ETRE un enfant. AVOIR 12 ans.

5 05 2008

  Lettre d’un enfant de 12 ans à ses parents

« Chers parents,

Ne m’éduquez pas comme vos parents vous ont éduqués, car je suis différent de ce que vous étiez à l’époque.

Vous pouvez m’aider en réalisant que vous devez devenir mes parents. Qui ne m’ont pas seulement conçu, mais qui m’incluent dans leur vie en tant que partenaire… C’est cela mon désir, le même que j’éprouvais à vous rejoindre, bien longtemps avant que je sois né. J’étais alors guidé par la confiance ; maintenant, j’ai besoin de votre loyaute !

J’aimerais apprendre comment un homme peut aider un autre et ce que l’un signifie pour l’autre. Car je pressens maintenant quelle peut être la solitude de l’homme. J’aimerais apprendre comment les hommes peuvent vivre ensemble malgré leurs différences.

Je devine le côté visible de mon corps ; celui qu’on peut toucher et décrire cache une autre face de moi-même que j’aimerais percevoir.

J’espère que vous apprendrez à me parler de là où l’homme invisible a son origine et où brille son étoile.

J’exprime mes questions de manière bien imparfaite. J’éprouve de l’incertitude en essayant d’expliquer ce que je sens au fond de moi-même.

J’aimerais apprendre à vivre avec ce que vous appelez conflits, à les connaître sans éprouver de peur, je ne suis pas toujours à la recherche de réponses à mes questions, mais plutôt de l’intérêt que vous leur portez. Bien souvent vous répondez n’importe comment pour avoir la paix.

Écoutez-moi attentivement car ma question en cache une seconde. Il vous faut beaucoup de temps pour moi.

Les principes ne m’intéressent pas. Je pense qu’ils proviennent de l’inertie de l’habitude. Mais j’aimerais savoir comment l’on peut faire la même chose demain autrement qu’aujourd’hui, tout en gardant son identité. Vos vérités sont mes possibilités. Tout pourrait être différent et parfois je me pose la question de savoir si ce monde est mon monde et si vous êtes mes vrais parents. Donnez-moi la possibilité de me trouver en apprenant à pardonner et ne cessez pas de participer à ma recherche de ce qui est vraiment juste.

La tolérance dépourvue d’intérêt est une lâcheté. Ne vous faites pas une image de moi, mais ayez confiance en moi, comme j’ai eu confiance en vous. »

Quand je lis cela, j’ai 12 ans moi aussi…

Quand je lis cela, je mesure la formidable liberté de la jeunesse et je réalise pleinement sa nécessaire insolence.

ETRE un enfant et AVOIR 12 ans, ou 2, ou 6, ou 16, ce n’est pas juste être le fils et la fille de ses parents, ou le bon et mauvaise élève de son prof…

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9 réponses à “ETRE un enfant. AVOIR 12 ans.”

5 05 2008
galan (19:50:49) :

je suis touchée par ce texte !

5 05 2008
ostiane mathon (20:05:36) :

« Touchée » parce que déjà mère ou touchée parce que vous avez douze ans?

C’est bon d’être émue, non?

Merci pour votre touche d’émotion.

A très bientôt! Revenez écrire et réagir…

6 05 2008
mertylle (09:59:15) :

touchée également, mais d’où vient ce texte ? Les mots sonnent « adulte ». Est-ce les sentiments d’un enfant de 12 ans retranscris par un adulte ? Qui est cet enfant ?

6 05 2008
ostiane mathon (20:18:00) :

Oui, je me suis posée exactement la même question et j’ai cherché la signature en vain.

Est-ce un enfant, ou non?

Finalement, je me suis dit, même si c’est un adulte qui a retranscrit les sentiments de cet enfant,et bien à 12 ans j’aurai aimé que ce quelqu’un puisse écrire cela à ma place.

Si l’un d’entre vous connaît l’identité de l’auteur…

7 05 2008
montelle (06:27:25) :

Cette lettre est du style de celle de Salomé (ci-dessous) et je trouve que Saomé est un fléau.
Désolé ! mais je n’aime pas du tout. Un adulte écrit à la place d’un enfant et en profite pour glisser ses fantasmes existentiels ou moralistes.
C’est une terrible manie de se construire une image de l’enfant petit-philosophe, petit-adulte, « bien plus sage et adulte que les adultes. Les parents se culpabilisent et sont bien incapables de tenir leur rôle de parents. Les enfants deviennent tout simplement insupportables car on nie l’enfance en eux, la vraie enfance.
A discuter…

Texte de Salomé :

Prière secrète d’un enfant à sa Mère et à son Père

Maman, Papa, je vous en supplie,
ne me laissez pas croire
que mes désirs sont tout puissants.

Maman, Papa, je vous prie
prenez le risque de me frustrer
et de me faire de la peine
en refusant certaines de mes demandes

Maman, Papa, c’est important,
pour moi, que vous sachiez me dire non,
que vous ne me laissiez pas croire,
que vous pouvez être tout pour moi,
que je peux être tout pour vous.

Maman, Papa, surtout,
entendez mes désirs,
mais n ‘y répondez pas tout de suite.
En les satisfaisant trop vite … vous risques de les assassiner.
Confirmez-moi que j’en ai, qu’ils sont recevables ou irrecevables
mais ne les prenez pas en charge à ma place.

Maman, Papa, S’il vous plaît,
ne revenez pas trop souvent sur un refus,
ne vous déjugez pas,
pour que je puisse ainsi découvrir
mes limites et avoir des repères clairs.

