Fête des jardins et potagers parisiens!

29 09 2008

Hier, Paris s’est mis au vert!

« Après avoir fait le poireau sous un tournesol merveilleusement épanoui, je me greffai sur une citrouille en route vers le champ Perret. Là, je déterre une courge dont la tige était montée en graine et le citron sumonté d’une capsule entourée d’une liane. Ce cornichon se met à enguirlander un navet qui piétinait ses plates-bandes et lui écrasait les oignons. Mais, des dattes fuyant une récolte de cahâtaignes et de marrons, il alla se planter en terrain vierge.

Plus tard, je le revis devant la Serre des Banlieusards. Il envisageait une bouture de pois chiche en haut de sa corolle. »

Cueillette récoltée lors d’un stage chez des maîtres-jardiniers, à mes toutes premières heures de bêchage et de pratique de la botanique. Combien de pots cassés…

…mais ce dimanche, sous le soleil parisien, ces quelques mots plantés 12ans auparavant ont soudainement (re)surgi de terre!  

                                                                   

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8 réponses à “Fête des jardins et potagers parisiens!”

29 09 2008
Julos (16:10:19) :

Jean-Pierre Astolfi, biologiste de formation, pédagogue de conviction, use lui-aussi de la métaphore jardinière et botanique. A l’occasion de la sortie de son dernier livre « La saveur des savoirs » (ESF) il a les honneurs du Monde de l’Education de sept 08 (p68/69)
Je vous propose la lecture attentive d’un entretien accordé aux Cahiers pédagogiques :

http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=1562

29 09 2008
Gwenaël (17:05:51) :

On aurait -aussi- apprécié vos commentaires sur « La journée du patrimoine »… avec qq photos. Parissss, Ach Parissss !

30 09 2008
Christian Montelle (07:22:25) :

Magnifique texte d’Astolfi. Merci Julos !

Comme Onfray, j’aime le jardin d’Epicure.
« Epicure est né en 341 avant J.C. dans l’île de Samos où il reçut d’abord l’enseignement du platonicien Pamphyle, puis, à Théos, celui d’un disciple du matérialiste Démocrite, Nausiphane,.
Une fois dégagé de ses obligations militaires, il suivit à Athènes les leçons de Xénocrate qui dirigeait, depuis la mort de Platon, l’Académie. Après des voyages à Colophon, Mytilène et Lampsaque, il revint à Athènes où il fonda, en 306, sa propre école, Le Jardin.
Ses cours consistaient en conversations amicales avec ses élèves et disciples, au rang desquels se trouvaient des personnages célèbres (Mithrès et Idoménée par exemple), tout comme des esclaves, des femmes, et même des éthaïres. A la différence de l’Académie de Platon, qui s’adressait à une élite capable de former les futurs gouvernants d’un Etat idéal, et du Lycée d’Aristote, qui était devenu un centre de recherche et d’érudition, le Jardin d’Epicure visait avant tout à atteindre la Sagesse, à ‘vivre en accord avec la nature’, et cela à l’écart de toute vie publique et de la politique, de la cité grecque dont les fondements étaient alors en crise.
Jusqu’à sa mort, en 270, il enseigna sa philosophie atomiste et sensualiste, que nous pouvons diviser, d’après ce que nous dit Diogène Laërce au livre X de ses « Vies et Sentences des philosophes illustres », en « canonique », qui permet de fonder la science, de distinguer le vrai du faux, en physique, qui traite de la nature des choses, toutes deux ayant pour fin de préparer l’éthique, qui réfléchit sur ce qu’il faut faire pour mener une vie heureuse, c’est-à-dire pour atteindre la Sagesse. »

Platon a triomphé, hélas, a fait brûler les livres de son rival contre lequel il a mené d’odieuses cabales qui ont encore droit de cité aujourd’hui.

30 09 2008
Gwenaël (11:06:42) :

Voici les références « montelliennes » de l’article précédent… Quelle culture !

http://antinomies.free.fr/epicure.html

C’est vrai qu’avec Internet on devient facilement un érudit !

30 09 2008
Gwenaël (11:13:47) :

Bravo Julos… magnifique texte d’Onfray…

« Epicure, en grec Epikouros. Né à Samos ou à Athènes, en 341, après avoir enseigné à Mytilène, puis à Lampsaque en Asie Mineure, il s’installa à Athènes, en 306 av. J.-C., dans un grand jardin qui donnera son nom à l’école. C’est là qu’il animera jusqu’à sa mort une communauté philosophique et amicale: le Jardin d’Epicure.

