3ème – S2 – Quand la guerre se met à chanter

On 20 novembre 2014, in Classe de 3ème, by Aurélie Giordano

BREVET 2015 – HISTOIRE DES ARTS

DOMAINE : ART DU SON – THEMATIQUE : ARTS, ETATS ET POUVOIR

> “Different trains” (1988) de Steve Reich

> “Le Déserteur” (1954) de Boris Vian

 

INTRODUCTION

L’art est porteur d’enjeux esthétiques et politiques. Quelle que soit la nature de leurs ambitions, les artistes sont donc amenés à se positionner face au pouvoir politique de leur temps, qu’ils choisissent de : le servir, le combattre, ou se montrer indifférent.

Dans tous les domaines, les artistes, qui ont vécu ou qui ont été informés de l’horreur de la guerre, ont transmis dans leurs œuvres leurs réactions, leurs sentiments, leurs émotions, leur message.

Ainsi, l’œuvre d’art permet à l’artiste de :

  • figer ce que la « mémoire des souvenirs » ne peut conserver intact, donc de participer au devoir de mémoire
  • dénoncer, de critiquer, donc d’être dans un acte d’engagement.

Nous nous interrogerons sur le regard que porte l’artiste sur les conflits armés du XXe siècle par l’étude d’œuvres musicales.

 

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I. OEUVRE HDA  : “Different trains” (1988) de Steve Reich

STEVE REICH

Steve Reich (New York, 1936), compositeur américain d’origine juive, étudie le piano, les percussions, la composition. > BIOGRAPHIE : VOIR RECHERCHE PERSONNELLE.

  • Il est considéré comme l’un des pionniers de la musique minimaliste (= musique répétitive). Il développe un procédé musical appelé le phasing (« déphasage »).
  • Quelques-unes de ses œuvres : Clapping music (1972), City life (1995) …
  • Autres compositeurs de musique minimaliste : John Adams, Philip Glass…

  > Son site internet : Steve Reich

 

« DIFFERENT TRAINS » (1988)

Different Trains (27′) est une œuvre de musique mixte pour quatuor à cordes et bande magnétique composée en 1988. (Grammy Award de la meilleure composition de musique classique contemporaine en 1989)

> Pourquoi cette composition?

Steve Reich dit : « L’idée de cette composition vient de mon enfance. Lorsque j’avais un an, mes parents se séparèrent. Ma mère s’installa à Los Angeles et mon père resta à New York. Comme ils me gardaient à tour de rôle, de 1939 à 1942 je faisais régulièrement la navette en train entre New York et Los Angeles, accompagné de ma gouvernante. Bien qu’à l’époque ces voyages fussent excitants et romantiques, je songe maintenant qu’étant juif, si j’avais été en Europe pendant cette période, j’aurais sans doute pris des trains bien différents. En pensant à cela, j’ai voulu écrire une œuvre qui exprime avec précision cette situation…« 

> Les procédés de composition :

Steve Reich explique la façon dont il a procédé pour préparer la bande magnétique :

  1. J’ai enregistré ma gouvernante Virginia, maintenant âgée de plus de soixante-dix ans, qui évoque nos voyages en train.
  2. J’ai enregistré un ancien employé des wagons-lits sur la ligne New York-Los Angeles, maintenant à la retraite et âgé de plus de quatre-vingt ans : M. Lawrence Davis, qui raconte sa vie.
  3. J’ai rassemblé des enregistrements de survivants de l’Holocauste : Rachella, Paul et Rachel, tous à peu près de mon âge et vivant aujourd’hui en Amérique, qui parlent de leurs expériences.
  4. J’ai rassemblé des sons enregistrés de trains américains et européens des années 1930, 1940.

Steve Reich a donc fait le choix d’utiliser des enregistrements « authentiques »; l’œuvre prend alors la dimension d’un témoignage historique.

> Extrait (7′) de « PHASE TO FACE » à propos de Different trains de Steve Reich  :

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xhq1ox_steve-reich-a-propos-de-different-trains_music#rel-page-1[/dailymotion]

> Dans cette oeuvre de « musique mixte », le langage musical utilisé est le suivant :

Des sons concrets qui ont été enregistrés tels que :

des sons de sirènesirène  / et des bruits de train : bruits de train

Des extraits enregistrés de voix parlée.

