Casser un urinoir… mais encore ?

Les musées, lieux de calme et de sérénité où l’art est mis à l’honneur. Néanmoins, ils sont parfois le théâtre de performances inattendues, malvenues même. Dégradations et vandalismes rythment la vie artistique depuis toujours. Le vandalisme est par définition un acte de destruction, il peut être motivé par des idées intolérantes et haineuses, néanmoins ces actes sont parfois revendiqués par certains vandales comme un acte politique, par d’autres comme une contribution artistique.

Andres Serrano posant à coté de son œuvre vandalisée

Outre les actes de pure contestation violente, comme l’attaque au couteau d’Immersion de Andres Serrano, jugée blasphématoire par des manifestants catholiques, on s’intéresse au vandalisme artistique. Celui-ci n’est-il pas plus qu’une agression, mais aussi un acte qui élève l’œuvre ou en crée une nouvelle ?

Foutain de Duchamp

Le cas du controversé ready-made de Duchamp, Fountain, est un exemple assez concret, en 1993 au Carré d’art de Nice, l’urinoir en porcelaine est attaqué. Pierre Pinoncelli l’homme ayant vandalisé l’œuvre se revendique porte-parole du dadaïsme :

« L’esprit dada c’est l’irrespect. »

Bien qu’il exprime une démarche créative son acte est sans aucun doute discutable. On peut considérer que cela suit la ligne directrice de sa carrière artistique composée de happenings, comme par exemple, une manif anti-pain ou bien une attaque au pistolet à peinture du ministre de la culture André Malraux.

Il explique :

« achever l’œuvre de Duchamp, en attente d’une réponse depuis plus de quatre-vingts ans […] un urinoir dans un musée doit forcément s’attendre à ce que quelqu’un urine dedans un jour. »

Ainsi Pinoncelli se revendique en plein dialogue avec l’artiste original, c’est un motif répétitif dans le vandalisme.

L’art n’est-il pas constamment en mouvement ? Ainsi peut-on réellement condamner cette volonté de faire vivre l’œuvre en la faisant évoluer ?

La question se pose et pourtant le geste de Pinoncelli reste majoritairement condamné, cela à juste titre. Outre son beau discours les actes en disent plus que les mots : il urina dans la Fountain et l’ébrécha à l’aide d’un marteau, souillant et détruisant partiellement l’œuvre. Un dialogue avec M. Duchamp exigerait tout de même du respect pour ce dernier et pour son œuvre ? Non ?

Alors entre dialogue et dada on ne sait plus où donner de la tête.

« J’ai déposé un baiser. Une empreinte rouge est restée sur la toile. Je me suis reculée et j’ai trouvé que le tableau était encore plus beau… Vous savez, dans cette salle vouée aux dieux grecs, c’était comme si j’étais bercée, poussée par les dieux… Cette tache rouge sur l’écume blanche est le témoignage de cet instant ; du pouvoir de l’art. »

L’artiste Rindy Sam revendique un appel de la toile à l’embrasser, elle l’explique dans la citation ci-dessus. Ainsi cette dernière à laisser une trace de rouge à lèvre vermillon sur un monochrome de Cy Twombly. Contrairement à Duchamp, Cy Twombly étant toujours présent au moment des faits il a réagi à l’acte, et ce de façon plutôt négative.

Les œuvres vandalisées peuvent-elles devenir de nouvelles œuvres si l’artiste original ne cautionne pas l’acte ? Cela soulève une question plus large sur la propriété dans le monde de l’art, juridiquement le droit au respect de l’intégrité de l’œuvre permet aux artistes de contester des modifications de leurs œuvres, c’est pourquoi Rindy Sam fut poursuivi en justice. Pour Anish Kapoor, artiste Britannique ayant exposé dans la cour du château de Versailles, le vandalisme que son œuvre a engendré fait par contre partie intégrante de celle-ci. Dans une interview au Figaro il explique :

« Ce vandalisme aveugle prouve le pouvoir de l’art qui intrigue, dérange, fait bouger des limites. Si on avait voulu souligner sa portée symbolique, voilà qui est fait comme jamais auparavant. »

Dirty Corner à Versailles, lorsqu’elle n’était pas encore vraiment « dirty.

