Droit de réponse à Natacha Polony

17 06 2008

Si Natacha Polony m’avait interviewée…aux côtés de certaines de mes collègues Jeanne, Elisabeth, Ariane, Rachel, sans oublier Julien Dazay, inspecteur de Seine-Saint-Denis, je n’aurais pas forcément répondu comme elle eût souhaité que je l’eusse fait…

Je vais donc m’amuser ici, entre vous et moi, à improviser un dialogue dont les répliques de A sont toutes directement issues de « l’enquête » du Marianne de cette semaine, intitulé « Les instits sont-ils encore les hussards de la République? ». Vous trouverez au travers des répliques de B comme un écho de ma propre pensée…

  • Pour vous l’école aujourd’hui c’est quoi?

A: Tous les problèmes sociaux concentrés dans la vie quotidienne de 20 gamins.

B: Le reflet de la vie quotidienne.

  • Et votre métier, comment le qualifieriez-vous?

A: Un monde étrange qui ne ressemble pas à ce que j’avais espéré.

B: Le plus beau métier du monde, mais sans doute un des plus exigeants humainement, intellectuellement.

  • Selon vous, quelle est la mission de l’école primaire?

A: Autrefois, les instituteurs devaient former des hommes libres, les futurs citoyens de la République. Ils étaient le pilier sur lequel reposait l’édifice social et politique. Aujourd’hui l’école primaire est en crise, la société est bouleversée, l’école déstabilisée.

B: « Nos » écoliers sont nés à l’aube du XXIème siècle. Eux seuls détiennent les clés du futur. Il me semble alors que la mission de l’École est de les aider à vivre pleinement leur présent d’écolier de 5 ans, de 8 ans, de 10 ans. L’École et les familles, côte à côte et non plus l’institution scolaire au-dessus de tous. C’est un défi car cela signifie qu’on regarde enfin les écoliers comme des enfants d’aujourd’hui éducables et respectables.

  • Pour vous, c’est plutôt « instituteur » ou « professeur des écoles »?

A: Il y avait de la beauté dans ce titre: instituteur. « Professeur des écoles » est un titre prétentieux, boursoufflé. Pétris de sciences de l’éducation, ils ne sont plus ces missionnaires vénérés pour leur savoir autant que pour ce statut de modèle qui les auréolait.

B: Mon métier ne se résume ni à un titre ni à un statut, encore moins à l’allégorie statufiée d’un buste glorieux, vestige de je ne sais quel passé plus que parfait. Je me considère comme praticienne et pédagogue mais dans mes dîners entre amis je dis volontiers maîtresse d’Ecole ou instit’. C’est toujours l’Ecole qui porte la majuscule, pas le titre.

  • Justement, les parents, quels rôles jouent-ils dans l’éducation?

A: Ils nous demandent de combler leurs propres lacunes, ils n’ont pas le courage d’apprendre les bonnes manières à leurs enfants. Ils nous menacent quand les résultats sont mauvais et exigent, pour des élèves de maternelle de connaître le programme de mathématiques et de français. C’est à nous de les éduquer. Les gamins passent leur journée devant leur console de jeu. Comment voulez-vous que nous en tirions quoi que ce soit?

B: Les parents sont les premiers déstabilisés par une société qui les harcèle. Soumis aux intempéries de la vie familiale et professionnelle, ils transfèrent une grande part de leur angoisse dans la vie scolaire de leurs enfants. L’école n’est certes pas un centre d’écoute familiale mais elle doit prendre en considération certaines données sociétales. Elle ne peut en faire l’impasse. Nier le besoin des familles en matière d’aide à la parentalité, c’est fermer la porte à l’éducation d’une grande partie de nos élèves.

  • Enseignant, une mission ou une profession?

A: Qu’ils appellent cela mission ou vocation, les instituteurs font un métier qu’ils savent un peu à part, certains l’acceptent, s’en font un étendard, d’autres le refusent au nom de la « professionnalisation. »

B: Enseignante missionnaire, professionnelle de l’éducation, praticienne scolaire et chercheuse insatiable. Il est inconcevable de dissocier ces divers « attributs », tant ils sont liés les uns aux autres et surtout liés au devenir de l’École. Refuser une des dimensions c’est se confiner dans une posture et dans l’immobilisme. De tous temps, diviser pour mieux régner fut une stratégie efficace mais lorsque l’avenir de nos enfants est en jeu, de grâce, un peu de hauteur et beaucoup de pudeur.

