Pédagogie et pratique de classe

9 05 2008

Ce matin, un article en forme de réponse au commentaire de JMD.

Constructivisme CONTRE behaviorisme

Cognitivisme CONTRE comportementalisme…

2 conceptions différentes de l’apprentissage ?

Découverte des principes CONTRE élaboration de l’association stimuli-réponse ?

Compréhension du concept CONTRE application du mécanisme ?

Construction de la représentation par paliers CONTRE pédagogie de la maîtrise ?

Approche abstraite de l’idée par la conceptualisation CONTRE entraînements systématiques à une règle donnée ?

Je ne vais pas ressortir ici tous mes cours de pédagogie et de sciences du comportement…Pavlof, Skinner, Piaget, Bachelard et d’autres compagnons d’infortune…

Aujourd’hui, je suis « Prof Dézécolle » et je réponds non à un grand oral de mathématiques supérieures, ni à des théoriciens en didactique des sciences. Je suis institi’ et je tente d’amener un maximum de mes élèves vers quelque chose qui ressemble à la compréhension du monde. Et dans le cadre de ma classe, je suis très opportuniste !               

Je n’ai jamais eu à choisir entre l’une ou l’autre de ces conceptions, je ne m’impose pas de choix pédagogiques qui excluraient l’une ou l’autre démarche. La question sur le terrain, au quotidien, ne se pose pas ainsi, me semble-t-il. Ni pour moi, ni pour les nombreux collègues -pédagogues, profs, instits’ ou enseignants- (à chacun de choisir sa dénomination), aux côtés de qui je travaille depuis 17 ans.

Je suis en classe, je tente comprendre comment fonctionnent le cerveau de mes petits élèves. 32 cerveaux…Vous imaginez…Et bien je suis heureuse d’avoir été, en amont, un minimum initiée à la psychologie comportementale…32 cerveaux, 32 démarches intellectuelles, 32 stratégies d’apprentissage…

Mon principe à moi : Il n’y a pas de ligne droite en matière de compréhension. Un principe donc, un autre me direz-vous, oui, mais qui ouvre, in fine, à de multiples voies et d’innombrables recours.

Donc, pas de gourou ni de grand maître prophétique. Juste de nombreux scientifiques, pédagogues, didacticiens, théoriciens à qui je rends hommage car ils me permettent au jour le jour de m’adapter à mes élèves et non de me conformer à un courant de pensée unique et par là même totalitaire.

Je remercie Skinner et j’applaudis Piaget, je ne fais pas de ma pratique de classe une exploitation idéologique et  sectaire. Je me sers de Montessori, mais je ne suis pas Maria, j’utilise Decroly, mais je ne m’appelle pas Ovide, j’écoute Meirieu, mais mon prénom n’est pas Philippe, je lis Bentolila sans faire de l’Alanisme, etc.

Et je crois pouvoir conclure en reprenant les premières lignes de cet article et en transformant le CONTRE par le ET/OU

Et pour en revenir à nos moutons… résoudre un problème en mathématique (ici, en situation d’évaluation):

1/ Il faut savoir lire, c’est à dire comprendre de quoi il est question. (travail sur l’énoncé et les consignes)

2/ Il faut anticiper la réponse attendue. (émissions d’hypothèses en référence à des contenus déjà vus en classe)

3/ Il faut trouver le concept duquel elle dépend. (réinvestissement d’un savoir précis)

4/ Il faut appliquer la règle ou le théorème dans le bon sens et au bon endroit. (transfert du mécanisme)

5/ Il faut maîtriser l’outil et le mécanisme. ( automatisation et entraînements préliminaires)

6/ Il faut vérifier le résultat en fonction du petit 2/

7/ Bien souvent, il faut tout recommencer!

COURAGE les enfants, on finira par y arriver!

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41 réponses à “Pédagogie et pratique de classe”

9 05 2008
jmdaigrefeuille (11:17:15) :

oh , la, la ! Vous posez-vous autant de questions pour chaque exercice de français ou de maths ?
Bon courage !
Cordialement JMD

9 05 2008
jmdaigrefeuille (11:41:12) :

Je frémis (c’est le moins que l’on puisse dire…). Je viens de lire votre réponse à mon post avec nombre de renvois (quel travail, bravo) !
Que de mots, de termes aussi savants les uns que les autres… Des articles, des thèses… que c’est beau tout cela !
Petite remarque sur un renvoi (« sciences du comportement »)… on arrive sur un site et, hop ! on lit (sic): « L’apprentissage dans le champS de la psychologie »…(TITRE)
Certaines fautes sont pour moi insupportables…
Las donc des thèses qui sont totalement hermétiques… Restons terre à terre !
Cordialement JMD

9 05 2008
ostiane mathon (12:18:07) :

“L’apprentissage dans le champS de la psychologie”…(TITRE)
Certaines fautes sont pour moi insupportables…

Figurez-vous cher JMD, non seulement je l’avais vu…mais j’ai choisi exprès cet article plutôt qu’un autre comme un petit clin d’oeil de ma part!

