout le monde puisse les vivre et les apprécier. Je veux transformer le quotidien en extraordinaire.”

Pour les plus curieux, je vous mets le lien de son site web : https://www.alexchinneck.com/

Thomas Maréchal – DN MADe 2 Ho Décembre 2020

F*ck race !!!

–    FUCK RACE !!!    –

 

François PIQUET est un artiste français qui vit et travaille en Guadeloupe. Né en région parisienne, il obtient un diplôme d’ingénieur et un DESS en Design Industriel, avant de s’orienter vers le chant, la création musicale, le graphisme et le multimédia. Arrivé en Guadeloupe en 2000, il s’oriente professionnellement vers la vidéo et développe en parallèle sa production plastique, pour une première exposition de peintures en 2005.

 

 

Fuck Race est la première exposition virtuelle 3D en Guadeloupe, organisée par l’agence d’art contemporain Krystel Ann Art, curatrice spécialisée dans les arts de la Caraïbe. Surtout connu pour ses sculptures monumentales, François Piquet a choisi, cette fois, de s’exprimer à travers la technique du dessin. Dans cette série, le plasticien présente une trentaine d’œuvres originales, en couleur et en noir et blanc. Il y présente son interprétation ironique de notre société moderne et les racines  de la vision déformée du concept dit de la « race ».

FUCK RACE présente une série de dessins souvent impertinents et satyriques, prolongement de la réflexion menée suite à son immersion dans un pays où les questions de race sont des tremblements quotidiens. François Piquet questionne autant les discours que les silences de notre société sur des sujets aussi sensibles que l’esclavage, la colonisation, le racisme, la violence… Mais il interroge aussi les préjugés qui en résultent et les ambiguïtés auxquelles lui­-même n’échappe pas. Comment les traiter sans se mettre à la place de l’Autre ? Sans parler en son nom ? Sans dissoudre son propre regard dans les opinions et croyances qui peuplent nos imaginaires et débordent le réel ?

 

On est subjugué par la conceptualisation à la fois simple, artistique et humaniste et on est interpellé par les dessins à l’encre de Chine sur papier, fustigeant la suprématie de races. Piquet est un marteau qui démystifie la « blanchéité » et toute la propagande et les images véhiculées (vikings, personnages religieux, sexuels assoiffés de conquêtes). L’exposition plaisante s’adresse à tous avec un foisonnement d’identités culturelles.

« Je revendique ma production artistique comme étant une expérience de créolisation, que je parcours le long des rhizomes culturels multiples et divers, qui agitent mes identités collectives et individuelles, qui éclairent et déplacent mes rapports au monde.
Notre espace­-temps est un puzzle sans solution dont les pièces ne s’emboîtent pas. Pour espérer échapper aux catastrophes, il nous faut façonner les utopies décoloniales à même d’élaborer de nouvelles formes de sociétés. Je travaille dans le Tout Monde à faire éclore des formes imprévues et directes, des passages pour la Rencontre, des ébauches du Monde­ qui­ vient dont la créolisation est inéluctable. Tout acte de création induit une transformation du monde. Je ne peux envisager l’art sans sa dimension politique, au sens large. Je suis donc intéresse􏰂 par un art qui fonctionne, qui crée du décalage, et qui s’adresse au plus grand nombre. Un art accessible, simple, populaire et humaniste. »

L’artiste vit et crée en Guadeloupe, ce « laboratoire du monde qui vient« . Il fait le pari d’expérimenter artistiquement la « créolisation » d’Edouard Glissant, à travers une création contemporaine populaire et protéiforme, pour replacer l’art dans ses fonctions utopiques et sociales, et mettre en place les conditions de la rencontre.
« Ma pratique artistique est née ici, sur le site de l’ancienne usine Darboussier, en 2007. Je produis un art modelé par le “Tout­Monde », la Guadeloupe et ses problématiques, qui sont mon quotidien. »

« Fuckrace est une série de dessins souvent impertinents et satyriques, qui jouent avec la déconstruction du racisme et notamment des mythes de la suprématie blanche. Après Équation décoloniale présentée en 2019 dans le Pavillon Guadeloupe de la 58e Biennale de Venise, c’est un autre aspect de la réflexion menée depuis un pays où les questions de race sont des tremblements quotidiens. Parce que la décolonisation ne sera pas unilatérale », explique l’artiste. « Il est facile de constater les limites sociales d’un art contemporain très porté sur l’élitisme et le luxe. J’ai choisi d’aller vers une forme plus populaire. »

Emma YVON-VIRAMIN – DNMADe1 Jo – Janvier 2021

Manger du regard

Nous connaissons tous une saveur gourmande qui nous a transporté durant notre enfance.

Mais si ! Vous le savez, ce petit gout sucré au moment du goûter, ce petit goût parfois amer quand il est un peu trop foncé ou encore ce petit gout lacté qui fond entre nos doigts…

Je vais donc vous parler de ce câlin sucré qui n’est autre que le chocolat.

En boisson, en tablettes, en confiseries, en barre, en poudre, ou encore en pâtes à tartiner le chocolat a su se diversifier à travers les années pour devenir aujourd’hui l’un des aliments préférés des français.

Provenant à la base d’un fruit appelé la cabosse, et qui pousse dans un arbre baptisé le cacaoyer, le chocolat est tout d’abord une petite fève blanche que l’on fait sécher puis torréfier pour ensuite la broyer et en faire une pâte ou une poudre qui donnera par la suite le chocolat.

Maintenant que vous avez l’eau à la bouche, laissez moi vous présenter une personne qui grâce à son talent remarquable et à son goût pour les belles choses a su marier parfaitement l’art et le goût.

Il s’agit de l’artiste chocolatier Patrick Roger.

Aussi reconnu qu’atypique ce sculpteur de chocolat a tout d’abord été sacré meilleur ouvrier de France en 2000.

En 2016 il a choisi de défendre une cause qui concerne les primates et leur extinction alarmante sur notre planète.

Il a d’ailleurs fait une exposition appelée « primate » qui représente d’énormes sculptures de chocolat en taille réelle de singes ( orang-outan, gorille et bien d’autres encore.)

Surnommé le « Rodin » du chocolat, Patrick Roger impose son audace et son originalité à travers une multitude de sculptures claires et obscures.

Cet orfèvre du chocolat joue avec les couleurs et les textures et présente ses œuvres telles des élégants colliers de perles dans une vitrine de joaillerie.

Suscitant le regard des passants, ces gigantesques primates plus vrais que nature subliment les vitrines de sa boutique parisienne comme des joyaux d’exception.

C’est une exposition à manger du regard, idéale pour les gourmands et amoureux du chocolat et de l’art réaliste.

Serez-vous donc capable de résister à ce profond désir de croquer à pleines dents dans ces créations aussi jolies que délicieuses ?

Si oui, je vous invite donc à aller découvrir la boutique gourmande et envoutante de Monsieur Roger au 3 place de la madeleine à Paris.

Justine Lehning 2DNMADE Jo – Oct 2020