  • On parle beaucoup du retour aux bonnes vielles méthodes. A commencer par apprendre à lire. N’est-ce pas une évidence?

A: Je suis avec les enfants et je me considère comme un rouage dans le processus de liberté. Pourquoi j’enseigne le B et A-BA? Cela n’a l’air de rien, mais l’enjeu du CP est de savoir si, plus tard, il y aura la lecture de Balzac ou pas.

B: Balzac est un auteur parmi tant d’autres. Pourquoi pas lui, pourquoi pas Villon, pourquoi pas aussi Boris Vian? Lire bien sûr, évidemment, énormément, passionnément. B et A, ça donne bien les deux premières lettres de Balzac. Mais de là à croire que déchiffrer B.A.L.Z.A.C. permettra d’entrer dans l’univers de Lucien de Rubempré ou de Lolotte, il y a là un tour de passe-passe proche de l’escroquerie intellectuelle qui fera perdre à beaucoup bien des illusions!

  • L’échec scolaire, un sujet qui fâche. Quelles leçons tirer de ces chiffres qui font frémir?

A: Pris entre leur envie d’affirmer la grandeur de leur métier et le refus d’assumer les échecs du système, qu’ils préfèrent attribuer aux inégalités sociales et à des causes externes, laissant croire ainsi qu’il n’est pas de pouvoir émancipateur du savoir, les enseignants courent le risque de dévaloriser eux-mêmes l’école en clamant son impuissance. Qui croit en l’homme, croit en un rôle majeure de l’éducation. Le reste doit être dicté par le pragmatisme et l’évaluation des résultats.

B: Et si on arrêtait de vivre par procuration au travers de ces chiffres qui veulent tout dire et ne signifient pas grand chose. Je veux dire par là, oui il y d’immenses progrès à faire en terme d’éducation, d’instruction, d’enseignement. Le nier serait faire preuve d’immaturité et d’un manque total du sens des réalités et des responsabilités. Mais qui souhaite progrès exige aide et formation. Il en va des élèves comme des enseignants, et oserais-je ajouter, comme des parents. Faire le pari d’une école ambitieuse ne se mesure pas qu’aux seuls résultats chiffrés. La valeur de l’homme, et encore moins de l’enfant, ne se réduit pas à une somme de notes. La part humaine de l’écolier n’est que très rarement prise en compte. Pourquoi? Parce qu’elle n’est pas quantifiable. C’est dommage. Car alors, les statistiques parleraient autrement.

  • Et la maternelle, fleuron de l’école française ou débâcle annoncée du système?

A: La maternelle va mal. Elle a pour objet de faire intégrer aux enfants des repères temporels, de les préparer à devenir des élèves, c’est à dire à contrôler leurs pulsions et à se tenir silencieux et concentrés. Il m’arrive d’inspecter des écoles dans lesquelles les enfants ne restent pas une heure affilée dans la classe. Activités de groupe, sorties…Ils bougent en permanence et sont incapables de se taire et d’écouter. L’enjeu est clair, pour défendre cet outil formidable qu’est la maternelle, à la française, il faut le repenser, le réformer dans le sens de l’exigence.

B: Il me semble que tout enseignant devrait commencer par enseigner en maternelle. Tout s’y apprend, tout s’y comprend, tout s’y construit. La maternelle, la plus belle chose que l’école ait inventé mais qui reste à réinventer avec toujours plus d’audace et de courage. Je refuse le terme d’outil. Non, la maternelle est un espace de vie, de mouvement, de découverte, d’apprentissage, de construction. Elle ne doit en rien dresser le futur élève, elle doit révéler l’enfant. C’est bien différent.

  • Pour terminer sur une note positive, que proposeriez-vous?

A: Plus que jamais, les instituteurs et professeurs des écoles jouent un rôle fondamental dans le processus d’émancipation des futurs citoyens. Sans doute faut-il retrouver un peu de la force de ce pacte moral noué il y a plus d’un siècle entre la nation et ses instituteurs. Retrouver aussi les conditions de la confiance.

B: Je propose 5 entrées en matière pour une réflexion en profondeur sur ce pacte d’éducation:

  1. l’Ecole pour tous
  2. l’Ecole de tous
  3. l’Ecole comme rempart contre l’exclusion
  4. l’Ecole comme vecteur d’accès au monde
  5. l’Ecole comme moyen de partage.

