L’orthographe à la Une…

21 02 2008

L’orthographe, une patate chaude…titre ( le Monde ) dans un récent article.

Danièle Manesse, professeure de sciences du langage, y analyse avec lucidité et concision le problème de l’orthographe, notamment à l’école primaire. La mise en pratique de L’O.R.L* (Observation Réfléchie de la Langue) a d’une certaine manière pénalisé les enseignants (et leurs élèves). Ils ont dû mettre en oeuvre de nouveaux modes d’apprentissages, fort intéressants car émanant du principe que la littérature participe à ce travail sur la langue. Traiter la grammaire et l’orthographe en liaison avec les textes et la réalité de l’écriture. L’idée est plus que noble, mais elle n’a pas eu l’effet escompté. Manque de formation? Complexité de notre langue? Mauvaise interprétation d’une théorie mal intégrée? Ou bien théorie difficilement adaptable à la pratique de classe? Un peu de tout cela, sans doute. Et de nombreux autres facteurs, qu’il est mal aisé de traiter en quelques lignes.

En revanche, il semble évident que l’application de l’O.R.L, conjointement à un programme surchargé par ailleurs, ne permettent pas de prendre suffisamment de temps pour la systématisation, la mémorisation et l’entraînement, autant d’étapes incontournables pour la bonne mise en place des structures grammaticales. Cela a immanquablement abouti à une déliquescence de l’orthographe ces dernières décennies.

 L’art de la pédagogie*, s’il en est, consiste justement à intégrer les récentes études réalisées dans le domaine de la langue et de la didactique* tout en les réajustant sans cesse dans la pratique de la classe.

Je rejoins également Danièle Manesse sur un autre point. Celui de la formation des enseignants en ce qui concerne l’étude de la langue. Même si le maître d’école ne se résume pas, loin de là, à un correcteur orthographique ou à un Bescherelles, il me paraît absolument nécessaire qu’il ait une maîtrise, sinon parfaite, du moins précise et ciblée du fonctionnement interne de la langue française. Davantage de linguistique*, dans les IUFM* est à mon sens, une donnée incontournable.

L’orthographe, la grammaire, le vocabulaire et la conjugaison, sont les premiers outils du « bien parler » au sens, du « bien s’exprimer », au sens de » je dis, et j’écris précisément ce que je pense, et mon camarade, ma maîtresse, mes parents comprennent exactement ce que je dis, ou ce que j’écris ». C’est important non? Ne jamais laisser une idée avorter faute de mots, de syntaxe, de temporalité. Car si les mots viennent à manquer, le doute, la méfiance, et pour finir, la violence prennent le pas. Un autre mode d’expression en quelque sorte. 
Pour ma part, je reste impitoyable quant à l’orthographe de mes élèves, quant à la manière dont ils formulent leurs prises de parole. Et ils me le rendent bien. Ils savent bien pourquoi je le leur demande. Je le leur explique chaque jour.  

« Si je laisse ta pensée s’exprimer avec approximation, je t’abandonne à une espèce de verbiage qui n’est pas digne de ce que tu es capable de dire. Et tu as beaucoup à dire et à écrire. Alors, prends le temps. Choisis le mot exact. Cherche la bonne tournure. »

En matière d’expression écrite ou orale, il n’y a pas de fautes, il n’y a que des erreurs, des omissions, des maladresses. C’est important qu’ils le sachent. C’est important que les parents sachent également que même s’ils l’ont oublié, l’apprentissage de la lecture et la maîtrise de la langue requièrent beaucoup de temps, de patience, de douceur, de vigilance.

Pour ce qui me concerne, je crois fermement en la valeur de la correction. L’hôpital des mots, comme je dis à mes élèves. Oui, tout est corrigé, (y compris mes propres oublis d’ailleurs…cela les amuse beaucoup et je les engage à me faire part des erreurs commises).Tout est donc systématiquement annoté et consigné dans leur répertoire personnel et individuel. Ce répertoire, qui grossit de septembre à février, est censé diminuer jusqu’à dépérir totalement en fin d’année. Un carnet magique avec lequel les élèves ne cessent de me demander de “jouer”.

 M’dam’, M’dam’ ch’peu faire mon carnet zéro faute avec ma voisine, j’ai fini mon travail!

L’orthographe, une patate chaude, mais qui peut se transformer en sujet d’exploration ludique et pédagogique. Si, si!

Pour faciliter la lecture et la juste compréhension de certains termes employés, vous retrouverez, classés par ordre alphabétique, dans mon dico d’éduc ( barre transversale, à droite) les mots repérables par les astérisques.

De l’orthographe, au vocabulaire… il n’y a qu’un clic!

Un autre clic qui vaut le détour, pour la saveur des ( motordus )! L’orthographe…fait salle comble!