En vandalisant une œuvre d’art on admet son influence et son importance, si l’œuvre n’était pas sacralisée auparavant, le vandalisme s’en chargera. L’œuvre porteuse d’un message fort est utilisée pour propulser d’autres messages sur le devant de la scène, que ces derniers soient fondés sur une volonté de faire le bien ou non. Ainsi, Dirty Corner restera affublé d’inscriptions haineuses, comme un symbole de la force de l’art et de son impact, dénonçant au passage les travers humains et le racisme encore trop présent.

Cela nous invite à une interrogation, peut-on trouver du bon dans un acte qui a pour seul but de nuire ?

Merci de m’avoir lu !

Lucie Garcia DNMADEJO1 – Fev 2022

3, 2, 1, empaquetez !

C’est un succès mondial qu’a connu l’installation monumentale L’Arc de Triomphe empaqueté du duo Christo et Jeanne-Claude, un couple d’artistes contemporains rendu mondialement célèbres à la fois par le gigantisme de leurs réalisations et par leur caractère éphémère. Leur art consiste en l’« empaquetage » de lieux, de bâtiments, de monuments, de parcs et de paysages. Ils s’approprient un lieu ce que l’on appelle une œuvre in situ. Certaines de leurs œuvres pionnières se rapprochent du Land Art en raison de leur gigantisme ou plus généralement de leur réalisation hors des traditionnels sites : atelier, galerie, musée.

Pourquoi l’ « empaquetage » ?

Anaël Pigeat rappelle l’importance du terme précis d’ « empaquetage » pour Christo. Il ne s’agit pas d’emballage mais d’empaquetage car dans ce mot il y a l’idée du voyage, du déplacement. Quelque chose de fugitif et nomade.

Cet empaquetage est une manière de souligner le quotidien autrement. C’est une manière d’arrêter le regard, créer un temps suspendu. Christo commence cette réflexion en 1957 à partir d’un pot de peinture qu’il commence à empaqueter. Il a fait toutes sortes d’empaquetage de petits objets, il a empaqueté des meubles, des poussettes, un caddie de supermarché… puis un empaquetage à l’échelle de rue, comme le Mur de barils, le rideau de fer de la rue Visconti en 1968. Puis, son travail a pris l’échelle du paysage et des monuments. 

Ici, l’arc de triomphe fait l’objet d’un grand débat, leur dernière création a nécessité quelque 25 000 mètres carrés de tissu recyclable, 3 000 mètres de corde et plus d’un mois de travaux. Elle a coûté 14 millions d’euros, recueillis grâce à la vente des esquisses préparatoires. Un coût pharaonique qui en fâche plus d’un comme toujours… et nombreux sont les Parisiens qui se sont interrogés sur l’utilité d’une démarche dont l’esthétique fait débat. «Transformer l’Arc de Triomphe en poubelle géante le jour où Anne Hidalgo déclare sa candidature à l’élection présidentielle, tout un symbole», ironisait un twittos, sans doute en référence au hashtag #Saccageparis qui dénonce les problèmes de propreté de la capitale.

D’autres dénoncent une attaque en règle contre l’histoire de France, comparent cette œuvre à un attentat ou ont une pensée pour les touristes évidemment déçus de voir une telle horreur (les passerelles de Christo sur le lac d’Iseo en Italie avaient attiré 1,2 million de curieux en deux semaines). Certains y voient plutôt un projet « magnifique », « quelque chose de beau », « bien et original ».

Et, depuis leur première œuvre d’art ensemble en 1961 (Barils de pétrole empilés et colis à quai), Christo et Jeanne-Claude ont multiplié les projets ambitieux. Une tour médiévale en Italie, un musée d’art en Suisse, plus de 2 kilomètres de côte en Australie, le Reichstag à Berlin…

L’Arc de Triomphe aujourd’hui n’est d’ailleurs pas le premier monument parisien à passer entre les mains du duo : en 1985, Christo et Jeanne-Claude avaient recouvert le Pont Neuf par près de 42 000 m² de tissu.