Les programmes et les réformes doivent être pensés en fonction des élèves et non pour coller à une société qui ne sera, de toute façon, pas celle dans laquelle nos enfants vivront. Donnons-leur les moyens de construire leurs rêves, pas les nôtres, et de ces rêves d’imaginer leur réalité, et non pas la nôtre…

Partager

Tags : , , , , , , ,

Actions

Informations

32 réponses à “Droit de réponse à Natacha Polony”

17 06 2008
Laurent Carle (11:29:58) :

Bien répondu !

17 06 2008
L. Fillion (13:46:26) :

excellent ostiane, vraiment.
Natacha Polony aurait-elle l’honnêteé intellectuelle de le publier ?

17 06 2008
jpd (14:57:49) :

Polony, arrêtez de chercher à vous construire un avenir de mouche du coche qui roule en marche arrière.

Les hussards de la République existent encore !
Ils ne sont plus noirs ni gris mais de bien belles couleurs !

En voici une : Ostiane !

Ostiane qui me fait penser à l’une de mes soeurs, à l’un de mes meilleurs amis.
Hussards eux aussi.

C’est à dire des personnes qui construisent l’avenir sans se laisser emmerder par quiconque.
En particulier par les copains de Polony….et de Darcos.

Merci Madame.

17 06 2008
L'amie scolaire (16:06:33) :

Bravo Ostiane pour ce billet plein d’humour et de sagesse pédagogique. Polony retera pour moi un mystère..; de mauvaise foi, dont je ne parviens pas à saisir les motivations secrètes.
Bien d’accord avec JPD : la marche arrière a rarement fait avancer les machines !

17 06 2008
JMD (16:46:01) :

Lorsque vous écrivez :

« B: Il me semble que tout enseignant devrait commencer par enseigner en maternelle. Tout s’y apprend, tout s’y comprend, tout s’y construit. La maternelle, la plus belle chose que l’école ait inventé mais qui reste à réinventer avec toujours plus d’audace et de courage. Je refuse le terme d’outil. Non, la maternelle est un espace de vie, de mouvement, de découverte, d’apprentissage, de construction. Elle ne doit en rien dresser le futur élève, elle doit révéler l’enfant. C’est bien différent. »

…vous êtes en parfait accord avec Julien Dazay que vous citez en introduction de votre post…

http://www.rtl.fr/fiche/61355/julien-dazay-il-faut-fermer-les-ecoles-maternelles.html

A lire et écouter… tout un programme !

17 06 2008
bouge-toi (17:07:24) :

« L’Ecole doit révéler l’enfant. »

Lorsque ceux qui produisent les programmes auront compris ça, on pourra dire :
« Un petit pas pour l’Ecole, un grand pas pour l’enfant. » ( ou inversement)

Bravo pour cette interview fictive et pourtant si vraie ( la vôtre évidemment) !

Pour continuer avec les interviews, je vous propose de lire celle d’André Giordan sur le site suivant :

http://www.ldes.unige.ch/publi/presseInter/forster.pdf

17 06 2008
Ostiane (19:01:06) :

Je suis navrée, JMD, je ne me retrouve aucunement dans les propos de Julien Dazay.

Une piste peut-être…Le rôle des jeux éducatifs qui, dans certains pays préparent remarquablement à l’entrée au CP (ou équivalant) Ces enfants, dit-il, s’en sortent très bien, à l’entrée à l’école en ayant appris en amont, à l’aide de jeux éducatifs variés et propices à la mise en place des futurs apprentissages « scolaires ».

Et bien en France, faisons entrer davantage de ces jeux éducatifs DANS L’ECOLE…Bonne idée! Et puisque l’air du temps est à la nostalgie, remontons jusqu’aux précepts de Maria Montessori. Une dame qui a su si bien parler des jeunes enfants. Sans doute passait-elle beaucoup de temps à les regarder et à les écouter. Pas nounou, médecin!

17 06 2008
JMD (19:23:09) :

« Je suis navrée, JMD, je ne me retrouve aucunement dans les propos de Julien Dazay. »

Visiblement vous n’avez pas tout compris… L’humour, vous connaissez ?

Vous êtes vraiment « habitée » par la « pédagogie »… Dieu vous garde !

