Allô maman bobo!

22 05 2008

Quand récréation

rime avec hospitalisation…

Qui n’a pas connu ce coup de fil en pleine réunion…allô, bonjour Madame, alors ne vous affolez pas, ici l’école de votre fils, avez-vous une bonne mutuelle?

Non, je blogue, enfin je blague, enfin pas vraiment!

Cette année…et c’est la maman qui parle…mâchoire supérieure, petit doigt de pied, clavicule…ça commence toujours de la même manière…Ostiane, c’est pour toi, téléphone! Tu prends sur la ligne 0? Oui, merci, tu peux m’appeler un taxi en urgence? Aujourd’hui, 1 bus sur 3….Et je crois que je vais en avoir besoin…

L’école: la cour de récré, les couloirs, les portes, les escaliers, les jeux de cache-cache, la course poursuite…etc

Accidents de la vie, petits et gros bobos.

Comment vivre ces moments avec l’enfant, avec l’école, avec le camarade responsable ou non. Tiens, le voilà le mot: RES-PON-SA-BI-LI-TE

Dans un monde où la faute n’est plus acceptable, où l’erreur est mal vécue, où l’imprévu est rayé du vocabulaire, où la responsabilité est légalement engagée à tous les échelons de la vie, où la législation régie toutes les situations  quotidiennes, etc…comment faire accepter chez les jeunes et les moins jeunes, cette notion de risque pourtant tellement nécessaire, tellement formatrice, tellement vitale.

C’est la faute à…

Qui est le coupable?

Qui est le responsable?

A l’école, et là c’est l’instit’ qui reprend la parole, nous vivons directement et de plein fouet cette généralisation du législatif dans la vie scolaire.

Organiser une sortie devient parcours du combattant, proposer un voyage scolaire relève de mission impossible, proposer l’intervention d’un professionnel non labellisé éducation nationale est un acte illégal, laisser aller les enfants aux toilettes, sans surveillance est passible de pénalité, partager un goûter peut dégénérer en psychose allergisante….etc

Alors pour en revenir à mon sujet de départ… »Qui surveillait la cour? A quel endroit précis a eu lieu l’impact entre les deux enfants? Où se trouvait très exactement le référent adulte? A quelle heure a-t-il pris son service? Combien d’enfants jouaient dans le même espace au moment du sinistre…. »

L’école, lieu de vie, de collectivité, d’énergies contradictoires avec ce que cela engendre comme risques encourus?

Ou bien espace aseptisé, lisse, hyper formaté, du type école sur papier glacé…

Qu’en pensez-vous?

Quelle place dans nos vies pour la prise de risque et l’acceptation de la non maîtrise des événements?  Quel équilibre entre nécessaire sécurité et absolu contrôle? Et surtout quelle incidence sur nos comportements, nos réactions et nos mentalités?

Bon, ce sera tout pour aujourd’hui…Je vous laisse la parole…Qui se risquera à s’exprimer en premier?

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Une réponse à “Allô maman bobo!”

23 05 2008
entredeux (07:04:18) :

Bonjour Ostiane et les amis bleus

AUjourd’hui, je ne me laisserai pas aux grands discours théoriques, mais à l’explication d’un cas qui m’est arrivé, et qui me semble démonstration des exagérations de tout ce qu’Ostiane décrit comme nouvelles règles légales….

A l’époque mon fiston devait être en CE1.
10h : appel (en réunion, yes !) : « votre fils a reçu un mauvais coup dans l’entrejambe, j’ai appelé les pompiers ».

10h30 : partie en catastrophe du boulot, j’arrive à l’école en même temps que les pompiers. Mon étude du cas me fait penser qu’il n’y a absolument RIEN de grave. Je dis aux pompiers « c’est bon, je gère »…. Eux me répondent « non, la procédure est lancée, nous nous devons de l’emmener à l’hopital ; vous pouvez nous suivre en voiture si vous le souhaitez »

Suivent 30 minutes durant lesquelles, derrière l’immense camion rouge, je partage mon humeur entre « c’est trop drôle comme expérience de suivre un camion rouge » ; « je suis une mauvaise mère à toujours tout minimisé » ; « l’état exagère »….

Je vous passe l’arrivée aux urgences…. Radio, examen, pour m’entendre dire « votre fils n’a absolument rien ».

Combien tout cela a-t-il coûté ? Je n’ose le comptabiliser……..

J’entends bien qu’il est des parents qui, dans le cas où le diagnostic se serait avéré mauvais, et où le corps enseignant n’aurait pas réagi, les conséquences juridiques eut été grave….. MAIS TOUT DE MEME !

Voilà, je vous laisse commenter, personnellement j’ai trouvé l’expérience INACCEPTABLE d’un point de vue CIVIQUE.

Bonne journée à tous.

Cécile

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