« Christo avait pour projet d’empaqueter des lieux de la vie quotidienne qu’on finit par ne plus regarder pour le mettre en valeur et que l’on pose à nouveau l’œil dessus. Vu les réactions indignées à propos de l’Arc de Triomphe, son œuvre est plus qu’efficace »

La dernière œuvre de l’artiste semble en effet avoir déjà fait mouche. Choquer, indigner, émouvoir, faire réfléchir, ouvrir le débat, être critiqué… N’est-ce pas là le sens de l’art ?

Journot Lola DnMade 2  bij, 2021

L’hypocrisie du prêt-à-porter

La mode est un art, certes, mais à quel prix devrions-nous le tolérer dans un monde qui prône le fast fashion ? 

Ici, je ne pointe pas du doigt la haute couture (même si celle-ci n’est pas complètement en accord avec les droits de l’Homme et de la planète), mais plus précisément le prêt-à-porter

“N’achetez pas juste pour le plaisir de le faire. Je pense que les gens ne devraient pas investir dans la mode, mais investir dans le monde.” 

Contre toute attente, c’est une des actrices les plus importantes de la mode contemporaine, la créatrice britannique Vivienne Westwood, qui est à l’origine de ce paradoxe.

L’art de consommer, c’est un grand sujet de discorde : Le Fast-Fashion, la surconsommation de vêtements et accessoires en tous genres. Je ne pense pas vous l’apprendre, mais l’industrie du vêtement est la deuxième la plus polluante au monde, après celle du pétrole. L’exploitation humaine dans ce milieu est aussi un des points pour lesquels il faut boycotter la surconsommation. (La répression des ouïgours vous en avez entendu parler ?)

Et si vous l’apprenez, je sais, difficile de croire que le contenu de notre placard peut avoir autant d’impact sur la planète. Mais malheureusement, il est temps pour tous de prendre conscience de ce fléau, bel et bien présent depuis le début des années 90 avec l’arrivée d’enseignes tels que Zara dans les épicentres de la mode.

Alors nous ne sommes pas tous parfaits, je le sais, on consomme tous, peut-être inconsciemment et de manière non réfléchie, mais peut-être qu’après cet article, nous porterons tous ensemble, un regard différent sur notre manière de consommer ? MAIS il y a quand même avant tout commencement une différence entre faire du shopping toutes les semaines sans réfléchir, et tous les quelques mois sans en abuser.

Je sais, vous n’avez rien à vous mettre, vous avez toujours l’impression de ne pas avoir un style qui en jette. Mais au final, ses dépenses ne vous desserviraient-elles pas ?

Les origines d’abord, viennent de la société actuelle, comme nous travaillons dur, on mérite des récompenses, de se faire plaisir, et c’est là que les achats interviennent. On propose presque ses achats en tant que solutions radicales pour atteindre le bonheur.

Une publicité Dior qui en dit long… Alors d’accord un achat provoquera quelques heures de bonheur, mais ce ne sera pas durable. La consommation agit comme un pansement sur une plaie ouverte.

C’est aussi et peut être la provenance d’un mal-être non résolu. une consommation EXCESSIVE liée à un manque, comblée par ses achats.

« La surconsommation est souvent liée à des carences affectives. »

Notons que si votre vie est normalement constituée, et équilibrée, pas besoin de céder aux sirènes des boutiques, si elle est suffisamment remplie d’activités ou d’un métier ayant pour vous, du sens, il n’y aura pas cette sensation ou moins le besoin  de « posséder ».

Nous sommes tous poussés à consommer, via les réseaux sociaux, les youtubeuses, instagrameuses et j’en passe qui conduisent aussi à vouloir toujours acheter plus, à mourir d’envie d’acquérir ce maillot de bain SHEIN, ou ce petit sac Zara. Et comparer sa penderie, à celle d’une influence qui change de tenue tous les jours (dont la plupart des articles leur sont offerts par les marques), un sentiment d’avoir une penderie dépassée car on en voit toujours plus et toujours de nouvelles choses sur tous ses réseaux qui occupent notre esprit.

