Comment les compositeurs occidentaux ont-ils créé des œuvres aux sonorités asiatiques ?

> Fiche de cours (bientôt)

 > Livret interactif : Un petit tour en Asie

 

Contexte historique

Avec l’ouverture du commerce entre le Japon et le monde occidental en 1854, l’art et la culture japonaise commencèrent à exercer une influence importante sur l’Europe. Les Expositions universelles de Londres en 1862 et de Paris en 1867 déclenchent une véritable vogue. La communauté artistique trouve une nouvelle source d’inspiration dans les cultures orientales.

Métissage musical : Influence mutuelle de musiques en contact les unes avec les autres venant d’époques, de styles ou de lieux différents. Cela permet la création et l’enrichissement de styles musicaux.

I. LE JAPON

–  Le Koto :  sorte de cithare ou de harpe à plat, comportant 13 cordes mesurant jusqu’à 1,80m!

Sakura, Sakura, (fleur de cerisier), chant traditionnel japonais

 

- Le shamisen, luth à 3 cordes.

Les Yoshida brothers est un groupe japonais fondé par deux frères : Ryoichiro et Kenishi Yoshida. Leur style opère une fusion unique en son genre entre musique traditionnelle japonaise (jouée au Shamisen) et musique occidentale (guitare électrique, synthétiseur, basse, batterie...). Ils connaissent un très grand succès au Japon comme ailleurs, grâce à une très large diffusion de leur musique et de leurs clips sur Internet. Un bel exemple de métissage musical Orient/Occident!

 

- Le shakuhachi, sorte de flûte droite en bambou.

Cette flûte évoque la nature. Dans cet extrait, un exemple de métissage d'instruments piano et shakuhachi.

 

- Le taiko, tambour japonais, il en existe de plusieurs tailles :

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II. LA CHINE

 

 "Molihua" (fleur de Jasmin), chant traditionnel chinois

 Guzheng (cordes pincées), Pipa (cordes pincées), Erhu (cordes frottées), Dizi (Bois)

 

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III. L'OPERA (Rappel, étudié en 5ème)

> Documentaire éducatif C'est pas sorcier "Dans les coulisses de l'Opéra"

Résumé sur l'opéra

Présentation des tessitures et quelques chanteurs lyriques :

tessitures

 

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IV. TURANDOT (1926) de Giacomo PUCCINI: 

Turandot est un opéra en trois actes de Giacomo Puccini, sur un livret de G.Adami et R? Simoni d'après une œuvre de Carlo Gozzi.

Cet opéra fut créé en 1926 à la Scala de Milan (= célèbre théâtre italien, réputé pour avoir un public très exigeant...). Puccini étant mort en 1924 avant d'avoir achevé son opéra, les dernières scènes furent complétées par Franco Alfano, un compositeur italien à la fois ami et élève de Puccini, qui s'est inspiré des esquisses laissées par le compositeur.

Cet opéra est un bel exemple d'orientalisme, c'est-à-dire de fascination occidentale ( = pays de l'Ouest) pour les civilisations exotiques de l'Orient (=l'Est). Dans cette œuvre, Puccini a mêlé la musique occidentale à des sonorités orientales, il a donc fait un métissage musical.

 > L'opéra Turandot : Présentation et écoutes

Argument (= intrigue de l'histoire)

Dans une Chine médiévale imaginaire, la cruelle princesse Turandot dont la beauté est légendaire attire à Pékin de nombreux prétendants lesquels doivent se soumettre à une terrible épreuve : s’ils élucident les trois énigmes que leur propose la princesse ils gagnent la main de celle-ci ainsi que le trône de Chine ; s’ils échouent, c’est la décapitation qui les attend.

Au moment où l’exécution du prince de Perse est imminente, le Prince inconnu arrive à Pékin et retrouve par hasard son père, roi de Tartarie déchu en exil et devenu aveugle ainsi que sa jeune guide (ancienne esclave) Liú qui aime le Prince en secret depuis qu’un jour celui-ci lui a souri, à elle, une esclave.

Le Prince inconnu condamne fermement la barbarie de la princesse mais, lorsque celle-ci apparaît, sublime, impassible, pour ordonner d’un geste la mise à mort, il en tombe amoureux et se précipite, au mépris des avertissements de son père et des larmes de Liú, pour frapper de trois coups le gong qui le déclare candidat aux énigmes.

