Question de JUIN

6 06 2008

« L’adulte est un enfant raté. »

Impertinent?

Lucide?

Libre?

MAIS QUI DONC A DIT CELA?

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12 réponses à “Question de JUIN”

6 06 2008
montelle (07:59:53) :

« L’adulte est un enfant raté. »

Ni impertinent, mais tout à fait banal.
Ni lucide, mais complètement faux.
Ni libre, mais issu de l’idéologie dominante de la société de consommation qui veut s’attacher une immense cible commerciale : celle des enfants.

Si l’adulte était un enfant réussi, nous vivrions dans un monde débile et cruel, bien montré dans le livre : « Sa Majesté des mouches » de William Golding (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sa_Majesté_des_Mouches).
Non, l’enfant ne possède par nature, ni savoir, ni vérité, ni sens du bien, du bon, du juste. L’enfant acquiert ces valeurs, ces compétences, cette science, cette philosophie, par l’adulte et grâce à lui.

Un peu brutal ? Ben oui ! Mais je crois que cette croyance, issue d’un Rousseau mal compris, a provoqué d’immenses ravages. Elle conduit à l’enfant-roi présenté dans nos pubs, enfant qui se croit roi mais qui n’est que l’esclave de ses pulsions et qui ne parvient pas à grandir, faute de pouvoir les maîtriser.

6 06 2008
Julos (09:59:48) :

Je pense que Freud a pu dire ça, ou, à sa suite Dolto, voire Lacan.

Ci-dessous un extrait de « De la puissance paternelle à l’autorité parentale » psychosocio-analyse de Josiane VIDAL, psychanalyste.

… [… »Parallèlement on a assisté aussi à un déplacement de la place de l’enfant. Dans ce nouveau couple parent- enfant, l’enfant devient en quelque sorte le partenaire des parents, avec les distorsions que l’on sait. De « l’enfant est un personne » à « l’enfant est un grande personne », il n’y a eu qu’un pas, des publicités récentes montrait sur un mode humoristique la mise au pas de l’adulte lui-même par l’enfant ou l’ado devenu tyrannique.

Autre aspect de ce déplacement, à l’idéal de l’enfant parfait a succédé la déception de l’enfant raté, avec la mise en place de toutes les mesures visant sa restauration… »] …

Le texte intégral est ici :
http://www.psychasoc.com/article.php?ID=507

6 06 2008
Ostiane Mathon (17:58:48) :

Tout à fait d’accord avec vos analyses d’adultes du XXIè siècle!
Sauf que, recontextualisée cette phrase prend une toute autre dimension.

La Fontaine, cet impertinent libre et lucide a eu l’affront, en parlant d’adulte raté, de voir en l’enfant une personne, à une époque où ce dernier n’était pas même pas reconnu comme un enfant…(tout juste comme un adorable petit ange ou un vilain démon, dans une certaine littérature.)

Et aujourd’hui, plus de 350 ans plus tard…après le passage de Freud, Lacan, Dolto…

Considérons-nous vraiment l’enfant comme un enfant, une personne enfant, un individu enfant…

Les gravures du VXIIè nous montrent des petits adultes en costume, les publicité du XXIè siècle n’ont guère évolué…

Et à l’école?
L’élève est-il considéré comme un enfant?

Elève-enfant ou enfant-élève? Oui, selon qu’il soit 8H30 ou 16H30
Mais rarement enfant tout court.

Bla bla dira JMD…que voulez-vous…on peut évoluer mais on ne se refait pas!

6 06 2008
kvalobra (18:35:23) :

Je profite de ce sujet-ci, comme j’aurais pu profiter d’un autre pour vous remercier de ce blog-piscine, où je me rafraichis régulièrement.
J’aime m’y retrouver en passant..
Vos opinions, questions, réflexions, propositions ouvrent souvent un réel débat et je me fais un plaisir de lire les commentaires, toujours bien intéressants.
Merci d’ouvrir cet espace de débats..
Je vous laisse découvrir cette chanson, un peu ancienne il est vrai, mais pas vraiment obsolète
http://fr.youtube.com/watch?v=Y0DnDgPKu7A&NR=1
Pour l’enfant : un adulte en devenir?
Pour l’adulte : un enfant devenu? déjà?

