Etre dyslexique et pouvoir lire?

3 06 2008

Être dyslexique et pouvoir lire… un rêve pour beaucoup un cauchemar pour la majorité des enfants souffrant de dyslexie. Pour eux, l’entrée en lecture est difficile, voire impossible pour certains.

Tant que les parents leur lisent des histoires, tant que l’enseignant leur offre ce « cadeau lecture » quotidien, tant qu’un médiateur leur fait partager les mots et les phrases, les choses se passent à peu près bien.

Mais très vite vient l’heure de l’autonomie en lecture…et là, tout se casse la figure. L’écrit inabordable devient un adversaire impitoyable.

Adieu personnages audacieux , lieux imaginaires, époques improbables. Adieu histoires drôles et aventures prodigieuses.

La dyslexie est un fléau pour ces enfants car bien souvent elle les coupe de toute possibilité d’évasion par les mots.

Alors, quand une enseignante, une orthophoniste, un auteur et une maison d’édition décident ensemble de combler le vide littéraire de ces jeunes lecteurs…on ne peut qu’applaudir et partager avec tous ceux qui sont de près ou de loin concernés.

Un coup de coeur aujourd’hui sur BLOG BLEU PRIMAIRE

Les éditions Danger Public proposent une collection « les mots à l’endroit »

Les 4 grands principes de cette collection sont :
1) Une présence forte de l’explicite dans le récit
2) Une narration progressive et chronologique
3) Une lecture anticipée
4) Typographie, composition et papier adaptés aux besoins du lecteur dyslexique

Courez voir, découvrir et lire!

Courez leur dire que tout n’est pas perdu et que eux aussi peuvent lire de belles histoires, sans avoir peur les mots, sans craindre les phrases, sans se cacher dès que le mot livre est prononcé…

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50 réponses à “Etre dyslexique et pouvoir lire?”

3 06 2008
JMD (08:14:06) :

Je le sais, aucun rapport avec la dyslexie…
http://www.youtube.com/watch?v=fQ8rPlksAu8

3 06 2008
Ostiane Mathon (15:30:25) :

Non, aucun rapport comme vous dites, mais vous me donnez à réfléchir, JMD!

Sans nul doute, mériterez-vous, pour clore cette fin d’année, un petit article rien que pour vous…dans le genre « le grand bêtisier de BLOG BLEU PRIMAIRE »…J’y pense, mais il me faut davantage de contenu…encore un petit effort!

3 06 2008
Julos (16:52:10) :

La dyslexie fait souffrir beaucoup de monde, à commencer par les enfants atteint bien sûr, alors avançons sur des oeufs.

Si le principal problème concerne bien l’identification des mots, alors il y a au moins deux choses que je ne comprends pas. les livres de la collection étant écrits avec de vrais mots (même s’ils sont sensés être plus « à l’endroit » que les autres, plus lisibles etc..) il s’agit tout de même pour les enfants de les identifier pour lire. Soit en voie indirecte (en faisant un détour par le code alphabétique) soit en voie directe (en utilisant le lexique mental idéovisuel). En supposant que ces procédures basiques suffisent à permettre la construction d’un sens susceptible de procurer le fameux « plaisir de lire », je me demande en quoi ces livres apportent une garantie de réussite supérieure aux livres « ordinaires ». C’est ma 1ère question.

2e question. A l’échelle de l’histoire, du récit. L’orthophoniste précise que le vocabulaire a été particulièrement choisi… Selon quels critères ? Quelles différences notablement identifiées y a-t-il entre le lexique d’un enfant dyslexique et un autre ? Je ne suis pas certain qu’une partie de la réponse soit « vocabulaire plus restreint » puisque les enfants dyslexiques ne manifestent pas de difficultés majeures à l’oral, et si leur entourage leur raconte et leur lit des histoires on peut même supposer qu’ils sont « alimentés » linguistiquement suffisamment…
Alors quoi ? Peut-on écrire des histoires qui tiennent la route pour des enfants, avec un vocabulaire « spécial » ? Je suis perplexe.

J’ai même une 3e question. Et après ? Une fois que par bonheur le plaisir de lire soit là, grâce à ces livres magiques qui remettent les choses à l’endroit, que fait-on ? Avec l’infinité de livres qui restent à découvrir.. et qui ne sont ni à l’endroit, ni à l’envers, juste écrits avec des mots et des phrases.

Conclusion : je demande vraiment à voir avant de me réjouir pour de bon.

3 06 2008
montelle (17:06:36) :

La dyslexie m’intrigue et je sais très peu de choses dans ce domaine.? Qui pourrait m’éclairer un peu ?
Quand j’étais jeune, elle consistait à intervertir les lettres. Et maintenant ?

3 06 2008
Ostiane Mathon (21:35:20) :

Ces élèves dyslexiques, peuvent, la plupart du temps, disposer
de très bonnes capacités linguistiques et générales, ce qui peut
surprendre à première vue.

Il s’agit plutôt, pour ce que l’on en sait aujourd’hui, d’un déficit
fonctionnel de selection et d’identification des mots écrits dont
une des causes majeures résulte d’un déficit d’ordre phonologique.

Pour autant, ces enfants, ne font face ni à des difficultés de
compréhension orale, ni à des troubles particuliers de mémorisation.

Pour plus de clarté…et n’étant en aucune manière spécialiste
en la matière, je vous invite à lire quelques éléments de
réponses sur le site d’Yvan Raymond, enseignant spécialisé
en rééducation scolaire. Vous y trouverez entre autres
informations un chapitre sur la dyslexie, un mal complexe
dont souffre 1/5 des mauvais lecteurs.

http://yvan.raymond.reeduc.free.fr/pagedocuments/documentscadre.htm

Une fois sur cette page cliquez à gauche dans les documents
récoltés et vous trouverez une liste des différents chapitres,
dont la dyslexie.

Bonne lecture!

4 06 2008
montelle (05:08:41) :

Merci pour la référence !
Ce que je lis chez Yvan Raymond semble révéler des dégâts psychologiques qui entraînent des aberrations dans les décryptages phonologiques, lesquels aboutissent à une incapacité à dominer le code graphique, avec pour corollaire inévitable des difficultés importantes dans le cursus scolaire.
Je tente de relier ces symptômes aux conclusions des travaux menés aux Etats-Unis sur la lecture. Ces troubles ne proviennent-ils pas d’une trop grande précocité d’apprentissage du code écrit auprès d’enfants qui n’ont pas encore mis en place un code oral solide ? En un mot, est-ce l’école qui crée la dyslexie ?
Il serait intéressant de savoir sui la dyslexie pose autant de problèmes dans un pays comme la Finlande où l’apprentissage du code écrit n’est pas abordé avant la septième année.
La dyslexie me fait penser à la véritable tétanisation intellectuelle que l’on constate chez certains enfants ou adultes devant les mathématiques.
Il semblerait que certains enfants ont été forcés, ce qui a entraîne des dégâts dans les fonctions du cortex. Suppositions peut-être hasardeuses : c’est vous qui me le direz.

4 06 2008
montelle (05:32:53) :

J’ai un peu cherché sur la Toile :
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2285107&rubId=5547
Une citation de ce site :
« D’autres études ont montré que l’allemand et surtout le finlandais, langues très régulières, étaient moins cauchemardesques pour les dyslexiques. Une distinction qui est certainement pour quelque chose dans le fait qu’en Finlande les professeurs considèrent que les enfants ont appris à lire au bout de trois mois, alors qu’en France les inspecteurs de l’éducation nationale affirment que l’apprentissage de la lecture se fait progressivement tout au long de l’école primaire. »
Dans cet article, on constate des inégalités selon les pays, en ce qui concerne la dyslexie. Mais on l’attribue à la nature des langues véhiculaires employées dans ces pays, tout en notant l’importance des éléments phonologiques et celle de la richesse linguistique du milieu où l’enfant est élevé.
Il faudrait peut-être aussi considérer l’influence du bain sonore (télé, radios, bruits urbains…) permanent dans lequel certains enfants sont plongés, bain qui altère certainement leur capacité à écouter et à donner sens aux sons.

4 06 2008
Ostiane Mathon (06:57:19) :

Bonjour Julos!
Un essai de réponse à vos 3 questions.

1/ Prudence bien sûr et évidemment aucune garantie! Je ne crois pas plus que vous à l’abracadabra en matière d’apprentissage de la lecture.