Cordialement

17 06 2008
Julos (19:44:38) :

Waouh !!! J’adore les coïncidences ! Surtout lorsqu’elles ont le parfum des affinités électives …
Figurez-vous que la lecture de ce dossier de N.P dans le dernier Marianne m’a quasiment gâché le week-end : j’étais tellement en colère que je ne me sentais guère capable d’envoyer un droit de réponse serein, argumenté et clairvoyant.
Et vous, avec votre self-control habituel, vous avez trouvé le ton juste. Résultat : chacun peut mesurer l’abîme qui sépare le texte fielleux, malveillant et malintentionné de N.P et votre dialogue simulé, plein de finesse, d’intelligence qui fleure bon la compétence.

;-)))

Merci et bravo !

17 06 2008
Christian Montelle (19:52:37) :

Polony recueille des ragots au Grip (20 classes !) et au SLECC. Boutonnet, Brighelli et Bentolila sont ses seules références depuis qu’elle s’occupe de l’éducation dans Marianne. Qui lui dira que d’autres personnes peuvent être consultées avec profit par un journaliste honnête ?

Merci, mille fois mercis pour votre réponse si pertinente et si fine à cet article bourré d’inexactitudes.

Christian Montelle

17 06 2008
Ostiane (19:52:57) :

Sur ce coup là, JMD…Vous m’avez bien eue…
Veuillez acceptez mes respects pédagogiques et mes salutations professionnelles!

17 06 2008
tanguy (20:40:14) :

Bonsoir à tous,

Mari d’Ostiane, Je souhaiterais profiter de cet article, pour vous remercier pour vos encouragements. Ils sont pour elle comme pour nos enfants et moi–même, la raison nécessaire et suffisante pour accepter depuis un peu plus de 4 mois, la place que le BLOG BLEU PRIMAIRE occupe maintenant dans notre vie.

18 06 2008
Ostiane (05:44:13) :

Oui, bon, heu, là, je crois qu’il y comme un message…Mari d’instit’…Qui croyait que la vie serait tranquille, le frigo toujours plein, les chaussettes bien rangées par deux et par couleur?…Allez, courage, c’est bientôt les vacances…enfin, il paraît!

PS Penser à la sécu, au dossier de fin de 3è, au rendez-vous avec le prof d’Histoire du fiston en 6è et surtout, passer prendre la liste de fourniture de CP pour la petite dernière…à ce soir!

18 06 2008
Sylvain GRANDSERRE (12:43:56) :

Natacha Plony est une récidiviste !

Dans le numéro 572 de MARIANNE d’avril 2008, le dossier qui
fait la une du magazine est consacré à la tyrannie des minorités,
c’est-à-dire « les hooligans, les riches défiscalisés, les caïds des
banlieues, les indépendantistes corses, les associations de
victimes, les conducteurs de TGV, les experts économiques, les
éleveurs de porcs bretons, les ayatollahs gays, les intégristes
(cathos, islamistes, juifs) », etc.

La description qui est faite de ces minorités diaboliques rappelle
par moment les groupuscules de rétropenseurs à l’œuvre
actuellement dans l’éducation (lire-écrire, sauver les lettres, SOS
éducation, GRIP / SLECC. Extraits :

> « La tyrannie des minorités s’impose dans l’Hexagone par
des méthodes de plus en plus pacifiques grâce à eux alliés
principaux : le droit et les médias. A défaut de rassembler assez
pour peser arithmétiquement (SOS éducation ?) les intérêts
minoritaires jouent de la « gonflette », en se cachant derrière le
paravent d’associations qui savent pallier l’absence de membres
(Sauver les lettres ?)par la collecte de subventions publiques
(programme SLECC ?) que les élus n’osent pas leur refuser.
L’activisme procédurier, la reconnaissance de « droits » et la
condamnation de leurs concurrents et ennemis (Brighelli ?)
constituent l’une de leurs trois principales occupations. L’autre
consiste à assurer leur « visibilité » grâce aux médias. Lesquels
ne demandent que cela : ils ont des intérêts communs. Les
minorités actives qui cherchent plus à faire parler d’elles qu’à
recruter, savent que, par la magie d’une caméra de télévision,
quelques dizaines d’agités (Brighelli, Le Bris, Lafforgue,
Boutonnet, Finkielkraut ?) assurant le spectacle ont plus d’effets
que plusieurs milliers de manifestants sans plan média. »

Malheureusement, une telle analyse ne s’applique nullement
aux lobbies précités mais aux… « pédagogistes » !