– Des ostinati des cordes avec répétition et déphasage (enregistrés).

– Une utilisation du discours parlé comme matériau musical : reproduction/imitation par les instruments du quatuor à cordes de l’intonation des fragments de discours.

VOCABULAIRE

Quatuor : œuvre musicale pour 4 musiciens. Quatuor à cordes : 2 violons, 1 alto, 1 violoncelle

Musique minimaliste : Œuvre utilisant une pulsation régulière et un minimum de matériau : de courts motifs répétés inlassablement et évoluant lentement. Le mouvement de l’art minimaliste est apparu aux Etats-Unis dans les années 1960.

Musique mixte : œuvres qui superpose une ou plusieurs parties instrumentales (ou vocales), exécutées sur scène en direct, à une musique sur support (sons enregistrés). Il y a bien alors mixité des sources. Les premières musiques mixtes apparaissent dans les années 1950 avec l’avènement de l’enregistrement.

Ostinato (Pluriel : ostinati) : répétition obstinée (en boucle) d’un motif musical (rythmique ou mélodique)

Phasing :(« déphasage »), procédé proche du canon, qui consiste en une répétition obstinée d’un court motif par plusieurs musiciens (ou bandes magnétiques) en insérant un décalage temporel (décalage qui augmente et diminue au cours de la pièce).

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STRUCTURE DE L’OEUVRE : Different trains comprend trois mouvements :

PART I : AMERICA – Before the war (9′)
PART II : EUROPE – During the war (7’30)
PART III : After the war (10’30)

  

PART I : AMERICA – BEFORE THE WAR

– Ce 1er mouvement représente le train du voyage, de l’insouciance, du bonheur de prendre le train pour se déplacer. Les voix évoquent le trajet Chicago-New-York-Los Angeles.

– Ce mouvement est construit sur un ostinato évolutif (imitation du train) auquel se superpose un dialogue enregistré (sample) voix-cordes , sur un mode répétitif, des sons de sirènes venant ponctuer, ça et là, le discours.

Exemples :

Ostinato sur deux notes, joué par les cordes (imitation du train)    >     >

 


La voix parlée est « musicalisée » une mélodie est créée au plus proche de cette voix.       >         >

La voix est précédée par l’alto qui introduit le thème seul avant de mélanger leurs timbres en jouant ensemble.

 

Extrait des paroles :

 

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PART II : EUROPE - DURING THE WAR

- Ce mouvement représente le train de la terreur, de la mort, d'un aller sans retour ; c'est le train qui emmène les déportés vers les camps de concentration.

- Plusieurs cellules répétitives se superposent, s’entrecroisent.

- Ostinato aux cordes qui imitent le bruit du train des déportés, qui change à chaque phrase.

- Un instrument à cordes imite l’intonation de la voix à chaque phrase et la répète en écho.

- A partir de « don’t breathe » : accélération du tempo, plus de tension, plus fort, plus de sirènes, apparition des sirènes du train.

- Caractère obsessionnel et angoissant dû à la répétition de l’ostinato et des registres aigus.

- Ralentissement puis fin dans le néant lors  de l'évocation de la disparition des corps dans les fours crématoires : "Il y avait de la fumée".

Extrait des paroles :

- Voici le texte intégral et sa traduction des paroles prononcées dans cet extrait.

- Réponds aux questions ici : Analyse du 2ème mouvement

Tourné dans le camp de Birkenau, le clip du 2ème mouvement de l’œuvre, intègre également des images du film "Holocauste" (série en 4 épisodes de 1978) A VOIR ET ÉCOUTER ICI :

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xhjg7n_different-trains-part-2-steve-reich_music?start=73#from=embed[/dailymotion]

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 PART III : AFTER THE WAR

- Ce mouvement représente le train de l'espoir retrouvé, lors de l'immigration de certains juifs aux USA.

- Densification progressive du discours musical par superposition de cellules répétitives avant un nouveau dialogue « voix-cordes » ; là encore présence d’un ostinato qui évoque le train.