Je vois là une tentative intéressante pour l’adulte médiateur et encourageante pour ces enfants de mise à disposition d’écrits qui tiennent compte, dans la mesure du possible, des difficultés qu’ils rencontrent. (choix des mots en fonction de leurs correspondances graphèmes, phonèmes et de leur rythme syllabique).

2/ Un vocabulaire spécial n’implique pas nécessairement un vocabulaire restreint. Parlons plutôt d’un choix lexical en relation avec les difficultés de déchiffrage de ces enfants. Exemple: « spectacle » peut être remplacé par « parade » ou « ballet » ou « numéro » ou « show ».

Un gros travail de synonymie est nécessaire pour permettre à ces lecteurs « différents » de trouver des écrits qui ne rechignent pas sur la qualité linguistique tout en rendant plus accessible le code écrit.

3/ Tout exercice de slyle atteint à un moment ou à un autre ses propres limites, je vous l’accorde et il ne s’agit pas de livres magiques. Personne ne croit au miracle dans un domaine aussi spécifique.

Je vois ici, comme un outil de plus au service de l’entrée en lecture; outil supplémentaire qui mérite au moins d’être signalé. Pour le reste…tout reste encore à faire et à découvrir. L’infini en matière de lecture nécessite souvent une rencontre avec un auteur, un personnage, une intrigue…

Il serait dommage, par excès de perplexité de négliger l »ayant droit » de ces enfants, à la découverte des possibles rencontres littéraires.

Il serait malhonnête également, par excès de zèle, de promettre un miracle, là où la science à encore tout à découvrir!

Ne fermer aucune porte sans jamais vendre de recettes prêtes à l’emploi. C’est un peu ma devise…

Merci Julos pour votre souci de clarifiction qui m’invite à toujours plus de rigueur dans mes propos…

Bloguer l’éducation, l’école et l’enseignement…pas si facile! Mais passionnant!

4 06 2008
montelle (07:14:17) :

Pour Ostiane,

Je m’étonne que l’on discute des remèdes à la dyslexie alors qu’il n’y a pratiquement pas de remède si cette dyslexie a été provoquée par un forçage similaire à celui que pouvaient ou que peuvent subir, dans certains pays, des enfants soumis à un travail d’adulte dès l’âge de huit ans. Ces enfants ont subi des déformations physiologiques, sont bancroches, souffreteux. Pourra-t-on leur redonner le corps qu’ils auraient dû avoir ?
N’êtes-vous pas frappée par le fait qu’on apprend à lire en trois mois, en Finlande, et sans problème. Et que ce pays est celui où on lit le plus et le mieux ?
Le plus urgent ne serait-il pas de reconsidérer l’orientation qu’a pris l’enseignement en maternelle ; de critiquer cette rage de précocité qui ne sert qu’à creuser la fracture linguistique et à avantager les classes dominantes, en créant l’échec scolaire ? D’informer les parents sur l’importance de leur présence et de leur parole ?
Sinon, on pose des emplâtres sur des jambes de bois !

4 06 2008
Ostiane Mathon (10:24:10) :

Oui Christian, en amont et donc dès la tendre enfance, il y a tout un travail à reconsidérer:

1/ La parole de la mère et du père à la maison. L’enfant se nourrit de cette parole, de cette voix. Il s’en nourrit affectivement, linguistiquement, intellectuellement. Combien d’ enfants privés de ce lien oral indéfectible sont particulièrement touchés par la suite dans leurs apprentissages!

2/ Le langage, première entrée dans l’acte social et sociabilisant. L’école maternelle DOIT en être le garant et le porte-parole. Sans bannir l’introduction de l’écrit dans lequel baigne le jeune enfant dès son plus jeune âge, il me semble primordial en maternelle d’insister sur le langage oral. Il y a tant à faire, à dire et à entendre!

3/ Les comptines, les rythmes, les histoires, la musique, autant d’activités orales de « pré-lecture » qui affinent l’oreille et permettront une meilleure discrimination auditive.

Travailler sur le rythme, c’est installer chez l’enfant les premiers repères syllabiques.

Inventer des mélodies, c’est préparer l’enfant à la structure des phrases.

Donner à percevoir les sonorités, c’est préparer l’élève à entendre la différence entre un et in, entre a et â, entre b et p, entre t et d, etc…

Chanter, c’est faire sonner les mots pour partager une émotion.

4/ Dans les conditions « normales » de dévelloppement, l’enfant bien installé dans l’oral intègrera plus aisément l’écrit…

Mais la dyslexie est ici un contre exemple puisque ces enfants n’ont aucun problème de compréhension oral et aucun déficit linguistique. Pour ces élèves, l’écrit s’accompagnera inévitablement de difficultés particulières. Il faudra en tenir compte et plus tôt la dyslexie est détectée, plud tôt, l’enfant pourra à l’aide d’un adulte spécialiste, mettre en oeuvre des stratégies de lectures spécifiques.

5/ L’école manque de formation en la matière.
Encore un domaine où les enseignants doivent être mieux formés.

Mais quelque chose me dit, à en écouter les rumeurs médiatiques, que les années à venir ne vont pas dans ce sens… Davantage de savoirs savants (cursus universitaire à BAC +5), moins de savoir-faire, et encore moins de pédagogie(supression des instituts de formation des maîtres)!

Avec ça, allez enseigner pour tenter de réduire la fracture sociale…

Mais je suis hors sujet, excusez-moi!

6/ Une dernière chose, Christian, à l’école, on est souvent obligé de se servir simultanément d’emplâtres, de vaccins, de protocles de guérison, de tisanes apaisantes, de préparations fertilisantes, etc. Les enfants nous arrivent de toutes origines et de tous horizons…Raisons de plus pour doter l’enseignant de solides moyens pédagogiques!

4 06 2008
Ostiane Mathon (10:44:30) :

D’autres pistes:

Parents, (mais enseignants également)sachez que…

http://www.orthophonistes.fr/Theme.php?NumTheme=24

4 06 2008
montelle (11:46:22) :

« Mais la dyslexie est ici un contre exemple puisque ces enfants n’ont aucun problème de compréhension oral et aucun déficit linguistique. »
Mais Yvan Raymond ne dit pas du tout cela sur son site !
« Sans bannir l’introduction de l’écrit dans lequel baigne le jeune enfant dès son plus jeune âge, »
Je crois que c’est une erreur, tout au moins quand je vois certaines pratiques. En Finlande, on bannit TOUT apprentissage du code écrit avant sept ans. Eveline se plante complètement sur ce sujet. Tout comme elle se trompe quand elle croit faire de l’oral en lisant des textes littéraires à des mioches de 4 ans.
« Une dernière chose, Christian, à l’école, on est souvent obligé de se servir simultanément d’emplâtres, de vaccins, de protocles de guérison, de tisanes apaisantes, de préparations fertilisantes, etc. Les enfants nous arrivent de toutes origines et de tous horizons…Raisons de plus pour doter l’enseignant de solides moyens pédagogiques! »
Evidemment ! Mais il faut garder un solide esprit critique quand on est praticien et ne pas prendre toutes les théories pour parole d’évangile !
As-tu lu les textes d’American Educator que j’avais signalés sur ce blog ?

4 06 2008
Ostiane Mathon (14:18:12) :

Christian, ce que je sais c’est qu’il existe différents types de dyslexie et différents stades de dévelloppement de ces troubles. Je ne puis entrer dans le détail puisque, je le répète, je ne suis pas spécialiste.

Pour ce qui est de la compréhension orale et des acquis linguistiques, j’ai très souvent (tous les ans) rencontré des élèves dyslexiques et qui ne présentent aucun de ces déficits. Des élèves très à l’aise à l’oral, et disposant d’un vocabulaire tout à fait convenable, au regard de certains autres camarades non dyslexiques.

En revanche il se peut que sur un trouble dyslexique se greffent d’autres types de difficultés liées à d’autres facteurs. Et là, va savoir, sans être solidement formé sur le sujet, ce qui est la cause ou la conséquence de tel ou tel déficit.

Pour ce qui concerne la maternelle, je n’ai pas parlé d’apprentissage du code écrit, juste de la présence naturelle de l’écrit dans la classe. Ce qui est bien différent me semble-t-il.

Quant au Finlandais, j’ai deux mois pour étudier la question. Là, je suis un peu sous pression…

4 06 2008
montelle (14:51:04) :

J’avais bien noté que tu avais juste parlé de la présence naturelle de l’écrit et ce n’était pas ma référence. Ce qui me désole, ce sont ces maîtresses de maternelle qui ne pensent qu’à l’apprentissage du code écrit, dès la seconde année. J’ai vu une séquence vidéo lamentable au cours de laquelle la maîtresse donnait carrément un cours de grammaire à des bambins de cinq ans écroulés d’ennui. C’est un massacre des innocents.
La demande d’apprentissage précoce du lire-écrire vient toujours des parents aisés ou d’enseignants. La reproduction sociale effectuée sous le couvert de la démocratisation !