C’était donc le billet tout en finesse de Natacha Polony qui
accompagnait le dossier.

Pendant ce temps-là, Brighelli peut comparer les lois Jospin à
la rafle du Vel’ d’Hiv, Lafforgue parler de « débâcle  » (comme en 40)
de l’éducation dans son bouquin et un prêtre sur la chaîne KTO
de « génocide » à propos du niveau scolaire.

Sylvain Grandserre

PS : j’ai participé à un récent débat sur RMC avec J-P Brighelli.
On a parlé éducation mais il vaut mieux éloigner les enfants :

http://stat3.cybermonitor.com/m/media/rmcpod_v.mp3?R=RMC%26S=channel49%26media_url=http://www.1001podcast.com/podcast/RMCInfo/channel49/20080604_ggjour_rmc.mp3

18 06 2008
JMD (15:08:20) :

« L’Ecole pour tous, l’Ecole de tous, l’Ecole comme rempart contre l’exclusion, l’Ecole comme vecteur d’accès au monde, l’Ecole comme moyen de partage. » écrivez-vous.

Tout à fait d’accord avec vous sur ce point, on pourrait même en implanter une rue de la Pompe à Paris.

Qu’en pensez-vous ? Chiche !

18 06 2008
Ostiane (18:22:29) :

Rue de la Pompe, boulevard de la République, Place de l’Humanité, Avenue de la Pédagogie, à Paris, à Berlin, en Chine peut m’importe JMD. Un enfant pauvre, un gosse de riche, peu m’importe JMD. Ils ont tous le même droit à devenir des adultes autonomes et « affranchis » de toute catégorie socio-culturelle.

Ca s’appelle la liberté et l’école peut les y aider. Du moins elle peut y contribuer. La vie aussi.

18 06 2008
JMD (18:53:23) :

Ne vous emportez pas… et ne mélangez pas Berlin et la Place Tien an’ Men… (confusion des genres…).
Vous croyez-vous, Ostiane, affranchie de toute catégorie « socio-culturelle » ?
Leurre !
Je citais la rue de la Pompe à tout hasard… Cette vieille institution rétrograde et élitiste, legs à l’Etat d’un riche avocat cocu, ne devrait même plus exister !

19 06 2008
Ostiane (08:50:19) :

Merci Sylvain pour ton lien audio. Face à face pas évident… Le dérapage n’est jamais loin et tu as su le contourner. Bravo et surtout merci d’avoir parlé de l’école et des élèves comme tu l’as fait, sans auto-satisfaction mais sans catastrophisme populiste.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les dicours et les prises de positions de Jean-Paul Briguelli, ils n’ont qu’à faire un petit détour par son blog « bonnet d’âne » que je rebaptise volontiers « La tentation de l’enfer ».

J’y suis allée une fois…il n’y a pas si longtemps…pour voir…Je n’y ai lu et vu que du mépris, du dépit, de la haine. J’y ai laissé un petit post façon « bleu primaire » et j’ai vu une meute de chiens enragés me fondre dessus…Les commentaires sont éloquents et le maître des lieux semble se délecter de la compagnie de ce que l’espèce humaine a de plus malfaisant.

Mais ça fait tourner la boutique, et c’est sûr, les commentaires s’y lisent par centaine. Le « gore éducatif », ça vend bien.

Voilà, c’est dit.

Sylvain, je n’ai pas encore lu ton livre, « L’école, droit de réponses » mais je compte bien l’emporter dans mes valises…

A bientôt, reviens nous voir entre deux interview!

19 06 2008
CecileRay (08:51:36) :

Bon Sang, combien sont nombreuses les réactions générées par ton billet, Ostiane !

De quoi faire exploser tes compteurs, génial !

Je ne vais pas redire ce qu’ont déjà dit ici nos amis blogueurs : OUI, je préfère tes réponses que celles portées par cette prétentieuse arriériste…….

QUESTION A TOUS : qui a Marianne dans son réseau, pour que le bons sens qui flanne ici soit mis sur la place publique ?

Bonne journée à tous

19 06 2008
Ostiane (09:30:09) :

J’ai envoyé l’article au courrier des lecteurs de Marianne en leur demandant de bien vouloir le faire suivre à qui de droit. Natacha Polony aura-t-elle le temps d’y jeter un oeil?

Des réponses, Cécile, je n’en ai pas! Mais une chose me semble indispensable c’est l’honnêteté de la question posée et le choix des mots utilisés.