Et vous avez l’oeil…

Terre à terre?
Entre ciel et terre, je préfère!

9 05 2008
jmdaigrefeuille (12:34:16) :

« Entre ciel et terre »… dites-vous ; j’avais compris votre idéal !

9 05 2008
montelle (12:49:47) :

Merci Ostiane de situer ainsi le problème de la pédagogie.
Le rejet des « mots », des « termes » est significatif de ceux qui veulent revenir aux « fondamentaux ». Ils avouent ingénument leur ignorance.
Tu es entièrement fondée à revendiquer la complexité de l’acte éducatif. La « simplicité » ne comble que les simplets. Il est simple; en effet, d’enseigner les enfants qui ont reçu tout le bagage culturel et linguistique nécessaire à la maison. Il est extrêmement complexe, au contraire, de donner des chances à TOUS les enfants qui nous sont confiés.

9 05 2008
ostiane mathon (14:31:26) :

C’est vrai Christian, j’entends beaucoup de gens, amis, parents ou personnes sur-diplômées exprimer la chose ainsi:

« Oui, bon, on se calme, on est en primaire, ce n’est pas compliqué quand même 2+2=4 »

Comme si parce qu’une chose est simple pour un adulte qui sait, elle est simple par nature!

Comme si l’école ne se réduit qu’aux tables de multiplication ou aux tableaux de conjugaison.

Comme si l’enfant était un adulte en miniature…

Bizarre.

Mais les idées préconcues sont souvent les plus tenaces, tout comme les rumeurs sont plus difficiles à éteindre que des faits avérés!

Cela ne m’empêche pas de dormir, mais parfois…ça m’énerve, mais ça m’énerve…si vous saviez…

Cela étant dit, donner des chances à tous les enfants qui nous sont confiés n’entraîne pas automatiquement l’égalité des chances. Et c’est là encore que le bât blesse…

Ecole égalitaire, en quête d’égalité…Mais égalité de quoi?

Bon, la route est longue encore…Alors profitons au moins du paysage!

9 05 2008
jmdaigrefeuille (15:07:52) :

Pour répondre à l’attaque en règle du sieur Montelle (qui se croit investi de la SEULE vérité, la sienne), je ne puis que reprendre ses propres termes :
« Chaque enseignant doit conserver sa liberté, faire son marché dans les différentes théories pédagogiques selon sa propre personnalité et les besoins perçus chez les enfants qui lui sont confiés. Liberté, oui le maître mot : une fleur peut-elle s’épanouir sous une cloche ?
De toute façon toutes les stratégies d’apprentissage ou de lutte contre l’échec ne trouveront leur efficacité que si les enfants possèdent les outils incontournables pour l’accession à la pensée subtile, à la culture et aux savoirs : une haute langue orale, des capacités de raisonnement et d’interprétation, une envie d’apprendre basée sur la curiosité et l’enthousiasme. Parents et enseignants ont des responsabilités partagées dans ces domaines et les dresser les uns contre les autres est non seulement inepte, mais fort dommageable pour l’avenir de notre pays. »
A bon entendeur…
Cordialement JMD

9 05 2008
ostiane mathon (16:17:46) :

« Chaque enseignant doit conserver sa liberté, faire son marché dans les différentes théories pédagogiques selon sa propre personnalité et les besoins perçus chez les enfants qui lui sont confiés. »

Alors, là, j’abonde abondamment!

C’est d’ailleurs une des rares phrases sensées prononcées (les accords sont-il corrects? Une/des Un doute tout à coup…) bien moins pédagogiquemnt mais beaucoup plus politiquement par notre ministre Xavier Darcos qui, en marge des nouveaux programmes, insiste bien sur cette liberté pédagogique. Merci Monsieur le ministre!

Le hic, c’est que cette liberté garantie, avec les nouveaux programmes compressés, risque d’être réduite à la liberté d’empliler…

Mais bon, on bricolera, comme d’hab!
Euh, pardon JMD, ainsi qu’à notre habitude…N’est-ce pas mieux tourné de cette manière? Un peu pompeux quand même, non?

Allez, avant que l’orage n’éclate, il se rapproche de Paris, je vous souhaite une longue et fructueuse discussion!

Et les autres lecteurs sont cordialement invités à prendre part au(x) débat(s)!

Vous n’avez qu’à lever le doigt, je vous donnerai la parole!

9 05 2008
montelle (16:18:48) :

Cher JMDaigrefeuille
Pour répondre à quoi ??? Vous n’avez tout de même pas envisagé que je pensais à vous quand je parlais des simplets qui pensent que tout est simple ! Où alors vous faites preuve d’une modestie admirable.
En tout cas, merci de me citer : je trouve mon texte fort bon, digne du blog d’Ostiane, et il exprime vraiment mes opinions.

