Croire OU penser, faut-il choisir?

13 09 2008

Si l’esprit des hommes était davantage occupé à penser ET à croire, il serait moins exposé au gavage du prêt-à-penser et du prêt-à-croire vendu ici et là à coups de télé-achat par les marchands de paillettes et autres bondieuseries.

Penser sans croire c’est comme boire un bon vin le nez bouché.

Croire sans penser, c’est s’enivrer d’illusions et crever de certitudes.

A-t-on le droit de parler de ça à l’école?

Tags : , ,

Actions

Informations

23 réponses à “Croire OU penser, faut-il choisir?”

13 09 2008
Gwenaël (07:50:36) :

3 fautes chère dame, c’est beaucoup pour un samedi matin !

…davantage OCCUPE à penser…
… c’est S’ENIVRER d’illusions…

Julos ne va pas être content de vous !

13 09 2008
Christian Montelle (08:15:04) :

Tout dépend de la manière dont nous définissons la vérité.
1- Domaine scientifique
Si nous croyons que la vérité est une entité établie de façon définitive, nous pouvons y croire. Si nous pensons que la vérité évolue à mesure que nos yeux se dessillent et que nous élargissons nos connaissances, à quoi croire : la vérité d’hier ou celle d’aujourd’hui ?
Domaine métaphysique
Par contre on peut choisir de croire à des valeurs, mais c’est en demandant à notre pensée de se mettre un peu en veilleuse.

Je crois qu’il est essentiel de bien distinguer ces deux domaines et de réserver exclusivement le premier à l’école.

13 09 2008
Ostiane (10:05:36) :

Voilà qui est réparé Gwenaël…accepteriez-vous la très mauvaise excuse d’une pensée du jour écrite au tout petit jour…4 h du mat, Paris s’éveille…Cela m’apprendra à rédiger dans la pénombre d’une cuisine endormie, sans dictionnaire et sans correcteur orthographique!

Julos va me taper sur les doigts, et le pire, c’est qu’il aura raison!

13 09 2008
Julos (12:05:46) :

Alors comme ça on philosophe dans sa cuisine à 4 h du matin ?

Et bien dites-moi, il est 14h là, vous prendrez bien un petit café… philosophique ?

Attention, c’est un peu…corsé !

http://www.cndp.fr/magphilo/philo07/presentation.htm

PS : qui a dit que c’était une punition ? Gwenaël … ne soyez pas mauvaise langue, ça vous changera. ;-))

13 09 2008
Christian Montelle (12:10:38) :

Julos est d’une mansuétude infinie envers les jolis petits doigts qui dérapent sur le clavier.

Quand on est poli, on ne dit pas faute (« c’est ma faute…. » est bon pour le confessionnal), on dit « erreur ».

Revenons au sujet ! Pensez-vous (ou croyez-vous) que croire implique de renoncer à quelque chose comme l’exigence, la dignité, la liberté ?

13 09 2008
Gwenaël (12:40:30) :

« Faute » était employé à dessein… « Be-sixteen » oblige !
L’ancêtre d’Ornans ne laisse décidément rien passer… et n’apprécie pas l’humour !

13 09 2008
sylvie (12:57:15) :

Faut-il croire Mr Darcos quand il affirme sur l’A2 dans « à vous de juger » qu’il n’y aura pas de baisses de moyens dans les ZEP et que cette dame est une menteuse?
http://blogedu.tv/jvdl/2008/09/11/6eme-jour/
Je pense et je crois qu’il est temps de réactiver mon blog de guerre.

13 09 2008
Ostiane (13:12:22) :

Wouaw Julos, c’est plus qu’un café corsé qu’il faut…mais promis, j’y reviendrai à ma prochaine insomnie…rien que pour Bachelard…Ah Gaston…

13 09 2008
Julos (16:13:56) :

@ Sylvie

Croire, penser, science et vérité…

Faut-il « croire » Darcos demandez-vous, Sylvie. La bonne question. Peut-on « croire » un homme politique qui, dans les médias, utilise toute sa « science » politicienne pour masquer ce qu’il « pense » véritablement de l’école : une insupportable dépense pour les finances de l’Etat !

La « vérité » de Darcos, elle est là :

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2008/08Rentree_elem_Darcos.aspx

13 09 2008
sylvie (19:52:36) :

La question n’en était pas une. j’essaie de faire sortir de l’ombre la moindre « preuve de leurs mensonges ».

