Digital natives

7 06 2008

Pour poursuivre une discussion commencée cette semaine sur BLOG BLEU PRIMAIRE…

« L’école peut-elle faire l’économie de la révolution numérique ? Jusqu’à ce jour, elle a résisté, contre vents et marées, se positionnant comme gardienne de la tradition plutôt que comme laboratoire du troisième millénaire. Mais désormais, la génération des enfants du Net a envahi les bancs de l’école, du collège et du lycée, trouvant au tableau noir et à la craie un petit air bien désuet.. »

Extrait de l’édito sur les digital natives paru dans le Monde de l’Éducation, avril 2008.

http://www.dailymotion.com/video/x5tvr5

Trouvé chez Mario Asselin

Une vidéo de Théo Bondolfi


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11 réponses à “Digital natives”

7 06 2008
Julos (13:05:45) :

« L’école peut-elle faire l’économie de la révolution numérique ? Jusqu’à ce jour, elle a résisté, contre vents et marées, se positionnant comme gardienne de la tradition plutôt que comme laboratoire du troisième millénaire… »

Je m’inscris en faux contre les 1ères lignes de cet édito. Pourquoi ? Parce que c’est une caricature. J’ai présenté mon premier ordinateur à mes petits élèves de CP en 1982. Ensuite, je n’ai eu de cesse de me former et de m’informer pour que les recours à l’informatique s’intègrent de mieux en mieux dans mon travail et celui de mes élèves.
Enfin, pour faire court, lorsque j’ai quitté l’EN (en 2005), l’école maternelle ZEP dans laquelle j’ai travaillé en équipe pendant 20 ans, disposait d’une salle informatique de 6 postes avec connexion internet, et chaque classe, y compris les petites sections, disposait d’un ordinateur.

Je suis persuadé de n’être ni une exception, ni un extraterrestre et surtout pas un ancien combattant. Car combattant je le suis, et je le reste !

7 06 2008
Ostiane Mathon (13:16:08) :

En 1982…Julos…vous étiez sans doute une exception, n’en déplaise à votre humilité… Visionnaire, voilà ce que vous êtes, et il n’y a pas d’âge pour cela!

7 06 2008
montelle (16:05:41) :

Ah ! les TO7, parce que Fabius avait préféré Thomson à Mac ! Bon, oui, Julos, tu avais des Mac. Mais nous…. ! Quelle horreur ! Quel temps perdu !

7 06 2008
Julos (16:17:41) :

Visionnaire ?! Ouh la ma bonne amie comme vous y allez !

;-))

J’accepte le « compliment » à condition d’y associer les centaines d’instits, de profs, de conseillers pédagogiques, de parents informaticiens qui ont permis bon an mal an aux ordinateurs d’entrer à l’école (et de faire un peu mieux que la frangine télévision n’avait fait).

Allez… un p’tit coup de nostalgie : je repense aux sessions de formation du Plan Informatique pour Tous, bricolage et bouts d’ficelle… sur les congés scolaires… pour les analphabètes numériques que nous étions.

Le véritable visionnaire, pour moi, ce fut Seymour Papert. La lecture de son livre « Jaillissement de l’esprit » fut une révélation pour beaucoup de pédagogues et bien d’autres encore, il y a plus de 20 ans de cela.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Seymour_Papert

Et le plus incroyable fut de l’entendre répondre « Oui » à la question d’un journaliste à la télévision. La question était : « Pensez-vous qu’un humain puisse tomber amoureux d’un ordinateur ? »

S.P : « Yes it is… I think so. »

Etonnant non ?

7 06 2008
bouge-toi (17:20:27) :

En 1982, j’étais sur les bancs de l’école… et aucun ordinateur en vue. Le premier que j’ai pu approcher c’était au collège (commodore 64 à l’époque)et encore… Ce n’est qu’en faculté que j’ai vraiment accédé à cet outil.
Pour ce qui est de l’école où j’enseigne, elle a été équipée il y a environ 4 ans de 9 ordinateurs dans une petite salle. Pour le fonctionnment,obligation de faire des groupes et d’en confier aux collègues en travail autonome. Pas évident ! Mais bientôt la salle sera agrandie et ce sera plus simple !
Bref, l’équipement des écoles,rappelons-le, dépend aussi beaucoup de la volonté et des moyens donnés par les municipalités.

