L’autorité…une histoire d’équilibres

19 06 2008

Joli mot ou vilain tabou?

Ce soir, pas envie de disserter en bonne et due forme.

Juste le plaisir de susciter des pistes via un petit dialogue sans prétention fait de bric et de broc à partir de petites phrases que tout le monde a entendues ou prononcées au moins une fois…

– Oui, mais toi, tu as l’autorité naturelle.

– Ah, tiens donc la fée bleue se serait-elle penchée sur mon berceau? Et hop! une maîtresse, une!

– Aujourd’hui, l’autorité n’est plus à la mode à l’école, il vaut mieux être un prof sympa, ça passe mieux aux yeux des élèves.

– C’est drôle, les miens me trouvent plutôt sévère et les parents me disent exigeante. Et ils ont certainement raison. Ce qui me dérangerait c’est qu’ils me trouvent injuste ou inabordable.

– L’autorité, c’est comme les règles d’orthographe, ça ne se discute pas.

– Parfois oui, souvent non…Ca dépend de mon degré de fatigue ou de mon niveau d’incompétence. Le « taisez-vous » ou le « c’est comme ça » sont directement reliés à ces deux facteurs.

– Faire autorité ou être autoritaire, deux formules pour le prix d’une.

– Il y a pourtant ces 2 verbes bien  distincts « faire » et « être ». L’un suggère l’action et le consensus, le second évoque plutôt l’auto-proclamation et l’injonction. Pour moi, ce sont bien deux concepts éducatifs radicalement différents, voire opposés. A la maison ou en classe, je peux passer mon temps à crier « je suis la référence », « je suis l’autorité », « je suis ta mère »…si je ne convaincs pas en actes, mes paroles risquent de se perdre en échos de plus en plus lointains. 

– L’autorité, une histoire d’expérience.

– Comme tout dans la vie, je crois. On a des prédispositions dans tel ou tel domaine, et puis à force de questions, de recherches, d’erreurs surtout, on avance, on met en place des rituels, des trucs, des savoirs-faire…L’éducateur, maître ou parent n’échappe pas à ce corps à corps avec les réalités de l’existence. L’enfant ou l’élève évolue lui aussi, d’un groupe à l’autre, d’un âge à l’autre. Il serait vain de penser que l’autorité, une fois acquise, n’est jamais remise en question…

– Un maître qui sait ce qu’il dit est mieux respecté. Sans savoir, pas de respect. 

– Ce qui me paraît incontournable c’est la reconnaissance de part et d’autre d’une espèce de partenariat autour de l’idée de compétences. Mon élève ou mon enfant possède des talents, un potentiel plus ou moins révélé, je le lui reconnais et je lui permets de l’accroître ou de le développer. Il peut l’accepter ou le refuser, c’est alors que l’adulte doit faire preuve de distance.

– Savoir dire « stop ». Imposer le « non » inconditionnel, c’est aussi cela l’autorité.

– Là aussi, combien de fois ai-je proféré ce « non » sans appel et non négociable. Et puis, derrière ce non, un autre se profilait immédiatement, et de non en non, on passe son temps à contenir, à exiger, à refuser. L’autorité passe par le jugement. Savoir choisir les « oui » légitimes fera passer les « non » tout aussi légitimes. J’essaie toujours de comprendre mes motivations personnelles et les enjeux éducatifs auxquels je ne peux me soustraire. C’est un peu l’explication du titre de cet article, « L’autorité…une histoire d’équilibres ».

Pour terminer, quelques concepts synonymes: travail accompagé, auto-régulation, respect mutuel, autonomie, bienveillance exigeante, réciprocité, mise en évidence du sens, complémentarité éducative…

Bon, ça suffit pour aujourd’hui, à vous de livrer vos trucs, astuces, préceptes, idées, expériences…les commentaires sont ouverts!