14 09 2008
Christian Montelle (05:32:44) :

Pour relancer le débat :
Quand le peuple ne croira plus à l’Immaculée Conception, il croira aux tables tournantes. (Gustave Flaubert.
Il est facile de croire, facile de ne pas croire. Ce qui est dur, c’est de ne pas croire en son incroyance. (Arthur Kœstler)
Pour croire, il faut vouloir croire. (Silvio Pellico)
On risque autant à croire trop qu’à croire trop peu. (Denis Diderot)

Un ami me disait récemment : « Je suis un catholique incroyant. »
Qu’en pensez-vous au moment où nous avons un lâcher de pape sur la France ?

14 09 2008
Ostiane (16:07:13) :

RAISON, CROYANCE ET VERITE…

Ce qui me semble intéressant d’installer dans une classe, au démarrage d’un nouvel apprentissage, c’est un état d’esprit qui repose autant que cela est possible, sur l’exigence d’une démarche hypothético-déductive, valable dans un grand nombre de champs disciplinaires.

Pour que cela soit possible, car nous sommes ici en primaire, on pourra soit partir d’un fait existant et évoluer par rapport à ce point, soit partir d’une « croyance » pour peu à peu se départir de cette croyance et entrer dans quelque chose qui ressemble à la vérité scientifique.

Mais cette de croyance de départ ne doit jamais être considérée comme « inférieure » à la vérité, ni par le maître ne par les camarades. L’adulte doit éviter à tout prix de juger cette vision enfantine du monde comme « non valable » ou irrecevable. C’est à partir de ces croyances que l’enfant construit ses rêves et trouvera peu à peu ses vérités, si vérité il y a!

Si l’adulte nie ou dévalorise les représentations primitives de l’enfant, non seulement il risque de saboter l’aptitude naturelle de l’enfant à s’enthousiasmer, à imaginer, à créer, mais il risque également de casser la confiance de cet enfant-découvreur en sa capacité à raisonner.

Sur quoi peut-il prendre appui, si on lui enlève systématiquement ses rêves, si on dénigre ses représentations du monde les plus intimes.

L’école doit aider l’enfant à se révéler. Pour cela elle ne peut s’appuyer sur la seule raison. Elle doit prendre en compte et intégrer la part de croyances nécessaires à la prise de risque intellectuelle qui permettra à l’enfant de faire évoluer ses représentations, en toute confiance, car dans le respect de ce qu’il pensait ou de ce qu’il croyait…

Si on respecte pas cela, on fera de cet enfant un futur adulte croyant au mauvais sens du terme, un adulte passif, soumis à la vérité des autres, avec tout ce que cela engendre de dérives et d’échecs.

Voilà ce que je pense et ce que je crois!

14 09 2008
Christian Montelle (16:57:37) :

Et voilà ce que je croiset que je pense aussi.
Il me semble que l’on a oublié une étape du développement intellectuel de l’enfant : celle de l’esprit magique. C’est un traitement pour adulte trop précoce qui fixe l’enfant au stade de la crédulité naïve qui le fera tomber dans tous les pièges.
Il faut donc respecter cette étape. Comment ? Depuis toujours, les adultes ont donné aux enfants des explications fantaisistes, mais logiques, des phénomènes naturels. Dans une catégorie de contes ou autres récits que l’on nomme étiologiques, ou contes des pourquoi ? Loin de les éloigner de l’esprit scientifique, ces récits donnent une distance par rapport au réel, étape vers la distance scientifique qui apprend à toujours se méfier des croyances spontanées et des évidences. C’est une espèce de bulle expérimentale qui simule des processus de raisonnement. Un avantage de ce type de récits : ils intéressent beaucoup les enfants et serviront d’accroche et de repères pour la mémorisation.
Un autre avantage : comme le pratique Ostiane, ces contes sont un excellent cadre pour obtenir des récits originaux. Ecrire le pourquoi de…
Pourquoi certains sont roux, d’autres blonds, d’autres bruns ?
Pourquoi les orties piquent-elles ?
Etc.

15 09 2008
Julos (19:48:14) :

J’ai regardé hier soir un docu sur la chaîne LCP/PublicSénat qui me donne envie de dire ici, à propos de ce qui nous préoccupe, que l’école et les enseignants doivent CROIRE en leurs élèves et les aider à découvrir leur VERITE.
Une rediff est prévue mardi 23 sept. Si vous la regardez, vous comprendrez mieux pourquoi j’écris ça.
En attendant, vous pouvez lire ici :

http://television.telerama.fr/tele/emission.php?id=10259542

16 09 2008
Christian Montelle (08:26:32) :

http://television.telerama.fr/tele/emission.php?id=10259542
Cette adresse me donne une page blanche.
Je regarderai l’émission le 23.

