Les CM1 ont fait leur cinéma!

30 05 2008

Dans le cadre de notre forum des métiers, nous avons reçu cette semaine le papa de Cléo, qui travaille pour une chaîne de  télévision, au service des achats de scénarios.

Il revenait de Cannes, alors, bien sûr, nous étions tous très impatients!

Des stars, des potins, des rumeurs, des paillettes?

Pas du tout, les enfants ne sont pas comme les adultes. Ils n’ont pas besoin de cela pour rêver.

Nous avons appris tellement de choses.

Pour que le film arrive en salle, il a fallu qu’il traverse toute une longue chaîne  d’étapes.

Que de métiers différents, que d’hommes et de femmes invisibles et méconnus du grand public.

Scénariste, réalisateur, distributeur, acteur, décorateur, costumier, éclairagiste, preneur de son, cameraman, monteur, maquilleur, cascadeur…

Une grande foire aux mots: générique, doublure, court métrage, image rush…

Et puis surtout, la prise de conscience que fiction n’est pas réalité.

– Mais le Titanic, c’est une histoire vraie!

– Quand la balle traverse son coeur, on voit le sang, comment ça marche?

– Et Quand le monstre se transforme?

– Les flammes dans l’incendie, elles sont réelles! On voit la tour qui s’effondre!

Il était très intéressant de voir ces jeunes spectateurs prendre conscience qu’un film, ça se fabrique, qu’il faut souvent plusieurs années entre le projet initial et la sortie du film.

Nous avons décidé d’élaborer dans le cadre de nos productions d’écrit, 6 scénarios et de les soumettre à un comité de lecture.

6 ateliers de 5 élèves.

Il nous reste peu de temps…mais grâce à leur motivation, je suis certaine qu’ils y parviendront.

Souhaitons-leur BONNE CHANCE!

Et surtout MERCI au papa de Cléo d’avoir donné un peu de son temps et beaucoup de son expérience!

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10 réponses à “Les CM1 ont fait leur cinéma!”

31 05 2008
montelle (12:50:38) :

Ecrire des scénarios, certes. C’est ce que font la presque totalité des classes. Pour aboutir à un « film » qui tient très peu le choc en face des productions de la télé. Beaucoup de temps utilisé, peu d’acquis.
Quelques questions à se poser :
– quels sont les objectifs de ces séquences consacrées à la lecture/écriture (+interprétation ?) des langages cinéma et vidéo,
– quels niveau de maîtrise technique viser avec les élèves ?
– allons-nous plagier la télé ou inventer d’autres manières d’écrire avec une caméra, en pensant à la poésie, aux détournements… ?

La caméra, comme l’ordinateur, a une aura magique et on a l’impression que lorsqu’on utilise des outils puissants ont fait forcément du bon travail pédagogique. Ce n’est pas forcément le cas !

1 06 2008
Ostiane Mathon (15:46:01) :

Bonsoir Christian. Un peu de retard dans mes commentaires en cette fin de semaine car beaucoup de choses à gérer en même temps…Mai/Juin, le marathon des enseignants,parents!

Pour en revenir à tes remarques, il est certain que le niveau d’exigence d’un projet portant sur trois semaines ne pourra jamais être à la hauteur d’un projet qui mérite certainement une année entière pour un aboutissement total.

Il s’agit ici de rebondir sur la demande des élèves, de ne pas laisser mourir leur désir de se lancer. Désir qu’ils ont exprimé suite à un forum sur les métiers que je leur ai proposé.

Il ne me semble pas honnête, après avoir éveillé leur curiosité, de me cacher derrière une espèce de lâcheté soit disant professionnelle qui me ferait dire « pas le temps d’aller au bout des objectifs pédagogiques ».

Je ne peux pas lancer une perche et puis dire, non, non, pas possible! Alors, même si « c’est pas pour du vrai », même si on ne va pas au fond des choses, ils sont motivés, et cela, je ne peux pas le nier. Nous avons donc commencé vendredi.

Même s’il ne s’agira que de l’ébauche d’un véritable projet, je tenterai, dans un cadre spatio-temporel restreint, de les accompagner dans l’écriture d’un mini scénario et la réalisation en arts plastiques de l’affiche correspondante.