Sans parler du désastre bancaire que peut avoir cette obsession à la mode et ce qu’il s’y passe, c’est aussi l’état de la penderie qui doit être inquiétante. Si quand on ouvre ce placard et qu’elle est au bord de l’explosion, il y a des questions à se poser.

« Si vous passez plus de 5 minutes à trouver votre tenue du jour, c’est soit parce que votre penderie n’est pas bien rangée, soit parce que vous avez des vêtements en surnombre et que vous vous y perdez et/ ou que vous n’avez pas les bonnes pièces. « 

Je me suis donc renseigné sur les solutions contre la surconsommation, et le meilleur moyen de lutter.

  • Il faut se poser les bonnes questions. Là en ce moment, quelles sont les choses que je n’ai jamais le temps de faire ? Quels sont mes rêves enfouis ? Qu’est-ce qui me procure de la joie ? Il est en fait important de se questionner sur nos envies.
  • Aujourd’hui, et en ce moment il faut savoir que nous sommes aidés, la mode éthique nous mène à consommer via les friperies, vide dressing, les vêtements de seconde main, Vinted, United Wardrobe et plein d’autres qui sont en plein essor ! Une super alternative aux fast-fashion, qui réjouit tout le monde.
  • Bien évidemment, réduire notre consommation, ne pas jeter ses vêtements mais les vendre où les donner !
  • Et si vous n’êtes toujours pas décidé à consommer mieux et plus intelligemment, veillez au moins à opter pour  les meilleures matières, les meilleurs lieux de fabrication et les labels et les marques de confiance. Pour continuer à acheter, sans trop culpabiliser.

Pour finir, je vous laisse sur un documentaire « The true Cost » qui montre le vrai prix à payer pour nos vêtements achetés dans le prêt-à-porter. Un documentaire qui devrait nettement changer votre point de vue sur ce fléau.

http://www.la-carotte-masquee.com/true-cost-fast-fashion/

« Les riches entreprises voient les pauvres comme une opportunité de s’enrichir. »

Il est important de garder à l’esprit ce que nos actes à tous, provoquent à l’autre bout de la planète et ne pas oublier que tout ça c’est réel et cruel. Même si s’acheter un pyjama chez Primark, c’est humain, et c’est ok. Mais tout cela en bonne conscience et sans excès c’est mieux, même si, comme je le disais : Nous sommes tous humains, imparfaits et un peu égoïstes. On essaye tous de faire de notre mieux 🙂

Journot Lola – DnMade 1 joaillerie – Avril 21

« Fenêtre ouverte »

   

  Aimer est avant tout vouloir être aimé, d’où une certaine propension dans l’amour à sacrifier sa subjectivité pour se faire objet de l’autre. Pour Lacan, ce sont les femmes qui, le plus souvent, aiment follement. 

     Artiste torturée au cœur brisé Aloïse Corbaz nous emmène dans son univers. Celui du couple amoureux, associé à sa passion pour le théâtre et l’opéra. Vieille dame digne, sur les rares photographies la représentant Aloïse Corbaz apparaît avec grâce. Celle ci cache un secret. En effet, l’autre facette du personnage souffrant de schizophrénie lui amenant des idées délirantes et un comportement agité. Cependant, elle n’a pas toujours été ainsi. Avant de souffrir de cette maladie qui ne la quittera jamais elle fut une jeune fille, une femme tourmentée. 