 

La version que nous avons vue en classe est celle mise en scène par Franco Zeffirelli filmée au MET (Metropolitan Opera de New York) avec Marcello Giordani (Calaf) , Maria Guleghina (Turandot), Marina Poplavskaya (Liù). Plus d'informations ici

 

ACTE I

L’opéra s’ouvre sur le splendide palais impérial de Pékin.

Une foule se rassemble pour entendre un représentant de la royauté lire une proclamation rédigée par la princesse Turandot : tout prince demandant sa main devra répondre correctement à trois énigmes (« Popolo di Pechino »). S’il échoue, il sera exécuté.

Le dernier prétendant, le prince de Perse, est sur le point d’être mis à mort. Les citoyens, assoiffés de sang, s’élancent vers l’avant, mais sont repoussés par les gardiens (« Indietro, cani! »). Dans l’agitation, un vieil homme aveugle est renversé. Son esclave, Liù, outrée, s’écrie. Calàf, le prince exilé de Tartarie, vient à leur secours et reconnaît le vieil homme; il s’agit de son père, Timur, qu’il n’a pas vu depuis longtemps (« Padre! Mio padre! »). Lorsqu’il était roi, Timur avait été vaincu et s’était fait chasser de son royaume. Calàf, qui ne l’avait pas revu depuis de nombreuses années, le croyait mort.

On procède à l’exécution (« Gira la cote! »), à laquelle assiste la princesse Turandot. C’est alors que Calàf l’aperçoit pour la première fois. Fasciné par sa beauté, il fait résonner le gong, déclarant ainsi son intention d’obtenir sa main et donc de se soumettre au sort des trois énigmes.

Choeur "La sui monti dell'est" (= Là-bas, sur les monts de l'Est)

Dans cette scène, la lune est apparue, indiquant que le moment est venu de procéder à l’exécution. La foule se calme alors que flottent les voix d’enfants. Cet air est chanté en italien par un chœur à voix égales de garçons sur une mélodie traditionnelle chinoise "Molihua". Puccini s'est donc approprié des sonorités chinoises pour rendre plus authentique son opéra.

> Molihua (Fleur de Jasmin) : Chant traditionnel chinois / écoute fleur de jasmin / dans l'opéra Turandot

Traduction : Le chœur de garçons :  "Là-bas, sur les monts de l'est, la cigogne a chanté. Mais avril n’a pas refleurit, Mais la neige n’a pas fondu. Du désert à la mer, N’entends-tu pas mille voix soupirer : "Princesse, Descends vers moi ! Tout fleurira, tout resplendira !"

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Air de Liù "Signore ascolta" (= Monsieur, écoute) puis air de Calaf "Non piangere Liù" (Ne pleure pas Liù)

Liù supplie Calàf de ne pas relever le défi des énigmes. Enchaînement de ces deux airs puis décision finale de Calaf de participer aux énigmes : les trois coups de gong sonne la fin de ce premier acte avec le retour de la mélodie chinoise "Molihua"..

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ACTE II

Les trois ministres de la princesse, Ping, Pang et Pong, pensent à toutes les exécutions auxquelles ils ont assisté et souhaitent que l’amour triomphe du coeur de glace de Turandot (« Olà, Pang! »). Las de toutes ces exécutions inutiles, l’empereur, père de Turandot, prie Calàf de reconsidérer sa demande.

Pendant ce temps, Turandot chante pour la première fois, racontant qu’elle déteste tous les hommes parce que son aïeule a été assassinée par un prince (« In Questa Reggia »).

Calàf subit le test des trois énigmes (voir ce dessous) et répond correctement à chacune d’entre elles. À l’idée de devoir épouser Calàf, Turandot est horrifiée. Calàf lui propose donc sa propre énigme : si elle arrive à trouver son nom avant l’aube, elle n’aura pas à l’épouser et il lui sacrifiera sa vie. Turandot accepte de relever le défi.

question

1ère énigme

Dans la nuit sombre, vole une ombre irisée.

Elle s’élève et déploie ses ailes sur la noire, innombrable humanité !

Tout le monde l’invoque, tout le monde l’implore !

Mais l’ombre disparaît avec l’aurore pour renaître dans le cœur

et elle renaît chaque nuit, et chaque jour elle meurt avec confiance.

Que suis-je ?

*

2ème énigme

Vif comme la flamme, il n’est pas flamme !

Il est parfois délire, élan de fièvre, ardeur !