7 06 2008
Ostiane Mathon (18:37:27) :

Dans ma classe, 2 ordinateurs non connectés…l’année prochaine, je voudrais travailler avec mes élèves sur un blog de classe…ça va être la guerre des nerfs au CDI entre prof du collège et prof des écoles…Mais je n’ai pas dit mon dernier mot…
La suite…en septembre!

8 06 2008
montelle (07:25:47) :

« L’école peut-elle faire l’économie de la révolution numérique ? » demandait l’article cité. Bien sûr que non ! Mais le plus merveilleux des outils ne remplit ses fonctions qu’avec un usage intelligent. Je comparerais volontiers l’ordinateur à un moulin à café de grand-mère. L’important est la graine qu’on y introduit. Je vois souvent des ordinateurs utilisés comme des moulins vides dont on fait tourner la manivelle à toute vitesse sans que rien ne reste dans le petit tiroir. C’est massivement le cas à la maison. Il ne faut pas que ce soit le cas à l’école.
Les questions qui se posent :
– Le rapport temps passé/acquisition a-t-il été amélioré ?
– L’acquisition et la rétention des savoirs et savoir-faire acquis sont-elles satisfaisantes ?
– L’investissement en matériels n’obère-t-il pas d’autres acquisitions indispensables ?

Le danger est de croire que dès que des enfants utilisent des outils audio-visuels ou informatiques ils progressent, ils apprennent, ils deviennent intelligents. Ils peuvent aussi très bien perdre leur temps.

9 06 2008
12 06 2008
Valérie (22:04:14) :

Bonjour à tous,
Je suis très certainement mal placée pour me mêler de cette discussion. Je ne suis pas enseignante seulement une maman qui vous a trouvé en cherchant ce que nos enfants étaient supposés apprendre en informatique.
J’espère ne pas me faire incendiée en donnant ma vision des choses sur ce domaine (une fois encore c’est mon opinion et rien ne dit que j’ai raison ni que mes constatations puissent être généralisées !).
– Si je me place du côté de la professionnelle de l’informatique (développeur d’application en php, sql, VB etc…) : comme le diraient mes ainés « ça craint ». Ce qui leur est dispensé ne cadre absolument pas avec la réalité « économique ». Tout au plus auront-ils les bases pour ne pas avoir peur d’un ordi s’ils deviennent secrétaire. Le fait de leur donner un portable (archi dépassé certes mais correct pour MSN) pose quelques soucis à mes yeux : ils bidouillent, vont sur internet – je ne préfère pas penser aux familles où le contrôle se limite au verbal vague histoire d’avoir bonne conscience – sont persuadés d’être des hackers (si si nous en avons bien 30 dans le quartier !), pensent pouvoir un jour créer des jeux et en vivre (tout le monde sait qu’un jeu se fait en 2h et ensuite vous êtes millionaire) et finissent dans une ligue d’un jeu tout en usant et abusant du langage SMS sur MSN avec les copains. A cela s’ajoutent les blogs qui sont à la mode et me font parfois pâlir de peur lorsque je lis les coordonnées d’un gamin sur la page « où me joindre »…
– Si je me place du côté de la Maman : Peut-être est-ce parce que je suis dedans depuis des années, que mes enfants ont toujours connu cela, mais je fais une chasse sans pitié aux nombre d’heures passées sur la machine (et console d’ailleurs qui ont exactement le même traitement à la maison) et me bats au quotidien pour que les limites ne soient pas franchies… C’est un outil merceilleux comme bien d’autres mais c’est aussi un moyen sûr et efficace de désocialiser un individu ! Certes il y a plein de « copains » sur internet, plein de dialogues et tout ce que l’on peut vouloir mais l’enfant est seul dans son quotidien avec un ami qu’il ne connait pas et qui vit à des milliers de kilomètres de lui bien souvent… Je tiens cet outil responsable de l’échec scolaire de nombreux ados que fréquentent les miens. Ils bâclent leur travail pour aller faire la guerre et conquérir de nouveaux territoires ! Côté encore plus pernicieux peut être, j’ai eu la surprise il y a deux ans de voir mon « petit bout » de 4 ans m’écrire PKOI tout triomphant en m’expliquant qu’il avait vu son grand frère écrire pourquoi à un copain et que maintenant il savait écrire… Certes, nous avons rectifié le tir et le SMs est devenu, à la maison, assimilable aux gros mots : « tu en connais, j’en connais mais personne n’en dit une fois la porte passée ou alors dans sa tête pour soulager » (Et oh personne ici n’a pensé « tu me fais ch… » lorsque sa Maman lui demandait de ranger ses affaires tout en répondant « Oui Maman » ? Oui ça fait du bien mais ça ne se dit pas 😉 ). Autre petit détail qui me pose problème : j’ai expliqué à une professeur de ma fille comment faire un document power point afin qu’elle l’explique à ses élèves cette année. oui « vos » cours ne sont pas très clairs, j’en conviens puisqu’elle m’avait passé ses documents en me disant « Je dois être stupide, je ne comprends pas ! » Bref, peut être qu’un pré-requis pour enseigner serait de former correctement les maitres. Correctement ne signifie pas 210 personnes dans une salle qui regardent un écran ! L’informatique s’apprend par les travaux pratiques et le « je refais le modèle jusqu’à ce que j’ai compris et me soit approprié la technique », si j’ose dire. Tous les programmeurs ont commencés en prenant les programmes de leurs ainés et en les triturant jusqu’à « voir » ce que faisaient les changements. Oui certains font de grandes écoles, apprennent la théorie mais eux font chefs et non programmeurs 😉 Normal ils pigent rien mais parlent en langage qui fait croire qu’ils ont tout compris (enfin que les autres ne comprennent pas ce qui les rend savants).
Et au passage, puisque j’ai lu vos galères petite astuce que j’applique dans ma ville pour les écoles : le parc informatique des entreprises (les « grosses ») est changé en moyenne tous les 3 ans. Question de comptabilité. En 3 ans une machine est dépassée mais très utilisable pour le commu, des mortels. Rapprochez-vous de ces sociétés et demandez-leur de les jeter dans vos classes. Les responsables informatiques vous donneront – dans l’ensemble, nous avons aussi notre lot de crétins – un coup de pouce pour optimiser au mieux les machines données quitte à faire du pillage sur les moins performantes afin de booster les meilleures (RAM, disque-dur montés en série pour augmenter la capacité, etc…). La contrainte de faire passer dans le bilan de l’année une ligne du style « Un grand merci à la sté machin pour le don de X pc » n’est pas très cher payé. Astuce valable surtout – enfin ici dans le sud – pour les maternelles et les primaires qui doivent « apprendre » mais n’ont pas forcément les budgets pour acheter.
Cordialement