L’épicurisme, une doctrine incomprise par la postérité
Philosophe matérialiste, Epicure prolonge et renouvelle l’atomisme de Démocrite, sur lequel il fonde une sagesse du plaisir. Ses préoccupations morales l’ont empêché de tirer toutes les conséquences de ses intuitions scientifiques. Sa doctrine, marquée par une maîtrise permanente des passions, se situe exactement à l’opposé de ce que la postérité a défini comme étant l’épicurisme.

Les critères de la Vérité
Epicure avait beaucoup écrit, mais l’essentiel de son œuvre est perdu. Seules trois lettres (à Hérodote, à Pythoclès, à Ménécée), qui résument les points principaux de la doctrine, et plusieurs dizaines de maximes ou de sentences sont parvenues jusqu’à nous. Enrichies et confirmées par le poème philosophique De la nature (De natura rerum) de Lucrèce, son disciple latin, elles permettent toutefois de se faire une idée assez précise du système.

Les épicuriens distinguaient traditionnellement trois parties dans la doctrine: la canonique, qui porte sur les règles et les critères de la connaissance; la physique, ou science de la nature; enfin l’éthique, qui enseigne l’art de vivre heureux.

Concernant la canonique, Epicure reconnaît trois critères de la vérité: les sensations, les anticipations (c’est-à-dire les idées générales, telles qu’elles résultent de l’expérience) et les affections (le plaisir et la douleur). Mais ces trois critères se ramènent aisément au premier d’entre eux, et c’est en quoi on peut parler d’un sensualisme épicurien. Les sens sont la source, le fondement et la garantie de toute connaissance vraie, et la raison elle-même, dira Lucrèce, «en est issue tout entière».

L’atomisme
La canonique n’a de fonction qu’utilitaire pour Epicure: c’est la physique, ou connaissance de la nature (physis), qui est le vrai socle de la doctrine. Cette physique est d’inspiration matérialiste et discontinuiste; rien n’existe que la matière et le vide, qui se définissent par leur exclusion réciproque: là où il y a de la matière, il n’y a pas de vide; là où il y a du vide, il n’y a pas de matière. Ces deux substances suffisent à tout expliquer, y compris l’homme, la pensée et les dieux. Rien, en effet, ne naît de rien: à l’origine de toute chose doivent donc se trouver des êtres éternels, qui ne naissent pas, et dont tout naît. Tels sont les atomes et le vide. Epicure prolonge en cela l’atomisme démocritéen: les atomes sont des corps absolument pleins, insécables, immuables, en nombre infini, d’une variété de formes innombrable (quoique tous restent inférieurs au seuil de sensibilité) et toujours en mouvement dans le vide infini.

Le mouvement des atomes
A la différence de Démocrite, qui tenait le mouvement des atomes pour une donnée première, qu’il n’est ni possible ni indispensable d’expliquer, Epicure affirmait que ce mouvement, s’il est sans commencement, n’est pas sans raison. Trois causes suffisent à l’expliquer, qui sont toutes les trois nécessaires.

Le poids et les chocs
Les deux premières sont pensées par analogie avec l’expérience: les atomes sont mus de haut en bas par leur poids (qui est une propriété intrinsèque des atomes pour Epicure) et, dans toutes les directions, par les chocs.

Mais ces deux causes – poids et chocs – semblent incompatibles l’une avec l’autre. Dans le vide sans fond, en effet, tous les atomes doivent tomber verticalement à l’infini, sans se rencontrer jamais. Il n’y aurait alors ni chocs ni rebonds, et l’Univers ne serait qu’une pluie infinie et stérile d’atomes. Il n’y aurait pas de corps composés, pas de mondes, et nous ne serions pas là pour expliquer ce qui, d’ailleurs, n’aurait pas besoin de l’être. Suggérera-t-on que les atomes les plus lourds pourraient rattraper les plus légers? Ce serait méconnaître, explique Lucrèce, que, dans le vide, tous les corps se meuvent «avec une égale vitesse malgré l’inégalité de leur poids». Tant que leur chute reste strictement verticale, ils ne sauraient donc se rejoindre les uns les autres.