- Nombreuses ruptures dans le discours par des changements de tempo, d’ostinato, de cellules répétitives et de registre qui illustrent les souvenirs relatifs à la fin de la guerre.

Extrait des paroles :

 

II. OEUVRE HDA  :  Le déserteur" (1954) de Boris Vian

BORIS VIAN

Boris Vian (1920-1959) est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste), né en 1920, à Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine), mort en 1959 à Paris. Il fut aussi ingénieur de l'École centrale, scénariste, traducteur, peintre, …

>  Il est issu d’une famille aisée.

>  Sa mère aime la musique et joue de la harpe et du piano. C’est grâce à l’opéra cher à sa mère, « Boris Godounov » de Moussorgski, que Boris doit son prénom.

Sa maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l'affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L'Herbe rouge, et plus encore dans L'Arrache-cœur.

>  Il obtient un baccalauréat philosophie, avec option mathématiques.

Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés qui rassemblent des intellectuels et artistes de la Rive Gauche : Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Miles Davis…

Le jazz est sa passion. En 1939, il assiste à un concert de Duke Ellington : c’est une révélation.

>  Son premier roman célèbre (signé sous le pseudonyme de Vernon Sullivan) est J'irai cracher sur vos tombes, (1946). Le roman est très controversé, notamment parce qu'il est retrouvé sur les lieux d'un crime passionnel. Boris Vian est condamné pour outrage aux bonnes mœurs.

> Après l'échec de L'Arrache-cœur (1953), il abandonne la littérature pour se consacrer à la musique.

> Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés. Il est également chroniqueur pour la revue Jazz Hot .

> Son œuvre connait un immense succès public posthume, notamment pendant les événements de mai 68. Les jeunes de la nouvelle génération redécouvrent Vian, l'éternel adolescent, dans lequel ils se retrouvent.

>  Il a écrit onze romans (dont L’écume des jours) quatre recueils de poèmes, des pièces de théâtre, des scénarios de films et plus de quatre cents chansons.

"LE DÉSERTEUR" (1954)

> Présentation de la chanson "Le déserteur" sur France Info dans l'émission "Ces chansons qui font l'histoire" par Bertrand Dicale

"Le déserteur" est une chanson antimilitariste écrite par Boris Vian en 1954 sur une musique d’Harold Berg.

Elle fut enregistrée le 7 Mai 1954, jour de la défaite de l'armée française lors de la bataille de Dien Bien Phu qui sonna le début de la fin de la guerre d'Indochine.

> Vidéos : INA sur Boris Vian (2’55) /L'histoire de la chanson "Le déserteur" (4'04) 

> Vidéos : TF1 sur Boris Vian (3’30) / “Boris Vian, le touche à tout génial” (9’22)

> Contexte historique:

En 1954, la France est sous la IVe République et le peuple vient d’élire un nouveau président : René Coty (qui succède à Vincent Auriol).  La France est en guerre en Indochine (1946-1954) et s'apprête, la même année, à entrer dans un autre conflit en Algérie (1954-1962). Tout juste sortie de la Seconde Guerre Mondiale, la France enchaîne les conflits armés et meurtriers avec ces guerres d’indépendance des colonies françaises

 > Article sur le Déserteur 

Article sur histgeobox

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> Analyse des paroles :

>  Le texte écrit par Boris Vian n’est pas autobiographique car il n’a jamais pu faire la guerre en raison de son état de santé (cœur fragile). Il écrit ces paroles en se mettant à la place de tous ces hommes appelés à la guerre.

>  Il s’agit d’un texte strophique comportant 12 quatrains en rimes embrassées (ABBA) et épistolaire (rédigé sous forme de lettre)..

>  C’est une lettre argumentative dans laquelle on retrouve tous les procédés pour convaincre : des répétitions (anaphores), des phrases injonctives et une stratégie argumentative.

1ère strophe : On comprend qu’il s’agit d’une lettre ouverte adressée à « Monsieur le Président » (le président à cette époque est René Coty) par un homme ayant reçu un ordre de mobilisation militaire en raison d’un conflit armé Un.  Il révèle son intention de déserter.