     Elle alla à l’école jusqu’à ses 18 ans. Puis après l’obtention de son certificat d’études secondaires, comme ses sœurs l’avaient fait avant elle, elle fréquenta l’école professionnelle de couture. Même si elle n’a jamais exercé ce métier, mis à part pour la confection de ses propres vêtements, on retrouve l’influence de cette formation dans ses dessins notamment avec des drapés, des nœuds, des petits plissés… 

     Aloïse avait alors une vingtaine d’années lorsqu’elle rencontra son premier amour, un étudiant de la faculté de théologie libre de Lausanne, qui fut en réalité un prêtre défroqué français vivant en pension chez le frère de cette dernière. Cet homme fut le point de départ de toute cette histoire, de toute sa vie et de tout cet article. Elle alla à la rencontre de son amant le soir, consumée d’un amour brûlant. A travers celui-ci, elle y perdit ses ailes et son innocence. Ainsi, quand sa sœur découvrit cela, elle l’envoya en Allemagne. Engagée comme gouvernante auprès des enfants du chapelain de Guillaume II, elle alla vivre au château de Potsdam dans l’atmosphère fastueuse de la cour impériale où elle tomba une seconde fois amoureuse. Âme damnée ou simple farce de la vie ? Elle s’éprit à nouveau d’un homme qu’elle ne put jamais aimer librement. Elle écrit dans son journal : « L’amour pour l’empereur Guillaume II bienfaiteur a pris tout mon être dès qu’il est arrivé chez Monsieur Pacha entrepreneur. » A la suite de cet amour elle sombra dans les méandres de ses maux. En 1914, après la déclaration de la Première Guerre Mondiale, elle rentra à Lausanne. Cependant, sa famille ne la reconnaissait plus, étant devenue  irascible, agitée et même dissociée. Suite à cela, elle s’isola pour rédiger des écrits religieux ou pacifistes et elle n’oublia jamais Guillaume II qu’elle appelait « sa majesté l’empereur de paix Wilhelm II » (l’amour dans sa psychose resta inséparablement lié à la vision idéalisée d’elle-même. Celui ci, si puissant se substitua alors à l’autre qui fût réduit, lui aussi, à une figure idéale).

     L’amour dans la psychose reste inséparablement lié à la figure de l’idéal du moi du sujet qui prend une telle force, qu’il vient se substituer à l’autre réel, réduit à une figure idéale. Elle fût finalement internée en 1918, étant diagnostiquée schizophrène. Là bas, elle se dit soumise « à la télépathie presse à fruits qui décapite pourtant à distance ». Elle souffrit de synesthésies, se considérant comme morte à genoux devant son cercueil et celui de son père. Puis elle écrivit « Quel cri de douleur j’ai étouffé dans ce parloir où j’ai juré en falot éteint toute ma vie de bonne vaudoise sans fantasme de la folie amoureuse du monde qui m’a arraché tout du corps ». Elle n’est alors plus Aloïse mais « cette matière, cette boue… cette terre noire… un épouvantail à moineaux presque infirme, une terre endormie unique » comme elle dit.
Voici comment Aloïse vécut ses passions amoureuses infructueuses. Dans les mois qui suivirent son internement, son état se dégrada. 

« Puis, elle découvrit l’art »

     Elle décida alors de créer son propre monde, de découvrir de nouvelles choses de la vie. La vie qui lui avait elle-même refusé tant de choses à son tour. C’est donc en créant qu’elle put sortir de cette douleur et de cette peine qui la submergeait. Pour elle, l’art lui permettait de retrouver un peu de sens à sa vie. Elle commença en dessinant des fleurs tirées de ses souvenirs entremêlés. Cela lui permit de calmer ses tourments et par conséquent, dans cette même optique, elle commença à représenter des choses qui furent plus significatives pour elle. D’ailleurs, Aloïse déclara « quand on a été brisé complètement il est dur de ressortir de soi-même et le dessin lui a enlevé tous ces soucis. ».