7 06 2008
Karoline (12:12:51) :

Salut Ostiane,
Depuis 48 heures je me passionne non-stop pour ton Blog….
Je me permets d’intervenir sur ce sujet pour te signaler un manuel qui mets en relation gestes et sons….J’ai appris, ainsi que tous les autres élèves de ma classe, à lire avec ce manuel… comme quoi il n’était pas réservé qu’aux dyslexiques !
http://www.esf-editeur.fr/detail/91/bien-lire-et-aimer-lire—livre-1.html

7 06 2008
Ostiane Mathon (12:33:21) :

Merci Karoline des îles!
Comme quoi…ESF voyage d’un bout à l’autre de la planète, et c’est tant mieux car l’éducation n’a ni frontière géographique ni barrière dogmatique. La guerre des méthodes de lecture doit être dépassée, et tu nous en offres ici un bel exemple!

Merci pour le filon…Je vais m’employer à le lire cet été, ma fille entre au CP et mes collègues seront certainement contentes de découvrir cet ouvrage, si ce n’est déjà fait!

ESF, une maison d’édition peu connue du grand public mais qui regorge d’ouvrages avisés et éclairants!

Salut à toi, Karoline!

9 06 2008
Ostiane Mathon (16:47:35) :

Une contribution venue directement de Finlande!

« Pour ce qui concerne la dyslexie, je ne connais pas les statistiques en Finlande. En revanche, il est tout à fait vrai, selon les statistiques, que l’on lit plus en Finlande qu’ailleurs. Réseau de bibliothéques municipales couvre le pays entière et les bibliothèques ambulantes (autocars aménagés en bibliothèque) circulent dans des endroits moins habités.

L’apprentissage de la lecture est effectivement rapide en finnois CAR c’est une langue phonétique = on prononce ce que l’on lit. Quand on entend p.ex. « o » ceci ne peut s’écrire que « o » et jamais au, eau, ô, hau ou encore autre chose. Une dictée n’a, de ce fait, pas de sens en finnois car tout un chacun qui sait écrire sait écrire aussi ce que l’on entend en finnois. En conséquence, il faut comprendre la différence dans le rythme d’apprantissage de la lecture en France et en Finlande en tenant compte de ce fait.

Voici quelques réflexions « à chaud »

Bien à vous,

Heikki »

Merci à vous d’apporter cet éclairage qui permet de mieux nous rendre compte des disparités d’une langue à l’autre, d’un code à l’autre. Il est toujours bon de garder un oeil, voire deux bien ouverts sur les systèmes scolaires hors de nos frontières. C’est même essentiel pour évoluer et progresser. Mais gardons-nous des thèses façon copier/coller en matière de pédagogie.

La langue, l’histoire, la société, la densité de population, tout ce qui fait « l’intime » d’un pays influe fortement sur les repères ( que je préfère ici à valeurs) en terme d’éducation et donc d’enseignement et d’apprentissage.

La Finlande, comme la Belgique, ou le Canada sont en termes pédagogiques des observatoires plus qu’intéressants, mais ne cédons pas à la tentation du « faire pareil » impossible. Plus que de transposition, tout est affaire d’adaptation.

Ce qu’il me semble notable et nécessaire de prendre en compte dans ces différents pays, c’est la recherche permanente qui dynamise les systèmes éducatifs en présence. Là, oui, nous avons beaucoup à faire, à défaire et à refaire!

Encore merci à vous, Heikki

Et pour continuer notre réflexion, une petite lecture, encore une!

http://www.meirieu.com/ECHANGES/robertfinlande.pdf

9 06 2008
montelle (17:55:51) :

Le problème, en lecture, n’est pas le déchiffrage, mais la construction du sens. Le volume de lecture et la qualité des ouvrages lus sont aussi très importants.

10 06 2008
bouge-toi (20:00:46) :

J’ai appris récemment qu’un diagnostic de dyslexie ne pouvait pas être posé avant le CE2.
Par ailleurs, il est vrai comme le dit Ostiane qu’il existe des difficultés différentes ( dysgraphie, dysphasie et j’en passe…)et qu’il n’est pas tjrs évident de la déceler car certains la compensent par d’autres capacités.

J’ai remarqué aussi que de plus en plus d’élèves ont besoin de séances d’orthophonie ( parfois juste pour un temps court)… donc pas seulement les élèves dyslexiques…

Dans ma classe, trois dyslexiques reconnus : ils ont besoin de davantage de temps pour lire en comprenant, pour réaliser les exercices écrits et l’orthographe n’est pas leur point fort…Mais ils ont des capacités certaines… notamment en mathématiques.

Cette année, j’ai donc décidé d’étudier un livre sous sa forme audio pour qu’ils accèdent eux-aussi au plaisir de discuter autour d’un récit. Et ça marche : ils ont dialogué davantage avec l’ensemble de la classe et participé aux travaux communs avec le sourire (et non dans l’angoisse).

Bien sûr cela ne résoudra pas la dyslexie, mais au moins ils n’ont pas été exclu du débat sur ce récit !

Je tiens également à signaler que des actions commencent à se mettre en place, avec les orthophonistes, dans les collèges de notre secteur pour que les difficultés des élèves dyslexiques soient prises en compte.
Il était temps !

Que je suis bavarde ce soir !

12 06 2008
Laurent Carle (18:30:47) :

Lire c’est comprendre avec les yeux, c’est penser ce que l’auteur a exprimé par écrit sans parler, c’est communiquer avec les yeux sans sonoriser.
Les méthodes dites de lecture sont des méthodes de déchiffrage oralisé. Elles enseignent la prétendue correspondance lettre-son et le code de correspondance phonographique qui va avec et qui ne correspond à rien la plupart du temps (code de correspondance qui n’est pas le code de l’écrit), préalable sonore inutile et néfaste. Exemple : le « son » ien dans lien, client, ils plient et ch dans cheval, architecte, chocolat, chorale. Trop d’exceptions tuent la « règle ».
Déchiffrer n’est pas lire. Les déchiffreurs qui ne lisent pas, ne comprennent pas ce qu’ils lisent (ce qu’ils déchiffrent). Les dyslexiques qui lisent ne déchiffrent pas ce qu’ils comprennent.

Il suffirait de renoncer à faire sonoriser les syllabes en classe et en phonorééducation pour faire cesser les difficultés que produit le déchiffrage oralisé.

12 06 2008
Ostiane Mathon (19:20:23) :

« Les déchiffreurs qui ne lisent pas, ne comprennent pas ce qu’ils lisent (ce qu’ils déchiffrent). Les dyslexiques qui lisent ne déchiffrent pas ce qu’ils comprennent. »

Oui, Laurent, et j’en vois de nombreux exemples en classe. Mais le problème du déchiffrage ne se pose-t-il pas au moment du passage à l’écrit? Passage tétanisant pour l’enfant dyslexique.

Doit-on totalement dissocier lire et écrire?

12 06 2008
bouge-toi (21:41:04) :

« Déchiffrer n’est pas lire. »
Evidemment,…A quoi cela peut-il servir de savoir déchiffrer si le sens du message est inaccessible ?
Pour être plus clair, tout le monde peut par exemple déchiffrer du latin ( ou autres ), mais comprendre ce qui est écrit ? Voilà tout le problème.
Pour un dyslexique, le déchiffrage qu’il soit silencieux ou à voix haute est tellement difficile, que le sens lui échappe : tous ses efforts portent sur transformer des graphies en sons.
Par ailleurs, il est vrai que la lecture oralisée paraît un peu « artificielle » : celui qui doit lire un texte devant un public, a en général lu et relu dans sa tête ce texte auparavant…

Pour ce qui est de l’étude d’un récit oralisée dont j’ai parlé précédemment, l’objectif était de permettre au plus grand nombre de participer à une discussion sur le texte et donc d’accéder au sens de celui-ci sans l’obstacle du déchiffrage… non de résoudre les difficultés des dyslexiques face à un texte écrit.

13 06 2008
Laurent Carle (07:29:26) :

Le problème du déchiffrage ne se pose-t-il pas au moment du passage à l’écrit?