9 05 2008
montelle (16:36:56) :

Chère Ostiane,
Simple, par exemple, la règle qui dit que le verbe s’accorde avec son sujet. Si simple qu’elle est fausse dans la moitié des cas. Aux temps composés, à l’infinitif, au participe, cette règle est inadéquate.
« Les escargots ont mangé les laitues que Laetitia venait de planter ». « Mangé » et « planter » s’accordent-ils avec le sujet ? Ben non !
Cette inexactitude trouble beaucoup d’enfants et provoque d’innombrables erreurs (c’est une des principales origines des dysorthographies).
« Venait est le verbe » dirait le simpliste. Que non ! C’est un semi-auxiliaire (pour faire simple et traditionnel). Le verbe « qui exprime l’action » est bien : « planter ».
La linguistique est une de ces « thèses hermétiques » qui nous permettent de mieux rendre compte de notre langue et de donner sens et cohérence à l’enseignement de la grammaire.

9 05 2008
jmdaigrefeuille (18:40:57) :

J’apprécie, chère Ostiane, votre site ; vous êtes en réflexion, en recherche… ceci vous honore et je vous en félicite sincèrement. Je vous crois ouverte et réceptive.
Bravo !
Ce que je ne supporte vraiment pas ce sont les quelques donneurs de leçon(s) qui imposent LEUR vérité (?) avec quelques arrières pensées partisanes :
« Suivez-moi, car vous, vous faites fausse route, voici LA VERITE… », « Moi seul la détient… ». Tout cela enrobé de bonnes paroles, de citations, de références…
« Je trouve mon texte très bon  » et je flatte : « Il est digne d’être sur votre blogue »…

J’ai fait toute ma carrière sans avoir jamais ouvert un seul livre de pégagogie (excepté pour mon CAP, j’avoue, pour avoir des références…). Je n’ai « pondu aucun livre pseudo-pédago » (c’est facile à faire avec le net…). Je me suis tj. éclaté en classe, mes élèves aussi. Pas besoin de Piaget, Meirieu, Bentolila et je ne sais qui ! et franchement je n’en ai rien à faire !
J’accepte volontiers la discussion, sachez cependant que je serai absent pendant quelques jours : le CAC 40 ayant repris des couleurs depuis peu, j’ai réalisé mes bénéfices et vais partir en voyage dans le golfe arabo-persique où j’ai des attaches.

Bon courage dans votre quête de la vérité, sachez néanmoins que jamais vous ne la trouverez… sinon vous finirez comme ces affreux jojos qui croient la détenir et envoient aux gémonies tous ceux qui les contredisent…

Bien cordialement JMD

9 05 2008
ostiane mathon (19:14:58) :

« Bon courage dans votre quête de la vérité, sachez néanmoins que jamais vous ne la trouverez »

J’espère bien…ne jamais la trouver!
C’est le voyage qui compte, pas la ligne d’arrivée!

Alors bon voyage à vous le long des golfs clairs…et revenez bavarder avec nous, rapportez-nous des saveurs exotiques et des odeurs safranées…je vous envie!

Pour les donneurs de leçons, je crois que le climat actuel incite et les uns et les autres à des réactions du type crise d’urticaire.

Alors chacun se défend à sa manière et avec ses armes. Pas d’affolement pour autant. Je dirais même tant mieux, la contradiction, c’est un peu comme une chaloupe, elle aide à naviguer parfois à contre-courant, mais elle fait avancer l’équipage en évitant l’écueil de l’immobilisme.(Tiens, c’est pas mal ça…)

Et puis, vous l’avez bien cherché, non? Avouez, vous étiez un peu venu pour chatouiller les pédagogos…Me trompé-je?

Bon voyage JMD!
A bientôt

9 05 2008
jmdaigrefeuille (19:29:30) :

Bien évidemment je viens pour chatouiller… vous l’avez deviné !
Non, je ne m’affole pas, j’adore la discussion… c’est la raison pour laquelle je viens ici.
Vous m’êtes sympathique et je vous sens sincère et impliquée dans le grand challenge d’enseigner. A chacun sa personnalité. Je ne suis pas, loin de là, sectaire. Votre parcours prouve également que vous ne l’êtes pas non plus…
Bon courage…
NB: Même si mon enseignement est tout à fait opposé aux caciques qui détiennent la VERITE, je vous joins quelques témoignages d’élèves que j’ai sans doute massacré (aux dires des « pédagogos ») il y a environ 25 ans… (cf. »de vous à moi »)… c’est ma récompense.
Amicalement

10 05 2008
montelle (06:03:40) :

Mon bon JMD

Si vous n’étions pas venu le quolibet au clavier, je suis certain que nos échanges eussent été plus sereins et plus constructifs.Mais qui s’y frotte s’y pique !

Bon voyage !