Tu sais, un peu comme en classe, le rôle des consignes… De la manière dont on pose un problème dépendent bien souvent les réponses apportées.

Les mots « crise et débâcle » entraînent peur. Peur entraîne contention. Et répression.

C’est ce contre quoi je m’insurge.

Les termes « difficulté et dialogue » impliquent échange. Echange entraîne partage. Et évolution.

C’est ce vers quoi je tends.

C’est plus long, moins facile, moins automatique, moins contrôlable…Mais ça vaut le coup!

Alors, Natacha, si vous aviez envie de continuer ensemble l’interview, ce serait avec plaisir et par respect pour votre droit de réponse!

Je ne cherche pas les joutes verbales, d’autres sont bien plus experts en la matière. Je cherche, dans le modeste espace qui m’entoure, à faire évoluer le regard qu’on porte sur l’école, sur les élèves, sur les profs, sur les parents.

Je le redis, je ne suis ni experte, ni politique, ni journaliste, ni de droite, ni de gauche, juste instit’. Je sais, certains en doutent. Pourtant…

1 07 2008
jpd (20:01:56) :

Je suis triste : Marianne ne publie pas votre billet.
Le mien non plus.Sans importance.
Marianne se défausse en publiant une réaction de lecteur ….curieuse.

Nous devons être classés comme « des enseignants qui s’enferment dans un dogme »…
Marrant et tellement faux qu’il ne sert à rien de se battre.

Polony est sacrément protégée !!!

1 07 2008
Ostiane (20:32:21) :

Bonsoir jpd. Je le lui ai pourtant envoyé via le courrier des lecteurs…Allez,une autre fois sans doute! Et si vous nous communiquiez votre réaction? Nous pourrions au moins en faire profiter quelques-uns par ici?

11 07 2008
Ostiane (13:40:34) :

Ca y est JPD, je crois vous avoir repéré dans le courrier des lecteurs de cette semaine…me trompé-je?

De mon côté, RAS…ma prose ne leur plaît pas ou alors je suis trop bavarde pour eux!

Bonne vacances!

14 07 2008
david (12:10:14) :

« Bobo un jour, bobo toujours »

« Une éducation à plusieurs vitesses…

Les classes les plus favorisées de la société ont toutefois des besoins éducatifs particuliers et le rapport préconise que ces derniers bénéficient de précepteurs à domicile. Car s’il n’est pas grave en soi que les rejetons des classes dirigeantes n’aient guère plus de culture ou de qualités intellectuelles que les prolétaires (“ nous sommes entrés dans une nouvelle époque du capitalisme qui n’a plus besoin de la culture pour acccomplir son projet politique, ou plutôt pour réussir la construction d’un Etat qui lui soit adapté ” écrivait J.-C. Milner dans Le salaire de l’idéal en 1997), il est en revanche important qu’on leur épargne de fréquenter ces classes laborieuses. En effet, ainsi que l’ont démontré de très nombreuses études, la mixité sociale est la première cause d’empathie et donc, de désordre économique. Extraire les enfants de la haute bourgeoisie de tout contact avec certaines réalités permet de préserver une stabilité économique harmonieuse et profitable à tous. »

Ca vous dit qq chose ?

A LIRE ! :

http://www.scientistsofamerica.com/index.php?texte=101

15 07 2008
Ostiane (09:16:10) :

Bon, je pensais enfin entamer un bon vieil Agatha Chritie…Et vous David, qu’un pareil texte vous inspire-t-il?

15 07 2008
sylvie (23:33:55) :

ouvre vite ton livre d’Agatha, c’est une M… ce lien, bon qu’à gruger et puisque « les yeux bleus préfèrent les films allemands » une tête pareille ne peut-être que malfaisante (sur le site)…!

bonnes vacances Ostiane

16 07 2008
david (11:22:43) :

Ce qui me fait rire… c’est que vous n’avez rien compris du site sur lequel je vous renvoie … quel humour vous avez … c’est du second degré ce site ! Pareil pour Sylvie … on voit bien que vous etes complètement imprégnés de pédagogisme ! Rien de ce site n’est juste, simplement du pipeau de haute tenue ! Bonnes vacances

16 07 2008
Ostiane (11:42:22) :

Vous savez aujourd’hui David, faire le distingo entre arnaque façon caméra cachée et arnaque institutionnalisée…ce n’est pas toujours évident! Cela étant dit, étant restée très perplexe face à votre lien, je n’ai pu m’exprimer autrement qu’en vous renvoyant l’ascenseur…vous n’en avez pas profité pour filer la métaphore et faire monter le suspens d’un cran supplémentaire, ouf!