« Il faut beaucoup de temps pour devenir jeune » Picasso

6 06 2008
Ostiane Mathon (19:33:51) :

« ce blog-piscine, où je me rafraichis régulièrement. »

Quelle récompense cette si jolie formule…Merci Kvalobra.

J’essaie, un peu en vrac, un peu à l’image de mon bureau qui déborde,de partager des pensées, des doutes, au gré des jours qui passent.

Des chroniques quotidiennes qui puisent leur source au fil des jours d’école qui ne ressemblent jamais aux jours précédents…

Il faut beaucoup de temps pour devenir « maître d’école » (comme dit votre chanson), parce qu’il faut sans cesse redevenir un peu enfant. Je ne parle pas d’enfantillage ou d’infantilisation, je parle de regarder l’enfant qui est face à moi, et cet enfant parle à l’enfant qui est en moi. C’est ainsi. Si les enfants sont pleinement des enfants, nous ne sommes pas, nous adultes,juste des adultes.

Je ne sais pas, à me relire, si je suis très claire…

6 06 2008
bouge-toi (20:20:47) :

vous êtes très claire pour moi… J’ai l’impression de m’entendre…car souvent il me semble avoir gardé en moi une part d’enfant que je ne veux pas perdre et me permet d’être proche de mes deux enfants comme de mes élèves. Le dialogue est plus facile car je n’ai pas oublié que moi aussi j’ai pu me poser les questions qu’ils se posent !

6 06 2008
Ostiane Mathon (20:34:32) :

Le problème du pédagogue, comme celui du père ou de la mère est de trouver la bonne distance, ou la juste proximité entre lui et l’enfant. Laisser un espace suffisamment proche pour ne pas risquer le vertige et suffisamment distant pour permettre à l’enfant de se lancer.

Sans tirer sur la plante, sans l’étouffer…l’aider à croître.

6 06 2008
bouge-toi (20:34:44) :

J’allais oublier, à mon tour de poser une question (ou plutôt deux)…
Peut-on vraiment distinguer l’enfant de l’élève comme s’il s’agissait de deux êtres différents ? L’un appartient à l’autre et inversement. Pour moi, on ne peut les dissocier complètement car ils s’influencent forcément.
De même, est-ce facile de distinguer sa maman de son enseignante quand il s’agit de la même personne? (Là je parle pour mes enfants …)

6 06 2008
Ostiane Mathon (20:51:17) :

« Peut-on vraiment distinguer l’enfant de l’élève comme s’il s’agissait de deux êtres différents ? L’un appartient à l’autre et inversement. »

Je partage aussi cette idée. C’est pour cette raison que je parle d’enfant-élève et d’élève-enfant.

Le parent qui quitte son enfant le matin aux grilles de l’école nous confie en réalité, un enfant-élève; dans son cartable, des miettes du petit déjeuner collées à l’agenda…

Et quand cet enfant, le soir, rentre chez lui, ses parents retrouvent un élève-enfant; mine déconfite par une sale note et voilà le diner familial transformé en bureau des plaintes.

Mais trop souvent l’adulte à tendance à oublier que cet enfant est un élève et que cet élève est un enfant. L’adulte, qui aime contôler, a souvent tendance à sectoriser les territoires et les individus…

Pour ce qui est d’être à la fois enseignante et mère, cela ne m’est jamais arrivé…Ce doit être particulier…Déjà, être mère enseignante n’est pas une mince affaire! J’ai choisi d’être plutôt maman à la maison…mais l’instit’ n’est jamais très loin!

7 06 2008
JMD (17:01:04) :

Lors de mes recherches (je n’ai jamais fait autant de pédagogie !…),
j’ai trouvé -par hasard (?)- ceci :
http://www.ac-rennes.fr/ia56/pedagogie/Formation%20continue/stage%20maternelle/cederom/doc_theorique/metier_deleve/texte_zerbato_poudou.htm

Cordialement

7 06 2008
Ostiane Mathon (21:13:19) :

« ( je n’ai jamais fait autant de pédagogie !…) »

Et vous semblez même y prendre un certain plaisir…méfiez-vous, quand on y goûte, on devient vite addict!

« J’ai trouvé par hasard »

Ce n’est peut-être pas par hasard non plus que vous avez atterri ici!Le hasard, vous y croyez?

Tout aussi cordialement!

27 03 2011
lewebpedagogique.com (09:05:21) :

Question de juin.. Super 🙂

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