« Les enseignants doivent croire en leurs élèves. »
Et croire aussi en eux-mêmes et la société actuelle ne les y aide pas beaucoup.
« les aider à découvrir leur vérité » Oui, LEUR vérité (école libératrice) et non LA vérité (école aliénante). Un option donne des citoyens libres, l »autre des aliénés.

16 09 2008
Julos (14:42:35) :

Chez moi, ce lien fonctionne. Voici le « pitch » donné sur le site de télérama :

« Pendant un an, une classe de cinquième SEGPA, section spécifique pour les élèves en grandes difficultés, s’initie au théâtre. Ismaël, Jonathan, Aurélie, Akim et leurs dix camarades ont l’opportunité, grâce à leur enseignant, Olivier Benez, et à David, comédien et metteur en scène, de participer à une expérience pédagogique unique. En ouvrant de nouveaux horizons à ces jeunes en quête d’identité et de reconnaissance, la scène leur donne une chance de se trouver. »

16 09 2008
Christian Montelle (16:48:31) :

Merci pour le pitch ! Le sujet m’intéresse beaucoup. Dans le théâtre, il y a le meilleur et le pire. Je vais juger sur pièce !

16 09 2008
Benoit (17:17:15) :

Si l’on considère comme obstacle, l’émergence d’une pédagogie centrée sur l’élève on est en droit de remettre en cause le fait que l’environnement socioculturel et psycho-affectif de l’enfant incite à l’innovation des évaluations nécessaires à la structuration de l’enfant.

16 09 2008
Ostiane (18:30:48) :

Cher collègue, car vous êtes enseignant Benoît, je le reconnais me semble-t-il à votre savant verbiage !

Cher collègue donc, c’est le conflit socio-cognitif qui construit la mise en place des modalités de remédiations pédagogiques. C’est pourquoi l’implication de l’élève dans son projet personnel mobilise la coordination des activités scientifiques et techniques dans le processus de citoyenneté de l’enfant. A l’orée du XXI e siècle le principe de clarté cognitive nécessite l’interrogation des compétences didactiques indispensables aux enseignants.

Je vous invite d’ailleurs sur ce passionnant sujet, à contacter un illustre pédagogue, expert en la matière et dont la renommée n’est plus à faire, j’ai nommé, vous l’aurez reconnu, Gwenaël, alias le troll.

Un bien vilain mot dont il est accablé dès qu’il tente d’exprimer un point de vue hors des sentiers battus. Contactez-le de ma part, je suis certaine qu’il vous recevra ; il fut un temps où nous échangions quelques idées sur cette problématique que vous exprimez si clairement.

Bon courage dans vos recherches, la route est longue pour qui cherche d’autres voies.

16 09 2008
Gwenaël (18:33:52) :

J’adore votre humour … de plus en plus ! Je craque …

16 09 2008
Julos (20:03:39) :

@ Christian

Côté théâtre, je sais déjà que tu risques d’être fort déçu. Le docu ne montre pas grand chose de précis sur ce plan (il n’y a d’ailleurs pas plus que ça à montrer). Par contre, les effets de la démarche sur l’évolution des élèves sont eux bien mis en évidence.
Mais je n’en dis pas plus.

23 09 2008
Laurent Carle (16:28:44) :

« Le premier devoir de la République est de faire des républicains, et l’on ne fait pas un républicain comme on fait un catholique. Pour faire un catholique, il suffit de lui imposer la vérité toute faite : la voilà, il n’a plus qu’à l’avaler. Le maître a parlé, le fidèle répète. Je dis catholique mais j’aurais dit tout aussi bien un protestant ou un croyant quelconque… Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit, un enfant, un adolescent, une jeune fille; il faut prendre l’homme le plus inculte , le travailleur le plus accablé par l’excès de travail, et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef; quel qu’il soit, temporel ou spirituel ».

Discours de Ferdinand Buisson devant le Parti Radical en 1903
Pédagogisme ou pédagogie?

23 09 2008
Christian Montelle (16:43:52) :

Laïcité, tout simplement. Tout présenter pour que l’enfant ait un choix. Ne pas celer les religions parce qu’on est athée. Ne pas cacher l’athéisme parce qu’on croit en un dieu. Ne pas imposer une vision capitaliste du monde, non plus qu’une approche seulement socialiste.
Les stratégies pour réaliser le rêve ardent de Buisson relèvent de la pédagogie.

Laisser un commentaire