2ème strophe : L’homme y explique qu’il ne veut pas partir à la guerre, et justifie sa décision par les décès survenus dans sa famille à cause de la guerre, et par le fait qu'il ne veut pas tuer des personnes innocentes.

> 3ème strophe, L’homme incite les gens à suivre son exemple car il prône la non-violence, c'est un appel à la paix. On constate à ce moment-là que l’interlocuteur change, il ne s’adresse plus au Président mais au peuple. Il est également conscient que son acte aura de lourdes conséquences, car déserter est passible de la cour martiale ; il ne fuit pas et s'attend à être arrêté ou bien tué. "Vous pourrez dire à vos gendarmes, que je n'aurai pas d'arme et qu'ils pourront tirer".

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> Analyse musicale :

Formation vocale : Une voix masculine soliste.

Formation instrumentale: Un Jazz Band (petit orchestre de Jazz : piano, contrebasse, batterie (jeu avec les balais), guitare acoustique, hautbois, clarinette). Le choix d'un accompagnement instrumental très léger (peu d'instruments et dans une nuance piano/mezzo-forte) permet de rendre audible le texte qui porte un message important, lequel doit être entendu et compris par tous.

Tonalité : Do Majeur. Le choix d'une tonalité neutre permet de porter une mélodie facile à retenir, et  avec simplicité, un message difficile à entendre et à faire accepter : "Je m'en vais déserter".

Structure(Forme strophique) : Introduction / Strophe 1 / Transition / S2 / Transition / S3 / Coda

Introduction et Coda: Mélodie jouée au hautbois. Le tempo lent et le caractère grave,solennel pourraient évoquer des funérailles militaires.

Strophe 2 : L'accompagnement instrumental change pour illustrer musicalement les paroles (on parle alors de figuralisme) : "Quand j'étais prisonnier, on m'a volé ma femme, on m'a volé mon âme et tout mon cher passé", L'accompagnement n'est plus mélodique mais au contraire très rythmique. En effet, les instruments jouent tous en homorythmie (=même rythme) et le batteur n'utilise plus les balais mais les baguettes pour marquer le rythme et accentuer la nuance forte. Cet accompagnement renforce le texte qui évoque la détention, la souffrance physique, affective et morale de cet homme qui a souffert des précédentes guerres et qui ne veut plus revivre ces moments-là.

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> Reprises du "Déserteur"

> Ce chant fut repris par de nombreux artistes dont la militante pacifiste Joan Baez pendant la guerre du Vietnam.

- Marcel Mouloudji (écouter) : 1ère interprétation avec modification du texte original

- Serge Reggiani  (Dormeur du val + Déserteur) (écouter) - Après la levée de la censure, il popularise ce chant en l'associant au poème d'Arthur Rimbaud.

- Peter, Paul and Mary (écouter) : Groupe américain qui a interprété ce chant pour dénoncer l'absurdité de la guerre du Vietnam en 1964. Les paroles sont chantées en français et en anglais.

- Leny Escudero (écouter) - Marc Robine (écouter) - Les Sunlights (écouter) - Les Sans Culottes (écouter) - Esther & Abi Ofarim (écouter) - Nadim (écouter) Richard Anthony (écouter)

- Renaud (écouter) : Déserteur (1983) extrait de l'album « Morgane de toi ». Sa reprise (titre paroles) est fortement inspirée de la chanson de Boris Vian mais la mélodie est entièrement différente. Les paroles sont beaucoup plus familières mais la contestation et le message de non violence restent conservés. Le texte est un appel à la paix et à l'amour "Je n'suis qu'un militant du parti des oiseaux, des baleines, des enfants, de la Terre et de l'eau".

 

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III. PROJETS MUSICAUX

 

No Bravery (2004) de James Blunt

> Partition

James Blunt, anglais, apprend dans son enfance à jouer du violon, piano et guitare électrique.

Issu d’une famille de militaires, James ne déroge pas à la règle : après avoir suivi des études dans l’aérospatiale, il s’engage dans l’armée britannique où il atteint le grade de capitaine.

Il participe à la mission de paix en ex-Yougoslavie. Il compose « NO BRAVERY » (trad. Aucun courage) lors de son séjour militaire au Kosovo alors qu’il était soldat pour l’OTAN en 1999.