La dyslexie est un trouble du déchiffrage, non de la lecture. Le lire-écrire est un système de communication intégral et indissociable, à condition qu’il soit mis à la disposition des écoliers comme outil personnel et non comme devoir à faire pour mériter une « récompense ». On lit comme on a appris à lire, écrit comme on a appris à écrire. Relisez Chagrin d’école de Daniel Pennac.
Quand on cessera d’étudier les sons, le code de « correspondance », le bruit des lettres, la « fusion syllabique » et de faire des dictées de sons (sic) au CP, des « dictées normales» du CE au CM , les dyslexiques n’auront plus autant d’échec en lecture-écriture. Echec sur la forme uniquement, faut-il le préciser ! C’est le nombre d’heures de vol qui fait le pilote. C’est le nombre de livres lus qui fait le lecteur. C’est le nombre de pages écrites qui fait le scripteur. C’est l’échange entre pairs qui fait acquérir la maitrise de la parole et de l’écriture. Et je connais des enseignants qui enseignent la lecture-écriture sans être ni scripteurs, ni lecteurs. Ils font donc l’impasse sur la vraie lecture et la vraie écriture. En moyenne, sur 10 heures de français, 30 mn pour la lecture-écriture, 30 autres pour les échanges par la parole, débats et discussions. 90 % du temps de « français » sont consacrés à l’enseignement des règles. Ils ont des excuses et un alibi.
Excuses : aucune formation et donc mince connaissance en psychologie de l’enfant et en psychologie des apprentissages, rien en pédagogie. Et je ne suis pas sûr que les psychologues scolaires et rééducateurs en sachent plus. Aucune volonté politique de la part de nos élus de donner cette formation aux futurs profs. Dénigrement systématique de la pédagogie par les gardiens du temple. Les mal formés suppléent à leur déficit de formation, comme ils peuvent, en adhérant à la croyance commune et populaire, bien entretenue par les idéologues du conservatisme : « le but du travail de l’écolier est de passer dans la classe supérieure, puis de réussir les examens pour décrocher plus tard une bonne place dans le système économique et social ». A l’école on n’apprend rien pour soi, pour ici, pour maintenant, c’est toujours pour quand on sera grand, pour ses parents et pour la maitresse.
Alibi : le « programme ». En conséquence, les profs occupent 9 h sur 10 à faire étudier les règles de lecture (le « code de correspondance » qui ne correspond à rien), d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de vocabulaire et à faire faire des « exercices d’application » sur photocopies de manuels.
Pour changer :
A l’écrit, il s’agit d’apprendre à exprimer sa pensée, ses idées, ses sentiments, de raconter sa vraie vie d’enfant, d’écrire pour communiquer, pour échanger. Il faut cesser de traiter le lire-écrire comme une matière d’enseignement et en faire enfin un outil au service de l’enfant écolier, comme la parole, comme la marche, comme la station debout. Pour que les « dyslexiques » ne deviennent pas dysorthographiques, il faut qu’ils puissent écrire leurs textes, leurs vrais textes de vraie vie, avec un ordinateur et leur autoriser le correcteur orthographique de Word. Il faut cesser de penser qu’il suffit d’enseigner pour que les élèves s’instruisent.
Voyez l’excellent dossier Apprendre à écrire et Pour une pédagogie efficace de la production d’écrits sur le site d’Eveline Charmeux, où on apprend que c’est en faisant qu’on apprend à faire, en forgeant qu’on devient forgeron.
http://www.charmeux.fr/ecrire.html

13 06 2008
Laurent Carle (11:34:23) :

« Il s’agit plutôt, pour ce que l’on en sait aujourd’hui, d’un déficit fonctionnel de selection et d’identification des mots écrits dont
une des causes majeures résulte d’un déficit d’ordre phonologique. »

Les déchiffreurs tentent d’identifier difficilement et laborieusement les mots en faisant orthophoniquement le bruit de chaque lettre et de chaque syllabe avec la bouche, selon la procédure enseignée par toutes les méthodes et toutes les rééducations. Cela s’appelle de la « lecture » à l’unité. L’identification est une procédure destinée à justifier l’emploi d’une méthode, qui ne se vendrait pas autrement. Si les éditeurs de manuels scolaires éditaient des méthodes de cyclisme, ils enseigneraient le roulement bicyclique à l’unité. Beaucoup d’élèves se casseraient le nez et les cotes par impossibilité de tenir en équilibre sur une bicyclette qui ne roule pas. Les orthocyclistes prendraient en charge les dyscycliques en échec de bicyclette pour cause de déficit de sonorisation des roulements.
Les lecteurs, les vrais, ceux qui lisent avec les yeux, ne respectent pas les consignes de la méthode. Ils trichent sciemment ou inconsciemment sans égard pour le « code » et la méthode. Bien leur en prend ! Ils n’identifient pas , ils reconnaissent les mots, comme on reconnait un visage, un modèle d’automobile, un animal ou un arbre en les comparant à la vitesse de l’éclair avec leur lexique visuel personnel, en les intégrant dans le contexte de la phrase en fonction de l’environnement et en rapport avec leur projet personnel de lecture. Quand ils rencontrent un inconnu, ils vont en chercher la définition dans le dictionnaire. Ils lisent quatre pages pendant que les déchiffreurs dociles déchiffrent péniblement quatre lignes auxquelles ils ne comprennent rien. Ils ne lisent pas pour lire !

13 06 2008
Ostiane (19:45:09) :

« Aucune formation et donc mince connaissance en psychologie de l’enfant et en psychologie des apprentissages, rien en pédagogie »

Euh, un petit peu quand même Laurent!
Mais pour ce qui est du domaine de ces troubles particuliers, là oui, vous avez raison!

Lire-écrire, dans le cadre de vrais projets qui placent l’élève écolier au centre. Mon coeur et ma raison disent « oui », mon emploi du temps, le nombre de mes élèves (32) et mes mauvaises habitudes crient « au secours! »

Consciente de ces faiblesses, je reste en éveil…Car je pense sincèrement que vous êtes dans le juste. Le temps, l’expérience, les lectures et ce genre d’échange en direct permettent un rééquilibrage de nos pratiques.

Cela me donne l’occasion en guise de transition, pour dire une nouvelle fois combien l’Utopie est nécessaire. Sans elle, nous resterions juste les bras croisés à perpétuer ce que nous avons appris, sans nous poser de questions. Si ça a marché pour moi, ça doit fonctionner pour les autres!

Et bien non, justement…Merci Laurent pour vos éclairages et pour le lien.

14 06 2008
bouge-toi (11:38:18) :

Voici un site qui pourrait bien être utile à tous. Il s’agit du site d’une association qui cherche à établir plus de dialogue, à informer,à aider les parents et les enseignants, autour des dyslexies.
J’y ai trouvé des conseils très intéressants.

http://www.coridys.asso.fr

15 06 2008
Laurent Carle (17:56:25) :

« Voici un site qui pourrait bien être utile à tous. Il s’agit du site d’une association qui cherche à établir plus de dialogue, à informer, à aider les parents et les enseignants, autour des dyslexies. »

Mais le site ne semble pas « utile à tous » et même très peu au rédacteur du site.
Voici un des titres trouvés sur place :
Expertise collective de l’INSERM sur la dyslexie, dysorthographie et dyscaluculie (sic)

Humour à part, il y aurait beaucoup à dire sur le désintéressement financier de ces groupes d’intérêt communautaires. Ce sera pour une autre fois.

15 06 2008
bouge-toi (20:07:19) :

Ne vous déplaise, cher Laurent, ce site mérite tout de même un petit détour !
Car si vous semblez si bien connaître les dyslexies et les moyens existants pour améliorer le quotidien des dyslexiques, ce n’est pas le cas de tous !
Or sur ce site , on trouve la description de ces troubles, des conseils pour aider les personnes concernées et leur entourage, des liens vers d’autres sites, etc…
Ayant des personnes très proches touchées par la dyslexie et même la dysphasie, si vous connaissez d’autres sites qui peuvent donner ces mêmes informations ( sans intérêt financier…), écrivez-le nous !
Nous vous en serons reconnaissants !

16 06 2008
Ostiane (05:47:58) :

Allez, l’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue…Bien des associations ou des groupes communautaires ont besoin de soutien financier, sans quoi ils n’existeraient pas. Est-ce à dire qu’ils sont tous d’intéret général? Loin de là. Est-ce à dire qu’il faille nécessairement sans méfier ou les ignorer? Ce serait se priver de nombreuses bonnes volontés. Et bonne volonté vaut parfois salaire…

Le net permet une grande mise à disposition de ressources en tout genre. Il y a la pire comme le meilleur. Au lecteur avisé de faire la part des choses.