A l’école il y a de gros projets, il y a de petits projets. Les premiers sont aussi ambitieux que les seconds. Ce qui compte pour moi aujourd’hui, c’est le coeur et l’imagination qu’ils y mettent, c’est le travail de collaboration qui s’est mis en route.

Le groupe classe a eu du mal à trouver une cohésion cette année. Il y a des années comme cela. Les moments les plus riches ont été ces moments de recherche et d’émulation en petits groupes. Pourquoi nous en priver en cette fin d’année?

Voilà, cher Christian, le niveau de maîtrise ne sera pas parfait, mais leur envie d’essayer est louable. Parfois à l’école, il faut accepter ce qui n’est pas parfait…sinon, on ne tente rien par peur d’échouer ou de ne pas être à la hauteur. Je souhaite que ce travail, aussi imparfait soit-il au regard du quidam soit à la hauteur de leur plaisir de dire: « On a été cap! »

1 06 2008
JMD (17:08:21) :

Heureusement que dans votre forum DES métiers vous n’en avez présenté qu’un seul … Imaginez un peu si vous aviez invité en plus un plombier, un médecin, un ingénieur de TP et un éboueur… Galère !

1 06 2008
Ostiane Mathon (17:58:04) :

Vous avez dû, JMD, manquer l’ouverture du forum, perdu quelque part dans les golfes clairs…

http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008/05/17/ouverture-du-forum-des-parents/

5 ou 6 autres présentations sont au programme, mais je vous laisse au supplice, vous découvrirez au fil ds jours! Un pannel assez varié, mais pas de plombier, c’est dommage, l’école aurait bien besoin d’un conseiller en la matière…

1 06 2008
JMD (18:35:31) :

Il y a maintenant pas mal d’années l’artiste Christo (une pointure dans le land-art) est venu dans ma classe présenter ses oeuvres… mais pourquoi chercher à essayer de l’imiter, ne serait-ce qu’une ébauche ?
La présentation d’un métier, d’une passion ne suffit-elle pas à elle-même ? En CM1 cela me semble un peu jeune… Non ?
Tout n’est maintenant que superficiel …

1 06 2008
montelle (18:39:52) :

Hé, Ostiane, je ne parlais pas de TES pratiques ! Tu fais ce que tu veux dans ta classe et il est irrecevable d’en dire quoi que ce soit, tant il est impossible de dire quoi que ce soit d’une pratique pédagogique vue de 400 kilomètres !
J’émettais des opinions pour les soumettre à discussion sur la manière d’aborder l’image, le cinéma et la télé à l’école. D’une manière générale.
Excellente journée aujourd’hui avec des amis poètes (si ! si ! ça existe !), dans un salon du livre très sympa.

1 06 2008
Julos (19:28:40) :

Bonsoir Ostiane,

Je vais être limite hors sujet mais je n’ai pas envie de plonger dans les profondeurs du blog. Alors je vous livre ici mon émotion, encore toute fraiche, ressentie hier soir lors d’un spectacle musical donné par une troupe de jeunes gens et d’adultes dans le cadre des activités du Créa.
L’initiateur et principal animateur de la troupe est un enseignant, conseiller pédagogique d’éducation musicale et les principaux bénéficiaires des jeunes de 6 à plus de 20 ans.

Exemplaire.

le site du Créa :

http://www.lecrea.fr/

1 06 2008
Ostiane Mathon (19:40:20) :

Et ces opinions, cher Christian, me paraissent plus que recevables! D’une manière générale, j’abonde dans ton sens.

Ce que je voulais simplement dire, c’est qu’on demande aux enseignants, à raison, de programmer les apprentissages et d’anticiper les réactions, de calibrer le contenu et de gérer le groupe, de mettre en pratique les savoir-faire et d’évaluer les acquis.

Oui, mille fois oui, mais par moment, quand l’occasion se présente, il est important que l’enseignant mette de côté ses programmations pour se saisir de ce qui vient de l’intérieur de la classe.

Pour JMD
« Tout n’est maintenant que superficiel … »

Non, JMD, ne confondez pas superficialité et légereté de l’être.
Il faut savoir être léger. Il faut savoir s’envoler sans savoir toujours où l’on va atterrir, il faut laisser un espace pour la spontanéité, pour le désir.
Tout n’est pas toujours contrôlable. Même en classe!