Le clinamen
Aussi faut-il une troisième cause de mouvement, pour rendre les deux premières compatibles et pour expliquer l’apparition de corps composés. Cette troisième cause, traditionnellement attribuée à Epicure, c’est la déclinaison, ou déviation, des atomes (parenkleisis en grec, clinamen en latin): dans leur chute en ligne droite à travers le vide, ceux-ci s’écartent faiblement de la verticale, juste assez pour qu’on puisse dire que leur mouvement se trouve modifié; ce changement de trajectoire se produit à un moment et dans un endroit indéterminés.

Cette troisième cause de mouvement, à la fois interne (le poids) et discontinue (les chocs), est ainsi à l’origine des rencontres d’atomes et, donc, de tous les corps composés: sans cette déclinaison, explique Lucrèce, «nulle collision n’aurait pu naître, nul choc se produire, et jamais la nature n’eût rien créé». Mais le clinamen est aussi à l’origine de la liberté: sans cette spontanéité aléatoire qui n’est déterminée ni dans l’espace ni dans le temps, la chaîne infinie des causes serait sans faille, et les vivants seraient prisonniers d’une nécessité inexorable. Une discontinuité causale est ainsi introduite par le clinamen, qui libère le présent du passé et maintient l’ouverture de l’avenir. Il n’y a donc ni destin ni providence: les choses sont produites soit par la nécessité, soit par le hasard, soit par nous-mêmes, et c’est en quoi nous sommes libres.

La pluralité des mondes
Cette indétermination atomistique, si elle fut longtemps reprochée à Epicure, contribue aujourd’hui au rayonnement et à l’étonnante modernité de la doctrine. Certes, la physique épicurienne n’a rien d’une science, au sens que nous donnons aujourd’hui à ce mot. Mais son Univers infini, composé d’atomes et de vide et traversé de mouvements dus partiellement au hasard, est étonnamment proche du nôtre.

Cette impression de modernité est accentuée par la théorie épicurienne de la pluralité des mondes. Puisque les atomes sont en nombre infini dans le vide infini, explique Epicure, et puisque le hasard, à travers le temps infini, produit nécessairement tout le possible, il est absurde de penser que notre monde est le seul, absurde d’imaginer qu’il est au centre de l’Univers ou que les dieux lui prêtent une attention particulière. Les mondes – car il faut dès lors en parler au pluriel – sont d’immenses ensembles organisés d’atomes, soumis à la naissance et à la mort (l’Univers est éternel mais aucun monde ne l’est), en nombre infini dans l’Univers infini.

On a parlé, légitimement, du multivers d’Epicure. Car le tout, s’il est nécessairement unique, ne constitue pas une unité, un ordre ou une structure (il n’est pas uni-vers): il n’est que la somme des sommes, comme dit Lucrèce, l’ensemble infini et éternel des mondes finis et mortels. Les dieux ne l’ont pas créé (c’est l’Univers, plutôt, qui produit des dieux) et seraient bien incapables, s’ils en avaient le désir, de le contrôler. Pour cet Univers, point de sens, point de finalité, point d’ordre: il n’est d’ordre que local, de sens que fugitif, et de finalité qu’illusoire.

L’éthique épicurienne
C’est ce qui donne à l’éthique épicurienne sa tonalité spécifique: une pensée du hasard et de la mort y culmine dans l’eudémonisme, dans une éthique du bonheur.

Le quadruple remède
Cette éthique était résumée, dès l’Antiquité, par ce qu’on a appelé le tetrapharmakos (le «quadruple remède»), qui tient en quatre propositions fondamentales: il n’y a rien à craindre des dieux; il n’y a rien à craindre de la mort; on peut atteindre le bonheur; on peut supporter la douleur.

Rien à craindre des dieux, non parce qu’ils n’existent pas («la connaissance que nous en avons est évidente», disait Epicure), mais parce qu’ils ne s’occupent pas de nous: leur bonheur immortel leur suffit. Rien à craindre de la mort, non parce qu’on ne meurt pas, mais parce qu’on meurt pour de bon. La mort n’est qu’un pur néant; elle n’est donc rien pour nous: elle n’est pas là quand nous sommes, et, quand elle est là, nous ne sommes plus.