16 06 2008
Laurent Carle (16:46:47) :

• »Ayant des personnes très proches touchées par la dyslexie et même la dysphasie, si vous connaissez d’autres sites qui peuvent donner ces mêmes informations ( sans intérêt financier…), écrivez-le nous !
Nous vous en serons reconnaissants !
Allez, l’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue…Bien des associations ou des groupes communautaires ont besoin de soutien financier, sans quoi ils n’existeraient pas. Est-ce à dire qu’ils sont tous d’intéret général? Loin de là. Est-ce à dire qu’il faille nécessairement sans méfier ou les ignorer? Ce serait se priver de nombreuses bonnes volontés. Et bonne volonté vaut parfois salaire…
Le net permet une grande mise à disposition de ressources en tout genre. Il y a la pire comme le meilleur. Au lecteur avisé de faire la part des choses. »

Difficile de répondre en quatre mots. Si vous voulez bien, je prendrai le temps de polir ma réponse.
En attendant :
Il y a toujours une idée généreuse au départ. Et puis, de dérive en dérive… on finit par gérer une affaire qui tourne.

C’est la compréhension du sens qui permet de déchiffrer et non l’inverse. Le dyslexique ne déchiffre pas ce qu’il comprend. Mais quelle importance ?
La dyslexie n’est pas un trouble de la lecture, seulement un trouble du déchiffrement. Ne faites pas déchiffrer les dyslexiques, ne les faites pas lire à haute voix !
Statistiquement : 2,5 % de dyslexiques dans la population. Ce qui veut dire un seul dyslexique pour 2 classes. S’il est dans la première, il n’y en a pas dans la seconde.

On peut voir en 6e des élèves qui en sont à leur 6e année d’orthophonie sans savoir lire.

Un diagnostic de dyslexie ou de dysphasie qui n’est pas prononcé par un pédo-psychiatre offre peu de garantie d’authenticité. Prudence !!!
Les médecins généralistes ne posent pas le diagnostic. Ils se contentent de signer le bilan fourni par l’orthophoniste du quartier. Sans quoi, la Sécu ne prendrait pas les frais à sa charge. On connait des orthophonistes qui font travailler les « dysorthographiques » en séance de rééducation individuelle avec le Bled. Je veux bien. Mais quel tarif pour une leçon particulière !!! A ce prix, faire plus de la même chose !!! Le mieux placé pour sortir l’élève de ses difficultés orthographiques, n’est-ce pas le maitre ?
La médicalisation des difficultés scolaires n’est pas la solution. Une difficulté scolaire une fois médicalisée devient une maladie étiquette sur le front de l’écolier. La solution est pédagogique ou psychopédagogique.
L’apocalypse aujourd’hui : la méthode globale http://tribune.education.free.fr/spip.php?article23 ou http://www.meirieu.com/FORUM/carleglobale.pdf
et surtout : Dyslexie, le retour dans http://www.cndp.fr/revuevei/126/14816511.pdf

16 06 2008
bouge-toi (20:06:11) :

La guerre des méthodes…
Je n’enseigne pas en CP, ni en CE1, cependant pour moi ( mais je peux me tromper, errare humanum est ) un élève sans difficultés particulières et motivé peut apprendre à lire quelque soit la méthode employée car il en a les capacités avant même d’accéder à cet apprentissage.
La question se pose surtout pour les enfants qui ne réussissent pas à entrer dans la lecture pour des raisons très variables ( sociales, médicales, psychologiques, etc…) comme l’indique J. Fijalkow dans l’article que vous citez.
Et la difficulté réside bien là : chaque problème « mérite » une solution adaptée… Les problèmes étant très divers, les réponses le sont tout autant… Dans une classe à 25, voire 30 élèves, il est bien difficile, malheureusement, de pouvoir répondre à chaque problème (surtout quand notre formation ne nous apprend pas à les reconnaître). D’où l’appel à des aides extérieures (RASED, orthophonistes, pédopsychiatres…)!

Pour ce qui est des orthophonistes, il est vrai que tous ne sont pas compétents… Mais, comme en témoigne le fils d’une amie, sans l’aide de son orthophoniste il ne serait pas là où il en est aujourd’hui dans ces études. Elle lui a donné les moyens de surmonter sa dyslexie et de faire face aux exigences du monde scolaire. Comme quoi, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même paquet !

Mais de toutes les manières, une des premiers clefs pour accéder à la lecture c’est la notion de plaisir…Et quand un élève angoissé devant chaque lecture vous dit en fin d’année : » Maîtresse, je crois
bien que je commence à aimer lire. » Quelle bonheur !

Sur ce, bonne lecture et chers parents qui nous lisez, n’oubliez pas de lire de jolies histoires à vos chérubins… Mon aîné, qui entre bientôt au collège, apprécie toujours ces moments de complicité où nous lisons ensemble !

16 06 2008
bouge-toi (20:09:50) :

Excusez-moi, j’ai relevé une erreur dans mon commentaire : »une des premiers (premières )clefs « …J’espère que vous ne vous moquerez pas, la fatigue me guette !
Encore une fois : « errare humanum est ».

17 06 2008
Laurent Carle (16:46:11) :

« un élève sans difficultés particulières et motivé peut apprendre à lire quelque soit la méthode employée car il en a les capacités avant même d’accéder à cet apprentissage. »

Tous les enfants ont la capacité d’apprendre à lire en arrivant au CP… et puis ils sont soumis aux méthodes et là !!!…
Les conditions de l’apprentissage sont prédéterminées par l’appartenance socio-familiale. Dans une famille de lecteurs, aucune méthode ne peut empêcher les enfants d’apprendre à lire. Dans les familles sans lecteurs les méthodes (toutes les méthodes, puisqu’elles enseignent toutes le déchiffrage comme préalable à la compréhension), sauf la globale qui place le sens avant le déchiffrement, empêchent les enfants d’apprendre à lire.

« La question se pose surtout pour les enfants qui ne réussissent pas à entrer dans la lecture pour des raisons très variables ( sociales, médicales, psychologiques, etc…) comme l’indique J. Fijalkow dans l’article que vous citez. »

Ce n’est pas ce que dit J. Fijalkow.

18 06 2008
Laurent Carle (08:42:10) :

« La guerre des méthodes… »
La guerre des méthodes n’existe pas. Mythologie scolaire, comme la culpabilité de la globale dans l’échec en lecture. Toutes, sauf la globale, enseignent le b a ba (qui n’est pas de la lecture). Toutes obligent les enfants à passer par le déchiffrage pour arriver au sens (sauf la globale, qui n’est pratiquée que dans les écoles Decroly). Il y seulement concurrence commerciale entre éditeurs de manuels (le marché est juteux). La globale n’utilise pas de manuel : quelle perte pour le chiffre d’affaire des éditeurs et pour les droits d’auteur !

« Pour ce qui est des orthophonistes, il est vrai que tous ne sont pas compétents… »