10 05 2008
jmdaigrefeuille (07:35:11) :

Enseigner c’est comme la navigation à voile… cela ne s’apprend pas dans les livres.
La météo (les programmes) on fait avec… Il est plus aisé de faire une transat par les alizés à la bonne saison qu’une simple traversée St Malo-Jersey en novembre.
L’essentiel,hormis le bateau, est d’être un bon skipper et briffer son équipage que l’on doit surveiller du coin de l’oeil.
Vous ne trouverez aucun bouquin pour vous expliquer comment régler les écoutes, quand il faut changer de voilure, prendre des ris, et comment accoster dans un port ou pour tourner l’amarre…
En attendant je vais préparer mes valises…
L’essentiel est de partir d’un point A et d’arriver sans encombre avec un équipage frais au point B, bateau briqué à l’arrivée !

10 05 2008
ostiane mathon (08:00:15) :

« Enseigner c’est comme la navigation à voile… cela ne s’apprend pas dans les livres. »

Je rajouterai juste un petit QUE entre le « pas » et le « dans »

Je me souviens de quelques petits détours théoriques sur la prise de ris, le sens des priorités dans un chenal, la manière de loffer ou d’empanner…mais c’est certain, pour bien manier drisse, taquet, bôme, tape-cul et autres trinquettes, rien ne vaut le voyage au long cours, une ou deux tempêtes, la pêche à la traîne, et deux ou trois accostages en urgence…

10 05 2008
jmdaigrefeuille (12:45:50) :

Le chantre de « LA HAUTE LANGUE ORALE » pourrait-il m’éclaircir sur ses écrits (voir ci-dessus), je cite : « Si vous n’étions pas venu le quolibet au clavier, je suis certain que nos échanges eussent été plus sereins. » Vous êtes sans doute un adepte de la stéganographie…

10 05 2008
ostiane mathon (15:21:19) :

Vous dites, JMD

« J’ai fait toute ma carrière sans avoir jamais ouvert un seul livre de pégagogie »

Je vous réponds:

J’ai vécu 40 ans sans boire une goutte de vin. (Ou peut-être une fois, pour « faire genre », oh comme sa robe est jolie, comme il est rond en bouche, avec un ce retour chaleureux qui fait frémir le palais…)

Comme vous pour la pédagogie, je n’en ressens aucun manque, pourtant je pense sincèrement que je manque quelque chose…

Vous dites encore:

« Je me suis tj. éclaté en classe, mes élèves aussi. »

Je vous réponds:

J’ai toujours passé d’excellentes soirées, mes convives aussi…Enfin, j’espère que les bouteilles qu’ils trouvent à ma table sont à la hauteur de l’amitié qu’ils me témoignent!

Parce qu’on n’aime pas le vin, faut-il dire qu’il est mauvais?

11 05 2008
montelle (06:44:58) :

Hi JMD

Je croyais que vous étiez en voyage…
Je vous rappelle vos premiers messages sur ce blog :
« M’est avis que vous avez bien du temps à perdre à pondre chaque semaine autant de lignes pseudo “pédagogo”…?L’instituteur/trice est avant tout “artiste”…?Cordialement
Si j’ai bien compris vous êtes tous fans (ventilateurs en anglais…) de Meirieu l’hermétique (beurk) ? Quant au SLECC qu’est-ce ??Me trompé-je ??JMD : chevalier dans l’ordre des Palmes académiques pour vous servir…?Cordialement »

Si ce n’est pas une déclaration de guerre : pédagogos, ventilateurs… Et vous venez pleurer auprès de la maîtresse parce qu’il y a un gros méchant qui… !!!
En fait, vous êtes un vieil instit aigri, comme il y en tant. Je les connais assez bien et j’ai de la sympathie pour eux parce qu’ils ont été maltraités par les formateurs (de la MAFPEN, en particulier). Alors qu’ils possédaient leur métier, à leur manière, on venait leur dire que tout ce qu’il avaient fait était nul et non avenu. Quand j’encadrais des « stages CM2/6e, j’ai eu tout le loisir de les comprendre et de tenter de leur faire comprendre qu’enseigner à une minorité soigneusement triée est tout autre chose que de permettre à tous les enfants de suivre les études nécessaires pour affronter la complexité de notre monde.
Le système ancien fonctionnait, mais fonctionnait mal, quoi que les nostalgiques disent. Revenir aux anciennes méthodes va provoquer beaucoup de dégâts, à mon avis. Je n’ignore pas pour autant toutes les erreurs qui ont été commises au fil des « réformes ».
Voilà de quoi nous aurions pu discuter calmement si vous n’aviez pas déboulé sur ce blog l’insulte au poing et en vous attaquant à Philippe Meirieu, un homme que j’admire beaucoup et qui est l’objet d’attaques particulièrement ignobles. Si vous le connaissiez, vous vous apercevriez tout de suite que vous ne lui arrivez pas à l’astragale.

L’explication de texte est suffisante ?
Bon alors, ces valises ?

11 05 2008
ostiane mathon (09:26:10) :

« Le système ancien fonctionnait, mais fonctionnait mal, quoi que les nostalgiques disent »

Le problème Christian, c’est que le système d’aujourd’hui fonctionne toujours aussi mal, et j’ai beau prôner l’utopisme, je crains fort que leS systèmeS de demain ne fonctionnent ni mieux ni pire… »

Des exclus, il y en avait, il y en a et il aura toujours…Le fonctionnement même de tout système ne reposet-t-il pas sur ces exclus?