Il raconte : « J’ai servi au Kosovo lors de la campagne de bombardements, et des accords de paix. Nous devions tout faire pour éviter que les gens s’entre-tuent. Vous entriez dans des maisons incendiées, dans des champs de cadavres et vous aviez vraiment le sentiment que quelqu’un ou quelque chose d’incroyablement démoniaque était passé par là ».

No Bravery n’est pas seulement une chanson de protestation contre la guerre, « c’est une chanson fataliste, tout comme le reste de l’album », a expliqué James Blunt.

Il quitte l’armée en 2002 pour se consacrer pleinement à sa passion : la musique.

 

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x2z6vj_james-blunt-no-bravery_music[/dailymotion]

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 "La Chanson de Craonne" (1917)

> Présentation de "La chanson de Craonne" sur France Info dans l'émission "Ces chansons qui font l'histoire" par Bertrand Dicale

> Chanson populaire et contestataire, créée et chantée par les soldats français durant la Première Guerre mondiale, entre 1915 et 1917.

>  Interdite par le commandement militaire qui la censura en raison de ses paroles antimilitaristes qui incitaient à la mutinerie alors qu'une guerre était en train de se livrer sur le territoire national. Censure levée en 1974 sous la présidence de Valéry Giscard D'Estaing.

La chanson est entonnée sur le timbre (= l'air, la mélodie) d’une valse intitulée Bonsoir M’amour (1911) de Charles Adhémar Sablon. A écouter ici

> Contexte historique

Mutinerie des soldats en Avril 1917 :  (III° République dirigée par le président Raymond PoincaréPremière Guerre mondiale (1914-18) )  L'offensive très meurtrière et militairement désastreuse du Général Nivelle au Chemin des Dames pousse les soldats à se mutiner. Au cours des combats, les soldats français devaient «monter sur le plateau» tenu par l’armée allemande. Ce plateau surplombe le village de Craonne, dans le département de l’Aisne en Picardie. Le Général Pétain, nommé au poste de général en chef des armées françaises en remplacement du Général Nivelle, parvient à rétablir la discipline en alliant condamnations à mort exemplaires et mesures d'amélioration des conditions de vie des soldats.

   

> RAPPORT PAROLES-MUSIQUE

soldatC'est dans l'opposition entre la légèreté d'une musique sur un rythme de valse aux accents parfois "guinguette" (cabaret populaire) et le tragique du texte (vie atroce dans les tranchées, attente de la relève et désespoir des soldats) que réside l'intérêt musical de cette chanson engagée. Ce contraste permet de faire réagir l’auditeur en le mettant mal à l’aise.

[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x30dzv_chanson-de-craonne_news?start=130[/dailymotion]

 

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POUR ALLER PLUS LOIN :

Dossier : La chanson engagée (Bibliothèque Municipale de Bordeaux)

> Article présentant des chansons engagées

> La guerre en musique : Site internet mettant en relation des oeuvres musicales avec l'histoire

> L'art et la guerre : Site internet analysant des oeuvres picturales

> Ressources pédagogiques sur Art et Guerre

Voici un récapitulatif de chansons antimilitaristes (opposées aux idéologies militaires, donc contre la guerre) pour chacun des conflits du 20ème siècle :

> Première Guerre Mondiale 1914-1918 : La chanson de Craonne (1915-17 - Paul Vaillant-Couturier/Charles Sablon)

> Seconde Guerre Mondiale 1939-1945 : Enola Gay (1980 - OMD)

> Guerre froide 1945-1991 : 99 Luftballons (1983 - Nena)

> Guerres d'indépendance des colonies françaises (Indochine 1946-1954 / Algérie 1954-1962)Le déserteur (1954 - Boris Vian/Harold Berg) / Quand un soldat (1952 - Francis Lemarque)

> Guerre du Viêtnam 1964-1975 : Imagine (1971 - John Lennon)

> Conflit Nord-irlandais 1968-1998 : Sunday, bloody, sunday (1983 - U2) / Zombie (1994 - The Cranberries)

> Guerre d'indépendance du Kosovo 1999 : No bravery (2004 - James Blunt) Chanson présentée dans l'article "Art et Guerre"

 

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