Il y a des nouilles et des bras cassés dans tous les métiers. Ils ne sont pas plus nombreux en orthophonie qu’ailleurs. Là n’est pas la question. Comment le système médical, social, politique, de prévention et de protection de l’enfance en arrive-t-il à tolérer 6 années de rééducation en pure perte ? Le problème qui se pose est celui de la pertinence, de la légitimité, de l’expertise de la médecine et de ses professions annexes dans le domaine de l’enseignement et de la pédagogie. D’abord on a classé différents des enfants ayant des difficultés à apprendre à déchiffrer en les casant dans une maladie qu’au début du XXe on a nommée « cécité verbale », puis rebaptisée « dyslexie » (moins inquiétant). A l’époque, le système scolaire n’avait pas les moyens de se réformer (50 élèves par classes). De glissement en glissement, depuis un demi-siècle, la médecine s’est introduite peu à peu dans la totalité du champ didactique par la porte des difficultés d’apprentissage renommées « troubles ». L’anxiété des familles, la peur de l’avenir, le conservatisme de l’institution scolaire offrent une prise solide à l’envahissement. La recette pour attirer et fidéliser les familles, sans les inquiéter, est d’affirmer que ces enfants sont « normalement intelligents mais troublés ». Quelques questions :
1. : les enfants en difficulté sont-ils vraiment malades ? faut-il les isoler et les « prendre en charge » comme marginaux ?
2. : le remède est-il meilleur que le « mal » diagnostiqué ?
3. : l’école enseigne-t-elle bien ce qu’elle est censée enseigner ? enseigne-t-elle la lecture ou autre chose nommée lecture ?
4. : les enfants en difficultés ne savent-ils pas apprendre ou l’école ne sait-elle pas enseigner ?
5. : en grignotant doucement le champ de l’enseignement, la médecine ne disqualifie-t-elle pas les enseignants ?
6. : la médico-pédagogie en cabinet obtient-elle de meilleurs résultats que les maitres en classe et à quel prix ?
7. : l’école doit-elle déléguer à d’autres le soin de résoudre ses dysfonctionnements et ses problèmes ou être suffisamment créative pour chercher des solutions dans ses murs ?
Petite nomenclature des « troubles » affichée par le site de Coridys :
Dyslexies-Dysorthographies, Dyscalculies-Dysgraphies, Troubles attentionnels, Dyspraxies, Hyperactivité, Dysphasies
Bien entendu, pour Coridys la cause de ces « troubles » se trouve toujours dans les neurones du cerveau de l’enfant « malade ». Tout bénéfice : avec vos petites mains d’institutrice sans forceps que pouvez-vous faire contre une maladie des neurones ? Vous croyez qu’ils vous rendent service, qu’ils vous aident ? Ils vous instrumentalisent et vous dépossèdent de vos compétences. Ne cherchez plus ! Ils ont trouvé, ils pensent pour vous et soignent vos enfants (pendant 6 ans, s’il le faut). On peut toujours allonger la liste. L’imagination nosographique n’a pas de limite. Les enseignants sont invités à dépister et signaler les enfants « malades ». Instituteurs ou agents recruteurs ? Quand cette liste fera une page entière, on gagnera du temps en dépistant les « normaux ».

« Ayant des personnes très proches touchées par la dyslexie et même la dysphasie, si vous connaissez d’autres sites… »
http://www.lecture.org/
http://www.charmeux.fr/apprlire2.html

18 06 2008
bouge-toi (10:30:07) :

Vous dites: « La guerre des méthodes n’existe pas. Mythologie scolaire » et pourtant vous défendez, toutes griffes dehors, la méthode globale. J’ai rencontré des élèves qui ont appris à lire avec cette méthode et qui rencontraient autant de difficultés que ceux qui avaient appris avec les autres méthodes ! Une famille m’a dit un jour :  » Ma fille ne lisait pas, elle récitait par coeur ce qui avait été lu en classe : elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle s’était trompé de page ! »
Réduire la lecture à une méthode, sans prendre en compte le contexte et l’enfant lui-même serait trop simple !

« Les enfants en difficulté sont-ils vraiment malades ? faut-il les isoler et les « prendre en charge » comme marginaux ? »

C’est vous qui dites cela ! Je n’ai jamais considéré un enfant en difficulté comme « malade » et encore moins comme « marginal », mais plutôt en souffrance…et en demande d’aide !
Vous semblez croire que les enseignants dans les classes refusent de leur apporter cette aide et préfèrent se décharger sur d’autres… Quelle vision négative !
Voici deux ans que je travaille avec une classe dont 2/3 des élèves rencontrent des difficultés de différentes natures : différenciation, adaptation, recherche de solutions dans la classe, dialogue régulier avec les parents, rencontres avec le RASED,et j’en passe… L’appel à un orthophoniste compétent n’est qu’une aide supplémentaire pour certains de mes élèves ( je ne suis pas surhumaine!) et quand les résultats sont là …

« Il y seulement concurrence commerciale entre éditeurs de manuels (le marché est juteux). La globale n’utilise pas de manuel : quelle perte pour le chiffre d’affaire des éditeurs et pour les droits d’auteur ! »

Désolé, il n’y a pas que la méthode globale qui n’utilise pas de manuel… Mes enfants ont appris à lire sans manuel et il ne s’agissait pas d’une méthode globale !

Je crois que ma discussion sur ce sujet se cloturera ici,…

18 06 2008
Karoline (14:49:53) :

Hum-hum…. Je ne suis pas instit’, juste une maman d’un garçon de 14 ans qui n’aime pas lire (bon, c’est vrai que je lis plus que mon mari mais on peut quand même dire que nous sommes lecteurs…). Il n’aime pas lire parce qu’il ne peut pas se concentrer sur un texte sur plus de deux pages et je vais vous dire pourquoi : il n’a jamais encore étudié une oeuvre complète de toute sa scolarité (et il est va passer en 3ème) !!!!!
C’est une génération pressée à qui on fera étudier un paragraphe au début du livre, un au milieu et quelques fois, mais pas toujours, un à la fin…On valorise une certaine littérature contemporaine sans passer par la case des « grands classiques »…Alors, oui, c’est une question de programme scolaire… mais qui de vous, en tant qu’instit’ a travaillé sur Le Petit Prince, cette année ?
Mon fils est toujours épaté quand il arrive à la dernière page d’un livre, et qu’il découvre qu’il y a un dénouement à la fin…  » comme dans les films ! « , je le cite.
Effectivement, petit, on a diagnostiqué une dysgraphie, des troubles d’attention voire d’hyperactivité … J’ai fait l’orthophonie, la psychomotricité… et après ? Oui, il sait lire…oui, il sait écrire… et après ? J’ai de la chance ? Je pensais que l’école c’était aussi un apport de culture et là pas même une approche…rien. Fini les Fables de La Fontaine et plus tard, fini Le Cid, Les Femmes Savantes…
Vous pourrez toujours discuter de méthodologies mais pensez aux adultes que vous « fabriquez »…
Je pense qu’il est temps en effet de penser aux bases en valorisant les règles de grammaire et d’orthographe (dictées-questions), les vraies poésies (pas des trucs à cinq ou six lignes), les rédactions (qui ont totalement disparues)…
Vous pensez qu’un enfant doit apprendre sans s’en rendre compte… je pense tout le contraire : il faut qu’il rencontre des difficultés dans l’apprentissage pour justement qu’il réalise qu’avec l’effort on arrive à son but…
Et voilà, je me suis encore enflammée jusqu’au Hors Sujet (vieille habitude scolaire, hein Ostiane….)!

18 06 2008
bouge-toi (20:18:33) :

Merci Karoline pour votre intervention.
Vous n’êtes pas hors sujet , du tout ! Au contraire… Et je suis contente qu’une maman témoigne.
Moi- même je me suis laissée emporter par la discussion autour des « méthodes »…
Avec mes CE2/ CM1, je n’ai pas étudié Le Petit Prince, mais ma collègue de CM2 si ! Ma classe correspond avec une autre classe qui vit près du village natal de Jean de La Fontaine et cela a été l’occasion pour mes élèves de découvrir les fables de cet auteur ainsi que de celles d’Esope ou de Margaret.
En ce moment nous étudions des poèmes de Victor Hugo… sans compter toutes les autres oeuvres complètes que nous avons lu et sur lesquelles nous avons discuté, débattu tout au long de l’année.

Et non je ne pense pas qu’un enfant doit apprendre sans s’en rendre compte : au contraire, il doit participer, être actif,…fournir des efforts…
Souvent je demande à mes élèves d’imaginer la suite d’un récit commencé… avant de lire la suite écrite par l’auteur. Et là, que d’émulation ! Les idées proposées sont de plus en plus riches…
J’essaie de développer le goût de lire… et je ne suis certainement pas un cas isolé !

J’aime bien la comparaison faite avec les films car je l’emploie souvent pour expliquer à certains de mes proches qui n’aiment pas lire ( malgré des parents lecteurs…) : quand on commence un livre, on a envie de savoir ce qui va se passer ensuite… Tout comme quand on regarde un film on veut savoir comment il se finit.
Et un livre comme un film peut ne pas plaire, ne pas attirer… Mais il existe une littérature tellement riche, qu’on trouve toujours un livre , le livre qui nous touchera !

Attention cependant : lire des textes seulement dans le but de les étudier en classe peut faire perdre le plaisir de lire… Je l’ai vécu après mes études jusqu’à ce que je tombe par hasard sur un livre dont le titre a attiré mon regard…Pourquoi? Je l’ignore… mais petit à petit j’ai repris goût à la lecture, la lecture pour le plaisir.

Vous voyez, moi aussi je m’enflamme facilement…et ce n’est pas toujours facile pour ceux qui m’entourent…!