Maintenant, vous avez raison, la passion se suffit à elle-même, l’imiter n’est pas le sujet. Mais quand la passion allume des petites flammes dans le regard des élèves, je ne vais pas les éteindre, ah ça non.

Quant à dire que des élèves de 9/10 ans sont trop jeunes pour être mis au parfum du monde des métiers, je ne suis absolument pas d’accord!

Quand un petit de 4 ans, interrogé sur ce que fait son père ou sa mère ,répond, il va au bureau, il ne me semble pas inopportun d’élucider avec lui ce que signifie « le bureau »! Et les meilleurs témoins sont les parents eux-mêmes.

Tout comme il me paraît important d’expliquer aux parents ce qu’est l’école, et ce qu’on y fait, et pourquoi, et comment!

1 06 2008
Ostiane Mathon (19:57:15) :

Merci Julos!
Pas le temps ce soir de plonger dans les profondeurs du CREA, mais je ne manquerai pas d’aller y faire un tour! Pas si hors sujet puisqu’il est question de passion!

2 06 2008
montelle (06:15:59) :

« Au delà d’une pratique artistique de haut niveau, le projet du CRÉA s’inscrit dans une véritable philosophie d’éducation, une aventure collective et éducative formant des citoyens cultivés, aux oreilles intelligentes et à l’œil critique. »
Je voudrais rebondir sur cette citation prise dans le site du CREA, afin de livrer quelques réflexions sur l’art, réflexions qui éclaireront, je l’espère, les opinions que j’ai émises sur le cinéma. L »œil critique » qui caractérise le citoyen cultivé : de quoi s’agit-il ?
Je pense que l’art (et je ne suis pas le seul) n’a pas pour fonction de présenter la réalité, mais de la transcender de façon à se hisser au-dessus du particulier pour atteindre le général. Il y réussit en faisant usage de langages symboliques, codés ou non, spécifiques à chaque domaine. C’est le recours au symbole qui permet de passer de l’anecdotique à l’universel.
Le particulier représente un cas qui suscite des réactions de type émotionnel : compassion ou commisération, empathie, admiration, indignation, etc. Le général suscite le désir de solidarité avec une catégorie et il permet d’atteindre le domaine de l’éthique.
Notre société de consommation s’efforce de réduire l’individu à son moi et de déconstruire les solidarités en détruisant tous les liens sociaux et en ramenant tout à l’anecdotique, livré au regard de ceux que l’on veut réduire à l’état de voyeurs : l’émotion brute est sollicitée le décodage évité au maximum, l’accès au symbolique balayé. Le summum en est représenté par la télé-réalité qui prend une place de plus en plus importante dans les habitudes « culturelles  » de beaucoup d’élèves.
Il me semble que la tâche de l’adulte est de permettre à l’enfant d’échapper à son autotélisme naturel en lui enseignant les codes symboliques évoqués plus haut, de façon à ce qu’ils puissent échapper à l’état de sentinelle du trou de serrure qui l’aliène en l’isolant.
C’est pour cela que je disais que le sujet ne fait pas la qualité du film, que la recherche de l’effet de réalité (« on s’y croirait », « c’est exactement ça »…) ne sont pas les vertus cardinales d’une œuvre, que la critique doit s’exercer sur la base des codes qui aboutissent à des prises de position aussi bien éthiques qu’esthétiques.

Cela dit, je connais très bien les thèses réalistes ou naturalistes d’un Zola, d’un Courbet et de tant d’autres. Mais je tiens que Zola ou Courbet sont loin d’êtres des réalistes bien qu’ils aient prétendu d’écrire ce qu’est la société ou de « peindre ce que je vois ». Mais j’aimerais bien soumettre ces propositions sur l’art – si succinctes qu’elles soient – à l’épreuve de vos critiques, de façon à ce que nous progressions dans ce rapport dialectique.

Je développe ces point de vue, dans mon livre, à propos de la poésie et du théâtre : sémiotique de ces domaines, significations symboliques, interprétations permettent de sortir des appréciations rustiques qui ne permettent pas de « former des citoyens cultivés, aux oreilles intelligentes et à l’œil critique ».

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