     Au début elle le fit en cachette en utilisant de la mine de plomb et de l’encre, puis le personnel médical ainsi que des visiteurs finirent par s’intéresser à ses œuvres et lui offrirent même du matériel, notamment des crayons de couleur, de la gouache et des craies grasses. Elle créa tout au long de sa vie. Au total cela représente pas loin d’un millier d’œuvres en noir et blanc. Un monument vivant à elle seule. Elle se tourna ensuite vers la couleur, avec des techniques bien particulières l’installant ainsi dans l’art brut. Elle est l’auteur d’une cosmogonie personnelle peuplée de personnages princiers et d’héroïnes historiques au regard noyé de bleu, comme Marie Stuart, la reine Élisabeth ou encore Cléopâtre. Elle y écrit et y peignit l’amour, la saga des grandes amoureuses de l’histoire. Là, la femme n’y était pas détruite, elle y était prépondérante. Aloïse délira sur sa « résurrection ». Le « ricochet solaire », explication qu’elle donna à ses hallucinations cénesthésiques, la raviva elle, terre morte, et la projeta sur les toiles qu’elle dessinait, véritable morcellement qu’elle fit tenir grâce à une autre certitude délirante, un principe qu’elle nomma « Trinité en consubstantialité alternative » qui permit d’être plusieurs choses à la fois. 

     Finalement, les grands débats que nous avons sur le processus psychologique des artistes ne s’appliquerait-ils pas parfaitement à cette femme ? 

     Aloïse Corbaz est donc une très belle façon de s’initier à l’art brut, de découvrir ce qu’est la pureté des sentiments, des émotions, des souvenirs. Comment est-ce que nous allons retracer tout cela en y mêlant les envies, les rêves, tout ce que nous avons pu vivre, tout ce que nous avons imaginé vivre et tout ce que nous rêverions aussi de vivre avec des personnages qui eux sont bien réels. Il s’agit donc d’une retranscription à l’état pur de son tumulte intérieur, de retracer la vie comme elle a été mais sous l’angle souhaité par l’artiste. Que cela soit volontaire ou non. vous pouvez dès lors découvrir ce qu’est l’art brut et ce que Aloïse Corbaz en a fait. Comprendre comment est-ce qu’il a si bien représenté sa vie et ce nouvel art. Connaître les raisons de sa renommée et de la pureté de celui-ci. 

  Rendez-vous donc aux prochaines vacances car c’est une affaire à suivre, que je vous ferai découvrir avec plaisir. 

VILLAIN JULIE – DNMADe BIJ 01/03/2020

Une clé pour comprendre ce qui se passe dans ma tête…

    Bon.

Je ne dis pas que vous voulez TOUS savoir ce qu’il y a dans mes pensées, et pour tout avouer, rien n’est jamais si bien ordonné. Mais ce dont je vais vous parler va peut-être vous aider à comprendre ce qui motive la création de votre pote un peu loufoque, un peu illuminé.e, qui passe des fois du coq à l’âne dans un éclair de génie sans que vous arriviez à le suivre.

Les idées ont toute une base, une image qui nous a marqué, une info insolite, une couleur, une texture, et j’en passe. Qu’est-ce qui fait qu’un designer est bon ? Qu’est-ce qui fait que le produit est un succès ? C’est la question à laquelle tente de répondre la série documentaire « Abstract : l’art du design » produite par le géant Netflix.

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« Encore une téléréalité qui promet au gagnant une somme faramineuse, et mal ficelée comme pas possible… » me direz-vous, eh bien non ! Cette fois, la production et la direction artistique ont fait les choses bien. Chaque épisode concerne un ou une designer dans un domaine différent. Chaque épisode est réalisé différemment, car tout dépend du professionnel qui fait l’objet du documentaire. Chaque épisode retrace une réflexion complète et aboutit à une réalisation effective. Chaque épisode fait entre 45 minutes et une heure. Simple, ludique, rapide.

Ne pensez pas non plus que les designers invités sont des énergumènes aux réflexions obscures qui font leurs bidouillages dans leur coin, car de grands noms (même si souvent méconnus) sont concernés. Tinker Hatfield ? Vous me dites non. Le designer de toutes les Jordan de chez Nike ? Là vous me dites oui.

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Et ne quittez pas cette article en disant « Pff allez le design ça m’intéresse pas de toute façon. » Parce qu’il y aura forcément un épisode qui concernera un domaine que vous aimez. Je l’avoue, j’ai préféré l’épisode sur un graphiste et j’ai failli abandonner celui sur le design d’intérieur… et étonnamment j’ai aimé le chapitre sur le designer automobile !

Bref. Foncez.

Elise BOULAT – DNMADe 2 2019-20