19 06 2008
Laurent Carle (05:54:19) :

« vous défendez, toutes griffes dehors, la méthode globale. J’ai rencontré des élèves qui ont appris à lire avec cette méthode et qui rencontraient autant de difficultés que ceux qui avaient appris avec les autres méthodes ! Une famille m’a dit un jour : ” Ma fille ne lisait pas, elle récitait par coeur ce qui avait été lu en classe : elle ne s’était même pas rendu compte qu’elle s’était trompé de page !” »

N’ayant jamais vu pratiquer cette méthode globale, tant décriée, quelque part dans un CP de ville ou de campagne, je ne saurais la défendre, avec ou sans griffes. Comme saint Thomas, je croirai aux maléfices du diable et de la globale quand je les aurai vus et entendus. En attendant, je fais confiance à la raison plutôt qu’à la fable. J’écris seulement que les maitres qui s’en servent, sans manuel, dans les écoles Decroly, font passer l’étude du sens avant l’étude du son. Ils ont choisi l’éducation à l’intelligence émancipatrice plutôt que le dressage par l’oreille détachée du cerveau.
Voir le site :
http://ecole.decroly.free.fr/actualite/interview1.html
Karoline y trouverait une suite à sa réflexion sur l’éducation.
Les écoles Decroly sont très rares et très demandées en France. Si vous voulez y inscrire vos enfants, il faudra le faire pendant la grossesse.

L’histoire que vous a raconté cette «famille » se colporte un peu partout en France plusieurs fois par an depuis 50 ans. A croire que toutes les institutrices de France utilisent cette méthode depuis longtemps. Si c’est le cas, les éditeurs ne devraient plus vendre leurs manuels classiques de lecture. Or, à 100 km à la ronde autour de moi, je ne trouve aucun CP à « globale », je ne vois que des enfants apprenant sur manuel. Et du côté de chez vous ?
D’ailleurs, pour que l’histoire soit complète, il faut ajouter au par cœur la devinette. Sinon, il manque un couplet.
Pourquoi aucun audacieux ne se lance dans cette aventure hors des écoles Decroly ?
1. Pour éviter les moqueries et railleries des collègues et les manifestations de parents,
2. Parce que pour s’en servir, il faut avoir reçu une formation adéquate, introuvable aujourd’hui chez les formateurs pour les mêmes raisons. La méthode ne s’improvise pas et travailler sans manuel demande de la témérité.
Comme l’Arlésienne, on ne la verra jamais dans une école, mais on lui reprochera longtemps les échecs des méthodes commerciales qui se vendent bien. Il faut bien un bouc-émissaire.

19 06 2008
Ostiane (06:50:26) :

Plusieurs choses dans cette réponse! Merci de ce témoignage. Pas évident pour un parent de prendre la parole au milieu de ce que certains appelleraient « querelles d’experts ».

Le parent parle au nom de son enfant, et c’est tout à son honneur. Les enseignants ont beaucoup à apprendre de leurs parents d’élève.
Je reprends quelques points de ta contribution.

« Il n’aime pas lire parce qu’il ne peut pas se concentrer sur un texte sur plus de deux pages et je vais vous dire pourquoi : il n’a jamais encore étudié une oeuvre complète de toute sa scolarité »

Je pense Karoline, qu’il ne faut pas mélanger plusieurs choses:

1/ Ton fils n’aime pas lire.

2/ Il ne se concentre pas plus de deux pages de suite.

3/ Il n’a jamais étudié d’oeuvre complète en classe.

1/ C’est son droit de ne pas aimer lire même si cela paraît navrant à tout lecteur qui trouve mille et une bonnes raisons de lire.

Je pense qu’il existe également mille et une façons de lire…le monde. On peut lire un paysage avec ses yeux, avec ses émotions. On peut lire une oeuvre d’art, on peut lire sur un visage avec son coeur et sa raison, etc. Lire c’est une manière d’appréhender le monde.

Ce que je souhaite dire par là, c’est que trop souvent on assimile le non lecteur au non penseur, au non rêveur, au non intellectuel…Et cela met en rage et le lecteur, et le non lecteur!

Ton fils se mettra à lire ou pas…mais cela ne l’empêche pas de goûter aux choses du monde et à la culture. Il faut alors juste veiller à ce qu’il se nourisse autrement. Et comme l’appétit vien en mangeant…

2/ Sa concentration: s’il est capable de rester concentré sur un problème de math ou sur la composition d’un dessin, ou sur une notice explicative d’un montage technologique…c’est qu’à priori il n’est atteint d’aucun trouble de concentration.

3/ Lire et étudier des oeuvres complètes en classe: OUI, tu as parfaitement raison, l’école ne peut se soustraire à cette exigence. C’est une évidence ET c’est au « programme »… Que ton fils soit en 3ème sans avoir jamais fait le tour d’un roman, d’une pièce de théatre, d’un recueil de poésie, etc, me semble totalement inconcevable!

En primaire, et dès la maternelle, on doit « étudier des oeuvres complètes ». Ca commence par un album, puis deux, un roman, puis trois, une fable, puis…

Pour ce qui me concerne, cette année, en cM1, deux romans avec fiches de lectures approfondies et tout ce qui va avec, ET la mise en route d’une bibliothèque tournante sous une forme plus personnalisée.

Selon le type d’écrit que nous étudions en classe, les élèves présentent un livre qu’ils ont choisi et lu et viennent le présenter. « J’ai aimé ou non, pourquoi, comment j’ai choisi ». Une fois le livre présenté, il est « passé » à qui le souhaite, et je peux dire qu’en général, 32 mains se lèvent!

Nous avons balayé ainsi un pannel assez large de littérature: science fiction, pièces de théatre, récits humoristiques, contes étiologiques, recueils poétiques, romans historiques, textes scientifiques et documentaires.

Il y a bien d’autres moyens d’introduire la lecture à l’école, autant de moyens que d’enseignants. Mais quand tu me dis que rien de cela n’a jamais été proposé à ton fils…je frémis…et je comprends ta colère.

Pour « le reste », ce qui est des bases, des règles, des dictées, des exercices de compréhension, des poésies, là encore OUI et re OUI!

Maintenant, il y a apprentissage et apprentissage. Apprendre par coeur une règle ne veut pas dire qu’on la maîtrise. Réciter une poésie ne signifie pas incarner un texte. Quant au terme de rédaction, je ne l’aime pas, il est trop raide, trop dépassé…Mais attention, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas écrit…l’expession écrite, la production d’écrit, l’écriture structurée, organisée, guidée ou spontannée…OUI!

Voilà Karoline, en une réponse on ne peut pas tout dire. Bouge-toi a également apporté son éclairage, Laurent Carle est « intarissable » sur ce sujet et sans doute d’autres commentaires et articles viendront peu à peu étayer les différents propos.

A bientôt donc!

19 06 2008
Laurent Carle (11:56:27) :

« Un garçon de 14 ans qui n’aime pas lire… Il n’aime pas lire parce qu’il ne peut pas se concentrer sur un texte sur plus de deux pages. »

Soit, il sait lire mais n’a pas le goût de lire parce qu’on n’a pas su le lui donner ou qu’il ne l’a pas attrapé. Relire « Comme un roman » de Daniel Pennac.
Soit, il ne sait pas lire avec les yeux à la vitesse 30 000 mots/heure mais déchiffre seulement à 9 000 mots/heure maximum (vitesse de la parole) et se fatigue vite à sonoriser des syllabes, même en les subvocalisant. Il lui faut trop de temps pour déchiffrer 2 pages et il se lasse. En ce cas, il a fréquenté trop de séances d’orthophonie. Ses lèvres remuent-elles ?
C’est à déterminer.
Dans tous les cas, rien n’est perdu.
http://www.lecture.org/
http://www.charmeux.fr/apprlire2.html
http://www.charmeux.fr/lecture2.html

19 06 2008
bouge-toi (17:10:28) :

« Or, à 100 km à la ronde autour de moi, je ne trouve aucun CP à « globale », je ne vois que des enfants apprenant sur manuel. Et du côté de chez vous ? »

Depuis que j’enseigne, j’ai rencontré des enseignants qui travaillaient l’apprentissage de la lecture à partir d’albums, d’autres avec des manuels « classiques », et d’autres avec la lecture en couleur de Gattegno sans manuel… Un panel assez large !
Ce que j’essayais de dire c’est que je ne crois pas à une méthode miracle, mais à un ensemble d’interférences qui amèneront les enfants à s’approprier la lecture. Chacun à son rythme, avec plus ou moins de difficultés, et donc pas seulement sur l’année de CP.
D’où l’intérêt de la littérature à l’école…

19 06 2008
Ostiane (19:05:26) :

J’approuve et admire la ténacité de Bouge-toi…Laurent Carle n’est pas du genre à lâcher le morceau. Surtout sur ce thème! Et c’est tant mieux, même si pour les instits que nous sommes, c’est un peu destabilisant…Cela permet d’avancer. Un pas en arrière, trois pas en avant!

