Une histoire de cartable…

18 09 2008

Mais pourquoi n’y a-t-il JAMAIS ce qu’il faut dans ton cartable!?

Dans chaque classe, chaque année j’ai une irréductible, un réfractaire du cartable, un « jaipamoncahiermaijaifaimontravail » une « ilèrestésurmonburo »…Et ça, ça me rend folle parce que je sais que cela va durer toute l’année…

Je ne parle pas des oublis naturels, des problèmes de gestion de garde alternée, ou des actes manqués bien ficelés, non, non. Je parle de cet élève ou de cette enfant qui a TOUS LES JOURS un truc qui manque. La trousse, le livre, l’agenda, la règle, la tenue de sport…

On a beau apprendre en classe à faire son cartable, on a beau accompagner de loin ou superviser de près, on a beau lister en couleur le matériel nécessaire selon le jour, on a beau avertir les parents pour qu’ils soient vigilants…non, cet élève là ne veut pas de cette règle du jeu. Il s’obstine inconsciemment. Elle refuse inlassablement.

Et pourtant, ce n’est pas par plaisir. Ce n’est pas par défi. Ce n’est pas par mauvaise volonté. Leurs petits ongles sont souvent rongés jusqu’au sang; derrière leur sourire de façade l’angoisse ne les lâche pas car ils savent dès qu’ils arrivent à l’école qu’il leur manquera quelque chose…

Pour ces enfants, chaque jour est une lutte, et pour moi, un constat d’impuissance…Alors j’essaie de penser à autre chose…Et je me dis, comme pour me consoler que dans leur cartable, au moins, il y a…             

                     Mon cartable

                                Mon cartable a mille odeurs,
                                      mon cartable sent la pomme,
                                           le livre, l’encre, la gomme
                                                  et les crayons de couleurs.

                                   Mon cartable sent l’orange,
                                         le bison et le nougat,
                                               il sent tout ce que l’on mange
                                                           et ce qu’on ne mange pas.

                                      La figue et la mandarine,
                                           le papier d’argent ou d’or,
                                                      et la coquille marine,
                                                              les bateaux sortant du port.

                                       Les cow-boys et les noisettes,
                                                la craie et le caramel,
                                                     les confettis de la fête,
                                                             les billes remplies de ciel.

                                          Les longs cheveux de ma mère
                                                   et les joues de mon papa,
                                                            les matins dans la lumière,
                                                                      la rose et le chocolat.

Pierre Gamarra

 

 

Tags : , , ,

Actions

Informations

10 réponses à “Une histoire de cartable…”

18 09 2008
CecileRay (14:54:40) :

Bonsoir Ostiane

Plus trop le temps de laisser des posts ces derniers temps, surtout que tu y vas fort en contenu !

mais celle-là, je ne veux pas la louper.

Mon fils était de ceux là.

Et je puis ajouter que tu ne vois qu’une petite partie des signes d’angoisse laissés par l’enfant autour de lui !

Car dans sa chambre continuent les soucis……. désordre, feuilles à signer coincées derrière l’aquarium, retrouvés des années plus tard quand, avec palmes et tubas, le papa propose de l’aide au rangement…. j’en passe et des meilleures.

Je ne sais si le cas de mon fils est généralisable, mais ce que je puis dire….. histoire de rassurer certains (prof, parents….), c’est que concernant le mien, oui, CELA S’ARRANGE AVEC LE TEMPS !

Et la sagesse parentale aidant, on finit par comprendre que ce désarroi apparent n’était qu’une manière de dire aux autres « le monde est riche d’expériences, aidez moi à classer tout cela, je ne m’en sors pas, avide que je suis à tout ingurgiter »

Buenas tardes

18 09 2008
Ostiane (15:20:52) :

Cécile, fidèle Cécile…les dernières lignes de ton témoignage allument une de ces lanternes dont je parlais dans un commentaire précédent…MERCI!

18 09 2008
Charly Le Prof (18:08:33) :

Salut Ostiane, tu vas bien ???

18 09 2008
Ostiane (18:34:29) :

Déjà l’heure de la tisane Charly?!
Dis-moi, en passant, il serait pas l’heure de sortir une de tes chroniques de ton cartable? Non, j’dis ça comme ça, mais la dernière date de…enfin, faut penser un peu à tes lecteurs, enfin surtout à tes lectrices! Allez quoi un petit effort!

20 09 2008
bouge-toi (08:30:37) :

Je connais l’inverse dans ma classe , le cartable contient tout, même ce qui est inutile : un sifflet, une petite voiture, des crayons à paillettes, des cahiers de l’an passé…

Pour ma part, j’ai un fils (au collège) dont le cartable est archi plein : il a tellement peur d’oublier un livre, qu’il préfère se charger comme un mulet, plutôt que de le décharger dans son casier régulièrement! Son cartable pèse le quart de son poids… ( Il a vérifié avec la balance familiale)…

20 09 2008
Christian Montelle (12:50:54) :

Haut-Doubs… voir les Alpes ????
Métabief ? Le Chauffaud ? Maiche ? Le Russey ?
J’ai travaillé 22 ans à Morteau. Brrrrrrr!!!!!
Après 10 ans de Maroc, ce fut … rafraîchissant !!!

22 09 2008
bouge-toi (17:12:07) :

@ Christian

Vous brûlez ! C’est entre les deux dernières propositions… Et j’ai bien précisé que je ne voyais qu’une petite partie des Alpes ( quand le temps le permet…). He oui, brrr : aujourd’hui nous n’avons pas dépassé les 10 degrés (jour de bise)…Mais les paysages sont si beaux !!!

22 09 2008
Christian Montelle (18:49:12) :

@ Bouge-toi

Le Russey, alors, Maiche est plutôt dans un trou !
Heureux d’avoir une Doubiste sur le blog.
Je suis descendu au chaud à Ornans. C’est vraiment un coin magnifique. Dans une semaine, on inaugure une piscine superbe en face de chez moi.

Que demander de plus ?

22 09 2008
bouge-toi (21:25:09) :

Ornans, le pays de Gustave Courbet… C’est vrai que là aussi les paysages sont agréables et que les gelées matinales y sont moins fréquentes!
Petite précision , Maîche est dans un trou, mais si vous grimpez sur les hauteurs environnantes vous pourrez voir les Alpes d’un côté et les Vosges de l’autre… Et mon village est situé en effet plus près du Russey que de Maîche !
Mais bon, terminons-en là avec ce petit aparté.

23 09 2008
Christian Montelle (16:36:06) :

Bien reçu, Madame de Fontenelles. Pays des montbéliardes.
Ce qui m’amène à revenir au sujet. Nous appelions nos cartables des « vaches » au temps lointain où j’étais en face du tableau et nos maîtres nous disaient souvent qu’ils étaient portés par des ânes.
Maintenant, les élèves sont les mulets bâtés à 20 kilos mini et ils portent des [? éclaire-moi]. Y a-t-il progrès ?

Laisser un commentaire