L’inertie le transmute en langueur !

Si tu te perds ou t’éteins, il se glace !

Si tu rêves de conquête, il s’enflamme !

Il possède une voix qu’en tremblant tu écoutes

et la vive lumière du soleil qui se couche !

Que suis-je ?

*

3ème énigme

Glace qui t’enflamme et se glace de ton feu !

Blanche et obscure !

En te voulant libre, elle te rend esclave, en t’acceptant pour esclave, elle te fait roi !

La glace qui enflamme,

Qu’est-ce donc ?

*

Air de la princesse Turandot "In questa Reggia" (= dans ce palais)

Il s’agit de la grande aria de Turandot, dans laquelle elle explique sa crainte des hommes et sa détermination à ne jamais se marier. Elle raconte qu’il y a de cela longtemps, son aïeule, la princesse Lou-Ling, a été enlevée et assassinée par un roi étranger. Pour cette raison, elle, Turandot, doit se venger..

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ACTE III

Tous, à travers le royaume, restent éveillés la nuit durant, tentant de trouver le nom du mystérieux étranger.

Pendant ce temps, Calàf pense en toute confiance au bonheur qui l’attend auprès de la princesse (« Nessun dorma! »).

Ping, Pang et Pong cherchent à convaincre Calàf de quitter la ville, mais celui-ci refuse.

Des soldats capturent Liù et Timur, et torturent la jeune esclave. Pour ne pas avoir à trahir Calàf, de qui elle est profondément amoureuse, Liù se tue (« Tu che di gel sei cinta »). L’amour altruiste de Liù décide Turandot, qui déclare qu’elle connaît le nom de l’étranger : c’est l’Amour (« Padre Augusto »). Elle accepte avec joie de l’épouser.

Airs célèbres : « Nessun dorma » (Calaf )// Mort de Liú : « Tanto amore, segreto… Tu, che di gel sei cinta » (Liú) // « Principessa di morte!» (Turandot, Calaf)

Le célèbre Air de Calaf "Nessun Dorma" (Que personne ne dorme!)

Tandis que la ville entière est éveillée afin de trouver le nom de l'étranger, Calaf le Prince inconnu demeure calme. Plongé dans la solitude de la nuit pékinoise., il est convaincu qu'il pourra finalement conquérir l'amour de Turandot, la princesse de glace. Cet air est chanté par le personnage Calaf, interprété par un ténor (= voix aiguë d'homme).

Traduction de l'italien :

La foule : Que personne ne dorme ! Que personne ne dorme !

Calaf : Que personne ne dorme ! Que personne ne dorme ! Toi aussi, Ô Princesse, Dans ta froide chambre Tu regardes les étoiles Qui tremblent d'amour et d'espérance... Mais mon mystère est scellé en moi, Personne ne saura mon nom ! Non, non, sur ta bouche, je le dirai, quand la lumière resplendira ! Et mon baiser brisera le silence Qui te fait mienne.

Chœur : Personne ne saura son nom... Et nous devrons, hélas, mourir, mourir !

Calaf : Dissipe-toi, Ô nuit ! Dispersez-vous, étoiles ! Dispersez-vous, étoiles ! À l'aube je vaincrai ! Je vaincrai ! Je vaincrai !

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Le Final (Finale en italien)

La princesse Turandot a finalement accepté d'épouser Calaf. La mélodie de "Nessun dorma" revient en tutti. Fin de l'opéra.

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>> PROJET MUSICAUX :

Fleur de Jasmin (Molihua)  - Chant traditionnel chinois

Voir plus haut, acte I de l'Opéra Turandot.

L'aventurier (1982) d'Indochine

Le groupe de rock français Indochine rend hommage au héros de romans et de bandes dessinées "Bob Morane" (créé en 1953 par Henri Vernes) accompagné de son ami "Bill Ballantine" et combattant ses ennemis (tels que "L'ombre jaune"et le "Doc Xhatan")

Cette musique rock a un élément qui sonne asiatique. En effet, un motif mélodique, présent dès le début de la chanson et se répétant à plusieurs reprises, est composé sur la gamme pentatonique (gamme de 5 notes) : Do/Ré/Mi/Sol/La.

> Accompagnement instrumental (en La mineur) pour s’entraîner à chanter : La min

> Pratique instrumentale pour accompagner ce chant, cliquez ici pour voir le travail de Bernard Bourbier, professeur de musique.

Chanson interprétée en live

 

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