26 07 2008
bruno (18:22:10) :

Dans toute société, il y a ce que l’ on nomme savoir, l’ école le transmet, les instituteurs, les professeurs, les parents ont la charge humaniste de passeurs de ce savoir. Tout ceci constitue une société, avec ce qu’elle façonne de relations entre les êtres, avec une éthique, de la modestie, de l’honnêteté, du respect et du soin pour que nos enfants n’ aient pas simplement un métier fragile, officialisé par un quelconque diplôme, inventé par une réforme de plus, qui sera sans valeur sur le marché du travail 4 ou 5 ans plus tard.
Je lutte, en tant qu’enseignant, depuis 28 années, pour que les buts de l’ école, du lycée, de l’université retrouvent, trouvent, et arrêtent de chercher, les fondamentaux de notre civilisation: la langue, donc le latin, voire le grec ancien, les grands mythes fondateurs de ce que nous sommes, et je partage ici l’ avis éclairé de Natacha Polony,; mais aussi, le plaisir de la construction mathématique, qui s’ entend bien avec la musique , la poésie… bien sûr, ce discours n’ est pas  » à la mode », certains le trouverons « réac ». C ‘est pourtant tout l’ inverse: c’ est en faisant de notre jeunesse une génération de futurs hommes  » honnêtes », au sens que lui donnait Montaigne, que nous leurs laisserons un bel héritage et que nous outillerons nos enfants pour vivre: un esprit éclairé et critique, tolérant sans laxisme, capable de créer, de recréer des situations qui leurs conviendront sur tous les plans, en toute connaissance de cause aidés par leur capacité d’ avoir des vues et des lectures multiples de ce qu’il convient de faire et d’ inventer. C’ est la responsabilité qui nous incombe. Loin des spaghetti pédagogiques et des programmes manipulés. Non je ne suis pas « réac » et Natacha Polony encore moins que moi. Ou alors, si nous considérons le mot « réactionnaire », dans son acception qui est d’ être  » en réaction », alors, je le revendique, car il est un peu plus osé, utopiste peut être, et surtout plus actif que ce qui sort des tristes charabias de pédagogues perdus dans la toile d’ araignée de leurs discours, sautant d’un fil à l’autre dans le seul but de tourner en rond sans s’en apercevoir, comme une sorte de géocentrisme malsain.

Bel été à tous

26 07 2008
Ostiane (19:52:32) :

Bonsoir Bruno et merci pour votre intervention que je vois comme une réponse toute en finesse là où Natache Polony se pose en redresseuse de tords et en diseuse de mauvaise aventure.

Je suis tout à fait en accord avec vous sur de nombreux points et l’état d’esprit qui est le vôtre n’a rien à voir avec l’esprit alarmiste de l’article de Marianne.

Je ne peux que vous suivre lorsque vous parlez de parents passeurs, de responsabilité humaniste, de modestie, de relations entre les êtres, d’éthique, du rôle des grands mythes fondateurs, des fondamentaux de nos racines latines et greques, de l’importance de la construction mathématique, de la necessité de développer chez les élèves un esprit éclairé et critique, etc.

En réalité je comprends, j’accepte et je partage très largement votre point de vue, excepté sur deux points: quand vous dites qu’il faut arrêter de chercher et quand vous laissez entendre que les pédagogues laisseraient tout cela de côté.

Evidemment que non, tout ce que vous citez sont des savoirs nécessaires et incontournables. Voyez-vous, en primaire, mes petits élèves abordent l’alphabet grec et étudient les racines latines. Il n’y a pas de contradictions entre les savoirs et la pédagogie. Ce que j’aurais envie de dire pour conclure c’est que l’un et l’autre vont de pair et n’existent pas l’un sans l’autre.

Voilà Bruno, merci pour votre passage

Bien à vous et à vous aussi bel été!

15 03 2011
jo (22:36:06) :

Natacha Poliny pourquoi donner la parole à ce robot .
On ne discute pas avec une brouette on la pousse !

6 04 2011
lewebpedagogique.com (16:18:26) :

Droit de réponse à Natacha Polony… Not so bad 🙂

Laisser un commentaire