Je me retourne, je vois un exclu, c’est donc que je n’en suis pas un…ouf vive le système, il fonctionne!

Je rêve d’une Ecole et non d’UN système, entre honorable tradition et respectable anarchie…

Bon, si mes parents d’élèves lisent tous les commentaires…je vais avoir droit à quelques mots en bonnes et dues formes!

Non, pas de mots, chers parents, des commentaires, ici, maintenant!

A vous!

11 05 2008
montelle (11:41:12) :

“Le système ancien fonctionnait, mais fonctionnait mal, quoi que les nostalgiques disent” disais-je. Permets-moi de citer un passage de mon ouvrage sur la langue orale :
« Pendant longtemps, les enseignants de français ont été, dans les établissements de second degré, des professeurs de littérature. Il était entendu que leurs élèves avaient acquis un niveau de langage suffisant pour entrer dans la classe de sixième, dont l’accès était muni d’un filtre très efficace pour barrer la route à la plupart des enfants : un examen difficile éliminait, ceux dont les compétences linguistiques étaient insuffisantes et qui restaient, en majorité, hors du circuit des études longues et de la culture savante.
L’échec scolaire touchait aussi les catégories si sévèrement sélectionnées : selon une enquête de R. Naudin, parue en juin 1953 dans la revue Avenirs, sur cent écoliers inscrits en sixième en 1946, on en retrouvait seulement soixante à l’entrée en seconde. L’auteur estimait que sur quatre élèves entrant en sixième cette année-là, un seul obtiendrait le bac complet (1e et 2e parties). Il serait temps d’abandonner les fantasmes nostalgiques d’une belle époque, douces rêveries qui n’ont rien à voir avec la réalité d’alors. Le niveau général de la population s’est amélioré : les enfants sont plus éveillés et connaissent beaucoup de choses, mais beaucoup ne parviennent pas à organiser leur savoir. Les exigences de la civilisation moderne ont augmenté de façon exponentielle, et c’est ce défi que nous devons relever. Je suis persuadé qu’une pédagogie plus humaniste et respectant mieux la psychologie des enfants pourrait ramener le respect et la paix dans les écoles, en bannir l’ennui et la rébellion.

Naguère, dans les milieux favorisés, les acquisitions linguistiques se faisaient essentiellement par imprégnation : dictées, récitations, étude de « beaux textes », langage irréprochable des maîtres et des parents, lectures de textes littéraires : c’était l’époque du : « Ne dites pas, mais dites… ». On exigeait d’un enfant qui prononçait un gros mot qu’il se lavât la bouche avec du savon de Marseille ! Cette époque ne peut susciter aucune nostalgie, d’autant que ces méthodes étaient très relativement efficaces. Il importe de trouver d’autres moyens pour amener les enfants à pratiquer notre langue dans toute sa richesse ! »
L’erreur a été, quand on a fondé les collèges pour tous, de ne pas tenir compte du fait que la maîtrise d’une langue suffisante était indispensable pour que cette généralisation de l’enseignement secondaire à tous soit profitable. On eût dû se préoccuper d’homogénéiser le niveau linguistique en mettant à profit les deux années de scolarisation supplémentaires, et cela dès la maternelle.
Il n’est pas trop tard pour le faire et de faire mentir Ostiane quand elle dit :
« je crains fort que les systèmes de demain ne fonctionnent ni mieux ni pire… »
L’outil qui permet l’acquisition de la pensée complexe, de la culture et des savoirs est la langue que l’on doit transmettre d’abord sous sa forme orale la plus élaborée, la haute orale sur laquelle mon contempteur tente d’ironiser.

11 05 2008
ostiane mathon (15:11:03) :

« ceux dont les compétences linguistiques étaient insuffisantes et qui restaient, en majorité, hors du circuit des études longues et de la culture savante. »

Mais,n’est-ce pas encore vrai aujourd’hui?

Avec cette différence que oui, davantage d’élèves passent le bac et accèdent aux études supérieures, mais un grand nombre d’entre eux finit de la même manière, en marge et exclu de la société…

Alors oui, ils ont gagné quelques années…Mais le système n’a pas évolué. La société est fabriquée pour les élites puisque ce sont les élites qui formatent les structures.

Tant que l’outil linguistique ECRIT reste le seul et l’UNIQUE à l’honneur à l’école,puis au collège, puis au lycée, puis dans les grandes écoles, puis dans les hautes sphères nous risquons de continuer dans cette même logique d’exclusion et de non absorption.