Il faut dire que ce sujet est une des clés de notre enseignement en primaire. La lecture…

Je suis comme toi « je ne crois pas à une méthode miracle, mais à un ensemble d’interférences qui amèneront les enfants à s’approprier la lecture. Chacun à son rythme, avec plus ou moins de difficultés, et donc pas seulement sur l’année de CP.
D’où l’intérêt de la littérature à l’école… »

je pense que sur ce dernier point, nous tomberons à peu près d’accord…

Ce que je comprends de l’analyse de Laurent C. c’est que la plupart du temps, lorsque blocage en lecture il y a, ( et qu’il ne devrait pas y avoir) nous avons parfois tendance à externaliser le problème au lieu de le traiter « intra muros » via un réajustement de nos méthodes pédagogiques.

J’avoue, en bout de course, être la première à me tourner vers ces aides extérieures. Mais pas toujours pour traiter un trouble particulier; plutôt pour essayer de recréer un lien au sein de la famille.

Très souvent, le simple fait d’aménager ces rendez-vous ponctuels et récurrents entre un père ou une mère et son enfant permet de tisser un nouveau lien entre eux. L’enfant est demandeur de ces rendez-vous que le quotidien avale à grand coup d’emploi du temps.

Le lecture, c’est l’autonomie…Les enfants non lecteurs ont souvent peur de cette autonomie. Les parents aussi. Le petit devient grand et cela peut être source d’angoisse pour les uns et les autres. Lecture et histoire familiale sont souvent liées.

19 06 2008
bouge-toi (20:26:36) :

Je comprends bien ce que veut dire Laurent Carle par rapport au traitement des difficultés intra muros, je ne dis pas qu’il a tort sur ce point… Mais je dis que nous essayons de trouver des solutions pédagogiques dans nos classes et que nous n’y réussissons pas toujours ,… parfois on se sent bien seul face au désarroi de l’enfant et de sa famille… Face à leur angoisse qu’on n’arrive pas à désamorcer et qui crée quelquefois un blocage. Je ne peux pas laisser une situation difficile pour l’enfant s’ancrer… Alors, je fais appel à des aides extérieures, … qui permettent à tous de dialoguer dans l’intérêt de l’enfant et avec l’enfant.
Le mot « dialogue » revient souvent dans mes commentaires, il est pour moi essentiel tant sur le plan professionnel, que familial…
Et nous sommes bien ici pour dialoguer encore, non ?

Le partage des idées ne peut qu’être enrichissant…On trouve toujours une réflexion qui amène à se poser des questions sur ses pratiques: on les conforte, ou on les transforme… L’important c’est d’y avoir réfléchi !

19 06 2008
Ostiane (20:41:42) :

« nous n’y réussissons pas toujours ,… parfois on se sent bien seul  »

Oh que oui!

« Et nous sommes bien ici pour dialoguer encore, non ? »

Oh que oui!

« se poser des questions sur ses pratiques: on les conforte, ou on les transforme… L’important c’est d’y avoir réfléchi ! »

Oh que oui!

Bon, si un jour on fonde une organisation à but non lucratif…tu es de la partie?!

20 06 2008
Laurent Carle (09:18:45) :

« Le partage des idées ne peut qu’être enrichissant…On trouve toujours une réflexion qui amène à se poser des questions sur ses pratiques: on les conforte, ou on les transforme… L’important c’est d’y avoir réfléchi ! »
Chapeau bas à vous deux !
Une question bien posée, c’est déjà la moitié de la réponse. Le progrès, c’est de prendre un peu de recul pour avoir une vision élargie, et donc meilleure, du problème. C’est de ne pas chercher des réponses dans les recettes qui ont marché dans le passé, du genre « les bonnes vieilles méthode qui ont fait leurs preuves ». Le fleuve ne coule jamais deux fois sous le même pont. C’est aussi de ne pas donner sa confiance sans vérification à des professionnels extérieurs qui n’ont rien inventé de mieux que ce qui se fait dans les écoles. En rééducation de la « lecture », par exemple, on refait du b-a ba jusqu’à saturation, alors que, justement, c’est ce dressage décervelé qui produit l’échec en lecture. Il n’est d’éducation qu’émancipatrice, tout le reste est dressage. On ne peut émanciper qu’en donnant du sens aux apprentissages, donc du sens à l’écrit avant toute chose (avant le son).
A présent, on avance dans la bonne direction, celle de la réflexion sur l’émancipation de l’enfance. Bravo et courage à vous deux et à ceux qui auront envie de vous suivre !

22 06 2008
bouge-toi (19:56:36) :

« Bon, si un jour on fonde une organisation à but non lucratif…tu es de la partie?! »

Pourquoi pas !

24 06 2008
Laurent Carle (06:52:34) :

Organisations
En France, plusieurs mouvements pédagogiques sans but lucratif font, discrètement depuis des dizaines d’années, de la formation et de la recherche, de la bonne formation, de l’excellente recherche désintéressée. On peut les fréquenter sans modération et sans risque.

24 06 2008
Ostiane (21:45:17) :

Pourquoi, cher Laurent faut-il que ce soit si DISCRET. Je ne suis pas d’accord, il faut unir les efforts et les voix de chacun pour sortir de l’ombre et parler assez haut pour que les faux sourds entendent!

Je suis allée hier à une conférence organisée par Georges HERVE (ASSOREVEIL), Jacques PAIN et Hubert MONTAGNER. Regards croisés sur les finalités de l’école, les rytmes scolaires et les effets de la mondialisation dans le monde et sur les générations à venir.
Un débat passionnant a suivi les divers exposés.

Mais, en aval, s’ils avaient fait davantage de bruit, s’ils s’étaient fait entendre en parlant plus fort que les bavards de circonstance, nous n’aurions pas été qu’une petite poignée d’électrons libres!

Et pourquoi l’argent est-il un gros mot dès qu’il s’agit d’éduaction? Tous les thèmes sont abordés sans tabou, mais l’argent…oh le vilain mot…Pourtant, il est nécessaire de faire vivre des projets et des idées et des hommes et des femmes, non? Je ne parle pas « coup » financier ou d’arnaque à la YAKA, je parle de moyens donnés à la recherche et aux dispositifs innovants.

Bon, à suivre, mais sans discrétion!

31 07 2008
mike (06:21:31) :

La dyslexie est certe une maladie mais comme on le voit souvent un dyslexique peut prendre le dessus sur celle-ci avec persèvérence courage et ambition .
Pour ma part je penses qu’une personne souffrant de cette maladie as des avantages cachés sur les autres biensur se n’est qu’une supposition mais admettons qu’ils soient plus avancés que nous dans certaines chose dure a expliquer car je sais pas me mettre a leur place mais je me dis que si un dyslexique n’a pas dès son enfance une facilité a ecrire a lire ect ect il doit avoir quelque chose que nous élèves normaux d’avons pas , Simple délir ou se serait possible ? merci de repond coordialement

1 08 2008
Ostiane (14:08:52) :

Bonjour Mike,
Petite rectification, la dyslexie n’est pas une maladie, elle ne s’attrape pas, elle n’est pas temporaire. Dyslexique on naît, dyslexique on vit.

Mais vous le dites, comme c’est le cas pour de nombreux autres handicaps, on peut apprendre à mieux vivre avec! Patience, persévérance, courage, mais aussi compréhension, aide et soutien permettront à l’enfant de mettre en place des systèmes D, des protocoles pour détourner ou contourner les obstacles.

La dyslexie ne retire rien à l’intelligence! Et les enfants dyslexiques que j’ai pu croiser en classe, ont très souvent fait preuve d’ingéniosité et de finesse d’esprit. Pour s’en sortir, ils font appel à des ressorts qu’une personne dite « normale » n’irait pas activer. Mais à vrai dire, Mike, c’est quoi un élève normal…

Quoiqu’on en dise, c’est un trouble encore mal diagnostiqué, très mal apprécié en classe et qui laisse de nombreux élèves en échec. Nous avons tous à progresser à l’école pour entendre et comprendre les jeunes enfants qui souffrent psychologiquement et socialement des conséquences scolaires engendrées. Lisez tous les commentaires précédents et vous verrez que vous n’êtes pas le seul à vous poser des questions!

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