Maman, Papa,
même si je réagis, si je pleure,
si je te dis à toi. Maman  » méchante et sans cœur…  »
reste ferme et stable
cela me rassure et me construit,
si je t’accuse toi, Papa  » de ne rien comprendre  »
ne m’enferme pas dans mes réactions.

Maman, Papa, par pitié,
même si je tente de vous séduire, résister,
même si je vous inquiète, ne vous soumettez pas,
même si je vous agresse parfois, ne me rejetez pas,
c’est comme cela que je pourrai grandir.

Maman, Papa, vous dire aussi à chacun
que je suis que votre fils, votre fille.

Jacques SALOME.

16 05 2008
Catherine (15:13:13) :

Les mots écrits par des adultes à la place des enfants parlent aux adultes …
Certaines ont un sens, d’autres moins, certains messages touchent, d’autres moins …
Si je suis touchée par cette lettre d’adulte qui a écrit à la place d’un enfant, c’est que nous sommes adultes « ANCIENS ENFANTS ».
Il y a toute sortes d’adultes, ceux qui veulent faire la différence entre l’adulte et l’enfant et ceux qui voient une même personne à différents stades …
Ceux qui montent encore sur les chaises, ne sont-ils pas les mieux placés pour parler aux enfants ?
Certains adultes savent mieux retransmettre aux autres adultes, pourquoi ? Aux adultes qui montent sur les chaises …
Salomé touchent certains et pas d’autres … Il essaie selon moi d’expliquer avec des mots adultes aux adultes qui ne commprennent pas le langage des enfants, c’est un peu un traducteur et comme tout traducteur …

Et nous sommes tous philosophe, très tôt … quand nous regardons la lune à 5 ans et que nous demandons si les gens morts vont dans le ciel.

Bon week end

16 05 2008
ostiane mathon (16:18:07) :

Salut Cathy!

Séquence « Droit de réponse » entre blogueurs « bleu primaire ».

A qui la parole?

17 05 2008
montelle (06:15:07) :

Pour Catherine,
Salomé ne parle pas à la place des enfants. il propose des textes qu’il a écrits comme des leçons de sagesse existentielle ou des thérapeutiques pour des troubles psychologiques. Il se positionne comme gourou, celui qui sait. Or, il n’a que ses souvenirs d’enfance et sa réflexion personnelle à proposer (à bon prix d’ailleurs).
Il se trouve qu’il existe des milliers de textes qui portent une sagesse accumulée durant des millénaires. Les textes de la tradition orale : contes, légendes, mythes, devinettes, proverbes, chansons, dictons. Et tous les textes de la littérature. Ces textes, passés à l’épreuve d’écoutes ou de lectures innombrables, sont , à mon avis, de beaucoup plus grande utilité que les niaises historiettes qui fleurissent en masse chez les libraires.
Beaucoup de textes du patrimoine oral ou écrit sont polysémiques, obscurs, mystérieux. Ils demandent une interprétation qui aboutit à la construction de valeurs, éthiques ou esthétiques, à un embryon de philosophie. L’enfant se pose beaucoup de questions sur la vie. Ces textes suscitent une réflexion qui ouvre les voies de la sagesse, complément indispensable du savoir.

21 05 2008
Catherine (16:39:17) :

Et non le voilà, je l’ai retrouvé ce petit texte …

Finalement, qu’importe qui écrit, si cela touche quelqu’un et cela le fait rêver, réagir, agir, apprendre, … Bien sur certains seront plus lus et appréciés que d’autres et d’autres nous aideront à rêver et d’autres agir.

La question c’est comment choisir ?

Salomé a une chronique sur Clés pas trop mal:
http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=1475

Il est lu, écouté et reconnu …

« En octobre 2006 j’ai eu l’occasion de rencontrer plus de 1100 collégiens à Gap, dans les Hautes Alpes, pour leur parler durant trois heures de communication.

Le message qu’il me paraissait important de transmettre à ces enfants (classe de 4°) et donc à des futurs adultes était double.

* leur rappeler que lorsqu’on n’utilise pas les mots, on en est réduit à utiliser des maux : sur les autres (violence) et sur soi (auto violence)

* qu’il est possible d’apprendre à communiquer, c’est – à – dire à mettre en commun à partir de règles d’hygiène relationnelles simples accessibles à chacun et surtout transmissibles. Transmissibles en particulier à leurs copains et à leurs parents. »

Il y en a un que j’adore chez Clés:
Denis Marquet:
« L’adolescence est un temps de contradiction intérieure. On y est tiraillé entre deux mouvements nécessaires, mais opposés. L’un est le besoin de s’inscrire dans le monde, mais il faut pour cela se conformer au système d’attentes qui y prédomine. L’autre est le désir de vivre sa propre vérité : rayonner l’être unique que l’on est, aimer, créer. Durant la jeunesse, si elle est bien vécue, se prépare la force suffisante pour accorder le monde et la vie, c’est-à-dire les attentes de la société et le désir des profondeurs. Mais cet accord est rare. Il y a ceux, les plus nombreux, qui finissent par oublier leur désir pour se faire une place dans le monde ; mais il y a aussi les étemels idéalistes, qui ne savent être les gardiens de leur vérité qu’en refusant ce dernier. Or aujourd’hui, le monde est malade. »

http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=414

Bonne lecture.
Bonne soirée.
Catherine

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