Alors oui, Christian, j’accepte bien volontiers cette formule comme une piste à suivre:

 » L’outil qui permet l’acquisition de la pensée complexe, de la culture et des savoirs est la langue que l’on doit transmettre d’abord sous sa forme orale la plus élaborée. »

11 05 2008
montelle (15:25:54) :

Depuis plus de 20 ans, je lutte pour tenter de convaincre que l’échec scolaire ne peut être vaincu si les enfants ne se voient pas dotés de la langue (orale d’abord) de la pensée et de la culture.Il faut continuer !
Les réticences sont énormes. Si on transmettait à tous les enfants cette haute langue orale, tous pourraient accéder aux grandes écoles et la concurrence serait très rude pour les enfants de nantis.
Les professeurs participent, souvent sans en avoir conscience, à cette reproduction des hiérarchies sociales qui deviennent caricaturales avec la progression foudroyante des pratiques népotistes.

11 05 2008
ostiane mathon (15:40:28) :

« Les professeurs participent, souvent sans en avoir conscience, à cette reproduction des hiérarchies sociales  »

Mais quand on en a conscience, et qu’on a du mal à s’en défaire pour tout un tas de bonnes et de mauvaises raisons…que ça fait mal à la conscience!

11 05 2008
montelle (16:34:16) :

Il est possible de transmettre beaucoup, ne serait-ce que dans notre petit cadre professionnel.
Et les thèses finissent par émerger, même s’il est vrai qu’elles sont récupérées, détournées.

11 05 2008
ostiane mathon (21:01:59) :

Pour aujourd’hui, terminons sur cette note positive.

Il est possible de transmettre, un peu beaucoup, passionnément!

12 05 2008
Laurent Carle (06:13:11) :

« J’ai fait toute ma carrière sans avoir jamais ouvert un seul livre de pégagogie (excepté pour mon CAP, j’avoue, pour avoir des références…). Je n’ai “pondu aucun livre pseudo-pédago” (c’est facile à faire avec le net…). Je me suis tj. éclaté en classe, mes élèves aussi. Pas besoin de Piaget, Meirieu, Bentolila et je ne sais qui ! et franchement je n’en ai rien à faire ! »

Si le médecin qui soigne JMDAIGREFEUILLE quand il est malade et le mécanicien qui répare sa voiture quand elle est en panne sont sont aussi fâchés que lui avec leur formation professionnelle, médicale ou mécanique, il ferait bien de prendre une assurance vie en faveur de sa femme et de ses enfants, car il ne devrait pas tarder à s’éclater sur route et aux urgences.

« L’outil qui permet l’acquisition de la pensée complexe, de la culture et des savoirs est la langue que l’on doit transmettre d’abord sous sa forme orale la plus élaborée, la haute orale… »

Un enfant d’immigré primo-arrivant et non francophone peut apprendre le français écrit (lire-écrire) et parlé simultanément. Il n’y a ni ordre scolaire chronologique, ni loi civile qui imposerait la supériorité et le primat de l’oral sur l’écrit. Quant aux sourds, ils ne savent rien de la « haute langue orale » et ils lisent.

12 05 2008
montelle (06:53:57) :

« Quant aux sourds, ils ne savent rien de la “haute langue orale” et ils lisent. »
Pourriez-vous nous expliquer quel est leur « image » des mots ?

Un ami,sourd total, lit et a passé le bac, mais sa mère, orthophoniste, lui a appris l’image phonique des mots (par la technique des doigts sur la gorge.

Pour vous remémorer un mot, faites-vous appel à son image graphique ou à son image graphique ou à son image iconique ? Pour moi, c’est l’image phonique. L’écrit n’est qu’une trace tardive dans l’histoire de l’humanité.

12 05 2008
montelle (07:08:53) :

« Il n’y a ni ordre scolaire chronologique, ni loi civile qui imposerait la supériorité et le primat de l’oral sur l’écrit. »
Qui le prétend ?
Il n’y a aucune primauté hiérarchique de l’oral, simplement une antériorité aussi bien dans l’ontogénèse que dans la phylogénèse.
Le commerce avec la langue a été exclusivement oral durant des millénaires. La pratique de la langue est d’abord orale, chez les enfants qui entendent.
L’écouter-dire précède le lire-écrire. Je veux simplement utiliser cette période au cours de laquelle les capacités d’apprentissage et de mémorisation des enfants est immense pour enrichir leurs stocks linguistiques et culturels. De façon à leur permettre un accès beaucoup plus aisé au monde de l’écrit et non pour imposer une quelconque supériorité de l’oral.

12 05 2008
ostiane mathon (09:12:13) :

« Un enfant d’immigré primo-arrivant et non francophone peut apprendre le français écrit (lire-écrire) et parlé simultanément. »

Certes, mais avec beaucoup de difficultés me semble-t-il car au lire-écrire il faut ajouter COMPRENDRE,INTERPRETER, REFORMULER,(S)’EXPRIMER.

Lire écrire ET dire ne nécessitent-ils pas tout un ensemble de référents linguistiques, culturels, phoniques, graphiques, icôniques, rythmiques…?

Il me paraît assez naturel dans les premiers apprentissages de développer antérieurement, sans supériorité ni exclusivité aucune, les deux premiers de nos modes d’expression: le geste et la voix.