13 06 2008
bouge-toi (16:16:15) :

Valérie,
Moi aussi je suis maman (et pas seulement enseignante)et à la maison mon mari et moi appliquons les mêmes restrictions que vous.
Je préfère voir mes enfants jouer ensemble ou avec des amis dehors au grand air ou à des jeux de société.
Ils ont besoin de se dépenser physiquement et les jours de pluie, sans sortie, ils sont beaucoup plus nerveux !
Nous avons la chance d’habiter la campagne, alors autant en profiter, non ?

13 06 2008
Ostiane (18:59:59) :

« Je suis très certainement mal placée pour me mêler de cette discussion. Je ne suis pas enseignante seulement une maman  »

Raison de plus Valérie pour avoir votre place et tout votre place parmi nous. Des discussions, nous en avons de nombreuses et la parole est donnée à chacun, parent, enseignant ou ni l’un ni l’autre!

« Ce qui leur est dispensé ne cadre absolument pas avec la réalité “économique”. »

En primaire, la réalité économique n’est effectivement pas une priorité…Pour le collège et le lycée, je ne dis pas mais…Mais vous soulignez un point important: notre formation!…=zéro sur ce point.

Reste alors deux options:

1/ des stages, et il en existe de nombreux

2/ un projet qui motive et oblige à s’y mettre

Mais étant donné qu’aucune de ces deux formules n’est obligatoire, certains s’y mettront, d’autres pas. Il faudra donc attendre la prochaine génération d’enseignants, eux-mêmes digital natives pour avoir un contingent sérieux de maîtres et professeurs praticiens en informatique.

Pour ce qui est des écrans à la maison…je lutte fois 4 pour les quotas d’heures! Mais ces derniers temps je m’entends rétorquer « Euh, maman, et ton blog, combien de commentaires aujourd’hui? »…No comment!

Oui, un outil prodigieux, un amusement parfois, mais ni un passe-temps ni un miroir aux faux vrais amis…dont le risque majeur est la désocialisation, comme vous le dites très justement.

Dur dur d’être parent…

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