Quant à la douleur, elle est toujours limitée: extrême, elle est brève; durable, elle est supportable. L’esprit, purgé des fausses frayeurs de la superstition (les dieux, l’enfer), peut alors jouir en paix du plaisir: cette jouissance paisible est le bonheur même.

Mais quel plaisir? Il faut distinguer ici, explique Epicure, différents types de plaisirs. Certes, tout plaisir, en lui-même, est un bien, comme toute douleur est un mal. Mais tout plaisir ne doit pas être choisi; toute douleur ne doit pas être évitée. Il faut savoir renoncer à un plaisir qui entraînerait plus de désagréments et accepter certaines douleurs comme conditions d’un plaisir plus grand. De là une classification dichotomique des désirs.

Les désirs
Les désirs sont soit naturels, soit non naturels. Ces derniers (désirs de richesse, de pouvoir, de gloire…), par nature illimités, sont vains, parce que sans objet capable de les satisfaire. Le sage ne peut qu’y renoncer. Quant aux désirs naturels, les uns sont nécessaires, les autres non. Les premiers, les désirs naturels et nécessaires, sont toujours bons: qu’ils portent sur des objets nécessaires à la vie même (comme la nourriture), au bien-être (comme les vêtements) ou au bonheur (comme l’amitié ou la philosophie), ils sont faciles à satisfaire et laissent le corps et l’âme en repos. Les seconds, les désirs naturels et non nécessaires, sont bons par eux-mêmes, mais peuvent parfois – si l’on en devient esclave – introduire dans la vie plus de désagréments que de plaisirs. Ainsi en est-il des désirs sexuels ou esthétiques. Le sage saura ici faire preuve de discernement, et jouir d’autant mieux des plaisirs qui se présentent qu’il sait qu’aucun n’est absolument nécessaire à son bonheur: ce sont des plaisirs donnés par surcroît, délectables quand ils sont là, mais qui ne doivent pas manquer quand ils n’y sont pas.

L’ataraxie
De là ce paradoxe bien connu de l’éthique épicurienne: fondée sur le plaisir (c’est un hédonisme), elle débouche sur un quasi-ascétisme. C’est que, si le plaisir est le souverain bien, il ne l’est qu’à la condition de pouvoir être satisfait pleinement et facilement: un peu de pain, un peu d’eau, un peu de philosophie y suffisent. Le plaisir ne réside pas dans la jouissance, mais il consiste, pour le corps, à ne pas souffrir et, pour l’âme, à n’être pas troublée. Telle est l’ataraxie (littéralement «absence de trouble»), qui est la paix de l’âme et le vrai nom de la sagesse.

Les épicuriens et l’«épicurisme»
Après Métrodore, Hermarque et Polystrate, les plus illustres des élèves d’Epicure, de nombreux autres disciples succédèrent à «ceux du Jardin». La doctrine, ressuscitée par Lucrèce, finit par gagner Rome, où régnait même un épicurisme populaire jusqu’au II e siècle apr. J.-C. Dans le débat sur la scolastique qui culmina à la Renaissance et au XVII e siècle, les partisans de la science nouvelle renouèrent avec l’atomisme et le sensualisme d’Epicure. Ainsi, des philosophes comme Gassendi et, plus tard, Diderot et Nietzsche ont pu être considérés comme épicuriens.

La recherche du bonheur individuel, ce principe qui appelle à la réflexion pour éviter tout ce qui apporte en définitive plus de désagrément que de plaisir, a souvent été jugé, et déjà par Cicéron, comme une invitation à sombrer dans les plaisirs sensuels. Le caractère austère, voire ascétique, de la vie à l’écart du monde disparut avec d’autres recommandations du philosophe, dont le nom devint synonyme de concupiscence et dont les disciples furent qualifiés de «pourceaux». De ce contresens est née la notion d’«épicurisme», qui repose sur un des plus surprenants malentendus qui aient frappé une pensée philosophique. »

C’est-y pas mieux ?

30 09 2008
Gwenaël (15:53:06) :
30 09 2008
sylvie (20:51:54) :

pendant ce temps là, il y en a qui élague dur:http://95.snuipp.fr/spip.php?article993

15 02 2009
cdilyceemonnet (17:08:32) :

L’expression « il faut cultiver son jardin » résume le contexte.

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