Mimes, théâtralisation, vocalisation…

Arrivée sans bagages professionnel, dans une école française à l’étranger, on me donne un poste à l’année en moyenne section de maternelle.

Premier jour de classe, les enfants, tous les enfants aiment les histoires n’est-ce pas? (non en fait, mais je ne le savais pas encore!)…je m’installe donc dans le coin « coussin lecture » de ma classe, mes petits élèves autour de moi et je commence à lire « Boucle d’or et les 3 ours »…après quelques petites minutes de silence (qui n’avaient rien à voir avec l’écoute mais plutôt avec la stupéfaction) petits mouvements en tous sens puis brouhaha généralisé envahissent l’espace. Bref, la cata! Même les petits Français boudaient mon histoire! Même les images ne leur parlaient pas!

Alors, je me lève, je ferme les rideaux de la classe (par peur d’être vue…), et je commence à murmurer d’une toute petite voix, puis d’une voix moyenne, puis à grogner d’une très grosse voix. Je me déplace de Francesco à Julia, de Sebastian à Filipa. je commence à raCONTER. Je monte sur un chaise, pour regarder par le trou de la serrure de la porte de la maison des trois ours, je bois dans le bol de la dînette, la soupe du petit ours; je mets en geste, en bouche les mots, les expressions. J’essaye de donner corps au texte.

Puis, jour après jour, j’ai diminué la dimension mise en scène pour me centrer davantage sur l’objet livre.
Jour après jour, mes petits élèves se sont appropriés les personnages, les décors, l’histoire. Jamais je ne lachais le livre. Jamais je ne transformais le texte. Pour qu’ils sachent que tout était là, dans les pages, écrit, scellé par les mots, par les phrases.

Et quelle ne fut pas ma grande surprise de trouver un matin, Lydia, assise, le livre en main, raconter ou lire le même conte à José.

J’ai compris la différence entre lire une histoire, raconter une histoire et vivre un texte. Et j’ai réalisé, dans ce cas précis, que les mots écrits pour des tout jeunes enfants trouvent leurs sens dans la voix et dans la vie que le conteur, lecteur veut bien leur donner. Des mots qui prennent sens car ils ont été éprouvés collectivement avant d’être compris individuellement.

Cette toute première expérience a fortement induit les conceptions que j’ai de l’apprentissage et de l’enseignement que je conçois depuis comme un partage d’expériences.

Mais tout cela a été et reste de ma part très intuitif. Je ne théorise pas su le sujet. Je n’en fais pas un domaine d’expertise, loin de là…

Je tatonne encore!

12 05 2008
montelle (11:43:50) :

« Jamais je ne lachais le livre. Jamais je ne transformais le texte. »
Il existe un type de contes spécialement adapté à cet âge : les contes énumératifs ou de randonnée. Le corpus des contes est mal connu et très mal employé. Il existait des récits fondateurs, comme les contes, pour chaque âge de la vie.
Pour les petits ou les handicapés, il est important de ne pas changer le texte. L’appropriation du récit qui permet d’y ajouter sa propre poétique vient plus tard.

Merci pour ce témoignage qui montre la différence entre lire et conter. Peu d’enseignants la comprennent.

12 05 2008
ostiane mathon (11:53:09) :

Pour aller plus loin sur le sujet du Français Langue Etrangère

http://www.toujoursdesmots.com/dpm/index.php

Ou encore

http://www.edufle.net/+Francais-integre-a-l-ecole+

12 05 2008
montelle (12:24:50) :

J’ai enseigné dix ans le français langue étrangère+des cours pour adultes turcs, en métropole. On apprend beaucoup de choses sur l’enseignement de la langue dans ce cadre. Pour des étrangers, il n’y a pas d’évidence, pas de préétabli. Il faut alors prendre conscience de difficultés qui ne nous était pas apparues d’un premier abord. Ainsi pour les verbes irréguliers, la terreur des enfants qui apprennent notre langue, alors que pour nous ils sont évidents.

12 05 2008
montelle (12:27:00) :

Aie ! aie ! aie !
« qui ne nous étaient pas apparues »…
JMD nous guette ! Là, je suis dans le péché mortel !!!

13 05 2008
Laurent Carle (09:50:41) :

Les professeurs de lettres savent lire le latin et le grec ancien. Ils ne savent pas le parler et on ne le leur demande pas. Pour cause, ces langues sont mortes. Preuve de plus qu’on peut lire une langue qu’on ne parle pas. Personnellement, je déchiffre bien le latin et le grec ancien, mais je ne comprends pas ce que je déchiffre. Preuve de plus que déchiffrer n’est pas lire et que le déchiffrage ne conduit pas au sens de l’écrit. A l’inverse, savoir lire la langue écrite permet de la déchiffrer.

17 05 2008
montelle (09:45:06) :

Pas très clair ! Qu’entendez-vous exactement par lire, savoir lire ? Et « parler » une langue ?

18 05 2008
Christian Watthez (20:35:26) :

“Oui, bon, on se calme, on est en primaire, ce n’est pas compliqué quand même 2+2=4?…

Récemment, une de mes amies instit’ (en Belgique, c’est toujours l’appellation officielle des enseignants du primaire) me partageait la réaction de son mari, médecin : « ce n’est quand même pas compliqué d’apprendre à des enfants de 6 ans que 2+2=4 ! »
Je lui ai suggéré de lui répondre ceci : « Et toi, quand un patient vient se plaindre d’un mal de tête persistant, c’est facile : tu n’as qu’à lui prescrire de prendre de l’aspirine… C’est à la portée de tout le monde ».

Le problème, en pédagogie, n’est-il pas lié au fait que n’importe quel profane se sent compétent ? Quand donc le métier de professeur des écoles sera-t-il reconnu comme une profession de très haute complexité ?

Bien cordialement,

19 05 2008
montelle (06:43:08) :

La dévalorisation des métiers est générale et intéressée. Si tout le monde peut le faire (do it yourself) les rémunérations n’ont pas à être élevées !
Combien de médecins profanes, de plombiers profanes, d’économistes profanes, etc, etc ?
Mais tout le monde est en quête du bon prof, du bon toubib, du bon plombier. Celui qui connaît son métier ? Qui est donc à connaître, à apprendre patiemment au jour de la théorie mêlée à la pratique ? Tout sauf « simple ».

19 05 2008
ostiane mathon (13:22:17) :

@ Christian W

« la réaction de son mari, médecin : “ce n’est quand même pas compliqué d’apprendre à des enfants de 6 ans que 2+2=4 !”

Et bien je peux vous dire que « le mien de mari »,cela fait quelques temps qu’il a bien compris qu’il n’avait pas intérêt à prononcer ni même à envisager de penser le premier mot d’une telle phrase! Représailles assurées!

Vous dites encore

« Le problème, en pédagogie, n’est-il pas lié au fait que n’importe quel profane se sent compétent ? »

Oui, Christian…Et la raison en est que tout le monde est concerné à un moment ou à autre par l’école. Alors, chacun a son mot à dire. Ce qui n’est pas sans intérêt d’ailleurs. Et c’est bien le projet de ce blog, donner la parole à tous et réunir des points de vue divers, car complémentaires.

Toute expérience, quelle qu’elle soit, donne la légitimité de la parole. MAIS être allé enfant à l’école ou être parent d’élève ne veut pas dire savoir ce qu’est l’enseignement. On voit ce à quoi cela ressemble, vue de l’extérieur, mais il est très difficile, impossible même, d’en percevoir la réalité et l’incommensurable complexité. C’est ainsi…à nous de mettre en relief cette face cachée. Non pas pour la gloire, mais tout de même, ce serait plus simple pour tout le monde si chacun considérait les enseignants comme de vrais professionnels et non pas comme de sympathiques et Gentils Organisateurs, façon club med spécialisé pour enfants scolarisés…Jamais une profession n’est autant discutée par tous et sur tout que le métier d’enseignant.

Et c’est vrai…c’est fatigant à la longue…Alors après, on s’étonne de notre fort esprit corporatiste. Mais il faut bien, quelque part, se sentir reconnu par quelqu’un!

Bien sûr il y a les élèves. Merci à leurs yeux et à leurs sourires.

Mais d’adulte à adulte…c’est autre chose tout de même! NON?

19 05 2008
Christian Watthez (19:27:21) :

Bonjour Ostiane,

en Belgique aussi, le métier d’instit’ est mal reconnu par les adultes non professionnels de l’école. Cela dit, je pense qu’une part des enseignants en sont responsables, car ils ne se profilent pas eux-mêmes face aux parents comme de vrais professionnels de l’apprentissage : par exemple, combien connaissent vraiment les textes officiels, sont au clair avec les programmes, maîtrisent finement les savoirs mis en jeu par les activités développées, sont à même de sortir des « bonnes vieilles méthodes » pour développer une pratique réflexive articulée sur « l’ici et maintenant » de la classe, sont capables d’expliciter et d’argumenter leurs choix face à un public non averti ?

De nombreux enseignants ont tendance à se plaindre de la complexité de leur métier. Ne devraient-ils pas pourtant en être fiers, et la revendiquer plutôt que la subir ?

Bien cordialement,

Christian

20 05 2008
ostiane mathon (19:56:53) :

Ce n’est pas la complexité que nous subissons, et vous avez raison Christian, d’insiter sur le fait qu’elle participe à notre fierté. je le vis comme cela, sans en être saturée. J’aime cette complexité car elle me maintient en éveil.

Ce que nous subissons, c’est l’inadéquation de cette complexité avec l’idée d’une majorité de personne qui consiste à penser que puisque nous enseignons en primaire, c’est un métier primaire, au sens de simpliste. Et de cela, je suis lasse.

Il faut sans cesse expliquer, argumenter, démontrer que oui, c’est un métier, au sens plein du terme. Pas une occupation charitable ni un passe-temps utilitaire.

Un métier. Ni plus mais ni moins!

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